
Au travers de cet article que nous avons voulu le plus complet possible, nous avons souhaité vous présenter tous les lieux incontournables de Pico aux Açores, ceux que vous devez absolument voir, ceux qui représentent son essence même. Certains d’entre eux sont évidents et connus de tous, mais d’autres sont des trésors cachés qui méritent d’être parcourus. C’est pour cette raison que nous espérons que cet article qui vous présente les incontournables de Pico aux Açores, un archipel du Portugal, vous aidera à découvrir ce territoire magnifique.
Situées au sud-est de Terre-Neuve, les Açores forment un archipel portugais d’une beauté saisissante et d’une grande importance stratégique. Leur nom, dérivé du mot portugais désignant l’« autour des palombes », évoque un rapace figurant sur le drapeau régional. D’une superficie totale de 2 355 km², l’ensemble comprend neuf îles principales réparties en trois groupes naturels : São Miguel et Santa Maria à l’est, Faial, Terceira, Graciosa, São Jorge et Pico au centre, puis Flores et Corvo à l’ouest. Ces terres d’origine volcanique récente, partagées entre les plaques eurasienne et nord-américaine, présentent un relief escarpé et demeurent sujettes à une activité sismique notable.
Les Açores constituent aujourd’hui une région autonome du Portugal, intégrée aux régions ultrapériphériques de l’Union européenne. Isolées au cœur de l’Atlantique, elles se distinguent par une identité profondément insulaire, nourrie de traditions locales et d’un attachement fort à la nature. La plus vaste des îles, São Miguel, abrite Ponta Delgada, centre administratif et économique de l’archipel, tandis que Flores, la plus occidentale, marque la frontière ultime du continent européen. Cette dispersion géographique confère à l’ensemble un caractère à la fois diversifié et cohérent, reflet d’une culture façonnée par l’océan.
Grâce à leur position au croisement de l’Europe, de l’Amérique du Nord et de l’Afrique, les Açores ont longtemps joué un rôle essentiel dans la navigation et les échanges transatlantiques. Aujourd’hui encore, cet emplacement en fait un point de rencontre naturel entre continents, où s’équilibrent modernité et héritage. L’archipel conserve ainsi un rythme de vie paisible, dominé par les paysages grandioses, la proximité de la mer et une atmosphère d’authenticité rare, faisant des Açores un lieu à la fois stratégique, harmonieux et profondément humain.
| L’île de Pico, située au cœur du triangle central, possède son propre aéroport (PIX) avec des vols directs depuis Lisbonne, Ponta Delgada et Terceira. Les correspondances assurées par SATA Air Açores permettent également d’atteindre les autres îles. À l’arrivée, le transfert jusqu’à Madalena coûte environ 15 €, et les paysages volcaniques visibles depuis l’avion offrent une approche inoubliable. Par bateau, les ferries de la compagnie Atlanticô Line, relie Pico à Faial (30 minutes) et à São Jorge (60 minutes). Des services saisonniers existent aussi vers Graciosa et Terceira. |
Dominée par le majestueux Mont Pico, le plus haut sommet du Portugal (2 351 mètres), l’île de Pico est un joyau du groupe central des Açores. D’une superficie de 444 km², elle s’étend sur 46 kilomètres de long et 16 de large, formant un relief spectaculaire entre mer et volcan. Son territoire est partagé entre trois municipalités : Madalena, São Roque do Pico et Lajes do Pico, cette dernière étant la capitale administrative. L’île doit son nom à son impressionnant volcan conique, visible de très loin, qui domine les paysages environnants.
Pico est une terre façonnée par le feu. Elle est composée de trois grandes unités géomorphologiques : le volcan de Topo, situé à l’extrême sud ; le plateau d’Achada, parsemé de cônes volcaniques et de cratères lacustres ; et le volcan central de Pico, à l’ouest, véritable géant basaltique. De nombreuses éruptions ont façonné cette île, notamment les éruptions de Prainha, Santa Luzia, São João et Silveira, dont les coulées de lave forment encore aujourd’hui des champs noirs et abrupts. Si la dernière éruption sous-marine remonte à 1963, les traces du volcanisme demeurent visibles au Piqueninho, où subsistent des fumerolles actives et des zones de dégazage.
Au-delà de son caractère volcanique, Pico est aussi une terre de culture et de traditions. Ses célèbres vignobles inscrits au patrimoine mondial de l’Unesco, plantés sur des sols de lave noire et protégés par des murets de pierre, témoignent d’un savoir-faire ancestral unique. Les habitants, attachés à la terre et à la mer, perpétuent la pêche, l’agriculture et la viticulture dans un équilibre harmonieux avec la nature. Les falaises abruptes, les forêts de lauriers, les sentiers de randonnée et les cônes volcaniques offrent une palette de paysages d’une rare beauté.
Fiche pays açores (Portugal)
1. Gruta das Torres
Sur l’île de Pico, la majestueuse Gruta das Torres s’impose comme l’un des joyaux naturels les plus impressionnants des Açores. Ce tunnel de lave, long de plus de 5 kilomètres, constitue le plus vaste réseau souterrain du Portugal. Formée par l’écoulement de la lave issue du volcan Pico, aujourd’hui inactif, cette grotte témoigne de la puissance tellurique qui a façonné l’archipel. L’éruption qui lui a donné naissance a laissé un couloir basaltique d’une richesse géologique exceptionnelle, orné de stalactites de lave, de parois vitrifiées et de galeries sombres où la lumière artificielle révèle des formes étonnantes. Le site, protégé et soigneusement aménagé, n’est accessible qu’en visite guidée, garantissant à la fois la sécurité des visiteurs et la préservation de ce patrimoine naturel unique.
Les circuits proposés permettent d’explorer environ 450 mètres du tunnel, soit la partie la plus stable et la plus sûre. Le parcours, d’une durée moyenne de 75 à 90 minutes, se fait sur une passerelle aménagée qui serpente à travers des formations rocheuses impressionnantes. Chaque participant reçoit un casque et une lampe frontale, indispensables dans cette obscurité totale. L’expérience, fascinante, ne convient toutefois pas aux personnes souffrant de claustrophobie ou à mobilité réduite. La réservation préalable est obligatoire sur le site officiel de la grotte, car les groupes sont limités à 15 personnes.
Les horaires d’ouverture varient selon la saison : de mai à octobre, les visites ont lieu tous les jours de 9h00 à 12h30 et de 13h30 à 18h00, tandis que de novembre à avril, elles se déroulent du mardi au samedi. Le tarif, fixé à 10 euros pour les adultes, est réduit à 5 euros pour les enfants de 7 à 14 ans et les seniors, tandis que les plus jeunes entrent gratuitement.

2. Ponta do Pico
Dominant majestueusement l’océan Atlantique, la Ponta do Pico, ou Montanha do Pico, culmine à 2 351 mètres d’altitude, ce qui en fait le point le plus élevé du Portugal et de la dorsale médio-atlantique. Ce stratovolcan emblématique, visible à des dizaines de kilomètres à la ronde, symbolise toute la puissance et la beauté sauvage de l’île dont il porte le nom. Sa silhouette parfaite, souvent coiffée de nuages, attire randonneurs et amoureux de la nature venus vivre l’expérience unique d’une ascension vers le sommet. Cette aventure, exigeante mais inoubliable, se prépare au départ de la Casa da Montanha, centre d’accueil situé au pied du volcan, où les visiteurs doivent s’inscrire avant toute tentative.
Le sentier principal : le Trilho do Pico, long de 7,1 kilomètres, est réputé difficile. Il traverse des terrains escarpés, composés de scories volcaniques et de blocs de basalte, avant d’atteindre le cratère sommital. Le parcours, noté 4,8 sur 5 par les amateurs de randonnée, requiert endurance et prudence, mais offre des panoramas spectaculaires sur les îles voisines de Faial et São Jorge. Pour les plus aguerris, la longue route du Mont Pico, d’une longueur de 27,4 kilomètres, permet d’approcher la montagne sous un autre angle, en empruntant des crêtes isolées et des coulées de lave anciennes. Les conditions météorologiques, changeantes, ajoutent une dimension d’imprévisibilité à cette aventure en haute montagne.
Nombreux sont les visiteurs qui choisissent de gravir le Pico en fin d’après-midi, afin d’assister au coucher du soleil depuis le sommet. D’autres préfèrent partir de nuit pour atteindre le Pico Pequenino, point culminant secondaire situé au-dessus du cratère, juste avant l’aube. À ce moment, le spectacle du lever du soleil illuminant les nuages et les flots de l’Atlantique est d’une beauté bouleversante. Il convient de compter entre 2 et 3 heures pour atteindre le sommet, plus pour la descente, selon la forme physique.

3. Le paysage protégé du vignoble de Pico
Classé au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2004, le paysage viticole de l’île de Pico constitue un chef-d’œuvre de l’ingéniosité humaine face à un environnement volcanique hostile. S’étendant sur la côte ouest de l’île, ce site unique impressionne par son réseau de murs de basalte noirs, soigneusement alignés pour protéger les vignes du vent et des embruns. Ces milliers de petits enclos, appelés currais, forment un damier minéral spectaculaire descendant vers la mer. Entre ces murs, les vignerons cultivent depuis le XVe siècle des cépages tels que le verdelho, l’arinto et le terrantez, donnant naissance à des vins réputés dans toute l’Europe.
Les vins produits, tels que le Terras de Lava, le Frei Gigante ou le Basalto, séduisent par leur minéralité et leur fraîcheur, reflet du sol volcanique. Le Verdelho fortifié, ou Lajido, bénéficie du label Vinho Licoroso de Qualidade Produzido em Região Determinada, attestant sa qualité exceptionnelle. Le paysage viticole se découvre à pied grâce à un sentier de 7 kilomètres traversant les enclos et les anciennes caves à vin.

4. Madalena
Nichée sur la côte ouest de l’île de Pico, la ville de Madalena compte environ 6 049 habitants et constitue la principale porte d’entrée de l’île. Ce centre administratif et commercial, dominé par la silhouette imposante du mont Pico, séduit par son atmosphère maritime et son riche patrimoine culturel. En flânant dans ses rues soignées, le visiteur découvre une harmonie entre modernité et tradition, notamment autour de l’hôtel de ville, élégant bâtiment public qui reflète la vitalité de la commune. Le marché de Madalena, situé au rond-point de la Rua Maria Cecília Amaral, attire les habitants comme les touristes, du mardi au dimanche, entre 9h00 et 16h00.
Le patrimoine religieux de Madalena s’exprime notamment à travers l’Empire du Saint-Esprit de Madalena, typique des traditions açoriennes, où se perpétuent chaque année les festivités du culte du Saint-Esprit. Ces célébrations colorées et profondément ancrées dans la culture locale illustrent la solidarité et la foi des habitants. À proximité, les visiteurs peuvent prolonger leur découverte spirituelle en explorant les ruelles bordées de maisons anciennes, dont plusieurs appartiennent à l’architecture civile traditionnelle, témoignant d’un savoir-faire séculaire. Parmi ces maisons, la Casa do Verdelho (ou Solar das Salemas) se distingue par son pressoir, son puits de marée, son lac et sa terrasse dominant la campagne environnante. Cette demeure historique, classée bien d’intérêt municipal, offre un aperçu fascinant du mode de vie des anciens producteurs de vin.
Le musée du vin de Pico, installé dans l’enceinte du couvent do Carmo datant du XVIIe siècle, constitue sans doute l’un des joyaux culturels de la municipalité. Ouvert du mardi au dimanche (10h00-17h30 d’avril à septembre, 09h30-17h00 d’octobre à mars), ce musée retrace l’histoire de la viticulture sur l’île et met en valeur la singularité du vin de Pico, produit à partir de vignes cultivées sur des champs de lave basaltique. Les explications y sont présentées en plusieurs langues, dont l’anglais, facilitant la compréhension du processus de vinification. Dans le jardin du couvent se dresse un dragonnier millénaire, considéré comme le deuxième plus vieux au monde, véritable symbole vivant de longévité et de résistance.
L’architecture civile de Madalena se décline également à travers plusieurs moulins à vent remarquables. Ces constructions rappellent l’importance de la meunerie dans l’économie locale d’autrefois. Le moulin à vent de Porto Velho, propriété de la mairie, ainsi que le moulin à vent de Monte, à Candelária, et le moulin de Bread Land, à São Caetano, sont autant de témoins du passé rural et artisanal de l’île. Classés biens d’intérêt municipal par les résolutions régionales de 1996 et 2004, ces édifices aux silhouettes cylindriques ponctuent encore les paysages volcaniques de Pico et constituent des points de repère pour les promeneurs longeant la côte.
La richesse naturelle de la municipalité de Madalena se manifeste dans une série de sites d’une beauté saisissante. Les promontoires volcaniques tels que le Cabeço da Escaleira, le Cabeço da Junqueira ou le Cabeço da Brindeira offrent des panoramas impressionnants sur l’océan et les vignobles classés au patrimoine mondial de l’Unesco. Les baies de Baía das Pedrinhas et Areia Funda, avec leurs eaux cristallines, sont des lieux de baignade privilégiés. Les amateurs de nature apprécieront aussi le Parque Florestal da Quinta das Rosas, un espace verdoyant où se mêlent espèces endémiques, sentiers de promenade et aires de repos à l’ombre d’arbres centenaires.
L’été venu, la ville s’anime autour de la grande piscine publique d’eau salée de Madalena, une infrastructure moderne et ouverte sur la mer. Il s’agit de la plus vaste piscine artificielle extérieure de la région, offrant un espace idéal pour se rafraîchir sous le soleil atlantique. Sa profondeur permet aux amateurs de plongée d’effectuer quelques sauts spectaculaires, tandis que les nageurs débutants préfèrent s’ébattre sur les bords plus sûrs du bassin.

5. São Roque do Pico
Située sur la côte nord de l’île de Pico, dans l’archipel des Açores, la commune de São Roque do Pico compte environ 3 411 habitants et s’étend sur 144 km², soit près d’un tiers de l’île. Bordée par l’océan Atlantique au nord, elle fait face à l’île de São Jorge, tandis qu’elle partage ses limites avec Madalena à l’ouest et Lajes do Pico au sud. Cette position géographique privilégiée, adossée au majestueux stratovolcan du Pico, confère à São Roque une identité à la fois maritime et montagnarde.
Son port, le Cais do Pico, constitue l’un des principaux points d’entrée de l’île. Lieu de pêche, de commerce et de loisirs, il abrite également le port baleinier et le Porto Velho, deux infrastructures témoignant du passé industriel et maritime de la commune. En flânant sur le front de mer, les visiteurs découvrent une enfilade de piscines naturelles, de jardins arborés et de petites baies de baignade comme la Praia da Barca ou la Praia do Cabrito, idéales pour se rafraîchir après une promenade sous le soleil atlantique.
Le musée de l’Industrie Baleinière, installé dans l’ancienne usine de vitamines, d’huile et de farine de baleine, demeure l’un des sites les plus emblématiques de São Roque. Cet ensemble industriel, composé de trois bâtiments rectangulaires et d’une citerne, fut autrefois un centre d’activité majeur pour la transformation des cétacés capturés dans les eaux açoriennes. Converti en musée, il expose les imposantes chaudières, fourneaux et outils utilisés pour la production d’huile et d’engrais, offrant un aperçu saisissant de cette industrie aujourd’hui disparue.
En face du musée se dresse le monument au Baleinier, érigé en hommage aux générations d’hommes qui bravèrent les océans à la poursuite des géants des mers. Tout près, le snack-bar Aço, ouvert jusque tard dans la nuit en été, prolonge cette atmosphère portuaire animée, où se mêlent convivialité et mémoire du passé.
Le patrimoine religieux et historique de São Roque est également remarquable. Le couvent de São Pedro de Alcântara, fondé en 1658 par l’Ordre des Frères Mineurs, occupe une position dominante sur la place du Cais do Pico. Édifié à la suite d’un vœu du capitaine Sebastião Ferreira Pimentel, miraculé d’une attaque de pirates, ce monastère allie ferveur spirituelle et élégance architecturale. Sa façade sobre contraste avec la richesse intérieure de son église attenante, dédiée à Notre-Dame de la Délivrance.
À quelques pas, la chapelle de São Miguel Arcanjo, perchée sur le Caminho Velho, séduit par sa simplicité rectangulaire et son clocher latéral surmonté d’une croix. Dans le centre du bourg, l’imposante église paroissiale de São Roque, datant de 1542, se distingue par ses autels dorés, ses sculptures du XVIᵉ siècle et son lustre en argent offert par le roi Jean V de Portugal. Chaque année, les fidèles perpétuent les traditions du culte du Saint-Esprit dans les temples colorés de l’Empire du Divin Saint-Esprit de Santana (fondé en 1921) et de l’Empire du Divin Saint-Esprit de São Miguel Arcanjo, où se mêlent ferveur religieuse et festivités populaires.
Le cœur vert de São Roque se découvre dans le jardin botanique municipal, un espace paisible situé le long de la route régionale. Ce jardin abrite une étonnante collection de plantes endémiques de la laurisylve macaronésienne, parmi lesquelles se côtoient araucarias, dragonniers, cryptomerias, camélias, metrosideros, hibiscus et rosiers. Les visiteurs peuvent y flâner sur des sentiers ombragés, profiter des aires de pique-nique, des vestiaires ou encore de la piscine d’eau de mer attenante.
Cet espace, soigneusement entretenu, incarne l’harmonie entre la nature et la culture qui caractérise l’île de Pico. Non loin, la statue du roi Dinis du Portugal, inaugurée le 16 août 1940, rappelle le lien historique du pays avec ses possessions atlantiques. Tourné vers la mer, le monarque semble veiller sur la cité et ses marins, tandis que les hortensias bleus, emblèmes floraux des Açores, tapissent les pentes alentour.
Le patrimoine civil de la municipalité s’enrichit de demeures élégantes comme le Solar dos Salgueiros, situé dans la paroisse de Santa Luzia. Ce manoir, protégé par un haut mur de pierre sèche, illustre la prospérité passée des familles de notables de l’île. Avec son balcon central, son double escalier symétrique et son vaste jardin orné d’un puits à marée, il témoigne d’un art de vivre raffiné et d’une maîtrise architecturale typiquement açorienne.
À proximité se trouve la chapelle de Nossa Senhora da Pureza, qui ajoute une touche de spiritualité à ce lieu empreint d’histoire. Plus bas, la plage d’Arcos, formée par des coulées de lave aux formes singulières, offre un panorama saisissant sur São Jorge. Cette baie sauvage, où les roches dessinent parfois la silhouette d’un chien, est un exemple frappant de la puissance géologique qui façonne l’île depuis des millénaires.
São Roque do Pico, en tant que pôle administratif et économique, abrite la mairie, le tribunal de district, une école secondaire et de nombreuses infrastructures publiques.

6. Lajes do Pico
Située sur la côte sud de l’île de Pico, Lajes do Pico est une petite ville portugaise d’environ 4 403 habitants, chef-lieu d’une municipalité au riche passé maritime. Dans la ville, se trouve le fort de Santa Catarina, seul exemple d’architecture militaire subsistant sur l’île. Édifié pour protéger le mouillage contre les attaques de pirates et de corsaires, il fut entièrement restauré et abrite aujourd’hui l’office de tourisme local.
En se promenant sur le front de mer, le visiteur découvre les maisons traditionnelles en pierre de basalte noire, caractéristiques de la région, ainsi que les anciens entrepôts portuaires transformés en cafés et galeries. À proximité, le musée des Baleiniers retrace de manière émouvante l’histoire de la chasse à la baleine, autrefois essentielle à la vie économique des Açores. Situé Rua dos Baleeiros, il expose des objets rares, maquettes, harpons et cartes anciennes, tout en présentant le cachalot et son principal adversaire, le calmar géant. Ouvert du mardi au dimanche, ce musée permet de comprendre comment les habitants vivaient autrefois de cette activité, entre danger et savoir-faire.
Au cœur de la ville, les visiteurs peuvent se détendre dans la piscine naturelle du Jardim Penedo Negro, un parc paysager offrant une vue exceptionnelle sur la montagne de Pico, dont le sommet enneigé domine majestueusement l’horizon. Ce cadre verdoyant est propice à la baignade et à la promenade, particulièrement au coucher du soleil.
À l’intérieur des terres, le paysage s’ouvre sur le Lagoa do Paul, un lac paisible situé sur le plateau central et entourée par la forêt primitive de laurisylve, typique de la Macaronésie. Le Mistério de São João, quant à lui, témoigne de l’activité volcanique de l’île : il s’agit d’un vaste champ de lave formé lors d’une éruption sous-marine, aujourd’hui couvert de végétation dense. Plus loin, la Furna da Malha, un tunnel de lave long de deux kilomètres, constitue un phénomène géologique spectaculaire qui fascine les amateurs de spéléologie et de géologie insulaire.
À la périphérie de la commune, le parc forestier de Matos Souto, situé près de la paroisse de Piedade, est divisé en plusieurs zones : jardins, pépinières, terres agricoles et pâturages. Ce lieu foisonnant abrite une grande diversité d’arbres endémiques et d’espèces rares, offrant aux visiteurs des sentiers de promenade ombragés. En contrebas, le port de Lajes do Pico, l’un des plus actifs de l’île, accueille les bateaux de pêche et de plaisance. Cette installation portuaire joue un rôle crucial dans le transport interinsulaire et conserve une atmosphère authentique où se mêlent pêcheurs, marins et touristes. À proximité se dressent la chapelle de Santa Catarina et le couvent franciscain Notre-Dame de la Conception, vestiges du patrimoine religieux local.
Le patrimoine sacré de Lajes do Pico est complété par plusieurs édifices d’intérêt. L’église de la Sainte Trinité, reconstruite au XIXe siècle sur les bases d’un temple plus ancien, se distingue par sa façade sobre et ses autels dorés. Dans la localité de Ribeira do Melo, l’ermitage de São Sebastião évoque les premiers temps du peuplement de l’île.
Selon la tradition, un temple primitif existait déjà en 1592, mentionné dans le testament d’une habitante nommée Bárbara Gaspar. L’actuel sanctuaire, petit mais raffiné, abrite une statue du saint patron réalisée à Porto, véritable chef-d’œuvre de sculpture religieuse.

7. Lagoa do Capitão
Située au cœur de l’île de Pico, le Lagoa do Capitão est sans doute le lac le plus emblématique de l’archipel des Açores. Dominée par la silhouette majestueuse de la montagne de Pico, la plus haute du Portugal, il offre un panorama d’une beauté saisissante. Le reflet du volcan dans les eaux limpides du lac compose une image d’une symétrie parfaite, souvent enveloppée d’une brume légère qui renforce le mystère du lieu. Facilement accessible par la route longitudinale ER 3-2, ce lac est devenue un arrêt incontournable pour les visiteurs en quête de quiétude et de nature préservée.
Perché à près de 826 mètres d’altitude, le lac s’inscrit dans un environnement d’une richesse botanique remarquable. Ses pentes environnantes sont tapissées d’espèces endémiques de la Macaronésie, telles que l’Erica azorica, le laurier, le cèdre et le houx des Açores. Ces végétations forment un écrin verdoyant autour des eaux calmes, transformant le site en un sanctuaire de biodiversité. Les couleurs varient au fil des saisons, du vert éclatant de l’été au brun doré de l’automne, tandis que les brumes matinales ajoutent un charme presque mystique au paysage.
Lagoa do Capitão est également un haut lieu d’observation ornithologique. De nombreuses espèces trouvent refuge dans cette zone humide, parmi lesquelles le goéland leucophée, la bergeronnette printanière, la foulque macroule ou encore le pigeon ramier des Açores. Les visiteurs les plus attentifs peuvent apercevoir, selon les saisons, des espèces plus rares comme le canard siffleur d’Amérique ou la sarcellette à ailes bleues.
Non loin du lac, s’étendent des reliefs comme le Cabeço do Teixo ou la Lomba, d’où jaillissent plusieurs ruisseaux tels que la Ribeira de Dentro et la Ribeira Seca. Ces cours d’eau contribuent à l’alimentation du lac et participent à la vitalité écologique de la région.

8. Lagoa da Rosada
Perchée à environ 900 mètres d’altitude, Lagoa da Rosada repose discrètement dans le cratère d’un ancien volcan, au cœur de paysages où la nature a repris ses droits. Ce site isolé séduit par sa quiétude et par les tons changeants de ses eaux, oscillant entre le bleu profond et le vert émeraude selon la lumière. Les nuages qui s’accrochent souvent aux crêtes accentuent la dimension poétique du lieu, en en faisant un refuge privilégié pour les randonneurs à la recherche de solitude et de sérénité.
Le lac s’insère dans un environnement typiquement açorien, où la végétation endémique macaronésienne s’épanouit librement. Le houx, le cèdre, le laurier et l’Erica azorica composent un manteau végétal luxuriant qui abrite de nombreuses espèces d’oiseaux. Cette richesse écologique, préservée du tourisme de masse, confère au Lagoa da Rosada une atmosphère d’équilibre fragile entre l’eau, la terre et le ciel. Les pâturages alentours, ponctués de mousses et de fougères, rappellent la nature originelle de Pico, encore intacte dans ces hauteurs.
À proximité immédiate, Lagoa do Ilhéu et Lagoa do Peixinho viennent compléter ce tableau naturel d’exception. Ensemble, ces lacs forment un chapelet de miroirs d’eau, vestiges d’une activité volcanique ancienne. Leurs abords constituent un terrain d’observation privilégié pour les amateurs de botanique et d’ornithologie, offrant un panorama varié sur la faune locale.
Isolée mais accessible par les pistes du plateau central, Lagoa da Rosada incarne la beauté brute et silencieuse de Pico.

9. Lagoa do Peixinho
Perchée sur le plateau central de l’île de Pico à environ 900 mètres d’altitude, Lagoa do Peixinho se niche au milieu d’un paysage façonné par les forces volcaniques. Entourée de cônes et de crêtes sombres, le lac déploie un miroir d’eau tranquille où se reflètent les nuages et la végétation environnante. L’atmosphère y est à la fois douce et saisissante, empreinte du silence des hauteurs et du souffle léger du vent.
La région qui entoure Lagoa do Peixinho regorge d’espèces endémiques caractéristiques des Açores. La flore s’y compose principalement de cèdres, de lauriers et de genévriers, tandis que la bruyère et les mousses tapissent le sol humide. Cette abondance végétale témoigne du climat frais et humide du plateau, où les brumes enveloppent souvent les reliefs. À proximité, les Lagoa da Rosada et Lagoa do Ilhéu complètent ce réseau de plans d’eau d’origine volcanique, contribuant à la diversité écologique de cette zone protégée.
De nombreuses espèces d’oiseaux viennent s’y abriter, parmi lesquelles le canard siffleur, le pétrel à collier et le serin des Açores. Plus rarement, des visiteurs ailés venus d’Amérique du Sud, comme la bécassine des marais, y effectuent des haltes migratoires.
Située non loin des élévations du Cabeço do Padre Glória, du Cabeço da Palhinha et du Cabeço do Padre Roque, Lagoa do Peixinho s’inscrit dans un paysage typiquement açorien, où les traces du volcanisme se mêlent à une nature foisonnante.

10. Museu Marítimo
Situé dans la commune de Santo Amaro, le musée de la construction maritime et navale rend hommage à l’un des savoir-faire les plus anciens et les plus emblématiques de l’île de Pico : la construction de bateaux.
Ce lieu discret mais fascinant présente une collection soignée de modèles réduits, d’outils traditionnels et de maquettes reproduisant fidèlement les embarcations qui ont jadis sillonné l’Atlantique. Le visiteur y découvre la place centrale qu’occupait la mer dans la vie des habitants de Pico, qu’il s’agisse de la pêche, du transport ou de la chasse à la baleine.
Les salles du musée évoquent avec précision le labeur des artisans de Santo Amaro, autrefois réputés dans tout l’archipel pour leur habileté à façonner la charpente des navires. Chaque maquette témoigne d’un équilibre entre technique et esthétique, reproduisant jusque dans les moindres détails la finesse du gréement et la courbure des coques. Cette tradition, profondément ancrée dans la culture locale, reflète l’ingéniosité d’un peuple insulaire confronté à la puissance de l’océan.

11. Lagoa do Caiado
Au cœur du plateau d’Achada, le Lagoa do Caiado se dévoile comme un joyau d’altitude, niché à environ 822 mètres au-dessus du niveau de la mer. Plus grand lac de l’île de Pico, il s’étend dans un paysage de cratères et de coulées volcaniques adoucis par une végétation luxuriante. Depuis 1993, ses eaux limpides alimentent le réseau public de la région, tout en demeurant l’un des écosystèmes les plus préservés des Açores. La brume fréquente et les précipitations abondantes confèrent à ce lieu un charme singulier, presque mystique.
Autour du lac, la flore endémique macaronésienne s’épanouit dans toute sa diversité : Juniperus brevifolia, Picconia azorica, Erica azorica et Vaccinium cylindraceum dominent le paysage. Cette végétation, typique des milieux humides d’altitude, crée un contraste saisissant entre le vert profond des bois et les reflets argentés du lac. Les observateurs attentifs peuvent y croiser la bécasse des bois, la bergeronnette printanière ou le pinson des Açores, rendant le site incontournable pour les passionnés d’ornithologie.
Le Lagoa do Caiado se trouve au cœur de plusieurs zones protégées : la réserve forestière naturelle partielle de Lagoa do Caiado, la zone spéciale de conservation du mont Pico, et le géoparc du plateau d’Achada.

12. La ville de Lajido
À quelques kilomètres de Madalena, dans la paroisse de Santa Luzia, le hameau de Lajido offre un visage différent mais tout aussi fascinant de l’île de Pico. Installé sur de vastes coulées de lave, ce village doit son nom à ces champs basaltiques qui façonnent son paysage. Lajido est surtout connu pour son patrimoine viticole exceptionnel, inscrit dans la tradition du Verdelho, un cépage blanc typique des Açores.
Les anciens domaines viticoles, entourés de murs en pierre sèche, s’étendent jusqu’à la côte, formant un labyrinthe de parcelles protégées du vent et du sel marin. Ces enclos, ou currais, sont le symbole de la ténacité des habitants qui ont su transformer un sol volcanique aride en un terroir productif. Aujourd’hui, cette zone de culture fait partie intégrante du paysage viticole de Pico, classé au patrimoine mondial de l’Unesco, et attire œnologues, photographes et curieux.
Au centre du village se dresse la chapelle de Notre-Dame de la Pureté, érigée sur la place principale du Largo do Lajido. Ce petit édifice blanc, entouré de murs de basalte noir, constitue un repère spirituel et architectural. Autour, les maisons traditionnelles aux toits rouges et les celliers vignerons témoignent d’un mode de vie rural préservé. Les habitants continuent de cultiver la vigne, mais aussi les figuiers, souvent protégés par des murets semi-circulaires ouverts vers le sud pour capter le maximum de lumière.
Ces formes originales, visibles notamment en direction du village d’Arcos, traduisent une parfaite adaptation aux contraintes naturelles de l’île. À proximité, le centre d’interprétation de la Maison des Volcans (Casa dos Vulcões) propose une immersion captivante dans la géologie de Pico, avec des simulations en réalité virtuelle retraçant les tremblements de terre et les éruptions qui ont façonné le territoire.
Ce musée scientifique, moderne et interactif, retrace l’histoire géologique de l’île et du volcan qui la domine. Les visiteurs peuvent y vivre un « voyage au centre de la Terre » grâce à des vidéos immersives et découvrir les forces telluriques à l’origine de la formation des Açores. Les horaires d’ouverture varient selon la saison : de novembre à mars, le centre est accessible du mardi au samedi, tandis qu’entre avril et octobre, il accueille le public tous les jours. Le tarif est modeste et adapté à tous les âges.
Non loin de là, la plage d’Arcos, créée par des coulées de lave aux formes surprenantes, offre une vue saisissante sur l’île voisine de São Jorge. Bien que non surveillée, elle séduit par son aspect sauvage et ses roches sombres plongeant dans une mer d’un bleu profond.

13. Réserve forestière de Prainha
Située sur la côte nord de Pico, la réserve forestière récréative de Prainha s’étend sur près de 16 hectares et offre une immersion totale dans la nature açorienne. Ce vaste domaine combine espaces boisés, sentiers balisés et points de vue spectaculaires sur l’océan Atlantique et les pentes du volcan. Dès l’entrée, la quiétude des lieux s’impose : les pins, les bruyères et les hêtres forment une canopée dense où filtrent les rayons du soleil, tandis que le chant des oiseaux rythme la promenade.
La flore de la réserve est d’une richesse remarquable. Outre le pin des Açores (Pinus azorica), espèce emblématique de l’île, on y trouve le genévrier des Açores (Juniperus brevifolia), diverses fougères et de nombreuses plantes ornementales. Cette végétation, mêlant essences indigènes et introduites, témoigne d’un équilibre entre préservation écologique et adaptation au climat océanique. La Réserve forestière de Prainha abrite également une faune variée : oiseaux chanteurs, insectes pollinisateurs et quelques espèces endémiques qui trouvent refuge dans cette zone protégée.
Pour les randonneurs, les sentiers serpentent à travers les bois, grimpant parfois vers des belvédères d’où s’étendent des panoramas impressionnants. Le regard embrasse alors les falaises noires, les prairies verdoyantes et les reflets changeants de la mer.

14. Phare de Ponta da Iha
À l’extrémité orientale de Pico, le phare de Ponta da Ilha, également appelé phare de Manhenha, se dresse face à l’immensité de l’Atlantique. Construit sur un promontoire rocheux battu par les vents, il marque la limite entre la terre et la mer, rappelant le rôle vital des phares dans la navigation d’autrefois. Sa tour carrée de dix-neuf mètres, peinte en blanc et surmontée d’un dôme rouge, s’impose comme un repère visuel fort dans un paysage âpre et grandiose.
Érigé dans la freguesia de Piedade, ce phare, géré par l’autorité maritime nationale, a été électrifié en 1958 puis relié au réseau public en 1993. Son système optique modernisé lui confère aujourd’hui une portée de quarante-trois kilomètres, guidant encore les navires longeant l’île. Malgré ces avancées techniques, il conserve tout le charme des constructions traditionnelles, avec son logement attenant pour le gardien et sa terrasse ouverte sur la mer.
Les visiteurs peuvent profiter de visites guidées le mercredi, assurées par le gardien du phare, qui partage l’histoire et les légendes de ce lieu isolé.




