
Au travers de cet article que nous avons voulu le plus complet possible, nous avons souhaité vous présenter tous les lieux d’intérêts incontournables du Nord du Vietnam, ceux que vous devez absolument voir, ceux qui représentent son essence même. Certains d’entre eux sont évidents et connus de tous, mais d’autres sont des trésors cachés qui méritent d’être parcourus. C’est pour cette raison que nous espérons que cet article, l’un des plus complets disponible sur Internet, qui vous présente les incontournables du Nord du Vietnam vous aidera à découvrir ce territoire magnifique.
Le Vietnam (Việt Nam) est un pays d’Asie du Sud-Est réputé pour la richesse de sa gastronomie, la diversité de ses paysages et la profondeur de son patrimoine culturel. Marqué par la guerre du Vietnam au XXe siècle, le pays a su se reconstruire avec détermination à partir des années 1990. Porté par une population jeune et dynamique, il connaît depuis lors un développement économique soutenu. S’il demeure moins structuré touristiquement que certains de ses voisins, il séduit par son authenticité, son énergie et la variété de ses expériences.
Le nord du Vietnam est considéré comme le berceau historique et culturel de la nation vietnamienne. Dans cette région, se sont développées les premières civilisations du pays et que se concentrent aujourd’hui de nombreux sites historiques majeurs. Entre plaines fertiles, montagnes spectaculaires et littoraux exceptionnels, le nord du Vietnam offre une grande diversité de paysages. Des destinations célèbres comme Hanoï, la baie d’Ha Long, Ninh Binh ou Sa Pa figurent parmi les lieux les plus visités du pays et témoignent de la richesse naturelle et culturelle de cette région.
Au cœur de cette région se trouve Hanoï, capitale du Vietnam et centre politique, culturel et historique du pays. Ancienne capitale de l’Indochine française, la ville conserve aujourd’hui de nombreux monuments hérités de son passé. D’autres villes importantes participent à la diversité du nord vietnamien, comme Haiphong, grand port maritime et troisième plus grande ville du pays, ou Dien Bien Phu, lieu historique marqué par la célèbre bataille de 1954. Des villes frontalières comme Lao Cai, Dong Dang ou Cao Bang servent quant à elles de portes d’entrée vers les régions montagneuses et les paysages spectaculaires proches de la Chine.
Les régions montagneuses du nord attirent particulièrement les voyageurs pour leurs panoramas exceptionnels et leur richesse culturelle. Sa Pa, célèbre pour ses rizières en terrasses et ses villages de minorités ethniques, est l’une des destinations les plus emblématiques. Plus au nord, Ha Giang ouvre la voie vers l’une des routes panoramiques les plus impressionnantes d’Asie, tandis que Bac Ha est réputée pour ses marchés traditionnels où se rencontrent les tribus montagnardes. Des villages isolés comme Y Ty ou des stations de montagne comme Tam Dao permettent également de découvrir un Vietnam plus authentique.
La région possède également de nombreux sites naturels remarquables. La célèbre baie d’Ha Long, classée au patrimoine mondial de l’Unesco, est connue pour ses milliers d’îlots karstiques qui émergent des eaux de la mer de Chine méridionale. Non loin de là, la baie de Bai Tu Long offre une alternative plus paisible. Dans les terres, le parc national de Ba Be abrite un lac majestueux entouré de montagnes, tandis que le parc national de Cuc Phuong, le plus ancien du Vietnam, protège une forêt tropicale riche en biodiversité. Le spectaculaire géoparc du plateau karstique de Dong Van et les rizières en terrasses de Hoang Su Phi comptent également parmi les paysages les plus impressionnants du pays.
Au fil des siècles, le nord du Vietnam a été profondément marqué par son histoire. Les plaines fertiles du delta du fleuve Rouge ont longtemps été des centres agricoles prospères, mais aussi des zones stratégiques convoitées par différentes puissances. Après des périodes de domination chinoise, les Français firent d’Hanoï la capitale de l’Indochine au XIXe siècle. Aujourd’hui, malgré l’industrialisation croissante de certaines provinces, les régions montagneuses conservent une grande diversité ethnique et culturelle.
Fiche pays VIETNAM
1. Hanoï
Hanoï, capitale du Vietnam, offre un visage complexe et séduisant où se rencontrent l’héritage chinois, l’empreinte française et l’énergie d’une métropole asiatique en pleine mutation. Plus préservée que d’autres grandes villes du pays des transformations brutales de la seconde moitié du XXe siècle, elle conserve encore une grande cohérence urbaine. Ses avenues ombragées, ses lacs, ses temples et ses bâtiments coloniaux composent un décor singulier. Cette ville en perpétuel mouvement sait pourtant préserver une profondeur historique rare. Elle apparaît ainsi comme un concentré de mémoire vietnamienne autant qu’un laboratoire du présent.
Le cœur de la ville s’organise autour du lac Hoàn Kiếm, véritable centre affectif et paysager de Hanoï. Ce plan d’eau, lié à la légende de l’épée restituée au roi Lê Lợi par une tortue géante, donne à la capitale son espace de respiration le plus célèbre. Les promeneurs y croisent sportifs matinaux, familles, lecteurs solitaires et jeunes gens venus profiter des rues piétonnes du week-end. Sur l’eau se détachent la tour de la Tortue et l’île du temple Ngọc Sơn, accessible par le rouge pont du soleil levant. Tout autour, la ville mêle agitation urbaine et scènes de calme inattendu.
Non loin de là, le quartier ancien et les secteurs coloniaux forment l’un des ensembles les plus attachants de la capitale. La cathédrale Saint-Joseph, avec sa silhouette néogothique, rappelle le passé français de la ville, tandis que le raffinement des façades anciennes prolonge cette ambiance historique. La monumentalité élégante de l’opéra de Hanoï, construit au début du XXe siècle, s’inscrit dans le même héritage. Les rues proches du centre révèlent un tissu dense de commerces, de cafés et de bâtiments officiels où les influences orientales et occidentales se répondent sans cesse.
Le pouvoir politique et symbolique du Vietnam contemporain s’exprime avec force dans le secteur de Ba Đình. S’y trouve le mausolée d’Hô Chi Minh, vaste monument solennel où repose le dirigeant vietnamien, dans une mise en scène inspirée des grands mausolées socialistes. À proximité immédiate s’élèvent le musée Hô Chi Minh, le vestige d’Hô Chi Minh dans l’enceinte du palais présidentiel, ainsi que le palais présidentiel, visible seulement de l’extérieur.
Dans ce même secteur, la petite pagode à un seul pilier apporte un contraste saisissant avec la monumentalité des édifices officiels. Reconstituée après les destructions de guerre, elle demeure l’un des symboles les plus connus de Hanoï grâce à sa structure posée sur un unique pilier de pierre au milieu d’un bassin. Son origine remonte au XIe siècle et l’édifice reste associé à un rêve impérial et à la naissance d’un héritier attendu. Non loin, les jardins et les allées permettent de mieux percevoir la densité symbolique de ce quartier. Ici, le religieux, le politique et l’historique se croisent en permanence.
Parmi les hauts lieux intellectuels de la ville, le temple de la littérature occupe une place centrale. Fondé au XIe siècle, il fut la première université du pays et demeure aujourd’hui l’un des ensembles monumentaux les plus emblématiques de la culture lettrée vietnamienne. Ses cours successives, ses pavillons, ses bassins et surtout ses stèles de pierre posées sur des tortues témoignent du prestige accordé autrefois aux examens impériaux. Le site ne se limite pas à sa beauté architecturale : il incarne la valeur accordée au savoir et à la transmission.
La ville est également riche d’un patrimoine religieux extrêmement varié. La pagode Trấn Quốc, sur une île proche du lac de l’Ouest, est considérée comme le plus ancien temple bouddhiste de la capitale. La pagode Quán Sứ, siège du bouddhisme vietnamien, souligne quant à elle le rôle spirituel de la ville dans l’organisation religieuse nationale. Le somptueux temple de l’Empereur de Jade, les temples chinois de Cholon, ou encore le temple Mariamman rappellent la diversité des influences présentes au fil des siècles.
Cette richesse religieuse se retrouve aussi dans les quatre temples sacrés de l’ancienne Thăng Long. Le temple de Bạch Mã, le temple de Quán Thánh, le temple Voi Phục et le sanctuaire Kim Liên furent édifiés aux points cardinaux de la cité impériale afin de la protéger. Même si les remparts ont disparu depuis longtemps, ces sanctuaires continuent de matérialiser l’ancien ordre symbolique de la capitale. Ils constituent une lecture précieuse du rapport entre espace urbain, pouvoir royal et cosmologie vietnamienne.
Les musées de Hanoï offrent un autre accès à cette profondeur historique. Le musée national de l’histoire vietnamienne retrace le passé du pays de la préhistoire à l’époque contemporaine à travers deux ensembles complémentaires. Le musée des femmes vietnamiennes est souvent considéré comme l’un des plus instructifs de la ville grâce à ses expositions claires sur le rôle des femmes, les traditions familiales et les héroïnes nationales. Le musée des Beaux-Arts rassemble pour sa part des œuvres bouddhiques, des tambours de bronze, des peintures sur laque et sur soie, ainsi qu’un important corpus d’art révolutionnaire.
Plus loin du centre, d’autres établissements enrichissent encore cette lecture. Le musée d’ethnologie figure parmi les visites majeures pour qui souhaite saisir la diversité des peuples du Vietnam, avec ses maisons traditionnelles reconstituées et ses expositions d’une grande qualité pédagogique. Le musée d’histoire militaire du Vietnam, récemment transféré dans un vaste complexe moderne, expose véhicules, avions, armes et documents sur près de deux millénaires d’histoire militaire. Le musée de Hanoï propose une synthèse plus locale, tandis que le musée de l’Armée de l’Air conserve plusieurs appareils historiques.
L’histoire de guerre reste visible dans plusieurs sites particulièrement marquants. La prison de Hỏa Lò, surnommée autrefois le « Hilton de Hanoï », évoque d’abord la répression coloniale française avant d’aborder la période des prisonniers de guerre américains. Le lac B-52 conserve l’épave d’un bombardier abattu en 1972, image concrète de la violence aérienne subie par la ville. Le mémorial des avions abattus rappelle pour sa part la capture du pilote américain John McCain sur les rives du lac Trúc Bạch.
Le patrimoine monumental ne se limite pas aux édifices religieux ou aux musées. La citadelle de Hanoï, aujourd’hui classée par l’Unesco sous le nom de secteur central de la citadelle impériale de Thăng Long – Hanoï, rappelle le rôle de la ville comme centre du pouvoir vietnamien pendant des siècles. La tour du drapeau de Hanoï en constitue l’un des repères visuels les plus connus. S’y ajoutent le majestueux palais présidentiel, l’ancien hôtel de ville devenu siège administratif, ainsi que divers monuments, tels que le monument du vénérable Thich Quảng Đức ou la statue et parc de Lý Thái Tổ.
Les lacs jouent un rôle fondamental dans l’équilibre urbain de la capitale. Le lac de l’Ouest, vaste et bordé d’hôtels, de jardins et de pagodes, constitue l’un des espaces résidentiels les plus recherchés de la ville. Le plus discret lac Trúc Bạch, voisin, possède une histoire plus sombre et une ambiance plus intime, malgré une pollution visible. Le lac Thiền Quang et d’autres pièces d’eau plus modestes prolongent cette relation profonde entre la ville et ses miroirs liquides.
La vie quotidienne de la capitale s’exprime aussi dans ses parcs et ses lieux d’animation populaire. Le parc de Lénine, la statue et parc de Lý Thái Tổ ou les abords du lac Hoàn Kiếm deviennent à certaines heures des scènes ouvertes où se mêlent danse, badminton, tai-chi, jeux d’enfants et conversations improvisées. La célèbre rue du train de Hanoi, au nord comme au sud de la gare, témoigne d’un autre visage de la ville, plus spectaculaire et plus fragile, où les cafés vivent au rythme du passage des locomotives.

2. Bắc Hà
Située dans les montagnes du nord-ouest du Vietnam, près de la frontière chinoise du Yunnan, Bắc Hà est une petite ville réputée pour sa diversité culturelle et ses paysages de moyenne montagne. La région est habitée par de nombreuses minorités ethniques, notamment les H’Mong, les Tày et les Phù Lá, dont les traditions façonnent encore fortement la vie locale. Beaucoup de voyageurs visitant Sa Pa choisissent d’inclure Bắc Hà dans leur itinéraire afin de découvrir une atmosphère plus authentique et rurale. La ville possède également plusieurs vestiges historiques et culturels témoignant de son passé colonial et de son rôle administratif dans les montagnes du nord du Vietnam.
L’un des monuments les plus remarquables est le manoir Hoang A Tuong, souvent appelé la « maison du roi H’Mong ». Construit entre 1919 et 1921 pour Hoang Yen Chao et son fils Hoang A Tuong, chefs locaux soutenus par l’administration coloniale française, ce vaste bâtiment combine architecture asiatique et influences européennes. Restauré aujourd’hui selon son plan d’origine, il conserve encore plusieurs objets anciens, dont des bancs traditionnels et un miroir chinois. Non loin de là se trouve le temple Bac Ha, construit au XIXᵉ siècle et dédié au général Vu Van Mat, héros historique qui défendit la région montagneuse contre les envahisseurs.
La ville possède aussi plusieurs sites naturels et archéologiques intéressants. L’ancienne citadelle Trung Do rappelle l’histoire militaire de la région, tandis que la spectaculaire grotte du Dragon de Ta Van Chu attire les amateurs de paysages karstiques. À proximité, le village écotouristique de Ta Van Chu Mong et la montagne des Trois Mères et des Enfants offrent de magnifiques panoramas sur les vallées environnantes. Les visiteurs peuvent également explorer la grotte de Fairy Valley, la grotte de Phinh du Poumon ou encore admirer les paysages autour de la montagne des fées.
La vie culturelle de Bắc Hà s’exprime également à travers ses villages traditionnels. Le village culturel de Lung Phinh Phu La et le village touristique de Ban Pho permettent de découvrir l’artisanat local, notamment le tissage de brocart et la production du célèbre vin de maïs des H’Mong. La région organise aussi plusieurs événements traditionnels, dont le festival San San, célébrant la descente aux champs au printemps, et la célèbre course hippique traditionnelle de Bắc Hà, organisée chaque année en juin.
Les paysages naturels autour de la ville sont également remarquables. La vallée des fleurs de Giang Pho, la forêt de Samu Lau Thi Ngai ou encore les collines autour du mont Co Tien abritent un centre de recherche sur les arbres fruitiers tempérés. La région est également parcourue par la rivière Chay, qui offre des possibilités de tourisme fluvial et de découverte des villages environnants.
Cependant, l’attraction la plus célèbre de la ville reste le marché de Bắc Hà, également appelé marché du dimanche de Bắc Hà. Ce vaste marché montagnard, considéré comme l’un des plus colorés d’Asie du Sud-Est, rassemble chaque semaine des populations venues de toute la région. S’y trouvent textiles brodés, bijoux traditionnels, objets artisanaux et produits agricoles. Les étals de nourriture proposent notamment le célèbre ragoût thang co, spécialité locale très appréciée. Les marchés voisins, comme le marché Coc Ly, le marché Ban Lien ou le marché aux buffles de Lung Phin, complètent cette immersion dans la vie des minorités des montagnes du nord.

3. Cẩm Phả
Située dans la province de Quảng Ninh, au nord du Vietnam, Cẩm Phả est une ville portuaire du delta du fleuve Rouge connue à la fois pour son activité minière et pour ses paysages maritimes. Elle compte près de deux cent mille habitants et s’étend le long de la baie de Bái Tử Long, dont les formations karstiques spectaculaires rappellent les formations de la célèbre baie d’Hạ Long. Si l’exploitation du charbon a longtemps dominé l’économie locale, la ville cherche aujourd’hui à développer un tourisme fondé sur ses paysages naturels et ses sites historiques.
Le monument le plus célèbre de la région est le temple Cửa Ông, dédié au général Trần Quốc Tảng, héros du XIIIᵉ siècle appartenant à la dynastie Trần. Ce temple, situé sur les hauteurs dominant la baie, constitue un lieu de pèlerinage très important pour les habitants. Il abrite également un mausolée considéré comme celui du général. Chaque année, un grand festival religieux y est organisé au début de l’année lunaire et attire des dizaines de milliers de fidèles venus de tout le nord du Vietnam.
Parmi les sites historiques majeurs figure aussi le site historique de Vũng Đục, un ensemble de paysages et de grottes classé patrimoine provincial. S’étendant sur environ un kilomètre carré, ce site associe reliefs calcaires, cavernes et temples discrets. La grotte Hang Hanh, l’une des plus spectaculaires de la région, peut être explorée en bateau ou en suivant un passage traversant la montagne.
La ville possède également plusieurs îles et paysages maritimes remarquables. L’île de Rều, souvent appelée « île des singes », abrite un centre d’élevage de macaques destiné à la recherche médicale et constitue aujourd’hui une destination touristique originale. L’île de Thẻ Vàng et les îlots de la baie offrent également des panoramas spectaculaires sur la mer et les formations karstiques environnantes.
Cẩm Phả développe aussi de nouvelles infrastructures touristiques autour de ses plages et de ses sources thermales. La plage de Luong Ngoc, récemment mise en valeur, accueille désormais un complexe touristique comprenant notamment le Tuan Mai Resort. Non loin de là, la plage de Quang Hong attire de plus en plus de visiteurs grâce à ses paysages encore préservés.
Au centre de la ville, la tour de l’horloge centrale de Cẩm Phả, située à l’intersection des rues Tran Phu et Bai Tu Long, constitue un repère urbain emblématique. Elle symbolise la transformation progressive de la ville, qui passe d’une cité minière industrielle à une destination touristique tournée vers la découverte de la baie et de ses paysages naturels.

4. La baie de Bai Tu Long
La baie de Bai Tu Long, située dans le golfe du Tonkin au nord-est du Vietnam, constitue l’un des plus beaux paysages maritimes du pays. Moins fréquentée que la célèbre baie d’Hạ Long, elle offre pourtant un décor naturel tout aussi spectaculaire composé de centaines d’îles calcaires surgissant de la mer. La baie s’étend dans la province de Quảng Ninh, notamment dans la zone économique spéciale de Van Don, et forme un vaste ensemble de formations karstiques datant d’environ 300 millions d’années.
Le paysage de la baie est composé d’îles calcaires et d’archipels appartenant à l’archipel de Van Hai. L’érosion karstique a façonné ces reliefs spectaculaires qui évoquent parfois une aquarelle naturelle faite de mer et de pierre. Parmi les formations les plus remarquables figurent les archipels Cap Ky Nhay et Cap Ky Gia, ainsi que plusieurs îles emblématiques comme Hon Chong, Hon Van Don, Hon On, Hon Ba Sao ou encore le mont Chan Nghia.
Certaines îles de la baie sont habitées et possèdent une vie communautaire active. Les îles Quan Lan, Minh Chau, Ngoc Vung, Dong Chen et The Vang abritent des villages où les habitants vivent principalement de la pêche, de l’agriculture et de l’élevage. Ces communautés offrent aux visiteurs un aperçu de la vie maritime traditionnelle du nord du Vietnam.
La baie possède également plusieurs grottes karstiques impressionnantes. Parmi elles, la célèbre grotte Quan, aussi appelée « grotte de la Marine », servait autrefois d’abri aux navires pendant les tempêtes. Les reliefs calcaires abritent ainsi de nombreuses cavernes et passages souterrains qui témoignent de l’histoire géologique complexe de la région.
L’histoire de la baie de Bai Tu Long est également liée aux grandes périodes du passé vietnamien. Le port de Van Don, actif dès la dynastie Ly, fut pendant des siècles un centre commercial international fréquenté par des marchands venus de Chine, du Siam, d’Inde, du Japon et du Moyen-Orient. La baie fut aussi le théâtre de la victoire du général Tran Khanh Du contre la flotte mongole en 1288.
La région conserve enfin plusieurs monuments historiques importants, comme le temple Cua Ong, la citadelle de la dynastie Mac située sur l’île Ngoc Vung, le pic Quan Lan ou encore la célèbre pagode aux cent pièces du district de Van Don.

5. Cao Bằng
Située dans le nord du Vietnam, à proximité de la frontière chinoise, Cao Bằng est la capitale de la province du même nom. Bien que la ville elle-même reste modeste, elle constitue une base idéale pour explorer les paysages karstiques spectaculaires de la région. Les voyageurs y découvrent une atmosphère paisible, loin des grands centres touristiques du littoral vietnamien. La ville possède également plusieurs monuments, dont la place du monument du Président Hô Chi Minh, ainsi que plusieurs temples et églises historiques.
Parmi les monuments religieux de la ville figurent la citadelle de Bản Phủ, associée à la légende du roi An Dương Vương, la pagode Đống Lân, dédiée au héros mythique Thạch Sanh, ainsi que la pagode Đà Quận située dans la commune de Hưng Đạo. La ville abrite également le temple Ky Sam dans la commune de Vinh Quang, ainsi que les églises Thanh Son et Cao Binh, appartenant au diocèse de Lang Son.
Les environs de Cao Bằng sont surtout célèbres pour leurs paysages naturels spectaculaires. Le paisible lac Thang Hen, entouré de montagnes, constitue l’une des destinations les plus appréciées. Pendant la saison des pluies, le lac se remplit et offre un spectacle particulièrement impressionnant. Les visiteurs peuvent également se promener dans les montagnes environnantes et rencontrer des agriculteurs et bergers appartenant aux minorités locales.
Le site naturel le plus célèbre de la région est la spectaculaire cascade de Ban Gioc, la plus grande cascade du Vietnam. Située à environ 90 kilomètres de la ville, à la frontière entre le Vietnam et la Chine, cette chute d’eau de plus de cent mètres de largeur se divise en plusieurs niveaux entourés de formations karstiques. Les visiteurs peuvent descendre la rivière en radeau jusqu’au pied des chutes et admirer le paysage partagé entre les deux pays.
À proximité des cascades se trouve la magnifique grotte de Nguom Ngao, célèbre pour ses formations de stalactites et stalagmites. Cette vaste cavité karstique s’étend sur plusieurs kilomètres et possède d’immenses salles souterraines impressionnantes. L’ensemble constitue l’un des paysages souterrains les plus remarquables du nord du Vietnam.
La région possède également une importance historique majeure grâce au site de Pac Bo, situé à une cinquantaine de kilomètres de la ville. Ce lieu marque le point de départ de la célèbre route Ho Chi Minh et constitue un site emblématique de la révolution vietnamienne. Les voyageurs peuvent aussi explorer la montagne de l’Œil de Dieu, située dans le géoparc mondial Unesco de Non-Nuoc Cao Bang, ainsi que la vallée de Phong Nam et la colline d’herbes brûlées de Ba Quang, qui offrent des paysages ruraux spectaculaires.
6. Chutes de Ban Gioc (Nord du pays)
Les chutes de Ban Gioc, situées dans la province de Cao Bằng, constituent la plus grande cascade du Vietnam et l’une des plus impressionnantes d’Asie du Sud-Est. Elles se trouvent à la frontière entre le Vietnam et la Chine, la rivière marquant la séparation entre les deux pays. Le site est entouré de montagnes karstiques spectaculaires qui forment un cirque naturel d’une grande beauté. Depuis la ville de Cao Bằng, il faut environ quatre heures de route pour atteindre ce paysage spectaculaire.
La cascade principale s’élève à environ trente mètres de hauteur et s’étend sur plus de cent mètres de largeur. Les chutes sont divisées en plusieurs niveaux séparés par des formations rocheuses, créant un spectacle particulièrement impressionnant pendant la saison des pluies. Durant la saison sèche, le débit est plus calme mais le paysage reste tout aussi remarquable.
Le site peut être atteint en traversant le col de Ma Phuc puis les villages de Quang Uyen et Trung Khanh. La route qui mène à la cascade est réputée pour être l’une des plus belles du Vietnam, offrant des panoramas spectaculaires sur les montagnes et les rizières du nord du pays.
À proximité des chutes se trouve la spectaculaire grotte de Ngom Ngao, l’une des plus belles grottes du Vietnam après la grotte de Phong Nha. Cette immense cavité karstique s’étend sur environ trois kilomètres et comprend une salle souterraine de plus de cent mètres de long ornée de stalactites impressionnantes.
Le site possède également une dimension culturelle importante. La pagode Truc Lam Ban Gioc, construite sur le mont Phia Nham, domine la cascade et offre une vue panoramique spectaculaire sur la vallée. Elle comprend plusieurs bâtiments traditionnels comme la porte principale, le pavillon du bodhisattva et le hall principal.
7. La grotte de Nguom Ngao
Située dans le village de Gun, commune de Dam Thuy, district de Trung Khanh, province de Cao Bang, la grotte de Nguom Ngao est l’un des plus beaux sites souterrains du nord du Vietnam. Nichée au cœur d’une montagne et à seulement quelques kilomètres de la cascade de Ban Gioc, elle est souvent visitée juste avant ou juste après les chutes. Cette proximité en fait une étape presque incontournable dans tout itinéraire régional. La grotte impressionne immédiatement par sa grandeur et par la richesse de ses formations minérales. Elle fait aujourd’hui partie des merveilles naturelles majeures de la province.
Son nom vient de la langue Tày, dans laquelle Nguom Ngao signifie « grotte des tigres ». Selon la légende, de nombreux tigres auraient autrefois vécu dans cet espace souterrain, ce qui lui a aussi valu une aura mystérieuse dans l’imaginaire local. Les locaux l’appellent également parfois la « grotte du vent ». Elle fut découverte fortuitement en 1921 par les autorités françaises lors d’une visite à Ban Gioc, puis ouverte au public seulement en 1996. Cette histoire relativement récente explique qu’elle ait longtemps conservé un caractère peu fréquenté et presque secret.
La grotte s’étend sur environ deux kilomètres et possède trois entrées principales : Nguom Lom, Ban Thuon et l’entrée du village de Gun, qui est aujourd’hui l’accès principal pour les visiteurs. Seule une partie d’environ un kilomètre est ouverte à la visite, tandis que le reste demeure inaccessible ou encore peu aménagé. Cet inachèvement renforce d’ailleurs l’impression d’immensité et de mystère qui caractérise Nguom Ngao. En basse saison, il arrive même que les visiteurs aient la grotte presque pour eux seuls. L’expérience devient alors particulièrement intense.
Dès les premiers pas, la grotte révèle un monde minéral d’une étonnante richesse. Stalactites et stalagmites y prennent des formes multiples, parfois fines et délicates, parfois massives et monumentales. Les visiteurs reconnaissent souvent des silhouettes humaines, des animaux, des arbres ou des figures mythiques dans ces sculptures naturelles façonnées par des millions d’années d’érosion. Parmi les formations les plus célèbres, sont citées le trône au lotus renversé, l’arbre de corail, le bateau, la cascade d’or et d’argent, le pilier solitaire, le crapaud ou encore la tablette de pierre. La grotte apparaît ainsi comme une galerie naturelle de chefs-d’œuvre minéraux.
Au fond de Nguom Ngao, le décor devient encore plus spectaculaire. Certains passages se resserrent au point de ne laisser passer qu’une seule personne, et il faut parfois se baisser sous une stalactite pour poursuivre le chemin. Cette progression, entre salles vastes et étranglements soudains, donne à la visite un rythme très vivant. L’un des traits les plus étonnants du site réside dans ses formations calcaires rappelant des champs en terrasses, comme si la montagne reproduisait à l’intérieur les paysages agricoles de la région. Cette singularité contribue beaucoup à la renommée de la grotte.
La température intérieure, comprise entre 18 et 25 degrés, offre une fraîcheur très appréciable en été et une douceur agréable en hiver. Des guides peuvent, en option, montrer aux visiteurs les formations les plus remarquables, ainsi que certains gîtes de chauves-souris. Reconnue comme relique nationale en 1998, la grotte de Nguom Ngao est aujourd’hui considérée comme l’une des plus grandes et des plus belles grottes du Vietnam. Avec la cascade de Ban Gioc, elle compose un tandem naturel exceptionnel, qui résume à lui seul la puissance paysagère de la province de Cao Bang.

8. Cổ Loa
Aujourd’hui petite ville moderne au nord-est de Hanoï, Cổ Loa est surtout connue comme l’une des plus anciennes capitales du nord du Vietnam. Pour les passionnés d’histoire, le site possède une importance exceptionnelle, même s’il reste encore peu fréquenté par les visiteurs étrangers. Sa proximité immédiate avec Hanoï en fait pourtant une excursion de premier ordre pour qui s’intéresse à la formation des premiers États vietnamiens. Le passé s’y affleure moins par des monuments spectaculaires que par des formes de terrain, des remparts et une mémoire culturelle très ancienne. Cổ Loa séduit ainsi par sa profondeur historique plus que par son apparat.
Le meilleur point d’entrée dans la visite est sans doute le musée de Cổ Loa, situé au carrefour principal, juste au nord de la gare routière, à l’extrémité sud de l’ancienne citadelle. Ce musée présente les différentes périodes du site, son organisation ancienne et plusieurs objets liés aux fouilles archéologiques. Les explications peuvent sembler inégales et certaines vitrines contiennent des répliques, mais l’ensemble reste très utile pour comprendre la logique du lieu.
Le cœur du site réside dans l’ancienne citadelle, que les archéologues considèrent comme « la citadelle la plus ancienne, la plus grande et la plus originale » de l’histoire des fortifications vietnamiennes antiques. Les anciens remparts de terre sont encore bien conservés et forment deux grands anneaux concentriques autour du centre de la ville. De petits temples sont perchés sur ces levées, portant le nom d’anciennes portes comme la « porte sud-ouest ». Le terrain sinueux, les fossés, les remparts et les douves rappellent un système défensif très élaboré. L’ensemble révèle une maîtrise technique remarquable pour une période aussi ancienne.
À l’intérieur du complexe se trouvent aussi plusieurs lieux de culte. Le plus important est le temple An Duong Vuong, dédié au souverain fondateur légendaire associé à Cổ Loa. Deux autres temples anciens sont également présents: l’un, précédé d’un vaste bassin circulaire utilisé lors des courses de bateaux pendant les fêtes, conserve des stèles gravées de caractères chinois ; l’autre joue davantage le rôle de centre bouddhiste villageois. Aucun ne remonte directement à l’époque de la cité antique, mais tous participent à la continuité religieuse du lieu. Chaque année, le sixième jour du premier mois lunaire, une grande cérémonie y rend hommage aux ancêtres bâtisseurs et à An Duong Vuong.
Le site est aussi fondamental sur le plan archéologique. Les fouilles ont mis au jour de nombreuses tombes anciennes, des dizaines de milliers de pointes de flèches en bronze à trois tranchants, des moules de fabrication, des haches, des tambours de bronze et même des tuiles tubulaires. Ces découvertes confirment à la fois la puissance militaire et le raffinement culturel du centre politique ancien. Les murs de soutènement en pierre, les céramiques disséminées et la complexité des fortifications témoignent d’un niveau technique impressionnant.
Enfin, la visite conserve un charme très concret, presque rural. Il suffit d’observer les champs encore labourés par des buffles d’eau pour sentir le lien entre le paysage actuel et le monde ancien du delta. La marche reste le meilleur moyen de découvrir Cổ Loa, car la plupart des temples se trouvent à moins de vingt minutes de la gare routière. Les tombes visibles aux alentours sont modestes, mais le relief lui-même raconte déjà beaucoup. Classé monument national spécial en 2012 et reconnu comme l’une des 21 zones touristiques nationales du Vietnam, Cổ Loa demeure un lieu rare, où l’histoire ancienne se lit encore dans les courbes de la terre.

9. Diên Biên Phủ
Située dans le nord-ouest du Vietnam, Diên Biên Phủ est avant tout connue pour l’une des batailles les plus décisives du XXe siècle en Asie. Dans cette vallée encaissée, les forces du Việt Minh, commandées par le général Võ Nguyên Giáp, infligèrent en 1954 une défaite majeure à l’Union française. Le siège dura cinquante-sept jours, du 13 mars au 7 mai, et ouvrit la voie à la fin de la présence coloniale française en Indochine. Aujourd’hui, la ville compte environ 80 000 habitants et sert de base pratique pour visiter les vestiges liés à cette bataille. Même si la cité elle-même n’est pas monumentale, son nom reste chargé d’une force historique considérable.
Parmi les lieux les plus importants figure le bunker de commandement français, situé à l’ouest de la rivière Ron. Reconstruit et protégé sous plexiglas, il demeure l’un des vestiges les plus évocateurs de la bataille. L’histoire y associe naturellement le nom du général de Castries, commandant français pendant le siège. Non loin de là, le mémorial de guerre français, soigneusement entretenu, offre un lieu d’émotion particulier. La petite stèle dédiée aux morts français, érigée par un ancien légionnaire, rappelle combien la mémoire du site reste aussi personnelle qu’officielle.
Les positions fortifiées les plus célèbres se trouvent de l’autre côté de la vallée. Le point fort Elaine, correspondant à la colline A1 Eliane, est l’un des sites les plus marquants. Il s’y trouve encore des tranchées bétonnées, et surtout l’immense cratère laissé par la mine placée sous les positions françaises par les combattants vietminh. Le cimetière des soldats vietnamiens, adjacent à Eliane 2 (A1), donne à la visite une profondeur humaine immédiate. La colline D1, près des marchés centraux, se distingue quant à elle par son escalier monumental, son mur commémoratif, sa statue et son remarquable panorama à 360 degrés sur la vallée.
Pour comprendre l’ensemble de la bataille, il est conseillé de visiter d’abord le musée historique de la Victoire, aussi appelé parfois musée de la Victoire de Điện Biên Phủ. Très récent, il constitue une excellente introduction aux différents sites dispersés dans la ville et la vallée. Le monument de la Victoire de Dien Bien Phu complète cette lecture commémorative, tout comme la place Him Lam, située sur la rue Tran Dang Ninh, où se trouvent aussi un supermarché, un marché de restauration et un bar près de la rivière.

10. Haiphong
Haiphong ou Hai Phong est l’une des grandes villes du nord du Vietnam et la plus importante du delta du fleuve Rouge, vaste plaine alluviale qui a joué un rôle déterminant dans l’histoire politique, agricole et commerciale du pays. Forte de plus de deux millions d’habitants dans son centre urbain, la ville s’est développée comme un grand port tourné vers la mer, mais aussi comme une porte d’accès vers les îles et les littoraux du nord-est. Son passé est marqué par les échanges coloniaux, les conflits armés et un rôle ancien dans les circulations commerciales avec le Yunnan chinois. Aujourd’hui encore, Haiphong conserve cette double identité, à la fois portuaire et continentale, industrielle et touristique.
Le centre-ville garde plusieurs repères patrimoniaux qui racontent cette histoire urbaine. L’élégant opéra de Haïphong, monument emblématique du cœur colonial, demeure l’un des symboles les plus connus de la ville. Non loin de là, la cathédrale de Haïphong affirme la présence du patrimoine chrétien dans le paysage urbain, tandis que la gare de Haïphong rappelle l’importance stratégique des liaisons ferroviaires entre le port et l’intérieur du pays. Le musée de la ville de Hai Phong, installé au 11 Đinh Tiên Hoàng, permet de mieux comprendre l’évolution historique et culturelle locale. S’y ajoutent le musée historique mentionné parmi les repères centraux et le centre communautaire Hang Kenh, qui participent à la lecture patrimoniale de la ville.
La dimension religieuse de Haiphong est particulièrement riche et se découvre à travers un réseau dense de temples, sanctuaires et pagodes. La célèbre pagode Du Hang, l’une des plus connues de la ville, compte parmi les visites essentielles pour saisir l’atmosphère spirituelle de la cité. D’autres lieux de culte importants complètent cet ensemble, comme la pagode Rouge, la pagode Cao Linh, la pagode Hang, la pagode Pho Chieu, la pagode Ve et la pagode An Duong. Le patrimoine religieux local ne se limite pas au bouddhisme, car la ville conserve aussi des sanctuaires profondément enracinés dans les traditions historiques vietnamiennes.
Parmi les sanctuaires les plus célèbres figurent le temple Nghè, dédié au général Lê Chân, considéré comme le fondateur de l’actuelle ville de Hải Phòng, ainsi que le temple Tam Ky, consacré au troisième seigneur des Thoai Phu. Le temple Ngo Quyen, également appelé temple Luong Xam, honore le roi Ngo Quyen, vainqueur des Han du Sud sur la rivière Bach Dang en 938, et s’accompagne de la plus grande statue de Ngo Quyen à Haiphong. Le temple Long Son, ou temple Suoi Rong à Do Son, le temple Van Ngang, le temple Ba De, le temple de Phu Xa et le phu Thuong Doan enrichissent encore ce paysage cultuel. Il est possible d’y ajouter le banian à treize racines, le temple Tien Nga et le jardin fleuri en diagonale, liés au culte local de la princesse Vu Quan Quyen Hoa.
Au-delà du centre, les musées spécialisés permettent d’approfondir différentes facettes de l’histoire régionale et nationale. Le musée de la zone militaire III, situé dans le district de Kien An, rappelle l’importance militaire de la région et l’ancrage stratégique de Haiphong dans l’histoire contemporaine. Le musée naval, dans la commune d’Anh Dung, district de Kien Thuy, s’inscrit logiquement dans une grande ville portuaire dont le destin est lié à la mer. Ce rapport maritime se lit aussi dans le port international de Hai Phong, élément majeur de l’économie locale, mais aussi dans le port du centre-ville, rue Ben Binh, d’où partent les ferries pour Cat Ba.
Le lien entre Haiphong et la mer se prolonge naturellement vers ses grandes destinations littorales. La plus connue est la station balnéaire de Do Son, située à une vingtaine de kilomètres au sud-est de la ville, sur une petite péninsule bordée de plages ombragées par des filaos. Ancien lieu de villégiature pour les rois et les administrateurs coloniaux, Do Son conserve notamment la résidence de Bao Dai, dernier roi de la dynastie vietnamienne. Aujourd’hui, la station balnéaire attire pour ses plages, son unique casino au Vietnam, son golf de niveau international et ses grands complexes touristiques. Les liaisons depuis Lạch Tray permettent d’y accéder facilement, ce qui en fait l’une des échappées les plus populaires depuis la ville.
Plus au large, l’île de Hon Dau et surtout l’archipel de Cat Ba donnent à Haiphong une véritable dimension insulaire. Située à un kilomètre au sud-est de Do Son, Hon Dau séduit par son atmosphère paisible, ses banians centenaires, son temple du Roi de la Mer du Sud et son phare plus que centenaire. L’archipel de Cat Ba, de son côté, constitue l’un des grands trésors naturels du nord vietnamien, avec Cat Ba, la plus grande île d’un ensemble de 366 îles de la baie de Lan Ha, elle-même liée à la baie d’Ha Long. S’y découvrent la baie de Lan Ha, les grottes de Trung Trang, Trung Son et Phu Long, ainsi que le parc national de Cat Ba, refuge du très rare langur à tête dorée. Ce territoire reconnu par l’Unesco comme réserve mondiale de biosphère concentre aujourd’hui une part essentielle du rayonnement touristique de Haiphong.
D’autres sites uniques complètent encore la carte touristique locale, à commencer par Trang Kenh et la spectaculaire montagne des éléphants, aussi appelée Elephant Mountain An Lao ou Núi Voi, dans le district d’An Lao. Cette montagne rocheuse aux formes ondulées rappelle, par sa silhouette, un éléphant couché, ce qui explique son nom. Elle se situe dans les communes de Truong Thanh, An Tien et An Thang, à une vingtaine de kilomètres du centre-ville. La région ne manque pas non plus de lieux de séjour modernes, comme les complexes Song Gia et Camela, la station thermale de Tien Lang, l’éco-resort d’Asie à Hon Dau, ou encore l’île artificielle de Hoa Phuong, conçue comme un nouveau symbole touristique de la ville.
Le patrimoine monumental de la région s’est encore enrichi d’une reconnaissance majeure lorsque, selon les informations fournies, l’Unesco a inscrit en 2025 plusieurs sites proches de Haiphong au sein du complexe Yen Tu-Vinh Nghiem-Con Son, Kiep Bac Complex of Monuments and Landscapes. Cet ensemble comprend notamment le Thai Mieu, le temple de Kiep Bac, la pagode Chua Lan, l’ensemble de vestiges de la pagode Hoa Yen, l’ensemble de vestiges de la pagode de l’ermitage de Ngoa Van, la pagode Vinh Nghiem, la pagode Thanh Mai, la pagode Con Son, la pagode Bo Da, la pagode Nham Duong, la caverne du roi Chu et le parc à piquets de Yen Giang.
Enfin, Haiphong se découvre aussi dans ses usages quotidiens et ses ambiances de marché. Le marché aux légumes et aux poissons et le marché aux fleurs rappellent le rôle nourricier et commerçant de cette grande ville du delta du fleuve Rouge. Les visiteurs peuvent y sentir une énergie plus populaire, moins monumentale, mais tout aussi révélatrice du caractère local.

11. Région de Ninh Binh
La région de Ninh Binh possède l’un des visages les plus saisissants du nord vietnamien. Ses reliefs calcaires sculptés par l’eau, ses vallées noyées, ses rizières et ses rivières lentes lui valent souvent le surnom de « baie d’Ha Long intérieure ». Pourtant, ce paysage n’est pas seulement spectaculaire : il est aussi chargé d’histoire, puisque la région fut l’une des anciennes capitales du Vietnam entre 968 et 1009. À quelques kilomètres à l’ouest de la ville, l’érosion a façonné un univers karstique d’une grande singularité, où les pics émergent de plaines humides et de cours d’eau qui se faufilent entre les roches. Cette fusion de la pierre, de l’eau et de la mémoire donne à Ninh Binh une identité incomparable.
Au cœur de cette région se trouve le complexe paysager de Tràng An, inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco comme bien mixte naturel et culturel. Les fouilles menées dans les grottes ont révélé une présence humaine remontant à près de 30 000 ans, preuve que ces reliefs ont servi d’abri et de territoire de vie depuis des millénaires. Le site patrimonial comprend également Hoa Lư, ancienne capitale du Đại Cồ Việt, dont la position au milieu des grottes étroites, des vallées humides et des voies navigables faisait une citadelle presque imprenable. En 2025, la ville de Ninh Binh et le district de Hoa Lư ont officiellement fusionné pour former la ville de Hoa Lư, même si, pour les voyageurs, l’usage de Ninh Binh reste encore très courant.
La région de Tam Cốc constitue souvent le premier grand choc esthétique du séjour. Elle se découvre idéalement à vélo ou à l’arrière d’une moto, tant les petites routes rurales s’accordent à la douceur du paysage. L’excursion en barque de Tam Cốc demeure l’une des expériences les plus emblématiques : depuis le village de Van Lam, les rameurs glissent entre les rizières et les pitons karstiques, puis traversent les trois grottes naturelles de Hang Cả, Hang Hai et Hang Ba. Les parois calcaires se dressent au-dessus de l’eau avec une verticalité impressionnante, tandis que la rivière Ngô Đồng serpente dans un calme presque irréel. Le matin et la fin d’après-midi offrent la lumière la plus belle et l’atmosphère la plus paisible pour cette promenade.
Tout près, la pagode Bích Động est l’un des plus beaux ensembles religieux de la région. Construite dans une montagne calcaire au XVe siècle sous le règne de Le Thai To, elle rassemble trois temples superposés : inférieur, médian et supérieur. Le temple inférieur conserve une pierre sonore et une empreinte de Bouddha, tandis que le temple du milieu abrite une cloche ancienne, une grotte et des piliers vibrants. Le temple supérieur, plus discret, récompense l’ascension par une vue admirable sur la campagne environnante, particulièrement belle au coucher du soleil. À proximité, la vallée Cachée (grotte Secrète), ou Dộng Thiên Cung, ouvre un autre visage du site : une petite vallée peu fréquentée, accessible en bateau, avec une grotte profonde, des fossiles et d’étranges concrétions observées lors d’une visite plus intime.
La grotte de Mua (Hang Múa) offre une expérience différente, plus physique mais tout aussi mémorable. Les cinq cents marches qui mènent aux deux points de vue panoramiques en font l’un des lieux les plus photographiés de la région. Du premier sommet, un petit temple domine Tam Cốc, ses rizières et son vaste champ de lotus ; du second, un long dragon de pierre semble veiller sur toute la campagne de Ninh Binh. Le site impressionne moins par la grotte elle-même que par la force de ses vues. Plus loin, le parc ornithologique de Thung Nham, ou vallée des oiseaux de Thung Nham, mêle quant à lui grotte aux chauves-souris, promenade en bateau, jardins fleuris, ponts de bambou et observation des oiseaux, dans une atmosphère plus végétale et familiale.
L’autre grand pôle de visite est le pôle de Bái Đính et de l’ancienne capitale. Le vaste temple Bái Đính (Chùa Bái Đính), à 11 kilomètres au nord-ouest de Ninh Binh, est le plus grand complexe bouddhiste du Vietnam et abrite la plus haute tour-pagode du pays. De jour, l’ensemble impressionne par sa taille et par l’ampleur de ses esplanades ; de nuit, ses bâtiments illuminés offrent un spectacle particulièrement majestueux. Non loin de là, Hoa Lư ancienne capitale (Cố Dô Hoa Lư) rappelle le rôle fondateur de la région dans l’histoire du Vietnam. S’y découvrent le temple de Đinh Tiên Hoàng, le temple du roi Lê Đại Hành, la pagode Nhất Trụ et le tombeau de Đinh Tiên Hoàng, tandis que la grotte de Xuyên Thủy peut compléter la visite par une courte excursion fluviale.
La région élargie réserve enfin d’autres découvertes, souvent moins fréquentées mais précieuses. Le temple de la grotte Hoa Son (Chùa Và Dộng Hoa Sơn), l’île de Khe Coc, ancien décor de Kong: Skull Island reconverti en musée culturel à ciel ouvert, la grotte et pagode de Dich Long et la grotte de Van Trinh (Dộng Vân Trình) prolongent l’exploration karstique. Dans la réserve naturelle de Vân Long, les paysages d’eau et de roches prennent un aspect plus silencieux, plus sauvage aussi. Plus loin encore, le sanctuaire des ours Ninh Binh sensibilise à la protection animale, tandis que la cathédrale de Phat Diem, dans le village de Kim Son, surprend par ses dimensions et son style oriental.

12. Le complexe paysager de Tràng An
Le complexe paysager de Tràng An s’étend sur la rive méridionale du delta du fleuve Rouge, dans la province de Ninh Binh, et compose l’un des plus grands chefs-d’œuvre naturels du Vietnam. Surnommé la « baie d’Hạ Long terrestre », il réunit des pitons karstiques, des vallées parfois immergées, des falaises presque verticales et un impressionnant réseau de grottes inondées. Cette organisation du relief donne au site une allure unique : l’eau ne sépare pas les rochers comme en mer, mais circule entre eux dans une campagne intérieure habitée, cultivée et sacrée. Le complexe paysager de Tràng An comprend notamment Tam Cốc – Bích Động, l’ancienne capitale Hoa Lư et la pagode de Bái Đính. Ses principaux embarcadères sont les embarcadères de Tam Cốc, Van Long et Tràng An.
L’une des forces du site tient à son ancienneté humaine. L’exploration de plusieurs grottes a révélé des traces archéologiques d’environ 30 000 ans, montrant que des chasseurs-cueilleurs ont occupé ce massif et s’y sont adaptés aux grands changements climatiques et environnementaux. Le site couvre 12 252 hectares et rassemble quarante-sept éléments historiques, plus d’une centaine de grottes inondées, ainsi qu’une cinquantaine de cavités profondes d’une dizaine de mètres reliant environ trente petites vallées. La densité patrimoniale y est donc exceptionnelle.
Le complexe paysager de Tràng An conserve aussi la mémoire des grandes dynasties vietnamiennes. Il comprend Hoa Lư, capitale du Vietnam aux Xe et XIe siècles, et plusieurs vestiges liés aux dynasties Đinh, Lê, Lý ou Trần. Parmi eux figurent le palais Hoa Lư, le temple Vua Đinh – Vua Lê, la pagode Bích Động, la pagode Bái Đính, le palais Vũ Lâm, ainsi que les temples Thái Vi, Trần et Suối Tiên. Le pont Hoa Lư, la porte du temple du roi Đinh Tiên Hoàng et le festival de Hoa Lư rappellent que cette mémoire reste toujours vivante dans le paysage contemporain.
Le réseau hydrographique du site participe entièrement à sa magie. Les promenades en barques sur les rivières Ngô Đồng, Tiên, Vọc, Sào Khê, Đền Vối ou Bến Đang permettent de pénétrer dans les vallées et les grottes avec une douceur particulière. Les images les plus célèbres du site montrent d’ailleurs ces ballades en barques, ces mariés sur les flots, ces longues files de rameuses glissant entre les pitons et ces barques touristiques dans une grotte entre deux plans d’eau. L’expérience change selon la lumière, la saison et la hauteur des eaux, mais conserve toujours une dimension presque méditative.
Le monde souterrain de Tràng An est d’une richesse fascinante. S’y trouvent de nombreuses cavités comme les grottes Thiên Hà, Thiên Thanh, Tiên, Tiên Cá, Vái Giời, Thủy Cung, Bụt, Tam Cốc, Tràng An et Sinh Dược. Certaines s’ouvrent sur de petits lacs cachés, d’autres relient des vallées entières, d’autres encore conservent des traces anciennes d’occupation humaine. La sensation de passer de l’ombre fraîche à la lumière d’un nouveau bassin intérieur constitue l’un des grands plaisirs de la visite.
Au-delà des grottes, le complexe paysager de Tràng An réunit aussi une grande variété de paysages ouverts. Les rizières, les villages, les forêts, les lagunes et les vallées participent à un équilibre visuel rare. Des lieux comme la vallée des oiseaux, la vallée du soleil ou la forêt de Hoa Lư montrent combien la région ne se résume pas à la roche et à l’eau. Le paysage à Van Long, souvent plus calme et plus épuré, en offre une autre version, plus silencieuse, tandis que la pagode Hạ et la rivière Ngô Đồng rappellent la façon dont l’architecture religieuse vient s’inscrire dans ce décor.
Le 23 juin 2014, lors de la 38e session du Comité du patrimoine mondial à Doha, le complexe paysager panoramique de Tràng An a été inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco. Cette reconnaissance a confirmé ce que les visiteurs perçoivent immédiatement sur place : la rareté d’un territoire où le relief karstique, l’histoire ancienne, l’archéologie, les rivières et les traditions religieuses forment un ensemble cohérent.

13. Ville de Sa Pa
Perchée à 1 650 mètres d’altitude dans les montagnes du nord-ouest vietnamien, la ville de Sa Pa déploie un visage à la fois spectaculaire et contrasté. Anciennement appelée Chapa, elle compte environ 9 400 habitants, tandis que son district beaucoup plus vaste rassemble une population bien plus importante au cœur d’un territoire montagneux de 677 km². Nichée dans la chaîne de montagnes Hoang Lien Son, près de la frontière chinoise, elle est souvent décrite comme les « Alpes tonkinoises » en raison de son relief abrupt, de son climat frais et de son décor de vallées profondes dominées par de hauts sommets. Malgré l’urbanisation rapide, les grands hôtels et les aménagements touristiques qui ont altéré une partie de son charme, la ville conserve encore des vues saisissantes et sert de porte d’entrée vers certains des plus beaux paysages du Vietnam.
Le centre de Sa Pa reste organisé autour de quelques repères emblématiques qui structurent la découverte. La place Sa Pa, voisine de l’église, est le véritable cœur battant de la ville, un espace vivant où se mêlent habitants, vendeurs, jeunes joueurs de volant-badminton et parfois mêmes petits bals improvisés. À quelques pas se trouve l’église Notre-Dame du Rosaire, aussi appelée église de pierre de Sa Pa, fondée par les Français et construite entre 1926 et 1935. Cet édifice catholique, considéré comme l’un des exemples les mieux conservés de l’architecture coloniale dans la région, est devenu un symbole de la ville. Son style gothique roman, son implantation face à la place et sa silhouette dans la brume lui donnent une présence presque intemporelle.
Autour de ce noyau urbain, quelques lieux permettent de mieux saisir l’identité de la ville. Le musée culturel Sa Pa, situé derrière l’office de tourisme, offre une introduction utile à l’histoire locale, aux traditions des minorités ethniques et aux costumes qui font la singularité de la région. Le lac artificiel de Sa Pa, facilement accessible à pied depuis le centre, adoucit le paysage urbain et propose une halte tranquille, notamment les week-ends lorsque les pédalos sortent sur l’eau. Le marché de Sa Pa et les rues commerçantes voisines donnent quant à eux un aperçu de la vie quotidienne, même si la forte présence des vendeurs de souvenirs et la pression commerciale peuvent parfois fatiguer.
L’un des grands attraits de la ville est le complexe hôtelier Hàm Rồng, à quelques minutes à pied au sud de la place centrale. Ce site aménagé à flanc de colline réunit jardins, belvédères, spectacles de danse et parcours paysagers, dans un ensemble qui met en scène la montagne Hàm Rồng. Le jardin floral de Hàm Rồng y a été conçu en respectant la topographie naturelle du relief, avec des milliers de marches de pierre qui conduisent successivement à un jardin d’orchidées, à un jardin européen, à des bosquets de pêchers et à plusieurs points de vue remarquables. Depuis le sommet, le regard embrasse la ville de Sa Pa, la vallée de Muong Hoa et jusqu’à Ta Phin, parfois enveloppés de brume. Ce promontoire est l’un des meilleurs endroits pour comprendre la géographie spectaculaire de la région.
La puissance du décor tient aussi à la montagne qui domine tout l’ensemble, le pic Fansipan, point culminant du Vietnam et de toute l’Indochine, à 3 147 mètres. Visible depuis la ville lorsque le ciel se dégage, il appartient lui aussi à la chaîne de montagnes Hoang Lien Son, riche en essences précieuses et en faune variée. La forêt nationale de Hoang Lien Son abriterait notamment 136 espèces d’oiseaux, 56 espèces de mammifères et 553 espèces d’insectes, dont plusieurs espèces inscrites sur la Liste rouge vietnamienne.
Mais l’âme de Sa Pa ne se résume pas à ses panoramas. Son grand attrait demeure la diversité de ses populations montagnardes, en particulier les Hmong et les Dao, qui continuent à faire vivre des traditions vestimentaires, artisanales et sociales très fortes. Le développement touristique a profondément transformé la ville, et depuis janvier 2025 la gentrification menée par les Vietnamiens Kinh y serait devenue particulièrement visible, au point de susciter des critiques sur l’appropriation culturelle. Pourtant, au détour d’une rue, d’un marché ou d’une conversation, le voyageur attentif peut encore percevoir la profondeur humaine de ce territoire. Pour soutenir plus justement les populations locales, il est souvent préférable d’éviter les grandes chaînes hôtelières et de privilégier des hébergements plus modestes, proches des familles du pays.
Enfin, la ville de Sa Pa charme aussi par ce mélange très singulier de climat montagnard, de fleurs et de mémoire. Elle est un véritable royaume floral, où se voient selon les saisons, émerger les fleurs de pêcher, de poirier, de prunier, lys, roses, ainsi que les chrysanthèmes et immortelles. La ville sert aussi de scène aux grands repères paysagers de la région, depuis la cascade d’Argent jusqu’à la silhouette du pic Fansipan, et conserve cette image de balcon ouvert sur un monde de terrasses rizicoles, de villages et de sommets.

14. Région de Sa Pa
La région de Sa Pa déploie autour de la ville un univers bien plus vaste, plus authentique aussi, où les vallées, les villages et les rizières en terrasses révèlent toute la force du nord-ouest vietnamien. Cette campagne se découvre à pied, en moto, en jeep ou à travers des randonnées guidées, mais elle prend toute sa profondeur lorsque le visiteur accepte d’y ralentir. Les paysages y sont d’une grande diversité, alternant cultures en terrasses, maisons traditionnelles, ruisseaux, ponts de bois et versants couverts de forêts. Plus qu’un simple décor, cette région est un territoire vivant où se côtoient plusieurs peuples montagnards.
Les itinéraires les plus connus mènent vers les villages proches de la ville. Le duo formé par Lao Chải et Tả Van est sans doute le plus fréquenté, avec ses belles rizières et ses maisons disséminées dans la vallée, mais aussi ses nombreuses sollicitations touristiques. Plus loin ou un peu à l’écart, Tả Giàng Phình, Bản Khoang, Sín Chải, Má Tra et Ta Phìn offrent des ambiances plus tranquilles et permettent de mieux observer les exploitations agricoles, les buffles, les cochons, les canards et les cultures de riz, de maïs, de haricots, de choux ou de patates douces.
Les excursions avec nuit chez l’habitant sont devenues très populaires, notamment autour de Tả Van, mais tous les opérateurs ne travaillent pas équitablement avec les communautés locales. Dans cette région plus qu’ailleurs, le choix du guide ou de l’hébergement change profondément la qualité humaine du voyage.
Parmi les lieux les plus accessibles, le village de Cát Cát reste une promenade classique au départ de Sa Pa. Situé à quelques kilomètres seulement, il attire par ses panoramas, ses maisons traditionnelles hmong, ses ateliers artisanaux de tissage et de sculpture, ainsi que par la possibilité d’y louer des vêtements traditionnels pour des photographies. En descendant, se découvrent la cascade de Cát Cát, des moulins à eau, des ponts de bambou et plusieurs espaces aménagés pour les visiteurs. Le site est aujourd’hui très fréquenté, surtout le week-end, mais il peut encore constituer une agréable sortie si l’on dispose d’une demi-journée. Au-delà du village, un sentier poursuit sa route dans la vallée en direction de Lao Chải et Tả Van, avec moins de touristes et de très belles vues sur les terrasses.
La région s’ouvre également vers de grands sites naturels de montagne. Le parc national de Hoàng Liên protège une partie des reliefs les plus élevés, avec une végétation dense et des paysages frais et ombragés. S’y trouvent la cascade d’amour (Thác Tình Yêu), accessible par une marche agréable, ainsi que la fameuse cascade d’Argent (Thác Bạc), qui dévale sur plus de 200 mètres dans un cadre spectaculaire. La première est souvent considérée comme plus charmante et plus intime, tandis que la seconde impressionne par sa puissance et sa visibilité immédiate depuis la route. Plus largement, le secteur du col Ô Quy Hồ ajoute encore à la grandeur du décor, avec ses routes suspendues et ses perspectives immenses sur les montagnes du nord-ouest.
Le sommet qui domine toute cette région est bien sûr le Phan Si Păng (Fansipan), le plus haut point d’Indochine. Son ascension demeure un objectif majeur pour les randonneurs, avec des itinéraires de un à trois jours à travers le parc national de Hoàng Liên, des haltes en altitude et une ambiance de haute montagne rare au Vietnam.
Pour les visiteurs qui préfèrent une approche plus confortable, le téléphérique du Fansipan, parfois appelé Légende de Fansipan, offre une montée spectaculaire au-dessus des vallées et des forêts, même si les vues sont parfois bouchées par le brouillard. Le site est désormais fortement aménagé, mais le sommet conserve une valeur symbolique immense. Entre effort physique, spiritualité des lieux et immensité du panorama, le Fansipan reste l’un des grands mythes du voyage à Sa Pa.
Au-delà des reliefs, la région se distingue par la richesse de sa culture matérielle et de ses savoir-faire. Sa Pa est réputée pour ses broderies, ses textiles colorés, ses vêtements teints à l’indigo, ses couvertures, ses tentures et son artisanat montagnard vendu dans les villages ou en ville. Il existe une nette différence entre les objets réellement faits main et les productions industrielles, et les voyageurs attentifs gagnent à acheter directement auprès des artisans lorsqu’ils le peuvent. La vallée de Muong Hoa ajoute encore une dimension archéologique avec ses 196 pierres gravées aux motifs mystérieux, vestiges d’un passé très ancien dont le sens exact échappe encore aux chercheurs.
Enfin, la région de Sa Pa vit aussi au rythme des fêtes, des marchés et des communautés qui l’habitent. Les six groupes ethniques de la région possèdent chacun leurs traditions, et plusieurs festivals importants marquent l’année, comme le festival Roóng pọc du peuple Giáy à Tả Van, le festival Sải Sán du peuple Hmong ou le festival Tết nhảy des Dao rouges au moment du Nouvel An lunaire.
Parmi les marchés, le marché de Simacai est souvent cité comme l’un des plus révélateurs des coutumes encore peu touchées par la commercialisation, tandis que le marché de Bac Ha appartient aussi aux grandes références de la région élargie.

15. Lao Cai
Située à l’extrême nord du Vietnam, Lao Cai s’étire le long de la frontière chinoise, face à Hekou, dont elle n’est séparée que par la rivière Nanxi et le fleuve Rouge. Cette position frontalière donne à la ville une atmosphère singulière, faite de passages, d’échanges et d’influences mêlées. Plus qu’une simple étape vers les montagnes de Sa Pa, Lao Cai révèle un visage vivant et commerçant, rythmé par les allées et venues transfrontalières, les rives fluviales et les grands axes qui organisent son expansion. Son intérêt vient moins de monuments prestigieux que de cette ambiance de ville-frontière, ouverte, active et curieuse.
Le cœur populaire de la ville bat du côté des marchés A et B de Cốc Lếu, réputés pour leurs prix bas et pour la grande variété des marchandises chinoises qui y circulent. Le local y vient autant pour acheter que pour observer, tant le spectacle des étals, des négociations et des objets venus d’ailleurs fait partie du charme local. Le long de la porte frontière chinoise, plusieurs points de vue permettent d’apercevoir la Chine sans visa, dans une ambiance étonnamment détendue où la frontière semble presque familière. Les amateurs de photographie apprécient aussi la borne frontière Vietnam – Chine à la porte frontière de Ha Khau, symbole discret mais marquant de cette géographie partagée.
La ville s’organise enfin autour de ses ouvrages d’art, qui relient les deux rives et accompagnent son développement vers le sud. Quatre grands ponts franchissent le fleuve Rouge : le pont Kim Thanh, le pont Cốc Lếu, le pont Phố Mới et le pont Giang Dong, tandis que le pont Hồ Kiều enjambe la rivière Nam Thi. Ces infrastructures racontent une ville en mouvement, tournée vers l’avenir autant que vers ses échanges régionaux.

16. Cascade d’Argent
La cascade d’Argent ou Thác Bạc compte parmi les grands sites naturels de la région de Sa Pa, dans la province de Lao Cai. Située à seulement 12 kilomètres au nord-ouest du centre-ville de Sa Pa, juste au bord de la route nationale 4D, elle est l’une des excursions les plus faciles d’accès depuis la ville. Haute de plus de 200 mètres, elle prend naissance dans le ruisseau Muong Hoa, à 1 800 mètres d’altitude, au pied du col d’O Quy Ho. Depuis le mont Hàm Rồng, lorsqu’un ciel dégagé le permet, s’aperçoit son long voile clair dévaler la montagne, ce qui explique son nom poétique. Vue de près, l’eau y bondit avec force en projetant une écume blanche qui tranche avec la roche sombre et la végétation des hautes pentes.
Le site a été aménagé pour la visite avec deux sentiers distincts, l’un pour la montée et l’autre pour la descente. Le parcours montant se situe à droite, puis conduit les visiteurs jusqu’à un pont qui permet de rejoindre la rive opposée à mi-hauteur de la chute. Ce chemin offre des vues successives sur la gorge, les rochers et la masse d’eau qui se brise en plusieurs jets. Au sommet, un petit barrage retient une partie du débit pour les usages domestiques, et un sentier plus difficile mène vers des points de vue encore plus ouverts sur la montagne.
La cascade d’Argent possède aussi une dimension plus inattendue avec le centre d’élevage de saumons installé au pied du versant, alimenté par l’eau de la cascade grâce à plus de 1 000 mètres de canalisations. Ce centre a l’ambition de devenir une grande station de recherche sur les espèces aquatiques d’eau froide au Vietnam.
17. Cascade d’Amour
Nichée dans la commune de San Sa Ho, à environ 14 kilomètres au sud-ouest du centre de Sa Pa, la cascade d’Amour est l’un des sites les plus enchanteurs de la région. Elle se trouve à près de 1 800 mètres d’altitude, dans le cadre préservé du parc national de Hoang Lien, non loin du col d’O Quy Ho et des itinéraires menant au sommet du Fansipan, le plus haut point du Vietnam. La cascade naît sur le ruisseau d’Or, alimenté par les hauteurs du Fansipan, puis s’élance sur près de 100 mètres dans un relief escarpé. Vue de loin, sa silhouette évoque un cône blanc qui fend la verdure, encadré par une végétation dense et fraîche.
L’approche de la cascade d’Amour séduit autant que la chute elle-même. Le sentier traverse un environnement forestier luxuriant où l’eau, les mousses et les arbres composent une atmosphère humide et reposante. Contrairement à d’autres sites plus directement visibles depuis la route, la cascade se mérite un peu davantage, ce qui renforce son charme. Une fois sur place, le visiteur découvre un bassin naturel à ses pieds, un lieu qui ajoute à l’impression de retraite secrète au cœur des montagnes. La beauté du site tient à cette alliance entre hauteur, isolement relatif et douceur végétale, qui lui donne une tonalité presque légendaire.
Cette dimension légendaire est d’ailleurs inscrite dans son nom. Selon la tradition locale, la cascade d’Amour serait liée à l’histoire d’O Qui Ho, fils aîné du dieu de la montagne régnant sur la chaîne d’Ai Lao, et de la septième fée. Les fées auraient choisi cet endroit pour se baigner et jouer jusqu’au coucher du soleil avant de regagner le ciel, donnant à la cascade une aura romantique et sacrée. Aujourd’hui encore, cette légende accompagne la visite et ajoute une profondeur symbolique à la beauté du lieu.
18. Y Ty
Perdue à près de 2 000 mètres d’altitude dans la province de Lao Cai, non loin de la frontière chinoise, Y Ty demeure l’une des destinations montagnardes les plus discrètes du nord vietnamien. La commune se compose de plusieurs villages dispersés dans les hauteurs, habités principalement par les Ha Nhi, mais aussi par des communautés Hmong, Dao et Giay. Cet isolement a permis de préserver des modes de vie et des pratiques culturelles largement épargnés par le développement moderne. Les maisons traditionnelles, les cultures en terrasses et les rythmes agricoles donnent encore la mesure du quotidien. Y Ty attire ainsi les voyageurs en quête d’une montagne plus silencieuse, plus brute et plus authentique que les grands circuits touristiques.
Le paysage constitue l’un de ses plus grands attraits. Les montagnes s’y dressent dans une succession de crêtes souvent noyées dans les nuages, surtout au lever du jour, tandis que les rizières en terrasses descendent en larges courbes sur les pentes escarpées. La saison des récoltes, entre septembre et octobre, habille les terrasses de jaune doré et transforme l’ensemble en vaste amphithéâtre agricole. Le village Sung est particulièrement apprécié pour son architecture traditionnelle ha nhi, avec ses maisons en bois surélevées sur des fondations en pierre. À environ deux kilomètres du centre, il offre un visage paisible et profondément enraciné dans les usages locaux, où le voyageur attentif peut ressentir une hospitalité simple et sincère.
La région se prête admirablement à la randonnée. Des sentiers relient les différents villages, avec des parcours allant de la balade de deux heures aux marches plus longues sur les crêtes. Le sommet voisin de Ngu Chi Son, culminant à 2 500 mètres, constitue une excursion plus ambitieuse qui nécessite une journée entière et l’accompagnement d’un guide local, mais qui récompense l’effort par de très belles vues, parfois jusqu’au Yunnan chinois. L’accès à Y Ty depuis Lao Cai ou Sa Pa reste assez long, entre trois et quatre heures de route, avec des portions encore non pavées et parfois difficiles pendant la mousson.
19. Thái Nguyên
Située au nord du Vietnam, la ville de Thái Nguyên constitue l’un des centres urbains majeurs de la région montagneuse du Việt Bắc. Avec près de 1 799 489 habitants dans l’ensemble de la province, elle s’impose comme un pôle industriel, universitaire et culturel important du nord du pays. Neuvième ville du Vietnam, Thái Nguyên est notamment célèbre pour la qualité de son thé Tân Cương, considéré comme l’un des meilleurs du pays. Son développement s’est également appuyé sur une forte tradition industrielle, puisqu’elle abritait autrefois la première aciérie du Vietnam.
Le centre-ville présente une atmosphère animée et moderne, ponctuée de cafés, de places publiques et d’espaces culturels. La célèbre rue Hoàng Hoa Thám, surnommée la « rue du café », aligne ainsi de nombreux établissements où habitants et étudiants se retrouvent à toute heure de la journée. Non loin de là, la fontaine multicolore de Thái Nguyên, située face au musée culturel, constitue un point de rassemblement populaire en soirée. À proximité s’étend également la place Võ Nguyên Giáp, vaste esplanade dominée par un monument nationaliste en forme d’obélisque sablier. Cet espace ouvert donne une dimension civique et symbolique au centre urbain.
Parmi les institutions majeures de la ville figure le musée culturel des minorités ethniques du Vietnam, situé au 1 Đội Cấn dans le quartier Trưng Vương. Ouvert quotidiennement sauf le lundi, ce musée présente les traditions, costumes et modes de vie des nombreux peuples qui composent la mosaïque culturelle du Vietnam. Souvent comparé à une version plus compacte du musée ethnographique de Hanoï, il offre une introduction claire et accessible à la diversité ethnique du pays. À travers ses expositions, il rappelle aussi le rôle historique de Thái Nguyên comme centre administratif et culturel de la région montagneuse du nord.
Au-delà du centre urbain, les environs offrent plusieurs sites naturels et historiques intéressants. La cascade Cửa Tử (Suối Cửa Tử), située dans la commune de Hoàng Nông à l’ouest du lac Nui Coc, propose une escapade forestière dans un cadre montagneux encore préservé. Plus au nord-est, à environ 45 kilomètres de la ville, la grotte de Phượng Hoàng (Hang Phượng Hoàng) révèle un vaste système karstique de grottes fluviales et de formations calcaires spectaculaires. Ces paysages rappellent que la province appartient à une zone géologique riche en reliefs et en cavités naturelles.
L’un des lieux les plus originaux des environs est la zone de réserve du village ethnique écologique Thái Hải (Khu bảo tồn Làng nhà sàn Dân tộc Sinh thái Thái Hải), située au sud-ouest de la ville dans la commune de Thịnh Đức. Ce village touristique reconstitue un ensemble de maisons traditionnelles sur pilotis où les visiteurs peuvent découvrir la vie quotidienne, les traditions et l’architecture des populations montagnardes. L’expérience se veut immersive, avec des activités culturelles et des démonstrations artisanales.
La réputation de Thái Nguyên reste toutefois intimement liée à la culture du thé. Le centre culturel du thé Tân Cương (Không gian văn hóa trà Thái Nguyên), installé dans la commune de Tân Cương, permet de découvrir les plantations qui entourent la ville ainsi que les méthodes traditionnelles de production. Les collines de thé de La Bang offrent quant à elles un paysage typique de la région, avec leurs rangées de théiers formant des ondulations vertes sur les pentes.
Les loisirs et les excursions autour de la ville conduisent souvent vers le lac Nui Coc, situé à environ 18 kilomètres à l’ouest de Thái Nguyên dans la commune de Tân Thái. Ce grand lac artificiel est devenu un vaste complexe touristique combinant parc d’attractions, parc aquatique, promenades en bateau, spectacles musicaux sur l’eau et activités sportives. Le site, parfois qualifié d’écotourisme à grande échelle, mêle paysages lacustres, plantations de thé et statues monumentales de bouddhas ou de dragons. Malgré son côté spectaculaire, il reste l’un des lieux de détente les plus fréquentés de la région.
Enfin, la culture de Thái Nguyên s’est façonnée dans l’histoire mouvementée du Vietnam contemporain. Durant la guerre d’Indochine, la ville fut un centre majeur de la résistance et abrita plusieurs agences de propagande culturelle. Des mouvements artistiques et musicaux engagés y virent le jour, contribuant à diffuser un « mode de vie de la résistance » dans la population. Après 1954 puis durant la guerre du Vietnam, les activités culturelles continuèrent de jouer un rôle important, avec des initiatives telles que « chanter pour couvrir le bruit des bombes ». Aujourd’hui encore, les fêtes traditionnelles comme la fête de la pagode Hang, la fête du temple Duom ou la fête Long Tong à ATK Định Hóa témoignent de cette vitalité culturelle.
La ville et la province abritent également de nombreuses institutions culturelles. S’y trouvent le musée des forces armées Việt Bắc – région militaire 1, le musée provincial Thái Nguyên, la maison d’exposition ATK Định Hóa, la maison culturelle des travailleurs de l’acier ou encore le centre culturel et d’information provincial de Thái Nguyên inauguré en 2008. Le théâtre de chants, danses et musiques folkloriques de Việt Bắc, fondé en 1953, perpétue les traditions musicales de la région. La bibliothèque provinciale de Thái Nguyên, créée à la fin des années 1950, ainsi que le centre numérique de l’université de Thái Nguyên, complètent cet ensemble d’institutions éducatives et culturelles.
Dans la ville elle-même, plusieurs quartiers et espaces urbains témoignent de l’expansion contemporaine. La place Vạn Xuân dans le quartier du même nom, le grand marché du quartier Phan Dinh Phung, l’entrée provinciale située sur la route nationale 3 dans le quartier Trung Thanh, ou encore les zones résidentielles modernes comme Thai Hung Crown Villas dans le quartier Gia Sang, illustrent la croissance rapide de la métropole. Des quartiers comme Bach Quang ou Đức Xuân participent également à cette dynamique urbaine.

20. Parc national de Ba Be
Situé dans le nord du Vietnam, dans une région montagneuse couverte de forêts tropicales, le parc national de Ba Be est l’un des paysages naturels les plus spectaculaires du pays. Cette vaste zone protégée entoure le célèbre lac Ba Be, considéré comme un véritable « joyau vert » au cœur d’une forêt dense et préservée. Le parc attire les voyageurs à la recherche d’écotourisme et d’expériences authentiques, notamment au printemps et en été lorsque la nature est particulièrement luxuriante.
Les reliefs calcaires, les vallées profondes et les rivières qui sillonnent la forêt composent un décor impressionnant où vivent plusieurs communautés ethniques, dont les Tay, les Dao et les Hmong. L’ensemble forme un paysage paisible et majestueux, où les montagnes se reflètent dans l’eau sombre du lac.
La randonnée constitue l’une des meilleures façons de découvrir la région. Les sentiers du parc national de Ba Be suivent souvent les chemins empruntés depuis des générations par les habitants pour rejoindre leurs rizières, leurs villages ou les marchés locaux. Marcher dans cette jungle luxuriante permet d’atteindre des zones reculées, encore peu fréquentées par les touristes. Les randonneurs traversent ainsi des vallées verdoyantes, des collines calcaires et des villages traditionnels où l’on découvre un mode de vie rural resté largement intact.
Le cœur du parc est occupé par le lac Ba Be, long de plus de huit kilomètres et large d’environ trois kilomètres dans sa partie la plus étendue. Sa profondeur varie généralement entre vingt et trente mètres, et ses eaux calmes reflètent les falaises calcaires qui l’entourent. Deux îlots émergent de sa surface, dont l’île An Ma, dont la silhouette rappelle celle d’un cheval harnaché pataugeant dans l’eau. Situé à environ 145 mètres d’altitude et couvrant près de 500 hectares, le lac forme un paysage presque irréel, souvent comparé à une peinture traditionnelle asiatique. Depuis des siècles, il fascine voyageurs et habitants par son harmonie naturelle.
Pour explorer le lac, plusieurs options s’offrent aux visiteurs. Les pirogues traditionnelles utilisées par les populations locales offrent une navigation paisible sur les eaux limpides, tandis que les bateaux à moteur permettent de parcourir de plus longues distances. Le kayak est également très apprécié, car il permet d’atteindre des zones inaccessibles aux embarcations plus grandes. Pagayer entre les îlots, glisser au pied des falaises ou approcher les villages de pêcheurs permet de découvrir la beauté du lac Ba Be sous un angle intime et silencieux. Cette activité offre une expérience immersive dans l’un des plus beaux paysages aquatiques du Vietnam.
La rivière Năng, qui traverse le parc, constitue un autre élément majeur du paysage. Elle serpente entre les montagnes calcaires et alimente plusieurs sites naturels remarquables, dont la grotte de Puông. Située à environ cinq kilomètres du centre de la commune de Cho Ra, cette grotte spectaculaire s’ouvre au cœur d’une montagne appelée Lung Nham. Les embarcations glissent dans l’obscurité tandis que les stalactites se dévoilent peu à peu à l’entrée. À l’intérieur vivent des centaines de milliers de chauves-souris qui se suspendent aux parois, donnant au lieu une atmosphère mystérieuse et impressionnante.
Un autre site spectaculaire du parc est la cascade de Dau Dang, située à environ seize kilomètres du centre de Cho Ra. Longue d’environ deux kilomètres, cette chute d’eau se forme lorsque la rivière Năng rencontre un immense amas de rochers entre deux chaînes de montagnes calcaires. L’eau s’y précipite en plusieurs niveaux successifs, créant un spectacle puissant et harmonieux au cœur de la forêt primaire. La cascade est également connue pour abriter certaines espèces de poissons rares, dont certains individus peuvent dépasser dix kilogrammes.
Les visiteurs peuvent enfin prolonger leur expérience en passant la nuit dans les villages situés autour du lac. Les maisons traditionnelles des communautés Tay ou Nung accueillent souvent les voyageurs dans le cadre de séjours chez l’habitant. Ces nuits permettent de découvrir la cuisine locale, les traditions et l’hospitalité des populations montagnardes.

21. L’archipel de Co To
Située dans le golfe du Tonkin, au large de la province de Quang Ninh, l’île de Co To est l’île principale d’un archipel tropical encore relativement préservé qui comprend également les îles Co, Thanh Lan, Tran et une multitude d’îlots rocheux dispersés dans la mer. L’archipel séduit les visiteurs par ses plages immaculées, ses forêts naturelles et ses paysages marins encore sauvages. Loin de l’agitation des grandes stations balnéaires du continent, Co To offre une atmosphère paisible où la mer turquoise, les rochers sculptés et les villages de pêcheurs composent un décor idyllique.
Les plages constituent l’attraction principale de l’archipel. La plage de Hong Van, réputée pour son sable fin et son eau claire, est l’un des lieux les plus appréciés pour la baignade et le repos. La plage de Van Chay, bordée d’une mer bleu intense, est également célèbre pour ses vastes étendues de sable blanc. D’autres sites comme la plage Love, la plage de Vung Tien ou les plages de Co To Con offrent des paysages marins spectaculaires et souvent peu fréquentés. La mer y reste généralement calme, ce qui permet de profiter pleinement de la baignade ou de longues promenades sur le littoral.
Au-delà des plages, l’archipel propose plusieurs sites naturels et panoramiques. Le phare de Co To, construit sur le point le plus élevé de l’île principale, offre une vue exceptionnelle sur la mer et les îles environnantes. Le jardin de rocaille, situé à environ un kilomètre du centre-ville, est également un lieu prisé pour admirer les paysages côtiers. En mer, le mont Lion, situé entre Co To Con et l’île Xoi, forme une silhouette rocheuse remarquable qui attire les amateurs de navigation et de photographie.
| L’accès à Co To se fait uniquement par bateau depuis la ville de Cai Rong, dans le district de Van Don. La traversée dure généralement entre trois et trois heures et demie, en fonction des conditions météorologiques. Le trajet traverse la baie de Bai Tu Long, passe près de l’île Quan Lan et offre de magnifiques paysages marins. Pour de nombreux voyageurs, cette traversée constitue déjà une expérience spectaculaire, annonçant l’arrivée dans l’un des archipels les plus paisibles du nord vietnamien. En raison de la présence d’installations militaires sur l’île, un permis de séjour est parfois requis pour les visiteurs étrangers. Ce document doit généralement être obtenu à Ha Long avant l’arrivée. Malgré cette formalité administrative, l’île reste une destination de plus en plus appréciée pour son authenticité et la beauté intacte de ses paysages. Entre plages, rochers, forêts et villages de pêcheurs, Co To apparaît comme l’un des derniers refuges maritimes préservés du nord du Vietnam. |
Les formations rocheuses constituent d’ailleurs l’un des éléments les plus spectaculaires du paysage. La plage rocheuse de la Griffe du Dragon (Cau My) est particulièrement impressionnante avec ses falaises sculptées par l’érosion et ses vagues qui se brisent sur les rochers. Les contrastes entre les blocs sombres et la mer turquoise créent un décor spectaculaire. À proximité, plusieurs villages de pêcheurs témoignent de la vie maritime traditionnelle de l’archipel, où la pêche reste une activité essentielle.
Les visiteurs peuvent également découvrir certains sites culturels et historiques. L’archipel possède notamment des statues et monuments commémoratifs dédiés à Hô Chi Minh, ainsi que plusieurs quais et espaces publics aménagés. La rue piétonne et le site historique d’Hô Chi Minh constitue un lieu de promenade populaire où habitants et visiteurs se retrouvent en soirée.

22. Parc national de Cuc Phuong
Le parc national de Cuc Phuong, situé à environ quarante kilomètres de Ninh Binh et à cent vingt kilomètres au sud-ouest de Hanoï, est le plus ancien et le plus vaste parc national du Vietnam. Créé pour protéger l’une des zones de biodiversité les plus riches du pays, il s’étend sur plus de 22 200 hectares de forêt tropicale dense. Ce parc constitue un véritable sanctuaire naturel où vivent des centaines d’espèces animales et végétales. Accessible depuis la capitale pour une excursion d’une journée ou un séjour plus long, il permet d’observer de près la nature vietnamienne tout en soutenant les efforts de conservation.
Le paysage du parc national de Cuc Phuong est dominé par des montagnes karstiques recouvertes d’une forêt tropicale ancienne. Les sentiers qui traversent cette végétation dense révèlent une grande variété d’arbres, de lianes et de plantes tropicales. La forêt abrite également de nombreuses espèces animales, dont certaines sont extrêmement rares. Les visiteurs peuvent explorer ces paysages à pied avec l’aide de guides forestiers qui partagent leurs connaissances sur l’écosystème local.
Parmi les installations les plus importantes du parc figure le centre de sauvetage des primates en voie de disparition, créé en 1993 avec le soutien de la société zoologique de Francfort. Ce centre protège plusieurs espèces menacées, notamment le langur de Delacour, le langur à tête dorée, le rhinopithèque de Tonkin et le gibbon à crête noire. Les animaux présents ont souvent été sauvés du trafic illégal d’animaux sauvages. Aujourd’hui, près d’une centaine de primates y sont soignés et élevés dans des installations spécialement conçues pour leur réhabilitation.
À proximité se trouve également le centre de conservation des tortues de Cuc Phuong, fondé en 1998. Ce centre protège plusieurs espèces de tortues parmi les plus menacées du Vietnam. Environ six cents individus représentant quinze espèces différentes y sont élevés avant d’être réintroduits dans la nature. Ces programmes jouent un rôle crucial dans la lutte contre le trafic d’animaux sauvages, qui alimente notamment certains marchés et restaurants en Asie.
Le parc comprend également un centre de conservation des carnivores et des pangolins, où peuvent s’observer plusieurs espèces rares, dont la civette d’Owston, des belettes, des loutres et des chats sauvages. Les pangolins sauvés du trafic y sont également protégés. Les visites se font généralement avec un guide, ce qui permet de mieux comprendre les efforts de conservation menés dans le parc.
Les amateurs de randonnée disposent de nombreux itinéraires. Certains sentiers courts permettent de découvrir le jardin botanique, où le visiteur peut observer la flore locale et entendre les chants d’oiseaux et parfois les cris de gibbons. D’autres itinéraires plus longs traversent la forêt primaire et conduisent vers des sites remarquables comme l’arbre millénaire, la grotte du Palais (Dong Son Cung) ou la grotte de l’Homme Préhistorique (Dong Nguoi Xua).
Cette dernière grotte possède une grande importance archéologique. Fouillée en 1966, elle a révélé des traces d’occupation humaine datant d’environ 7 500 ans, notamment des outils en pierre et des objets en os. Bien que ces artefacts aient été déplacés dans des musées, la grotte reste un site fascinant qui témoigne de l’histoire ancienne de la région. L’exploration de ses galeries permet d’imaginer la vie des premiers habitants du Vietnam.
Enfin, le parc national de Cuc Phuong est également réputé pour l’observation des oiseaux. Les ornithologues viennent y observer des espèces rares comme le faisan argenté, le pic à collier rouge ou le calao brun. Des excursions nocturnes permettent aussi de découvrir la faune active la nuit.

23. Le géoparc du plateau karstique de Dong Van
Le géoparc du plateau karstique de Dong Van, situé à l’extrême nord du Vietnam, près de la frontière chinoise, constitue l’un des ensembles paysagers les plus saisissants du pays. Classé géoparc mondial par l’Unesco il couvre plus de 2 356 km² et s’étend à travers les districts de Meo Vac, Dong Van, Yen Minh et Quan Ba. Ce vaste territoire minéral, traversé par la mythique boucle de Ha Giang, impressionne par ses reliefs calcaires déchiquetés, ses vallées encaissées et ses cultures accrochées aux pentes.
Dix-sept groupes ethniques y vivent, notamment les Hmong sur les hauts plateaux rocheux, mais aussi les Dao et les Tay dans les vallées plus douces. Le voyage prend ici la forme d’une immersion à la fois géologique, humaine et culturelle, dans un monde rude et somptueux.
Du côté de Quan Ba, plusieurs haltes introduisent à merveille la beauté brute du géoparc. La cascade de Boong apporte une note de fraîcheur dans ce décor pierreux, tandis que les Seins de fée, deux collines jumelles surgissant au milieu du paysage, figurent parmi les images les plus célèbres de la région. Non loin de là, les ruines du fort de Lung Ho, ancien poste militaire français construit en 1935, rappellent le passé stratégique de ces montagnes.
Les grottes de Lung Khuy, vastes cavités karstiques accessibles après une marche d’environ trente minutes, révèlent un monde souterrain de stalactites, de draperies minérales et de concrétions délicates. Plus discrètes mais très séduisantes, les chutes d’eau de Khau Làn forment un bassin naturel isolé où l’on peut se baigner.
Le secteur de Quan Ba est également marqué par quelques panoramas majeurs. Le col Quản Bạ, aussi appelé porte du Ciel, s’élève à près de 1 945 mètres et offre l’un des plus beaux belvédères de toute la région. Depuis ce passage, les rizières en terrasses, les vallées profondes et les ondulations calcaires s’étendent à perte de vue dans une lumière souvent voilée par les nuages. Plus loin, la grotte de Tham Luồng mérite le détour pour son caractère plus retiré, tandis que la cascade Thâm Luông, parfois appelée cascade de Du Già, déroule plusieurs chutes successives dans un environnement plus sauvage.
| Pour circuler dans la région de Ha Giang, située à proximité de la frontière chinoise, les voyageurs doivent obtenir un « permis d’entrée dans la zone frontalière ». Ce document s’obtient facilement au bureau de l’immigration de Ha Giang, situé au 415 A rue Tran Phu, non loin de la jonction avec les rues Nguyen Thai Hoc et QL34, en face du cinéma et du stade. Le bureau est ouvert tous les jours (hors jours fériés vietnamiens) de 7 h 30 à 11 h 30 et de 13 h 30 à 17 h, et il est conseillé de s’y rendre le matin ou en début d’après-midi pour éviter l’affluence. La procédure est simple : il suffit de présenter son passeport original au guichet ; à défaut, une photocopie de la page d’identité et du visa peut être acceptée, accompagnée d’une justification si le passeport est en cours de prolongation de visa à Hanoï. Les voyageurs circulant à moto doivent également fournir le numéro d’immatriculation du véhicule, qui sera inscrit sur le permis. Les agents remplissent alors le document sur place, et le permis est délivré immédiatement contre un paiement d’environ 210 000 dongs (environ 10 dollars). Il est également possible de confier cette démarche à un hôtel ou une maison d’hôtes, qui se chargera des formalités pour un coût généralement autour de 300 000 dongs par permis. |
Autour de Dong Van, le géoparc change de ton et mêle davantage le patrimoine humain aux paysages minéraux. La vieille ville de Dong Van, avec ses maisons anciennes aux toits yin et yang, conserve une atmosphère montagnarde singulière, surtout lorsque la place s’anime le samedi soir et que le marché de Dong Van attire, le dimanche matin, les habitants Hmong, Han, Dao, Giay et Tay venus commercer.
Au-dessus de la ville, le fort Dong Van, construit par les Français en 1925, domine la vallée et rappelle la position stratégique du site. À Sa Phin, le remarquable palais du roi Hmong témoigne de la puissance passée de la famille Vuong, enrichie par le commerce et installée dans une demeure inspirée de l’architecture chinoise, à la fois résidence, symbole d’autorité et forteresse.
Dans la même région, plusieurs villages permettent d’approcher la vie locale et la diversité culturelle du plateau. Le village touristique de Làng Văn, associé à l’univers du film : L’Histoire de Pao, met en valeur les traditions montagnardes dans un cadre très photogénique. La tour du drapeau de Lung Cu, dressée au sommet du mont du Dragon, marque avec force la présence vietnamienne à l’extrême nord du pays et offre une vue vaste sur les reliefs frontaliers. Le village de Pho Bang, paisible et presque hors du temps, séduit par ses maisons traditionnelles aux murs de terre et aux charpentes de bois. Plus près de la frontière, Sà Phìn révèle un autre visage du plateau, avec ses maisons de briques jaunes de style chinois au milieu d’un paysage austère et superbe.
Le secteur de Meo Vac et du col Ma Pi Leng constitue sans doute le point culminant du voyage. Ce col spectaculaire, l’un des plus célèbres du Vietnam, déroule sur plusieurs kilomètres une route vertigineuse suspendue au-dessus du canyon le plus profond du pays. La falaise y tombe presque à pic vers la vallée de la rivière Nho Que, dans un décor de murailles calcaires d’une puissance rare.
Pour prolonger l’expérience, le chemin du ciel de Ha Giang permet de marcher au-dessus de la route, sur un sentier accroché à la montagne, avec des vues extraordinaires sur les parois, les cultures et le fleuve. À proximité, Nhà Há Súng ouvre une fenêtre sur l’architecture familiale traditionnelle, tandis que le village de Pả Vi, organisé autour de la culture hmong, accueille les visiteurs dans un cadre conçu pour valoriser les savoir-faire locaux.
Enfin, le géoparc se découvre aussi par l’eau et par les villages de vallée. À Tràng Hương, dans la vallée de la Nho Que, des excursions en bateau permettent de glisser sur une rivière turquoise resserrée entre les falaises, tandis que le kayak offre une approche encore plus silencieuse de ce paysage monumental.

24. La baie d’Ha Long
La baie d’Ha Long, située à environ 170 kilomètres à l’est de Hanoï, compte parmi les paysages les plus célèbres du Vietnam. Classée au patrimoine mondial de l’Unesco, elle déploie un univers minéral et marin formé de 1 969 îles, habitées ou non, qui émergent du golfe du Tonkin dans une succession de pitons karstiques, de falaises et de grottes. Cette renommée internationale repose autant sur la beauté de ses formes que sur l’atmosphère changeante de ses eaux, de ses brumes et de ses reliefs. La baie se découvre par croisières, excursions d’une journée ou séjours plus longs, selon que l’on privilégie les grands circuits classiques ou les îles plus discrètes de ses marges.
Les itinéraires les plus connus au départ de la ville de Ha Long traversent quelques-uns des symboles majeurs de la baie. Beaucoup de croisières passent par la grotte de Thien Cung, la grotte de Dau Go et la région de Ba Hang, avant de longer les îlots de Cho Da, Dinh Huong et Trong Mai. D’autres programmes incluent la spectaculaire grotte de Sung Sot, la très fréquentée île de Ti Top et la grotte de Luon, où le kayak permet d’approcher l’eau au plus près des falaises. Ces circuits condensent l’image la plus emblématique d’Ha Long, faite de navigation lente, de parois verticales, de cavités calcaires et de panoramas ouverts sur une mer semée d’îles.
Parmi les formations les plus célèbres, certaines sont devenues de véritables emblèmes nationaux. L’île de Con Coc, à environ 12 kilomètres au sud-est du port touristique de Bai Chay, rappelle par sa silhouette un crapaud accroupi sur la mer. Plus connue encore, Hon Trong Mai, aussi appelée îlot du Coq et de la Poule, se compose de deux rochers dressés l’un face à l’autre sur une base étroite, dans un équilibre presque irréel. Ce motif, reproduit sur d’innombrables affiches et guides, résume à lui seul l’esthétique de la baie. La poésie des formes naturelles y rejoint sans cesse l’imaginaire vietnamien, qui a donné des noms évocateurs à presque chaque rocher.
Certaines îles se distinguent par leur histoire et leur présence humaine. L’île de Ngoc Vung, dans le district de Van Don, se trouve à environ 34 kilomètres du port touristique et offre un autre visage de la baie. Plus vaste et habitée, elle possède de belles plages, le mont Van Xuan, un site archéologique lié à la culture d’Ha Long et les traces de l’ancien port de Cong Yen, autrefois intégré au système portuaire médiéval de Van Don. S’y trouvent également des vestiges des dynasties Mac et Nguyen. De son côté, l’île de Titop, nommée en hommage au cosmonaute soviétique Gueorgui Titov après une visite avec Hô Chi Minh en 1962, séduit par sa plage en croissant, ses falaises abruptes et son belvédère très prisé.
| Les croisières d’une journée dans la baie d’Halong sont soumises à une réglementation stricte et ne peuvent emprunter que deux itinéraires au départ du port international de croisière d’Halong. Les autres parcours touristiques partent généralement du terminal de Tuan Chau et non du port principal. Le premier itinéraire, d’une durée d’environ trois à quatre heures, comprend la visite des grottes de Thien Cung et de Dau Go, ainsi que la région de Ba Hang. La navigation permet également d’observer plusieurs formations karstiques célèbres, notamment les îlots de Cho Da, Dinh Huong et Trong Mai. Le tarif officiel moyen au terminal des ferries pour cette excursion est de 440 000 dongs. Le second itinéraire est plus long, avec une durée d’environ cinq à six heures. Il inclut la découverte de la spectaculaire grotte de Sung Sot, l’île de Ti Top et la grotte de Luon. À cet endroit, les visiteurs peuvent pratiquer le kayak pour environ 100 000 dongs ou opter pour une promenade en barque traditionnelle guidée par un rameur local pour 50 000 dongs. Pour ces deux circuits, un déjeuner servi à bord peut être ajouté pour environ 200 000 dongs supplémentaires. Ces croisières sont très fréquentées et de nombreux bateaux similaires, généralement d’une capacité de 48 passagers, se disputent les meilleures positions lors des escales. Depuis Hanoï, plusieurs moyens de transport permettent de rejoindre la baie d’Halong. Le plus économique consiste à prendre un minibus à la gare routière de Gia Lam : le trajet dure environ quatre heures pour un prix d’environ 90 000 dongs, même si le confort reste sommaire. Il est également possible de louer une voiture privée depuis l’aéroport de Noi Bai ou le centre-ville de Hanoï. Pour une expérience plus spectaculaire, certains voyageurs choisissent de rejoindre la baie en hydravion : le vol dure environ 45 minutes et peut inclure un survol panoramique de 15 minutes au-dessus des pitons karstiques et des villages de pêcheurs, avant un atterrissage près de l’île de Tuan Chau. Enfin, de nombreux touristes se rendent aussi à l’île de Cat Ba par des excursions organisées depuis Hanoï, mais la qualité de ces circuits varie fortement et il peut être préférable d’éviter le port touristique en traversant directement depuis Haiphong. |
L’île de Tuan Chau, proche du rivage et reliée au continent par une route depuis 2001, représente le versant le plus aménagé du développement touristique d’Ha Long. Ancienne petite île de villages peu peuplés, elle s’est transformée depuis le début des années 2000 en pôle de loisirs doté d’hôtels, de restaurants et de plages aménagées. À proximité, la montagne des poèmes rappelle que la région ne se réduit pas à ses seules croisières. Quant à la ville d’Ha Long, capitale de la province de Quang Ninh, elle sert de porte d’entrée principale à la baie. Sa grande plage de Bai Chay, artificielle mais très fréquentée, attire les habitants au lever du jour et en fin d’après-midi, tandis que le musée provincial de Quang Ninh constitue une visite culturelle intéressante en complément des excursions maritimes.
Le quai et la jetée touristiques de Bai Chay concentrent l’essentiel des départs pour les visiteurs individuels et les groupes venus de Hanoï. S’y réservent les croisières de quatre ou six heures, avec ou sans négociation selon le circuit choisi, les intermédiaires présents et la capacité à éviter les rabatteurs. Pour les voyageurs qui voyagent sans formule organisée, il convient de s’adresser directement au personnel officiel du guichet. L’expérience elle-même varie fortement : certaines excursions économiques sont très locales, parfois uniquement guidées en vietnamien, tandis que d’autres, plus chères, offrent un cadre mieux encadré. À terre, la ville propose aussi d’autres formes de divertissement, du casino de la baie d’Halong aux établissements de karaoké, qui prolongent le séjour dans une ambiance urbaine bien différente de celle de la mer.
Au-delà du noyau touristique classique, plusieurs îles périphériques offrent des alternatives plus calmes. Ban Sen, densément boisée et presque inhabitée, reste discrète et plus difficile d’accès. Plus célèbre, Cat Ba constitue l’une des grandes portes d’entrée vers l’univers maritime d’Ha Long et de Lan Ha. Cette grande île, accessible depuis Hanoï, Haiphong ou la ville d’Ha Long, abrite le parc national de Cat Ba, territoire protégé du rare langur à tête dorée. L’île propose aussi des plages accessibles par la route, plusieurs grottes, des excursions organisées vers la baie d’Ha Long et la baie de Bai Tu Long, ainsi que des sorties vers l’île aux singes, connue pour son paysage spectaculaire autant que pour ses macaques parfois peu farouches.
Plus retirée et plus paisible, Quan Lạn constitue une autre alternative à Cat Ba. Cette île de la baie de Bai Tu Long reste peu densément peuplée, avec quelques milliers d’habitants et un tourisme surtout vietnamien les week-ends. S’y distinguent principalement les secteurs de Minh Chau, de Quan Lan et de Son Hau, chacun avec ses hébergements, ses restaurants et ses plages. Les plages de Minh Chau et de Son Hau sont souvent décrites comme parmi les plus belles du nord du Vietnam, grâce à leur sable clair et à leurs eaux tranquilles. L’île abrite aussi plusieurs temples et une vaste mangrove près de la digue industrielle, qui contraste avec les longues bandes littorales préservées de la côte orientale.
Enfin, Cai Rong et Cửa Ông jouent un rôle plus discret mais important dans la découverte de la baie élargie. Cai Rong, sur l’île de Van Don, forme un petit port vivant d’où partent de nombreux ferries, notamment vers Quan Lạn. L’endroit séduit moins par ses monuments que par l’observation de la vie portuaire, des pêcheurs et de la navigation dans les paysages karstiques, loin des flux les plus massifs de Bai Chay. Cửa Ông, petite ville située sur la route de Cai Rong, possède quant à elle deux temples bouddhistes presque face à face, l’un au sommet d’une colline, l’autre à son pied, ainsi qu’un marché actif autour du carrefour oriental.

25. Hoàng Su Phì
Hoàng Su Phì est l’une des régions de rizières en terrasses les plus impressionnantes du Vietnam, et sans doute d’Asie, au point de paraître irréelle par endroits. Situé à l’ouest de la province de Ha Giang, loin de l’itinéraire classique de la boucle de Dong Van et Meo Vac, ce district demeure très peu connu et difficile à appréhender au premier abord. La région est pauvre, peu développée pour le tourisme et encore éloignée des grands flux de voyageurs. Les paysages restent immenses, les villages modestes, et la sensation d’isolement donne à chaque vallée une intensité particulière. À côté de Sa Pa, pourtant spectaculaire, Hoàng Su Phì paraît souvent bien plus vaste, plus brut et plus profondément rural.
La géographie du secteur conditionne tout séjour dans la région. Hoàng Su Phì est un grand district, formé de routes parfois longues, difficiles et peu lisibles, où il est essentiel de bien comprendre où dormir avant même de réfléchir aux visites. La ville principale : Vinh Quang, concentre les services, quelques hôtels simples et le grand marché dominical, mais le reste du territoire n’est qu’un enchaînement de petits villages et de hameaux isolés. Sans moto, voiture avec chauffeur ou beaucoup de temps, la découverte devient compliquée. L’organisation du voyage repose avant tout sur la localisation des hébergements : dans cette région, choisir son point de chute revient presque à choisir son paysage, ses balades et même son rythme.
Les possibilités de logement se répartissent en plusieurs zones distinctes, chacune avec son atmosphère. Vinh Quang offre surtout des hôtels modestes et des nha nghi passables. Ban Phung possède quelques homestays, dont certains disposent de chambres privées étonnamment correctes pour la région. Le secteur de Ban Luoc se développe rapidement, avec des adresses comme Bong Benh Homestay, le très apprécié Nam Ly Retreat ou encore le plus haut de gamme Ban Luoc Ecolodge. Au-dessus de Ho Thau, dans les environs de Nam Son, l’offre reste surtout composée de homestays, tandis que la région de Thong Nguyen concentre le plus grand nombre d’options séduisantes, notamment Hoang Su Phi Lodge et Pan Hou Ecolodge. Plus récemment, Riz d’Or a ouvert dans la zone de Hoa Cheo Phin, ajoutant une nouvelle possibilité dans l’est du district.
Au-delà des paysages, Hoàng Su Phì séduit aussi par la diversité de ses minorités. Les H’mong sont bien présents, mais ils ne sont pas seuls, et la région permet d’apercevoir des groupes bien plus rares, comme les Dao noir, les La Chi et d’autres communautés peu connues des voyageurs. Cette richesse humaine donne une identité très particulière au district, renforcée par l’absence de tourisme de masse. Le seul grand marché du secteur est le marché de Hoàng Su Phì, qui se tient le dimanche dans la ville principale. Il n’a pas le décor spectaculaire d’un marché de montagne perdu, comme à Can Cau, ni les animaux de Bac Ha ou de Dong Van, mais il rassemble de magnifiques costumes, des visages rares et une vie locale authentique, avec très peu de visiteurs étrangers.
Les activités incontournables sont la marche et la moto. Contrairement à une idée répandue, Hoàng Su Phì ne se résume pas aux grandes randonnées organisées : il est souvent possible de marcher simplement autour de son homestay, en suivant les chemins visibles sur les cartes satellites, même si l’on doit parfois revenir sur ses pas. Les randonnées de plusieurs jours avec guide sont également possibles et peuvent devenir exceptionnelles par beau temps. Pour les visiteurs qui maîtrisent déjà un peu la conduite, les balades en scooter ouvrent un terrain immense, avec de nombreuses routes secondaires en bon état. En revanche, la région n’est absolument pas un lieu pour apprendre la moto : les ravins, les dénivelés et l’état variable des routes rendent la moindre erreur potentiellement grave.
Parmi les plus beaux secteurs, Ban Phung reste une référence absolue. Ce village du nord de Hoàng Su Phì domine des rizières en terrasses sur plusieurs centaines de mètres, offrant des vues presque aériennes sans recourir au drone. Les environs du Chí Tài Homestay 3 Ban Phung comptent parmi les points de vue les plus saisissants du district. Ban Luoc constitue un autre grand choc visuel, surtout en arrivant depuis Ho Thau : la route domine alors toute la vallée, et une plateforme de bambou permet d’embrasser un panorama spectaculaire. Enfin, Hoa Cheo Phin, à l’est, révèle une autre facette de la région, avec un belvédère remarquable et une route superbe qui continue vers Hoàng Su Phì, même si elle n’apparaît pas toujours clairement sur les cartes.
Certaines routes valent à elles seules le voyage. La D197B, entre le village de Sán Xả Hồ et Nàng Đôn, traverse des vallées superbes, avec des rizières qui apparaissent tour à tour proches, lointaines, suspendues ou empilées en gradins. La DT197D, entre Nam Dich et Hồ Thầu, impressionne moins par un point de vue unique que par l’enchaînement de beaux passages, notamment autour de Nam Sai et à l’approche de Nam Son. Les accès à Hoàng Su Phì se font soit par l’ouest, depuis Xin Man, sur une route globalement paisible qui suit le fond de vallée, soit par le sud, depuis Viet Quang ou Ha Giang. Cette dernière route est réputée difficile, voire dangereuse, avec virages traîtres, brouillard, flaques, circulation rapide et longs passages inconfortables, même si elle aurait été récemment refaite.
La meilleure saison correspond naturellement à la saison du riz. En général, la plantation commence entre la fin mai et le début juin, tandis que la récolte s’étale de la mi-septembre au début octobre, avec des variations selon l’altitude, l’exposition et la météo. Les parcelles ne mûrissent ni ne sont coupées toutes en même temps, ce qui permet à la région de présenter des nuances différentes selon les vallées.

26. Région de Hà Giang
Hà Giang, aujourd’hui intégrée à la province de Tuyên Quang depuis le 12 juin 2025, demeure l’un des territoires les plus saisissants du nord du Vietnam. Longtemps considérée comme l’une des provinces les plus pauvres du pays en raison de son relief très montagneux et de ses faibles possibilités agricoles, elle voit néanmoins sa situation évoluer grâce au tourisme. Frontalière du Yunnan sur 275 kilomètres, elle associe hautes vallées, plateaux calcaires, cols spectaculaires et villages de minorités.
Le site majeur de l’ancienne province reste le plateau calcaire de Dong Van, vaste ensemble minéral de plus de 2 000 km² couvrant les districts de Quản Bạ, Yên Minh, Đồng Văn et Mèo Vạc. Reconnu en 2010 comme premier géoparc mondial du Vietnam, il réunit une géologie exceptionnelle, une biodiversité remarquable et des traditions culturelles anciennes portées notamment par les Hmong, les Lo Lo, les Pu Peo et les Dao. Ce plateau abrite plusieurs lieux emblématiques, parmi lesquels la résidence de la famille des Vuong, la tour du drapeau de Lung Cu, le vieux quartier de Dong Van, le col de Ma Pi Leng, les gorges de Tu San et les monts jumeaux de Quan Ba.
Le district de Quản Bạ, à 46 kilomètres au nord de la ville de Hà Giang, est célèbre pour sa porte du ciel et pour les montagnes jumelles Quan Ba, dont les formes arrondies ont nourri l’imaginaire local. Ce secteur, au climat agréable et aux rizières en terrasses photogéniques, constitue souvent l’un des premiers grands émerveillements sur la route du nord. Plus loin, à Sà Phìn, la résidence de la famille des Vuong, aussi appelée manoir de la famille Vuong ou Maison du Roi, témoigne de l’ancienne puissance d’une lignée influente. Bâtie sur une colline selon la forme du caractère chinois 王, avec pierre bleue, bois de cyprès et tuiles anciennes, elle illustre les échanges artistiques entre les cultures Hmong et Han dans cette zone frontalière.
À l’extrême nord se dresse la tour du drapeau de Lung Cu, l’un des grands symboles du pays. L’ascension, jalonnée de 389 marches de pierre puis de 140 marches intérieures, conduit à un immense drapeau national de 54 m² rappelant les 54 groupes ethniques du Vietnam. Non loin de là, le vieux quartier de Dong Van conserve une atmosphère montagnarde unique, tandis que la saison de la fleur de sarrasin ajoute à la beauté du paysage. Le col de Ma Pi Leng, long d’environ 20 kilomètres et perché vers 2 000 mètres d’altitude, relie Đồng Văn à Mèo Vạc et figure parmi les quatre grands cols du Vietnam. Associé aux gorges de Tu Sản et à la rivière Nho Quế, il compose l’un des panoramas les plus puissants du nord vietnamien.
À l’ouest, Hoàng Su Phì se distingue par ses immenses rizières en terrasses, classées site national et réparties sur plus de 3 700 hectares dans 24 communes et bourgs. Cette région, où les Dao sont particulièrement présents, offre ses plus beaux visages pendant la saison des semis, d’avril à juin, puis pendant la saison des récoltes, d’août à la mi-octobre. Plus au nord-ouest, le district de Xín Mần révèle d’autres trésors moins connus, comme la prairie de Suoi Thau, vaste étendue dominant la vallée de la rivière Chay et ponctuée de cyprès isolés, ou encore le site rupestre de Nấm Dẩn, où plus de 80 gravures vieilles de plus de deux mille ans représentent empreintes, figures géométriques et formes évoquant les terrasses rizicoles.
L’ancienne province abrite également plusieurs grottes et monuments religieux d’un grand intérêt. Au sud de la ville de Hà Giang, la grotte de Phuong Thien, la grotte de Tien et le ruisseau de Tien composent un ensemble naturel fréquenté par les habitants, notamment au moment du Nouvel An pour les prières de bon augure. La grotte de Chui, avec son entrée étroite, ses stalactites, ses chauves-souris et son ruisseau intérieur, ajoute une autre dimension à ce patrimoine souterrain. Dans le district de Vị Xuyên, la pagode Sung Khanh, à Dao Duc, conserve une stèle de la dynastie Tran et une cloche de la dynastie Lê, tandis que la pagode Binh Lam, dans le village de Tong Muong, commune de Phu Linh, protège elle aussi une cloche ancienne ainsi que des vestiges caractéristiques de la culture de la dynastie Tran.
Enfin, Hà Giang possède aussi une forte dimension historique et mémorielle. Le sous-district de Trong Con, dans la commune de Bang Hanh du district de Bắc Quang, est considéré comme l’un des berceaux du mouvement révolutionnaire local. Le marché de l’amour de Khau Vai, tenu chaque année le 27e jour du troisième mois lunaire dans la commune de Khau Vai, district de Mèo Vạc, perpétue quant à lui une tradition née d’une ancienne histoire sentimentale, mêlant aujourd’hui rencontres et échanges commerciaux.

27. L’île de Tuan Chau
L’île de Tuan Chau, située à proximité immédiate de la ville d’Ha Long, dans la province de Quang Ninh, est l’une des portes d’entrée les plus modernes de la baie d’Ha Long. Reliée au continent par une route artificielle construite sur la mer, elle est facilement accessible en quelques minutes depuis la route principale menant à la ville. Autrefois île relativement discrète, Tuan Chau s’est transformée en un vaste complexe touristique mêlant loisirs, infrastructures modernes et départs de croisières vers les paysages karstiques de la baie. Sa superficie d’environ 400 hectares, ses plages de sable et ses forêts de pins lui permettent d’offrir un cadre agréable pour les visiteurs venus découvrir la région.
L’île est aujourd’hui surtout connue pour son immense complexe de divertissements, capable d’accueillir plusieurs milliers de spectateurs. S’y trouvent notamment des spectacles d’animaux marins avec dauphins et otaries, ainsi que des représentations mettant en scène des crocodiles. Les installations comprennent également une grande fontaine high-tech où se mêlent musique, jeux de lumière laser et projections de films sur un écran d’eau. Ces spectacles aquatiques, organisés sur un vaste espace pouvant accueillir jusqu’à 12 000 personnes, constituent l’une des attractions majeures de Tuan Chau, particulièrement appréciée par les familles et les visiteurs vietnamiens.
L’un des points centraux de l’île est son grand embarcadère touristique, d’où partent de nombreuses croisières vers la baie d’Ha Long. Ce port moderne longe une longue plage artificielle d’environ 4 kilomètres bordée de cafés et de restaurants. Les visiteurs y trouvent également un vaste bâtiment regroupant les guichets des ferries et des croisières, ainsi que plusieurs établissements de divertissement comme des karaokés et une discothèque moderne. Certaines compagnies de croisières de luxe opèrent également depuis ce port, proposant des circuits haut de gamme dans la baie à partir d’environ 200 dollars par personne.
L’île dispose aussi d’une offre d’hébergement variée, composée d’hôtels deux ou trois étoiles, de complexes balnéaires et de villas installées à flanc de colline avec vue sur la baie. Parmi les établissements connus figure le Holiday Villa Tuan Chau, complexe hôtelier quatre étoiles mêlant inspirations architecturales vietnamiennes et françaises. L’île a d’ailleurs été conçue comme un lieu de séjour exclusif, avec des bungalows, des stations balnéaires et des installations de loisirs modernes. Plusieurs événements d’envergure y ont été organisés, notamment les concours Miss Univers 2008 et Miss Vietnam 2010, qui ont contribué à renforcer la notoriété du site.
Malgré son aspect très contemporain, Tuan Chau possède aussi une histoire ancienne. Des vestiges néolithiques liés à la culture d’Ha Long, datant de 5000 à 3000 ans, ont été découverts sur l’île, notamment des outils en pierre et des fragments de poterie. Sous la dynastie Lê, un poste de surveillance maritime y était installé afin de contrôler les bateaux et percevoir des taxes, ce qui explique l’ancien nom de Hon Tuan. L’île abrite également le temple Khe Ngo, dédié à Thach Vuong, ainsi que le sanctuaire Cay Da consacré à Chua Thuy.




