
Au travers de cet article que nous avons voulu le plus complet possible, nous avons souhaité vous présenter tous les lieux d’intérêts incontournables du Sud du Vietnam, ceux que vous devez absolument voir, ceux qui représentent son essence même. Certains d’entre eux sont évidents et connus de tous, mais d’autres sont des trésors cachés qui méritent d’être parcourus. C’est pour cette raison que nous espérons que cet article, l’un des plus complets disponible sur Internet, qui vous présente les incontournables du Sud du Vietnam vous aidera à découvrir ce territoire magnifique.
Le Vietnam (Việt Nam) est un pays d’Asie du Sud-Est réputé pour la richesse de sa gastronomie, la diversité de ses paysages et la profondeur de son patrimoine culturel. Marqué par la guerre du Vietnam au XXe siècle, le pays a su se reconstruire avec détermination à partir des années 1990. Porté par une population jeune et dynamique, il connaît depuis lors un développement économique soutenu. S’il demeure moins structuré touristiquement que certains de ses voisins, il séduit par son authenticité, son énergie et la variété de ses expériences.
Le sud du Vietnam constitue l’une des régions les plus fertiles et vivantes du pays. Il englobe l’immense delta du Mékong, l’extrémité méridionale du fleuve et la vaste région urbaine autour de Hô Chi Minh-Ville, l’ancienne Saigon. Cette partie du territoire vietnamien est connue pour ses paysages d’eau et de rizières, où la vie quotidienne est intimement liée au fleuve. Entre villes dynamiques, villages flottants et vergers tropicaux, le sud du Vietnam offre un mélange fascinant de modernité et de traditions rurales.
Le delta du Mékong est l’un des deltas fluviaux les plus riches d’Asie. Grâce aux alluvions apportées par le fleuve, la région forme un immense jardin agricole couvert de rizières, de plantations et de vergers luxuriants. Elle produit environ la moitié de la production agricole totale du Vietnam et demeure le véritable grenier à riz du pays. Les scènes de riziculteurs travaillant dans les champs ou récoltant le riz font partie du paysage quotidien, témoignant d’une tradition agricole ancienne et toujours vivante.
Avant d’atteindre le Vietnam, le Mékong se divise au Cambodge en deux bras principaux : le Bassac (Hậu Giang) et le Premier Fleuve (Tiền Giang). En pénétrant dans le delta vietnamien, ces cours d’eau se ramifient en une multitude de rivières, de canaux et de petits bras secondaires, formant un véritable labyrinthe aquatique. Les villages et les marchés flottants s’organisent autour de ce réseau fluvial, et il n’est pas rare que l’on s’y déplace autant en bateau que par la route.
Les villes du sud du Vietnam reflètent cette diversité entre urbanisation et traditions. Hô Chi Minh-Ville, métropole animée et centre économique du pays, contraste avec des villes plus paisibles comme Ben Tre, célèbre pour ses cocotiers et ses vergers, Can Tho, la plus grande ville du delta avec son célèbre quai de Ninh Kieu, ou Chau Doc, située près de la frontière cambodgienne. D’autres destinations comme Phan Thiet, Mui Ne, Vung Tau ou Sa Đéc, connue pour son village fleuri, illustrent la variété des paysages entre littoral, rizières et vergers tropicaux.
Au-delà des villes, le sud du Vietnam abrite également de nombreux sites naturels remarquables. Le parc national de Cat Tien protège une vaste forêt tropicale de plaine riche en biodiversité. Les îles de Con Dao, entourées de récifs coralliens et de plages sauvages, comptent parmi les plus beaux paysages maritimes du pays, tandis que Phu Quoc s’impose aujourd’hui comme l’une des destinations balnéaires les plus prometteuses du Vietnam.
Fiche pays VIETNAM
1. Can Tho
Can Tho est la plus grande ville du delta du Mékong avec environ 1,6 million d’habitants. Située sur la rive sud du fleuve Hậu, elle combine développement urbain et charme rural. Proche de Sóc Trăng, Châu Đốc, Rạch Giá et Cà Mau, elle constitue un carrefour stratégique du delta. La ville est réputée pour ses marchés flottants, sa gastronomie et son ambiance chaleureuse. Malgré son expansion, l’urbanisation reste relativement harmonieuse.
Le cœur animé se trouve au parc et front de rivière de Ninh Kieu, le long de la rue Hai Ba Trung. Ce parc urbain accueille une grande statue d’Hô Chi Minh et le marché touristique de Ninh Kieu. Depuis l’embarcadère, se réservent des excursions vers le marché flottant de Cai Rang. Le marché de nuit des rues Nguyen An Ninh et Chau Van Liem attire les amateurs de street food. En soirée, les habitants se retrouvent pour danser, jouer au badminton ou simplement flâner.
Le quartier Xuan Khanh, autour de la rue Mau Than, offre une atmosphère plus locale et étudiante. S’y trouvent le marché de Xuan Khanh, la pagode Quang Duc, l’église Tham Tướng et l’église baptiste de Tin Lanh. Le temple Munirensay (pagode khmère) et Chùa Ông enrichissent le paysage religieux. Le musée du Tarot de Can Tho, atypique en Asie du Sud-Est, propose une collection surprenante liée à l’ésotérisme occidental.
Les canaux autour de Can Tho constituent l’expérience phare. Des excursions en petite embarcation permettent d’explorer les bras secondaires du fleuve et d’observer la vie quotidienne. Le marché flottant de Cai Rang, actif dès l’aube, reste le plus emblématique, tandis que les marchés de Phong Dien, Phung Hiep et Tra On offrent d’autres perspectives. O
Au-delà des marchés, Can Tho invite à découvrir la campagne environnante par des visites d’îlots fruitiers et de vergers tropicaux. Les visiteurs peuvent déguster un Banh Xeo chez l’habitant, parcourir les petits canaux, ou observer le commerce local des fruits. En ville, le parc d’attractions Luu Huu Phuoc, les salons de coiffure traditionnels et les cafés étudiants complètent l’expérience. La gastronomie, les fruits frais et la convivialité marquent durablement les voyageurs.

2. Ca Na
Ca Na, village de pêcheurs situé à la frontière sud de la province de Ninh Thuan, s’étire le long de la route nationale 1A. Réputé pour sa sauce de poisson et son sel, considérés parmi les meilleurs du Vietnam, il conserve un mode de vie traditionnel tourné vers la mer. Quelques hôtels et complexes touristiques se sont implantés à proximité de la plage. Malgré tout, le village reste paisible et peu fréquenté par le tourisme international. L’ambiance y demeure simple et authentique.
La plage de Ca Na constitue l’attraction principale. L’eau transparente, les rochers calcaires et les falaises abruptes donnent au paysage un étonnant air méditerranéen. La baie, protégée des vents, offre un cadre naturel spectaculaire où la pierre grise plonge dans le bleu intense de la mer. La végétation clairsemée renforce l’impression minérale. L’ensemble évoque certains rivages de Grèce par son aridité et sa lumière.
À mi-hauteur d’une colline proche des hôtels se dresse un petit temple, discret point de repère spirituel. Le littoral demeure relativement peu construit, permettant de profiter de panoramas sauvages. Les cabanes de plage et restaurants proposent poissons, crustacés et calamars frais.
3. Ca Mau
Ca Mau, capitale de la province du même nom dans le delta du Mékong, est la ville la plus méridionale du Vietnam continental, avec environ 278 000 habitants. Son réseau dense de canaux structure la vie urbaine, où bateaux et barges assurent encore une large part des transports. La population, majoritairement vietnamienne, comprend aussi des communautés Khmer Krom et Hoa.
En ville, le parc Lâm Viên (Dường Ngô Quyền) attire les visiteurs par ses étangs, ses jardins et son espace d’observation ornithologique. Le parc culturel du 19/5, également réputé pour ses milliers d’oiseaux, complète cette dimension verte. Des temples khmers et chinois rappellent la diversité culturelle locale.
À une vingtaine de kilomètres se trouve le parc national d’U Minh, vaste zone humide protégée. Accessible par la route vers U Minh Ho, il dévoile mangroves, canaux, bananiers et une faune variée, notamment oiseaux colorés et reptiles. Plus loin, le parc national du Bas-U Minh complète ce système écologique fragile. Ces espaces sont dédiés avant tout à la préservation, et la visite doit rester respectueuse des écosystèmes. L’exploration se fait principalement par la route ou par bateau rapide.
Au sud, le parc national de Dat Mui, situé à 90 kilomètres, marque l’extrémité de la péninsule. Il est possible de s’y rendre en bateau depuis Ca Mau ou via Nam Cam, ou encore en scooter par une succession de pistes et de ponts récents menant au dernier village du Vietnam continental. Parmi les autres sites figurent le cap Ca Mau et l’île Hon Khoai.

4. Ben Tre
Ben Tre, forte d’environ 125 750 habitants, est la capitale de la province éponyme, au sud du Vietnam, dans le delta du Mékong. Bien que séparée de l’animée My Tho par le Mékong et une autoroute à quatre voies de seulement 10 kilomètres, elle conserve une atmosphère paisible et rurale. Les visiteurs y sont encore peu nombreux, ce qui renforce l’accueil chaleureux des habitants. La ville ne propose pas de grands monuments, mais elle séduit par son authenticité quotidienne. Son charme réside davantage dans les rencontres et les savoir-faire que dans les sites spectaculaires.
Parmi les expériences à ne pas manquer figure la visite d’une fabrique artisanale de bonbons à la noix de coco, spécialité emblématique de la région. L’usine de bonbons à la noix de coco : 379C Nguyen Van Tu, permet d’observer la fabrication entièrement manuelle de ces douceurs. D’autres ateliers existent aux alentours, comme Thanh Thanh Coconut Candies, à 5 kilomètres au sud-est. Sur la rive sud, à 500 mètres à l’ouest du vieux pont, une fabrique de vin de riz mérite également un détour. Le marché local complète cette immersion dans la vie quotidienne du delta.
Explorer le delta depuis Ben Tre constitue l’activité la plus enrichissante. Les excursions en bateau sillonnent un réseau serré de canaux bordés de cocotiers et de vergers tropicaux. À terre, de petits sentiers longent les bras d’eau et traversent des passerelles rudimentaires au-dessus des ruisseaux. La lenteur du paysage contraste agréablement avec l’agitation urbaine des grandes villes. Cette immersion révèle un delta vivant, agricole et profondément attaché à ses traditions.
Ben Tre est aussi reconnue pour ses espaces publics soignés. Le parc Dong Khoi, le parc Tran Van On – lac Truc Giang, le parc An Hoi, le parc Ben Tre, le parc Hoa (quartier 7), le parc Hoang Lam et le parc Cai Coi offrent des lieux de promenade agréables. Côté commerces, le centre commercial Sense City, le centre commercial de la ville de Ben Tre et le marché nocturne de Ben Tre animent les soirées.

5. Châu Đốc
Châu Đốc (Châu Đốc) est une ville au cœur du delta du Mékong, au bord des voies d’eau qui relient naturellement le Vietnam au Cambodge. L’ambiance y est à la fois frontalière et provinciale, avec des quais actifs, des ruelles commerçantes et une vie rythmée par les marchés. Avant de reprendre la route vers Hô Chi Minh-Ville ou de monter à bord d’un bateau sur le fleuve en direction de Phnom Penh, un massage traditionnel aux ventouses constitue une pause appréciable. La ville sert aussi de base pratique pour explorer les paysages aquatiques et les reliefs isolés qui émergent des rizières.
À 6 kilomètres du centre, la montagne Sam offre l’excursion la plus simple et la plus panoramique. L’ascension peut se faire à vélo, sur une route plate puis par des escaliers menant au sommet, avec des points de vue réguliers et des cafés équipés de hamacs. Il est aussi possible de monter en moto-taxi, notamment si l’on vise le moment du coucher du soleil. Depuis les hauteurs, le regard balaie les plaines inondables du Vietnam et s’étire jusqu’aux terres du Cambodge. Le trajet lui-même, entre circulation locale et paysages ouverts, participe au charme de cette sortie.
À environ 25 kilomètres, le sanctuaire ornithologique de Trà Sư propose une immersion différente, au cœur d’un décor d’eau et de végétation. Les visites combinent bateau rapide et barque, ce qui permet d’observer la nature de très près. Les hôtels et agences vendent souvent des packages, mais la négociation directe avec les conducteurs près du marché couvert peut réduire sensiblement le coût. Il est fréquent de coupler Trà Sư avec un arrêt à la montagne Sam sur le retour, selon le rythme de la journée. L’ensemble forme une parenthèse fraîche et silencieuse, très contrastée avec l’animation urbaine.
Pour ressentir la ville, il suffit de traverser le vaste marché qui s’étend au cœur de Châu Đốc, notamment sa partie couverte rue Bạch Đằng. Cette zone concentre la vie pratique: change, achats, snacks, et l’observation des allées et venues.
6. Delta du Mékong
Le delta du Mékong (Đồng bằng Sông Cửu Long), littéralement le delta du fleuve des neuf dragons, correspond à la région du sud-ouest du Vietnam où le Mékong se divise en de multiples bras avant de rejoindre la mer. Également appelé Tây Nam Bộ (région du Sud-Ouest) ou Miền Tây (région de l’Ouest), il couvre plus de 40 500 km², avec une superficie inondée qui varie selon les saisons. Son climat côtier humide en fait une zone clé pour l’agriculture et l’aquaculture. Dans l’imaginaire vietnamien, il représente le grenier à riz du pays, mais aussi un monde de canaux, de vergers et de villages sur pilotis.
Sur le plan administratif, la région inclut notamment An Giang, Bạc Liêu, Bến Tre, Cà Mau, Đồng Tháp, Kiên Giang, Long An, Tiền Giang, Trà Vinh et Vĩnh Long, ainsi que la grande ville de Cần Thơ, avec les zones incorporées de Sóc Trăng et Hậu Giang. Cette mosaïque explique la diversité des paysages: plaines rizicoles, mangroves, littoraux, et réseaux de rivières secondaires. D’une province à l’autre, les spécialités culinaires et les marchés changent, mais l’eau reste la matrice commune. Les déplacements alternent routes sur digues, ponts, bacs et bateaux. Le delta se visite autant pour ses scènes quotidiennes que pour ses destinations identifiées.
Parmi les villes-étapes, Bến Tre est souvent citée comme un village paisible non loin de Mỹ Tho, tandis que Cần Thơ est considérée comme le centre du delta. Châu Đốc, ville au bord du Mékong, s’inscrit aussi comme une étape classique sur l’axe fluvial reliant Phnom Penh à Hô Chi Minh-Ville. Plus à l’ouest, Rạch Giá joue un rôle côtier important, notamment pour les départs de bateaux vers Phú Quốc. L’ensemble compose un itinéraire naturel: remonter ou descendre les bras du fleuve, alterner grandes villes et campagnes, et s’arrêter là où l’activité sur l’eau est la plus dense.
Les objectifs supplémentaires se déclinent souvent en escapades maritimes, avec Phú Quốc comme île phare, à l’extrême sud-ouest. Le delta n’est pas un site unique, mais une région complète qui se lit comme un réseau.

7. Hồ Tràm
Hồ Tràm est une station balnéaire paisible de la province de Bà Rịa – Vũng Tàu, à environ 120 kilomètres au sud-est de Hô Chi Minh-Ville. Située entre Lộc An et Bình Châu dans le district de Xuyên Mộc, elle se distingue par un développement plus limité que d’autres côtes vietnamiennes. Le littoral y déroule de longues plages de sable doré, des eaux chaudes et turquoise, et une atmosphère souvent calme, propice aux week-ends et aux séjours familiaux. L’économie locale mêle tourisme, pêche et agriculture, avec un positionnement orienté vers un tourisme plus durable. Les complexes et villas s’insèrent généralement dans les collines, les forêts de filaos et les espaces ouverts.
La plage de Hồ Tràm est vaste, préservée et moins fréquentée, ce qui la rend agréable pour la baignade, la marche et la photographie. Pour une promenade emblématique, la jetée des Hamptons s’avance sur 270 mètres dans la mer et attire les amateurs de couchers de soleil et de prises de vue au drone. Autour, cafés, installations artistiques et restaurants de fruits de mer prolongent l’expérience. Le littoral se prête aussi aux soirées barbecue et aux feux de camp, notamment dans des villas privées. Une balade à vélo le long de la route côtière DT994 permet de relier plages, collines et zones boisées.
Pour un détour bien-être, les sources chaudes de Bình Châu (Suối nước nóng Bình Châu), à 20 kilomètres au nord-est, proposent un ensemble géothermique avec plus de 70 sources, bains de boue et installations thermales. Les activités familiales : cuisson d’œufs dans l’eau chaude, nourrissage des crocodiles ajoutent une dimension ludique. Côté nature, la réserve naturelle de Phước Bửu (Khu bảo tồn thiên nhiên Bình Châu – Phước Bửu) offre des sentiers en forêt, lacs d’eau douce et observation des oiseaux.
Les environs complètent l’itinéraire avec des paysages d’eau et de mémoire. La lagune de Lộc An est un havre rural ponctué d’étangs de lotus et de villages de pêcheurs, où il est possible de louer de petites embarcations et observer la pêche traditionnelle au filet à l’aube. Pour l’histoire, la base de résistance de Minh Đạm, dans les montagnes près de Long Hải (environ 40 kilomètres), associe tunnels et panoramas.

8. Phan Rang–Tháp Chàm
Phan Rang–Tháp Chàm est la capitale de la province de Ninh Thuận, sur l’axe de la route nationale 1A entre Nha Trang et Phan Thiết. Ancienne capitale cham, la ville abrite encore une importante population Cham, ce qui renforce son identité culturelle. Plus paisible que Nha Trang, Đà Lạt ou Phan Thiết, elle attire peu de touristes étrangers, même si certains bus s’y arrêtent en route vers Đà Lạt. À 8 kilomètres à l’est, la station balnéaire de Ninh Chữ constitue l’échappée maritime la plus simple. La ville sert ainsi de base entre mer, patrimoine et routes intérieures.
Le site majeur est le temple Po Klong Garai (à environ 7 km du centre), complexe religieux hindou cham construit vers la fin du XIIIe siècle. Restauré et toujours valorisé, il se situe près de la gare de Tháp Chàm et s’inscrit comme un repère fort de la mémoire cham. Plus discrète, la tour Po Rame, à 9 kilomètres au sud sur la 1A, se trouve légèrement à l’écart, dans un village; le temple reste en activité et s’ouvre souvent aux visiteurs.
En ville, le musée Ninh Thuận (Mười Sáu Tháng Tư, Kinh Dinh) présente une lecture centrée sur l’histoire moderne du Vietnam. Pour une pause, le parc du 16 avril offre un espace public structurant, avec un lac, des espaces verts et une ambiance locale propice à la marche ou à l’exercice. En bord de mer, le parc marin de Binh Son (à 6 kilomètres du centre) combine pelouses, jardins fleuris, allées pavées et accès à la baignade.
La côte de Ninh Chữ, aligne des restaurants de fruits de mer vivants, servis depuis bols et aquariums à prix raisonnables. Les stands de rue proposent pho, bun et cơm tấm pour des repas rapides. L’ensemble crée une destination discrète mais complète: patrimoine cham, espaces urbains agréables, et littoral accessible.

9. Phan Thiết
Phan Thiết est la capitale de la province de Bình Thuận, au sud du Vietnam, et une porte naturelle vers les paysages côtiers de la région. La ville mélange scènes de pêche, quartiers animés et zones balnéaires, avec une identité tournée vers la mer. Elle se découvre autant par ses lieux de culte que par ses marchés et ses plages. Les repères se dispersent entre centre-ville, front de mer et périphéries plus touristiques.
Le temple Vạn Thủy Tú constitue un point culturel marquant, dédié au culte de la baleine, tradition profondément ancrée dans les communautés de pêcheurs. D’autres lieux complètent la trame urbaine, comme le temple Duc Nghia (Duc Thang) et l’iconique château d’eau de Phan Thiết, repère visuel bien connu. Pour les achats, le marché central, souvent cité aussi comme marché de Phan Thiết, concentre étals de nourriture, vêtements et surtout fruits de mer frais, avec une ambiance propice au marchandage.
Côté mer, la plage de Doi Duong offre une respiration proche du centre, tandis que la plage de Tien Thanh ouvre sur des ambiances plus ouvertes et moins urbaines. Plus au large, Hon Ghenh évoque l’univers insulaire et les sorties côtières. Dans l’arrière-plan touristique, Mui Ne s’impose comme l’extension balnéaire la plus connue, facilement associée à un séjour à Phan Thiết. Les promenades de fin d’après-midi et les repas de fruits de mer rythment naturellement ces journées.
Pour compléter la découverte, l’école Duc Thanh et le musée de Ho Chi Minh rappellent une dimension historique, tandis que Suoi Tien (Huynh Thuc Khang) propose une échappée nature plus singulière. Enfin, des lieux plus contemporains ou atypiques, comme le château du Vin Doré, peuvent s’intégrer à un itinéraire selon les goûts.

10. Long Xuyên
Long Xuyên avec 286 140 habitants est la capitale de la province d’An Giang, dans le delta du Mékong, au sud-ouest du Vietnam. Plus petite que sa voisine Cần Thơ, elle se parcourt facilement à pied au centre, dans une atmosphère de ville fluviale calme. S’y croisent partout les conducteurs de xe-om (moto-taxi) et surtout de xe loi (vélo-charrette), une spécialité locale du Mékong. Louer un vélo chez un réparateur de rue reste simple, même si beaucoup préfèrent la moto pour explorer la campagne.
La ville offre plusieurs repères urbains immédiatement identifiables, dont le monument de la plante de riz, qui rappelle la place centrale de l’agriculture dans la région. Le marché Long Xuyên donne une première lecture du quotidien, entre produits agricoles, poissons et circulation dense. Pour compléter, le musée An Giang permet de replacer la province dans son histoire et ses cultures. L’ensemble forme une visite facile, sans grands détours, mais très vivante.
La dimension institutionnelle se lit aussi dans l’université d’An Giang, qui apporte une énergie étudiante et un rythme différent à certains quartiers. Les lieux de culte structurent la ville, avec le temple Tôn Đức Thắng et la cathédrale de Long Xuyên, qui marquent des paysages urbains contrastés. Long Xuyên s’inscrit également dans un environnement de reliefs et de sites voisins souvent cités, comme la montagne Cấm, Sam Mountain et la montagne de sève, accessibles selon le temps disponible. Cette proximité renforce l’intérêt d’une halte ici.
Côté patrimoine, Long Xuyên compte trois sites historiques nationaux: la maison-mémorial de l’enfance du président Tôn Đức Thắng, la maison communale Mỹ Phước et le temple Bắc Đế (aussi appelé pagode Ông Bắc). En 2012, le site commémoratif de Tôn Đức Thắng a même été classé site historique national spécial. Pour une pause au bord de l’eau, le parc Nguyễn Du s’étend près du fleuve Hậu et intègre un lac naturel qui apporte fraîcheur et ombre. La ville combine ainsi simplicité de visite et points d’ancrage culturels clairs.
Le lieu le plus emblématique de la vie fluviale reste le marché flottant de Long Xuyên, rassemblement de centaines de bateaux et barges venus vendre et acheter des marchandises, surtout agricoles. Les vendeurs signalent leur produit grâce aux bẹo, hauts poteaux où ils accrochent un échantillon visible de loin. Le marché fonctionne tôt, environ de 5 h à 10 h, ce qui impose un départ matinal.

11. Mũi Né
Mũi Né est un village de pêcheurs d’environ 25 000 habitants, dans la province de Bình Thuận, devenu un quartier de Phan Thiết en 1999. Il est souvent confondu avec la longue zone touristique de la baie de Mũi Né, qui s’étire depuis Phan Thiết et inclut Phú Hài et Hàm Tiến. Le décollage touristique remonte au milieu des années 1990, après l’éclipse solaire du 24 octobre 1995, puis l’offre s’est densifiée: hôtels, resorts, maisons d’hôtes, bars et boutiques. Aujourd’hui, la bande côtière forme un ruban de 15 kilomètres le long de la rue Nguyễn Đình Chiểu, sous les cocotiers.
Le front de mer est mouvant: le sable migre selon les saisons, laissant parfois une digue en béton là où le visiteur attend une plage. Il reste presque toujours une belle portion de sable quelque part sur ce littoral, mais il vaut mieux vérifier avant de réserver, surtout après la saison des tempêtes. La zone la plus touristique se concentre à Hàm Tiến, tandis que les hébergements plus en retrait sont souvent moins chers et plus proches de la vie locale. L’accès à la plage peut toutefois obliger à traverser des complexes. L’ambiance générale est marquée par une forte présence de touristes russes.
Pour le patrimoine cham, la tour Cham de Poshanu (Tháp Po Sah Inu) est un vestige du VIIIe siècle, situé à Phú Hài, encore utilisé lors d’événements, notamment le festival de Kate. Les plantes à sauce de poisson rappellent la production du nuoc mam, visible dans les grands contenants de fermentation. Le port de pêche (Làng chài Mũi Né) constitue une scène incontournable, avec des centaines de bateaux colorés et des activités très différentes selon la mousson.
Les paysages de sable se découvrent avec les dunes de sable rouge (Đồi Cát), proches du village, et les dunes de sable blanc (Đồi Cát Trắng), plus éloignées vers le nord-est. Les premières offrent des ondulations orangées accessibles facilement, tandis que les secondes séduisent par leur immensité et les excursions en 4×4 ou en quad. Le contraste entre mer et désert de sable renforce l’originalité du site. Ces espaces sont devenus des étapes classiques des circuits locaux.
Pour une marche douce, le ruisseau des fées (Suối Tiên) serpente entre bambous, rochers et dunes, dans un décor étonnant. Le marché de Mũi Né (Chợ Mũi Né) ajoute une touche de quotidien, colorée et simple. Sur le littoral, la plage de Malibu est réputée pour le kitesurf de niveau intermédiaire ou avancé.
12. Mỹ Tho
Mỹ Tho est la capitale de la province de Tiền Giang, au sud du Vietnam, et souvent la première porte d’entrée du delta du Mékong depuis Hô Chi Minh-Ville. Sa proximité en fait un point de départ privilégié pour les excursions en bateau sur le fleuve. La ville s’organise largement autour de ses quais et de l’activité fluviale. L’ambiance est rythmée par les départs matinaux vers les îlots du delta.
Les mausolées royaux (Lăng Hoàng Gia) à Long Hưng, dans la ville de Gò Công, constituent un site patrimonial remarquable. Le complexe abrite notamment le tombeau du duc Phạm Đăng Hưng et mêle influences occidentales, chinoises et inspirées de Hué. Cette architecture composite illustre l’ouverture culturelle de la région au XIXe siècle. La visite complète agréablement un séjour centré sur le fleuve.
Les excursions conduisent vers les îles fluviales et les vergers, souvent en traversant le Mékong vers la province de Bến Tre. Le fleuve Tiền structure ces parcours, bordés de villages et de plantations. Les circuits incluent fréquemment l’île Thới Sơn et les îlots de Cù Lao – Long, Lân, Quy, Phụng – formant le pays des quatre créatures mythiques. Ces itinéraires combinent dégustations de fruits, mielleries et musique traditionnelle.
La pagode Vĩnh Tràng, située dans la commune de Mỹ Phong, est la plus grande pagode de la province et se distingue par son mélange harmonieux de styles asiatique et européen. La ferme d’élevage de serpents de Đồng Tâm propose une visite plus atypique, centrée sur la production de venin et l’étude des reptiles. Le musée Tiền Giang complète cette offre culturelle.
Enfin, le marché flottant de Cái Bè, à 35 kilomètres à l’ouest sur le fleuve Tiền, attire pour son animation et ses fruits à bas prix. Les départs depuis l’embarcadère de Lạc Hồng permettent d’explorer les îlots et les villages riverains.

13. Rạch Giá
Rạch Giá est la capitale de la province de Kiên Giang, dans le delta du Mékong, et un point de départ vers l’île de Phú Quốc. La ville se distingue par un patrimoine culturel marqué par les influences Kinh, chinoises et khmères. Cette diversité se lit dans l’architecture des temples et pagodes disséminés dans les quartiers centraux. Elle offre ainsi une identité distincte au sein du delta.
Le site majeur est le sanctuaire de Nguyễn Trung Trực, dédié au héros de la résistance anti-française du XIXe siècle. À proximité, la porte de Tam Quan constitue le symbole officiel de la ville, avec ses trois arches monumentales.
La pagode Sắc Tứ Tam Bảo (ou pagode Tam Bảo) est une autre étape essentielle, connue pour son ancienneté et son rôle historique. Parmi les autres sites figurent le temple de Vĩnh Hòa, le Quan Đế Temple, le temple Bà Thiên Hậu, la pagode Ông Bổn, la pagode Phổ Minh et la pagode Lăng Cát. Cette concentration de lieux de culte témoigne d’un patrimoine religieux dense. Elle reflète aussi la coexistence harmonieuse de plusieurs traditions.
Le musée de Kiên Giang permet de mieux comprendre l’histoire provinciale et les influences culturelles locales. Sont également mentionnés le tombeau de Huỳnh Mẫn Đạt, le temple du Grand Bouddha (Rạch Giá), le palais de la Reine Mère et le temple de l’Empereur du Nord. Certains sites sont classés, d’autres non, mais tous participent à l’identité de la ville. La richesse patrimoniale dépasse ainsi la simple fonction portuaire.

14. Sóc Trăng
Sóc Trăng est une ville du delta du Mékong, moderne et animée, d’environ 120 000 habitants. Elle abrite une importante communauté khmère, visible dans la vie quotidienne et les fêtes. Ses nombreux temples suivent souvent un style khmer cambodgien, très différent du bouddhisme vietnamien classique. L’anglais y est peu parlé, mais les voyageurs sont généralement bien accueillis. L’intérêt principal réside dans l’atmosphère, les rituels et les visites tôt le matin ou au crépuscule.
Le temple des chauves-souris est l’étape la plus célèbre, autant pour le monastère que pour ses hôtes ailés. Derrière le temple, des chauves-souris frugivores nichent dans les arbres, protégées par les moines. Les agriculteurs les considèrent parfois comme nuisibles, mais aussi comme un mets recherché, d’où cette protection. Arriver environ trente minutes avant le coucher du soleil permet de voir leur envol, spectaculaire et silencieux. Un crématorium bouddhiste se trouve de l’autre côté de la route, face au temple, et complète la visite.
La pagode d’argile (sur Dường Mậu Thân 68, à 300 mètres au nord de la rivière) surprend par son foisonnement. Un moine sculpteur y a consacré soixante ans à installer des milliers de statues et ornements. Le décor assume une cacophonie colorée, volontairement kitsch, qui finit par devenir fascinante. Se remarquent des piliers sculptés de dragons, un éléphanteau blanc, un tigre blanc et des tortues dorées dans l’étang arrière. Le jardin et l’eau donnent un contrepoint paisible à la densité des objets sacrés.
À distance de la ville, le marché flottant de Ngã Năm (intersection des cinq fourches) vaut un départ avant l’aube. À environ 50 kilomètres, il est particulièrement animé entre 5 h et 6 h, quand les échanges sont les plus vifs. Le marché se tient pourtant jour et nuit sur un bras de la rivière, au rythme des barges et des pirogues.

15. Tây Ninh
Tây Ninh est la capitale de la province du même nom, au sud du Vietnam, et le berceau du caodaïsme. La ville est connue pour le Saint-Siège de Cao Đài, centre spirituel majeur, et pour ses paysages de plaine. Le climat est chaud et humide toute l’année, avec une saison sèche de décembre à avril, puis les pluies de mai à novembre. En dehors des temples, la région attire par ses grands espaces, ses plantations et ses reliefs proches.
Le temple Cao Đài reste l’expérience la plus marquante, surtout pendant les offices à 06h00, 12h00, 18h00 et 24h00. La plupart des visiteurs viennent à la messe de midi, visible depuis une galerie qui longe les murs à mi-hauteur. Un orchestre et une chorale accompagnent les prières, avec un mélange d’influences occidentales et vietnamiennes très singulier. À l’avant, l’Œil Divin (dans un triangle) domine l’autel, tandis que le plafond étoilé porte un globe bleu. L’entrée est gratuite, et la solennité du lieu frappe même ceux qui ne connaissent pas le caodaïsme.
Autour du Saint-Siège de Cao Đài, la visite se prolonge dehors, dans un ensemble de jardins et d’allées. Il est possible de nourrir les singes, très présents dans les arbres du complexe, activité appréciée des habitants. Il est aussi possible de faire une promenade dans la plantation d’hévéas, directement sur le site, sans déplacement supplémentaire. Ces champs d’hévéas racontent une autre facette de Tây Ninh, agricole et patiente, à côté des cérémonies. Le contraste entre spiritualité, vie quotidienne et nature domestiquée donne au lieu une identité très complète.
À 19 kilomètres, le réservoir de Dầu Tiếng (construit en 1981) impressionne par son échelle et son calme. Le lac couvre environ 27 000 hectares et peut contenir jusqu’à 1,5 milliard de m³ d’eau, avec de nombreux îlots. Le paysage, montagneux et doux, se prête aux pauses photo et aux fins d’après-midi plus frais. Plus sauvage encore, le parc national Lò Gò – Xa Mát (30 kilomètres au nord-ouest) protège forêts de plaine et zones humides. Créé en 2002, il constitue un refuge rare face à la déforestation et à l’avancée rapide de l’agriculture.
Enfin, la montagne Bà Đen (à environ 10 kilomètres au nord-est), surnommée Vân Sơn ou montagne des nuages, domine la province. Elle se compose des sommets Heo (Cochon), Phụng (Phénix) et Bà Đen (Dame Noire), et culmine à 986 mètres. Un téléphérique rejoint le haut, mais les marcheurs peuvent aussi tenter la randonnée, avec un panorama à 360° en récompense. Les rituels du Nouvel An lunaire et le Festival de Printemps du Mont Bà Đen (15–18 du premier mois lunaire) attirent des foules.

16. Vĩnh Long
Vĩnh Long avec ses 138 981 habitants est la capitale de la province du même nom, au cœur du delta du Mékong. La ville s’étire le long d’un bras du fleuve et vit au rythme des ferries, des bateaux et des routes basses. Elle est réputée pour ses vergers soignés, qui produisent pomelo, ramboutan, longane, mangoustan, mangue et agrumes. Goûter ces fruits sur place fait partie du voyage, tant la fraîcheur change tout. Mais l’essentiel est ailleurs: explorer les îles, car “voir Vĩnh Long sans ses îlots, c’est ne pas l’avoir découverte”.
La formule classique reste l’excursion en bateau sur le Mékong, souvent 4 heures, combinant le marché flottant de Cái Bè et les îles. Les prix varient en général entre 15 et 25 $US, selon le type de bateau et les arrêts inclus. Le fleuve devient une route, et les vergers s’ouvrent par des petits canaux, à l’ombre des palmiers. Cette croisière donne un aperçu dense, idéal si le temps est compté.
Pour une option économique, il suffit de visiter An Bình en ferry (1 000 dongs l’aller simple). Ensuite, les îles principales se parcourent à pied, car de petits ponts relient presque tout l’archipel. Le jardin de bonsaïs se trouve à environ 20 minutes en moto depuis l’embarcadère. Près du quai, un temple chinois, une école, puis plus loin une église jalonnent la route insulaire.
En ville, plusieurs repères structurent la promenade: la cathédrale de Vĩnh Long et le temple confucéen de Vĩnh Long. Le musée Vĩnh Long complète la lecture historique et locale, utile avant d’aller vers les îlots. L’urbanisme récent se lit dans le Vincom Plaza Vĩnh Long, tandis que le centre administratif provincial de Vĩnh Long marque le pouvoir. La ville sert de base pratique: services, hébergements, et accès facile aux ferries. Elle garde pourtant une échelle humaine, surtout en dehors des heures de pointe.
Côté espaces publics, se trouvent la place de la ville de Vĩnh Long, le parc du monument de la victoire de Mậu Thân et la rue Võ Văn Kiệt. Les quais et loisirs se prolongent vers le parc du quartier 9, le bateau touristique du quartier 9 et le parc du pont Con Chim. S’ajoutent la zone touristique commerciale et de services de Trường An (quartier de Tân Ngãi) et le temple Văn Thánh (quartier 4). Enfin, le pont Mỹ Thuận, qui enjambe le fleuve, reste le grand symbole panoramique de la province. Ainsi, Vĩnh Long se découvre comme un carrefour: vergers, îles, marchés et ville fluviale, sans artifices.

17. Le site de Cu Chi
Cu Chi, situé à une quarantaine de kilomètres au nord-ouest de Hô Chi Minh-Ville, est l’un des sites historiques les plus marquants du sud du Vietnam. Le lieu est surtout célèbre pour les tunnels de Cu Chi, un vaste réseau souterrain long d’environ 250 kilomètres, creusé d’abord durant la période coloniale française, puis considérablement agrandi pendant la guerre du Vietnam. Ces galeries, réalisées à la main avec des outils rudimentaires, servaient à la fois d’abri, de lieu de vie, d’infirmerie, d’école, de poste de commandement et de base de résistance. Malgré les bombardements constants, des milliers d’habitants réussirent à survivre sous terre, même si plus de 10 000 personnes y perdirent la vie.
Le site se découvre grâce à un parcours pédestre bien balisé, ponctué de reconstitutions, de dioramas, de cratères de bombes et de démonstrations des pièges utilisés pendant le conflit. Un tunnel aménagé d’environ 30 mètres permet aux visiteurs de ramper dans un espace inspiré du réseau original, expérience impressionnante mais déconseillée aux personnes claustrophobes.
L’ensemble comprend aussi un espace consacré aux traditions révolutionnaires, qui met en scène la vie quotidienne, l’alimentation et l’organisation de la lutte. Le tir aux armes constitue une autre activité proposée, avec des modèles comme l’AK-47, le M16, le M60, le M1 Garand ou le SKS russe, dans un stand séparé du complexe principal. Cette activité reste davantage un divertissement qu’un véritable apprentissage, même si elle participe à l’atmosphère très particulière du lieu.
Deux zones principales accueillent les visiteurs : Ben Duoc et Ben Dinh. Ben Duoc, plus éloigné de la ville et davantage fréquenté par les Vietnamiens, est souvent considéré comme le site le plus intéressant pour qui souhaite une approche plus approfondie, avec des sections de tunnels élargies, des quartiers souterrains reconstitués, un temple, des dioramas et même deux avions MIG près de la billetterie.
Ben Dinh, plus proche et plus touristique, présente des tunnels spécialement adaptés au public et se visite plus facilement, mais l’expérience y est moins authentique. Dans les deux cas, l’entrée inclut généralement un guide, dont la qualité de l’anglais s’est nettement améliorée ces dernières années.
18. Vũng Tàu
Vũng Tàu est une ville du sud du Vietnam, à environ 125 kilomètres de Hô Chi Minh-Ville, très prisée pour les week-ends. Son air marin, sa proximité avec Saïgon et sa configuration en péninsule expliquent ce succès durable. La ville dépend de la province de Bà Rịa – Vũng Tàu et mêle port historique, stations balnéaires et quartiers résidentiels. Elle est globalement plate et se parcourt bien à vélo, à moto ou à pied, entre plages et collines. Dans le centre, Bãi Trước (Front Beach) se love entre la Grande Montagne et la Petite Montagne.
L’histoire économique récente est marquée par l’industrie pétrolière offshore, qui attire ingénieurs et techniciens. Depuis 1986, des secteurs privés (construction navale, services pétroliers, logistique) ont renforcé l’aisance du centre-ville. Une minorité russe s’est installée dans Khu Năm Tầng (quartier des cinq étages), aux immeubles de style soviétique. Une communauté australienne est aussi visible, liée à la mémoire de la bataille de Long Tân à 35 kilomètres au nord. Restaurants japonais, coréens et russes ajoutent une touche cosmopolite aux rues les plus animées.
Parmi les visites, Bạch Dinh (la villa blanche) domine la rue Trần Phú sur les pentes de la grande montagne. Construite par les Français (1898–1916) pour Paul Doumer, elle fut résidence d’été, puis lieu de repos à différentes époques. Son architecture coloniale mêlée d’éléments vietnamiens s’accompagne d’une décoration riche et d’objets anciens. Non loin, le parc Hồ Mây se rejoint en téléphérique depuis la gare près du terminal hydroptère, et aligne manèges, luge alpine, parc aquatique et jeux.
Un autre repère urbain est Đài Liệt Sĩ (le monument des Martyrs) sur la rue Lê Hồng Phong, posé au sommet d’une colline. L’obélisque domine un vaste rond-point et sert de belvédère spontané, surtout au coucher du soleil. Dans un registre plus ancien, Đình Thần Thắng Tam (maison communale de Thắng Tam) raconte les origines villageoises de la ville. Autour, la porte Tam Quan, le tombeau de la Baleine et le temple Ngũ Hành dédié aux cinq éléments composent un ensemble cohérent.
Le symbole le plus photographié reste la statue du Christ Roi (Tượng chúa Ki-tô Vua) au sommet de la petite montagne. Haute de 28 mètres sur une plateforme de 10 mètres, elle contemple la mer, avec un escalier intérieur de 129 marches, et des balcons sur les épaules. La montée à pied prend environ 30 minutes et offre déjà des points de vue superbes en chemin. Sur les hauteurs, les pagodes Niết Bàn Tịnh Xá et Thích Ca Phật Đài figurent parmi les lieux de visite les plus populaires, et montrent la diversité religieuse locale. Toujours sur la petite montagne, le phare de Vũng Tàu (construit en 1907, reconstruit en 1911) propose un panorama large, avec d’anciens canons français à proximité.
Côté musées, le musée Robert Taylor des armes du monde entier intrigue par l’ampleur de ses uniformes et armes, des ensembles britanniques et australiens jusqu’aux samouraïs et à d’autres armées. Pour l’animation du soir, le stade de courses de lévriers de Lam Son offre une expérience locale, entre gradins, paris et rencontres. Pour la mer, quatre plages structurent l’escapade: Bãi Dâu, Bãi Dứa, Bãi Sau et Bãi Trước. Bãi Sau est la plus aménagée, longue de 3 kilomètres, avec locations et activités, tandis que Bãi Trước reste la plus centrale pour regarder le soleil tomber sur l’eau. Même si les plages ont longtemps souffert de déchets, des opérations de nettoyage ont amélioré la situation, et la balade côtière redevient un plaisir simple.
Enfin, les alentours complètent très bien un séjour: Long Hải (20 kilomètres au nord-est) et son temple Dinh Cô, célèbre pour le festival Dinh Cô, considéré comme l’un des trois grands festivals traditionnels du Sud-Vietnam. Les guides y mentionnent aussi le tunnel de Minh Đạm, ancien refuge du Viet Minh pendant les guerres, qui ajoute une dimension historique à l’excursion balnéaire. Autre sortie, Long Sơn permet de découvrir Nhà Lớn Long Sơn, vaste complexe en bois du XIXe siècle, remarquable par son atmosphère et son architecture.

19. Parc national de Cát Tiên
Le parc national de Cát Tiên se situe dans le sud du Vietnam, entre Hô Chi Minh-Ville et Đà Lạt, juste au nord de la route nationale 20. Il constitue l’un des espaces naturels protégés les plus importants du pays et couvre environ 720 km² répartis sur trois provinces: Đồng Nai, Lâm Đồng et Bình Phước. Le parc se divise en deux zones principales : Cát Lộc au nord et Nam Cát Tiên, dont la partie orientale accueille la plupart des visiteurs et le siège administratif du parc. Situé à environ 150 kilomètres au nord-est de Hô Chi Minh-Ville, cet ensemble forestier protège l’une des dernières grandes forêts de plaine du Vietnam. Son importance écologique est renforcée par sa proximité avec la réserve naturelle et culturelle de Đồng Nai, qui prolonge cet espace sauvage.
Le parc possède également une dimension historique remarquable. Sur la rive nord du fleuve Đồng Nai, non loin de Nam Cát Tiên, se trouve un important site archéologique découvert en 1985. Les fouilles ont révélé un ensemble de temples appartenant à une civilisation hindoue encore mal connue, qui aurait occupé la région entre le IVe et le IXe siècle de notre ère. Les archéologues ont mis au jour de nombreux objets en or, bronze, céramique, verre et pierres colorées, ainsi que des sculptures représentant Shiva, des taureaux, des éléphants et diverses divinités. Des reliques comme les ensembles Linga-Yoni et des boîtes funéraires k’lon destinées à conserver les cendres des fidèles brahmanes témoignent de la richesse religieuse du site. Une grande partie de ces découvertes est aujourd’hui conservée au musée de Đà Lạt.
Le paysage du parc national de Cát Tiên se caractérise par une topographie variée mêlant forêts denses, marais, étangs et cours d’eau. Plus de 90 kilomètres du fleuve Đồng Nai traversent le parc et créent des panoramas ponctués de rapides, de zones humides et de cascades. L’une des zones les plus remarquables est Bàu Sấu, une vaste zone humide reconnue comme l’un des cinq sites Ramsar du Vietnam. La meilleure période pour visiter ce secteur se situe entre décembre et avril, durant la saison sèche, lorsque les sentiers restent praticables et que l’observation de la faune est plus aisée. Les paysages alternent ainsi entre forêts primaires, clairières, étangs et plaines marécageuses qui abritent une biodiversité exceptionnelle.
La richesse biologique du parc est considérable et représente l’un de ses principaux attraits. La faune correspond à la faune de la plaine orientale de Trường Sơn, avec des liens écologiques étroits avec les hauts plateaux du centre. Parmi les espèces emblématiques figurent le rhinocéros unicorne de Java, autrefois présent dans la région, l’éléphant d’Asie, le gaur, l’ours malais, le buffle sauvage, le léopard ou encore la panthère nébuleuse. Les forêts abritent également une grande diversité d’oiseaux, dont l’aigle noir, le canard colvert à ailes blanches et le spectaculaire grand calao. Les visiteurs peuvent observer certains animaux lors d’excursions nocturnes organisées dans le parc, une expérience particulièrement impressionnante dans cet environnement encore très préservé.
Les activités proposées permettent d’explorer en profondeur les différents milieux naturels du parc. Plusieurs itinéraires de randonnée traversent la forêt, notamment le sentier écologique long de 5 à 8 kilomètres. D’autres parcours conduisent à travers la jungle jusqu’au lac Crocodile, au village de Tà Lài ou aux collines de Núi Tượng, connues pour leur présence d’éléphants. Certains itinéraires relient également la route de Núi Tượng au lac crocodile, puis poursuivent vers Tà Lài. Ces excursions sont généralement recommandées en saison sèche afin d’éviter les zones inondées et les chemins difficiles.
Le parc est aussi un territoire culturel vivant où vivent plusieurs communautés autochtones. Les groupes ethniques Mạ et Stiêng y maintiennent des traditions anciennes et un mode de vie étroitement lié à la forêt. Leur culture se manifeste notamment à travers des rituels traditionnels comme le festival du sacrifice du buffle, des récits mythologiques transmis oralement et une riche tradition musicale. Les instruments traditionnels, tels que les gongs, les tambours, les flûtes en bambou ou les flûtes fixées sur des calebasses séchées, occupent une place importante dans la vie spirituelle de ces communautés.

20. L’archipel de Côn Dao
Côn Dao est un archipel appartenant à la province de Bà Rịa–Vũng Tàu, situé au large de la côte sud-est du Vietnam, et formant aussi un district relevant de cette province. Longtemps connu sous des appellations anciennes comme Côn Lôn ou Côn Nôn, il apparaissait dans les documents occidentaux sous le nom de Poulo Condor. En 1977, l’Assemblée nationale du Vietnam a adopté le nom officiel Con Dao, désormais utilisé pour l’ensemble du groupe insulaire, mais aussi, par extension, pour sa plus grande île. Cet ensemble maritime est réputé pour sa beauté brute: collines boisées, plages isolées, lagons discrets et récifs coralliens préservés. Il reste néanmoins un territoire chargé d’histoire, notamment en raison de son passé carcéral, qui a profondément marqué la mémoire nationale.
L’archipel de Con Dao se compose de seize îles totalisant environ 76 km². L’île principale, appelée Côn Dao, couvre à elle seule 51,52 km², soit près des deux tiers de l’ensemble. Autour d’elle se répartissent des îles de tailles diverses, dont la petite île de Hòn Bà (aussi Phú Sơn), Bảy Cạnh (aussi Bãi Cạnh, Phú Hòa), Hòn Cau (ou Phú Lê), Hòn Bông Lan (aussi Bông Lăng, Bông Lau, Phú Phong), Hòn Vung (ou Phú Vinh), l’île de la Perle (aussi île Chauve, île Trại, Phú Nghĩa), l’île aux œufs (aussi île de la pierre d’argent, île de la pierre blanche, Phú Thọ), Hòn Tài Lớn (ou Phú Bình), Hòn Tài Nhỏ (aussi Hòn Thỏ, Phú An), Hòn Trác Lớn (ou Phú Hưng), Hòn Trác Nhỏ (ou Phú Thịnh), Hòn Tre Lớn (ou Phú Hòa), Hòn Tre Nhỏ (ou Phú Hội), Hòn Anh (ou l’île du Grand Œuf) et Hòn Em (ou l‘île du Petit Œuf). Cette géographie morcelée favorise l’existence d’eaux riches, souvent incluses dans une aire marine protégée, où la pêche est fortement restreinte, voire interdite dans certains secteurs.
| L’île de Côn Đảo est accessible principalement par avion depuis Hô Chi Minh-Ville, ce qui constitue le moyen le plus rapide et le plus courant pour rejoindre l’archipel. L’aéroport de Côn Đảo est desservi plusieurs fois par jour par Vietnam Airlines au départ de l’aéroport Tân Sơn Nhất (SGN). Les vols sont généralement opérés par des avions à turbopropulseurs ATR72-500, dont la cabine est plus compacte que celle des avions de ligne classiques. Un billet aller simple coûte environ 50 €, avec une franchise bagages variant généralement entre 10 et 20 kilos selon la classe du billet. En raison de la taille réduite de l’appareil, les passagers peuvent parfois être invités à enregistrer leur bagage cabine à l’embarquement. L’aéroport se trouve à l’extrémité nord de l’île, relativement éloigné de la ville principale de Côn Sơn, ce qui explique que de nombreux hôtels proposent un service de navette pour environ 50 000 dôngs. Les voyageurs sans réservation peuvent aussi monter dans l’un des bus d’hôtel et payer directement le chauffeur pour rejoindre la ville, tandis que des taxis sont disponibles mais généralement plus coûteux. L’accès à Côn Đảo peut également se faire par voie maritime grâce au port ferry de Bến Đầm, situé à l’extrémité sud-ouest de l’île principale, à environ 13 kilomètres du centre-ville de Côn Sơn, soit une vingtaine de minutes en minibus. Les passagers doivent payer des frais portuaires d’environ 18 000 dôngs à l’entrée et à la sortie du port, et une navette permet ensuite de rejoindre les hôtels pour environ 60 000 dôngs. Plusieurs liaisons régulières relient l’archipel au continent, notamment le ferry rapide Superdong, qui assure une traversée quotidienne entre Trần Đề et la province de Sóc Trăng, d’où une navette permet de rejoindre la ville située à environ 30 kilomètres. La compagnie Phu Quoc Express, également appelée Con Dao Express, propose aussi des liaisons depuis ce même port. En revanche, certains services mentionnés dans des sources anciennes ne sont plus en activité, comme les lignes maritimes reliant Cần Thơ, Hô Chi Minh-Ville ou Vũng Tàu. |
L’île de Côn Dao ou Con Dao est l’île principale de l’archipel ; elle se situe à 156 kilomètres de Vũng Tàu. Sur une carte, Côn Dao évoque la silhouette d’un rhinocéros orienté vers le nord-est, une image souvent reprise par les habitants. Ce positionnement, relativement isolé, explique aussi le sentiment de rupture totale avec le continent : l’horizon domine, et les reliefs encerclent souvent les baies comme un amphithéâtre naturel.
Au centre de l’île se trouve la ville de Côn Đảo, véritable nœud économique, politique et social de tout l’archipel. Elle s’étire dans une vallée en croissant, ouverte sur la mer du côté de la baie du Sud-Est, tandis que les trois autres côtés sont fermés par des montagnes. La ville se situe à mi-distance entre l’aéroport de Cỏ Ống et le port de Bến Đầm, deux portes d’entrée essentielles, distantes d’environ 12 kilomètres. S’y concentrent les services, le marché, les restaurants et l’essentiel de la vie quotidienne, avec une atmosphère de petite ville insulaire, calme mais organisée autour des arrivées de voyageurs.
L’île de Côn Dao est souvent décrite comme un exemple de conservation réussie: une grande partie de l’archipel relève d’un parc national, et les collines boisées gardent une impression de jungle primaire. Le contraste est saisissant entre les plages désertes et la densité végétale, parfois à quelques minutes seulement du littoral. Les récifs coralliens, lorsqu’ils sont intacts, figurent parmi les plus beaux du Vietnam, et la plongée, le snorkeling et les sorties en mer font partie des expériences majeures. L’île est aussi connue pour sa faune, dont l’écureuil noir endémique et le macaque crabier, et pour les îles proches associées à la reproduction des tortues, notamment Bảy Cạnh. Cette protection reste toutefois fragile: la pression touristique, les intérêts économiques et la gestion concrète du parc soulèvent, selon certains témoignages, des inquiétudes quant au respect durable de la charte environnementale.
La réputation de Côn Dao ne tient pas qu’à ses paysages: l’île fut un lieu-prison majeur, d’abord sous la période coloniale française lorsqu’elle était connue sous le nom de Poulo Condore, puis sous le régime de Saïgon. Les anciens bâtiments pénitentiaires sont encore debout et ouverts au public, et la visite constitue pour beaucoup un passage essentiel. Les prisons atteignirent leur apogée en 1973 avec sept camps; aujourd’hui, les camps 1, 3, 4, 5 et 6 se visitent. Il est conseillé de commencer par le camp 3, en centre-ville, où s’achètent les billets, puis de poursuivre selon un parcours libre. Le camp 3, d’époque coloniale, révèle une architecture marquée par l’influence française et des espaces évocateurs: chapelle centrale, réfectoire, moulin de travaux forcés, grandes cellules collectives et cellules d’isolement.
Les camps 1, 4 et 5, accessibles par une entrée commune, sont signalés comme les « cages à tigres françaises », tristement célèbres pour leur dispositif carcéral. Une partie a été reconstituée avec mannequins et dioramas, tandis qu’un autre bâtiment, en ruines, rappelle la destruction ordonnée après la médiatisation internationale. Le camp 6, surnommé les « cages à tigres américaines », fut construit en 1973 et se compose de seize structures en béton subdivisées en cellules. D’autres sites pénitentiaires périphériques complètent cette géographie de l’enfermement: Sở Lò Vôi, four à chaux associé aux travaux forcés, les structures appelées enclos à vaches et porcherie sur Võ Thị Sáu, ou encore Sở Muối sur la route côtière vers Bến Đầm, vestige de grandes cellules aujourd’hui réduites à des ruines.
Au-delà des prisons, l’île se découvre aussi par la marche, souvent sous une chaleur humide et dans une végétation dense. Avant d’emprunter les sentiers du parc national de Côn Đảo, il faut passer par la billetterie située en quittant la ville par Võ Thị Sáu, sur la branche qui monte la colline. Face à cette billetterie se trouvent les ruines du pont Ma Thiên Lãnh, site historique marqué par une stèle, rappelant la mortalité liée aux travaux imposés aux prisonniers. Parmi les randonnées proposées, Hang Đức Mẹ est courte mais marquante: une montée d’environ 500 mètres sur un sentier de pierre et des marches mène à une grotte abritant une statue de la Vierge Marie. Plus loin, la plage d’Ông Đụng s’atteint par un chemin en descente, également d’environ 500 mètres, menant à un rivage paisible avec ombre, balançoires, poste de garde et parfois des singes.
La randonnée vers Sở Rẫy est plus exigeante, mais elle concentre ce qui rend Côn Dao unique: nature, traces coloniales et vues spectaculaires. Le sentier mène à une ancienne plantation où les prisonniers travaillaient, puis à une tour d’observation offrant un panorama sur la ville de Côn Dao et la mer. L’accès peut être délicat, car l’entrée du chemin est discrète, souvent cachée près d’habitations, et les premiers mètres se faufilent entre propriétés et végétation dense. Une fois en forêt, les panneaux deviennent plus clairs, mais la montée reste raide et rocailleuse, exigeant prudence et bonnes chaussures. Au sommet, les ruines, la tour et le silence de la canopée composent un tableau saisissant, où l’on comprend physiquement l’isolement de l’île.
Côn Dao est souvent présentée comme l’un des meilleurs spots de plongée du Vietnam, grâce à la dispersion des îles, à la diversité des fonds et à une visibilité régulièrement excellente. Les activités nautiques se combinent avec une impression de bout du monde: plages claires, récifs, petites baies et routes côtières peu fréquentées. La plongée avec tuba sur l’île principale est parfois optimale seulement selon les saisons et les zones accessibles, mais l’archipel, lui, offre des alternatives quasi permanentes. L’assurance plongée y est généralement obligatoire en raison de l’éloignement, ce qui rappelle que l’isolement est aussi une contrainte logistique.

21. Île de Phú Quốc
L’île de Phú Quốc est une grande île tropicale vietnamienne située dans le golfe de Thaïlande, au large des côtes cambodgiennes. Elle se trouve à environ 45 kilomètres à l’ouest de Hà Tiên et à seulement 15 kilomètres au sud du Cambodge, tout en restant administrativement rattachée au Vietnam. Avec ses plages de sable clair et ses eaux chaudes, l’île est souvent considérée comme l’une des plus belles destinations balnéaires du pays. Elle attire de nombreux voyageurs pour ses paysages marins et ses fruits de mer réputés parmi les meilleurs du Vietnam.
D’une superficie d’environ 574 km², Phú Quốc est une île montagneuse et densément boisée qui s’étend sur près de 48 kilomètres du nord au sud. Elle compte un peu plus de 100 000 habitants, principalement répartis dans les villages côtiers et autour de la ville principale de Dương Đông. L’île possède également une histoire particulière: au XVIIIe siècle, elle servit de refuge au missionnaire français Pigneau de Behaine, qui y protégea le prince Nguyễn Ánh, futur empereur Gia Long, poursuivi par les rebelles Tây Sơn. Pendant la guerre du Vietnam, l’île fut relativement épargnée par les combats mais abrita une grande prison utilisée par l’armée sud-vietnamienne pour les prisonniers vietcongs. Aujourd’hui encore, ce passé historique attire des visiteurs curieux de comprendre cette période.
| Les conditions d’entrée à Phú Quốc sont relativement simples pour les voyageurs étrangers. Les visiteurs arrivant par bateau de croisière peuvent séjourner sur l’île jusqu’à quinze jours sans visa, à condition de posséder un passeport valable au moins quarante-cinq jours après leur arrivée. Les voyageurs arrivant par avion peuvent également bénéficier d’un visa touristique gratuit de trente jours, même si leur nationalité exige normalement un visa pour entrer au Vietnam. Ce statut particulier vise à encourager le développement touristique de l’île, devenue l’une des principales destinations balnéaires du pays. Grâce à ces facilités administratives, Phú Quốc accueille chaque année un nombre croissant de visiteurs internationaux venus profiter de ses plages et de son climat tropical. L’accès le plus rapide à l’île se fait par avion via l’aéroport international de Phú Quốc (PQC), situé au sud de la ville de Dương Đông. Plusieurs compagnies assurent des vols réguliers depuis Hô Chi Minh-Ville, notamment Vietnam Airlines, VietJet, Pacific Airlines et Bamboo Airways, pour un trajet d’environ une heure. Vietnam Airlines exploite souvent cette ligne avec des avions ATR-72, tandis que les compagnies low-cost utilisent généralement des Airbus A320. Depuis l’aéroport, les voyageurs peuvent rejoindre leur hôtel en taxi, par les applications de transport comme Grab ou Xanh SM, ou encore grâce aux services de navettes proposés par de nombreux hôtels. Des bus électriques gratuits desservent également Dương Đông et la côte ouest, permettant de rejoindre facilement les principales zones touristiques de l’île. Il est également possible de rejoindre Phú Quốc par la mer grâce à plusieurs liaisons maritimes reliant l’île au continent. Des ferries et hydroptères opérés notamment par Superdong et Phu Quoc Express assurent des traversées depuis Rạch Giá, Hà Tiên ou Hòn Chông. Le trajet entre Rạch Giá et Phú Quốc dure environ deux heures et demie en hydroptère, tandis que la traversée depuis Hà Tiên prend environ une heure et demie. Les bateaux arrivent généralement au port de Bãi Vòng, d’où des bus électriques gratuits permettent de rejoindre Dương Đông ou d’autres zones de l’île. Bien que ces traversées soient souvent agréables, l’état de la mer peut parfois rendre le voyage mouvementé en haute saison, ce qui explique pourquoi de nombreux visiteurs privilégient aujourd’hui l’avion pour atteindre l’île. |
Contrairement aux régions voisines du delta du Mékong, les sols pauvres et le relief accidenté de Phú Quốc ne favorisent pas la production agricole intensive. L’île est cependant célèbre dans tout le Vietnam pour deux produits emblématiques: sa sauce de poisson nuoc mam, réputée comme l’une des meilleures du monde, et son poivre de grande qualité cultivé dans plusieurs plantations locales. Les visiteurs peuvent découvrir ces productions en visitant des fabriques traditionnelles ou des fermes de poivre où les plants grimpent le long de grands poteaux. La pêche joue également un rôle essentiel dans l’économie locale et garantit l’abondance de fruits de mer frais servis dans les restaurants de l’île.
Un autre symbole original de Phú Quốc est son chien indigène, autrefois utilisé comme chien de chasse par les habitants. Cette race locale possède des caractéristiques physiques particulières, notamment des dents très acérées et des griffes adaptées à la capture de proies dans la forêt. Bien que ces chiens aient été partiellement domestiqués, il est encore courant d’en croiser lors des déplacements sur l’île. Ils font aujourd’hui partie du patrimoine vivant de Phú Quốc et attirent la curiosité de nombreux visiteurs. Leur présence rappelle aussi le caractère sauvage et forestier de l’île, dont une grande partie reste couverte de végétation tropicale.
Les plages de Phú Quốc sont classées parmi les plus propres et les plus belles du monde. Pourtant, la situation environnementale a changé au fil des années, notamment en raison de l’augmentation rapide du tourisme. Dans certaines zones, la pollution par les déchets plastiques est devenue un problème visible, ce qui a suscité des critiques parmi les habitants et les voyageurs. Malgré ces défis, certaines parties de l’île conservent encore une atmosphère paisible et relativement préservée, notamment dans les zones moins urbanisées du nord et de l’ouest.
Les paysages de l’île peuvent être explorés facilement en moto, notamment sur les routes qui contournent le nord-ouest. Ces pistes souvent non goudronnées traversent une nature encore intacte et offrent des panoramas remarquables. Sur la côte occidentale, il est possible d’admirer l’embouchure de la rivière Cua Can, un lieu apprécié pour ses vues paisibles et ses cafés en bord d’eau comme Chez Carole Resort. La route qui part de Gành Dầu vers l’est traverse quant à elle une forêt dense, tandis que l’après-midi, les bateaux de pêche colorés se rassemblent au large du village.
Au sud de l’île se trouve la ville portuaire d’An Thới, principal centre de pêche de la région. De là partent de nombreux bateaux vers les petites îles de l’archipel voisin, souvent utilisées pour les excursions en mer et la plongée. L’une des attractions les plus spectaculaires de la région est le téléphérique Sunworld, long d’environ 7,9 kilomètres, qui relie l’île principale au parc aquatique de Hon Thom en traversant plusieurs îlots et fermes perlières. Le trajet d’environ trente minutes offre des panoramas impressionnants sur la mer turquoise et les archipels environnants.
Parmi les sites naturels les plus connus figure la plage de Sao, située au sud-est de l’île, souvent considérée comme la plus belle de Phú Quốc avec son sable clair et ses eaux calmes. Sur la côte ouest, la plage d’Ong Lang est particulièrement appréciée pour ses couchers de soleil spectaculaires. À l’intérieur des terres, les chutes de Suối Tranh offrent une promenade agréable à travers la forêt, surtout après la saison des pluies lorsque l’eau alimente le bassin au pied de la cascade. Ces paysages naturels, combinés aux marchés animés de Dương Đông, aux fabriques de nuoc mam et aux sites historiques comme la prison de Phú Quốc, composent l’identité contrastée de cette île à la fois touristique, sauvage et profondément marquée par l’histoire.

22. Mont Sam
Situé à environ sept kilomètres de Châu Đốc, dans la province d’An Giang, le mont Sam est l’un des sites spirituels les plus importants du delta du Mékong. Bien qu’il ne s’élève qu’à environ 160 mètres d’altitude, cette colline solitaire domine une vaste plaine de rizières et de canaux. Son isolement lui donne une présence impressionnante dans le paysage, visible de très loin. Depuis ses pentes, les panoramas s’étendent jusqu’aux campagnes du Cambodge voisin. Cette montagne constitue à la fois un lieu de contemplation naturelle et un centre religieux majeur pour les habitants de la région.
Le mont Sam est surtout célèbre pour le sanctuaire de la Dame Xu (Bà Chúa Xứ), l’un des temples les plus vénérés du sud du Vietnam. Selon la tradition, une statue ancienne découverte au sommet de la montagne aurait été déplacée jusqu’à cet emplacement après un signe divin. Elle est aujourd’hui considérée comme la protectrice de la région, symbole de prospérité et de paix. Chaque année, lors du festival de la Dame Xu au printemps, des centaines de milliers de pèlerins viennent prier pour la santé, la réussite et le bonheur.
La montagne abrite également plusieurs temples et pagodes remarquables. La pagode Tây An, construite au XIXᵉ siècle, se distingue par son architecture originale mêlant style vietnamien et influences mogholes. Le temple de Thoai Ngoc Hau rend hommage au mandarin qui développa les systèmes d’irrigation de la région, tandis que la pagode Phước Điền (Chua Hang) est accrochée aux pentes rocheuses et offre une vue spectaculaire sur les plaines environnantes.
Malgré sa taille modeste, le mont Sam possède une végétation tropicale dense composée de palmiers, de banyans et de frangipaniers. Les oiseaux et les espèces locales animent la montagne, créant un contraste avec les vastes rizières qui l’entourent. Cette nature fait du site un refuge paisible au cœur du delta. Les sentiers permettent d’explorer les pentes tout en profitant de nombreux points de vue sur les villages cham et les canaux agricoles de la région.
L’ascension du mont Sam est accessible à tous grâce à plusieurs itinéraires. Une route goudronnée serpente autour de la montagne pour les visiteurs qui souhaitent monter en moto ou en voiture, tandis que des escaliers traditionnels permettent aux pèlerins d’atteindre les temples à pied. D’autres sentiers plus discrets traversent la végétation et offrent une ambiance plus tranquille. Au sommet, quelques kiosques et sanctuaires accueillent les visiteurs qui viennent admirer le panorama sur le delta du Mékong, un paysage changeant au fil des saisons et considéré comme l’un des plus beaux points de vue de la région.

23. Hô-Chi-Minh-Ville
Hô Chi Minh-Ville (en vietnamien Thành phố Hồ Chí Minh), souvent appelée Saïgon (Sài Gòn), est la plus grande ville du Vietnam et l’ancienne capitale du Vietnam du Sud avant la réunification du pays en 1975. Métropole économique et culturelle du sud du pays, elle rassemble aujourd’hui plusieurs millions d’habitants et constitue l’un des centres urbains les plus dynamiques d’Asie du Sud-Est. Malgré son développement rapide et l’apparition de nombreux gratte-ciel, la ville conserve de nombreux vestiges de son passé colonial et de la guerre du Vietnam. Ces traces historiques donnent à la ville un caractère unique où se mêlent héritage européen, traditions vietnamiennes et modernité asiatique.
Le centre historique se situe principalement dans le 1er arrondissement, où se concentrent de nombreux monuments emblématiques. Sur le grand boulevard Nguyen Hue se dresse la majestueuse salle du Comité populaire, ancien hôtel de ville construit à l’époque coloniale française. Ce bâtiment élégant aux façades crème et jaune est l’un des plus beaux exemples d’architecture coloniale de la ville. Devant l’édifice se trouve la statue Ho Chi Minh, lieu très prisé pour les photographies. Le boulevard accueille également chaque année la célèbre rue des Fleurs de Nguyen Hue, installée à l’occasion du Têt et décorée de milliers de fleurs colorées.
À quelques pas se trouvent plusieurs monuments historiques majeurs. La magnifique cathédrale Notre-Dame, construite par les Français au XIXᵉ siècle, se distingue par son architecture mêlant styles roman et gothique. Face à elle se trouve le célèbre bureau de poste central, autre héritage de la période coloniale dont l’intérieur impressionne par sa grande voûte et sa décoration raffinée. Ce quartier constitue l’un des ensembles architecturaux les plus emblématiques de Saïgon, où les bâtiments historiques côtoient aujourd’hui les centres commerciaux et les immeubles modernes.
Parmi les lieux historiques incontournables figure le célèbre palais de l’Indépendance, également appelé palais de la Réunification. Ce bâtiment moderne, construit dans les années 1960, servait de résidence au président du Vietnam du Sud. Le 30 avril 1975, un char nord-vietnamien franchit ses portes, marquant la fin de la guerre et la réunification du pays. Aujourd’hui transformé en musée, le palais conserve ses salons d’époque, ses salles de commandement et son bunker souterrain, permettant aux visiteurs de plonger dans l’histoire politique de cette période.
La mémoire du conflit est également présente au musée des vestiges de la guerre, l’un des musées les plus visités de la ville. Les expositions présentent des photographies, des documents et des équipements militaires tels que chars, hélicoptères et avions de chasse. Il est possible aussi d’y voir une reconstitution de prison avec des « cages à tigres » semblables aux cages de la prison de Con Dao.
La ville abrite aussi de nombreux musées consacrés à l’histoire et à la culture vietnamiennes. Le musée Ho Chi Minh-Ville, installé dans l’ancien palais Gia Long, retrace l’histoire de la ville depuis la préhistoire jusqu’à l’époque contemporaine. Le musée d’histoire vietnamienne, situé près du jardin botanique, présente quant à lui d’importantes collections d’antiquités et d’objets archéologiques.
D’autres musées complètent ce panorama culturel. Le musée des femmes du Sud met en lumière le rôle des femmes dans l’histoire, l’économie et les mouvements révolutionnaires du Vietnam. Le musée FITO de la médecine traditionnelle vietnamienne présente les remèdes, instruments et savoir-faire liés à la médecine ancestrale du pays. Quant au musée géologique du Vietnam, il expose des collections de minéraux et de fossiles provenant de différentes régions du territoire.
La scène artistique de la ville se découvre notamment au musée des Beaux-Arts de Hô Chi Minh-Ville, installé dans un élégant bâtiment colonial conçu pour la famille Hua. Le musée présente de nombreuses œuvres d’art vietnamien du XXᵉ siècle ainsi que des expositions temporaires. À proximité se trouve également l’illustre opéra de Saïgon, construit durant la période coloniale française et considéré comme l’une des plus belles salles de spectacle d’Asie du Sud-Est.
L’opéra de Saïgon accueille aujourd’hui concerts, spectacles et performances artistiques contemporaines. Le célèbre spectacle AO, qui mêle acrobaties et traditions vietnamiennes, y est particulièrement populaire auprès des visiteurs. Non loin de là se trouve également le musée Ton Duc Thang, consacré à la vie du président vietnamien du même nom, ainsi que le monument Thich Quảng Đức, érigé en mémoire du moine bouddhiste qui s’immola en 1963 pour protester contre la persécution religieuse.
La diversité religieuse de la ville se reflète dans ses nombreux temples et pagodes. La célèbre pagode de l’Empereur de Jade est l’un des sanctuaires taoïstes les plus célèbres de Saïgon. Construite en 1909 par des immigrants cantonais, elle est dédiée à l’Empereur de Jade, roi des dieux dans la mythologie chinoise. Son atmosphère paisible contraste avec l’agitation de la ville, notamment grâce à son bassin rempli de tortues.
Parmi les autres sites religieux majeurs figure la pagode Xá Lợi, considérée comme le plus grand temple bouddhiste de la ville et ancien siège du bouddhisme au Sud-Vietnam. La pagode Giác Lâm, construite au XVIIIᵉ siècle, est quant à elle l’un des temples les plus anciens de la ville et abrite un arbre sacré de la Bodhi.
La ville compte également d’autres lieux de culte reflétant sa diversité culturelle. La mosquée centrale, construite en 1935, accueille aujourd’hui des fidèles venus d’Inde, du Pakistan ou d’Indonésie. Le temple Mariamman, temple hindou fondé par des immigrants tamouls, reste quant à lui un lieu de prière actif fréquenté par des fidèles vietnamiens et khmers.
Le quartier de Cholon, ancien quartier chinois de Saïgon, constitue l’un des centres culturels les plus fascinants de la ville. S’y découvrent plusieurs temples traditionnels comme la pagode Quan Am, dédiée au bodhisattva Avalokiteshvara. La pagode Thien Hau, consacrée à la déesse de la mer Mazu, attire également de nombreux fidèles et visiteurs.
Dans les environs de Cholon, la pagode Phung Son Tu offre un refuge calme au cœur de la ville. Le quartier reste aujourd’hui un centre commercial important où se mêlent traditions chinoises, marchés animés et restaurants spécialisés.
La modernité de la ville se manifeste enfin à travers ses gratte-ciel spectaculaires. La tour financière Bitexco offre une plateforme d’observation appelée Skydeck permettant d’admirer un panorama à 360° sur la ville. Encore plus impressionnante, la tour Landmark 81 domine désormais l’horizon avec ses 81 étages et ses 461 mètres de hauteur.
Enfin, la ville propose également de nombreuses activités de loisirs. Le parc du 23 septembre, près du marché Ben Thanh, est un lieu de rencontre populaire pour les habitants qui y pratiquent sport et danse. Les visiteurs peuvent aussi explorer les environs de la ville, notamment les célèbres tunnels de Cu Chi, la réserve de biosphère de Can Gio ou le jardin des cigognes de Thu Duc.




