
Au travers de cet article que nous avons voulu le plus complet possible, nous avons souhaité vous présenter tous les lieux d’intérêts de Lanzarote dans l’archipel des Canaries, ceux que vous devez absolument voir, ceux qui représentent son essence même. Certains d’entre eux sont évidents et connus de tous, mais d’autres sont des trésors cachés qui méritent d’être parcourus. C’est pour cette raison que nous espérons que cet article qui vous présente les incontournables de Lanzarote aux Canaries vous aidera à découvrir ce territoire magnifique.
L’archipel espagnol des Canaries, situé dans l’océan Atlantique au large des côtes nord-ouest de l’Afrique, se compose de sept îles principales et de plusieurs îlots, formant une région autonome d’une grande diversité. Ces terres volcaniques offrent une étonnante palette de paysages, entre falaises abruptes, plages de sable noir ou doré, forêts de laurisilva, déserts de lave et vallées fertiles. Baignées par un climat doux toute l’année, elles constituent une destination privilégiée pour les voyageurs en quête de dépaysement, d’authenticité et de nature. Chaque île possède une personnalité propre, forgée par son histoire, sa géographie et ses traditions locales.
Parmi ces îles, Tenerife se distingue par le majestueux Teide, plus haut sommet d’Espagne, et par ses contrastes entre nord verdoyant et sud ensoleillé. Gran Canaria conjugue diversité paysagère et vie urbaine animée, tandis que La Palma, surnommée la isla bonita, fascine par ses reliefs escarpés et ses forêts profondes. Fuerteventura, avec ses plages infinies balayées par les vents, attire les amateurs de glisse. El Hierro incarne la tranquillité et le développement durable, tandis que La Gomera et La Graciosa proposent des expériences plus intimistes au cœur de paysages sauvages. Dans ce contexte, Lanzarote se distingue par son esthétique volcanique saisissante et son harmonie entre art et nature.
Située à seulement 127 kilomètres des côtes africaines, Lanzarote est la quatrième île de l’archipel par sa superficie. Appartenant à la province de Las Palmas, elle séduit immédiatement par ses paysages minéraux et son atmosphère singulière. Modelée par les éruptions du XVIIIe siècle, elle présente un relief dramatique composé de champs de lave solidifiée, de cônes volcaniques, de cratères profonds et de galeries souterraines. Le point culminant de l’île, les Peñas del Chache, s’élève à 674 mètres, offrant un panorama sur cet environnement austère et captivant.
L’un des joyaux géologiques de Lanzarote est le tunnel de l’Atlantide, formation sous-marine issue du volcan de la Corona. Long de plusieurs kilomètres, ce tunnel de lave est considéré comme le plus long au monde sous l’eau. L’ensemble de l’île a été reconnu réserve de biosphère par l’UNESCO en 1993, avec le parc national de Timanfaya pour zone centrale. Ce parc offre un spectacle unique de terres noires et rouges, de fumerolles et de champs de cendres, témoignage vivant de la puissance tellurique. L’activité volcanique y est encore perceptible à faible profondeur, ce qui confère au site un caractère presque surnaturel.
Les 213 kilomètres de côtes de Lanzarote dessinent un littoral varié mêlant falaises abruptes, criques secrètes et plages propices à la détente ou aux activités nautiques. S’y dénombrent 26 kilomètres de plages, dont certaines très fréquentées comme Playa Blanca, Puerto del Carmen ou Famara, prisées tant pour la baignade que pour le surf. Le contraste entre les plages de sable blond et les formations rocheuses volcaniques renforce l’étrangeté fascinante de l’île. Le littoral de Lanzarote conserve aussi de nombreux espaces naturels protégés, gérés avec rigueur pour préserver un écosystème fragile.
Arrecife, la capitale, abrite l’essentiel des services administratifs et une large partie des 140 000 habitants de l’île. Centre urbain vivant, elle conserve un port actif et un patrimoine architectural intéressant, mêlant héritage colonial et modernité insulaire. Mais dans les villages comme Teguise, ancienne capitale historique, Haría ou Yaiza, se ressent l’âme authentique de Lanzarote, entre maisons blanchies à la chaux, cultures en terrasses et traditions agricoles. Le paysage, souvent aride, se peuple de vignobles cultivés dans des fosses protégées du vent, notamment dans la région de La Geria, unique en son genre.
L’originalité architecturale de Lanzarote doit beaucoup à César Manrique, artiste et architecte natif de l’île. Convaincu de l’importance de préserver l’harmonie entre l’environnement et l’urbanisme, il a influencé en profondeur l’esthétique locale. Grâce à son action, les constructions se fondent dans le paysage, les bâtiments ne dépassent pas deux étages et les enseignes commerciales sont discrètes. Ses œuvres majeures, comme les Jameos del Agua, la Fondation César Manrique ou le Mirador del Río, témoignent d’un art intégré à la nature, célébrant la beauté brute de l’île sans jamais la dénaturer.
Fiche pays CANARIES
1. Arrecife
Arrecife, capitale de l’île de Lanzarote depuis 1852, occupe une position stratégique sur la côte est de l’île, bordée par l’océan Atlantique. Ce port naturel, abrite aujourd’hui plus de 60 000 habitants. Bien desservie par les routes LZ1, LZ2 et LZ3, Arrecife constitue le centre administratif, commercial et maritime de l’île. Le Gran Hotel Arrecife, plus haut bâtiment de Lanzarote, se dresse sur le front de mer, surplombant la ville et son port. À l’image de nombreuses villes portuaires, Arrecife s’est développée autour de fortifications historiques, dont les châteaux témoignent encore de sa vocation défensive.
Au cœur de la ville, le Charco de San Ginés constitue un bras de mer bordé de maisons de pêcheurs et de petites embarcations. Cet espace singulier, réaménagé selon un projet de César Manrique, contribue à l’attrait du centre historique. Chaque mercredi et jeudi, un marché anime les abords du lagon. À quelques pas de là, le pont de Las Bolas relie la terre ferme au château de San Gabriel, forteresse du XVIe siècle devenue aujourd’hui le musée d’histoire d’Arrecife. Non loin de là s’étend la plage El Reducto, plage urbaine protégée par un récif naturel, caractérisée par son sable doré et ses eaux tranquilles.
La ville comporte de nombreuses sculptures, installées le long de la promenade maritime qui permet d’avoir accès à tous les sites d’intérêt de la ville. La promenade se termine par un beau parc aux abords duquel sont exposés les restes en bois d’un bateau.
À proximité du front de mer, l’îlot de Fermina, récemment ouvert au public, propose un espace multifonction qui mêle culture, loisirs et nature. Il abrite le centre d’interprétation de la baie, un café et des installations conçues pour valoriser l’environnement maritime. À quelques encablures, la marina Lanzarote représente l’un des nouveaux pôles d’attractivité de la ville, avec ses boutiques, ses restaurants et ses activités nautiques. La ville conserve également une forte identité culturelle grâce au centre insulaire de culture El Almacén, espace pluridisciplinaire dédié à la création contemporaine.
Aux abords, se trouve un rond-point qui comprend une magnifique sculpture d’un pêcheur luttant pour une prise.
L’art moderne trouve un écrin remarquable dans le château de San José, qui héberge depuis 1975 le musée international d’art contemporain (MIAC). Outre ses collections, ce lieu offre un restaurant panoramique avec vue sur le port de Los Mármoles.
L’histoire religieuse de la ville est évoquée par l’église de San Ginés, érigée au XVIIe siècle, dont l’architecture mêle éléments baroques, néoclassiques et mudéjares. Face à l’église, sur la place de Las Palmas, se tient chaque samedi le marché touristique et artisanal. Tout près, la Recova municipal propose dans un cadre rénové une grande variété d’étals.
La Calle Real, aussi nommée Calle León y Castillo, constitue l’un des principaux axes commerçants de la ville. Elle regroupe de nombreuses enseignes qui offrent un large éventail de produits et de services. À quelques pas, la Casa Amarilla, ancien siège du Cabildo de Lanzarote, est aujourd’hui un espace d’exposition dédié à la mémoire ethnographique. Les espaces verts d’Arrecife sont représentés par des lieux comme le parc Islas Canarias, modernisé en 2004 avec une jetée, des aires de jeux et un parking souterrain, ou encore le parc José Ramírez Cerdá, situé face à la mer, qui abrite le kiosque à musique, fidèle réplique de celui des années 1950.
Les marchés populaires rythment la vie d’Arrecife. Outre les marchés du Charco de San Ginés et de la place de Las Palmas, d’autres marchés ponctuels viennent enrichir l’expérience urbaine.
Plusieurs sites sont inscrits au registre des biens d’intérêt culturel, dont la maison des Arroyos, la façade du bâtiment Segarra, le siège du conseil insulaire de Lanzarote, ainsi que les Salinas de Naos et les Salinas de Bufona. Cette richesse patrimoniale témoigne de l’histoire dense d’une ville qui conjugue tradition maritime, dynamisme culturel et développement urbain.

2. Haría
Haría, située à l’extrémité nord de l’île de Lanzarote, se distingue par son environnement exceptionnel, ses traditions artisanales et son lien profond avec la nature. D’une superficie de plus de 106 km², la municipalité abrite dix agglomérations, dont Haría, Máguez, Guinate, Ye, Órzola, Punta Mujeres, Arrieta, Tabayesco, Mala et Charco del Palo. Environ 30 % de son territoire est classé en espaces naturels protégés. Sa côte, longue de 42 kilomètres, est marquée par des falaises abruptes au nord et des plages accessibles à l’est. Cette commune, qui compte plus de 5 500 habitants, est surnommée la vallée aux mille palmiers, en raison de sa végétation luxuriante, visible notamment depuis le mirador de Los Helechos.
La richesse du patrimoine bâti de la ville se retrouve aussi dans des édifices singuliers comme la Casa China, également appelée La Juanita ou chalet d’Arrieta. Construite en 1916 par un habitant de la région pour sa fille malade, cette demeure se distingue par son architecture orientale et son toit en forme de pagode. À Haría, le musée d’art sacré abrite une collection remarquable liée à la tradition religieuse locale. Le point de vue sur la rivière, autre site emblématique de la commune, propose un regard unique sur les reliefs du nord de l’île.
La tradition artisanale est un pilier de la vie locale. Chaque samedi matin, le marché Haría Artesanal anime la plaza de Haría, rassemblant producteurs, créateurs et habitants autour de produits locaux et biologiques. Créé en 2001, ce marché vise à promouvoir l’ethnographie de Haría et à valoriser son patrimoine matériel et immatériel.
La figure emblématique de César Manrique occupe une place centrale dans l’identité de la ville. Dans cette commune, l’artiste choisit de vivre ses dernières années, dans une demeure aujourd’hui transformée en Casa-Museo César Manrique appelée également : Palm Grove House. Préservée dans son atmosphère d’origine, elle reflète l’harmonie entre architecture et environnement naturel. Parmi les œuvres majeures de l’artiste figure également le mirador del Río, intégré avec discrétion dans la falaise, et offrant une vue spectaculaire sur l’archipel Chinijo. Non loin de là, le mirador de Haría, ou mirador de Malpaso, permet d’embrasser d’un seul regard le panorama de la vallée, dans une atmosphère de sérénité.
Sur le plan géologique, Haría est marquée par la présence du volcan de la Corona, sommet le plus élevé du nord de Lanzarote. Son impressionnant cratère et le tube volcanique de près de 6 kilomètres qui s’étire jusqu’à la mer en font un site emblématique. Ce tube forme un réseau de galeries souterraines parmi les plus longs au monde, dont la Cueva de los Verdes constitue la section la plus spectaculaire. Ouverte au public dès 1964, cette grotte impressionne par ses formations rocheuses et ses jeux de lumière. Plus bas, les Jameos del Agua, première œuvre touristique intégrée de Manrique, incarnent l’harmonie entre art et nature, avec une lagune souterraine abritant le crabe albinos, espèce endémique.
Le patrimoine naturel de Haría s’apprécie également le long de ses côtes. À Órzola, la plage de La Cantería, bordée de falaises, séduit par son aspect sauvage, tandis que le Caletón Blanco propose des criques au sable blanc et eaux calmes. Plus au sud, les piscines naturelles de Punta Mujeres offrent un cadre idyllique pour la baignade, et la plage de La Garita, dans le village d’Arrieta, s’étire sur 500 mètres dans un cadre familial. Pour les amateurs de lieux isolés, la plage d’El Risco, accessible uniquement à pied ou en bateau, reste l’un des joyaux cachés de la commune.

3. Volcán de la Corona
Le volcan de La Corona, culminant à 609 mètres d’altitude, domine le nord-est de Lanzarote depuis son cratère imposant. Son éruption, survenue il y a environ 21 000 ans, a profondément modelé le paysage de l’île, engendrant notamment l’impressionnant Malpaís de La Corona, une mer de lave solidifiée parsemée de végétation endémique. Il est situé près du village de Yé et constitue aujourd’hui un monument naturel protégé, d’une grande valeur géomorphologique et écologique.
L’une des principales caractéristiques du volcan de La Corona est son tube volcanique, créé par l’écoulement de la lave en fusion qui, en se vidant, a laissé une cavité souterraine spectaculaire. Cette formation, longue de 6 kilomètres, continue sous la mer dans le tunnel de l’Atlantide. Deux grottes majeures ont vu le jour à la suite de l’effondrement du toit de ce tunnel : la Cueva de los Verdes et les Jameos del Agua, toutes deux devenues des attractions touristiques majeures de l’île.
Les badlands qui s’étendent depuis la base du volcan jusqu’à la mer sont typiques de la lave AA, une lave rugueuse et solidifiée. Ces paysages lunaires forment une unité naturelle cohérente, d’un grand intérêt scientifique. Deux habitats s’y distinguent : la forêt clairsemée de Tabaibal, riche en espèces végétales, et un écosystème souterrain, abritant une faune endémique remarquable, comme le Spelenoectes ondinae, une espèce unique vivant dans les cavernes du tunnel.
Une promenade jusqu’au cratère permet d’admirer des paysages spectaculaires, en découvrant au passage la flore locale et des panoramas à couper le souffle sur la côte nord-est de l’île. La randonnée met en lumière la relation harmonieuse entre les zones cultivées et le milieu naturel, témoignage de l’adaptation humaine à un environnement volcanique.

4. La Cueva de los Verdes
La Cueva de los Verdes, située elle aussi dans la municipalité de Haría, s’inscrit dans le prolongement du tunnel de lave formé par l’éruption du volcan de La Corona, il y a environ 21 000 ans. Son nom provient de la famille Verdes, qui possédait les terres environnantes. La grotte, longue de 6 kilomètres au-dessus du niveau de la mer et de 1,5 kilomètre sous la mer, se distingue par la variété de ses formes rocheuses, ses couleurs et son atmosphère mystérieuse. Elle constitue l’un des ensembles géologiques les plus spectaculaires de l’île.
L’accès à la Cueva de los Verdes se fait par un jameo, ces ouvertures naturelles typiques des tunnels de lave. Dans les années 1960, une section de deux kilomètres fut aménagée pour le tourisme, avec des éclairages colorés accentuant les textures et volumes de la roche basaltique. Cette mise en scène met en valeur la beauté du lieu tout en respectant sa structure naturelle. Les visites guidées permettent de parcourir ce dédale souterrain, tout en apprenant l’origine et la formation du tunnel.
La grotte abrite également une salle de concert naturelle, installée à proximité de l’entrée et pouvant accueillir jusqu’à 500 personnes. L’acoustique, exceptionnelle grâce à la configuration de la roche et de la voûte, en fait un espace prisé pour les concerts intimistes et les événements culturels. Ce mélange d’art, de nature et de technologie rappelle la philosophie de César Manrique, même si le projet initial d’aménagement ne lui est pas attribué directement.
Au-delà de sa valeur touristique, la Cueva de los Verdes a joué un rôle crucial dans l’histoire locale. Elle servit de refuge pour les habitants de Lanzarote, qui s’y cachaient lors des incursions de pirates et des razzias. Ces récits, toujours vivaces dans la mémoire collective, renforcent le caractère symbolique du lieu et son importance dans le patrimoine immatériel de l’île.

5. Jameos del Agua
Jameos del Agua est un site emblématique de la municipalité de Haría, au nord de Lanzarote, mêlant harmonieusement géologie, art et écologie. Ce centre d’art, de culture et de tourisme fut le premier grand projet architectural de César Manrique, célèbre artiste de l’île, qui transforma un ancien tunnel de lave en un espace unique, dédié à la contemplation et à la culture. L’aménagement débuta dans les années 1960, et après plusieurs modifications liées à la morphologie complexe du site, l’ensemble fut inauguré en 1977. Parmi ses composantes, figurent un restaurant, des jardins luxuriants, une piscine d’un vert émeraude, un musée de volcanologie et un auditorium souterrain offrant une acoustique exceptionnelle.
Le mot « jameo », d’origine guanche, désigne une ouverture formée par l’effondrement du toit d’un tunnel volcanique. Jameos del Agua est situé dans la partie basse du tunnel de l’Atlantide, un tube de lave formé lors de l’éruption du volcan de La Corona. Le site comprend trois cavités principales : Jameo Chico, Jameo Grande et Jameo la Cazuela. À l’intérieur, un lac salé souterrain s’est formé par infiltration marine.
Outre sa dimension esthétique et architecturale, Jameos del Agua constitue un site d’une grande valeur écologique. Son lac souterrain abrite une espèce endémique : la galathée aveugle Munidopsis polymorpha, un petit crustacé blanc-jaune, extrêmement sensible à la lumière, au bruit et aux polluants. Il est strictement interdit d’y jeter des pièces de monnaie, sous peine de perturber cet écosystème fragile. Cette présence confère au lieu un statut de zone écologiquement protégée, renforcé par son inclusion dans le monument naturel de La Corona, reconnu comme site d’intérêt scientifique depuis 1994.
L’intervention de César Manrique dans les Jameos visait à sublimer la beauté naturelle de ces cavités sans en dénaturer l’essence. Le projet architectural épouse les formes de la lave figée, crée des jeux de lumière avec les parois noires, et installe des éléments artistiques parfaitement intégrés dans leur environnement. Le bar, les passerelles, les terrasses et l’auditorium sont pensés comme autant de points de rencontre entre la nature et l’humain, où la création artistique devient un prolongement du paysage volcanique.

6. San Bartolomé
San Bartolomé, située au cœur de Lanzarote, occupe une position stratégique sur l’île, à proximité de l’aéroport et de la capitale Arrecife. Cette commune centrale, dont la façade maritime s’étire jusqu’à Playa Honda, est devenue l’un des pôles résidentiels les plus dynamiques de l’île. Grâce à son développement urbain équilibré, son patrimoine architectural, ses paysages volcaniques et ses plages accessibles, San Bartolomé incarne l’alliance entre modernité et tradition. L’histoire de la commune est également marquée par son rôle dans l’agriculture insulaire, comme en témoigne le monument aux agriculteurs et la Casa-Museo del Campesino, conçue par César Manrique comme un hommage à la culture rurale et artisanale locale.
Le centre historique s’articule autour de la place León y Castillo, aménagée dès 1811, et profondément remodelée au fil du temps. Encadrée par la mairie, le théâtre et la Société El Porvenir, elle constitue un point de rassemblement majeur pour les habitants. En 1977, César Manrique dirigea une rénovation qui apporta une scène, des escaliers, des pierres volcaniques et des jardins, conférant à cet espace un charme canarien typique. À proximité, la maison Ajei, bâtiment emblématique construit à la fin du XVIIIe siècle, fut longtemps un centre culturel accueillant concerts, pièces de théâtre, fêtes populaires et pratiques sportives traditionnelles. Elle est aujourd’hui classée bien d’intérêt culturel local.
Le patrimoine architectural de San Bartolomé reflète une diversité de styles et de fonctions. L’imposante église San Bartolomé, érigée à la fin du XVIIIe siècle, présente un plan en croix latine et des retables consacrés à Saint Barthélemy, aux Âmes du Purgatoire et à Notre-Dame des Douleurs. Elle conserve également les tombeaux du major Guerra et de son épouse. Non loin, le beffroi de l’hôtel de ville, coiffé d’une horloge offerte par Don Javier Perdomo Méndez, domine le paysage urbain. L’hôtel de ville lui-même a connu plusieurs extensions depuis le XIXe siècle, jusqu’à sa forme actuelle dans les années 1970.
Parmi les résidences historiques remarquables figure la maison Sarde, qui abrite aujourd’hui des services municipaux. Acquise à la fin du XIXe siècle par Don Pedro Cerdeña Armas, marchand influent et maire à plusieurs reprises, elle conserve encore les traces d’un pressoir à vin et d’une cave d’origine. Autre demeure notable, la maison Guerra Mayor, perchée à flanc de montagne, se distingue par son architecture en pierre, sa cour centrale avec balcon panoramique et son système ingénieux de fossés d’irrigation. Ce bâtiment, classé bien d’intérêt culturel, reflète le rôle économique et politique majeur de la famille Guerra dans l’histoire insulaire.
Le tissu urbain de San Bartolomé s’enrichit aussi d’autres maisons historiques telles que la maison de Don Frasco, bâtiment aux multiples propriétaires, inscrit au catalogue architectural municipal, et la maison de Don Sebastián Martín Perdomo, ancienne pension accueillant enseignants, chercheurs et voyageurs au début du XXe siècle. On y trouve encore des citernes, cuisines traditionnelles et entrepôts agricoles, témoignant de la vie quotidienne des familles de notables locaux. La maison et moulin de Don Juan Armas, édifiée au début du XXe siècle, abritait une boutique, un moulin à vent venu de Tenerife, et une cave à vin, constituant un véritable microcentre économique.
Le musée Tanit, installé dans la maison historique de Don José Ferrer, retrace plus de deux siècles de vie insulaire. Ce musée ethnographique, inauguré en 2000, rassemble des objets liés aux pratiques agricoles, domestiques et religieuses des habitants de l’île, depuis les Majos, premiers occupants de Lanzarote jusqu’au XXe siècle. S’y découvrent des outils agricoles, des documents anciens, des ustensiles ménagers et des photographies, offrant une plongée dans l’univers culturel de la commune. Cette maison abrite aussi d’anciens équipements comme un pressoir, une aire de battage, une citerne et une boulangerie.
L’identité de San Bartolomé est également marquée par son patrimoine aborigène. Sur les pentes sud de la montagne Guatisea, on peut observer des canaux et bassins aux formes énigmatiques, interprétés par les archéologues comme des traces de rituels magico-religieux. Des vestiges de céramique et de malacofaune ont été découverts à Los Goires et Bebederos, tandis qu’une grotte funéraire collective a été identifiée à la Montaña Mina.
L’une des figures incontournables de l’histoire économique locale est le moulin de José María Gil, érigé en 1870. Ce moulin à vent, classé bien d’intérêt culturel, joua un rôle central dans la production de gofio, aliment fondamental de la gastronomie canarienne. Doté de trois étages fonctionnels, il transformait les grains torréfiés en farine grâce à l’énergie éolienne. Il fut modernisé au XXe siècle par l’ajout d’un moteur à mazout. Sa structure en pierre, boue et chaux, coiffée de pales, est emblématique du patrimoine rural insulaire.

7. Teguise
Teguise, ancienne capitale de Lanzarote jusqu’en 1852, est l’une des plus anciennes villes des îles Canaries, à l’instar de Betancuria sur Fuerteventura. Située au centre de l’île, cette commune peuplée de 23 848 habitants regroupe également les îlots de l’archipel de Chinijo, dont La Graciosa et plusieurs roques inhabités. Son riche passé se dévoile à travers les ruelles pavées de la villa de Teguise appelée également Casco histórico, un ensemble classé pour son caractère architectural, historique et artistique. Avec ses maisons seigneuriales, ses bâtiments religieux, ses musées et ses places animées, Teguise illustre l’époque de splendeur vécue sous les dynasties Bethencourt et Herrera.
Le château de Santa Bárbara, perché sur le volcan Guanapay, surplombe toute la ville. Construit au XVe siècle, il servait de poste de surveillance contre les invasions et les actes de piraterie. Aujourd’hui, il abrite le musée de la piraterie, où sont retracées les attaques qui ont marqué l’histoire des Canaries. Ce site emblématique est également classé bien d’intérêt culturel. Non loin, la maison musée du timple, installée dans le palais de Spínola, retrace l’histoire de cet instrument de musique typiquement canarien et accueille divers événements culturels. Le palais, manoir majestueux du XVIIIe siècle, constitue l’un des joyaux du patrimoine civil de la ville.
Chaque dimanche, le mercadillo de Teguise attire des visiteurs venus de toute l’île. Ce marché populaire, l’un des plus emblématiques de l’archipel, anime le centre historique avec ses étals d’artisanat, de produits biologiques, de spécialités locales et de souvenirs. À Costa Teguise, plusieurs autres marchés : marché artisanal, marché agricole et mercadillo viennent compléter l’offre commerciale.
Le riche patrimoine religieux de Teguise se manifeste dans des édifices remarquables tels que l’église Notre-Dame de Guadalupe, l’église mère de Lanzarote, érigée au XVIe siècle. Le couvent de San Francisco et le couvent de Santo Domingo, tous deux des XVIe et XVIIe siècles, témoignent également de l’architecture religieuse canarienne. S’y ajoutent plusieurs ermitages notables : San Rafael, Notre-Dame des Neiges, patronne historique de l’île, et l’ermitage du Très Saint Christ de la Vraie Croix, révéré dans toute l’île. Le site de La Cilla complète cet ensemble religieux d’importance.
À quelques kilomètres, le jardín de cactus, œuvre majeure de César Manrique, se dresse à Guatiza. Il rassemble quelque 4 500 spécimens de 450 espèces de cactus venus du monde entier, dans un amphithéâtre naturel magnifié par l’esthétique de l’artiste. À proximité, la figuière de Barbarie sert à la culture de la cochenille, dont est tiré depuis 1835 un colorant rouge naturel.
Dans le hameau de Tahiche, la fondation César Manrique occupe l’ancienne résidence de l’artiste. Construite au milieu de coulées de lave, la maison fusionne art, architecture et nature. Elle constitue aujourd’hui un centre de documentation, un musée et un espace d’exposition. À Tiagua, le musée agricole El Patio, installé dans une ancienne finca, présente les outils, l’architecture et les traditions agraires de Lanzarote, permettant d’explorer le passé rural de l’île à travers une collection ethnographique remarquable.
Le littoral de la commune réserve aussi des merveilles, à commencer par la playa de Famara, étendue sauvage de sable doré dominée par les falaises d’El Risco. Le village de Caleta de Famara, avec ses ruelles sablonneuses, ses écoles de surf et ses restaurants de poissons frais, est un lieu prisé pour la détente et les promenades au coucher du soleil.
Enfin, la zone balnéaire de Costa Teguise, avec ses plages de Bastián, Las Cucharas et Jablillo, propose une atmosphère conviviale adaptée au tourisme familial. Cette station moderne, dotée de nombreux hôtels, bars, restaurants et services de loisirs, est aussi le site de la résidence royale de La Mareta. Cette demeure côtière fut offerte à la famille royale espagnole par le roi Hussein Ier de Jordanie et fut restaurée par César Manrique, confirmant ainsi le lien étroit entre l’artiste et les paysages de son île natale.

8. Tías
Tías, commune du centre-sud de Lanzarote, peuplée de 23 848 habitants, s’étend jusqu’à l’Atlantique où se trouve l’une des plus importantes zones touristiques de l’île. Elle abrite Puerto del Carmen, centre touristique de premier ordre né du village de pêcheurs de La Tiñosa. La ville est parsemée de lieux de culte emblématiques tels que l’église San Antonio, l’église de la Candelaria ou encore la paroisse Nuestra Señora de Lourdes, qui témoignent de la ferveur religieuse locale. Son atmosphère paisible se conjugue à l’effervescence touristique de son littoral.
À Puerto del Carmen, l’avenue des plages longe une succession de criques et de plages naturelles aux eaux calmes et au sable doré. Playa Chica, Playa Grande, Playa de Los Pocillos et Playa de Matagorda se distinguent comme des lieux prisés pour la baignade, le farniente ou les activités nautiques. La clarté de l’eau et la douceur du climat font de cette partie du littoral un véritable écrin balnéaire, idéal pour les familles comme pour les amateurs de sports.
L’un des grands attraits de Puerto del Carmen réside dans la richesse de ses fonds marins. Ce secteur abrite plusieurs des principaux sites de plongée de l’île, accessibles aux débutants comme aux plongeurs expérimentés. Plusieurs centres proposent des prestations personnalisées permettant d’explorer les grottes volcaniques, les tombants ou les épaves disséminés sous les flots. Chaque vendredi, le marché artisanal de Puerto del Carmen investit le quartier du Varadero, proposant artisanat local, produits typiques et souvenirs.
À proximité, A Casa José Saramago, demeure du prix Nobel portugais, accueille les visiteurs dans une ambiance intime et littéraire. Cette maison, que l’écrivain considérait comme « faite de livres », fut pour lui un havre d’inspiration pendant les dix-huit dernières années de sa vie.

9. Tinajo
Tinajo, située au nord-ouest de l’île, s’inscrit dans un paysage volcanique impressionnant. Parmi les édifices religieux, l’église de San Roque, l’ermitage de Notre-Dame de Regla, l’ermitage de Los Dolores, patronne de l’île, témoignent du rôle central de la spiritualité dans la culture locale. L’ermitage de Mancha Blanca, construit en 1781, suscite une dévotion particulière en raison de la protection miraculeuse attribuée à la Vierge lors des éruptions volcaniques du XVIIIe siècle.
Le territoire de Tinajo englobe une grande partie du parc naturel Los Volcanes, voisin du parc national de Timanfaya. S’y découvrent des formations géologiques spectaculaires comme le volcán del Cuervo, la Montaña Colorada et la majestueuse Caldera Blanca, le plus grand cratère de l’île. Plusieurs sentiers balisés de difficulté modérée permettent d’explorer ces paysages, où alternent coulées de lave pétrifiées, bombes volcaniques et vastes caldeiras.
Le centre d’interprétation et de visiteurs de Mancha Blanca constitue une excellente introduction à la compréhension des phénomènes volcaniques et du patrimoine géologique de l’île. Conçu comme une porte d’entrée vers Timanfaya, il propose des contenus didactiques sur la formation de Lanzarote, ses écosystèmes et ses enjeux de conservation. Ce centre est également un point de départ stratégique pour les excursions dans le parc.
Le site ethnologique de Tenesera, la grotte des Naturalistes, la grotte d’Ana Viciosa et le site paléontologique de La Isleta de La Santa permettent d’enrichir la découverte de Tinajo par une approche historique et scientifique. Ces lieux, témoins des premiers peuplements et de l’adaptation humaine à un environnement volcanique, sont d’un grand intérêt pour les passionnés d’archéologie et de nature.
Enfin, le village côtier de La Santa complète l’attrait de la commune avec sa gastronomie marine et son ambiance sportive. Réputé pour ses poissons frais, il est aussi un spot de surf internationalement reconnu grâce à la redoutable vague d’El Quemao. La Plaza de San Roque, située au cœur de Tinajo, ainsi que le marché agricole de Mancha Blanca, participent à la vie locale en perpétuant les traditions agricoles, artisanales et culinaires de cette partie authentique de Lanzarote.

10. Parque Natural de Los Volcanes
Situé à l’ouest de Lanzarote, le parc naturel des Volcans s’étend sur plus de 10 000 hectares et englobe les communes de Tías, Tinajo et Yaiza. Ce territoire, modelé par les éruptions historiques de 1730 à 1736 et celle de 1824, représente un exceptionnel conservatoire de phénomènes volcaniques. Sa géographie tourmentée, jalonnée de coulées de lave, de tunnels, de lacs figés et de cônes volcaniques, est le fruit d’une dynamique géologique encore perceptible. S’y ajoute la spectaculaire Caldera Blanca, l’un des plus grands cratères de l’île.
Parmi les autres sites d’intérêts, il convient de ne pas manquer la Montana Cuervo, la Montana Colorada et la Montana Negra.
Le parc est voisin du parc national de Timanfaya, avec lequel il partage une continuité paysagère. Il est également bordé par La Geria, un paysage protégé reconnu pour ses vignobles noirs plantés dans le lapilli. Ce cadre confère au parc des Volcans un double intérêt : géomorphologique et esthétique. La diversité de ses structures volcaniques, des hornitos aux champs de scories, rend chaque promenade fascinante, chaque détour propice à la contemplation.
Peu propice à la végétation, la zone recèle néanmoins une flore spécifique qui s’est adaptée à l’aridité. Les lichens sont particulièrement présents, offrant une gamme de teintes sur la roche sombre. Les béjeques, géraniums sauvages et autres plantes succulentes apparaissent dans les zones les plus anciennes. La faune, quant à elle, se compose principalement de reptiles et d’oiseaux qui trouvent refuge dans les cavités naturelles ou les formations rocheuses.
Outre sa valeur écologique, le parc présente une importance particulière en tant que zone de protection spéciale pour les oiseaux (ZPS). Les environs du lagon de Janubio, non loin de là, attirent une grande diversité d’espèces marines et migratrices.
L’accès au parc se fait principalement par Tinajo, mais peut également s’effectuer depuis Yaiza. Plusieurs sentiers de randonnée permettent d’explorer ses recoins les plus spectaculaires, dans le respect de l’environnement. En chemin, le Bejeque, plante emblématique des Canaries, surgit entre les blocs basaltiques, ajoutant une touche végétale à ce monde minéral.
Non loin de cette étendue volcanique, les villages de Tías, Tinajo et Yaiza proposent une halte culturelle et patrimoniale. Leurs églises, musées, marchés traditionnels et miradors complètent agréablement la découverte du parc naturel des Volcans.

11. Parc national de Timanfaya
Le parc national de Timanfaya, emblème de Lanzarote, est un territoire d’une beauté saisissante, façonné par les éruptions successives des XVIIIe et XIXe siècles. Avec ses 51 km² de champs de lave, ses volcans aux teintes rougeoyantes et ses paysages lunaires, ce parc unique en Espagne pour son caractère exclusivement géologique attire chaque année des centaines de milliers de visiteurs fascinés par son atmosphère irréelle.
Le cœur du parc est dominé par les Montañas del Fuego, accessibles depuis la route LZ-67. Le site comprend un centre de réception au Taro, une cafétéria-restaurant volcanique baptisé El Diablo, dessiné par César Manrique, ainsi qu’un service de visite en bus, inclus dans le tarif d’entrée. Cette excursion guidée permet de traverser les zones les plus inaccessibles du parc tout en découvrant ses paysages les plus spectaculaires, ponctués de démonstrations géothermiques étonnantes.
| Le meilleur moment pour visiter le parc se situe tôt le matin ou en fin d’après-midi, lorsque la lumière met en valeur les nuances de la lave et que l’affluence touristique est moindre. La visite principale s’effectue en bus depuis le restaurant El Diablo, avec un circuit de 30 à 40 minutes offrant un commentaire audio multilingue. Les deux côtés du bus offrent de beaux panoramas, mais la droite est légèrement plus avantageuse. Il est important de noter que l’on ne peut pas descendre du bus pour préserver le fragile sol volcanique. Le coût d’entrée est de 12 euros pour les adultes et de 6 euros pour les enfants. (Tarifs en vigueur au 08 juillet 2025) Enfin, pour les visiteurs qui préfèrent explorer librement, le parc naturel des Volcans, qui entoure Timanfaya, est une alternative idéale. L’accès y est gratuit et plusieurs sentiers balisés permettent de découvrir des cônes volcaniques emblématiques tels que Montaña Cuervo, Caldera Blanca ou Montaña Negra. Côté hébergement, les meilleures options se trouvent à Playa Blanca, Puerto del Carmen ou Costa Teguise, avec un large choix d’hôtels pour tous les types de voyageurs : établissements de charme, complexes familiaux ou resorts adults-only. |
L’activité volcanique reste perceptible dans certaines zones du parc, où la température à quelques centimètres de profondeur peut atteindre 120°C. Des geysers artificiels sont déclenchés par les gardes du parc en versant de l’eau dans des fissures, pour montrer la chaleur toujours présente sous la croûte terrestre. Au restaurant El Diablo, des grillades sont même préparées au-dessus d’un puits géothermique, une curiosité culinaire inoubliable.
En marge du circuit motorisé, plusieurs sentiers balisés permettent de découvrir à pied cette nature intacte. Le sentier de Tremesana, accessible uniquement sur réservation, propose une immersion guidée au cœur des anciennes coulées de lave. Un second itinéraire, celui du littoral, peut se parcourir librement. Ces chemins révèlent la biodiversité discrète du parc, dominée par les lichens, seuls végétaux capables de survivre sur les roches volcaniques nues.
Le centre des visiteurs de Mancha Blanca, situé en dehors du périmètre du parc, constitue une étape idéale pour comprendre les phénomènes volcaniques à l’origine de Timanfaya. Par le biais de maquettes, de films et d’expositions, il permet une lecture complète du site, tout en sensibilisant à la fragilité de ce milieu naturel exceptionnel.
Pour les amateurs de traditions, l’echadero de camellos, sur la LZ-67, propose une balade à dos de dromadaire sur les pentes volcaniques. Le lieu inclut un petit musée qui présente l’usage agricole de ces animaux dans l’histoire de Lanzarote. Bien que très touristique, cette activité reste un clin d’œil aux usages anciens de l’île, où les chameaux étaient encore utilisés pour le transport des récoltes.
Le parc de Timanfaya possède également des zones de protection renforcée, comme les Montañas del Fuego ou l’îlot de Halcones, en raison de leur valeur géologique et écologique. Les volcans emblématiques comme la Montaña Rajada, la Caldera del Corazoncillo ou le Volcán del Chinero enrichissent la diversité du paysage, constituant un catalogue à ciel ouvert de la dynamique volcanique.

12. Charco Verde
Sur la côte ouest de Lanzarote, au sein du cratère ouvert d’un ancien volcan, s’étend le Charco de los Clicos, également appelé Chaco Verde. Ce lac insolite doit sa teinte émeraude à une forte concentration d’algues en suspension, combinée à un taux de salinité exceptionnellement élevé, supérieur même à celui de la mer Morte. Résultat d’un phénomène topographique unique, le Charco s’est formé par affleurement d’eau de mer et constitue aujourd’hui l’un des paysages les plus photographiés de l’île.
Le contraste entre les couleurs naturelles est saisissant : la lagune verte repose au pied de falaises volcaniques aux nuances rouges, noires et jaunes, en bordure d’une plage de sable noir. Ce décor surréaliste, d’une longueur d’environ 150 mètres, fascine particulièrement au coucher du soleil, lorsque les teintes se mêlent dans une lumière rasante. La baignade est interdite dans la lagune afin de préserver cet écosystème fragile.
L’accès au site se fait aisément par un sentier aménagé partant du village d’El Golfo, où un parking est situé à l’entrée. Un autre chemin longeant l’océan permet également d’atteindre la lagune depuis le sud du village. Ce petit port de pêche est connu pour ses restaurants en bord de mer, qui proposent une cuisine locale, principalement tournée vers les produits de la mer.
Entouré de champs de lave ʻAʻā datant des éruptions du XIXe siècle, El Golfo conserve une atmosphère authentique. Quelques bateaux colorés sur le rivage rappellent la vocation maritime du village, qui ne compte que 131 habitants. Le site de Los Hervideros, célèbre pour ses falaises battues par les vagues, se trouve à proximité, renforçant l’attrait touristique du littoral ouest de l’île.
Un sentier côtier part du nord d’El Golfo et permet de rejoindre en une heure de marche la Playa del Paso, traversant au passage des formations géologiques spectaculaires, telles que des tunnels de lave de plusieurs mètres de long.

13. Ermitage de la Vierge des Douleurs
Situé à Mancha Blanca, dans la commune de Tinajo, au centre-ouest de l’île, l’ermitage de Nuestra Señora de los Dolores est un lieu emblématique de la ferveur religieuse à Lanzarote. Dédié à la Vierge des Douleurs, également appelée Notre-Dame des Volcans, il est intimement lié à l’histoire géologique de l’île. Érigé en hommage à la protection supposée de la Vierge lors des violentes éruptions de 1730 à 1736, ce sanctuaire est devenu un centre de pèlerinage majeur.
L’histoire de l’ermitage est marquée par des récits de miracles : l’un des plus célèbres raconte qu’une procession s’approcha d’une coulée de lave menaçante, y planta une croix en bois, et que la lave s’arrêta subitement à cet endroit précis. Une croix en teck, clouée sur la base de l’ancienne, marque aujourd’hui encore le site où le flot s’est arrêté. Cet épisode renforce la dévotion populaire à la Vierge, notamment lors des célébrations annuelles du 15 septembre et du 31 juillet, cette dernière commémorant la fin miraculeuse des éruptions de 1824.
L’architecture du sanctuaire reflète les particularités locales. Sa façade, sobre et élégante, présente un arc en plein cintre encadré de basalte noir, un oculus central et un clocher-mur à double arcade surmonté d’un fronton. L’intérieur, à nef unique, est rehaussé par une coupole de style semi-orange dotée d’ouvertures trilobées, tandis que la pierre volcanique souligne les éléments structurels majeurs de l’édifice, en contraste avec le calcaire blanc.
Malgré son importance religieuse, l’édifice a connu plusieurs phases d’abandon et de restauration, notamment en 1849 et en 1988. Lors de cette dernière fermeture, la coupole s’effondra deux heures seulement après le retrait de la statue de la Vierge, un événement qui fut perçu comme un autre signe miraculeux. Restauré, le sanctuaire accueille à nouveau les fidèles venus des quatre coins de l’île, particulièrement durant les grandes fêtes religieuses.

14. Puerto del Carmen
Puerto del Carmen, principale station balnéaire de Lanzarote, s’étire sur sept kilomètres de côtes sablonneuses dépendant de la commune de Tías. Avec plus de 11 000 habitants et une capacité d’accueil de 30 000 visiteurs, elle représente le cœur touristique de l’île. Située au sud-est, à proximité de l’aéroport, cette ville dynamique bénéficie d’un climat particulièrement doux et d’un ensoleillement optimal toute l’année, à l’abri des vents dominants.
Les plages sont l’atout majeur de Puerto del Carmen. Playa Grande, longue de 1 190 mètres, est parfaitement aménagée avec des installations pour les personnes à mobilité réduite, des toilettes, un parking et des zones ombragées. Playa de los Pocillos et Playa de Matagorda, plus calmes, séduisent les familles. En revanche, Playa Chica, nichée dans la vieille ville, est la destination phare des amateurs de plongée sous-marine.
La plongée est ici une véritable institution. Les eaux limpides affichent une température variant entre 19 et 23 °C et une visibilité exceptionnelle allant jusqu’à 30 mètres. De nombreux centres de plongée proposent des excursions vers plus de dix sites différents accessibles depuis la côte ou en bateau, autour de Playa Chica, devenue un haut lieu du tourisme subaquatique aux Canaries.
Outre les plages, Puerto del Carmen propose une offre variée de loisirs et de commerces. Le vieux port, avec ses restaurants en terrasse surplombant la marina, conserve son charme authentique, tandis que la nouvelle ville abrite bars, boutiques touristiques et clubs animés. Le centre commercial Biosfera Plaza, inauguré en 2002, offre une sélection de marques internationales et des lieux de divertissement pour tous les publics.

15. Costa Teguise
Située sur la côte est de Lanzarote, à seulement 6 kilomètres d’Arrecife et à 14 kilomètres de l’aéroport, Costa Teguise est une station balnéaire paisible appartenant à la commune de Teguise. Avec plus de 7 000 habitants, elle figure parmi les destinations touristiques les plus prisées de l’île, aux côtés de Puerto del Carmen et Playa Blanca. Son climat tempéré, rarement en dessous de 20 °C, et ses installations modernes en font un lieu apprécié des familles tout au long de l’année.
Costa Teguise se distingue par ses longues promenades côtières bordées de palmiers, ses nombreux restaurants, boutiques, cafés et parcs verdoyants. Bien que la ville ne possède pas de centre-ville traditionnel, elle offre une atmosphère conviviale et détendue. L’une de ses particularités est d’accueillir le seul parc aquatique de l’île ainsi que l’un des deux parcours de golf de Lanzarote, idéal pour les amateurs de loisirs en plein air. Le territoire comporte également un bel aquarium.
La station est également connue pour la résidence royale de La Mareta, édifice prestigieux construit pour le roi Hussein de Jordanie puis légué à la famille royale espagnole. Remodelée par César Manrique, elle témoigne d’une intégration architecturale harmonieuse dans l’environnement naturel. Ce lieu emblématique ajoute une touche de prestige à la ville.
Parmi les plages, Playa de las Cucharas est la plus vaste et célèbre, notamment pour la pratique du windsurf, très populaire grâce aux vents constants. Playa de los Piscines, sa voisine, présente un sable plus foncé. Plus paisible, Playa del Jablillo est protégée par une digue qui forme une piscine naturelle à marée basse. Au sud, Playa Bastián mêle sable doré, cendres volcaniques et petites pierres appelées picon, typiques de l’île.

16. Jardin de cactus
Niché dans l’ancienne carrière de Guatiza, dans la commune de Teguise au nord de l’île, le jardin de cactus est l’une des œuvres les plus marquantes de César Manrique. Inauguré en 1990, ce jardin botanique, ultime projet de l’artiste, incarne parfaitement son concept d’art intégré au paysage. Il illustre la capacité à sublimer un environnement désertique en un espace poétique et surprenant.
Conçu en amphithéâtre à gradins de pierre volcanique, le jardin de cactus abrite plus de 1 400 espèces de cactus originaires de toutes les régions du monde. Sur une surface de plus de 5 000 m², ces plantes extraordinaires forment un véritable musée végétal à ciel ouvert, offrant au visiteur un voyage au cœur de la biodiversité du monde aride.
Au centre du jardin, plusieurs monolithes de gravier compacté témoignent de l’ancienne activité extractive du site. Des bassins décoratifs, peuplés de poissons colorés et couverts de nénuphars, introduisent une note de fraîcheur et de délicatesse dans ce décor minéral. L’ensemble est surplombé par un moulin blanc à gofio, élément architectural typique des Canaries, qui confère au site une silhouette emblématique.

17. Playa Blanca
Située à l’extrémité sud de Lanzarote, Playa Blanca avec ses 13 000 habitants fait partie de la commune de Yaiza et constitue, avec Puerto del Carmen et Costa Teguise, l’un des trois pôles touristiques majeurs de l’île. Face au détroit de Bocaina et à l’île de Fuerteventura, elle bénéficie d’un cadre naturel exceptionnel, au pied de la Montaña Roja, et à proximité du massif désertique des Ajaches et de la plaine de Los Rostros.
Son développement rapide au cours des dernières décennies s’est accompagné d’une modernisation importante de ses infrastructures. Elle dispose aujourd’hui d’un port maritime bien desservi, notamment par des liaisons régulières vers Corralejo, sur Fuerteventura. L’autoroute du sud de l’île y prend fin, facilitant l’accès aux voyageurs, tandis que l’aéroport César Manrique se trouve à une trentaine de kilomètres.
Les plages constituent l’un des grands atouts de Playa Blanca. Parmi les plus prisées figurent Playa Flamingo, Playa Blanca elle-même, Playa Dorada, ainsi que les célèbres plages de Papagayo, protégées au sein du monument naturel de Los Ajaches. Ces dernières, situées à l’est, séduisent par leurs eaux cristallines et leurs criques abritées. À l’ouest, les Charcones offrent des piscines naturelles peu fréquentées, idéales pour la baignade loin de la foule.
L’un des monuments les plus emblématiques de Playa Blanca est la Torre de las Coloradas ou Torre del Águila, construite entre 1741 et 1744 pour défendre la côte contre les incursions berbères. Déclarée bien d’intérêt culturel, elle surplombe la Marina Rubicón, haut lieu du tourisme nautique, où se tiennent régulièrement un marché hebdomadaire et de nombreux événements marins.
La ville combine harmonieusement son charme naturel avec une large offre touristique : hébergements variés, centres commerciaux, promenades piétonnes, restaurants à thème, pubs et discothèques forment un tissu dynamique qui attire une clientèle internationale toute l’année.

18. La Geria
Située au cœur de l’île de Lanzarote, La Geria est une vallée viticole emblématique et un parc naturel au paysage volcanique unique. Étendue sur environ 15 kilomètres entre Mozaga et Uga, cette région étonne par sa méthode traditionnelle de culture de la vigne dans les lapilli, appelés localement rofe. Les vignes y sont plantées dans des fosses coniques appelées gerias, entourées de petits murets en pierre sèche, qui permettent aux ceps de s’ancrer dans un sol fertile tout en réduisant l’évaporation et en les protégeant du vent. Ce système ingénieux, né après l’éruption du Timanfaya en 1730, est également utilisé pour la culture de figuiers.
Classée espace naturel protégé depuis 1987 et reclassée en 1994, La Geria couvre plus de 5 200 hectares sur les territoires des communes de Yaiza, Tías, Tinajo, San Bartolomé et Teguise. Elle abrite plusieurs petits villages viticoles comme Masdache, Vega de Tegoyo, La Asomada, Conil, El Islote-Casa de la Florida et La Geria elle-même. Ce parc est également déclaré zone de protection spéciale pour les oiseaux (ZEPA), et intègre des éléments naturels spectaculaires tels que la Cueva de los Naturalistas, un impressionnant tunnel volcanique.
Les paysages de La Geria sont structurés par des milliers de petits murets appelés zocos ou goros, construits à partir de pierres volcaniques. Ces enclos semi-circulaires entourent chaque cep de vigne, offrant protection contre les vents secs du Sahara. La disposition régulière de ces murets forme depuis le ciel un motif géométrique rappelant des alvéoles. Ce système, respectueux de la nature, permet également de capter la rosée, qui constitue souvent la seule source d’humidité dans cet environnement aride.
La vigne malvasía, typique de cette région, donne naissance à des vins d’une qualité remarquable. Du blanc sec au moelleux, en passant par le rouge et le rosé, les vins de La Geria sont reconnus parmi les meilleurs des Canaries. Plusieurs bodegas jalonnent la route des vins entre Uga et Mozaga, proposant dégustation, visite et vente directe. Parmi les plus célèbres figurent La Geria, El Grifo, Stratvs, Rubicón, Los Bermejos, Guiguan, La Florida, Tisalaya, Martínón, Vega de Yuco, Reymar ou encore Tierra de Volcanes.
Le Museo del Vino El Grifo, situé à la sortie de Masdache en direction de Mozaga, retrace l’histoire viticole de l’île et permet de mieux comprendre les techniques de culture sur terrain volcanique. Lieu de mémoire autant que de dégustation, il est l’un des points forts culturels de la région, accueillant chaque année de nombreux amateurs de vin et de patrimoine rural.
Le paysage est dominé par la Montaña Diama et la Montaña de Guardilama, qui forment une toile de fond spectaculaire à ces vignobles insolites. Les pentes noires et ocre de ces montagnes se fondent harmonieusement avec les cultures, offrant des panoramas saisissants que l’on peut admirer depuis les routes panoramiques traversant le parc. Des taros, petites cabanes de viticulteurs construites en pierres volcaniques, ponctuent les vignes et témoignent des pratiques rurales locales.

19. Mirador del Río
Dominant la partie nord de Lanzarote depuis les hauteurs du Risco de Famara, à 474 mètres d’altitude, le Mirador del Río offre une des vues les plus spectaculaires de l’archipel. Situé au sommet d’une falaise vertigineuse, il surplombe El Río, le détroit qui sépare Lanzarote de La Graciosa, et embrasse d’un seul regard le parc naturel de l’archipel de Chinijo, ses îlots volcaniques (Montaña Clara, Roque del Oeste, Alegranza et Roque del Este) et les tons rouges des Salinas de Guza. Conçu par César Manrique dans les années 1970, ce belvédère architectural marie subtilement nature et art.
L’accès au Mirador se fait par un couloir sinueux, orné de poteries traditionnelles de l’artisan Juan Brito. L’entrée, marquée par une sculpture de Manrique représentant un oiseau et un poisson, symboles de l’air et de l’eau débouche sur deux larges fenêtres voûtées offrant une vue à couper le souffle. L’intérieur abrite également une série de sculptures suspendues en fer, un escalier en colimaçon, une boutique de souvenirs et un bar-cafétéria avec une terrasse panoramique. La construction fut réalisée avec la collaboration d’Eduardo Cáceres et Jesús Soto, dans un style parfaitement intégré au paysage.
Parmi les éléments les plus remarquables, se trouve une fenêtre circulaire donnant sur le volcan de la Corona, visible près de la boutique. L’espace supérieur, accessible par un lanternon harmonisant pierre et verre, constitue un lieu privilégié pour admirer le littoral nord de Lanzarote. Le Mirador est aussi un point de départ pour la contemplation des coulées de lave du Risco, de la petite plage Bajo el Risco, et des pentes escarpées de Famara, aux teintes changeantes selon l’heure du jour.
Le Mirador del Río est une œuvre emblématique du style de César Manrique, qui prônait une symbiose parfaite entre création humaine et environnement naturel. Entièrement recouvert de pierres volcaniques, le bâtiment se fond littéralement dans la falaise, faisant presque disparaître l’architecture au profit du panorama. Le site se distingue aussi par la pureté de l’air, la lumière éclatante du nord de l’île et le calme saisissant qui y règne.

20. Casa-Museo del Campesino
Au centre géographique de Lanzarote, sur la commune de San Bartolomé, se dresse la Casa-Museo del Campesino, l’une des œuvres les plus symboliques de César Manrique. Elle rend hommage aux paysans de l’île, bâtisseurs d’un paysage agricole unique malgré la rudesse du climat volcanique. Ce complexe architectural, construit avec la collaboration de Jesús Soto, se compose d’un musée, d’un restaurant et d’un imposant Monumento a la Fecundidad. Ce dernier, assemblage de béton, de fer et d’anciens réservoirs marins, symbolise la créativité et la résilience des habitants.
Le musée propose un parcours immersif dans l’univers rural de Lanzarote. S’y découvrent des logements traditionnels, des citernes, un pressoir, des outils agricoles anciens, ainsi qu’un soco, cet ensemble de pierres protégeant vignes et figuiers. Le lieu illustre comment les agriculteurs ont appris à cohabiter avec un sol volcanique pour en tirer le meilleur. L’intégration du bâtiment dans le paysage montre aussi l’ingéniosité et l’esthétique d’un peuple façonné par la nécessité.
À proximité du musée se trouve la Plaza de los Artesanos, une esplanade dédiée à l’artisanat traditionnel de Lanzarote. Sur cette place, les maîtres artisans de l’île dévoilent leur savoir-faire à travers des démonstrations, des ateliers et des expositions de produits typiques : poteries, vanneries, tissus ou sculptures. Cette place, créée sur une ancienne carrière, perpétue l’identité culturelle de l’île dans un esprit de transmission et de valorisation.
La visite de la Casa-Museo ne serait pas complète sans une halte au restaurant, qui propose des plats emblématiques de la gastronomie locale : bouillon de millet, ragoût de chèvre, sancocho canario de cherne, poulpe au mojo verde, accompagnés des vins issus des vignobles environnants. L’établissement offre également une sélection raffinée de fromages artisanaux élaborés à partir de lait de chèvre, parfois mélangé à celui de brebis ou de vache.

21. Caletón Blanco
Situé sur la côte nord de Lanzarote, non loin du village de Órzola, Caletón Blanco est l’un des plus beaux coins de baignade de l’île. Ce site naturel séduit par ses contrastes saisissants entre le sable blanc éclatant, les roches volcaniques noires issues d’anciennes éruptions et les eaux cristallines d’un bleu turquoise profond. Ces formations rocheuses créent de petites piscines naturelles idéales pour une baignade tranquille, protégée des courants marins et du vent.
Ce lieu paisible est apprécié pour son atmosphère sereine, bien loin de l’agitation des plages urbaines. Sa fréquentation modérée permet une véritable immersion dans la nature, propice au repos, aux pique-niques et à la contemplation. Toutefois, il est recommandé d’emporter ses provisions, car aucun service n’est disponible sur place : ni bar, ni restaurant, ni commerces. Une bonne paire de chaussures est également conseillée pour marcher confortablement sur les zones rocheuses.
La plage est aussi un spot privilégié pour la plongée en apnée grâce à la clarté de l’eau et à la richesse des fonds marins. Les plus aventuriers peuvent combiner baignade et randonnée le long du littoral ou vers les hauteurs proches du volcan de La Corona. Le site constitue par ailleurs un terrain de jeu idéal pour les photographes, qui y trouveront une palette naturelle de couleurs, de textures et de lumière unique à Lanzarote.
L’accès à Caletón Blanco est simple : depuis Arrecife, il suffit d’emprunter la LZ-1 vers le nord jusqu’à Órzola, puis de suivre les panneaux indicateurs. Les voyageurs peuvent s’y rendre également en bus ou à vélo, pour une approche plus écologique. La plage se trouve à quelques minutes à pied du village, ce qui permet d’y accéder facilement tout en profitant du paysage volcanique spectaculaire environnant.

22. Famara Beach
La plage de Famara, située sur la côte nord-ouest de Lanzarote, est un site spectaculaire qui séduit par la majesté de ses paysages et l’intensité de ses vents. S’étendant sur près de six kilomètres de sable doré, elle offre un cadre idéal pour les amateurs de nature sauvage et de sports nautiques. Son décor naturel, dominé par les falaises du Risco de Famara, offre un panorama saisissant sur l’île de La Graciosa et les autres îlots de l’archipel Chinijo.
Le Risco de Famara est une imposante formation géologique qui s’étend sur 22 kilomètres dans la partie nord-ouest de Lanzarote. Culminant à Peñas del Chache à 671 mètres, cette falaise monumentale domine le littoral et confère à la région un caractère majestueux. Vieille de plus de dix millions d’années, elle constitue l’un des plus anciens ensembles géologiques de l’île et un témoignage précieux de son histoire volcanique. Le point de vue El Risco de Famara permet de bénéficier d’un point de vue unique.
Ce massif escarpé est également une zone de haute biodiversité, parfois surnommée « l’Arche de Noé » de Lanzarote. S’y recensent plus de 700 espèces de plantes, dont de nombreuses espèces endémiques comme la Famara, une petite plante qui ne pousse que sur ces pentes rocheuses. La capacité du site à retenir l’humidité des nuages crée un microclimat unique qui permet à cette flore exceptionnelle de prospérer.
La falaise est aussi un refuge pour de nombreuses espèces animales et constitue un lieu d’observation privilégié pour les amateurs de nature. En bas, s’étend la plage de Famara, dont la beauté sauvage accentue encore le contraste avec la verticalité des falaises. Vue depuis le Mirador del Río, la falaise offre une perspective spectaculaire sur la mer, les îles environnantes et l’horizon infini.
Le Risco de Famara n’est pas seulement un décor majestueux, mais aussi un espace propice à l’aventure. Randonnées, vols en parapente, escalades ou simples balades permettent de découvrir ses multiples facettes. Il est recommandé de prendre des précautions, notamment en ce qui concerne les changements météorologiques rapides, fréquents dans la zone.
Les conditions venteuses constantes font de Famara un haut lieu du surf, du kitesurf et de la planche à voile. Le village de Caleta de Famara, tout proche, abrite de nombreuses écoles et centres de location de matériel. Pour les amateurs de sensations fortes, le site est également propice au parapente ou au deltaplane, offrant une perspective aérienne exceptionnelle sur le littoral.
Pour accéder à la plage de Famara, il suffit de suivre la LZ-402 ou la LZ-410, routes qui convergent vers Caleta de Famara.

23. Playa de la Cantería
Située à Órzola, au nord de Lanzarote, la plage de La Cantería également connue sous le nom de Playa de Atrás de Órzola est l’un des lieux les plus prisés des amateurs de surf. Enveloppée dans un environnement naturel spectaculaire, elle séduit par ses paysages rocheux, ses vues sur l’Atlantique et son ambiance préservée. Son nom provient d’une ancienne carrière de pierre située à proximité, ce qui ajoute une dimension historique à ce lieu déjà riche en caractère.
Grâce à son exposition face aux vagues puissantes de l’océan, La Cantería est particulièrement appréciée pour la pratique du surf, du kitesurf, du bodysurf ou encore de la planche à voile. Protégée par le Risco de Famara, elle offre des conditions idéales pour les sportifs de tous niveaux. En toute saison, on y observe une intense activité nautique animée par les amateurs de glisse venus du monde entier.
A une de ses extrémités, la plage comporte une grande grotte ouverte sur l’océan.
Mais la plage n’est pas réservée aux seuls sportifs. En dehors des périodes de forte houle, La Cantería devient un havre de paix, propice à la détente, à la lecture ou à une simple promenade le long du rivage. La plage est l’endroit parfait pour se déconnecter, respirer l’air marin et contempler les îlots voisins comme La Graciosa ou Montaña Clara, visibles à l’horizon.
Pour accéder à la plage de La Cantería, il suffit de se rendre à Órzola, facilement accessible depuis Arrecife par la route. Le site peut être rejoint en voiture, en taxi ou en bus, selon les préférences. Une courte marche permet d’atteindre la plage depuis le village, tout en admirant le décor saisissant du nord de l’île.

24. Punta Mujeres
À quelques minutes au nord d’Arrieta, au nord-est de l’île, Punta Mujeres s’étend en bord de mer comme un joyau discret de la côte nord de Lanzarote. Ce village appartient également à la municipalité de Haría et conserve une ambiance profondément canarienne, caractérisée par ses maisons blanches, ses ruelles paisibles et une atmosphère communautaire bien ancrée. Longtemps épargnée par le tourisme de masse, cette localité continue d’être un lieu de détente privilégié, fréquenté essentiellement par des familles locales.
Le principal attrait de Punta Mujeres réside dans ses piscines naturelles, véritables bassins sculptés par les coulées de lave et alimentés par l’Atlantique. Ces piscines ont été aménagées avec l’aide des habitants, qui ont su préserver leur charme tout en assurant leur accessibilité. Parmi les plus emblématiques, Las Rosas fut la première à être créée. La Caleta El Espino, quant à elle, combine parfaitement zones de baignade et vagues propices au surf. En face du Bar El Pichón se trouvent d’autres bassins très appréciés pour leur cadre enchanteur.
Outre les plaisirs de la baignade, la promenade côtière de Punta Mujeres constitue une expérience en soi. Longue d’environ un kilomètre, elle serpente entre les criques, les maisons traditionnelles et les piscines naturelles, offrant à chaque pas des vues superbes sur la mer. Cette balade, qui relie le cœur du village aux appartements de la pointe nord, est une manière idéale de découvrir la diversité du littoral tout en profitant de la tranquillité environnante.
Les amateurs d’architecture vernaculaire seront séduits par la Casa Carmelina, l’une des maisons les plus remarquables du village. Située près des piscines, cette demeure se distingue par son jardin vertical coloré, un hommage au sens esthétique des habitants et à l’art populaire canarien. Plus largement, l’ensemble des maisons blanches décorées qui bordent le front de mer confère à Punta Mujeres une identité visuelle particulièrement harmonieuse.
Enfin, le musée de l’Aloe Vera de Punta Mujeres mérite une visite attentive. Il s’agit du seul centre d’interprétation de l’Aloe Vera des îles Canaries à avoir été reconnu comme centre d’intérêt touristique et culturel. L’exposition y retrace l’histoire de la plante, ses techniques de culture et ses multiples usages dans la médecine et la cosmétique.

25. Parc naturel de l’archipel de Chinijo
Le parc naturel de l’archipel de Chinijo est une merveille naturelle située au nord de Lanzarote. Ce territoire protégé englobe l’ensemble de l’archipel de Chinijo composé de La Graciosa, Alegranza, Montaña Clara, Roque del Este et Roque del Oeste ainsi qu’une portion de la côte nord de Lanzarote. Avec ses 700 km², il constitue la plus grande réserve marine d’Europe, reconnue pour sa biodiversité exceptionnelle et ses paysages spectaculaires.
Depuis le Mirador del Río, perché à 400 mètres d’altitude sur le Risco de Famara, les visiteurs peuvent admirer un panorama époustouflant sur ces îles volcaniques baignées par une mer turquoise. La plus grande : La Graciosa, est la seule habitée, célèbre pour son atmosphère paisible, ses plages désertes et ses possibilités de randonnées ou d’activités nautiques. L’archipel est un lieu idéal pour se déconnecter du monde et découvrir une nature préservée.
Le parc se distingue par la richesse de sa faune. Il a été classé zone spéciale de protection pour les oiseaux en raison de la présence d’espèces rares comme le faucon d’Éléonore, le balbuzard pêcheur, le puffin de Scopoli ou l’Océanite frégate. S’y trouvent également d’importantes colonies de tortues marines, de mérous, de homards, et même des baleines et dauphins, qui évoluent dans les eaux cristallines de la réserve.
La flore du parc est également remarquable. L’archipel abrite près de 90 % des espèces endémiques de Lanzarote, preuve de sa valeur écologique unique. Cette biodiversité est protégée par plusieurs statuts, notamment celui de réserve de biosphère UNESCO depuis 1993, et son inclusion dans le réseau Natura 2000 au niveau européen. Le parc naturel de l’archipel de Chinijo constitue ainsi un sanctuaire pour les scientifiques, les randonneurs, les plongeurs et les amoureux de la nature.
Accessible principalement par bateau depuis Órzola vers La Graciosa, ce site exceptionnel permet de vivre une expérience immersive dans un environnement sauvage et intact.

26. Monument naturel de Los Ajaches
Le monument naturel de Los Ajaches constitue l’un des plus anciens massifs volcaniques de l’île de Lanzarote, avec une origine géologique remontant à plus de quinze millions d’années. Située dans la commune de Yaiza, au sud de l’île, cette vaste zone a été classée monument naturel en 1994. Elle représente un site archéologique et paysager d’une importance capitale, où l’érosion a sculpté un relief complexe de ravines profondes et de promontoires offrant des panoramas saisissants. Sur ces terres ancestrales, on découvre des grottes, des gravures rupestres et des vestiges pastoraux attestant de l’occupation humaine ancienne.
Le littoral des Ajaches révèle un enchaînement de plages spectaculaires, parmi lesquelles la plage de Papagayo, connue pour la beauté de son sable doré et la clarté de ses eaux calmes, attire les visiteurs en quête de baignade et de détente. Playa Mujeres, plus sauvage, abrite également des vestiges archéologiques. D’autres criques telles que Playa del Pozo ou Playa Caleta del Congrio, parfois naturistes, sont accessibles à pied et prolongent cette expérience balnéaire au cœur d’un environnement naturel préservé.
Une randonnée de 10 kilomètres permet de découvrir en profondeur la richesse de ce paysage volcanique. Le parcours débute près de la plage de Papagayo et conduit jusqu’à des promontoires surplombant l’océan, en passant par des sites emblématiques comme la Cueva de Agua, le bunker ou les falaises escarpées dominant le littoral. Ce sentier balisé traverse plaines pierreuses, ravines encaissées et dunes balayées par les vents, avec en toile de fond des vues imprenables sur Fuerteventura.
L’alternance entre des zones planes comme la plaine d’El Rubicón et les hauteurs rocheuses du massif offre une grande diversité d’ambiances. De nombreux panneaux d’interprétation jalonnent le chemin, facilitant l’orientation et la compréhension du site. Los Ajaches est également un territoire de contraste entre le versant au vent, plus exposé et minéral, et le versant sous le vent, offrant un abri naturel et des terres plus hospitalières.

27. Salines de Janubio
Les salines de Janubio, situées entre la Punta del Volcán et le Risco de la Caletita, au sud-ouest de l’île, incarnent l’ingéniosité des habitants de Lanzarote face à leur environnement aride. Construites en 1895, ces salines adoptent un procédé innovant dit de saline d’argile, reposant sur l’usage de puits et de moulins à vent pour pomper l’eau. Ce système permet une production indépendante de la ligne côtière, dans un décor volcanique saisissant.
Le site couvre une superficie totale de 44 hectares, dont 23 sont consacrés aux chauffoirs (bassins d’évaporation) et 21 aux œillets (bassins cristalliseurs). Les couleurs variant du rose au blanc en fonction de la concentration en sel, alliées aux murets noirs de pierre volcanique, créent un patchwork visuel unique, particulièrement captivant au coucher du soleil.
Inscrites dans le paysage du sud-ouest de Lanzarote, les salines de Janubio possèdent aussi un fort intérêt écologique. Le site est une zone de refuge pour de nombreuses espèces d’oiseaux migrateurs, faisant de Janubio un lieu de passage privilégié pour les ornithologues et les amoureux de nature. L’environnement est également marqué par la proximité du parc national de Timanfaya, dont les coulées de lave encerclent les salines.
Si les salines révèlent leur potentiel au travers de plusieurs points de vue, s’y approcher permet de découvrir toutes leurs spécificités ainsi qu’une belle statue représentant des chercheurs de sel.
Une promenade autour des bassins permet d’observer de près les différentes étapes du processus traditionnel de fabrication du sel. Des visites guidées sont parfois proposées afin d’approfondir la compréhension de ce patrimoine industriel, tandis que quelques boutiques vendent encore du sel local, utilisé en gastronomie ou à des fins artisanales.
Les salines de Janubio sont un parfait exemple de l’interaction entre l’homme et la nature à Lanzarote, où la technique s’adapte à l’austérité du milieu pour créer un paysage fonctionnel, durable et esthétique. L’accès au site est libre, et le panorama offert en fait un lieu de prédilection pour les photographes et promeneurs curieux d’observer un art ancestral perpétué dans un décor minéral d’exception.

28. Los Hervideros
Au sud-ouest de Lanzarote, entre les Salines de Janubio et le village d’El Golfo, se déploie un spectacle naturel impressionnant : Los Hervideros, littéralement les sources bouillonnantes. Ce tronçon de côte escarpée, formé par les éruptions volcaniques entre 1730 et 1736, offre une combinaison spectaculaire de laves figées et de grottes marines dans lesquelles l’océan vient s’engouffrer avec fracas.
La géologie chaotique du site, composée de coulées de lave noires solidifiées au contact de la mer, est sans cesse remodelée par l’érosion. L’eau s’insinue dans de profonds tunnels et jaillit entre les parois de basalte dans un bruit assourdissant, créant l’illusion de sources thermales en ébullition, d’où le nom du site. Les jours de forte houle, le spectacle devient particulièrement saisissant.
Des sentiers balisés permettent de parcourir la zone en toute sécurité, avec notamment un escalier menant à un balcon naturel offrant un panorama saisissant sur l’océan déchaîné et les falaises environnantes. Le paysage environnant est dominé par les Montañas del Fuego, les silhouettes rougeâtres du Pico Redondo ou de la Montaña Bermeja, renforçant la dimension dramatique de ce cadre volcanique.
Ce site est très prisé des visiteurs, notamment pour la gratuité de son accès et pour la facilité d’observation depuis les plateformes aménagées. Le parking adjacent accueille également quelques commerces ambulants proposant des souvenirs typiques de l’île, comme les pierres de lave incrustées d’olivine. L’ensemble forme une halte incontournable sur la route littorale de Yaiza.

29. Punta del Papagayo
À l’extrême sud de Lanzarote, dans la commune de Yaiza, Punta del Papagayo se déploie comme une péninsule sauvage protégée, faisant partie intégrante du monument naturel de Los Ajaches. Cette zone reculée et préservée abrite certaines des plus belles plages de l’île, réputées pour leur sable doré et leurs eaux limpides. Son accès, par une piste non goudronnée et payante pour les véhicules, contribue à préserver l’aspect vierge et tranquille du lieu.
Le site comprend plusieurs plages et criques, réparties d’ouest en est. La plus vaste, Playa Mujeres, également appelée La Calera, mesure 400 mètres de long. Elle est la plus proche de Playa Blanca et l’une des plus fréquentées. À ses côtés se trouvent les minuscules Copper Cove et Crique de San Marcial, difficiles d’accès mais offrant une intimité rare. Vient ensuite Playa del Pozo, longue de 320 mètres, qui doit son nom au Pozo de la Cruz, un vestige du site archéologique de San Marcial del Rubicón, première colonie normande des Canaries.
À proximité, Playa de la Cera (ou Wax Beach), d’environ 150 mètres, partage avec la célèbre Playa del Papagayo quelques rares équipements : un parking, ainsi que d’anciens bunkers reconvertis en petits établissements de restauration. Playa del Papagayo est la plus emblématique du site, enchâssée entre deux falaises, et souvent classée parmi les plus belles plages d’Espagne. Longue de 120 mètres, elle séduit par ses eaux calmes, sa forme en demi-lune et son environnement unique.
À l’est, deux autres plages complètent l’ensemble : Playa del Puerto Muelas, à côté d’un petit camping, et Caleta del Congrio, plus longue et tout aussi paisible.

30. Cueva de Agua
Au sud de Lanzarote, se cache un joyau peu connu : Cueva de Agua. Cette cavité naturelle, d’environ dix mètres de diamètre, forme une vaste piscine remplie par les eaux de l’Atlantique, créant un bassin naturel d’une grande limpidité. Loin des plages classiques et de l’agitation touristique, cet endroit incarne l’esprit sauvage et solitaire de Lanzarote.
Le cadre de Cueva del Agua est particulièrement rustique, entouré de formations rocheuses volcaniques et d’une végétation clairsemée. La morphologie unique du site permet un renouvellement constant de l’eau, assurant une qualité de baignade exceptionnelle. Le silence du lieu, seulement troublé par le ressac des vagues, en fait un sanctuaire de calme, idéal pour ceux qui recherchent une connexion profonde avec la nature.
Autour du bassin, des zones planes permettent de s’allonger, lire ou simplement contempler le paysage. Il est conseillé de porter des chaussures adaptées, car les rochers et les éventuels oursins rendent l’entrée dans l’eau délicate. Ce lieu offre bien plus qu’une simple baignade : il propose une immersion totale dans l’univers minéral et immobile de l’île, un moment de contemplation rare.
L’accès à Cueva del Agua se mérite : depuis Guatiza ou Los Cocoteros, un chemin de terre mène jusqu’à une maison isolée, d’où un sentier étroit conduit à la grotte. Ce parcours, bien qu’un peu difficile, accentue le sentiment d’isolement et de découverte, comme si l’on accédait à un lieu connu seulement des initiés.

31. Cueva de Las Palomas
Au cœur de Lanzarote, entre les municipalités de Tinajo et San Bartolomé, la grotte de Las Palomas, également appelée grotte des Naturalistes, est un spectaculaire tube volcanique formé lors des grandes éruptions du XVIIIe siècle. S’étendant sur plus de 1 600 mètres, ce réseau souterrain présente une architecture géologique remarquable, héritée des coulées de lave issues du volcan Timanfaya.
Ce tube est composé de deux ouvertures principales : le Jameo Grande à l’ouest, et le Jameo Chico à l’est. Le terme « jameo » désigne, en langue aborigène, une ouverture naturelle créée par l’effondrement du toit d’un tube volcanique. À l’intérieur de la grotte, on découvre une grande diversité de formations : staphylites, corniches, colonnes et terrasses de lave, certaines parmi les mieux conservées de tout l’archipel canarien.
La galerie principale relie les deux jameos et permet de parcourir une section relativement linéaire du tube. En revanche, la galerie aveugle, surnommée le « labyrinthe », est une branche sans issue où l’orientation est plus difficile. Par endroits, les effondrements partiels du plafond rendent la progression plus complexe, réservée aux visiteurs avertis ou accompagnés de guides spécialisés.
Ce site témoigne de la puissance des éruptions qui ont duré plus de cinq ans, entre 1730 et 1736, et qui ont profondément modelé le centre de l’île.

32. Ciudad Estratificada Los Roferos
Située dans la région de Teseguite, au nord-est de l’île, la Ciudad Estratificada Los Roferos s’inscrit dans un environnement volcanique façonné par l’érosion. Également appelée Antigua Rofera de Teseguite ou Vallée de Picón, cette ancienne carrière est nichée à proximité de la route LZ-404, entre Guatiza et Teseguite, à environ quinze minutes en voiture d’Arrieta. L’accès est simple, depuis un petit parking jouxtant les premières formations visibles depuis la route. Le lieu se distingue par son ambiance singulière, entre nature brute et héritage d’activités humaines passées.
La Ciudad Estratificada présente un paysage surréaliste, presque extraterrestre, composé de formations rocheuses en couches alternées, issues de cendres volcaniques compactées. Le rofe, sable volcanique grossier autrefois extrait ici pour l’agriculture, a laissé derrière lui des formes spectaculaires. Arches, colonnes, cavités et murs striés témoignent d’un double processus : une érosion naturelle par le vent, le soleil et la pluie, et une intervention humaine liée à l’extraction. Le résultat est une succession de volumes sculptés dans la matière, évoquant parfois une ville minérale fossilisée.
La Rofera de Teseguite demeure l’un des lieux les plus photogéniques de Lanzarote. Souvent ignorée des circuits touristiques traditionnels, elle offre aux visiteurs une expérience contemplative, où silence et étonnement dominent. En toile de fond, les volcans de la région nord-est renforcent l’impression de dépaysement. Le site est accessible à toute heure, gratuitement, ce qui permet d’en profiter au lever ou au coucher du soleil, lorsque les jeux d’ombre révèlent encore davantage les reliefs.

33. Ermita de las Nieves
Surplombant la côte nord-ouest de Lanzarote à près de 650 mètres d’altitude, l’Ermita de las Nieves est située au sommet de la falaise de Famara, sur la commune de Teguise. Ce site religieux et naturel, à la fois lieu de pèlerinage et point de vue exceptionnel, occupe une place importante dans l’imaginaire collectif insulaire depuis qu’un berger affirma y avoir vu une apparition mariale en 1427.
Le sanctuaire originel fut détruit par les pirates au XVIe siècle, puis resta en ruines jusqu’en 1724. En 1966, l’architecte Enrique Spínola González entreprit la construction d’un nouvel édifice, conservant la citerne d’origine et élevant un bâtiment aux murs blancs, entouré de palmiers. Cet ermitage est aujourd’hui l’un des plus élevés de l’île et attire chaque année les fidèles qui, le 5 août, montent en pèlerinage depuis le centre historique de Teguise pour célébrer la Virgen de las Nieves, patronne de Lanzarote.
Depuis son esplanade, le site offre un panorama spectaculaire sur la Playa de Famara et l’archipel de Chinijo, dont la beauté sauvage contraste avec l’aridité des hauteurs. Ce belvédère est sans conteste l’un des plus impressionnants de l’île, véritable balcon naturel suspendu au-dessus de l’océan Atlantique.

34. Piscinas Naturales Charcones
À l’extrême sud de l’île de Lanzarote, à quelques minutes de Playa Blanca, se trouvent les Piscinas Naturales de Los Charcones. Cet ensemble de bassins formés naturellement par la mer s’étend à environ deux kilomètres du phare de Pechiguera, sur une côte battue par les vents et les vagues. L’accès se fait par un chemin de terre, où le paysage se transforme rapidement en une succession de creux aquatiques enchâssés dans la roche volcanique.
Les piscines naturelles de Los Charcones présentent une grande diversité de formes, de tailles et de profondeurs. Certaines sont propices à la baignade, d’autres plus étroites invitent à la contemplation. Le contraste entre la beauté sauvage des lieux et la silhouette dégradée de l’hôtel abandonné à proximité accentue la singularité du site. Ce paradoxe renforce la valeur naturelle de ces bassins marins, comme une réponse spontanée aux excès de l’aménagement humain.
Chaque bassin forme un espace de tranquillité. Parfois abrités du vent, parfois ouverts sur l’horizon marin, ces recoins offrent un cadre idéal pour le repos, la lecture ou la solitude. L’eau claire, renouvelée par les marées, reste fraîche et vivifiante. Les lieux ne sont ni balisés ni aménagés, ce qui leur confère un caractère secret, souvent réservé à ceux qui prennent le temps de les chercher.

35. Canyon Las Grietas
Situé au cœur du paysage lunaire de Lanzarote, le canyon de Las Grietas se déploie non loin de Tías, au sud de l’île. Accessible par un petit sentier depuis la route LZ-35, ce site géologique spectaculaire est niché entre des cônes volcaniques éteints, dans une zone peu fréquentée. Le trajet pour atteindre l’entrée du canyon dure environ vingt minutes depuis un parking sauvage, sur un chemin en légère montée.
Le canyon de Las Grietas se distingue par ses hautes parois de roche volcanique noire, où les couches successives de lave solidifiée racontent l’histoire éruptive de Lanzarote. L’étroitesse du passage, le jeu de lumière entre les parois et les textures minérales confèrent au lieu une ambiance presque mystique. Certaines sections exigent un peu d’agilité pour s’y faufiler, ce qui renforce l’impression d’être immergé dans une faille terrestre.
Le parcours complet, aller-retour, dure environ quarante minutes. Il s’agit moins d’une randonnée que d’une exploration géologique immersive. L’observation des strates, le silence des lieux, et l’impression d’isolement total invitent à la réflexion. Les formes sculptées naturellement par l’érosion évoquent des plis, des voûtes ou des entailles, comme si la roche portait la mémoire des bouleversements intérieurs de la planète.

36. Les Salinas de Los Cocoteros
Situées sur la côte est de l’île de Lanzarote, dans les environs de Los Cocoteros, les Salinas de Los Cocoteros constituent un témoignage précieux du patrimoine architectural et artisanal de l’île. Aussi appelées Salinas de Guatiza, de La Caleta ou Los Agujeros, elles occupent une superficie de 45 000 m², aménagée en terrasses sur un sol littoral sec et rocheux. Leur construction remonte à 1940 et leur activité, désormais arrêtée, permettait autrefois de produire jusqu’à 850 tonnes de sel par an.
Le site conserve encore de nombreux vestiges, notamment les anciens moulins à vent branlants qui jouaient un rôle fondamental dans l’extraction de l’eau de mer à l’aide de puits, alimentant ensuite les bassins de décantation. Ces structures confèrent un cachet singulier à l’ensemble et illustrent parfaitement l’héritage économique et technique des salines. L’espace est divisé en cuiseurs, bassins et canaux, offrant aux visiteurs l’occasion d’imaginer le quotidien d’un artisan salinier.
L’environnement naturel qui entoure les salines accentue leur caractère unique. La station balnéaire de Los Cocoteros, à proximité immédiate, offre un contraste entre mer agitée et paysages secs, où l’agriculture traditionnelle, la pêche et la production de sel coexistaient autrefois en harmonie. Quelques piscines naturelles agrémentent ce tronçon du littoral, renforçant l’intérêt de la promenade dans cette région peu fréquentée.

37. Guatiza
À l’intérieur des terres, au nord-est de Lanzarote, Guatiza considéré comme un village blanc du fait de la couleur de ses maisons, se déploie dans une grande plaine fertile entourée des volcans Guenia, Tinamala, La Caldera et Las Calderetas. Cette petite localité de 820 habitants, rattachée à la municipalité de Teguise, conserve un caractère rural et paisible, à l’écart des grands flux touristiques.
Le site le plus emblématique de Guatiza est sans conteste le jardin de Cactus, œuvre du célèbre artiste et architecte paysager César Manrique. Installé dans une ancienne carrière de rofe (matériau volcanique), ce jardin botanique s’étend sur 5 000 m² et abrite quelque 1 400 cactus de 1 000 espèces différentes, provenant d’Amérique, de Madagascar et des îles Canaries. Sa conception en amphithéâtre et ses éléments architecturaux en pierre volcanique créent un ensemble spectaculaire qui met en valeur la diversité végétale dans un décor minéral.
Outre ce joyau horticole, le village possède une belle église et un petit temple, témoins de son ancrage spirituel et de son passé rural. Les visiteurs peuvent également apprécier la proximité des Salinas de Guatiza et du littoral de Los Cocoteros, qui enrichissent l’attrait de cette région du nord.

38. Arrieta
Située dans la municipalité de Haría, au nord-est de l’île de Lanzarote, Arrieta est une petite localité côtière de l’archipel des Canaries. Ce village, qui compte un peu plus de mille habitants, séduit par son atmosphère tranquille, son authenticité insulaire et son attachement profond à la tradition maritime. Bordée par l’Atlantique, cette bourgade conserve les traits d’un ancien village de pêcheurs tout en offrant quelques attraits touristiques discrets mais remarquables.
Le littoral d’Arrieta est marqué par des plages singulières, dont la plus emblématique est la plage de La Garita. Cette vaste étendue de sable clair, longue de plus de 800 mètres, se distingue par la douceur de ses eaux malgré le vent omniprésent. Plus discrète, la plage de Charcón, située au pied de la jetée, présente un mélange de sable et de rochers sur à peine 15 mètres, idéale pour une baignade paisible dans un environnement intime. Ces deux lieux incarnent parfaitement l’ambiance balnéaire modeste et accueillante d’Arrieta.
Le patrimoine du village comprend plusieurs éléments notables. Au centre du bourg se trouve l’église de Nuestra Señora del Carmen, petit édifice à la sobre élégance, témoin de la foi maritime locale et point de rassemblement pour les habitants. Non loin de là, la Casa Juanita, surnommée la Casa Azul, attire immanquablement les regards. Construite dans les années 1920, cette bâtisse aux teintes bleues et rouges tranche nettement avec l’architecture traditionnelle blanche de l’île. Située à proximité de la piscine naturelle, elle constitue un repère emblématique, bien qu’elle soit aujourd’hui fermée au public.
Parmi les curiosités moins visibles mais significatives, un petit musée dédié à l’Aloe Vera offre une immersion dans les usages traditionnels de cette plante emblématique des Canaries. Exploitée pour ses vertus cosmétiques et médicinales, l’Aloe Vera est ici célébrée à travers une exposition simple mais instructive sur ses propriétés et son importance dans la culture insulaire.

39. Playa de Guacimeta
Playa de Guacimeta est une vaste plage située sur la côte est de Lanzarote, à environ cinq kilomètres seulement d’Arrecife, la capitale de l’île. Son emplacement singulier, à proximité immédiate de l’aéroport, en fait un lieu emblématique pour les amateurs d’observation aérienne, qui profitent du ballet constant des avions dans un décor marin. Reliée au nord à Playa Honda par une agréable promenade côtière, elle constitue un point de passage privilégié entre nature, ville et horizon.
La plage s’étend sur plus d’un kilomètre de sable clair, bordé de zones de détente et d’espaces de jeux. Elle attire une grande variété de visiteurs, notamment les passionnés de sports nautiques qui trouvent dans ses eaux calmes un terrain propice à leurs activités. Playa de Guacimeta est également appréciée pour son atmosphère détendue et familiale, renforcée par la présence d’un parking à proximité, de plusieurs restaurants et d’une accessibilité facilitée par les transports en commun.
Malgré l’absence de surveillance, Playa de Guacimeta reste un lieu sûr grâce à ses eaux peu profondes et tranquilles. Les brises régulières qui caressent la plage offrent un rafraîchissement agréable même aux heures les plus chaudes.

40. Île de La Graciosa
Située au nord de Lanzarote, La Graciosa est la plus vaste île de l’archipel de Chinijo, et la seule à être habitée. Avec ses 723 habitants, elle forme une enclave paisible et singulière au sein des îles Canaries, administrativement rattachée à la commune de Teguise. D’une superficie de 29 km², cette île volcanique s’étend sur 8 kilomètres du nord au sud et 4 kilomètres d’est en ouest. Depuis 2018, elle est officiellement reconnue comme la huitième île habitée des Canaries, ce qui témoigne de son identité propre et de sa richesse naturelle.
Le sud de La Graciosa est dominé par des plages de sable blond et des criques turquoise aux eaux calmes. Parmi les plus célèbres, la Playa de La Francesa et la Playa de La Cocina, nichée au pied de la Montaña Amarilla, offrent des paysages époustouflants, où le contraste entre les tons jaunes du relief et le bleu limpide de l’Atlantique crée un décor inoubliable. Cette dernière est particulièrement prisée pour son atmosphère isolée et sa beauté naturelle intacte.
La plage La Francesa est l’endroit parfait pour se détendre et se reconnecter avec la nature. Cette plage de 435 mètres est divisée en deux parties par un petit brise-lames rocheux et se distingue par son sable fin et blanc et ses eaux cristallines.
Le volcan Montaña Amarilla, avec ses 175 mètres d’altitude, est l’un des points d’intérêt majeurs de l’île. Son ascension, bien que difficile, permet d’admirer une vue panoramique spectaculaire sur les environs. Le point culminant de La Graciosa est l’Agujas Grandes, qui atteint 266 mètres. D’autres sommets comme la Montaña Mojón, la Montaña Roja ou encore la Montaña Bermeja ajoutent à la richesse géologique de ce territoire aride mais fascinant.
L’île compte deux zones urbaines : Caleta del Sebo, le principal centre habité, abrite le port, quelques commerces, une école, une charmante église Nuestra Señora del Carmen, et des établissements touristiques. La seconde zone, Pedro Barba, est une petite station balnéaire privée, aujourd’hui inhabitée en dehors des périodes de vacances. Ce calme ambiant renforce l’image d’un lieu hors du temps, propice au repos et à la contemplation.
Les amateurs de baignade et de randonnée seront comblés par la diversité des plages : Playa del Salado, à proximité de Caleta del Sebo ; Playa de las Conchas, plus sauvage et exposée aux courants puissants ; ou encore Barranco de los Conejos, petite crique protégée au nord. L’absence de routes asphaltées et la présence de sentiers sablonneux incitent à l’exploration à pied ou à vélo, dans un esprit de respect de l’environnement.
Classée réserve marine et intégrée au parc naturel de l’archipel de Chinijo, La Graciosa est un haut lieu de la biodiversité canarienne. Ses eaux cristallines sont le refuge de nombreuses espèces protégées, telles que les tortues de mer, les mérous, les patelles, ou encore plusieurs espèces de cétacés. Les amateurs de plongée et d’observation ornithologique y trouveront un terrain d’exploration exceptionnel, où la nature règne en maître.
Outre ses attraits naturels, l’île conserve quelques vestiges de son histoire, comme le site de San Marcial del Rubicón, la première colonie normande des Canaries. Le musée Chinijo, bien que souvent fermé, présente des expositions sur la géographie locale, la faune marine, la culture de l’aloès ou la récolte du sel. Ces éléments culturels viennent enrichir la découverte de cette île méconnue.
Au nord de l’île, le mirador Baja de Majapalomas constitue l’un des meilleurs points d’observation panoramique de La Graciosa. Accessible à pied par un sentier de randonnée, ce belvédère offre une vue imprenable sur le bras de mer d’El Río, qui sépare La Graciosa de Lanzarote. De là, il est possible de contempler l’ensemble de l’archipel de Chinijo, notamment les silhouettes des îlots inhabités de Montaña Clara, Alegranza, Roque del Este et Roque del Oeste, se détachant sur l’Atlantique. Ce lieu invite à la contemplation, et il est vivement conseillé d’y apporter un appareil photo pour immortaliser ce panorama unique.
| Accessible uniquement par la mer, La Graciosa est desservie toute l’année par les ferries de Lineas Romero, qui partent toutes les heures du port d’Órzola, à l’extrême nord de Lanzarote. Le trajet, d’environ 30 minutes, coûte 28 € aller-retour pour un adulte et 15 € pour un enfant (Tarifs en vigueur en 2025). L’arrivée se fait à Caleta del Sebo, principal village de l’île, point de départ aussi bien pour les excursions maritimes que pour les balades terrestres. Il n’y a ni aéroport ni aérodrome, mais un petit héliport utilisé pour les urgences médicales se situe à 300 mètres de la localité. Une fois sur l’île, les déplacements se font à pied, en vélo (à louer ou à apporter depuis Lanzarote), ou en 4×4-taxi, conduit par un habitant nommé Aaron. Les pistes sont non goudronnées mais praticables, offrant un accès direct à des criques isolées et à des paysages sauvages. Grâce à sa taille modeste, La Graciosa se découvre aisément en une journée, dans un calme absolu, sans routes asphaltées ni trafic motorisé intensif. Plusieurs compagnies proposent ce service, dont Biosfera et Lineas Romero. |
La côte sud de l’île concentre plusieurs des plages les plus emblématiques, dont la Playa de la Montaña Amarilla, également connue sous le nom de La Cocina. Cette crique isolée, aux eaux cristallines, est dominée par un ancien volcan aux teintes jaunes caractéristiques. Elle est uniquement accessible à pied depuis Playa de la Francesa, après une courte marche de 10 à 15 minutes. Son sable fin, ses fonds marins riches en faune et sa quiétude en font un lieu idéal pour la plongée avec tuba ou tout simplement pour se détendre, loin de toute infrastructure touristique.
Plus au nord, Pedro Barba abrite une petite plage de sable noir, discrète et charmante, qui complète l’éventail côtier de l’île. Ce hameau presque déserté conserve une atmosphère paisible, propice à la promenade. À proximité, Los Caletones dévoile une série de piscines naturelles creusées dans la roche volcanique, parfaites pour une baignade en communion avec la nature. Ces bassins, formés par l’érosion marine, témoignent du caractère minéral et préservé de l’île.
Parmi les plages les plus sauvages figure Amber Beach, ou Playa de Lambra, située au nord-est. Encore peu connue des visiteurs, elle offre une ambiance solitaire et magique, surtout au coucher du soleil, lorsque son sable ambré prend des reflets dorés. L’accès difficile, à pied ou à vélo sur des pistes caillouteuses, en fait un lieu de prédilection pour les aventuriers. Toutefois, la baignade y est déconseillée en raison des forts courants, et les équipements de sécurité sont inexistants, rendant l’autonomie indispensable.
La plage de La Laja, quant à elle, est la plus proche du village de Caleta del Sebo. Facilement accessible, elle constitue un point de détente privilégié pour les habitants comme pour les visiteurs. Ses eaux peu profondes et calmes conviennent parfaitement aux familles avec enfants.
Autre alternative tout aussi séduisante, la Playa del Salado, à l’ouest de Caleta del Sebo, s’étire le long d’un cordon sableux tranquille. Très fréquentée par les campeurs et les voyageurs recherchant un accès aisé à la mer, elle constitue également le point de départ idéal pour des excursions vers Playa Francesa ou La Cocina. Les longues promenades au bord de l’eau et la présence occasionnelle de barques ancrées renforcent le charme discret de cette plage.
La réserve marine de l’archipel de Chinijo, dont La Graciosa fait partie intégrante, est la plus vaste zone protégée d’Europe. Cette protection garantit une biodiversité exceptionnelle et en fait un paradis pour la plongée sous-marine. La température de l’eau, rarement inférieure à 17°C, permet une pratique toute l’année. Les fonds regorgent de poissons tropicaux, d’anémones et de coraux, dans un environnement marin d’une rare pureté.
Plusieurs sites de plongée se distinguent : El Bajón de las Gerardias, célèbre pour ses formations d’éponges et la présence de mérous et de raies, constitue un site spectaculaire pour plongeurs expérimentés. La Burrera, avec ses tunnels sous-marins, offre une expérience aventureuse, tandis que La Roncadera émerveille par ses bancs de roncadores argentés. Veril de las Langostas et Veril de las Anclas, quant à eux, ravissent les passionnés de macrophotographie grâce à leur faune variée.
Enfin, d’autres sites moins fréquentés, comme la Cueva de los Jureles ou le Roquete de Alegranza, permettent d’explorer des paysages sous-marins encore plus sauvages. Dans cet écrin préservé, chaque plongée devient une exploration, chaque plage un refuge, et chaque sentier une invitation à découvrir une île où la nature s’épanouit en toute liberté. La Graciosa reste ainsi l’un des joyaux les plus discrets mais aussi les plus enchanteurs des Canaries.




