
Au travers de cet article que nous avons voulu le plus complet possible, nous avons souhaité vous présenter tous les lieux d’intérêts incontournables de la région centrale du Vietnam, ceux que vous devez absolument voir, ceux qui représentent son essence même. Certains d’entre eux sont évidents et connus de tous, mais d’autres sont des trésors cachés qui méritent d’être parcourus. C’est pour cette raison que nous espérons que cet article, l’un des plus complets disponible sur Internet, qui vous présente les incontournables de la région centrale du Vietnam vous aidera à découvrir ce territoire magnifique.
Le Vietnam (Việt Nam) est un pays d’Asie du Sud-Est réputé pour la richesse de sa gastronomie, la diversité de ses paysages et la profondeur de son patrimoine culturel. Marqué par la guerre du Vietnam au XXe siècle, le pays a su se reconstruire avec détermination à partir des années 1990. Porté par une population jeune et dynamique, il connaît depuis lors un développement économique soutenu. S’il demeure moins structuré touristiquement que certains de ses voisins, il séduit par son authenticité, son énergie et la variété de ses expériences.
La région centrale du Vietnam constitue l’un des espaces les plus fascinants du pays. Elle s’étend le long de la côte centrale tout en englobant les Hauts Plateaux du Centre, formant un territoire à la fois maritime et montagneux. Cette vaste zone relie symboliquement le nord et le sud du Vietnam, comme une longue perche de bambou reliant deux paniers, selon une image souvent employée par les Vietnamiens. Entre plages spectaculaires, villes historiques et paysages de collines ondulantes, cette région offre une diversité remarquable qui attire les voyageurs en quête d’authenticité.
Le littoral concentre certaines des villes les plus dynamiques du pays. Da Nang, cinquième plus grande ville du Vietnam, séduit par ses longues plages et son développement touristique rapide. Plus au sud, Hoi An, ancien port de commerce classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, charme les visiteurs avec ses ruelles piétonnes bordées de maisons anciennes, de cafés et de boutiques. L’ancienne capitale impériale Hué demeure également un centre culturel majeur, tandis que des villes comme Dong Hoi, Quảng Ngãi, Quy Nhon ou Nha Trang offrent chacune une atmosphère différente, entre stations balnéaires, villes historiques et destinations encore peu fréquentées.
La région possède également de nombreux sites naturels et historiques majeurs. Les Îles Cham (Cù Lao Chàm), situées au large de Hoi An, forment un archipel préservé réputé pour ses paysages marins. Le parc national de Phong Nha Ke Bang, célèbre pour ses grottes spectaculaires, constitue l’un des trésors naturels du Vietnam. À proximité de Hoi An, les ruines de Mon fils, ancien sanctuaire de la civilisation Champa inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco, témoignent de l’histoire ancienne de la région. La baie de Vân Phong, encore largement préservée du développement touristique, offre quant à elle l’un des littoraux les plus sauvages du pays.
À l’intérieur des terres, les Hauts Plateaux du Centre offrent un contraste saisissant avec la côte tropicale. Cette région, appelée Tây Nguyên, se caractérise par un climat plus sec, des collines verdoyantes et de vastes plantations agricoles. Des villes comme Dalat, ancienne station climatique française au climat tempéré, Buon Ma Thuot, berceau du célèbre café vietnamien, ou Kontum, connue pour ses grandes maisons communautaires traditionnelles, constituent des étapes majeures. Les paysages y sont ponctués de villages ethniques et de forêts qui donnent à cette région une identité culturelle très particulière.
Ce territoire est également marqué par une grande richesse humaine. Les minorités ethniques y vivent encore selon des traditions anciennes, dans des maisons longues ou sur pilotis, et perpétuent un mode de vie étroitement lié à l’agriculture et à la nature. Dans certaines régions, les voyageurs peuvent découvrir ces cultures locales, partager un verre de vin de riz ou observer les activités quotidiennes des villages.
Fiche pays VIETNAM
1. Bảo Lộc (Terres du centre)
Située sur le plateau de Di Linh à 800 mètres d’altitude, Bảo Lộc, anciennement B’Lao en langue Co Ho, appartient à la province de Lam Dong dans les Hauts Plateaux du Centre. Avec ses 196 088 habitants répartis sur 233,95 km², la ville présente un équilibre harmonieux entre développement industriel et paysages naturels. Si Da Lat demeure la capitale provinciale, Bảo Lộc s’affirme comme le cœur économique de la région grâce à ses activités de transformation du thé, du café et surtout de la soie, qui représentent une part majeure de la production industrielle locale.
Capitale vietnamienne de la soie, la ville abrite des manufactures réputées telles que l’Asian Silk Spinning and Weaving Factory, tandis que la zone industrielle de Loc Son et la commune de Dai Lao concentrent l’essentiel de cette activité. Les collines environnantes, couvertes de plantations de thé et de café, participent à l’identité agricole de la région et sont célébrées lors du festival de la culture du thé et du café de Lam Dong, organisé tous les deux ans, qui met à l’honneur savoir-faire traditionnel et vitalité économique.
Le centre urbain s’organise autour du lac Dong Nai et du lac Hồ Đồng Nai, deux étendues paisibles offrant fraîcheur et espaces de promenade. Le parc du lac Dong Nai et le parc Bảo Lộc constituent de véritables poumons verts où habitants et visiteurs viennent marcher ou se détendre. La rue Ly Thai To, artère principale menant vers la zone touristique, structure la ville et guide naturellement vers les sites majeurs, tandis que l’église de Bao Lôc et le temple ancien Bát Nhã témoignent de la diversité spirituelle et patrimoniale locale.
À une quinzaine de kilomètres, la spectaculaire cascade Dambri déploie une chute de 57 mètres au cœur d’une forêt préservée. La zone touristique de Dambrö, longtemps restée confidentielle avant son renouveau à partir de 2007, s’est modernisée avec l’aménagement d’infrastructures et l’inauguration en 2010 du plus long toboggan aquatique d’Asie du Sud-Est. Ce site est aujourd’hui un lieu privilégié pour la randonnée, le camping et l’observation de la nature.
Les environs prolongent cette immersion naturelle avec le mont Dai Binh, le lac Nam Phuong et le ruisseau Da Ban, qui offrent de superbes panoramas. Sur les hauteurs de Bảo Lâm, la pagode Linh Quy Pháp Ấn domine les collines embrumées et invite à la contemplation. Plus loin, dans la région de Đạ Tẻh, le centre des espèces de primates en danger de Dao Tien sensibilise à la protection de la biodiversité, tandis que le marais aux crocodiles propose une découverte singulière de la faune locale.

2. Buôn Ma Thuột (Terres du centre)
Capitale de la province de Dak Lak, Buôn Ma Thuột constitue le principal centre urbain des Hautes Terres centrales. Malgré son développement rapide, impulsé surtout par des investissements locaux, la ville conserve une atmosphère paisible et authentique. Réputée pour la qualité de son café, souvent surnommé « café de Ban Mê », elle attire les voyageurs désireux de découvrir une facette moins touristique du Vietnam, tout en servant de point de départ vers les merveilles naturelles environnantes.
Le centre-ville est marqué par une grande statue ornant un rond-point emblématique et par plusieurs sites historiques majeurs. Le temple du lac Giao offre un cadre spirituel serein, tandis que la pagode Khai Doan, fondée sous décret impérial, constitue l’un des édifices religieux les plus importants de la région. La prison de Buon Ma Thuot rappelle une période plus sombre de l’histoire, et le complexe du palais Bảo Đại, aujourd’hui musée des groupes ethniques vietnamiens à Đắk Lắk, permet de mieux comprendre la diversité culturelle locale. Le bureau de l’évêque à Dak Lak complète ce panorama patrimonial.
Au nord de la ville, le quartier Ako Dhong dévoile ses maisons longues traditionnelles entourées de jardins fleuris. Ce village culturel, autrefois distinct et désormais intégré à la ville, conserve l’identité de la minorité E-de et permet une immersion dans les traditions des Hautes Terres. L’ancien arbre Kơnia, près du carrefour à six voies de Ban Mê, symbolise l’enracinement historique de la région.
Les amateurs de nature se dirigent vers les impressionnantes cascade de Dray Nur et cascade de Đray Sáp, situées à une trentaine de kilomètres. Ces chutes spectaculaires, particulièrement puissantes durant la saison des pluies, offrent un cadre propice à l’exploration et à la détente. Plus au sud, le lac Lak, souvent appelé lac mère des Hautes Terres centrales, étend ses eaux paisibles au pied des collines, créant un paysage harmonieux propice aux balades.
La route vers le lac mène également à Dame Jiangshan, point de vue remarquable sur les reliefs environnants. Les visiteurs peuvent rejoindre le village de Ban Don, autrefois célèbre pour ses éléphants, et découvrir les paysages du parc national de Yok Don. En ville, la coopérative Eatu Café propose une immersion dans la production de café équitable et ouvre ses portes aux curieux.

3. Da Lat (Terres du centre)
Perchée entre 1 500 et 2 000 mètres d’altitude, Da Lat évoque une rencontre singulière entre le Vietnam et l’héritage colonial français. Fondée comme station climatique durant l’époque coloniale, la ville conserve un charme européen perceptible dans ses villas et ses palais. Entourée de collines couvertes de pins et de plantations de thé et de café, elle bénéficie d’un climat tempéré rare au Vietnam, avec des journées douces et des nuits fraîches.
Au cœur de la ville s’étend le lac Xuan Huong, vaste étendue d’eau créée dans les années 1930 et devenue l’emblème de Da Lat. Ses rives accueillent hôtels et promenades romantiques, tandis que le marché de Dalat propose fraises, artichauts et confitures locales. Non loin, le jardin de fleurs expose une profusion végétale colorée et raffinée, reflet de la vocation horticole de la région.
Le patrimoine colonial se découvre à travers les palais I, palais II et palais III, résidences du dernier empereur Bao Dai, ainsi que l’hôtel Dalat Palace. Le golf du Palais Dalat, inauguré en 1922, rappelle l’influence européenne. À proximité se dresse la surprenante maison folle, architecture fantasque inspirée de Gaudí qui intrigue et fascine les visiteurs.
Les sites naturels abondent autour de la ville. Le mont Langbiang offre des panoramas spectaculaires sur les plateaux, tandis que le lac Tuyen Lam et le lac de la Source Dorée séduisent par leurs eaux limpides. Les majestueuses chutes de Pongour et les chutes Prenn impressionnent par leur ampleur, surtout durant la saison des pluies.
La spiritualité occupe également une place importante avec le monastère zen de Truc Lam et le monastère de Thien Vien Truc Lam, accessibles notamment par téléphérique au-dessus des pinèdes. La pagode Linh Phuoc, ornée de mosaïques de porcelaine, et la Nha Tho Domaine de Marie, église rose perchée sur une colline, enrichissent ce patrimoine religieux.
Entre la romantique vallée de l’Amour, le poétique lac du Chagrin et la gare de Dalat au charme rétro, la ville cultive une atmosphère singulière. L’université de Dalat participe à son dynamisme intellectuel.

4. Gia Nghĩa (Terres du centre)
Située dans la province de Dak Nong, au sud-ouest des Hautes Terres centrales, Gia Nghĩa demeure une destination encore confidentielle. À 225 kilomètres de Hô Chi Minh-Ville et à 120 kilomètres de Buôn Ma Thuột, la ville se distingue par sa propreté, son atmosphère paisible et la coexistence de 19 groupes ethniques. Son climat alterne une longue saison des pluies et une saison sèche ensoleillée, offrant des paysages contrastés au fil des mois.
L’entrée de la ville est marquée par le No Trang Long Bow monument, symbole historique local. Autour du petit lac central, restaurants et promenades invitent à la détente. Gia Nghĩa apparaît comme un centre administratif tranquille, loin des circuits touristiques traditionnels, mais riche d’une identité culturelle plurielle.
Les environs révèlent une nature spectaculaire, à commencer par les chutes d’eau de Dieu Thanh, qui dévalent les rochers en plusieurs niveaux. La cascade à trois niveaux et la cascade de Dak Nong témoignent de la puissance hydraulique de la région, offrant des panoramas impressionnants et des espaces propices à l’exploration.
La biodiversité se découvre dans la réserve naturelle de Nam Nung, vaste territoire forestier protégé abritant une faune variée. Le plateau de Jubat dévoile quant à lui de larges horizons ondulés caractéristiques des Hautes Terres. La cascade vierge, moins fréquentée, séduit par son environnement intact.
Les amateurs de paysages fluviaux rejoignent la rivière Krong No, qui serpente à travers les reliefs volcaniques. Le lac Ea Sno offre un miroir d’eau paisible, propice à la contemplation. Non loin, la cascade de Dray Sap et la cascade de Gia Long complètent ce tableau naturel grandiose.

5. Cascade d’éléphant (Terres du centre)
Située dans la province de Lam Dong, à environ 30 kilomètres de Da Lat et à proximité du village de Nam Ban, la cascade d’éléphant, également appelée cascades d’éléphant (Thac Voi), figure parmi les merveilles naturelles les plus impressionnantes des Hautes Terres centrales. Haute de 30 mètres et large de 15 mètres, elle doit son nom à un gigantesque rocher dont la forme évoque la tête d’un éléphant. L’eau qui s’écrase sur les parois rocheuses crée un voile de brume enveloppant les visiteurs d’une atmosphère mystérieuse. Depuis le belvédère supérieur jusqu’aux rochers situés au pied des chutes, le spectacle est saisissant.
L’accès se fait par un sentier forestier agréable mais parfois glissant en saison des pluies. Les visiteurs doivent descendre un chemin escarpé composé de marches en pierre inégales, avec quelques garde-corps disposés par intermittence. Une bonne paire de chaussures antidérapantes est indispensable, surtout lorsque le sol est humide. Pour les plus aventureux, une petite grotte permet de passer derrière le rideau d’eau et de ressentir la force des embruns. Des rochers couverts de mousse offrent également des points de vue spectaculaires pour la photographie. Le site étant populaire, le chemin peut être encombré ; la prudence est donc recommandée lors de l’ascension ou de la descente.
Le visiteur peut rejoindre la cascade d’éléphant depuis Buon Ma Thuot ou Da Lat en bus, en moto ou en taxi, notamment via les lignes Dalat – Duc Trong et Duc Trong – Lam Ha. Une fois à Nam Ban, un court trajet permet d’atteindre l’entrée du site. Les visiteurs peuvent également engager un guide local afin de découvrir les villages environnants, réputés pour leur artisanat et leur agriculture. Les habitants, chaleureux et accueillants, partagent volontiers leurs traditions et leur cuisine.

6. Cascade de Pongour (Terres du centre)
Située à environ 45 kilomètres au sud-ouest de Da Lat, dans la commune de Tan Hoi du district de Duc Trong, la cascade de Pongour est souvent surnommée les chutes aux sept étages. Avec ses 20 mètres de hauteur et près de 100 mètres de largeur, elle compte parmi les plus grandes cascades du Vietnam. Son eau se déploie en larges nappes successives sur des formations rocheuses en gradins, créant un amphithéâtre naturel impressionnant. Même lorsque le débit est réduit en saison sèche, le charme du site demeure perceptible, aussi bien depuis le sommet que depuis la base. L’environnement forestier qui l’entoure renforce la majesté du paysage.
L’entrée, modeste, en fait un lieu accessible à tous, et de nombreux étals proposent collations et boissons, transformant l’endroit en aire de pique-nique prisée en fin d’après-midi. Les voyageurs aventureux escaladent parfois les différents niveaux pour se rapprocher de l’eau, mais certaines zones sont particulièrement glissantes et nécessitent prudence et bonne condition physique. Les rochers polis par le courant offrent des points de vue spectaculaires sur l’ensemble des sept paliers. La cascade peut être visitée toute l’année, bien que la saison des pluies accentue sa puissance visuelle.
Le visiteur peut rejoindre la cascade de Pongour en excursion organisée depuis Da Lat ou de manière indépendante en bus ou en moto-taxi. Le trajet traverse des paysages agricoles et vallonnés typiques de Lam Dong. Le site, moins fréquenté que d’autres chutes proches de la ville, permet une expérience plus paisible en semaine.

7. Cascade de Datanla (Terres du centre)
À seulement cinq kilomètres au sud de Da Lat, sur la route nationale 20 au col de Prenn, la cascade de Datanla figure parmi les attractions les plus visitées de la région. Connue autrefois sous le nom de « Da Tam N’nha » par les populations K’ho, elle est associée à une légende évoquant des fées venant s’y baigner. Le site se distingue par un ruisseau qui s’écoule entre des falaises abruptes avant de plonger dans un bassin profond.
Au-delà de la contemplation des chutes, la cascade de Datanla propose une variété d’activités d’aventure. Le toboggan alpin, sorte de montagnes russes serpentant à travers la forêt, constitue l’attraction phare et permet de rejoindre la base des chutes de manière ludique. Les visiteurs peuvent également pratiquer l’escalade, la randonnée le long du ruisseau ou explorer la forêt environnante. Un restaurant sur place sert des plats vietnamiens authentiques à prix raisonnables, facilitant une visite prolongée.
Ouverte tous les jours, la cascade de Datanla attire particulièrement les habitants le week-end. Les frais d’entrée restent accessibles et plusieurs options de billets permettent de combiner visite et activités. Le site, aménagé mais préservant une part de nature brute, combine divertissement et découverte.
8. Pagode Linh Phuoc (Terres du centre)
Située à environ huit kilomètres du centre de Da Lat, la pagode Linh Phuoc, surnommée pagode des éclats de verre, est l’un des sanctuaires bouddhistes les plus singuliers du Vietnam. Fondée en 1952, elle se distingue par une architecture entièrement décorée de mosaïques réalisées à partir de fragments de porcelaine et de verre recyclés. Chaque façade, chaque statue et chaque recoin reflète un travail minutieux, conférant au site une luminosité spectaculaire. La tour principale, haute de 37 mètres, domine l’ensemble et abrite une cloche monumentale en bronze de 8,5 tonnes.
Le sanctuaire central renferme une grande statue de Bouddha entourée de fresques colorées illustrant des scènes religieuses et des légendes locales. La pagode Linh Phuoc détient plusieurs records nationaux, notamment la plus grande statue d’Avalokiteshvara réalisée à partir de fleurs immortelles. L’un des parcours les plus marquants reste l’exploration des représentations souterraines des 18 niveaux de l’enfer bouddhiste, illustrant de manière saisissante la notion de karma. Ce tunnel pédagogique mêle spiritualité et symbolisme moral.
Accessible en taxi, en bus ou via le train touristique Da Lat – Trai Mat, la pagode Linh Phuoc attire fidèles et voyageurs curieux. L’atmosphère y est à la fois solennelle et artistique, propice à la méditation comme à l’émerveillement esthétique.

9. Pagode Linh An (Terres du centre)
Située à Nam Ban, dans le district de Lam Ha à environ 30 kilomètres de Da Lat, la pagode Linh An, également appelée Linh An Tu, s’inscrit parmi les temples bouddhistes majeurs de la région. Nichée au cœur de vastes forêts de pins et à proximité immédiate de la cascade d’éléphant, elle offre un cadre serein propice à la contemplation. Son architecture traditionnelle, aux toits recourbés et aux sculptures délicates, reflète l’esthétique spirituelle vietnamienne.
Le site est particulièrement célèbre pour son monumental Bouddha souriant, une statue de près de 15 mètres de haut dominant la cour principale. Cette figure rayonnante symbolise prospérité et joie, et attire de nombreux pèlerins venus prier ou formuler des vœux. L’enceinte du temple, vaste et paisible, permet de déambuler entre jardins, statues et pavillons dans une atmosphère empreinte de calme.
Gratuite d’accès, la pagode Linh An constitue une halte idéale lors d’une excursion vers la cascade voisine. Appréciée notamment par les voyageurs occidentaux en quête d’authenticité culturelle, elle combine spiritualité, nature et hospitalité locale.

10. Kon Tum (Terres du centre)
Kon Tum, capitale de la province de Kontum dans les Hauts Plateaux du Centre, se présente comme une petite ville tranquille et peu touristique, dont l’intérêt se révèle surtout en s’éloignant du centre. Les villages de minorités ethniques qui l’entourent, notamment les villages des Sedang, Bahnar, Jarai, Gieh Trieng et Rengao, donnent accès à une culture montagnarde discrète mais profondément vivante. Dans chaque hameau se dresse un rong, vaste maison communautaire où se tiennent les grandes réunions et les cérémonies, et dont l’architecture raconte à elle seule l’identité du groupe. Pour apprécier ces codes et éviter les maladresses, l’accompagnement d’un guide est conseillé, car il facilite les échanges et aide à respecter les tabous locaux.
L’histoire de Kon Tum a aussi été marquée par les missionnaires catholiques français, qui y ont implanté des lieux de culte singuliers, devenus aujourd’hui des repères patrimoniaux. L’église montagnarde (église en bois), construite en 1913 puis restaurée dans les années 1990, frappe par son mélange de traditions artistiques locales et de symboles chrétiens : s’y retrouvent des scènes de villages bahnar, des éléphants, et même une maquette de rong, comme un pont entre deux univers. Non loin, l’église Tan Huong complète cette découverte religieuse, tandis que l’orphelinat de Bahnar, situé derrière l’église en bois, accueille volontiers les visiteurs et les dons, dans une atmosphère simple et digne.
Pour approfondir la rencontre avec la région, le séminaire catholique au 56 Tran Hung Dao mérite une halte, à la fois pour son allure coloniale et pour son petit musée consacré aux minorités.

11. Pleiku (Terres du centre)
Pleiku, capitale de la province de Gia Lai, occupe une position stratégique sur les Hauts Plateaux du Centre-Nord, au croisement des routes nationales 14 et 19, non loin du carrefour indochinois et de la piste Hô Chi Minh. Ancienne ville des ethnies bahnar et jarai, elle est aujourd’hui majoritairement habitée par l’ethnie kinh et s’étend sur 260,77 km², avec environ 331 178 habitants. Souvent perçue comme une simple étape entre Kon Tum et Buôn Ma Thuột, Pleiku fonctionne pourtant comme un véritable hub régional, tourné vers les échanges et l’économie plus que vers le tourisme.
Le cœur de ville se découvre d’abord autour de repères simples mais parlants, comme la place Đại đoàn kết, vaste espace où se prend le pouls urbain, ou le pont Ho Duc An, point de passage qui rappelle l’importance des axes dans cette cité-carrefour. À proximité, la pagode Minh Thành s’impose comme une visite majeure : son style, souvent décrit comme très japonais, se distingue nettement des pagodes plus classiques, et la lumière de fin d’après-midi y met en valeur l’élégance des structures. Pour une respiration plus naturelle, le lac Đức An offre une pause tranquille, tandis que le Biển Hồ, lié au célèbre lac T’Nung ouvre sur un paysage lacustre emblématique des Hauts Plateaux, apprécié pour ses vues et son ambiance de forêt clairsemée.
Autour de Pleiku, les sorties courtes suffisent à révéler l’essentiel, notamment vers le lac T’Nung, dont les rives et les perspectives résument la douceur montagnarde locale. Le parc Dong Xanh, décrit comme un parc aquatique avec arbres fossilisés, propose un contraste plus ludique et curieux, idéal pour varier les atmosphères.
En filigrane, la culture du café constitue une expérience à part entière, tout comme les plantations de thé au nord de la ville, qui s’étirent sur des centaines de mètres dans une zone étonnamment plane. Pour compléter l’exploration, le site touristique de Ve Nguon s’inscrit dans cette logique de découvertes régionales, entre nature, petites attractions et ancrage local.

12. Péninsule de Son Tra (Côte centrale)
La péninsule de Son Tra, située à une dizaine de kilomètres au nord-est du centre de Da Nang, est souvent considérée comme l’un des plus précieux joyaux naturels de la ville. Facilement accessible en une vingtaine de minutes de route, cette péninsule de 60 km² combine plages sauvages, montagnes verdoyantes et forêts tropicales denses. Culminant à environ 700 mètres d’altitude, Son Tra offre des panoramas spectaculaires sur la baie de Da Nang et la mer de Chine méridionale. Vue depuis les hauteurs, la péninsule ressemble à un immense champignon posé sur la mer, avec ses montagnes en guise de chapeau et ses longues plages dorées qui s’étendent à sa base.
La réserve naturelle de Son Tra constitue un véritable sanctuaire de biodiversité. Près de 60 % de son territoire est recouvert de forêts primitives abritant plus de 300 espèces de plantes et une grande variété d’animaux rares. Parmi eux se trouve le célèbre langur à pattes brunes, l’un des primates les plus rares au monde, dont il ne resterait qu’environ 200 individus au Vietnam. La région est également peuplée de nombreuses espèces de singes, d’oiseaux tropicaux, de cerfs, de sangliers et de reptiles.
Au-delà de ses paysages naturels, la péninsule de Son Tra abrite également plusieurs sites culturels et spirituels remarquables. La pagode Linh Ung, dominée par une statue monumentale de Bouddha haute de 67 mètres, constitue l’un des lieux de culte les plus emblématiques de Da Nang et offre une atmosphère paisible face à la mer. Non loin de là, le musée Dong Dinh, surnommé le « jardin de la Mémoire », présente des objets anciens issus des cultures Sa Huynh, Dai Viet et Champa dans un cadre forestier unique.
Les visiteurs peuvent également découvrir le célèbre banian géant, un arbre millénaire impressionnant, ou encore observer la mer depuis la station radar surnommée « les yeux miraculeux de l’Indochine ».

13. Da Nang (Côte centrale)
Da Nang est la cinquième plus grande ville du Vietnam, installée sur la côte de la mer de Chine méridionale, à mi-chemin entre Hanoï et Hô Chi Minh-Ville. Elle n’a ni le charme historique d’Hanoi ni l’énergie débordante d’Hô Chi Minh-Ville, mais elle compense par une accessibilité remarquable et une variété de paysages rare : montagne, fleuve et plages cohabitent dans un rayon très court. Proche de Hoi An, des ruines cham de My Son et de l’ancienne capitale impériale de Hué, la ville s’est imposée comme une base de séjour idéale pour explorer le centre du Vietnam, sans renoncer au plaisir d’une grande station balnéaire.
La ville se comprend d’abord par son fleuve et ses ponts, qui donnent à la fois une géographie et une atmosphère. La promenade du fleuve Han, le long de la route Bach Dang, invite à une marche douce au coucher du soleil, quand les lumières commencent à se refléter sur l’eau et que les familles se retrouvent. Tout près, le pont du Dragon (Cầu Rồng), construit en 2013, est devenu l’icône contemporaine de Da Nang, célèbre pour ses spectacles de feu et d’eau le week-end au soir, transformant le centre-ville en scène ouverte où locaux et visiteurs se mêlent dans une ambiance légère.
Au-delà du fleuve, Da Nang conserve une clé de lecture essentielle de l’histoire régionale : l’art cham. Le musée de la sculpture de Cham (Bảo Tàng Chăm), fondé en 1915, rassemble une collection majeure de sculptures en grès issues de la civilisation cham, d’inspiration hindoue, qui domina une grande partie du centre du Vietnam pendant des siècles.
Da Nang se vit aussi par ses reliefs, et peu d’endroits résument aussi bien cette dualité que les montagnes de marbre (Ngu Hanh Son), à 9 kilomètres au sud du centre. Ce groupe de collines, associé symboliquement aux éléments, abrite des grottes, cavernes et temples aménagés, devenus lieux de pèlerinage. L’expérience marquante passe par la grotte d’Am Phu, où le visiteur peut choisir de monter vers la lumière pour ouvrir le regard sur les panoramas, ou de descendre dans une mise en scène plus sombre et symbolique : un contraste qui donne au site une puissance très particulière, autant physique que visuelle.
Sur la péninsule de Son Tra, la dimension spirituelle se prolonge face à la mer. Le temple Linh Ung (Chùa Linh Ứng), visible depuis le rivage, offre un point de vue spectaculaire sur l’océan, le ciel et la ville, dominé par une statue monumentale de Quan The Am tournée vers l’eau. Le lieu combine le calme d’un sanctuaire et l’amplitude d’un belvédère, ce qui en fait une étape naturelle lors d’une journée consacrée à la côte et aux routes panoramiques.
Côté mer, Da Nang est justement célèbre pour ses plages, et la plage de My Khe (Bãi Biển Mỹ Khê) reste la plus emblématique. Grande étendue de sable, elle se vit comme une plage urbaine au rythme local : les habitants s’y retrouvent très tôt le matin, puis l’ambiance se transforme en fin d’après-midi, quand la fraîcheur relative ramène baigneurs et promeneurs. L’accès facile, les cafés en bord de mer et l’impression d’espace en font un lieu à la fois simple et attachant, particulièrement agréable hors des heures de pointe.
Pour ressentir la ville autrement, Da Nang se prête parfaitement aux escapades en deux roues. Une balade vers la montagne des Singes (montagne Son Tra), en suivant la route Hoang Sa, combine mer et relief, avec des vues qui se dévoilent au fil des virages. Plus loin, l’ascension du col de Hai Van offre une autre dimension : route côtière spectaculaire, panorama sur le lagon de Lang Co et sensation de traverser un seuil entre les Vietnams des plaines littorales et des montagnes.
Enfin, l’excursion la plus verticale conduit à la station de montagne de Ba Na (Bà Nà), à environ 40 kilomètres à l’ouest. Ancienne villégiature française des années 1920, perchée à 1 487 mètres, elle a retrouvé une notoriété moderne avec son téléphérique et son univers de loisirs. Là-haut, le pont d’or s’étire comme une passerelle suspendue, célèbre pour ses mains sculptées qui semblent le soutenir, et pour les points de vue qu’il ouvre quand la brume se lève.

14. Dong Ha (Côte centrale)
Dong Ha est une ville du centre du Vietnam surtout connue comme la grande porte d’accès à la DMZ, l’ancienne zone démilitarisée qui marquait la frontière entre le Nord et le Sud pendant la guerre du Vietnam. La ville elle-même n’a pas vocation à rivaliser avec les grandes destinations touristiques, mais elle possède un intérêt réel : elle sert de base pratique pour des excursions d’une journée, tout en offrant quelques repères culturels et un aperçu concret de la vie locale. I
Pour entrer dans la réalité contemporaine de la région, le centre d’accueil des visiteurs de Mine Action constitue une étape particulièrement marquante. Situé à Kid First Village, il propose un excellent musée sur les effets persistants des munitions non explosées dans la zone de la DMZ, et permet de comprendre ce que la guerre a laissé au-delà des récits : des dangers invisibles, des campagnes marquées, et des communautés qui continuent de reconstruire.
Dans une logique complémentaire, le musée de la province de Quang Tri apporte une lecture large de la région : histoire, culture, vie locale et industries, avec une place importante accordée à la période de la guerre du Vietnam. Cette étape aide à relier les points entre les lieux visités ensuite : la DMZ n’est pas un décor isolé, mais une frontière qui a structuré des territoires entiers, des trajectoires familiales et des paysages.
Le quotidien, lui, se capte dans les marchés, dont le marché de la rue Tran Hung Dao qui est décrit comme l’un des plus grands du pays. S’y trouvent de tout : des produits courants aux souvenirs abordables, souvent importés de Chine et de Thaïlande, mais aussi cette énergie commerciale propre aux villes de passage.
La ville dispose aussi de repères plus récents et plus symboliques, comme le parc Fidel, inauguré en 2018, qui apporte une parenthèse urbaine différente et un lieu de promenade pour les habitants.
Autour de Dong Ha, la liste des sites liés à l’histoire est dense, et l’excursion vers les tunnels de Vinh Moc s’impose souvent comme un moment fort : le visiteur y mesure, par l’architecture souterraine, l’ingéniosité et l’endurance des populations. Dans le même esprit, le pont Hien Luong renvoie directement à la ligne de séparation de la DMZ, tandis que la citadelle antique de Quang Tri rappelle que l’histoire du territoire dépasse largement la seule période moderne.
Pour les visiteurs qui veulent prolonger vers l’intérieur des terres, Khe Sanh ajoute une dimension de grands espaces et de mémoire militaire, souvent associée à l’idée d’un Vietnam plus rude, plus montagneux. À l’inverse, la côte offre des respirations faciles avec la plage de Cua Tung et la plage de Cua Viet, deux échappées maritimes qui permettent de sortir un instant de la densité historique, en retrouvant le rythme simple des rivages du centre.
Les détails locaux, eux, se dévoilent dans des sites de quartier qui racontent une autre histoire, plus communautaire. Le temple du village de Nghia An offre un ancrage spirituel dans le quotidien, tandis que le port militaire de Dong Ha rappelle le rôle stratégique des voies fluviales et logistiques. La gare ferroviaire et zone des bunkers de Dong Ha évoque la présence défensive et le maillage des infrastructures, complété par des lieux plus populaires comme le marché Hom.
Enfin, la ville et ses environs gardent des traces patrimoniales et mémorielles plus diffuses mais très révélatrices. Le temple du village de Dieu Ngao et la porte Tam Quan et maison communale du village de Lap Thach témoignent d’une organisation villageoise traditionnelle qui survit malgré les ruptures du XXe siècle. Et pour conclure une exploration souvent chargée en émotions, le cimetière national des martyrs, route 9 impose un temps de silence : il rappelle l’ampleur des pertes et la place centrale du souvenir dans cette région.

15. Dong Hoi (Côte centrale)
Dong Hoi, ville côtière du centre du Vietnam, s’étire entre la mer de Chine méridionale et le fleuve Nhat Le, qui la traverse et dessine ses canaux, ses quais et une vie urbaine plutôt tournée vers l’eau que vers les grands monuments. La cité est souvent décrite comme une destination de transition, un endroit où l’on vient d’abord pour ralentir, respirer et profiter de ses 12 kilomètres de plages de sable blanc avant que l’affluence ne transforme son visage. Cette simplicité fait justement son charme : l’accueil y est chaleureux, l’atmosphère détendue.
Le cœur de la ville se lit à travers ses traces d’histoire, parfois spectaculaires, parfois presque effacées. Les portes de la citadelle de Dong Hoi (Quảng Bình Quan) sont l’image la plus emblématique de ce passé défensif : il ne reste de l’ancienne enceinte que deux portes et des douves, vestiges modestes mais parlants d’une époque où Dong Hoi protégeait un axe stratégique. Un peu plus loin, sur la rive, les ruines de l’église Tam Toa imposent un autre récit : détruite par les bombardements entre 1964 et 1972, elle n’a conservé que sa façade derrière des grilles, comme une silhouette de pierre qui rappelle que la ville fut presque entièrement rasée. Le lieu porte aussi une mémoire plus intime, puisque l’édifice, construit en 1886, fut le site du baptême de Han Mac Tu en 1912, sous le nom de François Nguyen Trong Tri.
Cette histoire militaire se prolonge au-delà de ce que le visiteur voit immédiatement, car la citadelle de Dong Hoi fut un ensemble plus vaste, lié au conflit Trinh-Nguyen et à différentes périodes administratives, de la dynastie Nguyen à l’époque coloniale française. À l’intérieur se trouvent la résidence du fonctionnaire, les quartiers de soldats, la prison, le poste de police et même un stade, tandis que les murs de briques atteignaient environ six mètres de haut. Autour, la citadelle de Thầy, rempart de terre long de 8 kilomètres conçu pour défendre la frontière sud, entourait la zone et subsiste aujourd’hui par fragments visibles depuis des axes urbains.
Au quotidien, Dong Hoi s’apprivoise aussi par ses lieux simples, ceux qui donnent une sensation de vrai. Le grand Chợ Đồng Hới est l’adresse la plus évidente pour sentir la ville vivre, surtout le matin quand se tient le marché aux poissons, entre 05h00 et 09h00. L’abondance des étals, les paniers, les discussions et les odeurs marines composent une scène typique du littoral vietnamien, où l’on vient autant pour acheter que pour observer.
La détente passe aussi par des expériences inattendues qui s’inscrivent dans la vie locale. Le centre de massothérapie pour aveugles propose un moment de repos particulier : le visiteur y vient pour un massage énergisant, accompagné d’une ambiance douce où la musique installe une parenthèse. Cette adresse, souvent recommandée par les voyageurs, s’insère parfaitement dans l’idée d’un séjour à Dong Hoi fait de relâchement et de petites pauses plutôt que d’un marathon de visites.
Le littoral reste toutefois l’évidence, et il suffit de traverser le pont pour rejoindre la plage de Nhat Le, à environ vingt minutes à pied du centre. Malgré sa proximité, elle demeure souvent assez déserte, car la ville s’anime davantage autour du fleuve ; s’y trouvent quelques hôtels, des chantiers et des terrains en attente, ce qui donne au paysage une impression d’espace ouvert. La mer, en revanche, rappelle la dangerosité de cette côte vivante : le courant peut être fort et les vagues parfois trop puissantes pour une baignade tranquille, mais la marche sur le sable, les horizons dégagés et la lumière de fin d’après-midi suffisent à faire de l’endroit une vraie respiration.
Sur l’autre rive et plus au large, la plage de Bao Ninh prolonge cette sensation balnéaire et fait partie, avec Nhat Le, des deux grandes plages accessibles à environ 2 kilomètres du centre-ville. Elle est souvent citée comme un lieu où le visiteur vient simplement se baigner, marcher, et profiter d’une côte moins saturée qu’ailleurs. Dans les environs, d’autres rivages complètent la carte des pauses marines, comme la plage de Da Nhay, caractérisée par ses rochers, ou encore la plage de Jumping Rocks, qui évoque immédiatement un littoral plus minéral et photogénique. L’ensemble compose une gamme de plages où l’on choisit selon l’envie : sable doux, rochers, calme ou panoramas.
Si Dong Hoi se vit bien en mode repos, elle sert aussi de base idéale pour explorer l’arrière-pays karstique, et c’est là que le voyage change de dimension. Le parc national de Phong Nha-Ke Bang, inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco, se situe à environ 50 kilomètres au nord-ouest, et les hôtels comme les agences locales organisent volontiers des excursions. Les grottes de Phong Nha comptent parmi les plus impressionnantes : le visiteur y accède en bateau, et l’exploration donne un aperçu saisissant d’un monde souterrain où la rivière et la roche se répondent. La visite classique occupe plusieurs heures, mais elle n’est qu’un prélude : dans le même complexe, les grottes de Phong Nha et de Tien Son offrent une lecture double, avec l’idée d’une grotte aquatique et d’une grotte plus sèche, tandis que Tien Son étonne aussi par les sons de ses formations rocheuses, capables de résonner comme des gongs.
Parmi les incontournables de la région figure la grotte du Paradis (Dong Thien Duong), souvent décrite comme une cathédrale minérale, immense, élégante, préservée d’un tourisme de masse trop agressif. Son éclairage blanc, non coloré, renforce la sensation de pureté et la visite, d’environ deux heures, se fait sur des passerelles en bois qui facilitent l’exploration.
Au-delà des visites classiques, l’aire de Phong Nha-Ke Bang se décline aussi en expériences plus aventureuses et plus écologiques. Le sentier écologique de la source de Nuoc Mooc propose une marche légère sur des ponts de bambou au fil de l’eau et des rapides, avec une zone de baignade naturelle et une atmosphère de forêt apaisante. Les voyageurs en quête d’aventure peuvent viser Hang Toi (grotte Sombre), véritable parcours d’exploration, entre kayak, nage et progression à la lampe frontale, ou encore les grottes de Tu Lan et Hang En, options de un à quatre jours pour approcher l’esprit des grandes expéditions. Et pour les visiteurs qui rêvent d’un mythe contemporain, la grotte de Son Doong, considérée comme la plus grande du monde, n’est accessible qu’en petit groupe guidé, dans un format d’expédition qui change totalement l’échelle du voyage.
Le parc révèle aussi des sites plus rares, comme la grotte de Ruc Mon, découverte récemment et réputée immense, dont l’accès est encadré et encore très peu exploré, ainsi que des propositions de randonnée au long cours vers des paysages isolés. Des itinéraires évoquent notamment la vallée de la Survie et la grotte de Thuy Cung, avec traversées de collines, forêts primaires, et exploration de cavités profondes, sur une journée ou deux jours avec nuitée.
Enfin, Dong Hoi s’enrichit d’une couche archéologique méconnue, qui rappelle que la région n’a pas attendu l’époque moderne pour être habitée et traversée. Le site de Bau Tro, découvert en 1923 par des correspondants de l’École française d’études extrême-orientales, a livré des outils en coquillages, des pièces de pierre, des fragments de poterie et des traces datées d’environ 5 000 ans. Les fouilles menées ensuite par Étienne Patte ont inscrit le lieu dans l’histoire scientifique du Vietnam, et certains artefacts sont conservés au musée historique du Vietnam. À ce passé très ancien répond un autre élément de circulation : la porte de Quang Binh, ancien point de contrôle sur la route commerciale nord-sud, qui rappelle le rôle de Dong Hoi comme nœud de passage avant la modernisation des axes et la construction de nouveaux ponts.
Autour de la ville, les extensions possibles complètent un séjour qui peut être simple ou très dense selon le rythme choisi. Au sud-ouest, la source minérale de Bang dont l’eau atteint 105 degrés Celsius se situe dans le district de Le Thuy et propose une expérience thermale singulière, tandis que les sources thermales de Bang sont souvent citées comme une excursion facile à la journée. D’autres sites portent une mémoire plus directement liée à la guerre, comme la grotte des huit filles, lieu historique dont la seule évocation impose le respect. Et vers le nord, des horizons maritimes ouvrent encore le voyage avec l’île de Vung Chua-Yen, réputée pour sa plage, et le tombeau du général Vo Nguyen Giap, situé sur le mont Tho Son, qui attire ceux qui souhaitent associer paysages et mémoire nationale.

16. Parc national de Phong Nha-Kẻ Bàng (Côte centrale)
Le parc national de Phong Nha-Kẻ Bàng, inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco, s’étend au nord de la région côtière centrale du Vietnam, à environ 50 kilomètres au nord de Dong Hoi. Sa zone centrale couvre 857,54 km² et sa zone tampon 1 954 km², formant l’un des ensembles karstiques les plus vastes et les plus représentatifs d’Asie du Sud-Est. Créé pour protéger une région calcaire spectaculaire, le parc abrite une mosaïque d’écosystèmes de forêt calcaire et un réseau souterrain d’une richesse exceptionnelle. Il y a plus de 300 grottes et cavernes recensées, même si, à ce jour, les scientifiques n’en ont exploré qu’une partie et que les visiteurs n’accèdent qu’à des sections très limitées.
Le paysage est dominé par un relief karstique complexe : montagnes calcaires, vallées étroites, ravins et rivières qui disparaissent sous terre avant de rejaillir plus loin. Cette géographie explique l’existence de longues rivières souterraines, parmi les plus étendues au monde, et d’un système fluvial où seuls quelques cours d’eau restent réguliers. Les trois rivières principales du parc : la Chay, la Son et la Trooc, naissent d’un réseau souterrain et émergent au niveau de grottes emblématiques, avant de rejoindre la Gianh puis la mer. La rivière Chay, face à la grotte Sombre, fascine par sa couleur verte, liée à la présence de carbonate de calcium et d’autres minéraux.
Le parc est un terrain de jeu pour l’écotourisme, la randonnée, l’observation de la faune et la découverte géologique, mais sa renommée vient surtout de ses cavités. La porte d’entrée la plus simple se situe dans la ville de Phong Nha, à la lisière du parc : s’y trouvent hébergements, restaurants et agences, même si certains voyageurs préfèrent les villages voisins pour leur calme.
Le duo le plus classique et le plus accessible reste les grottes de Phong Nha et de Tien Son, situées à proximité l’une de l’autre et souvent visitées sur une même sortie. La grotte de Phong Nha, aquatique, se découvre en bateau, ce qui donne immédiatement le sentiment d’entrer dans un monde intérieur, sculpté par une rivière. À l’intérieur, des espaces comme le lac Xuyen Son Ho, intégré à la rivière souterraine, rappellent la complexité du système. La grotte de Tien Son, dite grotte sèche se situe à environ 1 000 mètres de l’entrée de Phong Nha, plus haut sur la montagne : les visiteurs y explorent une portion limitée, mais la visite marque par ses stalactites, ses stalagmites et surtout ses résonances, comme si la pierre devenait instrument.
À quelques dizaines de kilomètres, un autre géant s’impose : la grotte de Thien Duong (grotte du Paradis), découverte en 2005 et ouverte depuis 2010 après des aménagements mesurés. Elle est une grotte sèche, vaste et lumineuse, où les passerelles en bois facilitent la progression sans dénaturer l’effet de cathédrale minérale. La température intérieure, souvent autour de 20 à 21 °C, contraste avec la chaleur estivale extérieure, créant un soulagement immédiat dès l’entrée. L’accès se fait par route, puis par une montée d’escaliers, et l’ensemble donne une impression d’aventure accessible, idéale pour une première approche du karst.
Pour les visiteurs qui cherchent une expérience plus immersive, le parc propose des activités mêlant eau, forêt et exploration. Le sentier écologique de la source de Nuoc Mooc se prête à une journée douce : ponts de bambou, chemins le long de la rivière et des rapides, observation des sources et baignade dans une zone naturelle. Cette balade, plus contemplative, équilibre parfaitement les visites de grottes et montre que Phong Nha-Kẻ Bàng n’est pas qu’un monde souterrain.
L’aventure grotte prend une dimension plus physique avec Hang Toi (grotte Sombre), véritable terrain d’exploration encore préservé des mises en scène lumineuses. Le visiteur y traverse une rivière en kayak ; il nage à l’intérieur guidé par sa lampe frontale, puis il explore des passages latéraux : l’expérience est complète. Dans le même esprit, les excursions vers les grottes de Tu Lan et Hang En permettent des itinéraires de un à quatre jours, avec nuitées possibles, et une approche plus engagée de la spéléologie, à condition de respecter les saisons, car certaines cavités peuvent subir des crues soudaines.
Au sommet du rêve spéléologique se trouve la grotte de Son Doong, souvent citée comme la plus grande grotte du monde. Découverte à l’échelle internationale après des explorations britanniques, elle est accessible uniquement en petits groupes guidés, dans un format d’expédition de plusieurs jours, ce qui en fait une aventure rare, exigeante et très encadrée. Son immensité se mesure en salles gigantesques, en volumes qui dépassent l’imagination et en paysages intérieurs qui ressemblent parfois à des vallées secrètes. Cette grotte a transformé l’image du parc et l’a placé au centre de la carte mondiale de la spéléologie.
Le parc continue pourtant de révéler des surprises, comme la grotte de Ruc Mon, découverte en 2016 et considérée comme potentiellement immense, avec deux entrées et une longueur annoncée très importante. L’accès, encore limité, souligne la fragilité et la nouveauté de certaines explorations : dans un parc où se comptent plus de 300 cavités, certaines ouvertes au public restent parmi les moins connues et les moins parcourues.
Au-delà du monde souterrain, la verticalité du parc se lit aussi dans ses sommets. Plusieurs pics dépassent 1 000 mètres, comme le pic Co Rilata et le pic Co Preu, et une longue chaîne de montagnes calcaires s’étire le long de la frontière avec le Laos. D’autres zones, non karstiques, forment une ceinture extérieure avec des pentes marquées, des ravins et des vallées étroites, révélant un relief plus classique mais tout aussi exigeant.

17. Hoi An (Côte centrale)
Hoi An, située à environ 30 kilomètres au sud de Da Nang, est l’une des villes les plus séduisantes du Vietnam, célèbre pour sa vieille ville classée au patrimoine mondial de l’Unesco. Ancien port de commerce florissant, elle conserve une architecture historique dense, des rues agréables à parcourir à pied et une ambiance qui prend toute sa dimension à la nuit tombée, lorsque les quais s’illuminent de lanternes de soie. L’entrée de la vieille ville est gratuite, mais l’accès aux principaux sites historiques se fait au moyen d’un ticket donnant droit à plusieurs visites : un système qui structure la découverte et incite à prendre le temps.
Le cœur symbolique de Hoi An se trouve près du pont couvert japonais (Chua Cau ou Lai Vien Kieu), construit au début du XVIIe siècle par la communauté japonaise. Rénové en 1986, il est devenu l’emblème de la ville, autant pour sa silhouette que pour son atmosphère, entre bois patiné, petits détails sculptés et légendes locales. Traverser ce pont, s’arrêter à ses extrémités et observer la circulation douce des piétons donne immédiatement le ton.
À quelques pas, la spiritualité et les échanges anciens se lisent dans les temples. Le temple Quan Cong, fondé au XVe siècle, est dédié à un général chinois vénéré pour sa loyauté, son intégrité et son sens de la justice, et ses statues et autels racontent l’influence culturelle chinoise sur la ville.
Pour comprendre la ville au-delà des façades, les musées offrent une lecture étonnamment riche. Le musée d’histoire et de culture de Hoi An rassemble photos anciennes, poteries et vestiges qui relient la ville à des périodes bien antérieures à son âge d’or. Le musée de la culture populaire documente la vie rurale, les vêtements et les traditions, donnant une profondeur anthropologique à la promenade. Quant au musée de la culture Sa Huynh, il rappelle l’ancienneté de l’occupation humaine dans la région à travers céramiques et urnes, et cohabite avec un espace consacré à la mémoire révolutionnaire, illustrant les couches successives de l’histoire vietnamienne.
Une autre manière d’entrer dans la vieille ville consiste à pousser la porte des maisons anciennes, où l’on lit la vie domestique et l’architecture commerciale. L’ancienne maison de Phung Hung est une maison en bois à deux étages, habitée sur plusieurs générations, qui donne un aperçu concret des structures traditionnelles. La vieille maison de Quan Thang, l’ancienne maison de Duc An et l’ancienne maison de Tan Ky complètent ce parcours, chacune révélant un agencement différent, des détails de charpente, et l’intégration des influences japonaises et chinoises, perceptible jusque dans certaines formes de plafonds et l’art des inscriptions.
Hoi An fut aussi une ville d’associations communautaires, ce qui se voit dans ses salles de réunion, véritables maisons de rassemblement des expatriés chinois. La maison communale de Cam Pho (Dinh Cam Pho) rappelle l’organisation locale, tandis que la salle de réunion chinoise symbolise une construction commune à plusieurs communautés. Le visiteur peut ensuite distinguer des identités plus spécifiques : la salle de réunion Quang Trieu, la salle de réunion Phuc Kien, la salle de réunion Trieu Chau, la salle de réunion Hai Nam et la maison communale Minh Huong, chacune liée à une origine, une histoire migratoire et une esthétique particulière, souvent marquée par des cours intérieures, des statues, et un décor religieux très vivant.
En sortant légèrement de la vieille ville, Hoi An continue de raconter ses savoir-faire. Le village de poterie de Thanh Ha, fondé au XVIe siècle sur les rives de la rivière Thu Bon, perpétue une fabrication manuelle sans moule, au tour à pédale, qui a traversé cinq siècles. La visite prolonge l’expérience de Hoi An vers une dimension artisanale et rurale, où l’on comprend que la beauté de la vieille ville repose aussi sur des traditions de production, d’échange et de transmission.
La ville ne se limite pas au patrimoine à regarder, elle propose aussi des formes de culture vivante, accessibles à tous. L’atelier de fabrication artisanale Hoi An programme des spectacles de musique folklorique, tandis que la maison des spectacles d’art traditionnel de Hoi An offre un cadre plus classique pour découvrir les arts scéniques locaux.
Pour une expérience plus spectaculaire, Hoi An propose des représentations contemporaines très abouties. Le Bamboo Circus (Lune Center for the Performing Arts) met en scène acrobaties et danse dans un esprit intimiste, mêlant thèmes vietnamiens traditionnels et modernité scénique. Le spectacle Hoi An Memories (Hoi An Memories Land, parc d’attractions Hoi An Impression) déploie une fresque monumentale retraçant l’histoire de la ville, sur une scène immense et avec des centaines d’acteurs : un format grand public, très visuel, qui transforme la mémoire du port en récit de théâtre total.
Enfin, Hoi An est aussi un point de départ logique pour élargir le voyage vers des sites classés, notamment My Son, ensemble de vestiges cham inscrit à l’Unesco, souvent visité en demi-journée. Cette proximité renforce l’intérêt du musée de la sculpture de Cham à Da Nang et donne du sens aux influences culturelles visibles à Hoi An. Mais même sans quitter la ville, la magie opère : marcher le soir dans la vieille ville, traverser le pont couvert japonais (Chua Cau ou Lai Vien Kieu), entrer dans une salle de réunion silencieuse, puis s’asseoir près des quais illuminés suffit à comprendre pourquoi Hoi An reste l’un des lieux les plus attachants du Vietnam central, une ville où l’histoire se vit à hauteur de pas.

18. Khe Sanh (Côte centrale)
Khe Sanh, petite ville d’environ 27 615 habitants dans le centre du Vietnam, est connue dans le monde entier pour la bataille de 1968 et pour la violence des combats qui ont ravagé la région pendant la guerre du Vietnam. Le paysage alentour, aujourd’hui calme et verdoyant, porte pourtant cette réputation de « second Dien Bien Phu » ou même « enfer sur terre » dans certains récits de Marines américains. Khe Sanh se visite comme un lieu de mémoire, mais aussi comme une étape singulière à proximité du Laos, où l’on peut sentir l’épaisseur d’un territoire frontalier, marqué par la stratégie militaire et redevenu, peu à peu, un espace de circulation et de commerce.
Le site majeur est le musée de la victoire du champ de bataille de Khe Sanh (musée des vestiges de l’aéroport de Ta Con), installé sur l’une des bases les mieux préservées de la DMZ. S’y trouve une atmosphère muséale clairement orientée, mais la puissance du lieu vient surtout des vestiges physiques : l’ancienne piste d’atterrissage subsiste, et se voient plusieurs hélicoptères américains, un avion de transport C130 ainsi que quelques chars nord-vietnamiens. Cette proximité avec les machines et l’espace ouvert de la base aide à comprendre l’erreur stratégique souvent comparée à l’erreur de Dien Bien Phu : une grande base isolée installée dans une zone où l’ennemi contrôlait largement la campagne environnante, jusqu’à ce que le rapport de force bascule.
Le quotidien, lui, se découvre au marché de Khe Sanh (Chợ Khe Sanh), situé dans la zone économique spéciale limitrophe du Laos. Il est étonnamment important pour une ville de cette taille, ce qui s’explique par la position frontalière et les flux commerciaux régionaux. Avec peu de touristes, les prix y restent bas, et s’y observe une vie locale très concrète : produits, vêtements, outils, denrées, discussions rapides et logique de passage.

19. Hué (Côte centrale)
Hué, dans la région centrale du Vietnam, fut l’ancienne capitale impériale et demeure l’une des villes les plus faciles à appréhender du pays, tant sa géographie est lisible. Son axe principal est la rivière des Parfums (Hương Giang) : au nord s’étendent la vieille ville et la citadelle, au sud la ville moderne où se concentrent hôtels et restaurants. Une large portion des berges a été transformée en promenade et en parc, ponctués de sculptures contemporaines, ce qui donne à la ville un rythme doux, idéal pour alterner visites et flâneries. Les monuments historiques de Hué sont inscrits au patrimoine mondial de l’Unesco, et le visiteur sent partout cette densité patrimoniale, entre murailles, pagodes, tombeaux et récits de guerre.
Pour prendre un premier repère historique sans quitter le centre, le musée de Ho Chi Minh (6 Lê Lợi) propose photos et documents qui racontent Hô Chi Minh et l’histoire de Hué en images. Cette étape pose un cadre utile avant de se plonger dans l’architecture impériale, car Hué n’est pas qu’un décor de palais : c’est aussi une ville traversée par les conflits et les bouleversements du XXe siècle. Dans le même esprit, l’aéroport de Phu Bai rappelle une autre couche de mémoire, liée aux premiers conflits et surtout à la guerre du Vietnam, lorsque le site fut développé par les Américains avec bunkers en béton et piste goudronnée, jouant un rôle crucial dans le ravitaillement de Hué lors de l’offensive de Pâques de 1972. Les bâtiments d’origine subsistent, réaménagés pour l’usage vietnamien, ce qui en fait un lieu à la fois discret et parlant pour qui s’intéresse à l’histoire militaire.
Le symbole le plus photogénique de la ville se découvre ensuite sur une falaise dominant le fleuve : la pagode Thien Mu. Elle surplombe la rivière des Parfums (Hương Giang) et s’impose comme l’emblème de Hué, autant pour sa silhouette que pour l’atmosphère qui y règne. Le visiteur y admire des statues de Bouddha en or et en argent, et le nom même de Thien Mu, « vieille dame céleste », renvoie à une légende fondatrice qui enveloppe le lieu d’un parfum de récit. La visite est aussi célèbre pour un détail chargé d’histoire, l’Austin de Thích Quảng Đức, qui rappelle le poids des tensions religieuses et politiques du Vietnam moderne.
Le grand chapitre de Hué reste toutefois la citadelle, vaste enceinte où se mesure l’ampleur du projet impérial des Nguyen. La cité impériale de Hué (Đại Nội) est un complexe monumental fait de temples, pavillons, portes, douves, remparts, musées et galeries, où costumes et œuvres d’art racontent différentes périodes de l’histoire vietnamienne. Sa taille offre une tranquillité rare : même avec des visiteurs, il est possible de s’éloigner des axes principaux et entendre presque le silence. La citadelle a été durement endommagée lors des combats de 1947 puis en 1968 pendant l’offensive du Têt, et l’on passe ainsi de bâtiments intacts à des zones réduites à des vestiges de remparts et des panneaux explicatifs, ce qui donne à la visite une intensité particulière, entre splendeur et cicatrices.
L’entrée la plus iconique de l’ensemble est la porte Ngọ Môn, construite en 1833 par Minh Mang, dont la porte centrale était réservée à l’empereur. Monter au deuxième étage permet d’embrasser la cour intérieure et de sentir la mise en scène du pouvoir, puisque depuis cette porte, l’empereur s’adressait à ses fonctionnaires et au peuple. Dans la continuité se trouve le palais Thái Hòa, salle du couronnement et cœur cérémoniel, où l’empereur siégeait pour recevoir dignitaires et ambassades. Juste derrière, la Cité Pourpre Interdite rappelle une zone autrefois réservée, aujourd’hui presque entièrement détruite, dont il ne subsiste que des palais mandarins plutôt simples, comme une silhouette de ce que fut l’intimité du palais.
La citadelle réserve aussi des espaces plus secrets et plus mélancoliques. La résidence Trường Sanh, appelée « palais de la Longévité », fut la demeure de l’impératrice Tu Du, mère du roi Tu Duc ; même en rénovation et parfois envahie par la végétation, son enceinte conserve une beauté indéniable, entre jardins, rocailles, douves et portes. Et puis il y a le versant le plus sombre du récit : la crevasse de la jungle de Hué, associée à l’épisode où le Viet Cong, lors de l’invasion brève de la ville, fit prisonniers des milliers de citoyens et fonctionnaires et les exécuta en les précipitant d’une falaise.
Au sud de la ville, la rivière des Parfums (Hương Giang) devient la grande voie d’accès aux tombeaux impériaux, et l’on comprend pourquoi la croisière fluviale est souvent considérée comme la meilleure manière de les approcher. La logique du parcours se lit dans le temps : ces tombeaux datent surtout de la fin du XIXe et du début du XXe siècle, lorsque les empereurs, réduits à un rôle symbolique sous le régime colonial français, se consacraient à bâtir des résidences funéraires somptueuses.
Le plus isolé est le tombeau de Gia Long, calme, ruiné, presque abandonné, ce qui lui donne un charme de semi-ruine et une solitude rare. À l’inverse, le tombeau de Minh Mang est un modèle d’ordonnancement : axe est-ouest, cours bordées de statues, temples et pavillons, ponts franchissant des lacs, jusqu’au tumulus final, le tout entouré de jardins où le visiteur peut vraiment se poser. Non loin, le tombeau de Thieu Tri se distingue par sa sobriété, conforme au souhait d’un empereur aimé qui voulait rompre avec l’excès, ce qui donne au site une élégance simple et émouvante.
Parmi les plus marquants, le tombeau de Tu Duc apparaît comme une seconde cité impériale, construite entre 1864 et 1867, conçue pour des vacances de travail dans un paysage poétique. Les visiteurs y circulent entre lac, pavillons, temples, tombeaux, et ruines silencieuses des appartements des courtisanes ; le contraste entre les zones bien conservées et les murs délabrés rend l’endroit particulièrement atmosphérique.
Plus tardif, le tombeau de Dong Khanh, construit en 1917, surprend par ses peintures murales intérieures et son décor coloré en marbre et céramique, même si la montée de marches peut être éprouvante. Enfin, le plus célèbre et souvent le mieux conservé reste le tombeau de Khai Dinh, daté de 1925 : compact mais saisissant, il mêle cours traditionnelles et influences européennes, et son intérieur, d’une richesse extravagante, brille de mosaïques détaillées et de dragons en mouvement ; arriver tôt permet d’éviter les groupes, et un petit détour sur la colline voisine offre un point de vue superbe.
Pour compléter cette immersion, le musée des Beaux-Arts Royaux de Hué (musée des Antiquités Royales) prolonge la lecture esthétique du pouvoir : le visiteur y retrouve l’idée que les objets, les costumes et l’art de cour ne sont pas des détails, mais un langage politique et culturel. Hué se prête aussi à des échappées plus rurales : en dix minutes, se quitte la ville, pour les rizières vert jade, et chaque village se spécialise dans un artisanat, des nouilles à l’encens, du bronze à la riziculture, ce qui permet de relier l’ancienne capitale aux gestes du quotidien. Et pour les visiteurs qui veulent aller plus loin encore dans la mémoire du pays, les agences proposent des sorties vers la DMZ, avec notamment les tunnels de Vinh Moc, ajoutant à Hué une dimension de point de départ vers d’autres récits historiques.

20. Île de Lý Sơn (Côte centrale)
L’île de Lý Sơn est à la fois un district et un ensemble insulaire volcanique de la province de Quảng Ngãi, sur la côte centrale du Vietnam, posé au large de la mer de Chine méridionale. Le district couvre environ 9,97 km² sur les îles volcaniques de Cù Lao Ré, composées de deux îles principales et de quelques îlots, ce qui donne au paysage une personnalité minérale très forte. L’île principale : Lý Sơn (Cù Lao Ré), possède trois cratères importants, dont le plus grand est le mont Thới Lới, et se retrouve partout la présence du volcanisme : falaises sombres, reliefs doux mais puissants, et formes sculptées par la mer.
| Pour rejoindre l’île, le voyageur doit se rendre au port de Sa Ky (Cảng Sa Kỳ), duquel il pourra prendre un bateau rapide pour l’île de Lý Sơn avec une fréquence de 4 à 5 bateaux par jour. |
La découverte sur cette île commence souvent par des sites qui mêlent nature et horizon. L’arche de Cong To Vo (l’arche), accessible en suivant la route à gauche du port, est un point de vue recherché, surtout au coucher du soleil, quand la lumière découpe la roche sur fond de mer. Pour prendre de la hauteur, le Đỉnh Thới Lới (mont Thoi Loi), volcan éteint, offre une vue panoramique sur l’ensemble de l’île, tandis que le Hồ Thới Lới (lac Thoi Loi), lac d’eau douce perché au sommet, ajoute un contraste surprenant : un miroir calme posé au-dessus du monde marin, comme une respiration au cœur du relief.
Lý Sơn se distingue aussi par sa dimension spirituelle, très visible pour une île de cette taille. La Chùa Hang (Thiên Khổng Thạch Tự), pagode installée à l’intérieur d’une grotte de montagne surplombant la mer, concentre cette sensation : le visiteur passe d’un chemin côtier à un sanctuaire creusé dans la roche, où la fraîcheur, l’ombre et le bruit des vagues créent une atmosphère singulière. L’île compte de nombreux temples et ermitages, et elle abrite plusieurs monuments nationaux, notamment la maison communale du village d’An Vinh, la maison communale du village d’An Hai, le temple d’Am Linh et la Chùa Hang (Thiên Khổng Thạch Tự) elle-même, ce qui montre l’importance des lieux de culte dans l’identité locale.
Au-delà des paysages et des temples, Lý Sơn possède une profondeur historique rare, avec des vestiges archéologiques de la culture Sa Huynh datés de plus de 200 avant Jésus-Christ, ainsi que des traces associées aux cultures Cham Pa. Cette ancienneté se double d’une mémoire maritime : les monuments et récits liés à la flotte navale de Hoang Sa, évoqués dans certains lieux du district, rappellent la relation de l’île aux archipels lointains et aux routes de mer. Depuis 2007, une route touristique a été mise en valeur, permettant aux visiteurs de rejoindre l’île depuis la ville de Quảng Ngãi par la route nationale 24B jusqu’au port de Sa Ky, puis en hors-bord, avant de louer des motos pour explorer les sites.
Enfin, l’île est surnommée le « Royaume de l’ail », et ce n’est pas une formule : ses champs d’ail sont l’un des paysages les plus caractéristiques, et la saveur particulière de cet ail, liée à la richesse nutritive du sol volcanique, fait partie des fiertés locales. La vie se partage entre agriculture et pêche, ce qui se retrouve aussi dans la table : fruits de mer et spécialités comme la salade à l’ail, la salade d’anchois, le ragoût d’algues ou la bouillie d’oursins. Depuis l’île principale, un canoë permet aussi de rejoindre la Petite Île (Cù Lao Bờ Bãi) pour se baigner sur une plage bordée de cocotiers, dans une eau limpide aux vagues calmes, comme un prolongement naturel d’un séjour fait d’horizons, de roche et de sel.

21. Nha Trang (Côte centrale)
Nha Trang, parfois orthographiée Nhatrang, est la station balnéaire la plus célèbre du Vietnam et, surtout, le grand centre national de plongée sous-marine. Plus animée et plus urbaine que d’autres destinations de mer comme Mui Ne ou Phu Quoc, elle assume pleinement son double visage : d’un côté, une ville vietnamienne bruyante et vivante à quelques rues du rivage ; de l’autre, un front de mer pensé pour la villégiature, avec ses hôtels internationaux, ses cafés, ses agences et son flux constant de vacanciers.
Le long de l’avenue Trần Phú, l’organisation touristique se lit presque comme une carte : entre la rue Nguyễn Thị Minh Khai et l’ancien aéroport se rassemblent les écoles de plongée, les agences, les bars occidentaux et les restaurants internationaux. Au centre du rivage, les grandes chaînes comme Sheraton, Novotel et InterContinental dominent le paysage, et cette densité donne à Nha Trang une allure de station balnéaire en grand, moins intime mais efficace. Il suffit toutefois de s’éloigner de quelques pâtés de maisons pour retrouver l’animation d’une ville vietnamienne typique, avec ses marchés, ses rues de scooters et son quotidien sans mise en scène.
Pour retrouver le temps long de la côte centrale, la visite commence souvent par les sanctuaires cham, qui rappellent que la région fut un territoire majeur du Champa. Les tours cham de Po Nagar sont un ensemble de quatre tours de briques construites entre le VIIe et le XIIe siècle en l’honneur de Yang Ino Po Ngar, figure maternelle du royaume. Le parfum d’encens souligne leur importance religieuse, et le site, posé sur une colline, offre une vue sur le village de pêcheurs, comme un rappel que Nha Trang ne se résume pas à ses hôtels. Même si la restauration est parfois jugée peu respectueuse et la fréquentation intense, la présence de ces tours, dernières silhouettes d’une civilisation jadis dominante, impose une émotion simple et durable.
À l’intérieur de la ville, la spiritualité change de registre mais reste très visible. La pagode Long Son se distingue par son grand Bouddha blanc de 24 mètres, construit dans un contexte de mémoire et d’hommage, en 1963, aux moines et nonnes morts lors de manifestations contre le gouvernement de Diem. L’endroit attire autant pour la statue que pour l’atmosphère de colline et de cour intérieure, mais il faut garder l’œil clair face aux arnaqueurs qui se présentent comme des étudiants du temple : l’entrée est gratuite et la visite n’a pas vocation à devenir une négociation. Plus haut encore, sur une colline dominant la ville, la cathédrale de Nha Tho Nui témoigne de l’influence du catholicisme français et d’une présence catholique encore importante dans la région, perceptible jusque dans les commerces aux alentours.
Nha Trang propose ensuite une série de musées qui, chacun à sa manière, racontent une autre facette de la ville. Le musée Alexandre Yersin est un lieu étonnamment précis : il met en valeur le travail du docteur Yersin, né en Suisse, arrivé au Vietnam en 1891, et resté ensuite à Nha Trang jusqu’à la fin de sa vie. S’y découvrent ses recherches, son matériel, et une relation intime entre science et territoire, dans une ville qu’on associe d’abord au soleil. Le musée Khánh Hòa élargit le regard avec des statues et objets d’art cham, des vestiges des minorités ethniques de la région, et même une salle consacrée à Hô Chi Minh et à ses effets personnels, donnant un panorama culturel plus large.
La mer, évidemment, réclame son propre lieu de lecture, et le musée océanographique national du Vietnam joue ce rôle comme un aquarium savant. S’y observent des espèces communes et rares, requins, tortues, récifs coralliens, poissons-lions, hippocampes. Pour une approche plus légère et très contemporaine, le musée Impressions prend le contrepied : il n’est pas vraiment un musée, mais un espace de peintures 3D interactives, pensé pour les photos et les mises en scène. L’expérience fonctionne surtout en groupe, ce qui correspond bien à l’esprit de Nha Trang, ville de vacances où l’on partage facilement ses journées.
L’eau, ne se limite pas à la mer : Nha Trang a aussi développé une culture des bains et du repos actif. Les sources chaudes et bains de boue de Thap Ba (Suối Nước Nóng Tháp Bà) sont un classique, combinant piscine d’eau chaude, cascade, douche, jets, jacuzzi et bains de boue partagés, avec des variantes plus luxueuses. Un détail prolonge la visite : en continuant un peu, un pont ferroviaire et un tunnel offrent un décor très recherché pour les photos de mariage, preuve que la ville mêle constamment nature et mise en scène. Dans une logique plus parc, le 100 bain de boue aux œufs propose un ensemble d’hydrothérapie, jacuzzis, piscines et jardin, tandis que l’I-Resort ajoute cascades et multiples bassins dans une ambiance de complexe détente. Même l’île s’en mêle avec Hòn Tằm (Hon Tam Nha Trang), connue pour proposer des bains de boue insulaires, une parenthèse courte en pirogue, mais très dépaysante.
Quand vient le moment de poser la serviette, la ville offre plusieurs plages très différentes, à choisir selon l’humeur. La plage de Nha Trang, grande plage urbaine au sud de la rivière Cai, s’étire sur environ 6 kilomètres et est bordée d’une promenade soignée, avec sentiers, jardins, monuments et espaces de loisirs. L’eau y est souvent calme et invitante, même si la profondeur augmente rapidement, et l’ambiance varie selon l’heure : les Vietnamiens y viennent au lever et au coucher du soleil, tandis que d’autres publics occupent les heures les plus chaudes. Au nord de la rivière, la plage de Bai Duong est plus petite, souvent plus calme aux heures brûlantes, et surtout fréquentée par les Vietnamiens ; son charme est toutefois parfois altéré par des canaux d’égouts, ce qui rappelle le prix de l’urbanité.
Le littoral de Nha Trang se lit aussi en points de vue, et le plus célèbre est Hon Chong, formations rocheuses dressées au milieu de la mer, associées à des légendes et à une sculpture de poing géant. Le visiteur grimpe sur les rochers pour embrasser la plage de Bai Duong et les îles, ce qui donne un aperçu immédiat du chapelet insulaire au large. Pour changer d’échelle, la Long Beach (plage de Bai Dai), sur la route de l’aéroport de Cam Ranh, déroule une longue bande de sable fin et une pente plus douce que celle de la plage urbaine ; malgré le développement rapide de complexes haut de gamme, il reste possible de marcher longtemps et de se retrouver seul, surtout si l’on accepte que certaines zones éloignées puissent souffrir de déchets.
Autour de la ville, d’autres plages complètent une véritable constellation balnéaire. La plage de Doc Let, à environ 50 kilomètres au nord, est souvent citée comme l’une des plus belles, avec ses eaux peu profondes et cristallines, idéales pour la baignade. S’y rencontrent des familles de pêcheurs qui vendent et préparent des fruits de mer à prix raisonnable, dans une ambiance plus simple que sur Trần Phú, même si la propreté varie selon les zones et l’occupation hôtelière. La description des côtes au nord évoque aussi Hon Khoi, voisine d’une péninsule, avec palmiers, sable blanc et eaux turquoise, une échappée qui se prépare comme une petite expédition à la journée.
La mer, enfin, devient terrain d’exploration, car Nha Trang est aussi un monde d’îles. La croisière en bateau est l’option classique pour combiner snorkeling, pêche et arrêts multiples, et la forte concurrence entre agences rend les sorties accessibles. L’île de Hòn Tre représente la version “resort” de la mer, avec plusieurs plages souvent réservées aux clients, sauf la petite plage face au parc aquatique Vinpearl Land, ouverte aux détenteurs de billet. L’île aux Singes (Hon Lao) joue un registre plus ludique : ferry, nombreux singes, cirque et karting, une sortie familiale au goût d’excursion populaire.
Ce goût du divertissement s’exprime pleinement au parc d’attractions Vinpearl, accessible en téléphérique : aquarium Underwater World, parc aquatique, montagne russe, bateau pirate, autos tamponneuses, jeux d’arcade, cinéma et spectacle laser en soirée, le tout rassemblé en un seul billet. À Nha Trang, cette proximité entre plages et parcs illustre la logique de station balnéaire moderne, capable d’offrir à la fois nature et consommation de loisirs.
Nha Trang ouvre également sur des sites plus intérieurs, souvent liés à l’eau douce et à la jungle. Les cascades de la source des fées (Suối Tiên) sont un petit ruisseau frais avec bassin naturel, très fréquenté par les enfants le week-end, accessible après une courte marche dans la jungle et alimenté par la région de Hòn Bà. Les chutes d’eau de Ba Ho offrent un décor plus aventureux, avec trois cascades, une rivière au courant rapide, une progression sur rochers et un trajet qui se mérite, surtout en saison des pluies. Plus loin encore, la réserve naturelle de Hon Ba monte jusqu’à 1 514 mètres d’altitude au sommet du mont Hon Ba, apportant un contraste de fraîcheur et de forêt, comme une autre Nha Trang, plus verticale, moins balnéaire.
Enfin, pour sentir le passé défensif de la province, la citadelle de Diên Khánh mérite une sortie. Construite en 1793 par l’officier français Olivier de Puymanel pour Nguyễn Ánh, elle abritait palais royal, résidences, entrepôts et prison, entourée de murs et de douves, et dotée autrefois de six portes, dont quatre subsistent. La visite y complète la carte : Nha Trang ne se résume pas à la plongée et aux transats, elle est aussi un point de rencontre entre héritages cham, influences françaises, mémoire scientifique avec Yersin, et culture populaire contemporaine. Et pour redescendre à la vie quotidienne, un passage au marché central (Chợ Xóm Mới) remet les sens en place : fruits, légumes, viande, poisson, stands et brouhaha, comme un rappel que la station balnéaire, derrière ses façades, reste une ville vietnamienne à part entière.

22. Lăng Cô (Côte centrale)
Lăng Cô, dans la province de Thừa Thiên–Huế, se déploie sur la côte centrale du Vietnam comme une pause de lagune et de montagne, à la charnière entre Hué et Da Nang. Le lieu se comprend par ses contrastes : une bande littorale lumineuse, une lagune calme et, tout autour, des reliefs qui montent rapidement vers des points de vue spectaculaires. Lăng Cô sert souvent de base pratique, car il est possible de s’y déplacer en voiture avec chauffeur ou en deux-roues, et surtout rayonner vers plusieurs sites majeurs où la nature et l’histoire se croisent.
Les panoramas les plus impressionnants viennent de la route ancienne du col Hai Van, accessible en franchissant le pont au sud de Lăng Cô. Avant le tunnel de 6,2 kilomètres, cette route était l’axe principal entre Da Nang et Lăng Cô ; aujourd’hui, elle est recherchée pour ses lacets et ses vues à couper le souffle. S’y découvrent aussi les ruines d’un avant-poste américain datant de la guerre, ce qui ajoute une dimension de mémoire à un itinéraire déjà spectaculaire. La route est une expérience en soi : mer au loin, montagnes proches, et cette sensation d’être suspendu entre deux mondes.
Pour changer d’altitude sans aller trop loin, la région propose des excursions vers des sommets plus doux mais très marqués. Les collines Ba Na, dans la chaîne de Truong Son, culminent à 1 487 mètres et se rejoignent grâce à des téléphériques modernes qui offrent des perspectives remarquables : le col Hai Van sur un côté, Da Nang droit devant, et la plage de China Beach en arrière-plan.
Dans un registre plus sauvage, le parc national de Bach Ma se situe à environ 30 kilomètres et propose une montagne culminant à 1 450 mètres. Le sommet est connu pour sa température plus fraîche, parfois nettement plus basse que dans les plaines, ce qui transforme la visite en échappée climatisée naturellement. Deux routes mènent à l’entrée du parc depuis la nationale 1, et l’approche elle-même donne déjà une idée de l’écosystème : forêt, pentes, humus humide, et cette impression d’entrer dans un Vietnam plus secret que le littoral.
Lăng Cô offre aussi des lieux d’eau douce qui complètent parfaitement les journées de mer. Les Elephant Springs (Suoi Voi), à environ 15 kilomètres au nord, sont des sources bordées de petites pergolas en bambou, où l’on vient se baigner dans une eau fraîche, désaltérante, avec une vue superbe sur la montagne. L’ambiance est souvent simple et conviviale : boissons, en-cas, parfois un poulet rôti, et des espaces loués à la journée, comme une version locale du pique-nique. Plus discrètes, les Lang Co Springs se rejoignent en suivant la nouvelle route qui contourne la lagune : une marche d’environ quinze minutes à travers la jungle mène à une source propre et fraîche, avec un point de vue magnifique sur Lăng Cô, ce qui donne au lieu un charme d’escapade presque secrète.
23. Quảng Ngãi (Côte centrale)
Quảng Ngãi, ville de la région côtière centrale du Vietnam, est longtemps restée en marge des itinéraires, beaucoup de voyageurs lui préférant Da Nang au nord ou Nha Trang au sud. Connue à l’étranger pour l’incident de My Lai pendant la guerre du Vietnam, elle combine aujourd’hui une économie marquée par le pétrole, des raffineries visibles dans le paysage, et une série de sites culturels et historiques qui ont changé de visage. Jadis négligés, certains lieux ont été réaménagés : la végétation envahissante a laissé place à des allées soignées, des berges autrefois boueuses sont devenues des terrasses de cafés, et des plages isolées se sont transformées en destinations de week-end.
Pour entrer doucement dans la ville, le jardin Ba Tơ offre une respiration simple, un espace où se comprend la volonté de créer des lieux agréables à vivre. Dans le même mouvement, le musée général de la province de Quảng Ngãi (99 Le Trung Dinh) donne un socle culturel avec des artefacts liés aux civilisations Sa Huynh et Champa, ainsi qu’à d’autres minorités ethniques de la province. Cette étape est précieuse, car elle replace Quảng Ngãi dans une histoire longue, bien antérieure aux épisodes du XXe siècle, et elle prépare à mieux lire les paysages côtiers et les reliefs alentours.
La ville se structure aussi autour de repères urbains et fluviaux. La place Quảng Ngãi (rue Phạm Văn Đồng) sert de point de rassemblement, tandis que la rivière Trà Khúc trace un axe vivant et changeant, dont les berges sont devenues, par endroits, des espaces de promenade et de cafés. Cette présence de l’eau, dans une ville devenue plus agréable grâce aux investissements récents, donne un ton de fin d’après-midi.
Le littoral offre ensuite des plages très différentes, à choisir selon l’envie de calme ou d’horizon. La plage de My Khe, à environ 15 kilomètres au nord-est, est réputée pour son sable fin, blanc et poudreux, et pour la forêt de peupliers verdoyante qui s’étend derrière, formant un espace vert de grande ampleur. Le complexe touristique s’insère dans cette zone, avec des stands de restauration fréquentés surtout par la clientèle locale, et la plage reste relativement préservée du développement rapide, ce qui en fait une vraie pause. Plus au sud, la plage de Sa Huynh, à 60 kilomètres sur la nationale 1, se distingue par son sable doré : appelée aussi Sa Hoang, elle déroule un décor de cocotiers et de rizières, idéal pour une halte de quelques jours avant de reprendre la route.
Le voyage à Quảng Ngãi ne peut pas éviter le chapitre du recueillement. Le musée commémoratif du massacre de Mỹ Lai, à proximité de la plage de My Khe, est dédié aux 504 victimes tuées en 1969. Le lieu impose un silence particulier, et il explique pourquoi certains visiteurs étrangers choisissent d’y faire escale, malgré l’absence de foule touristique. La visite complète la compréhension de la province : derrière les plages et les cafés récents, il existe une mémoire lourde, inscrite dans le sol et dans les récits.
Au-delà de la ville, Quảng Ngãi s’ouvre vers la mer avec l’île de Ly Son, située à 26 kilomètres du port de Sa Ky. Surnommée la capitale de l’ail du Centre du Vietnam, elle vit d’agriculture et de pêche et conserve des vestiges Sa Huynh et Champa. L’île abrite aussi des sites emblématiques : la pagode-grotte, le temple du village d’An Hai, le musée Hoang Sa, ainsi que des cratères volcaniques comme Gieng Tien et Thoi Loi. Cette excursion élargit Quảng Ngãi en direction d’un Vietnam insulaire, volcanique et spirituel, qui contraste avec la ville continentale.
La province conserve aussi une surprise architecturale majeure : le long Mur de Quảng Ngãi, souvent comparé à une version locale du mur d’Hadrien. Découvert en 2005, ce mur de pierre et de terre, long de plus de 113 kilomètres et haut en moyenne de 2 mètres, comprend forts, routes et dépôts militaires. Construit il y a plus de 500 ans, il servait à contrôler le commerce et à se défendre contre le Champa au sud, avant d’être renforcé par les empereurs Nguyen.
Les reliefs proches de la ville complètent cette lecture, entre poésie et spiritualité. La montagne Thien An, à 3 kilomètres au nord-est, a une forme carrée évoquant un sceau ; elle est vénérée comme lieu spirituel, avec une pagode tricentenaire près du sommet et le tombeau de Huynh Thuc Khang, héros anticolonial. Au sud, la montagne Thien But est plus célèbre dans la poésie que dans la réalité, mais par temps nuageux elle peut ressembler à un pinceau de calligraphie plongeant dans les nuages, et le spectacle, lorsqu’il correspond à la métaphore, devient réellement saisissant.
Pour toucher une Quảng Ngãi plus douce et plus rurale, la balade à vélo commune de Co Luy propose des sentiers riverains autour de la plage de My Khe, dans un paysage de cocotiers, pins ondulant au vent et ruisseaux sinueux. Le lieu, autrefois célébré en poésie comme l’un des plus charmants après Hué, cède progressivement à l’urbanisation, mais conserve encore ce parfum bucolique qui attire ceux qui veulent vérifier si la réalité rejoint les descriptions entendues à l’école.
Enfin, pour vivre la ville dans sa dimension la plus concrète, les adresses d’achats jouent un rôle de repères. Le Coop Mart Quảng Ngãi, grand magasin climatisé, permet de faire une pause fraîche tout en trouvant produits courants, vêtements et cadeaux. À l’inverse, le marché Quảng Ngãi offre le chaos organisé d’un marché principal : articles ménagers, épicerie, stands de restauration, bruits et odeurs, comme un condensé de la vie quotidienne.

24. Quy Nhơn (Côte centrale)
Quy Nhơn, capitale de la province de Bình Định, s’avance sur la côte du centre du Vietnam comme une station balnéaire restée à l’écart des projecteurs. Longtemps négligée par les voyageurs vietnamiens et étrangers, la ville est devenue un joyau rare précisément grâce à ce désintérêt : une destination d’Asie du Sud-Est encore épargnée par le tourisme de masse, où le visiteur vient d’abord pour respirer l’air marin, marcher sans foule, et retrouver une sensation de littoral vécu plutôt que scénographié. Avec environ 457 000 habitants, Quy Nhơn a une taille qui contraste avec le mercantilisme et le développement spectaculaire d’autres villes côtières comme Da Nang, tout en conservant l’énergie d’une ville vietnamienne authentique, sans décor figé pour touristes.
La géographie explique beaucoup de choses : le centre de Quy Nhơn occupe une petite péninsule qui s’avance dans la mer de Chine méridionale, telle une tête de dragon, et la rue Trần Hưng Đạo sert d’axe majeur est-ouest, reliant la pointe orientale au cœur urbain, puis à l’autoroute 1A, à la gare, à l’aéroport et à la campagne de Bình Định au nord-ouest. La plupart des sites d’intérêt se trouvent au sud de Trần Hưng Đạo ; au nord, dominent les quartiers résidentiels, les industries liées à la pêche et les zones portuaires industrielles. Cette structure rend la ville idéale pour flâner : vendeurs ambulants, scènes familiales visibles à travers les portes ouvertes, trottoirs bordés d’arbres et de drapeaux, et surtout une promenade du bord de mer bien entretenue, magnifique pour marcher et souvent presque déserte.
Le charme principal reste le front de mer, inspirant les poètes depuis des siècles : une promenade scintillante longe environ 5 kilomètres de plage, encadrée par des chaînes de montagnes qui se perdent dans la brume. À deux pas du rivage, l’ambiance du soir se résume à des dizaines de restaurants en plein air offrant une vue à 180 degrés sur l’océan : fruits de mer grillés, cuits à la vapeur ou en ragoût, pêchés quelques heures plus tôt, servis sur de petits tabourets de plastique posés au hasard parmi l’herbe et les arbres.
Les sites archéologiques les plus proches en ville sont les tours de Doi cham (Tháp Đôi / Twin Towers), à environ 2 kilomètres du centre. Elles sont les tours cham les plus accessibles du pays, construites au XIe siècle lorsque Vijaya devint capitale de l’empire cham et que Quy Nhơn joua un rôle portuaire décisif. Leur architecture surprend : au lieu des structures carrées traditionnelles à plusieurs étages, ces tours adoptent une large base rectangulaire surmontée d’une structure pyramidale sculptée, assemblée en briques selon la technique cham, avec un soutien inhabituel de pierres concassées.
L’influence des échanges avec l’aire khmère est perceptible dans l’ornementation : Garuda au sommet, puis sculptures de lotus, d’éléphants, de lions, de singes et de personnages dansant. Restaurées dans les années 1980-1990 avec l’aide d’archéologues polonais, elles se visitent aujourd’hui dans un petit parc aménagé, protégé de la circulation, même si l’ironie veut que la rue Trần Hưng Đạo, bruyante, passe juste en face.
Pour une excursion courte mais marquante, les tours Banh It cham (tours d’Argent / Tháp Bánh Ít) offrent l’un des plus beaux ensembles cham encore visibles, et l’un des mieux restaurés de la région. Quatre tours des Xe et XIe siècles se dressent au sommet d’une colline dominant la rivière, dans un paysage de collines ondulantes qui donne au site une harmonie presque méditative. La première tour, en arrivant par l’est, est une porte de 13 mètres ; plus haut, la tour principale atteint 20 mètres et révèle des sculptures complexes, avec humains, oiseaux, fleurs, mais aussi Ganesh, dieu-éléphant, et Viyu, dieu-singe, représentés en danse.
Le style se distingue par ses colonnes verticales, ses tuiles rainurées, ses arêtes de toit en grès et ses fausses portes surmontées d’arches élancées. Une partie des statues fut emportée en Europe à la fin du XIXe siècle : une représentation de Shiva à trois yeux, assis sur un lotus, est conservée au musée Guimet à Paris, tandis que d’autres pièces disparurent dans des collections privées. Autour des tours intactes, la campagne recèle encore des fragments de bâtiments enfouis dans la végétation, qu’il est possible d’apercevoir sans jamais rien déplacer ni prélever, la protection des vestiges étant strictement encadrée.
Plus loin dans la campagne, les tours cham de Duong Long (Tháp Dương Long) forment un choc d’échelle : trois tours de la fin du XIIe siècle, dont la centrale culmine à 24 mètres et les deux autres à 22, les plus hautes structures cham encore visibles au Vietnam. Corps en briques, bases en blocs de pierre sculptés, motifs gravés où se mêlent fleurs, dieux, éléphants, dragons, et même des formes corporelles opulentes typiques de certaines iconographies cham : tout donne l’impression d’un site puissant mais presque abandonné.
Autour de Quy Nhơn, la carte cham s’élargit encore avec des tours plus ponctuelles, qui complètent le puzzle du Champa tardif dans la province. La tour cham de Thu Thien (Tháp Thủ Thiện), la tour Canh Tien cham (Tháp Cánh Tiên), la tour cham de Phu Loc (Tháp Phú Lốc) et la tour Binh Lam cham (Tháp Bình Lâm) constituent autant de repères disséminés dans la région, rappelant que ces monuments n’étaient pas des exceptions isolées mais les jalons d’un territoire structuré par le sacré, le commerce et le pouvoir.
Dans la ville, le bouddhisme mahayana offre un contrepoint vivant, non archéologique, avec des temples actifs où l’on ressent une spiritualité quotidienne. Chùa Hiển Nam, temple de taille moyenne à quelques minutes de Coopmart, se découvre comme une halte de quartier, accessible et simple, où l’on entre comme on entre dans un lieu de respiration. Plus emblématique, Chùa Long Khánh est un grand temple très important à Quy Nhơn : si sa structure d’origine du XVIIIe siècle a disparu, l’édifice actuel date de 1956, et la statue du Bouddha avec son bassin de lotus fut achevée en 1972.
Une cloche de 700 kilos, fondue selon la tradition en 1805, rappelle la profondeur historique du lieu, tandis qu’à l’intérieur se trouve une statue d’Avalokiteśvara, incarnation de la compassion infinie, figurée avec mille bras. À côté, une statue de pierre bleue de 17 mètres d’Amitābha, posée sur un socle de lotus, donne au temple une silhouette immédiatement reconnaissable.
La vie religieuse se poursuit avec des ensembles plus vastes et très investis par la communauté. Chùa Minh Tịnh, grand complexe de pagodes mahayana en pleine activité, est entouré d’un parc paisible parsemé de statues colorées ; fondé en 1917 en périphérie, il fut déplacé dans les années 1960 pour libérer de l’espace lors de l’agrandissement de l’aéroport pendant la guerre du Vietnam, et il est aujourd’hui un centre dynamique d’études spirituelles, d’actions communautaires et d’œuvres caritatives.
Chùa Tâm Ấn Tự, sur un site de 2 000 m², raconte une histoire de reconstruction lente : une première hutte de culte des années 1920 détruite dans les conflits des années 1940, une reprise en 1955, puis une accélération dans les années 1990 jusqu’à l’achèvement en 1995 ; le temple abrite une cloche de 150 kilos et se visite dans une atmosphère particulièrement soignée. Plus discret et souvent peu fréquenté, Chùa Phổ Minh, posé au bord de la rivière, impressionne par son cadre paisible : commencé en 2011, marqué par un accident grave lors de l’effondrement d’une structure du troisième étage, il fut finalement achevé en 2013, comme un symbole de résilience porté par la communauté et les moines.
Sur l’axe Trần Hưng Đạo, d’autres temples complètent cette présence bouddhiste dans le tissu urbain. Chùa Tịnh xá Ngọc Nhơn, adossé à la montagne et niché dans un écrin de verdure, offre un contraste fort avec l’agitation de la rue principale ; construit en 1959 puis restauré entre 1995 et 1999, il donne l’impression d’un refuge vert à quelques mètres des flux. À l’extrémité nord du centre-ville, Chùa Trúc Lâm, temple de six étages, bien entretenu, prolonge cette sensation de ville où le sacré se glisse dans le quotidien, sans barrière, du matin au soir.
En quittant le centre vers la péninsule de Phương Mai, la spiritualité devient monumentale avec Tượng Phật đôi, statue dorée d’Avalokiteśvara de 30 mètres, érigée en 2014 et considérée comme la plus haute statue de Bouddha du Vietnam. Dominant l’océan à Eo Gió, Nhơn Lý, son socle est conçu pour accueillir les cendres de 8 000 familles de la région, ce qui inscrit le monument dans un usage mémoriel profond, bien au-delà de la photo panoramique.
La diversité religieuse de Quy Nhơn se lit aussi dans les édifices chrétiens, héritages de réseaux missionnaires, de communautés locales et d’histoires croisées. La cathédrale de Quy Nhơn (Nhà thờ chính tòa Quy Nhơn), construite initialement en 1892, fut largement agrandie dans les années 1930 lorsqu’elle devint siège du diocèse régional. Sa flèche de 47 mètres abrite une cloche de 1 800 kilos offerte en 1962 par la congrégation majoritairement polonaise de l’église Saint-Pancrace de Chicago, et la cathédrale servit de refuge pendant la Seconde Guerre mondiale, puis dans les années 1960 comme lieu de culte pour des soldats américains, autant d’épisodes qui montrent sa place sociale autant que spirituelle.
À ses côtés, Giáo xứ Hòa Ninh et l’église Ghềnh Ráng ponctuent la ville de repères de quartier, tandis que l’église évangélique de Quy Nhơn (Chi Hội Quy Nhơn) rappelle un autre courant chrétien, plus discret mais bien présent dans le paysage urbain.
Pour donner de la profondeur historique à la province, les musées et bâtiments civiques proposent une lecture plus politiqueet culturelle. Le musée Bình Định (Bảo Tàng Bình Định), petit musée provincial à l’est du centre, surprend par la richesse de sa collection cham, enrichie depuis deux décennies par des expéditions menées avec des équipes belges et japonaises et des experts polonais en restauration.
Non loin, les bureaux du gouvernement populaire municipal imposent un autre style : un ensemble austère d’immeubles communistes classiques, visible depuis la plage, souvent moqué par les habitants pour sa sévérité, mais spectaculaire la nuit quand il s’illumine de blanc et de rouge ; depuis 2023, les visites demandent une réservation préalable, dont l’obtention reste incertaine.
Dans la campagne de Tây Sơn, le récit national prend le relais avec le musée Quang Trung (Bảo tàng Quang Trung), dédié à Nguyễn Huệ, figure héroïque des frères Tây Sơn, dont le soulèvement paysan du XVIIIe siècle contribua à unifier le Vietnam. Le musée, politiquement important, est un lieu de pèlerinage civique pour de nombreux Vietnamiens, et il conserve artefacts de batailles, œuvres d’art, costumes et documents de l’époque, malgré une présentation jugée inégale et peu d’anglais.
La ville n’est pas seulement tournée vers le passé : elle se projette aussi dans une modernité éducative avec ExploraScience, intégré au complexe ICISE, Centre international pour la science et l’éducation interdisciplinaires. À Ghenh Rang, au sud de la ville, les expositions sur l’astronomie, l’exploration spatiale et d’autres thèmes scientifiques s’adressent autant aux enfants qu’aux adultes, avec un fonctionnement proche d’un centre de découverte.
Le quotidien de Quy Nhơn se vit enfin dans la marche, les petites adresses et les lieux simples qui font la texture d’un séjour. Sur la promenade, le parc d’attractions de la promenade de la plage se cache entre les arbres, minuscule, presque tendre, avec carrousel et autos miniatures, vendeurs d’en-cas et petits cadeaux peints, un endroit paisible qui peut devenir bruyant d’enfants en haute saison. Plus à l’intérieur, monde des enfants propose un univers lumineux sur deux étages, pensé pour les 2–7 ans, comme si la ville rappelait que la plage ne suffit pas toujours à occuper une journée familiale.
Mais le cœur de l’expérience reste la promenade de plage et plage urbaine, longue d’environ 5 kilomètres, étonnamment calme : sable granuleux jaune foncé, eau légèrement trouble, absence de sports nautiques commerciaux, pas de surf ni de grandes excursions organisées, peu de restaurants internationaux et une atmosphère paisible qui, loin des clichés paradisiaques, devient précisément la promesse de Quy Nhơn.
À quelques kilomètres au sud, la côte se déchire en criques et villages, et c’est là que la ville révèle son visage le plus recherché. La plage et village de Bãi Xép, petit hameau de pêcheurs à 10 kilomètres du centre, est devenue une destination prisée des voyageurs internationaux en quête de tranquillité : plages désertes, îlots vallonnés au large, barques rondes en bois tanguant sur l’eau, et une arrivée par un étroit chemin descendant de la nationale 1D.
En bas, deux passages d’un mètre entre les maisons mènent soit à la crique des pêcheurs, soit à une plage isolée avec des pensions tenues par et pour des étrangers, tandis qu’à l’extrémité sud, au-delà d’une clôture, l’Avani Beach Resort occupe la portion privée d’une plage qui partage pourtant la même eau tranquille et la même vue de carte postale.
Entre Quy Nhơn et Bãi Xép, la route serpente en surplomb du rivage, avec des points de vue panoramiques sur la ville et la côte, et, au nord et au sud, des dizaines de petites baies se cachent sous la route, dont les hameaux de Bãi Bàng et Bãi Bầu, comme autant d’arguments pour prolonger le séjour.

25. La péninsule de Phương Mai (Côte centrale)
La péninsule de Phương Mai est l’un des rares endroits du Vietnam où le visiteur peut réellement s’offrir des kilomètres de littoral sans foule, avec une sensation de bout du monde accessible en quelques détours depuis Quy Nhơn. Sur sa côte nord-est, la plage s’étire sur plus de 10 kilomètres presque sans âme qui vive : il suffit de garer la moto au bord de la route, de franchir de larges dunes de sable d’environ 300 mètres, puis de se déchausser pour marcher sur un sable qui, en saison sèche, passe du jaune pâle au blanc cristallin.
Les petites dunes qui bordent l’eau deviennent des belvédères naturels : en prenant un peu de hauteur, la récompense est une vue nette sur les montagnes au nord et sur l’horizon infini vers le sud. Cette simplicité fait tout le charme du lieu, tant que l’on accepte de voyager en autonomie et de privilégier le temps long.
| Pour explorer la péninsule, la solution la plus simple reste la voiture, en passant par le pont Thị Nại, long de 2,5 kilomètres, qui relie Quy Nhơn à Phương Mai au-dessus de la mer. Depuis le centre-ville, l’itinéraire suit Nguyễn Tất Thành puis Trần Hưng Đạo, avant de remonter vers le nord par Võ Nguyên Giáp ; après des zones industrielles et des champs, la route bifurque vers l’est et le pont apparaît, souvent enveloppé de brouillard et balayé par des vents violents, même lorsque le ciel est clair. Une fois de l’autre côté, après la station-service, un dédale de ronds-points impose de suivre attentivement la direction de la nationale 19B. |
Plus au centre-sud, le paysage change radicalement autour de Bãi Kỳ Co, où le rivage se resserre entre rochers et falaises. Les activités y sont plus physiques : sauts depuis des falaises d’une dizaine de mètres, baignades dans des bassins d’eau douce coincés entre les roches, nage dans des lacs d’eau salée reliés à l’océan par des passages sous-marins, ou encore sortie en barque en bois avec des pêcheurs pour approcher les îles au large.
Les amateurs de panoramas peuvent grimper sur les falaises proches du rivage pour cadrer l’océan et la côte, tandis que les plus aventureux choisissent le sentier forestier qui traverse la montagne : une randonnée d’environ trois heures, du sommet jusqu’à la plage, ponctuée de cols rocheux et de ruisseaux. Où que l’on se trouve dans ce secteur, un repère s’impose dans le paysage : Tượng Phật Dôi, la statue dorée d’Avalokiteśvara haute de 30 mètres, érigée en 2014, qui domine la péninsule et contemple l’océan. Elle donne au site une dimension presque cérémonielle, comme si la côte était gardée par une présence silencieuse.
Juste au nord de la péninsule, les montagnes du continent concentrent aussi des lieux fréquentés par les visiteurs de Bình Định, dont chùa Ông Núi, fondé en 1702, perché sur la montagne et réputé pour ses vues sur la côte et l’océan. Non loin, une grande sculpture commémore la prise de Bình Định par l’Armée populaire en mars 1975, et derrière un café face à ce monument, un sentier abrupt mène à une crique où s’entassent des chalutiers ronds en bois, coincés entre l’eau et les falaises, dans une scène à la fois photogénique et très locale.

26. Tam Kỳ (Côte centrale)
Tam Kỳ, sur la côte centrale du Vietnam, se présente comme une ville discrète, souvent contournée au profit de Hoi An ou de Da Nang. Le repère le plus évident est le grand musée installé sur un terrain bien entretenu, qui donne à la ville une touche institutionnelle et un lieu de visite clair lorsque l’on cherche à comprendre le cadre régional.
La sortie la plus marquante se fait vers la mer, du côté de Tam Thanh, où le village de pêcheurs Lang Chai Tam Thanh s’est forgé une identité visuelle singulière. Une ONG portugaise a contribué à promouvoir le lieu en y créant des fresques murales sur de nombreuses maisons, transformant les façades en galerie à ciel ouvert tout en conservant l’âme maritime du village. L’entrée est gratuite, et la visite se fait à pied, au rythme des ruelles, entre scènes de pêche, barques, filets et peintures colorées qui racontent la vie du littoral.
Pour s’y rendre, l’orientation est facile : Lang Chai Tam Thanh se situe à environ 2 kilomètres au nord du carrefour principal de la plage de Ha Thanh (Tam Thanh). La proximité permet une escapade courte, sans logistique lourde, et l’on peut combiner facilement promenade, photos et pause en bord de mer.

27. Thanh Hóa (Côte centrale)
Thanh Hóa est une ville de la région côtière centrale du Vietnam dont la fonction principale, pour beaucoup de voyageurs, tient au rôle de carrefour de bus vers la frontière laotienne de Na Meo. Pour le reste, elle se décrit souvent comme une ville sans emblème spectaculaire, mais avec une vie locale stable et des habitants jugés accueillants et fiables.
La grande échappée maritime se fait vers la plage de Sam Son, située dans la ville du même nom à environ 16 kilomètres. Elle est une destination très fréquentée d’avril à septembre, période où les locaux viennent en famille profiter de la mer, des hôtels et de l’animation saisonnière. Le contraste est net : la ville sert de base fonctionnelle, tandis que Sam Son devient la parenthèse balnéaire, souvent plus bruyante, plus dense, et plus marquée par le tourisme domestique.
À l’opposé de la foule littorale, l’arrière-pays propose une respiration nature avec le parc national de Ben En, présenté comme une destination idéale pour l’écotourisme. Situé à environ 46 kilomètres au sud-ouest de Thanh Hóa, ce parc de 16 000 hectares mêle montagnes et jungle, avec une biodiversité tropicale riche et variée. Son élément le plus marquant est un vaste lac de 4 000 hectares, parsemé de 21 îles, qui donne à l’ensemble une allure de paysage lacustre éclaté, propice aux balades et à l’observation.
Entre Sam Son et Ben En, Thanh Hóa devient un nœud plus qu’une vitrine : le visiteur s’y arrête pour se déplacer, pour organiser une sortie, ou pour reprendre souffle avant de repartir.

28. Vinh (Côte centrale)
Vinh est une ville importante de la côte centrale du Vietnam, marquée par une histoire lourde qui explique en partie son visage actuel. Son rôle de ville portuaire et industrielle a entraîné de fortes destructions lors des bombardements aériens de la guerre du Vietnam, laissant une impression parfois morne, plus fonctionnelle qu’attrayante. Pourtant, Vinh conserve des vestiges visibles, et elle peut constituer une halte utile, notamment sur la ligne ferroviaire entre Hué et Hanoï : une étape de repos plus qu’une destination, où l’on s’arrête pour souffler, se distraire, et saisir quelques fragments d’histoire urbaine. La ville se découvre alors par touches, en acceptant qu’elle ne cherche pas à séduire, mais à tenir son rôle de centre régional.
Les traces les plus évidentes se trouvent du côté de l’ancienne citadelle, dont subsistent trois portes : le portail d’entrée, la porte ouest et la porte est. Elles sont signalées par des panneaux en chinois et portent des plaques d’information uniquement en vietnamien, ce qui renforce l’impression d’un patrimoine d’abord adressé aux habitants. Ces portes, isolées dans le tissu urbain, fonctionnent comme des marqueurs : elles rappellent la ville d’avant les destructions, celle dont il ne reste que des seuils, des passages, des fragments de mur.
Le centre symbolique se lit ensuite sur la place Ho Chi Minh, où se dressent une statue d’Hô Chi Minh et une fontaine, créant un espace civique typique des villes vietnamiennes. Plus loin, la visite de la maison d’enfance de Ho Chi Minh (Hoàng Xuân Đường) ajoute une dimension biographique, en déplaçant le regard de la ville industrielle vers l’histoire personnelle et nationale. Enfin, pour sortir du béton, le parc national de Pù Mát ouvre une porte sur la nature à proximité de Vinh.
Pour la détente, la ville propose un équipement qui colle bien à cette fonction de halte : le centre de loisirs de Vinh, avec piscine intérieure, cinéma, salle de sport, aire de jeux, salle de jeux vidéo etkaraoké. Du côté des achats, l’expérience la plus concrète passe par chợ Ga Vinh, le marché de la gare, situé près de la gare et justement du centre de loisirs.

29. Baie de Vân Phong (Côte centrale)
La baie de Vân Phong, à environ 80 kilomètres de Nha Trang, déploie un large détroit ponctué d’une mosaïque d’îles et de petites baies : l’ensemble compterait 28 îles, entre les districts de Ninh Hòa et Vạn Ninh. Son climat tempéré, sa lumière régulière et sa mer d’un bleu net expliquent son statut de destination balnéaire très appréciée, sans perdre pour autant une part de calme.
Le premier contact se fait souvent par ses longues plages de sable fin, dont Bai Tây, Bai Me et Bai Bua, idéales pour une baignade simple, une sieste à l’écart, ou une journée à alterner eau claire et marche sur le littoral. Dans cet esprit, la baie est aussi associée à Dai Lanh, une plage réputée parmi les plus belles du pays, aux sables blancs et à l’eau cristalline, pouvant être admirée depuis le col Ca, à cheval entre Phú Yên et Khánh Hòa.
La baie s’explore comme un petit archipel, avec des îles aux noms simples et aux silhouettes marquées : Hon Do, Hon Ong, Hon Co, Hon Nuoc et Hon Bip reviennent souvent dans les itinéraires. Hon Ong, parfois appelée l’île aux baleines, se distingue par son absence d’habitants et son caractère retiré, accessible depuis la péninsule de Dâm Môn via le port de Dam Mon (après la route passant par le col de Co Ma et le village de Vạn Giã).
L’un des emblèmes de Vân Phong reste Diêp Son (associée aussi à Hon Bip dans certains récits), célèbre pour sa traversée marine : un ruban de sable blanc d’environ 700 mètres qui relie l’île à la terre ferme, selon les marées, et qui donne l’impression de marcher au milieu de la mer. Depuis le port de Van Gia, se rejoint Diêp Son en bateau en environ une heure ou en canoë. Plus à l’est, Mui Doi (ou Mui Ba Dau) est recherché pour le lever du soleil : il est le point le plus oriental du Vietnam, reconnu en 2005 comme relique nationale, et apprécié pour la randonnée, le bivouac et les formations rocheuses abruptes.
La péninsule de Dâm Môn complète cette géographie par une vie locale très lisible, notamment au village de Son Dung, petit village côtier, réputé pour son calme, et par ses récifs coralliens visibles même depuis la surface tant l’eau est transparente. Les activités s’alignent sur cette mer claire : baignade sur la plage de Tay et la plage de Me, plongée pour observer les coraux (souvent cités autour de la plage de Tay et la plage de Mon), kayak pour parcourir les anses, mais aussi surf, planche à voile, et sky boarding pour les amateurs de sensations.

30. Ruines de Mỹ Sơn (Côte centrale)
Le sanctuaire de Mỹ Sơn, sur la côte centrale du Vietnam, est un ensemble majeur de ruines de l’ancien empire Cham, inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco. Le site fut bâti par les Champas, qui dominèrent le centre du pays d’environ 200 à 1700, et dont l’architecture religieuse, nourrie d’hindouisme, était dédiée notamment à Vishnu. Dans la région, la présence cham se lit aussi ailleurs : la tour Po Nagar Cham à Nha Trang demeure l’exemple le plus connu et le mieux conservé, encore fréquenté quotidiennement, mais Mỹ Sơn fut le cœur spirituel le plus prestigieux du royaume.
Avec le temps, la jungle a reconquis une partie du sanctuaire, et les ruines étaient déjà fragilisées dans les années 1960, lorsque le Viet Cong utilisa Mỹ Sơn comme base. Même si une loi du Congrès américain interdisait le bombardement du site, il subit malgré tout des raids aériens dévastateurs, ce qui explique l’état très inégal des bâtiments. Les comparaisons avec Angkor, Bagan ou Borobudur existent, mais elles trouvent vite leurs limites : Mỹ Sơn est plus petit, davantage endommagé et parfois moins bien entretenu. Le lieu n’en reste pas moins unique, et la beauté de la jungle environnante suffit souvent à justifier le déplacement.
La visite gagne à commencer près de la billetterie, au musée Champa, qui rassemble de nombreux artefacts et retrace l’histoire du site. Un choix de conservation surprend souvent : une grande partie des sculptures les mieux préservées a été retirée des ruines pour y être exposée ou dans le petit musée du groupe A, au lieu d’être laissée en contexte. Dans les faits, cette disposition rend le passage au musée d’autant plus utile avant d’entrer dans les groupes de temples, d’autant qu’il ferme une demi-heure avant les autres zones. Le parcours se fait ensuite à pied, dans une ambiance de sentiers balisés et de clairières où la brique rouge affleure au milieu du vert.
Les ruines sont réparties en neuf groupes (A à G), mais trois ensembles concentrent l’essentiel : A, BCD et EF ; les groupes G, H et L sont séparés, plus difficiles à trouver, et nettement plus petits. L’agencement du sanctuaire, dicté par la course du soleil, se comprend particulièrement tôt le matin : la lumière, filtrée par les structures, transforme la lecture des volumes et accentue la présence de la jungle. Un moment plus vivant complète la marche : des spectacles de danses traditionnelles sont proposés à 9h45 (tous les jours sauf le lundi), sur une scène située avant le premier groupe de ruines, en face de la boutique de souvenirs.
Autour de Mỹ Sơn, quelques détours donnent une profondeur régionale au voyage. Dans le village voisin de Vinh Dinh, la tour de Bang An, rarement visitée, reste utilisée par les fidèles et offre un bel exemple de tour Champa dans l’orbite de Hoi An. Juste après Tra Kieu en direction de Mỹ Sơn, le musée Sa Huynh (entrée gratuite) présente des objets cham dans un bâtiment à l’architecture plus cham que vietnamienne. Enfin, les ruisseaux alimentent un lac My Son paisible d’environ 3 kilomètres, encore peu fréquenté, idéal pour le kayak.

31. Zone démilitarisée du Vietnam DMZ (Côte centrale)
La zone démilitarisée du Vietnam : la DMZ, correspond à l’ancienne frontière entre le Nord et le Sud, matérialisée historiquement par une bande de terrain de 5 kilomètres de part et d’autre de la rivière Ben Hai, autour du 17e parallèle. La région a été le théâtre de combats intenses pendant la guerre, et l’on y trouve encore des vestiges d’anciennes bases américaines, posés au milieu de paysages de montagnes, de vallées et de jungles. Même sans être passionné d’histoire militaire, l’ensemble frappe par le contraste entre la nature spectaculaire et la densité mémorielle des lieux.
Bien que la frontière symbolique se lise sur la Ben Hai, la plupart des sites marquants se concentrent le long de la route nationale 9, qui traverse l’intérieur vers l’ouest, en direction de la frontière laotienne. La ville la plus pratique pour organiser la visite est Dong Ha, sur la côte, accessible depuis Hué ou Da Nang via la nationale 1. Des excursions partent de Dong Ha (notamment via DMZ Tours, rue Le Duan) et incluent souvent des étapes majeures ; il existe aussi de nombreuses sorties d’une journée depuis Hué, avec départ très tôt et retour en soirée, parfois au prix d’un rythme serré et de sites bondés si le groupe est important.
En allant d’est en ouest, la visite s’ouvre fréquemment sur les tunnels de Vinh Moc, où un village entier a vécu pendant deux ans et demi, avec un petit musée et des images de la vie quotidienne sous terre. Plus au centre, le pont Hien Luong traverse la rivière Ben Hai et rappelle la partition de 1954 à 1972 : lors de cette période, le pont fut peint en deux couleurs, et un monument se dresse sur la rive nord. L’histoire de la ligne se complexifie ensuite : en 1972, lors de l’offensive de Pâques, la frontière fut repoussée plus au sud jusqu’au fleuve Thach Han, dans la ville de Quang Tri, à environ 32 kilomètres.
L’itinéraire se poursuit par des lieux de mémoire plus vastes : le cimetière national de Truong Son impose une lecture humaine du conflit, à une échelle que les cartes ne laissent pas toujours deviner. Plus à l’ouest, Camp Carroll fut l’une des principales bases de feu des Marines américains au sud de la DMZ, équipée de 24 canons lourds, et tombée lors de l’offensive de 1972. S’aperçoit aussi le tas de pierres, avant-poste construit au sommet d’un immense affleurement rocheux : même si le site est inaccessible, il reste très visible depuis l’autoroute, comme une balise minérale sur la route.
À mi-parcours de la nationale 9, le pont Dak Rong marque le départ de la route 15, l’une des branches essentielles de la piste Hô Chi Minh (appelée Đường Trường Sơn), qui descend vers le sud en direction de vallées associées à d’autres combats célèbres. Plus près de la frontière laotienne, la base de combat de Khe Sanh rappelle le siège et les attaques de 1968 : l’ancien aérodrome, marqué par la terre rouge, demeure lisible sur le terrain. Dans les excursions, se croise parfois aussi Con Tien, cité comme étape possible selon les circuits.

32. Les îles Chàm (Côte centrale)
Les îles Chàm (en vietnamien : cù lao Chàm) forment un archipel de huit îlots rattachés à la municipalité de Da Nang, posé sur la mer de Chine méridionale. Elles appartiennent au parc marin de Cu Lao Cham, intégré à une réserve de biosphère mondiale reconnue par l’Unesco. Le visiteur y accède facilement depuis la plage de Cửa Đại, à Hoi An, ce qui en fait une escapade maritime évidente depuis la côte. Classées aussi site national du Vietnam, elles combinent valeur naturelle et forte charge patrimoniale. Avec environ 3 000 habitants, l’archipel conserve une échelle humaine perceptible dès l’arrivée.
Le groupe d’îles se compose de Hòn Lao (île de la Perle), Hòn Dài (île Longue), Hòn Mồ (île du Tombeau), Hòn Khô mẹ (île Sèche Mère) et Hòn Khô con (île Sèche de l’Enfant). S’y ajoutent Hòn Lá (île de la Feuille), Hòn Tai (île de l’Oreille) et Hòn Ông (île du Vent d’Est). Administrativement, l’ensemble relève de la commune de Tân Hiệp de Da Nang, avec une organisation insulaire simple et lisible. Les noms très évocateurs traduisent souvent la forme, la végétation ou l’histoire perçue des terres. Cette toponymie compose ainsi une cartographie vivante où chaque îlot affirme une identité propre.
| Pour rejoindre les îles Cham, il est possible d’arriver par la route ou le train jusqu’à Tam Ky ou Da Nang, puis de poursuivre par voie terrestre jusqu’au littoral. Les aéroports les plus proches sont l’aéroport international de Chu Lai et surtout l’aéroport international de Da Nang, généralement privilégié pour la fréquence de ses vols, ses tarifs compétitifs et la qualité de ses hébergements et restaurants. Depuis Hoi An, plusieurs options maritimes existent : la plus rapide consiste à rejoindre Cua Dai et à louer un hors-bord, avec une traversée d’environ 15 minutes. Un ferry quotidien part également de Cua Dai à 9 h pour un trajet d’une heure. Enfin, un autre ferry quitte chaque jour à 8 h le quai situé dans la vieille ville de Hoi An, pour une traversée d’environ deux heures. Des excursions organisées sont proposées, avec des tarifs variant de 16 à 20 USD par personne pour deux jours et une nuit, et de 8 à 12 USD pour une journée, selon le nombre de participants. Toutefois, la météo joue un rôle déterminant : les îles se trouvent à 10 milles nautiques au large, et l’embouchure du fleuve, peu profonde (environ 0,9 m), constitue la partie la plus délicate du trajet. De septembre à décembre, durant la mousson du nord-est, les fortes houles rendent l’accès presque impossible ; de janvier à mai, l’accès reste intermittent ; tandis que de juin à août, les conditions sont généralement favorables. Les matinées sont plus calmes, alors que vents et vagues se renforcent souvent après 13 h. Les averses estivales surviennent fréquemment en fin d’après-midi ; il est recommandé d’éviter toute traversée lors d’orages soudains, d’autant que peu d’embarcations respectent des standards internationaux pour la navigation en mer agitée. La plupart des jours vers 7 h 30, si le temps le permet, un ferry en bois bleu clair de 20 mètres quitte le quai public de Hoi An avec passagers et marchandises à destination de Bai Lang, sur l’île principale Hon Lao, avant de repartir vers 15 h. Le trajet dure environ deux heures. Les voyageurs étrangers paient souvent un tarif plus élevé que les habitants. À l’ancien embarcadère de Bien Phong, près de l’embouchure, la présentation du passeport et d’un visa valide peut parfois être exigée, bien que cela soit rare pour les vedettes rapides. |
L’agglomération de la grande île, entourée de sept petites couvre environ 15 km² de surface maritime. Elle se situe à 16 kilomètres de la côte et à 19 kilomètres à l’est de la vieille ville de Hội An, dont elle protège symboliquement l’horizon marin. Cette proximité explique son rôle historique de barrière naturelle face aux tempêtes et aux invasions venues de la mer. Le relief essentiellement montagneux, entaillé de criques, modèle un paysage à la fois abrupt et harmonieux.
La plus grande île : Hòn Lao, presque circulaire, couvre 1 317 hectares et atteint 517 mètres d’altitude en son centre, avec un autre sommet à 326 mètres vers l’ouest. Deux villages de pêcheurs structurent la vie locale : Bãi Làng, doté de quais et cœur administratif, et Bãi Hương, plus modeste et paisible. Les mouillages favorables au large de Bãi Làng et la présence d’une source d’eau douce attiraient déjà les marins, comme en témoignent des cartes chinoises datant du VIIe siècle. La pêche demeure aujourd’hui l’activité principale des habitants, donnant au quotidien un rythme dicté par la mer.
Le paysage ancestral des îles Chàm mêle plages de sable, collines boisées et mer translucide. Des installations simples permettent le camping, la baignade et la plongée sous-marine, activités privilégiées dans ces eaux réputées pour leurs récifs coralliens et leur biodiversité. La plage de Bãi Chồng figure parmi les plus remarquables de l’île principale, tandis que des sites comme Ong Beach, Huong Beach ou Chong Beach offrent des cadres lumineux et calmes. La forêt couvre environ un quart de la surface terrestre et abrite notamment des singes sauvages.
La reconnaissance internationale a marqué une étape majeure avec la création, en octobre 2003, de la réserve naturelle de Cu Lao Cham, avant son inscription en mai 2009 comme réserve mondiale de biosphère de l’Unesco au sein du programme Cu Lao Cham – Hoi An. Cette zone protégée inclut la vieille ville de Hoi An, l’embouchure du fleuve et l’espace maritime reliant la côte aux îles.

33. La citadelle de la dynastie Hô (Côte centrale)
Située dans la commune de Tây Giai, district de Vinh Lộc, province de Thanh Hóa, à environ 150 kilomètres au sud de Hanoï, la citadelle de la dynastie Hô, appelée en vietnamien Thành nhà Hồ et également connue sous les noms de Fort Tây Đô ou Fort de Tây Giai, constitue l’un des ensembles architecturaux les plus remarquables du Vietnam médiéval. Édifiée en 1397 selon les principes du feng shui, elle s’inscrit dans un paysage harmonieux entre les rivières Ma et Buoi.
De plan presque rectangulaire, la citadelle mesure environ 870,50 mètres du nord au sud et 883,50 mètres d’est en ouest, pour une circonférence dépassant 3,5 kilomètres. Elle est percée de quatre portes orientées selon les points cardinaux, dont la porte sud, principale, impressionne par ses dimensions dépassant 34 mètres de long et plus de 10 mètres de haut, avec trois entrées voûtées. Les murs extérieurs sont construits en gigantesques blocs de calcaire pesant en moyenne de 10 à 16 tonnes, certains atteignant plus de 26 tonnes. Ces pierres, soigneusement taillées et assemblées en forme de « I », assurent une stabilité exceptionnelle. L’enceinte intérieure, en terre compactée, présente une pente douce et conserve encore une épaisseur de 4 à 6 mètres, avec plus de 20 mètres à la base.
Détruite en 1407 lors de l’invasion des Ming, la citadelle est aujourd’hui en ruine, mais ses quatre portes monumentales demeurent intactes, dominant toujours la plaine. À l’intérieur subsistent les fondations du palais et deux dragons en pierre sculptée, témoins silencieux de la splendeur passée. Les douves, larges autrefois de 10 à 20 mètres, restent partiellement visibles sur les quatre côtés, bien que certaines sections aient été comblées. Sur le versant sud-ouest du mont Đốn Sơn se dresse encore l’autel de Nam Giao, vaste structure rituelle en pierre. Le 27 juin 2011, l’Unesco a inscrit le site au patrimoine mondial, reconnaissant la vale



