Les 120 incontournables de l’Ukraine

Sommaire

Au travers de cet article que nous avons voulu le plus complet possible, nous avons souhaité vous présenter tous les lieux incontournables de l’Ukraine, ceux que vous devez absolument voir, ceux qui représentent son essence même. Certains d’entre eux sont évidents et connus de tous, mais d’autres sont des trésors cachés qui méritent d’être parcourus. C’est pour cette raison que nous espérons que cet article qui vous présente les incontournables de l’Ukraine vous aidera à découvrir ce territoire magnifique.

Située au cœur de l’Europe orientale, l’Ukraine (Україна) s’impose comme le plus vaste pays entièrement situé sur le continent européen, avec une superficie de plus de 600 000 km². Bordée par la Pologne, la Slovaquie, la Hongrie, la Roumanie, la Moldavie, la Biélorussie et la Russie, elle s’étend des montagnes des Carpates jusqu’aux rivages de la mer Noire et de la mer d’Azov. Son territoire immense, traversé par le Dnipro, l’un des plus longs fleuves d’Europe, offre une mosaïque de paysages : plaines fertiles, forêts denses, collines vallonnées et littoraux lumineux. Cette diversité naturelle, alliée à une histoire complexe, confère au pays une richesse culturelle et identitaire exceptionnelle, où se mêlent influences slaves, européennes et orientales.

Au centre du pays s’étend l’Ukraine centrale, cœur politique, économique et spirituel de la nation. Elle est dominée par Kyiv ou Kiev, la capitale, ville millénaire fondée sur les rives du Dnipro. Considérée comme le berceau de la civilisation slave orientale, Kyiv abrite des trésors du patrimoine mondial tels que la laure des Grottes et la cathédrale Sainte-Sophie, symboles d’un passé glorieux et de la foi orthodoxe. Autour de la capitale s’organisent de vastes zones agricoles et industrielles, essentielles à l’économie du pays.

Depuis février 2022, l’Ukraine est plongée dans une guerre d’envergure à la suite de l’invasion militaire de la Russie, marquant l’un des plus grands conflits en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale. Cette guerre, commencée par une offensive généralisée sur plusieurs fronts, a profondément bouleversé le pays, touchant aussi bien les grandes villes que les zones rurales. Si les Ukrainiens ont opposé une résistance remarquable, le conflit a entraîné d’importantes destructions d’infrastructures, des déplacements massifs de population et une situation humanitaire très difficile dans certaines régions.

Certaines parties du territoire ukrainien sont occupées ou partiellement contrôlées par la Russie dont la Crimée, annexée unilatéralement par Moscou en 2014, et toujours administrée de facto par les autorités russes malgré sa reconnaissance internationale comme territoire ukrainien. À l’est, les oblasts de Donetsk et de Louhansk, dans la région du Donbass, connaissent également une occupation partielle, tout comme une partie des régions de Zaporijjia et de Kherson, situées dans le sud du pays. Ces zones, directement exposées aux combats ou sous contrôle militaire russe, sont considérées comme inaccessibles aux voyageurs pour des raisons évidentes de sécurité.

Dans le reste du pays, la situation demeure instable, même si plusieurs régions, notamment à l’ouest, restent relativement calmes et continuent d’accueillir les visiteurs étrangers avec prudence. Les autorités locales et internationales recommandent toutefois une vigilance extrême, car les bombardements aériens, les coupures d’électricité ou les restrictions de déplacement peuvent survenir sans préavis. Les grandes villes comme Kyiv, Lviv ou Odessa conservent une vie culturelle et économique active, mais leur sécurité dépend de l’évolution du conflit et du contexte militaire global.

En raison de cette situation, voyager en Ukraine représente un risque réel, tant pour les habitants que pour les visiteurs étrangers. La guerre affecte les réseaux de transport, les services de santé et la disponibilité de certains produits essentiels. Avant tout déplacement, il est donc impératif de se renseigner auprès des autorités compétentes et de consulter les consignes officielles actualisées.

Il est possible de suivre l’évolution de la situation en Ukraine en consultant le site du ministère des armées françaises.

Vers l’ouest, l’Ukraine occidentale se distingue par son identité profondément européenne. Longtemps intégrée à la Pologne, à la Lituanie, à l’Autriche-Hongrie ou encore à la Roumanie, cette région a conservé un patrimoine architectural et culturel d’une grande richesse. Des villes comme Lviv, Tchernivtsi ou Uzhhorod dévoilent des influences baroques et néoclassiques héritées de l’Europe centrale. Les habitants y entretiennent un attachement marqué à la langue, à la religion grecque-catholique et aux traditions artisanales.

L’est de l’Ukraine, quant à lui, se caractérise par une physionomie différente, forgée par l’industrialisation du XXe siècle. Le Donbass, vaste bassin minier et sidérurgique, témoigne du rôle crucial joué par cette région dans l’économie soviétique. Des villes telles que Donetsk, Louhansk ou Kharkiv illustrent ce passé industriel et abritent une population fortement russophone. Si cette zone porte encore les marques des bouleversements politiques récents, elle demeure un espace essentiel dans la compréhension de la diversité ukrainienne, entre héritage soviétique et désir de renouveau.

Au sud, la région maritime de l’Ukraine offre un tout autre visage. Bordée par la mer Noire et la mer d’Azov, elle abrite des villes portuaires emblématiques comme Odessa, célèbre pour son atmosphère cosmopolite, ses escaliers monumentaux et son port animé. Cette région, baignée de soleil, attire chaque année de nombreux visiteurs séduits par la douceur de son climat et la beauté de ses côtes sablonneuses. Jadis point stratégique du commerce méditerranéen et oriental, Odessa conserve une identité singulière, à la croisée des cultures grecque, juive, russe et ukrainienne. Plus à l’est, les plaines du littoral se prolongent jusqu’aux zones agricoles fertiles du Kherson et du Mykolaïv, essentielles pour l’exportation des céréales ukrainiennes.

Dans son ensemble, l’Ukraine incarne un pays de contrastes et de complémentarités. Sa richesse culturelle, sa diversité linguistique et ses paysages grandioses font d’elle un pont naturel entre l’Europe et l’Eurasie. Des Carpates occidentales aux steppes orientales, des monastères baroques de Kyiv aux plages de la mer Noire, elle offre une continuité historique et humaine d’une rare cohérence. Terre de courage et de culture, l’Ukraine séduit par sa profondeur identitaire et son esprit de résilience. À travers ses multiples régions, elle affirme aujourd’hui son rôle central dans l’histoire européenne contemporaine, tout en préservant l’authenticité d’un peuple attaché à sa liberté, à sa terre et à son héritage.

1. Belgorod-Dnestrovsky (Sud de l’Ukraine)

Située sur la rive droite de l’estuaire du Dniestr, à quelques kilomètres de la mer Noire, la ville de Belgorod-Dnestrovsky ou Bilhorod-Dnistrovskyi, peuplée de 47 727 habitants est l’un des plus anciens centres urbains d’Ukraine et une escale fascinante du sud-ouest du pays.

Dominant l’estuaire, la forteresse d’Akkerman entourant la citadelle de Bilhorod-Dnistrovskyi, constitue le cœur historique et symbolique de la ville. Édifiée entre les XIIIe et XVe siècles sur les ruines de Tyras, elle demeure l’une des fortifications médiévales les mieux conservées de la mer Noire. Ses murs massifs, érigés entre le XVe et le XVIIIe siècle, forment un vaste ensemble défensif de bastions et de tours dominant les eaux argentées du Dniestr. La vue depuis la mer révèle toute la majesté de cet édifice, dont les pierres ocre se découpent sur le ciel azuré. À l’intérieur, les cours, les remparts et les salles voûtées offrent un voyage saisissant à travers les siècles, évoquant les batailles des chevaliers moldaves et les conquêtes ottomanes. Autour de la forteresse, le mémorial de la Guerre de Gloire rend hommage aux combattants du XXe siècle, reliant ainsi les mémoires anciennes aux plus récentes.

Le centre-ville de Belgorod-Dnestrovsky présente un charme plus discret, mais non moins riche. Parmi ses bâtiments remarquables figurent la maison Yarashevich, le manoir Jaroszewicz et le manoir de Dmitriev, élégantes demeures du XIXe siècle témoignant de la prospérité d’une bourgeoisie commerçante. À proximité, le bâtiment du lycée, à la façade néoclassique, abrite encore aujourd’hui des activités culturelles, tandis que le musée local conserve de précieuses collections retraçant l’histoire du site depuis l’époque antique jusqu’à nos jours. La synagogue, sobre et harmonieuse, rappelle la présence séculaire d’une communauté juive dynamique, autrefois très active dans le commerce du port.

Les édifices religieux constituent d’ailleurs l’un des atouts majeurs du patrimoine local. La cathédrale de l’Ascension, à la coupole dorée, domine la ville de sa silhouette élégante, tandis que l’église Saint-Jean et l’église Saint-Nicolas rappellent l’importance du culte orthodoxe dans la vie quotidienne. La cathédrale du Sauveur-Transfiguration est également à ne pas manquer. Plus ancienne encore, l’église arménienne de la Dormition, datant du XIVe siècle, impressionne par ses murs de pierre claire et son atmosphère de recueillement. L’église du Salut, associée aujourd’hui à un centre commercial, illustre quant à elle l’évolution de la ville moderne, où le sacré et le profane se côtoient sans heurt.

Les alentours de la ville recèlent eux aussi de véritables trésors archéologiques. Non loin du centre, les visiteurs peuvent découvrir une tombe scythe du IVe-IIIe siècle avant Jésus-Christ, dont les ornements intérieurs témoignent du raffinement artistique des civilisations anciennes ayant occupé la région. À proximité se trouve une crypte sarmate du IIIe siècle, autre vestige d’un passé foisonnant où les peuples des steppes et ceux de la Méditerranée se rencontraient. Ces sites, soigneusement restaurés, offrent un complément fascinant aux ruines de Tyras, dessinant une continuité historique sur plus de deux millénaires.

Enfin, la vie contemporaine de Belgorod-Dnestrovsky ne se limite pas à ses vestiges. Le marché Bilhorod-Dnistrovskyi anime chaque matin les rues principales, embaumées de fruits, d’épices et de poissons frais. Les habitants se retrouvent au cinéma Kinoteatr Oktyabrʹ ou flânent dans les espaces verts du parc Dytyachyy et du parc de la Victoire, véritables poumons urbains. Le port de marchandises reste un moteur économique essentiel, reliant la ville aux grands courants de la mer Noire.

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2. Izmaïl (Sud de l’Ukraine)

Située sur la rive gauche du Danube, la ville d’Izmaïl avec ses 69 932 habitants s’étend dans un vaste paysage de plaines fertiles, au cœur du sud de l’Ukraine. Carrefour commercial et port stratégique, elle constitue le plus grand port ukrainien du delta du Danube et un important centre économique et culturel de la région d’Odessa. Son atmosphère se distingue par une combinaison singulière de traditions ukrainiennes, russes, bulgares et moldaves, reflet de sa population métissée. Les quais du port, les ruelles calmes du centre et les parcs verdoyants offrent un cadre de vie apaisé, tandis que les rives du fleuve attirent visiteurs et habitants lors des douces soirées d’été. À proximité s’étend le parc paysager régional des îles d’Izmaïl, espace naturel protégé géré par le WWF, où se mêlent forêts alluviales et lagunes peuplées d’oiseaux migrateurs.

Le cœur historique d’Izmaïl se déploie autour de l’emplacement de l’ancienne forteresse d’Izmaïl, édifiée par des marchands génois au XIIᵉ siècle. Bien que largement détruite, elle conserve un pouvoir évocateur saisissant : des vestiges de remparts, des talus herbeux et, surtout, la petite mosquée turque demeurent les témoins de son passé ottoman. Ce sanctuaire, transformé en église en 1810, abrite aujourd’hui le musée Souvorov, dédié à la bataille d’Izmaïl de 1790, événement marquant des guerres russo-turques. À proximité s’étend une prairie paisible descendant vers le Danube, où s’élèvent encore les portes décorées du cimetière des soldats russes et un mémorial commémorant le siège historique.

Non loin de là, la vie religieuse et artistique de la ville s’incarne dans les sanctuaires qui ponctuent les quartiers anciens. La cathédrale de l’Intercession (1822–1836), avec sa façade blanche et ses coupoles bleu ciel, domine la ville par son élégance sobre. L’église de la Nativité (1823), l’église Saint-Nicolas (1833) et la petite église de la Dormition (1841) forment, avec le monastère Saint-Nicolas, un ensemble spirituel d’une grande unité. L’église orthodoxe de l’Immaculée Conception, plus récente, enrichit encore cette diversité de styles et de confessions.

L’histoire d’Izmaïl s’exprime aussi à travers son patrimoine civil. L’ancien hôtel de ville, l’ancien institut, la maison Tulchianov et le palais culturel d’Izmaïl rappellent le dynamisme d’une cité qui, au XIXᵉ siècle, connut une expansion rapide autour de son port fluvial. L’ancien cimetière roumain, dont la porte subsiste encore sur la rue Kutuzova, ajoute une touche de nostalgie à cette trame urbaine. Les promeneurs peuvent également visiter le musée d’histoire et d’économie de la région du Danube, situé dans la mosquée transformée, ou encore la galerie d’art municipale, qui expose des œuvres d’artistes locaux inspirés par la lumière et la plénitude du fleuve.

La présence militaire, ancienne et contemporaine, reste également l’une des particularités d’Izmaïl. La ville abrite aujourd’hui une base de la marine ukrainienne et des unités de garde-côtes opérant sur le Danube. Ce rôle stratégique s’inscrit dans la continuité d’une tradition défensive remontant à l’époque ottomane, puis impériale. Le parc-musée de la forteresse d’Izmaïl rappelle cette vocation, tout en offrant un lieu de promenade et de recueillement. L’ancien cimetière des soldats russes et les ruines d’un mausolée roumain voisinent avec des installations modernes, créant un dialogue entre passé et présent.

À quelques kilomètres à l’est d’Izmaïl, le village de Stara Nekrasivka recèle l’un des joyaux scientifiques de la région : le point méridional de l’arc géodésique de Struve, inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO. Ce site, signalé par un obélisque noir orné de l’aigle impérial russe, témoigne d’une étape essentielle dans la mesure du méridien terrestre au XIXᵉ siècle. Isolé au bord d’une rue tranquille, il symbolise la rencontre entre science, histoire et nature. La modeste localité abrite aussi la Staro-nekrassowka, autre point de repère historique, qui complète ce parcours insolite dans la mémoire du delta.

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3. Kherson (Sud de l’Ukraine)

Située au confluent du Dniepr et de la mer Noire, la ville de Kherson peuplée de 350 000 habitants occupe une position stratégique majeure au sud de l’Ukraine. Port fluvial et maritime à la fois, elle est depuis le XVIIIᵉ siècle l’un des grands centres de la construction navale du pays. Son plan géométrique, ses avenues ombragées et ses places bordées d’arbres rappellent l’époque de la Russie impériale, lorsque la ville fut conçue comme une porte vers la mer.

Le cœur historique s’articule autour de la cathédrale Sainte-Catherine, construite dans les années 1780. Édifiée en grès selon les plans attribués à Ivan Starov, elle fut l’une des premières églises élevées après la conquête de la Nouvelle Russie. Son dôme doré, ses colonnades claires et ses proportions harmonieuses en font un joyau du classicisme russe. La cathédrale abrite la sépulture du prince Grigori Potemkine, favori de Catherine II, dont la figure domine l’histoire de la région. Sur la place du jardin Potemkinski, un monument à Potemkine rappelle son rôle dans la fondation de la ville, tandis que le mémorial du parc Slavy commémore les combats de la Seconde Guerre mondiale.

Autour de ce noyau ancien s’étend un ensemble d’édifices hérités du XIXᵉ siècle. Le centre historique de la ville, riche en demeures néoclassiques et bâtiments administratifs, témoigne de la prospérité commerciale née du port fluvial. L’arsenal de l’Amirauté, bâti à la fin du XVIIIᵉ siècle, fut l’un des premiers complexes industriels de la région. Non loin de là, l’hôpital des marins (1803–1810) et les vestiges de la forteresse du XVIIIᵉ siècle rappellent l’importance stratégique de Kherson au temps de l’expansion russe. Sur les quais, le port de Kherson et le port sur la rivière restent animés par le va-et-vient des navires, perpétuant une tradition maritime plus que bicentenaire. Les grandes grues métalliques et les entrepôts modernes s’y mêlent aux anciens chantiers navals.

La ville recèle également d’importants trésors culturels. Le musée d’art de Kherson conserve une collection remarquable de peintures et de sculptures ukrainiennes et russes. S’y découvrent le portrait d’une femme de Konstantin Makovsky, la Tempête approche d’Ivan Aivazovsky, ou encore des toiles d’Alexei Savrasov, Vasily Polenov et Ivan Kramskoï. Les sculptures de Peter Clodt von Jürgensburg, Eugene Lanceray et Mark Antokolsky enrichissent cet ensemble, tandis que les œuvres d’Oleksii Shovkunenko, natif de Kherson, célèbrent la lumière de la steppe méridionale. À proximité, la tour de l’horloge du musée régional d’art se dresse comme un symbole de la continuité culturelle de la ville, malgré les bouleversements qu’elle a traversés.

La nature environnante offre aux visiteurs un contrepoint apaisant. À une vingtaine de kilomètres, les monts Stanislav et le Stanislav Grand Canyon forment une succession de falaises d’argile rougeâtre plongeant dans le delta du Dniepr. Ce paysage spectaculaire, creusé par le vent et les eaux, attire randonneurs et photographes. Plus à l’ouest, le phare de Khablovski, datant de 1952, et le phare d’Adziogol, chef-d’œuvre hyperbolique de Vladimir Choukhov érigé en 1911, veillent sur l’embouchure du fleuve.

Kherson se distingue aussi par ses lieux de culte et de mémoire. Outre la cathédrale Sainte-Catherine, l’église Sainte-Catherine et d’autres sanctuaires ponctuent le centre ancien. Le cimetière juif, fondé au milieu du XIXᵉ siècle, témoigne de la présence d’une importante communauté qui contribua au développement culturel et économique de la ville. L’architecture funéraire y conserve de superbes stèles ornées d’inscriptions hébraïques et de symboles maritimes.

Enfin, la rue Souvorov, artère principale bordée de platanes et de cafés, incarne la vitalité contemporaine de la cité. Les marchés animés, les terrasses et les promenades au bord du Dniepr y créent une ambiance méridionale presque méditerranéenne. Le parc municipal fondé en 1868, avec ses allées anciennes et ses bassins, reste l’un des lieux de détente favoris des habitants.

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4. Mykolaïv (Sud de l’Ukraine)

Située au confluent du Bug méridional et de l’Inhul, la ville de Mykolaïv avec ses 470 011 habitants s’impose comme l’un des grands ports du sud de l’Ukraine. Fondée à la fin du XVIIIᵉ siècle par le prince Potemkine, elle devint rapidement un haut lieu de la construction navale, vocation qu’elle a su conserver jusqu’à nos jours. Cette cité industrieuse, ouverte sur la mer Noire, se distingue par son dynamisme économique autant que par son patrimoine culturel. Les larges avenues bordées d’arbres, les ponts enjambant les bras du fleuve et les vastes parcs lui confèrent une atmosphère sereine malgré son activité militaire et industrielle soutenue.

Le cœur de la ville bat le long de la rue Soborna, principale artère piétonne de Mykolaïv. Animée jour et nuit, elle rassemble les boutiques, les cafés, les marchés et les promenades préférées des habitants. Autour, les parcs et les jardins publics, notamment le parc Peremohy ou parc de la Victoire, étendent de larges espaces de verdure jusqu’aux rives du fleuve. La vie quotidienne y est ponctuée par les marchés de produits locaux, les vins des domaines viticoles de Radsad, et les terrasses où il est possible de déguster les crus de Koblevo.

Le patrimoine culturel de la ville s’articule autour de ses trois théâtres : le théâtre académique ukrainien de drame et de comédie musicale, le théâtre académique d’art dramatique russe, et le théâtre d’État de marionnettes. Ces institutions, parmi les plus anciennes du pays, témoignent du rayonnement artistique d’une cité qui a toujours cultivé la musique et la scène. L’orchestre philharmonique de l’oblast de Mykolaïv y donne régulièrement des concerts. Trois cinémas : Rodina, Pioneer et Multiplex diffusent quant à eux productions ukrainiennes, russes et hollywoodiennes.

Les musées de Mykolaïv comptent parmi les plus riches d’Ukraine méridionale. Le musée de la construction navale et de la flotte, installé dans un ancien bâtiment néoclassique, retrace l’histoire maritime de la région à travers maquettes, instruments et archives. Le musée régional d’histoire locale de Mykolaïv et le musée du mouvement partisan de la Seconde Guerre mondiale offrent un panorama complet du passé de la région. Le musée des Arts V. V. Vereshchagin, consacré à l’un des grands peintres réalistes russes, conserve une impressionnante collection d’œuvres picturales et de sculptures.

La dimension spirituelle de la ville se manifeste dans la diversité de ses édifices religieux. L’église luthérienne du Christ Rédempteur, l’église catholique romaine Saint-Joseph, l’église orthodoxe russe de 1825, l’église orthodoxe ukrainienne, la synagogue et la cathédrale Notre-Dame de Kasperov composent un ensemble harmonieux reflétant la pluralité confessionnelle de la région. Ces monuments, souvent restaurés, témoignent du cosmopolitisme de Mykolaïv, ancien carrefour des peuples de la mer Noire. Leur architecture mêle styles baroque, néogothique et néobyzantin dans une étonnante cohérence urbaine.

L’histoire scientifique et maritime de la ville est illustrée par l’observatoire astronomique fondé en 1821. Situé sur une hauteur, il fut l’un des premiers observatoires navals de l’Empire russe et demeure un centre de recherche actif. À proximité, le zoo de Mykolaïv, l’un des plus grands d’Europe, offre un parcours unique à travers la faune mondiale. Les enfants comme les chercheurs s’y pressent pour observer des espèces rares et participer à des programmes de conservation.

Enfin, la région environnante regorge de sites historiques et naturels. À trente kilomètres au sud, les ruines de l’ancien village grec d’Olvio rappellent les origines antiques de la colonisation pontique. Sur la rive droite du Bug méridional, les domaines viticoles de Radsad offrent un panorama de vignes descendant vers le fleuve, symbole de la fertilité du sud ukrainien.

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5. Ochakiv (Sud de l’Ukraine)

À l’embouchure du Dniepr, là où les eaux douces du fleuve rejoignent les eaux salées de la mer Noire, s’étend la petite ville d’Ochakiv, l’une des stations balnéaires les plus typiques du littoral ukrainien. Avec ses plages de sable blond, ses marchés de légumes et son atmosphère maritime, elle attire chaque été des milliers de visiteurs venus de tout le pays. L’ancien port fortifié, devenu cité de villégiature, a conservé son charme sobre et son héritage militaire.

La ville est dominée par la silhouette de la cathédrale Saint-Nicolas, construite à proximité du port. Ses coupoles dorées se reflètent dans l’estuaire, marquant le cœur spirituel d’Ochakiv. À quelques pas, le musée d’histoire militaire d’Ochakiv d’O. V. Souvorov constitue le principal centre patrimonial de la ville. Le bâtiment, qui fut d’abord une mosquée au XVe siècle, transformé en église en 1804 puis reconstruit en 1842, illustre la succession d’influences ottomanes et russes. Ses collections évoquent les guerres russo-turques et la figure du général Souvorov, vainqueur d’Ochakiv en 1788.

Autour de la vieille ville s’étend le centre historique d’Ochakiv, avec ses rues calmes bordées de maisons basses et de jardins fleuris. Le centre-ville d’Ochakiv conserve une atmosphère provinciale paisible, rythmée par le marché, les cafés et la plage près de l’allée des contes de fées, lieu prisé des familles. De là, la vue sur la mer et sur les ruines des anciennes fortifications est spectaculaire. S’aperçoivent les vestiges des forteresses d’Ochakiv et de Kinburn, qui contrôlaient jadis l’accès au Dniepr et au Boug, à seulement 3,6 kilomètres l’une de l’autre.

Les amateurs d’histoire peuvent visiter les fouilles du site d’Olbia, situées près du village de Parutino. Cette ancienne colonie grecque, fondée au VIIᵉ siècle avant Jésus-Christ, fait partie des plus remarquables vestiges antiques de la mer Noire. Le site est classé en réserve archéologique, abritant temples, maisons et nécropoles. Non loin de là, l’île de Berezan, accessible par bateau, complète ce circuit archéologique fascinant.

Les richesses naturelles entourant la ville participent pleinement à son attrait. En traversant l’estuaire du Dniepr, le visiteur accède à la péninsule de Kinburn, célèbre pour son parc national « Rive blanche de Sviatoslav » et la forêt de Volzhyn, classée réserve de biosphère de la mer Noire. Ce territoire sauvage, entre dunes, lacs salés et forêts de pins, offre un refuge à de nombreuses espèces d’oiseaux migrateurs. Les excursions quotidiennes en bateau depuis le port d’Ochakiv permettent d’explorer cette nature préservée, où alternent plages désertes et étendues marécageuses.

Aujourd’hui encore, Ochakiv reste un port militaire important. Le centre d’opérations maritimes de la marine ukrainienne, construit avec l’aide des forces américaines à la fin des années 2010, y renforce la présence stratégique du pays sur la mer Noire. Les infrastructures modernes côtoient les vestiges anciens, créant un contraste saisissant entre héritage et modernité.

Enfin, les plages d’Ochakiv demeurent les véritables joyaux du littoral. Le sable doré, les eaux tièdes de l’estuaire et la douceur du vent offrent un cadre idyllique pour la baignade et la détente.

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6. National Historical and Cultural Reserve Olbia (Sud de l’Ukraine)

Fondée par les colons de Milet, Olbia du Pont ou Olbia pontique intégrée dans la National Historical and Cultural Reserve Olbia fut l’une des plus importantes cités grecques du nord de la mer Noire. Située sur les rives septentrionales du liman du Boug méridional, elle devint, dès le VIᵉ siècle avant notre ère, un centre commercial majeur reliant la Scythie à la Grèce. Les navires y chargeaient céréales, peaux, poissons fumés, ambre et esclaves, qu’ils échangeaient contre les vins, huiles, céramiques et parures venues d’Athènes. De cette prospérité, la cité tira son nom d’« Olbia », ou « la prospère ». Son port rivalisait alors avec les ports d’Istria et de Tyras, et faisait d’elle une étape essentielle du commerce pontique.

Le site, d’environ 50 hectares, s’étend sur un promontoire triangulaire aujourd’hui partiellement submergé dont il ne reste que quelques vestiges. La basse-ville, réservée aux artisans et aux docks du port, s’est en grande partie effacée sous les eaux du liman à cause de la subsidence du sol. La haute-ville, quant à elle, suit un plan hippodamien régulier, avec son agora, ses temples et ses habitations aux murs blanchis. Un rempart de pierre flanqué de tours protégeait la cité. Les fouilles menées par Boris Farmakovsky entre 1901 et 1915 ont révélé une organisation urbaine comparable à celle des colonies grecques d’Asie Mineure. Ces recherches ont permis de restituer les contours d’une ville demeurée étonnamment intacte, car jamais réoccupée après son déclin au IVᵉ siècle de notre ère.

Classé réserve archéologique, le site d’Olbia se trouve près du village de Parutyne, dans le raïon de Mykolaïv. Avant 1902, il appartenait aux comtes Musin-Pouchkine, qui en interdisaient les fouilles. Les découvertes qui en ont résulté, après leur autorisation, comptent parmi les plus précieuses du monde hellénique : inscriptions grecques, bas-reliefs, sculptures votives et objets du quotidien. En 2016, la mission archéologique polonaise du musée national de Varsovie, dirigée par Alfred Twardecki, a repris les travaux de terrain, contribuant à sauver le site de l’érosion marine. Une grande partie des pièces les plus remarquables est aujourd’hui exposée au musée de l’Ermitage à Saint-Pétersbourg.

Parmi les trouvailles majeures figurent une maison grecque archaïque admirablement conservée et une tablette de plomb portant une lettre privée du Ve siècle avant notre ère, rare témoignage de la vie quotidienne des habitants. L’acropole révèle encore les fondations d’un temple ionique et les restes d’un réseau de rues pavées. L’ampleur de ces vestiges atteste du raffinement urbain atteint par Olbia, cité qui sut transposer sur les rives scythes les modèles de la polis grecque.

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7. Le parc naturel national du Bas-Dniestr (Sud de l’Ukraine)

Aux confins de l’oblast d’Odessa, à la frontière moldave, s’étend le parc naturel national du Bas-Dniestr, vaste zone humide créée en 2010 pour protéger l’estuaire du Dniestr. Couvrant près de 10 829 hectares, il englobe roselières, lagunes, forêts inondables et lacs formant l’un des écosystèmes les plus riches du sud ukrainien. Le parc, reconnu pour ses deux zones Ramsar d’importance internationale, joue un rôle vital dans la régulation hydrologique de la région et la préservation des espèces aquatiques.

L’estuaire du Dniestr abrite une faune exceptionnelle : plus de 70 espèces de poissons réparties en vingt groupes et jusqu’à 15 000 couples nicheurs d’oiseaux. Les foulques macroules, grèbes huppés, canards colverts et mouettes rieuses y trouvent des zones de reproduction idéales. Le climat, de type continental humide à étés chauds, favorise la coexistence de forêts mixtes et de zones marécageuses.

Outre sa biodiversité, le Bas-Dniestr séduit par sa richesse géologique. Les grottes d’Ozerna et d’Optymistychna, longues respectivement de 105 et 230 kilomètres, figurent parmi les plus vastes d’Europe. S’y découvrent également la grotte de cristal, les sites rocheux de Beremiany et de Hlodyl, ainsi que la cascade de Dzhurynskyi, la plus haute d’Ukraine.

Le parc est organisé en quatre zones : une zone strictement protégée, une zone de loisirs réglementés, une zone de recréation stationnaire et une zone commerciale. Plusieurs sentiers de randonnée permettent d’en explorer les recoins tout en préservant la faune. La proximité de la ville d’Odessa en facilite l’accès, sans nuire à son isolement relatif. Des excursions en bateau sur le Dniestr offrent des panoramas spectaculaires sur les roselières et les forêts inondées.

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8. Odessa (Sud de l’Ukraine)

Située sur la côte septentrionale de la mer Noire, Odessa peuplée de 1 010 537 habitants séduit par son atmosphère méridionale et cosmopolite. Fondée à la fin du XVIIIᵉ siècle, la ville a connu un essor fulgurant grâce à son port, longtemps considéré comme la porte maritime de la mer Noire vers l’Europe. Aujourd’hui encore, ses quais et ses entrepôts rappellent la prospérité de cette cité commerçante et raffinée. L’âme d’Odessa s’exprime dans sa vieille ville, au plan en damier, où alternent façades pastel, balcons en fer forgé et cours ombragées. Depuis 2023, cet ensemble architectural exceptionnel est inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO, reconnaissant ainsi l’importance historique et culturelle de la cité.

Le cœur d’Odessa se découvre à pied, entre la place Soborna et l’escalier Potemkine, monument emblématique offrant une perspective spectaculaire sur le port. À proximité, la statue du duc de Richelieu, fondateur de la ville moderne, domine le boulevard Primorskiy, bordé d’élégants palais du XIXᵉ siècle comme le palais Vorontsov. Un peu plus loin, le pont Tyoschin, surnommé le « pont de la belle-mère », relie les deux collines de la ville en enjambant une gorge verdoyante. En fin de journée, les promeneurs se pressent sur la rue Deribasovskaya, où les cafés animés, les orchestres et les terrasses rappellent le charme d’une station balnéaire d’un autre temps.

L’élégance d’Odessa réside aussi dans son intense vie artistique. L’opéra national, joyau du néo-baroque autrichien, demeure l’un des plus beaux théâtres d’Europe orientale. À proximité, les musées abondent. Le musée archéologique, fondé en 1883, abrite d’exceptionnelles collections gréco-romaines et égyptiennes ; le musée d’art occidental et oriental, installé dans l’ancien palais Pototsky, présente quant à lui des chefs-d’œuvre européens et asiatiques dans un cadre somptueux. Le musée d’art d’Odessa, situé dans un autre palais Pototsky, rassemble une remarquable collection d’art russe et ukrainien.

Le musée Alexandre Pouchkine retrace le passage du grand poète à Odessa, où il trouva l’inspiration pour une partie d’Eugène Onéguine. Le musée de la littérature, installé dans un élégant bâtiment du centre, évoque les écrivains et penseurs liés à la cité cosmopolite, tandis que la maison Nicolas Roerich rend hommage à l’artiste et mystique russe à travers des reproductions et documents rares. Le musée Bleschunov, quant à lui, offre une plongée singulière dans l’univers éclectique d’un collectionneur passionné, entre art populaire, icônes et objets de montagne.

Les passionnés d’histoire régionale ne manqueront pas le musée d’histoire régionale d’Odessa, abrité dans un palais du XIXᵉ siècle, retraçant la formation de la Nouvelle Russie et l’essor d’Odessa jusqu’à nos jours. Plus insolite, le musée de la numismatique réunit des pièces et artefacts retraçant la circulation monétaire depuis l’Antiquité dans les colonies grecques du Pont-Euxin. À quelques pas, le musée du cinéma, l’un des plus riches du pays, rappelle qu’Odessa fut longtemps un grand centre du septième art soviétique, où furent tournés de nombreux classiques.

Le patrimoine maritime est également mis à l’honneur au musée maritime, situé entre l’Opéra et le musée de la littérature, retraçant l’histoire de la flotte et des grands explorateurs de la mer Noire. Le musée Philiki Etairia, installé dans une ancienne demeure grecque, rappelle quant à lui le rôle d’Odessa dans la lutte pour l’indépendance hellénique. La mémoire cosmopolite de la ville s’y révèle dans chaque salle, où se mêlent les traces des marchands, des révolutionnaires et des poètes venus d’ailleurs.

L’attrait d’Odessa s’étend aussi à sa vie contemporaine. Le musée d’art moderne (MoMA) présente les œuvres des peintres et sculpteurs odessites des XXᵉ et XXIᵉ siècles, dans un esprit audacieux et novateur. Non loin, les musées de cire offrent une note plus légère et familiale, tandis que les marchés, notamment le marché de Pryvoz, perpétuent la tradition populaire de la ville, entre humour, exubérance et couleurs locales.

Odessa, malgré ses façades parfois délabrées, conserve une beauté indomptable. Ses jardins publics, ses boulevards plantés d’arbres et ses vues sur la mer évoquent un art de vivre méditerranéen mêlé de nostalgie slave. Le visiteur y perçoit la poésie des contrastes : le luxe fané des palais côtoie la vivacité du marché, la grandeur impériale dialogue avec la simplicité populaire.

S’étirant le long de la mer Noire, Odessa incarne à la fois le charme d’une cité portuaire et la vivacité d’un centre culturel majeur. Son phare de Vorontsov guide encore aujourd’hui les navires qui accostent à la gare d’Odessa-Holovna, vaste terminus de briques claires reliant la ville à tout le pays. Dès les premières rues, Odessa séduit par l’élégance de ses bâtiments pastel, la douceur de ses boulevards bordés d’arbres et le parfum salé qui monte du large. Le jardin de la ville d’Odessa, aménagé en 1803 par Félix de Ribas, demeure le cœur battant de la cité, un lieu de promenade où musique, sculptures et fontaines dansantes rappellent le goût des habitants pour la beauté et la légèreté.

L’un des symboles majeurs de la ville reste le théâtre d’opéra et de ballet d’Odessa, joyau du néo-baroque construit à la fin du XIXᵉ siècle. Ce temple des arts, réputé pour son acoustique exceptionnelle, accueille opéras, ballets et concerts philharmoniques dans un décor somptueux de dorures et de fresques. Non loin, la place de Richelieu, dominée par le monument au duc de Richelieu, rend hommage au gouverneur français qui contribua à la prospérité d’Odessa.

Les amateurs de musique se retrouvent au théâtre philharmonique d’Odessa, installé dans un élégant édifice aux allures mauresques, où se produit l’orchestre philharmonique national. Plus au sud, sur la plage de Lanzheron, le dolphinarium Nemo attire familles et curieux pour ses spectacles marins, tandis que les passionnés d’histoire descendent sous terre dans les catacombes d’Odessa, l’un des plus vastes réseaux souterrains du monde. Le musée de la Gloire des Partisans, installé dans ces galeries, retrace la résistance locale durant la Seconde Guerre mondiale.

Les plages d’Odessa, s’étirant d’ouest en est, forment un chapelet de rivages où se mêlent détente, animation et élégance. La plage de Lanzheron, toute proche du centre, offre une ambiance familiale et des vues splendides sur la mer. Plus loin, Otrada attire les promeneurs du soir, tandis que Dauphin et Chkalovski séduisent les amateurs de tranquillité. Les plus audacieux se rendent à Malibu, réputée pour sa propreté et son confort moderne, ou à Arcadia, véritable cœur battant de la vie nocturne. Bars, clubs et restaurants s’y succèdent le long de la promenade, transformant la côte en un festival estival permanent où l’énergie d’Odessa atteint son apogée.

Au détour du boulevard Prymorskyi, sous un toit de verre, les visiteurs peuvent contempler les vestiges d’une ancienne colonie grecque, témoignage des origines antiques de la région. Non loin, la statue d’Ivan Martos représentant le duc de Richelieu rappelle que l’histoire d’Odessa est profondément européenne, entre influences françaises, grecques et russes. Cette richesse culturelle se retrouve dans les marchés de la ville : le marché de Pryvoz, l’un des plus vastes d’Europe orientale, grouille de vie et de senteurs, tandis que le marché aux puces du quartier de Moldavanka, près du Starokoniy rinok, invite à chiner des reliques soviétiques et des objets insolites, reflets du passé populaire de la cité.

La ferveur religieuse d’Odessa s’illustre à travers la diversité de ses lieux de culte. La cathédrale orthodoxe de la Transfiguration, chef-d’œuvre du classicisme russe, reconstruite à l’identique après sa destruction soviétique, demeure le plus grand sanctuaire de la région. Plus sobre mais chargée d’histoire, la cathédrale luthérienne Saint-Paul témoigne de la présence allemande, tandis que la synagogue centrale, reconstruite en 1996, illustre la vitalité de la communauté juive d’Odessa.

Odessa est aussi une ville de foi et de tolérance. Les silhouettes élancées de la cathédrale catholique de l’Assomption de la Vierge Marie et de la mosquée Al-Salam s’élèvent dans le même horizon, symbole d’une coexistence séculaire. Les cimetières, comme le cimetière cosaque de Kuialnyk, complètent ce patrimoine spirituel. L’histoire récente n’est pas oubliée : la statue de Catherine la Grande, autrefois sur la place des fondateurs, a été déplacée au musée des Beaux-Arts d’Odessa, marquant la volonté de repenser la mémoire urbaine.

Les espaces verts d’Odessa offrent des havres de paix à quelques pas de la mer. Le parc Chevtchenko, vaste domaine créé sous l’empereur Alexandre II, domine la côte et abrite le stade Chornomorets, la colonne Alexandre et un observatoire municipal. Le parc Preobrazhensky, qui entoure la cathédrale principale, rappelle l’attachement de la ville à la nature. À ces ensembles s’ajoute le jardin botanique universitaire, qui fête plus de deux siècles d’existence, et le parc Gorki, lieu de loisirs populaire où les familles viennent respirer sous les platanes et les érables.

Le patrimoine hôtelier n’est pas en reste : sur le boulevard Prymorsky, l’hôtel Londonskaya perpétue la tradition du grand tourisme européen avec ses façades pastel et ses balcons ouvragés. Non loin, l’université nationale de médecine d’Odessa illustre le rôle académique de la ville, héritière d’une longue tradition d’enseignement et de recherche.

Les sculptures publiques, comme les lions Médicis du palais Vorontsov ou les sculptures du jardin Starosinnyi, rappellent le goût d’Odessa pour les symboles classiques et la mise en scène monumentale. Le monument à Pouchkine, érigé en 1889, évoque l’exil fécond du poète dans la cité, tandis que les traditions littéraires et humoristiques continuent de faire la renommée d’Odessa.

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9. Teplodar (Sud de l’Ukraine)

Située dans le sud de l’Ukraine, près d’Odessa, Teplodar compte 9 958 habitants et possède un caractère singulier lié à son histoire. Initialement prévue pour soutenir une centrale nucléaire à double réacteur, la ville fut construite entre 1979 et 1986, avant même la mise en service de la centrale, qui fut abandonnée après l’accident de Tchernobyl. Parmi les sites emblématiques de la ville, il est possible de citer le mémorial soviétique sur la catastrophe de Tchernobyl, qui rappelle le projet nucléaire et les enjeux historiques de la région. Dans le jardin public de la ville, également connu sous le nom de In the City Garden, les habitants peuvent se promener et admirer le panneau « J’aime Teplodar », symbole de l’attachement local à leur cité.

Teplodar abrite également des lieux religieux significatifs, tels que le Holy Resurrection Monastery Teplodarskyy zhenskyy, qui témoigne de la tradition orthodoxe dans cette ville compacte. L’église orthodoxe constitue un lieu central pour les habitants, mêlant spiritualité et patrimoine culturel. La ville, d’une superficie d’environ un kilomètre carré, offre des sentiers pédestres agréables pour les sportifs et les promeneurs.

Les infrastructures de Teplodar, bien que modestes, permettent de profiter d’activités récréatives variées. Le circuit de motocross attire les amateurs de sports mécaniques, tandis que les parcs et espaces verts du centre-ville offrent des lieux de détente. Le jardin public constitue aussi un espace culturel où se tiennent parfois des événements locaux et des rassemblements communautaires.

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10. Vylkove (Sud de l’Ukraine)

Vylkove, surnommée la « Venise d’Ukraine », compte 7 712 habitants et se situe dans le delta du Danube, à la frontière avec la Roumanie et à 148 kilomètres au sud-ouest d’Odessa. La ville est caractérisée par ses nombreux canaux, qui traversent la cité et créent un paysage unique. Parmi les sites à voir, les amateurs de nature et de navigation peuvent explorer la ville en canoë-kayak si le niveau de l’eau le permet. Pour les expéditions plus longues, l’embouchure du Danube est accessible en canoë sur 8 à 10 heures, avec la possibilité de camper et de profiter pleinement du fleuve.

Les excursions en bateau à moteur sur le delta du Danube permettent de découvrir un écosystème riche, où oiseaux, mammifères et plantes rares prospèrent. Ces sorties, organisées par de nombreuses compagnies locales, offrent une expérience immersive dans le patrimoine naturel de la région. Le delta, inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO, est géré depuis Vylkove, qui héberge l’administration de la réserve de biosphère du delta du Danube, garantissant la protection des zones sensibles et la promotion du tourisme durable.

La ville compte également des édifices religieux notables. S’y trouvent deux églises Saint-Nicolas, dédiées au saint patron de la ville, ainsi que l’église de la Nativité. Ces lieux de culte témoignent de l’histoire spirituelle et culturelle de Vylkove et constituent des points de repère importants pour les habitants et les visiteurs.

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11. Henichesk (Territoire sous occupation du Sud de l’Ukraine)

Nichée sur les rives calmes de la mer d’Azov, la ville portuaire de Henichesk (Генічеськ) se distingue par son atmosphère paisible et son riche passé maritime. Cette cité de 20 000 habitants, fondée au XIXe siècle, fut longtemps un port actif reliant la Crimée et l’Ukraine continentale. Sa plage de Henichesk, vaste et en pente douce, demeure aujourd’hui un lieu prisé pour la détente et les promenades.

À proximité, la plage des enfants sur l’estuaire d’Utlyukskom attire les familles : ses eaux peu profondes et argileuses, aux vertus curatives, s’étendent à perte de vue. Un peu plus loin, la plage réservée aux adultes, située sur le détroit de Tonkyi, offre un cadre plus sauvage, propice à la baignade et aux sports nautiques, bien que les courants y soient parfois puissants. Ces rivages bordés de dunes et d’argile rappellent que la mer d’Azov, peu profonde et riche en minéraux, fut longtemps considérée comme une mer bienfaisante pour la santé.

Le centre historique de Henichesk se distingue par une architecture simple et harmonieuse. La porte cintrée Kalimbetov, vestige du manoir éponyme construit en 1909, est l’un des rares témoins de l’architecture bourgeoise d’avant-guerre. Non loin, l’ancienne demeure de Dimitri Ulianov, le frère de Lénine, rappelle la présence de personnalités marquantes dans la vie politique et intellectuelle de la région.

L’église de la Nativité, édifiée en 1906 dans le style russo-byzantin, offre quant à elle une élégance sobre : transformée en grenier puis en gymnase durant l’époque soviétique, elle fut restaurée en 1996 et rendue au culte, redevenant un lieu de recueillement pour les habitants. Parmi les autres édifices dignes d’intérêt figurent l’ancien siège de la Banque commerciale internationale de Saint-Pétersbourg, aujourd’hui réhabilité, ainsi que la maison de la Culture, centre d’activités artistiques et de spectacles.

Le patrimoine culturel de Henichesk trouve son écrin dans le musée d’histoire locale, situé rue Vidrodzhennia. Ce musée, modeste en apparence mais d’une richesse étonnante, expose une stèle en ivoire de mammouth datant de l’époque sarmate, des amphores antiques repêchées dans la mer d’Azov, des fragments de navires médiévaux, ainsi qu’une remarquable collection ethnographique des XVIIIe et XIXe siècles.

Non loin de là s’étend la célèbre flèche de sable d’Arabatsky (Арабатская стрелка), l’un des plus beaux sites naturels du sud de l’Ukraine. Longue de 112 kilomètres, cette étroite langue de terre sépare la baie de Siwash de la mer d’Azov. Ses plages de sable chaud, ses lagunes turquoise et ses dunes balayées par le vent attirent chaque été des milliers de visiteurs. Le nord de la flèche, accessible depuis Henichesk, est un lieu de villégiature populaire, tandis que le sud, plus isolé, révèle un paysage d’une beauté intacte. Les amateurs d’histoire peuvent y découvrir les vestiges de la forteresse d’Arabatsky, sentinelle oubliée du littoral.

La ville de Henichesk conserve également un visage animé et attachant. Son marché central réunit les habitants autour des produits de la mer, des fruits salés du littoral et des épices locales. La gare et le phare de Geníchesk rappellent quant à eux la vocation portuaire de la cité : autrefois carrefour du commerce maritime, Henichesk fut longtemps une étape stratégique entre la Crimée et les terres ukrainiennes. Aujourd’hui, son port de pêche reste actif, tandis que ses quais sont devenus un lieu de promenade apprécié au coucher du soleil. Non loin, le monument aux soldats tombés pendant la Seconde Guerre mondiale veille sur la mémoire collective, symbole du courage d’une ville souvent éprouvée par les conflits.

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12. Askania-Nova (Territoire sous occupation du Sud de l’Ukraine)

Au cœur de la steppe ukrainienne s’étend la réserve de biosphère d’Askania-Nova, l’un des derniers fragments de steppe vierge d’Europe. Fondée en 1874 par Friedrich-Jacob Falz-Fein, cette vaste étendue protégée de 300 km² dans l’oblast de Kherson conserve un écosystème quasi intact, où herbes, oiseaux et mammifères vivent en parfaite harmonie. Depuis 1985, elle est reconnue par l’UNESCO pour sa valeur écologique exceptionnelle. Cette région, appelée parfois la « Nouvelle Ascanie », abrite à la fois une réserve de steppe vierge, un zoo d’acclimatation et un jardin botanique d’une richesse remarquable.

La faune y est d’une diversité inouïe : plus de cinquante espèces rares ou réintroduites évoluent dans cet environnement semi-naturel. Le fameux cheval de Przewalski y trouve refuge, tout comme le kulan turkmène, le zèbre de Grévy, le bison des plaines, le mouflon d’Arménie, le chameau de Bactriane ou encore le paon bleu. Ces troupeaux parcourent librement plus de 33 000 hectares de prairies, rappelant les paysages de savane africaine. Les oies à poitrine rousse, les grues cendrées et les busards pâles font d’Askania-Nova une zone importante pour les oiseaux (ZICO) reconnue par BirdLife International.

La flore n’est pas en reste. Plus de 200 espèces de feuillus et de conifères ont été introduites entre 1885 et 1902, créant un jardin dendrologique unique dans la steppe. Environ 600 espèces végétales, dont 16 inscrites sur la Liste rouge d’Ukraine, prospèrent dans leur milieu d’origine. Les zones humides de Grand Chapli, inscrites à la Convention de Ramsar, abritent de nombreux amphibiens et oiseaux migrateurs. Cet équilibre fragile est maintenu par l’Institut de recherche de l’Académie des sciences agricoles d’Ukraine, installé sur place.

La réserve comprend également la ville d’Askania Nova et plusieurs villages ruraux tels que Illinka, Komysh, Molochne ou Markeyevo, totalisant environ dix mille habitants. L’accès, uniquement possible par bus depuis Kherson, renforce le sentiment d’isolement qui caractérise ce sanctuaire écologique. Les routes régionales P47, E58 et E105 relient la zone aux principales villes du sud ukrainien. Une pièce commémorative de 2 hryvni, frappée en 1998, célèbre d’ailleurs le centenaire de la réserve.

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13. Le parc national des sables d’Oleshky (Territoire sous occupation du Sud de l’Ukraine)

Le parc national des sables d’Oleshky s’étend au sud du Dniepr, à une trentaine de kilomètres de Kherson, formant l’un des paysages les plus singuliers d’Ukraine. Créé en 2010, ce territoire semi-aride évoque par endroits un véritable désert. Ses dunes mouvantes, ses steppes sablonneuses et ses prairies clairsemées constituent un environnement rare en Europe. Sur plus de 8 000 hectares, ce parc alterne zones de sable, bosquets de pins et petits lacs qui ponctuent un relief d’une beauté austère.

Le parc se divise en deux grandes zones. La première : Radensk, couvre près de 6 780 hectares et se distingue par ses dunes dénudées où le vent façonne sans cesse de nouveaux paysages. La seconde : Burkout, mêle forêts de pins, prairies humides et roselières entourées de steppe sablonneuse. Ces deux parties forment un écosystème d’une étonnante variété, où alternent zones sèches et poches de verdure. Des bouleaux, des arbustes et des lacs complètent ce tableau naturel d’une grande richesse visuelle.

La végétation, adaptée à la sécheresse, abrite une faune discrète mais fascinante : reptiles, insectes, oiseaux nicheurs et petits mammifères. La nuit, les dunes prennent une teinte argentée sous la lune, révélant le caractère quasi désertique du lieu. Le parc national des sables d’Oleshky n’est pas seulement un espace de contemplation, mais aussi un site de recherche scientifique sur l’évolution des sols et la dynamique des écosystèmes arides d’Europe orientale.

Pour préserver son intégrité, les visites non accompagnées sont strictement interdites. La présence d’une installation militaire voisine impose d’ailleurs des règles de sécurité rigoureuses. Seules des excursions guidées permettent de découvrir la diversité des paysages, d’observer les dunes de Radensk ou les forêts de Burkout, et de comprendre la fragilité d’un environnement soumis à l’érosion et à la sécheresse.

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14. Arbres pétrifiés de Druzhkovskaya (Ukraine de l’Est)

Les arbres pétrifiés de Druzhkovskaya (Druzhkivsʹki Skam’yanili Dereva), situés près de Kramatorsk, constituent un monument géologique exceptionnel, témoin du Carbonifère vieux de 280 à 300 millions d’années. Les spécimens fossilisés, en majorité des Araucaria, sont éparpillés dans le village d’Alekseevo-Druzhkivka et sur les pentes d’un ravin. Ce site unique permet aux visiteurs et chercheurs de découvrir de visu des arbres fossilisés rares, comparables seulement à certains sites de l’Arizona. Les sentiers historiques et les points d’observation facilitent l’exploration tout en protégeant le site, valorisé par l’intérêt scientifique et patrimonial reconnu par l’UNESCO.

Le site est à la fois pédagogique et touristique. Les visiteurs peuvent observer la diversité des troncs fossilisés et comprendre les processus géologiques à l’origine de leur formation. Des programmes éducatifs permettent aux étudiants et aux curieux de mieux appréhender l’histoire de la Terre et de la végétation préhistorique. Les arbres pétrifiés attirent non seulement les géologues et paléontologues, mais aussi des touristes désireux de contempler des paysages rares et fascinants, témoins d’un passé lointain.

La zone offre un parcours sécurisé et balisé. Des guides locaux accompagnent parfois les visiteurs pour expliquer les particularités des fossiles et l’importance scientifique du site. La conservation est une priorité : aucune construction ni coupe sélective n’est autorisée, et les sentiers permettent de limiter l’impact humain.

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15. Parc naturel national des bois d’Homilsha (Ukraine de l’Est)

Le parc naturel national des bois d’Homilsha ou Natsionalʹnyy Pryrodnyy Park Homilʹshansʹki Lisy, situé dans l’oblast de Kharkiv, protège une vaste zone forestière et fluviale le long des rivières Donets et Gomolsha. Le parc conserve 50 espèces de poissons, 153 espèces d’oiseaux, 53 espèces de mammifères et 850 espèces végétales, dont 138 sont rares. Il propose cinq grands itinéraires de randonnée et des sentiers plus courts permettant de visiter des monuments historiques et culturels, allant de l’âge du bronze jusqu’à l’époque de la Rus’ de Kiev. Les zones protégées comprennent des « zones naturelles d’une valeur exceptionnelle », où toute coupe ou construction est interdite.

Les visiteurs peuvent profiter de sentiers pédagogiques et d’excursions guidées qui présentent la biodiversité et l’histoire du parc. Les rives du Donets offrent un contraste notable : la rive droite présente des éperons vallonnés, tandis que la rive gauche est constituée de plaines inondables. La baignade est autorisée dans les zones désignées, permettant aux visiteurs de profiter de la nature de manière responsable, tout en respectant les habitats sensibles.

Le parc propose également des programmes éducatifs et scientifiques, permettant de mieux comprendre les écosystèmes locaux. Les visiteurs peuvent observer des paysages forestiers, des rivières sinueuses et des prairies humides, tout en découvrant des sites historiques intégrés dans l’environnement naturel. Les excursions guidées permettent de combiner activité physique, éducation et immersion culturelle, renforçant l’intérêt pour la conservation de la biodiversité.

Les sentiers et zones aménagées permettent d’apprécier la beauté des forêts de Homilsha tout en garantissant la protection des espèces animales et végétales. Les rivières et les bois créent un paysage varié et propice à l’observation et à la photographie.

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16. Dnipro (Ukraine de l’Est)

Dnipro, grande métropole industrielle de l’est de l’Ukraine, compte environ un million d’habitants. Anciennement connue sous le nom de Dnipropetrovsk, cette cité fondée sur les rives majestueuses du fleuve Dniepr demeure un témoin vivant de l’histoire moderne du pays. Longtemps fermée aux étrangers durant la période soviétique en raison de son rôle stratégique dans l’industrie militaire, elle s’est depuis largement ouverte, mêlant patrimoine historique, art religieux et mémoire nationale. Le Prospekt Dmytra Yavornytskoho, grand boulevard central, constitue l’artère emblématique reliant les principaux ensembles architecturaux de la ville, entre la place européenne, la cathédrale Preobrazhensky et les vastes musées qui surplombent la rivière.

Le musée historique national Dmytro Yavornytsky occupe une place essentielle dans la vie culturelle de Dnipro. Il retrace l’histoire de la région et met en lumière la figure de Yavornytsky, historien des Cosaques du Dniepr. Non loin, le monument de la Gloire, sur le même boulevard, domine le fleuve et rend hommage aux combattants tombés durant la Seconde Guerre mondiale. À proximité, le diorama de la Bataille du Dniepr, spectaculaire représentation de l’un des épisodes décisifs du conflit, complète cet ensemble de mémoire. Le musée militaire et le musée du mouvement partisan poursuivent cette évocation, donnant à la ville une dimension historique forte, entre douleur et résilience.

La ville abrite un patrimoine religieux d’une richesse exceptionnelle. La cathédrale Preobrazhensky également connue comme cathédrale de la Transfiguration, fondée par Catherine la Grande en 1787, reste l’un des édifices les plus anciens et les plus majestueux de Dnipro. Construite selon les plans de l’architecte Ivan Starov et achevée sous le règne de Nicolas Ier, elle se distingue par son élégance classique et par les jardins de roses qui s’étendent à ses pieds. À proximité se trouvent d’autres églises remarquables, telles que l’église Sviato-Pokrovs’ka, l’église Saint-Nicolas reconstruite après la Révolution, ou encore l’église de la Trinité, située sur la rive gauche du fleuve.

Au nord de la ville, l’église de l’Icône de Notre-Dame d’Ivers’ka se distingue par son iconostase en onyx rose d’Iran et son autel de marbre blanc. Édifiée sur un site historique lié à l’ancien village cosaque de Smara, elle constitue un lieu de pèlerinage et de recueillement. L’église Saint-Mykolaïv, la plus ancienne de la ville, perpétue la tradition religieuse du XVIIe siècle, tandis que l’église de l’Exaltation de la Croix et l’église de Briansk illustrent la variété des styles architecturaux. Par ailleurs, l’église de Briansk, transformée en maison de l’orgue et de la musique de chambre, abrite aujourd’hui des concerts prestigieux, unissant musique et spiritualité au cœur de la cité.

Parmi les édifices les plus imposants figure la cathédrale de la Sainte-Trinité, reconstruite après les destructions du XXe siècle. Elle abrite des reliques anciennes et un tombeau vénéré provenant de l’église de Kazan. Tout près, le couvent de la Sainte-Tikhvine, seul monastère de Dnipro, fondé en 1866, conserve la mémoire des premières communautés féminines orthodoxes.

La diversité religieuse de Dnipro s’exprime également à travers ses lieux de culte non orthodoxes. Le sanctuaire luthérien Sainte-Catherine, fondé en 1852, fut restauré par la communauté allemande avant d’être fermé à l’époque soviétique. À proximité, l’église catholique Saint-Joseph, érigée au début du XXe siècle, rappelle la présence d’une communauté polonaise active. Sur l’île Monastyrsky, l’église Saint-Nicolas au dôme doré domine le paysage du Dniepr ; selon la légende, elle fut fondée au Xe siècle par des moines byzantins escortant la princesse Olga.

Plus au sud, le temple de l’Icône de la Mère Divine, reconstruit en 2007 dans le style baroque ukrainien, comprend un mémorial aux habitants défunts, où deux anges de bronze veillent sur les noms gravés dans le granit. L’église Saint-Pantéléimon, en construction, s’inspire du temple de la Protection de Nerl, chef-d’œuvre médiéval russe. Ces lieux reflètent la vitalité religieuse et artistique d’une ville en perpétuelle évolution.

Le patrimoine juif de Dnipro est l’un des plus importants d’Ukraine. La synagogue mineure de la rue Kotsiubinskogo, transformée en yeshiva en 1998, demeure un centre d’étude de la Torah où se forment les sofer, les scribes chargés d’écrire les textes sacrés. La synagogue chorale de la Rose d’Or, fondée au XIXe siècle, a connu plusieurs vies : club ouvrier après la Révolution, usine textile, puis centre spirituel restauré après l’indépendance. Aujourd’hui connue sous le nom de Touray Zahav, elle témoigne du renouveau culturel et religieux de la communauté juive de Dnipro, autrefois l’une des plus dynamiques du pays.

Le cœur de la cité bat autour de la place Soborna, dominée par la cathédrale de la Transfiguration, construite en 1787 sur ordre de Catherine la Grande. Cet édifice, aux lignes sobres et harmonieuses, reste un symbole fort de l’identité religieuse et urbaine de Dnipro. À proximité s’élèvent plusieurs bâtiments d’intérêt historique, dont la maison du Gouverneur, un élégant édifice du XIXe siècle abritant aujourd’hui le musée d’histoire de la ville de Dnipro.

La ville offre de nombreux espaces verts où se mêlent détente et mémoire. Le parc Taras Chevtchenko, vaste jardin sur la rive droite du fleuve, reste l’un des lieux les plus emblématiques. Le visiteur y accède par un pont qui mène à l’île Monastyrskyi, cœur historique de Dnipro. Cette île, où des moines byzantins établirent un monastère au IXe siècle, abrite aujourd’hui un parc d’attractions, un zoo, et un monument à Taras Chevtchenko. Une croix commémorative rappelle la présence religieuse ancienne, tandis que les rives offrent des points de vue spectaculaires sur le pont Merefa-Kherson, chef-d’œuvre d’ingénierie reliant les deux rives du Dniepr.

À quelques pas du parc Chevtchenko, le jardin botanique et le parc Gagarine composent un vaste ensemble paysager sur la colline sud-ouest. Créé en 1930 puis reconstruit après la guerre, le jardin botanique abrite une importante collection d’espèces végétales locales et exotiques, disposées sur plusieurs terrasses naturelles. En contrebas, le parc Gagarine attire étudiants et familles autour de ses allées fleuries et de ses points d’eau.

Le centre de Dnipro se distingue par sa diversité architecturale et sa vie culturelle foisonnante. L’hôtel de ville, le bâtiment de l’administration régionale de Dnipropetrovsk et le bureau de poste central célèbre pour sa tour qui domine le panorama urbain, témoignent du développement administratif et commercial du XXe siècle. Plus loin, la place Vokzalna anime le quartier de la gare, véritable nœud de circulation. L’artère principale, l’avenue Akademik Yavornytskyi Prospekt, traverse la ville d’est en ouest, bordée de cafés, de librairies et d’immeubles aux façades néoclassiques. De nombreuses rues ont été renommées après la loi de 2015 sur la décommunisation, effaçant les traces de l’ère soviétique tout en conservant une forte empreinte historique.

Les amateurs d’art et de spectacle trouvent à Dnipro une offre variée. La ville compte plusieurs théâtres de renom, parmi lesquels le théâtre académique dramatique et comique de Dnipro, le théâtre académique ukrainien de musique et de théâtre Taras Chevtchenko et le théâtre d’opéra et de ballet de Dnipro. Ces institutions perpétuent la tradition scénique ukrainienne, alternant répertoires classiques et créations contemporaines. Le cirque d’État de Dnipro, très populaire, perpétue quant à lui un art du divertissement typiquement soviétique, toujours apprécié des familles.

Les musées occupent une place essentielle dans la découverte culturelle de la ville. Le musée national d’histoire Dmytro Yavornytsky rassemble une vaste collection retraçant la formation de l’identité ukrainienne et l’histoire de la région cosaque. À quelques rues de là, le musée d’art de Dnipro expose des œuvres d’artistes ukrainiens et européens du XIXe et du XXe siècle, tandis que la Diorama « Bataille du Dniepr », située sur la colline principale, propose une impressionnante reconstitution de l’un des épisodes majeurs de la Seconde Guerre mondiale.

Dnipro est également une ville de mémoire. Un monument commémoratif honore les 20 000 Juifs fusillés en 1943 lors de l’occupation allemande, rappelant l’un des chapitres les plus sombres de l’histoire locale. Plus récemment, un mémorial aux victimes de la guerre russo-ukrainienne a été érigé dans le centre-ville, symbole d’une résilience collective face aux épreuves du présent. Dans le parc des fusées, l’exposition de missiles tels que la Tsyklon-3, la RT-20P ou la R-11 Zemlya, produits par l’usine Yuzhmash, évoque la dimension scientifique et industrielle qui fit la renommée de Dnipro à l’époque soviétique.

Le fleuve Dniepr est l’âme de la cité. Il structure le paysage et adoucit le climat, offrant depuis les collines des panoramas d’une grande beauté sur les rives et les îles. De nombreux points de vue, notamment depuis le quartier de Nagorna, le parc Globa et le parc Chevtchenko permettent d’admirer l’étendue du fleuve et les reflets de ses eaux au coucher du soleil. Les berges accueillent des plages, des cafés et des pistes de promenade où les habitants viennent se détendre après le travail.

Les environs de Dnipro méritent également une visite. À Novomoskovsk, à 27 kilomètres au nord-est, s’élève la célèbre cathédrale de la Trinité, chef-d’œuvre du baroque ukrainien, entièrement construite en bois sans un seul clou par l’architecte Yakym Pohrybniak en 1778. À proximité, le monastère de Samara perpétue la tradition spirituelle de la région et offre un cadre paisible, au cœur des forêts et des rivières du Dniepr.

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17. Le parc naturel national des Montagnes Saintes (Ukraine de l’Est)

Situé dans le nord de l’oblast de Donetsk, le parc naturel national des Montagnes Saintes (Sviati Hory National Park) s’étend sur 40 609 hectares entre les districts de Sloviansk, Lyman et Bakhmout, le long du Donets, principal affluent du Don. Créé en 1997 par décret présidentiel afin de préserver la faune, la flore et le patrimoine naturel de la vallée, ce parc remarquable constitue l’un des ensembles paysagers les plus riches de l’est de l’Ukraine. Il protège une mosaïque de forêts, falaises crayeuses, terrasses fluviales et zones humides, accessibles pour près de 85 % de sa surface à des activités de découverte et de loisirs. Son territoire abrite en outre cent vingt-neuf sites archéologiques et soixante-treize monuments historiques, témoignant d’une occupation humaine continue depuis la Préhistoire.

La topographie du parc reflète la diversité de l’écosystème de la vallée du Donets. Le fleuve, issu des hauts plateaux russes, traverse ici une succession de steppes et de plateaux calcaires, avant de rejoindre le bassin du Don. Sur la rive gauche, les terrasses alluviales forment un réseau de lacs, de sources et de ruisseaux où prospèrent des espèces rares d’oiseaux aquatiques. La rive droite, plus escarpée, est dominée par des collines de craie qui s’élèvent de 120 à 130 mètres au-dessus du cours d’eau et abritent des pins du crétacé, vestiges d’une flore antique aujourd’hui protégée. Ces falaises, couvertes de végétation clairsemée, offrent un panorama saisissant sur les méandres du Donets et les forêts inondables qui s’étendent à ses pieds.

Au cœur du parc s’élève l’un de ses joyaux spirituels et architecturaux : la Laure de la Dormition de Sviatohirsk, également appelée monastère troglodytique de Sviatohirsk.

Le parc abrite également plusieurs monuments commémoratifs importants. Le monument au camarade Artiom, figure du mouvement ouvrier, se dresse au-dessus du Donets comme un vestige du patrimoine soviétique, tandis qu’à proximité, le mémorial de la Seconde Guerre mondiale rappelle les combats et les souffrances endurées par la population locale. Ces monuments, classés au patrimoine historique, s’intègrent dans un paysage de collines, de forêts et de falaises qui symbolisent la mémoire vivante de l’Ukraine orientale.

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18. La Laure de la Dormition de Sviatohirsk (Ukraine de l’Est)

Au cœur du parc naturel national des Montagnes Saintes s’élève l’un de ses joyaux spirituels et architecturaux : la Laure de la Dormition de Sviatohirsk, également appelée monastère troglodytique de Sviatohirsk. Ce haut lieu de l’orthodoxie, creusé dans la falaise crayeuse dominant le fleuve, doit son nom aux montagnes saintes qui l’entourent. Mentionné pour la première fois en 1627, le monastère aurait accueilli dès le XVe siècle une communauté de moines fuyant les invasions tatares.

Il connut une longue histoire marquée par les destructions et les restaurations successives, avant d’être proclamé laure en 2004 par l’Église orthodoxe ukrainienne (Patriarcat de Moscou). Aujourd’hui, ses églises blanches et ses grottes monastiques attirent pèlerins et visiteurs dans un décor d’une beauté saisissante.

Parmi les édifices remarquables de la Laure, l’église Sviato-Pokrovska se distingue par sa silhouette élancée, tandis que le Skete de Tous-les-Saints, construit entièrement en bois, témoigne du savoir-faire artisanal traditionnel. Ces sanctuaires, dominant les pentes abruptes du Donets, constituent un ensemble harmonieux où la pierre et le bois se mêlent à la nature environnante.

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19. Kamianske (Ukraine de l’Est)

Située dans l’oblast de Dnipropetrovsk, Kamianske compte environ 226 845 habitants et s’étend sur la rive du majestueux Dniepr. Longtemps connue sous le nom de Dniprodzerjynsk, la ville a retrouvé en 2016 son appellation historique, renouant ainsi avec ses origines cosaques et son héritage fluvial. Sa situation stratégique en fait depuis le XIXe siècle un centre industriel de premier plan, marqué par la présence de la centrale hydroélectrique du Moyen Dniepr, qui régule le cours du fleuve et fournit une part importante de l’énergie régionale.

Le destin de Kamianske est intimement lié à l’industrialisation de l’Ukraine. Les grandes entreprises telles que la cokerie Bahley, l’usine chimique Prydniprovsky fermée depuis 1991 et surtout le Combinat métallurgique du Dniepr, ont façonné non seulement son économie, mais aussi son paysage et son identité. Ces ensembles monumentaux rappellent la période soviétique, où la ville constituait l’un des bastions de la production énergétique et sidérurgique du pays. Aujourd’hui, ces structures colossales cohabitent avec des zones modernisées, où le Dniepr offre un contraste saisissant entre la puissance industrielle et la sérénité de la nature environnante.

Le patrimoine spirituel de la ville témoigne de la diversité de sa population et de son ouverture culturelle. La cathédrale orthodoxe Saint-Nicolas, érigée en 1894, domine le centre de Kamianske. Ses coupoles dorées et ses fresques d’époque rappellent la foi orthodoxe profondément enracinée dans le peuple ukrainien. Non loin, l’église catholique romaine Saint-Nicolas, construite à la fin du XIXe siècle par la communauté polonaise, constitue l’un des symboles du catholicisme oriental dans la région. Adossé à cette église, le monastère capucin perpétue la tradition d’accueil et d’enseignement des Frères mineurs, offrant un espace de prière et de méditation.

Cette mosaïque religieuse s’enrichit encore de la présence d’une communauté juive active, dotée d’une grande synagogue et d’un centre de bienfaisance. Ces lieux de culte, situés non loin du centre-ville, reflètent l’histoire multiculturelle de Kamianske, où coexistent depuis des siècles les traditions orthodoxe, catholique et hébraïque. L’héritage spirituel s’exprime également à travers la musique sacrée, les processions religieuses et les célébrations qui animent les places publiques, notamment lors des fêtes de Pâques et de Noël.

Sur le plan culturel, Kamianske se distingue par la richesse de ses institutions. Le musée local retrace l’évolution de la ville depuis sa fondation, à travers des expositions sur la navigation fluviale, l’histoire industrielle et la vie quotidienne des habitants. Ce musée illustre également l’émergence du courant littéraire Svetopys, né dans la région d’Onufriivka et popularisé à Kamianske. Ce style d’écriture, qualifié de « manière d’écouter avant de parler », incarne la dimension introspective et poétique de l’identité ukrainienne.

Le centre de Kamianske regroupe plusieurs édifices notables : le conseil municipal, véritable témoin de l’architecture soviétique, la gare ferroviaire principale, cœur des échanges régionaux, ainsi que l’église orthodoxe Saint-Nicolas, restaurée dans le respect de ses volumes d’origine. Les grandes avenues bordées d’immeubles staliniens confèrent à la ville un caractère monumental, rappelant les grands plans d’urbanisme du XXe siècle. L’hôtel de ville, érigé durant la reconstruction d’après-guerre, en demeure le plus bel exemple.

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20. Kryvyi Rih (Ukraine de l’Est)

Avec environ 660 000 habitants, Kryvyi Rih est la plus longue ville d’Ukraine et l’un de ses plus puissants pôles industriels. Étendue le long de la rivière Inhulets, elle s’impose comme le centre névralgique du bassin minier et sidérurgique du pays. L’aciérie ArcelorMittal, véritable géant de la métallurgie, symbolise la puissance économique de la région. Son activité façonne le quotidien de milliers d’ouvriers et confère à la ville son identité d’acier et de feu. La gare ferroviaire principale rappelle la grandeur industrielle et la vitalité de cet axe de communication majeur.

Mais au-delà de ses usines, Kryvyi Rih séduit par la richesse de ses parcs et monuments commémoratifs. Le parc des Héros, situé sur l’avenue Metalurhiv, est un vaste espace de mémoire ponctué de statues dédiées au passé soviétique, d’une horloge fleurie et du mémorial de Tchernobyl. Le parc du Jubilé honore les soldats tombés au combat, tandis que la place du 60e anniversaire de la Victoire abrite une flamme éternelle surmontant une fosse commune. Le parc Fedor Mershavtsev, orné d’une colonnade blanche, d’une fontaine centrale et d’un pavillon de bateaux, offre un cadre élégant pour les promenades. Le parc Haharina, dédié à Youri Gagarine, est quant à lui un espace familial et ludique, traversé par la rivière.

Les amoureux de nature ne manqueront pas le jardin botanique de Kryvyi Rih, rattaché à l’Académie nationale des sciences d’Ukraine. Créé en 1980, il abrite des centaines d’espèces végétales, dont de vastes collections de roses et de chrysanthèmes. La cascade de pierres blanches et les rochers rouges du Nord et du Sud forment des paysages uniques d’où s’admire la vallée de l’Inhulets. À proximité, la réserve paysagère de Vizyrka, les rochers de Mopr, d’Arkose et de Skelevatski, ainsi que le rocher de grès, complètent ce patrimoine naturel remarquable.

Sur le plan religieux, Kryvyi Rih présente une grande diversité confessionnelle. La cathédrale de la Transfiguration du Sauveur, siège de l’éparchie orthodoxe locale, domine le centre-ville. Les fidèles s’y rassemblent lors des grandes fêtes, dans une atmosphère de recueillement. Une chapelle catholique romaine subsiste dans la vieille ville, et une grande synagogue moderne, érigée en 2010, témoigne du renouveau de la communauté juive.

La ville offre aussi un riche panorama culturel. Le musée historique local retrace l’histoire cosaque et industrielle de la région, tandis que le théâtre Chevtchenko, la place centrale des arts, et le parc Pouchkine perpétuent une longue tradition théâtrale et musicale. Les cinémas Olympus, Odessa et Multiplex maintiennent une scène cinématographique vivante, tandis que les palais de la Culture accueillent expositions, concerts et foires. Des monuments honorant Taras Chevtchenko, Bohdan Khmelnytsky, Alexandre Pouchkine, Lermontov ou Maxime Gorki ponctuent la ville, rappelant son lien avec la culture ukrainienne et russe.

L’architecture de Kryvyi Rih illustre la transition entre héritage soviétique et modernité. Les immeubles staliniens, les khrouchtchevka et les bâtiments en brique rouge dominent le centre, tandis que les quartiers récents se tournent vers un urbanisme plus écologique. L’hôtel de ville et le bureau de poste principal incarnent le classicisme monumental d’après-guerre, tandis que les anciens ateliers et les usines reconverties racontent le siècle de l’acier.

Enfin, la vie nocturne et artistique contribue à l’atmosphère vibrante de la ville. Le palais de la Jeunesse de l’Université nationale de Kryvyi Rih, les clubs Hollywood et Sky, ou encore le festival Turbofly en témoignent. Les restaurants mêlent cuisine ukrainienne, juive et internationale, et la scène musicale, du rock au folk, reflète la créativité des habitants.

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21. Kharkiv (Ukraine de l’Est)

Avec plus de 1,5 million d’habitants, Kharkiv (ou Kharkov en russe) est la deuxième plus grande ville d’Ukraine et le principal centre économique, scientifique et artistique du nord-est du pays. Située sur un plateau traversé par les rivières Lopan, Udy et Kharkiv, la ville s’étend sur neuf districts administratifs et mêle collines, vallées et zones industrielles. Fondée au XVIIᵉ siècle comme forteresse cosaque, Kharkiv s’est rapidement imposée comme une capitale intellectuelle et universitaire, dotée de l’une des plus anciennes universités d’Europe de l’Est. Sa position stratégique en a fait un pôle d’échanges entre la Russie, la steppe ukrainienne et la mer Noire, tout en conservant un riche patrimoine religieux et culturel qui témoigne de ses multiples influences.

Le cœur spirituel de Kharkiv se dévoile à travers ses grandes cathédrales. La cathédrale de l’Annonciation, construite entre 1888 et 1901, est la principale église orthodoxe de la ville. De style néo-byzantin, elle impressionne par ses coupoles à rayures et son clocher de 75 mètres dominant la place Karla Marksa. Non loin, la cathédrale de l’Assomption, ou de la Dormition, date du XVIIIᵉ siècle et fut longtemps l’édifice le plus haut d’Ukraine grâce à son clocher Alexandre, élevé en 1844 pour commémorer la victoire sur Napoléon. Restaurée après une tornade en 1975, elle abrite depuis 1986 un orgue monumental Rieger-Kloss. Ensemble, ces deux cathédrales forment les emblèmes religieux les plus photographiés de la cité.

Les églises anciennes ajoutent à la diversité architecturale de Kharkiv. L’église Saint-Pierre-et-Saint-Paul, inaugurée en 1866, reflète un style russo-byzantin typique du XIXᵉ siècle. L’église de la Nativité du Christ et de saint Serge de Radonège, consacrée en 1999, symbolise le renouveau spirituel post-soviétique. L’église de Saint-Pantéléimon, reconstruite en 1999, fut autrefois fermée et profanée avant de retrouver son éclat grâce à un minutieux travail de restauration. La cathédrale de la Très Sainte Mère de Dieu, édifiée en 1689 par les Cosaques, et l’église de la Trinité, qui donne la vie, reconstruite en pierre dès 1764, rappellent quant à elles les racines religieuses de la ville depuis ses origines fortifiées.

Kharkiv conserve également des lieux de culte d’autres confessions, témoignant de sa tradition de tolérance. La synagogue chorale, située rue Pouchkinska, est la plus grande d’Ukraine. Construite en 1912, elle servit tour à tour de club, de théâtre et d’espace sportif avant d’être restituée à la communauté juive en 1990 et restaurée après un incendie en 2003. La cathédrale catholique de la Vierge Marie Uspeniya, érigée entre 1887 et 1892 dans un style gothique, abrita un hospice et une école avant d’être rouverte au culte. L’église Ozeryanska, sur la colline de Kholodna, bâtie entre 1892 et 1901, mêle harmonieusement éléments byzantins et décorations russes. Ce patrimoine religieux multiconfessionnel, unique en Ukraine orientale, illustre la coexistence historique des peuples orthodoxe, catholique et juif dans la cité.

Parallèlement à sa richesse religieuse, Kharkiv abrite de nombreux musées de renom. Le musée d’histoire de Kharkiv, fondé en 1920, présente les vestiges archéologiques de la région de Sloboda Ukraine, ainsi que des objets militaires et ethnographiques. Ses extérieurs exposent un char Mark V britannique, un T-34 soviétique et plusieurs canons, témoignant des guerres qui ont marqué la région. Le musée de la nature, de l’archéologie et de l’ethnographie de la Sloboda Ukraine, fondé dès 1807, possède plus de 250 000 pièces allant de l’âge du bronze à l’époque scythe, ainsi qu’une collection zoologique remarquable intégrée à l’Université nationale de Kharkiv.

Le monde des arts occupe une place centrale dans la vie culturelle de Kharkiv. La galerie d’art Maestro, rue Sumskaya, met en avant les arts de la scène et du théâtre, tandis que la galerie AVEK, située au numéro 70 de la même rue, attire chaque année plus d’un million de visiteurs avec ses expositions internationales. Le centre Dom Khudozhnika, ancienne demeure du consul britannique Charles Blekki, accueille aujourd’hui des expositions contemporaines, tandis que la galerie Vasylkivskyi et la galerie AS présentent des œuvres d’artistes ukrainiens modernes.

Les amateurs de traditions locales se rendent au musée d’art populaire Slobozhanshchina, fondé en 1991, qui expose plus de deux mille objets : broderies, céramiques, objets en osier ou en perles. Ce musée met en valeur l’artisanat rural ukrainien et perpétue le savoir-faire ancestral transmis de génération en génération. Le musée de la littérature, inauguré en 1988, conserve quant à lui plus de 30 000 pièces : manuscrits, photographies, autographes et souvenirs d’écrivains de la région de Slobozhanshchina.

Kharkiv se distingue également par la diversité de ses musées spécialisés. Le musée Kosmos et OVNI, rue Kravtsova, étonne les visiteurs avec ses expositions consacrées à l’astronomie, aux météorites et aux observations spatiales, mêlant science et imaginaire. Le musée d’histoire de la police, ouvert en 1996, retrace l’évolution des forces de l’ordre ukrainiennes, à travers documents d’archives, uniformes et décorations. Ce musée, qui comprend une salle du souvenir dédiée aux policiers tombés, met en lumière un pan souvent méconnu de l’histoire urbaine.

Au-delà de ses monuments, Kharkiv est une ville de vie et de savoir. Son université, l’une des plus anciennes d’Europe orientale, est au cœur du quartier scientifique où se trouvent les stations de métro Derzhprom et Universytet. Le bâtiment du Derzhprom, chef-d’œuvre du constructivisme soviétique, domine encore la place de la Liberté, l’une des plus vastes d’Europe. Les cafés de la rue Sumskaya et les salles de concert rappellent la vitalité intellectuelle de cette métropole tournée vers l’avenir.

Le musée de l’Holocauste, situé rue Petrovskogo, constitue un lieu essentiel de recueillement et de réflexion. Unique en Ukraine, il retrace les persécutions subies par les Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale et conserve les documents du premier procès de criminels de guerre nazis, tenu en 1943 dans l’enceinte de l’actuelle Philharmonie de Kharkiv. L’exposition, bouleversante, présente des photographies d’habitants exécutés, des tracts et des ordres d’extermination, mais aussi des témoignages des « 52 Justes », ces habitants de Kharkiv qui sauvèrent des vies au péril de la leur. Dans une atmosphère sobre et respectueuse, le musée perpétue la mémoire des victimes et illustre la profondeur morale d’une ville marquée par l’histoire.

Non loin, la maison-musée de la famille Hryzodubovy, sur la rue Mironositskaya, honore un tout autre pan de l’histoire ukrainienne : l’histoire de l’aviation. Dédicacé à Stephen V. Hryzodubovy, inventeur et pionnier de l’aéronautique, et à sa fille Valentina Hryzodubova, héroïne de l’Union soviétique, le musée rassemble plus de deux mille objets liés à leurs vies et à leurs exploits. Valentina commanda en 1938 le célèbre vol sans escale du An-37 « Mère-Patrie », reliant Moscou à l’Extrême-Orient sur 6 450 kilomètres, un exploit historique. L’exposition évoque également le travail de P.G. Benynha, premier directeur de l’usine aéronautique de Kharkiv, dont les innovations contribuèrent à la réputation industrielle de la ville.

Le parcours se poursuit avec le centre d’exposition Slavianskiy Bazar, rue Pouchkine, vaste complexe culturel accueillant foires, salons et manifestations étudiantes. Véritable point de rencontre entre l’art et la vie quotidienne, ce centre est une scène ouverte à la création contemporaine et aux échanges internationaux. À proximité, un musée plus singulier attire les curieux : le musée des cultures sexuelles mondiales, fondé par le département de sexologie de l’Académie médicale de Kharkiv. Cette institution scientifique et muséale explore les traditions intimes des civilisations d’Europe, d’Afrique, d’Asie et d’Amérique, à travers sculptures, fresques et objets rares. L’exposition, aussi érudite que discrète, aborde les liens entre la sexualité, la médecine et la culture, dans un esprit d’ouverture et de connaissance universelle.

L’univers des arts est particulièrement bien représenté à Kharkiv. Le musée du théâtre de marionnettes, situé place Konstitutsii, est le plus ancien de ce type en Ukraine. Fondé en 1954, il abrite aujourd’hui des marionnettes issues de toute l’ex-URSS, mais aussi d’Europe et d’Amérique du Nord. Ses collections racontent une histoire populaire et transnationale du théâtre, tandis que ses expositions temporaires célèbrent les liens entre le jeu, l’enfance et la création. La galerie de peintures de Pletnevsk, quant à elle, expose les œuvres d’artistes ukrainiens modernes et les grands courants picturaux d’Europe de l’Est. Non loin, la galerie municipale Kostiurynskyi provulok présente une sélection d’art underground soviétique, offrant un panorama rare des expressions artistiques libres et contestataires des années 1970 à 1990.

Les promenades dans Kharkiv mènent aussi à des lieux emblématiques. Dans le jardin des sports de Shevchenko, se dresse un monument en forme de ballon de football, hommage au club FC Metalist et à la passion locale pour le sport. Non loin, le monument de Kotsiubinsky, buste en bronze du grand écrivain ukrainien Mikhaïl Kotsiubinsky, trône à l’angle des rues Pouchkine et Tchernychevski, rappelant l’attachement de la ville à sa culture littéraire. Les amateurs d’architecture admireront le magasin du Commissariat, construit à la fin du XVIIIᵉ siècle dans un style classique, ou la majestueuse place de la Liberté, sixième plus grande d’Europe, dominée par l’imposant immeuble Derzhprom, chef-d’œuvre du constructivisme soviétique. À ses pieds se trouve le mémorial des soldats tombés pendant la guerre du Donbass, symbole du courage et du patriotisme contemporains.

Sous la surface de la ville, un autre patrimoine fascine chercheurs et explorateurs : les voies souterraines de Kharkiv. Vieilles de plus de 350 ans, elles remonteraient à l’époque pré-mongole et furent utilisées au fil des siècles pour le commerce et la défense. Étudiées dès 1913, puis classées secrètes par le NKVD, ces galeries intriguent toujours les spéléologues du club « Variant-95 », qui publia en 2005 l’ouvrage : les Mystères du Kharkiv souterrain. Au-dessus de ce monde caché, la ville moderne continue de briller : la villa Pitre, l’immeuble Piskunov, la maison avec des chimères, la caserne de pompiers de Zalopan et le théâtre dramatique Shevchenko illustrent la diversité architecturale de Kharkiv, entre art nouveau, néogothique et néoclassicisme.

Enfin, Kharkiv est aussi une cité du savoir et des sciences. L’université nationale V.N. Karazin, fondée au début du XIXᵉ siècle, forme depuis deux siècles des générations d’intellectuels. À ses côtés, l’académie d’État des arts et du design, l’entrepôt provincial, le manoir de Chernyshevskoho, le conseil municipal, et le centre d’exposition Radmir Expohall témoignent d’un patrimoine institutionnel actif. Les visiteurs peuvent également découvrir le zoo de Kharkiv, l’un des plus vastes d’Europe de l’Est, ou encore le chemin de fer des enfants, situé dans le parc Gorky, où les jeunes apprennent la conduite ferroviaire.

Le jardin de la ville de Chevtchenko, situé rue Sumskaya, est l’un des lieux les plus emblématiques. Aménagé en 1804 sur l’emplacement d’une ancienne chênaie, il forme aujourd’hui un vaste ensemble de terrasses verdoyantes reliant le centre historique à la grande place de la Liberté. Sa partie supérieure, paysagère et ponctuée de sentiers, offre des vues magnifiques sur la ville, tandis que la terrasse inférieure abrite un jardin botanique riche en essences locales et exotiques. Au cœur du parc se trouve le Nemo delphinarium, moderne complexe aquatique où des spectacles éducatifs présentent dauphins et otaries.

Autour du jardin Chevtchenko, la vie culturelle s’anime avec une concentration exceptionnelle de théâtres. Le théâtre dramatique Chevtchenko, fondé en 1934, est l’un des plus anciens et prestigieux du pays. Son architecture sobre abrite une scène réputée pour la qualité de ses productions classiques et contemporaines. À proximité, le théâtre Arabeski, sur la rue Frunze, se distingue par ses créations expérimentales, tandis que le théâtre DADA explore un répertoire avant-gardiste mêlant musique et performance. Le théâtre Nova Stsena, rue Krasina, offre un espace de liberté artistique où se produisent les jeunes metteurs en scène d’Ukraine orientale. Le théâtre juif, rue Skripnika, perpétue quant à lui la tradition du théâtre yiddish et les grandes œuvres de Sholem Aleichem.

L’animation gagne encore en intensité avec le théâtre Pari-Komik, rue Petrovskogo, dont les comédies populaires rencontrent un grand succès, et le théâtre d’opéra et de ballet, rue Sumskaya, véritable institution artistique inaugurée en 1925. Sa façade monumentale ouvre sur un intérieur somptueux où se produisent les plus grands solistes ukrainiens. Non loin, la philharmonie de Kharkiv, rue Rymarska, fondée au XIXᵉ siècle, reste le centre de la vie musicale de la région. Ses concerts, donnés dans une salle au décor restauré, réunissent les meilleurs orchestres nationaux. Dans le même quartier, le théâtre de marionnettes d’Afanas’yev, sur la place Konstitutsii, continue d’émerveiller enfants et adultes grâce à ses collections historiques et à la délicatesse de ses spectacles. Ces institutions font de Kharkiv l’une des capitales culturelles majeures d’Ukraine.

Les loisirs et la détente trouvent aussi leur place dans la métropole. Le parc central Maxime Gorki, inauguré en 1907, s’étend sur plus de 130 hectares et reste le principal lieu de promenade des habitants. S’y trouvent un parc d’attractions, un téléphérique, un cinéma de plein air, un train pour enfants, ainsi que des terrains de sport et courts de tennis. Ce vaste espace vert accueille également les grandes fêtes urbaines et les célébrations nationales, dans une atmosphère joyeuse et familiale. Non loin, la plage du parc hydroélectrique de Zhuravlovskyi, sur la rivière, offre un espace de baignade apprécié en été, facilement accessible par le tramway.

Pour les amateurs de détente et de shopping, la ville propose plusieurs complexes modernes. Le centre commercial Karavan Megastore, rue Geroev Truda, abrite boutiques, restaurants et un vaste centre de loisirs. À proximité du métro Pouchkine, le complexe de divertissement Venskii Dom et le club marin (Marine Club) offrent des espaces dédiés au bien-être, avec spa, piscine et salle de fitness. Ces établissements contribuent au visage contemporain d’une ville où la culture côtoie la convivialité. Dans le même esprit, les grands marchés restent des lieux essentiels de la vie quotidienne : le marché Balka de Knizhnaia, le marché de Barabashovo, le marché de Kyiv et le marché Olekseevskiy forment un réseau d’échanges animé où se mêlent traditions, senteurs et artisanats régionaux.

Enfin, les environs de Kharkiv réservent de véritables découvertes patrimoniales. À Sviatohirsk, à 165 kilomètres au sud-est, s’élève la splendide laure Sviato-Uspens’ka, monastère troglodytique fondé en 1526 sur la rive du Donets, au cœur des Montagnes Saintes. Il est l’un des plus beaux sites religieux d’Ukraine, inscrit dans un paysage de falaises blanches et de forêts. À Sharivka, à 70 kilomètres à l’ouest, le visiteur découvre un palais néo-gothique du XIXᵉ siècle entouré d’un vaste parc paysager orné de terrasses, de fontaines et de chênes pluricentenaires. Enfin, le village de Gyivka, à 20 kilomètres à l’ouest, abrite l’ancienne propriété du duc Sviatopolk-Myrskyi, chef-d’œuvre romantique construit entre 1815 et 1870, ainsi que l’église Saint-Nicolas, vieille de 170 ans.

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22. Parc naturel national de Pyryatynsky (Ukraine de l’Est)

Le parc naturel national de Pyryatynsky, situé dans l’oblast de Poltava, est un espace de conservation exemplaire de la vallée de la rivière Oudaï, affluent du Dniepr. Créé en 2009, il s’étend sur des terrasses et plaines inondables offrant une mosaïque de paysages de steppe boisée, prairies humides et zones aquatiques. Le parc joue un rôle clé dans la protection des écosystèmes fluviaux et des espèces associées. La proximité de Pyriatyn permet aux visiteurs d’accéder facilement aux principaux sites tout en découvrant la diversité floristique et faunistique de la région.

Parmi les sites incontournables, la terrasse de pins de la rivière Oudaï constitue un exemple remarquable de pinède d’âge varié, mêlée à des forêts de chênes. Ces espaces abritent des espèces végétales boréales rares pour la région et offrent un habitat pour la faune forestière. Les promenades le long des terrasses permettent d’observer une flore complexe et diversifiée, incluant des plantes herbacées et des arbustes caractéristiques de la forêt-steppe.

Les plaines inondables et marécageuses de l’Oudaï sont également des zones essentielles à découvrir. Les roseaux communs, massettes et cressons d’eau dominent ces secteurs, offrant un habitat pour de nombreuses espèces aquatiques et oiseaux nicheurs. Les zones humides représentent des écosystèmes riches en biodiversité et constituent des sites clés pour la reproduction des amphibiens, des poissons et des oiseaux migrateurs. Les visiteurs peuvent explorer ces zones à travers des sentiers balisés, permettant l’observation respectueuse de la faune et de la flore.

Les prairies humides et mésotrophes du parc sont un autre site incontournable. Elles sont dominées par diverses espèces de carex et de graminées, et abritent une flore rare pour la région, incluant des plantes boréales. Les prairies sont également le refuge de mammifères de la steppe et d’insectes pollinisateurs essentiels au maintien des équilibres écologiques.

Les îles de Mazalaki et Koukvin figurent parmi les points forts du parc. Ces espaces isolés offrent un habitat préservé pour les oiseaux et la végétation aquatique. La combinaison d’îlots et de zones humides crée un microcosme naturel où la biodiversité se développe de manière autonome.

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23. Slobozhanskyi National Park (Ukraine de l’Est)

Situé dans la communauté territoriale de Krasnokutsk, au cœur du district de Bogodukhov dans la région de Kharkiv, le parc naturel national de Slobozhansky ou Slobozhanskyi National Park s’étend au confluent des rivières Merla et Merchik, formant un ensemble d’écosystèmes variés où alternent forêts, zones humides et prairies. Ce territoire, riche en biodiversité, se distingue par ses lacs forestiers, ses plaines inondables et ses marais peuplés de saules et d’aulnes. Il appartient à la région des hauts plateaux de Poltava orientale, dans la zone chaude et modérément humide de la forêt-steppe de la rive gauche du Dniepr.

Les vallées de la rivière Merla et de la rivière Merchik constituent les axes majeurs du parc. Leurs terrasses inférieures, souvent marécageuses, sont couvertes de prairies où s’épanouissent des fleurs des zones humides. Sur les terrasses supérieures, les pinèdes dominent, formant un contraste frappant avec les plaines verdoyantes.

L’écosystème du parc naturel national de Slobozhansky est remarquable par la diversité de sa faune et de sa flore. S’y rencontrent des castors, des cerfs, des renards, ainsi qu’une grande variété d’oiseaux aquatiques. Les marais, bordés d’aulnes et de bouleaux, offrent des conditions idéales à la reproduction d’espèces rares de la steppe euro-sibérienne. La zone de Rosichka, célèbre pour ses prairies et ses forêts humides, incarne cette biodiversité exceptionnelle.

De nombreux sentiers écologiques, notamment les sentiers longeant la rivière Merla, permettent aux visiteurs d’explorer les écosystèmes du parc à pied ou à vélo. Les circuits traversent forêts mixtes, plaines inondables et zones de marais, tout en favorisant l’observation de la faune. Le parc s’attache à préserver l’équilibre entre tourisme et protection de la nature, en sensibilisant le public à la fragilité de ces milieux.

Autour du parc naturel national de Slobozhansky, les villages du district de Krasnokutsky témoignent du patrimoine rural et culturel de la région. Leurs églises en bois, petits musées et monuments commémoratifs rappellent le passé agricole et spirituel de cette partie du nord-est ukrainien. Ces villages servent souvent de points d’accès vers les sentiers du parc.

Le relief du parc est formé de collines boisées, de vallées profondes et de plateaux couverts de pins et de chênes. Ce paysage varié en fait un lieu idéal pour les chercheurs et les naturalistes qui étudient les relations entre les différents milieux écologiques. Le parc naturel national de Slobozhansky est ainsi à la fois un refuge pour la faune et un centre d’étude sur la dynamique des forêts et marais de la forêt-steppe.

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24. Hetman National Park (Ukraine de l’Est)

Le parc naturel national Hetmansky, également connu sous le nom de Desna-Stara Huta ou Hetman National Park, est situé dans le nord-est de l’Ukraine, au sein de l’oblast de Soumy, le long de la rivière Desna. Il constitue un exemple remarquable de conservation des zones humides et de forêts mixtes caractéristiques de la Polésie orientale. Le parc est divisé en deux sections principales : l’une le long de la plaine inondable de la Desna, et l’autre dans la partie sud de la forêt de Briansk, à la frontière russe. Cette région relativement préservée, hors de toute zone radioactive et dépourvue d’industrialisation lourde, offre un environnement exceptionnel pour la biodiversité, abritant de vastes plaines inondables, des marais mésotrophes et oligotrophes, ainsi que des forêts de pins et de chênes-pins.

La plaine inondable de la Desna constitue l’un des sites les plus emblématiques du parc. Large de 2 à 4 kilomètres sur toute sa longueur, elle offre des paysages d’une grande beauté, composés de lacs, d’étangs anciens et de zones humides. Ces espaces sont particulièrement riches en flore et en faune aquatiques et constituent un lieu de prédilection pour l’observation des oiseaux migrateurs et nicheurs. La biodiversité y est exceptionnelle : canards, limicoles et hérons trouvent refuge dans les roselières et les marais, tandis que les zones ouvertes sont fréquentées par des mammifères de plaine et des reptiles adaptés aux écosystèmes humides. Les sentiers aménagés, notamment le sentier pédagogique « Vizytivka Desny », permettent aux visiteurs de découvrir ces habitats tout en apprenant sur leur fonctionnement écologique.

La terrasse de pins, qui s’étend le long de la plaine inondable, est un autre site incontournable. Couvrant un relief légèrement vallonné, elle abrite des forêts de pins et de chênes-pins sur des sols podzoliques typiques, créant un habitat privilégié pour de nombreuses espèces d’oiseaux et de petits mammifères forestiers. Les amateurs de botanique y découvriront une flore riche et diversifiée, incluant des plantes boréales rares pour la région. Cette zone offre également de belles opportunités pour la randonnée, la photographie naturaliste et l’étude des processus écologiques propres aux forêts riveraines des grands fleuves d’Europe orientale.

La partie sud du parc, dite de Starogut, est intégrée au massif forestier de Briansk et se distingue par ses forêts quasi continues et ses marais préservés. Les petites rivières Ulichka et Chern, affluents de la Znobivka, traversent ce secteur, créant des plaines inondables et des dépressions marécageuses particulièrement intéressantes pour l’étude des écosystèmes mésotrophes et oligotrophes. Ces zones humides sont rares en Ukraine et constituent des refuges importants pour la faune, notamment des oiseaux inscrits sur la Liste rouge ukrainienne et des amphibiens dépendants de milieux peu altérés.

Le parc se distingue également par ses infrastructures de loisirs et d’éducation environnementale. Les chalets chauffés, emplacements de camping et possibilités de pêche et de navigation permettent une expérience immersive en pleine nature. Le centre d’accueil, équipé d’une bibliothèque et d’une vidéothèque, organise des programmes éducatifs pour les groupes scolaires et les visiteurs, sensibilisant à la préservation des zones humides, des forêts et des plaines inondables.

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25. Pavlohrad (Ukraine de l’Est)

Située dans l’oblast de Dnipro, Pavlohrad (Павлоград) est une ville industrielle du centre-est de l’Ukraine, connue pour son activité chimique et ferroviaire. Fondée au XVIIIe siècle comme poste cosaque, elle s’est développée au croisement des grandes routes reliant Dnipro, Donetsk et Zaporijjia. Son centre conserve encore plusieurs édifices historiques datant de la période impériale, aujourd’hui intégrés à un paysage urbain typique des villes de steppe ukrainiennes. Avec un peu plus de 100 000 habitants, Pavlohrad allie dynamisme industriel et héritage culturel.

Au cœur de la ville, la cathédrale du Sauveur (Спасський собор) domine la place centrale. Également connue sous le nom de cathédrale Sainte-Mandylion (Собор Спасо-Нерукотворного Образу), elle illustre l’architecture religieuse du XIXe siècle, avec sa façade blanche et ses dômes bleu azur. À proximité, l’église Saint-Michel-Archange (Костел Св. Архангела Михаїла), construite en 1899, conserve un charme discret, mêlant influences byzantines et néogothiques. La cathédrale de la Dormition (Успенська церква), peinte d’un bleu céleste, complète cet ensemble harmonieux.

Les amateurs de patrimoine éducatif remarqueront l’ancien gymnase pour filles (Жіноча гімназія), édifié dans les années 1880. Ce bâtiment de style néoclassique abrite aujourd’hui le palais de l’enfance et de la jeunesse, un centre culturel où se déroulent spectacles et expositions. L’importance accordée à la formation et à la culture témoigne du rôle que Pavlohrad joue dans la transmission des savoirs régionaux.

Plusieurs monuments rappellent les grandes étapes de l’histoire ukrainienne. Le monument à Lénine, autrefois symbole du pouvoir soviétique, a longtemps occupé la place principale. Non loin se trouvent le Walk of Fame (Аллея Слави), promenade bordée d’arbres et de stèles commémoratives, et le monument à Joseph Kotin, ingénieur et concepteur de chars. Ces vestiges de mémoire se mêlent à des lieux plus récents, comme le mémorial de l’Holocauste, érigé en hommage aux victimes locales de la Seconde Guerre mondiale.

Le musée régional de Pavlohrad (Краєзнавчий музей) offre un parcours complet sur l’histoire de la région, depuis les premières colonies cosaques jusqu’à la période industrielle moderne. Les collections archéologiques et ethnographiques s’enrichissent régulièrement grâce aux découvertes locales.

Le théâtre dramatique E. Zahavi (Павлоградський драматичний театр ім. Б. Є. Захави), fondé en 1896 par le comte Golenitchev-Koutouzov, occupe une place majeure dans la vie culturelle. Réouvert en 1974 et professionnalisé en 2002, il propose une programmation variée mêlant classiques ukrainiens et créations contemporaines. Ce théâtre, à la façade claire et élégante, demeure un haut lieu de la culture régionale.

Outre ses institutions culturelles, Pavlohrad conserve un patrimoine civil intéressant : l’ancien bâtiment administratif, la maison municipale de la culture, et le bureau de poste sont autant d’exemples de l’urbanisme du XIXe siècle. La gare de Pavlohrad, point stratégique sur la ligne Dnipro-Donetsk, symbolise le développement industriel et logistique de la ville.

L’activité artistique et éducative se concentre autour du palais municipal de la culture, où se tiennent concerts, représentations théâtrales et festivals locaux. Ce lieu, très fréquenté, renforce la cohésion sociale et culturelle d’une ville en constante évolution. Pavlohrad s’attache à faire vivre ses traditions tout en encourageant la création contemporaine.

Enfin, la ville se distingue par la sobriété et la cohérence de son cadre urbain. Les églises Holubytsky et Vernicle, aux coupoles éclatantes, ponctuent le panorama de repères spirituels.

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26. Zaporijia (Ukraine de l’Est)

Zaporijia, ville industrielle du sud-est de l’Ukraine et connue surtout pour sa centrale nucléaire, compte environ 710 000 habitants. Située sur les rives du Dniepr, elle est le chef-lieu de l’oblast du même nom et demeure l’un des grands pôles économiques du pays. Anciennement connue sous le nom d’Aleksandrovsk ou Oleksandrivsk, la ville a pris son nom actuel en 1921. Elle s’étend autour d’un fleuve majestueux, au bord duquel se dressent de vastes usines, des quartiers animés et de larges avenues, reflet d’une histoire industrielle et cosaque profondément ancrée.

Le cœur historique et symbolique de Zaporijia est sans conteste l’île de Khortytsia, la plus grande île du Dniepr. Ses falaises de granit, ses forêts et ses plaines abritent le musée historique et culturel « Zaporizka Sich », reconstitution d’une forteresse cosaque rappelant la gloire des anciens guerriers zaporogues. L’île est également entourée d’îlots légendaires, comme Durnya Scala (Rocher du Fou) ou Stolb (Pilier), sur lesquels se mêlent traditions, mythes et formations naturelles impressionnantes comme le Bol des Cosaques, creusé dans le granit.

Symbole de la puissance soviétique, la centrale hydroélectrique du Dniepr (DniproHES) fut, lors de sa construction, le plus grand barrage d’Europe. L’ouvrage monumental, situé à l’extrémité de l’avenue Sobornyi, offre une vue spectaculaire sur le fleuve et sur l’île de Khortytsia. Le parc voisin constitue un lieu de promenade privilégié pour admirer la démesure de cette œuvre d’ingénierie.

Le patrimoine culturel de la ville est tout aussi riche. Le musée de la Technique de Bohuslayev (ou musée de la Motor Sich), situé rue Kopenkina, expose avions soviétiques, motos anciennes et matériel militaire. À une trentaine de kilomètres au sud, le musée du palais Popov, à Vasylivka, dévoile un ensemble néo-gothique du XIXe siècle : tours, chapelle, écuries et parc témoignent du raffinement architectural d’une autre époque.

Zaporijia brille aussi par ses théâtres et son orchestre, notamment le théâtre dramatique académique Magara, le théâtre pour jeunes spectateurs, le théâtre équestre « Cosaques zaporogues », et le théâtre musical et dramatique de Zaporijia. Les musées régionaux : musée national d’histoire des Cosaques zaporogues, musée régional d’art de Zaporijia, musée de l’aviation Motor Sich, complètent cet ensemble foisonnant. La bibliothèque scientifique universelle constitue quant à elle un haut lieu de la vie intellectuelle locale.

La dimension spirituelle de la ville se lit dans ses nombreux édifices religieux. Parmi les églises orthodoxes, l’église de l’Intercession, dépendante du Patriarcat de Moscou, attire de nombreux fidèles, tandis que les églises Saint-Nicolas et Saint-André enrichissent le panorama sacré. Les communautés catholiques, protestantes, musulmanes, juives et hindoues coexistent harmonieusement, illustrant la diversité spirituelle d’une cité ouverte et tolérante. L’église de Dieu, le Père de la Miséricorde, est la plus grande église catholique de la ville.

Enfin, la vie artistique contemporaine s’exprime notamment sur la place Maïakovskoïe, autour de la fontaine de Vie (érigée en 2004). C’est là que se tient l’exposition en plein air organisée par l’association Kolorit, où artistes, artisans et sculpteurs zaporogues présentent leurs œuvres et dialoguent avec les visiteurs.

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27. Soumy (Ukraine de l’Est)

Fondée il y a plus de trois siècles, Soumy compte aujourd’hui environ 264 000 habitants. Située dans le nord-est de l’Ukraine, cette ville paisible conserve une dimension humaine tout en offrant une richesse patrimoniale remarquable. Ses rues historiques : Soborna, Voskresenska, Kozatsky Val, Kooperativna, Troitska et Petropavlivska : forment le cœur d’un ensemble urbain où se mêlent architecture baroque, bâtiments civils et monuments religieux. La rue Soborna, datant du XVIIIe siècle, demeure l’axe principal de la vieille ville.

Le centre historique de Soumy s’articule autour de la cathédrale de la Transfiguration, unique au monde par la présence de sculptures catholiques sur son dôme orthodoxe. À proximité se trouve la cathédrale de la Résurrection, érigée en 1702 à l’initiative de notables cosaques, et la cathédrale de la Trinité, datant du XIXe siècle. Ces édifices reflètent le mélange harmonieux des styles baroque, classique et orthodoxe propre à la ville. Le kiosque, monument emblématique, complète cet ensemble religieux et historique.

Les amateurs d’histoire et d’art trouveront à Soumy plusieurs musées remarquables. Le musée régional d’histoire locale, situé rue Kirova, conserve la plus grande collection d’objets historiques de l’oblast. Le musée régional d’art Nikanor Onatsky, sur la place Pokrovska, expose des œuvres ukrainiennes et européennes. Le musée pédagogique de Soumy, fondé en 1984, retrace l’évolution de l’éducation dans la région. À ces institutions s’ajoutent la maison-musée A. P. Tchekhov, le musée de l’histoire de l’alpinisme, et le musée d’anatomie de l’Université d’État de Soumy.

L’activité artistique contemporaine s’exprime dans la galerie municipale SMuGa, la galerie BureauArt, et la galerie Nasha, toutes situées dans le centre. Ces espaces accueillent expositions temporaires, performances et événements culturels tout au long de l’année. Le théâtre académique régional de drame et de comédie musicale, dédié à M. S. Chtchepkin, continue d’incarner la vitalité scénique de Soumy, tandis que de nombreux festivals viennent animer les saisons culturelles.

Sur le plan spirituel, Soumy se distingue par sa diversité religieuse. L’église catholique, la mosquée Barakat (ouverte en 2015) et le centre culturel islamique ICC Soumy témoignent du pluralisme de la ville. Ces deux dernières institutions, lieux de prière et d’échanges, organisent régulièrement des journées portes ouvertes et des conférences, favorisant la découverte de la culture islamique ukrainienne.

Les espaces verts tiennent également une place importante. Le parc Ivan Kozhedub, les quais du Psel, la place SumDU, la place Pokrovsky, la place Chevtchenko, et le parc du lac Chekha offrent des lieux de détente et de promenade. Le parc des contes de fées, quant à lui, séduit les familles avec ses sculptures, ses forteresses miniatures et ses personnages légendaires.

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28. Parc national naturel de Meotida (Territoire sous occupation de l’Ukraine de l’Est)

Le parc national naturel de Meotida, situé sur la rive nord de la mer d’Azov, englobe des zones littorales, estuaires et terres côtières, offrant un panorama exceptionnel sur la biodiversité de la mer d’Azov. Créé en 2009, il protège un ensemble de paysages variés : steppes, marais salés, îles sablo-coquillages, dunes et lacs salés. Le parc tire son nom des Méotiens, peuple ancien de la région, et constitue un refuge vital pour les oiseaux migrateurs et nicheurs. Les zones de la flèche de Belosariaiskka à l’ouest et de Kryva à l’est figurent parmi les sites incontournables pour l’observation ornithologique.

Le parc possède une avifaune exceptionnelle, avec plus de 100 espèces d’oiseaux nicheurs et des millions d’oiseaux migrateurs chaque année. Parmi eux, la bergeronnette à tête noire, le bécasseau maritime, le bruant à tête noire et des limicoles rares trouvent refuge dans les zones protégées. Les migrations printanières et automnales offrent un spectacle naturel impressionnant. Les observatoires et sentiers aménagés permettent aux visiteurs de suivre ces migrations et de photographier des espèces rares dans leur habitat naturel.

Les zones de dunes et les îles sablo-coquillages constituent des sites incontournables du parc. Elles offrent des paysages uniques où la végétation halophile, telle que la laîche de Gérard et l’asclépiade maritime, prospère dans un environnement salin. Ces zones servent de repos pour les oiseaux migrateurs et de lieux de nidification pour certaines espèces menacées. Les plages et dunes de Meotida combinent beauté naturelle et importance écologique, constituant des destinations privilégiées pour les amateurs de nature.

Le parc englobe également des marais et estuaires à salinité variable, essentiels à la reproduction des amphibiens, poissons et oiseaux aquatiques. Les prairies salées et les formations de steppes côtières offrent des habitats variés, permettant l’observation de la faune terrestre et de la végétation spécifique. Les zones de marais abritent des limicoles et des sternes, tandis que les terres arides permettent de découvrir la steppe et ses espèces adaptées aux sols pauvres et salés.

La faune terrestre de Meotida est riche et diversifiée. Les zones steppiques abritent des mammifères tels que le renard roux et le lièvre d’Ukraine, tandis que les insectes et invertébrés sont particulièrement bien représentés dans les prairies et marais. La répartition de la faune est étroitement liée à celle des oiseaux, les habitats offrant nourriture et refuge à de nombreuses espèces.

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29. Parc naturel national de Dvorichansky (Territoire sous occupation de l’Est de l’Ukraine)

Le parc naturel national de Dvorichansky, situé dans le district de Dvorichansky au nord-est de la région de Kharkiv, s’étend sur plus de 3 100 hectares le long de la rivière Oskil, principal affluent du Siversky Donets. Il est renommé pour ses pentes crayeuses spectaculaires, vestiges d’une mer ancienne, et pour ses espèces végétales endémiques inscrites au Livre rouge d’Ukraine. Son relief, composé de collines blanches, de steppes et de forêts légères, confère à ce parc une beauté singulière.

Le parc comprend plusieurs zones fonctionnelles : protégée, économique, de loisirs réglementée et de loisirs stationnaire. Cette organisation permet de concilier la recherche scientifique, la conservation de la nature et le tourisme écologique. Deux réserves botaniques locales : Chervony et Konoplyane, se trouvent dans la zone protégée du parc et abritent une flore d’une rare richesse.

La réserve Chervony, fondée en 1984, s’étend sur 49,8 hectares près du village de Krasne Pershe. Elle préserve des espèces reliques du Crétacé, endémiques aux pentes crayeuses de la région. La réserve naturelle de Konoplyane, créée en 1998 entre Topoli et Kamyanka, couvre plus de 315 hectares et abrite des communautés végétales rares des steppes crayeuses, également inscrites au Livre vert d’Ukraine.

La faune du parc naturel national de Dvorichansky est tout aussi remarquable. Des marmottes, renards, lièvres et oiseaux de proie trouvent refuge dans les falaises et vallées profondes. Plusieurs ruisseaux alimentent de petits lacs anciens, vestiges de l’époque où la mer paléogène recouvrait ces terres. Ce réseau hydrologique rend le parc essentiel pour la préservation des écosystèmes aquatiques de la région.

Les visiteurs peuvent emprunter les sentiers écologiques traversant forêts et steppes, longeant la rivière Oskil et ses terrasses. Les vues panoramiques sur les collines crayeuses offrent un spectacle unique, notamment au coucher du soleil lorsque la lumière fait ressortir la blancheur des falaises.

Le parc naturel qui s’étend le long de la rivière Oskil offre l’un des plus beaux panoramas du nord-est de l’Ukraine. Depuis les plateformes d’observation, la vue embrasse les méandres du fleuve, dont les eaux miroitantes serpentent entre les montagnes de craie. Sur les rives, la grue cendrée (Grus grus), la cigogne blanche (Ciconia ciconia) et la perdrix grise (Perdix perdix) animent les prairies par leurs cris et leurs déplacements gracieux. Dans le ciel, le pygargue à queue blanche (Haliaeetus albicilla) et l’aigle botté (Hieraaetus pennatus) planent majestueusement, guettant leurs proies dans la lumière. Mais la véritable vedette du lieu reste la marmotte bobak (Marmota bobak), qui se dresse sur ses pattes arrière pour observer les visiteurs, amusant petits et grands par ses sifflements malicieux.

Au printemps, les pentes crayeuses du parc se transforment en un jardin naturel éclatant de couleurs. Les pulsatilles patens, avec leurs clochettes violettes, et les herbes à plumes ondulant dans le vent, tapissent les versants d’un voile soyeux. Sur les sentiers thématiques, le parcours « Forêt » permet de découvrir les particularités de la forêt de ravin, où prospèrent des espèces menacées, tandis que le sentier « Steppe » révèle les trésors botaniques des steppes crayeuses. Les montagnes de craie, sculptées par le temps et la rivière, forment un décor spectaculaire où la nature s’exprime avec une rare intensité. Le ciel nocturne, dégagé et profond, y offre des nuits d’observation incomparables pour les amateurs d’astronomie.

Autour du fleuve, plusieurs sites viennent compléter la découverte. Près du village de Topoli, le moulin à poulets est un lieu unique blotti sur la rive, entouré d’affleurements de craie blanche. Non loin, le Zalomne tract abrite une superbe forêt de chênes et d’érables où fleurissent des orchidées sauvages, des Fritillaria ruthenica et des Tulipa quercetorum, offrant au visiteur un spectacle botanique d’une rare élégance.

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30. Velikiy Lug (Territoire sous occupation de l’Est de l’Ukraine)

La grande prairie, ou Velikiy Lug, correspond aujourd’hui à l’ancien territoire submergé par le réservoir de Kakhovka, vaste lac artificiel formé sur le Dniepr en 1956. Ce réservoir, long de 240 kilomètres, profond de plus de 8 mètres et couvrant 1 850 km², servait à l’alimentation des centrales hydroélectriques, à l’irrigation et à la navigation. Sa disparition en 2023, après la destruction du barrage, a redonné forme à des plaines inondables et des forêts alluviales où réapparaissent peu à peu les paysages originels du parc naturel national Velikiy Lug.

Ce territoire, partagé entre les oblasts de Zaporijjia, Dnipropetrovsk et Kherson, abrite des pentes abruptes du Dniepr, des plages de sable et des vestiges des plaines du Kinski-Dniepr. Parmi les sites majeurs figurent le monastère Saint-Grigori-Bizyuk, situé sur la rive droite près du village de Chervonyi Mayak, et le monticule de Mamai-Gora, sur la rive gauche près de Velyka Znamenka. Ces deux lieux symbolisent la continuité entre patrimoine spirituel et mémoire cosaque.

Plusieurs édifices religieux enrichissent encore ce paysage : l’église de la Nativité de la Sainte Vierge Marie à Knyaze-Hryhorivka, et le monastère de la Dormition de Primorsky, sur la rive gauche du village de Primorske. Non loin, les îles Kuchugury, dans le bassin du réservoir de Kakhovka, offrent un refuge à une faune aquatique rare. L’ensemble du site évoque un archipel fluvial où se mêlent histoire, légende et nature.

Les anciennes Sitch cosaques parsèment le territoire : la Sitch de Khortytskyi sur l’île de Bayda, la Tomakivska Sich près de Marganets, la Mykytynska Sich sur l’île de Stukalov, la Chortomlytska Sich à Kapulivka, la Nova Sich à Pokrovske, la Bazavluk Sich à l’embouchure de la rivière Bazavluk, et la Kamyanskaya Sich à Respublikanets. Ces forteresses, noyées ou restaurées, rappellent la puissance militaire et la culture des cosaques zaporogues.

La région conserve aussi une mémoire industrielle récente, incarnée par la centrale hydroélectrique de Kakhovka, célébrée jadis sur un timbre-poste soviétique de 1951. La ville de Kakhovka, sur la rive gauche, et Nova Kakhovka, construite pour loger les ouvriers du barrage, demeurent les principaux centres urbains. Sur la rive droite, Nikopol reste la grande cité historique du site, liée à l’ancien commerce fluvial du Dniepr.

Aujourd’hui, malgré la transformation du paysage, la grande prairie retrouve son aspect naturel. Ses forêts alluviales, ses plages de sable et ses îles forment un écosystème renaissant où la végétation et la faune réinvestissent les berges.

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31. Luhansk (Territoire sous occupation de l’Est de l’Ukraine)

Luhansk, ville de l’est de l’Ukraine comptant environ 397 677 habitants, se dresse dans la vaste plaine industrielle du Donbass, au confluent de la rivière Luhan et de l’Olhivka. Elle est divisée en quatre districts : KamyanoBridskyi, Artemivskyi, Zhovtnevyi et Leninskyi, qui abrite quant à lui, le cœur historique et culturel de la cité. Traversée par la voie ferrée reliant Debaltseve à Stanytsia Luhanska, la ville s’étend autour de zones résidentielles et industrielles, tout en conservant un centre urbain dense, marqué par ses rues Karl Marx, Karl Libknecht et Dahl. Le quartier surnommé « Dvoryanske hnizdo » ou « nid de nobles », perché sur une colline, témoigne encore du prestige de la bourgeoisie communiste du XXe siècle.

Parmi les lieux de culte les plus remarquables, la cathédrale Sainte-Ascension (Свято-Вознесенський собор), construite en 1840, occupe une place singulière dans le paysage religieux local. Longtemps seule église ouverte durant l’époque soviétique, elle fut classée monument historique dès 1955. À quelques rues, la cathédrale Sviato-Petropavlivskyi (Свято-Петропавлівський кафедральний собор), érigée en pierre en 1905, séduit par son clocher à sept cloches et ses iconostases richement décorées. Autre édifice majeur, la cathédrale Saint-Vladimir (Свято-Владимирський кафедральний собор), bâtie entre 1995 et 2006 sur la place Gorki, s’impose comme la plus vaste cathédrale du sud-est de l’Ukraine.

Les visiteurs peuvent aussi découvrir la cathédrale Saint-Michel de la Transfiguration (Свято-Миколо-Преображенський собор) et l’église Saint-Alexandre-Nevski (Свято-Олександро-Нєвський Храм), dont les dômes bleus s’élèvent au-dessus du parc universitaire. Dans le parc commémoratif, l’église des Saints Martyrs Guria, Samon et Aviv (Церква святих мучеників Гурія, Самона і Авива), inaugurée en 1998, est dédiée aux protecteurs du mariage. S’ajoutent le temple Sviato-Panteleimonivskyi (Свято-Пантелеймонівський храм), l’église de l’icône de la Sainte Vierge de la Tendresse (Храм ікони Пресвятої Богородиці « Умиління ») et la mosquée cathédrale de Louhansk (Соборна мечеть), édifiée en 2010 par la communauté tatare. Avec son minaret de 25 mètres, elle incarne la diversité culturelle et religieuse de la région.

Les amateurs d’art et d’histoire trouvent à Luhansk une riche offre muséale. Le musée régional d’art de Louhansk (Обласний художній музей), installé dans la demeure Venderovich datant de 1876, conserve plus de huit mille œuvres. Le musée d’histoire et de culture de la ville retrace le développement urbain depuis le XIXe siècle, tandis que le musée d’histoire locale (Краєзнавчий музей), l’un des plus anciens du Donbass, expose des chars Mark V de la Première Guerre mondiale et une collection dédiée aux fonds marins. La galerie d’art (Галерея Искусств), rue Shevchenko, complète cet ensemble, tout comme le musée d’histoire de l’aérotechnique, qui présente plus de soixante avions restaurés.

Parmi les musées spécialisés, la maison-musée de Vladimir Dal’ (Будинок Володимира Даля) occupe la demeure natale du célèbre écrivain, tandis que le musée du peintre O. Fil’bert met en valeur ses paysages du Donbass. Le musée V. Titov, consacré à l’écrivain amputé devenu symbole de résilience, témoigne du courage des habitants de Luhansk. Le musée du parc des sculptures polovtsiennes (Парк-музей половецьких кам’яних статуй), abritant plus de 80 statues en pierre des XIe et XIIe siècles, constitue un site unique retraçant l’art monumental des peuples nomades d’Eurasie. Enfin, le musée régional des pompiers volontaires présente une exposition technique sur la sécurité incendie.

Les monuments publics illustrent la mémoire collective de la ville. Le monument à K.E. Vorochilov (Пам’ятник Ворошилову К.Є.) domine le centre et rappelle le rôle de ce dirigeant soviétique. Une plaque commémorative honore V. Pyaterkin, V. Tret’yakevich et U. Aleksentsev, héros de la résistance pendant la Seconde Guerre mondiale. Dans le parc du 1er mai, le buste d’Alexandre Pouchkine (Пам’ятник Пушкину А.С.) rend hommage au poète. La croix mémorable aux Cosaques, le mémorial du guerrier-aviateur, ainsi que le monument aux cheminots morts pendant la Grande Guerre patriotique soulignent la profondeur historique et patriotique de la cité.

Le patrimoine civil de Luhansk est tout aussi remarquable. Le palais de la Culture des Cheminots (Дворец Культуры железнодорожников), édifié en 1912, constitue l’un des hauts lieux artistiques de la ville. À proximité, l’ancien hôtel Oktiabr’, devenu hôtel Ukraine, arbore une façade de briques rouges aux pilastres blancs, exemple d’architecture néoclassique soviétique. Le monument du député Holodilin, premier maire de Luhansk, rappelle l’essor de la ville au XXe siècle. Non loin, le bâtiment administratif minier du district de Louhansk (Будівля Луганського гірського округу) évoque les débuts industriels de la cité.

Les parcs et espaces verts constituent des havres de détente. Le parc des Héros de la Grande Guerre patriotique, le parc Dytyachyy, et le parc de la Victoire offrent de larges allées plantées d’arbres. Le cinéma Kinoteatr Oktyabr’ demeure un lieu populaire, tandis que le marché Bilhorod-Dnistrovskyi anime les quartiers commerçants. Le théâtre dramatique académique russe attire une foule nombreuse, symbole de la vitalité culturelle du Donbass. La locomotive à vapeur Luhanskteplovoz, exposée en plein air, rappelle quant à elle l’importance historique de la production ferroviaire locale.

La ville séduit aussi par ses édifices résidentiels d’époque. Le manoir de la rue Dalya, datant de la fin du XVIIIe siècle, abrita autrefois le quartier général de la 5e armée ukrainienne. Le manoir de Dmitriev, plus tardif, témoigne du goût architectural de la noblesse urbaine. Ces demeures, disséminées dans les quartiers anciens, confèrent à Luhansk une atmosphère empreinte de mémoire. Plusieurs plaques commémoratives en marbre et métal ornent leurs façades, rappelant les grands épisodes de l’histoire nationale.

Enfin, le mémorial de la Gloire de la Guerre et les ensembles culturels tels que le musée d’histoire locale et le palais de la Culture des Cheminots illustrent le lien profond entre patrimoine, industrie et culture populaire. Luhansk, malgré les bouleversements récents, conserve une âme fière et un héritage multiple, mêlant foi, travail et mémoire. Ses cathédrales, musées, statues et parcs traduisent une identité forgée dans la persévérance, au carrefour des influences slaves et orientales, où chaque pierre raconte un fragment de l’histoire ukrainienne.

Le monument de Vladimir Dal’ (Пам’ятник Далю Володимиру), rue Dalya, célèbre le célèbre écrivain, lexicologue et ethnographe russe, auteur du Dictionnaire intelligent des Russes, Langue vivante. Inauguré à l’occasion du 180ᵉ anniversaire de sa naissance, l’écrivain est représenté assis sur une chaise, le monument culminant à 3,4 mètres de hauteur. À proximité, la capsule monumentale avec message aux membres du Komsomol, rue Kotel’nikova, rappelle l’engagement de la jeunesse et la célébration du 50ᵉ anniversaire du Komsomol en 1968.

Parmi les hommages à l’histoire industrielle et militaire, le Masterovoi, érigé pour le 200ᵉ anniversaire de Luhansk (Пам’ятник Мастєровой (для 200-річчя Луганська)), rue Kotsiubinskogo, honore Fiodor Gavrilov et les ouvriers déportés à l’usine Alexandre de Saint-Pétersbourg sous Catherine II. Une plaque commémorative du régiment de travail de Louhansk (Пам’ятний знак на будинку, у дворі якого знаходився командний пункт Луганського робочого полку.), rue Matrosova, rappelle le poste de commandement de ce régiment d’ouvriers engagé pour la défense de la ville en 1919.

Le patrimoine mémoriel soviétique est représenté par le monument Dzerjinski (Пам’ятник Дзержинському Ф.Е.), Bloc Alekseeva, buste de l’homme d’État et révolutionnaire, et par le garde frontalier perdu, honorant la mémoire des gardes-frontières tombés en service. Le monument érigé par un pompier (Пам’ятник пожежникам), Bloc Alekseeva, symbolise le courage et le dévouement des pompiers locaux. À ces hommages s’ajoutent le monument aux victimes des répressions staliniennes et le monument des guerriers internationalistes disparus en Afghanistan (Пам’ятник воїнам-інтернаціоналістам, загиблим у Афганістані), où sont gravés les noms des 162 natifs de la région morts sur le terrain.

La ville commémore également les drames historiques nationaux à travers le monument aux victimes de l’Holodomor (Пам’ятник жертвам голодомору), rue Sovetskaya, et le monument Boyan, auteur du Slova o Polku Igorevi (амятник « Боян- автор Слова о полку Игоревом »), qui rappelle les légendes de la littérature russe ancienne et la bataille du prince Igor dans la région. Le monument aux personnels médicaux disparus pendant la Grande Guerre patriotique rend hommage au courage des soignants de l’hôpital régional.

Plusieurs œuvres sculpturales illustrent la dévotion et la spiritualité de Luhansk. La Mère de Dieu avec un bébé (Скульптурна композиція Луганська Богоматір з немовлям), Liniya 15, érigée en 2000 en marbre italien, s’élève à 11,5 mètres, ornée de mosaïques représentant la Sainte Trinité et les douze apôtres. Les Grues du cénotaphe (Пам’ятник невідомому солдатові (« Журавлі »)), rue Dzerjinsk, symbolisent les soldats tombés pendant les combats, métamorphosés en grues s’élevant dans le ciel, commémorant la mémoire des héros de la ville.

Luhansk rend hommage aux héros militaires de la Grande Guerre patriotique à travers l’obélisque aux héros de l’Union soviétique (Обеліск героям Радянського Союзу у ВВВ), Geroev VOV sq, et le monument de Chevtchenko TG (Пам’ятник Шевченко Т.Г.), sculpture de 5,5 mètres dans le jardin public dédié aux Héros de la guerre. Le monument aux habitants de Luhanschyna tombés des mains des nationalistes punitifs de l’OUN-UPA témoigne des tragédies du XXe siècle, tandis que le monument à Lénine (Пам’ятник Леніну) impose sa stature sur la place Geroev VOV, avec ses 5 mètres de bronze reposant sur un socle en labradorite noire.

Les personnalités culturelles et locales sont également célébrées. Le monument à Tatiana Snezhina (Пам’ятник Тетяні Снєжиної), rue Kotel’nikova, honore la poétesse dont les œuvres furent largement mises en musique. Le Vladimir Ivanovitch Dal le Kozak du monument de Louhansk (Пам’ятник В. Далю Козак Луганський), bloc de Joukova, et le monument aux enseignants et aux élèves (Пам’ятник викладачам і студентам Ворошиловградського машинобудівного інституту), rappellent l’attachement de la ville à son héritage éducatif et intellectuel.

La mémoire de la libération et de l’aviation est présente dans le monument commémorant le 60ᵉ anniversaire de la libération de l’Ukraine et le monument à Hastello NF (Пам’ятник Гастелло Н.Ф.), buste du pilote formé à l’école d’aviation de Vorochilovgrad. La colline de Hostra Mohyla constitue un site emblématique, où un obélisque de 8,5 mètres et un char T-34 rappellent les combats de 1919 et de 1943 pour la défense et la libération de Luhansk.

Les monuments civils et ouvriers sont nombreux. Le monument du Mineur (Пам’ятник на честь шахтарів гидромоніторщиков), rue Oboronnaya, symbolise le travail et la force des habitants, tandis que le monument à H. Zveinek (Пам’ятник Г. Звейнеку), rue Zveineka, rappelle les figures politiques et révolutionnaires de la région. Le jardin public de la Ligue de la jeunesse communiste léniniste de toute l’Union (Сквер « 30-летия ВЛКСМ ») offre un espace vert au cœur du centre-ville.

La vie culturelle de Luhansk s’illustre à travers le théâtre académique ukrainien de musique et de théâtre, rue Oboronnaya, qui depuis 1944 produit des œuvres ukrainiennes et a obtenu en 2002 le statut académique.

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32. Marioupol (Territoire sous occupation de l’Est de l’Ukraine)

Marioupol (Маріу́поль, Мариу́поль), ville portuaire située sur la côte nord de la mer d’Azov à l’embouchure du Kalmios, est un centre culturel et historique majeur du sud-est de l’Ukraine. La cathédrale orthodoxe russe Saint-Nikolskyi, rue Vulytsya Kalmiusskaya, 114 et le temple Svyato-Nikolaevskiy Portovskiy (Свято-Миколаївський Портовський храм), rue Chernomorskii, sont dédiés à saint Nicolas, patron des marins. La cathédrale abrite une copie miraculeuse de l’icône de la Vierge Marie de Marioupol et les reliques de saint Ignace de Marioupol, tandis que le temple portuaire est un lieu de prière hebdomadaire des marins de la ville. À côté, le temple Sviato-Preobrazhens’kyi (Свято-Преображенський Храм), rue Vulytsya Otradnaya, 22 et le temple Sviato-Amvrosievskyi (Свято-Амвросіївський Храм), rue Vulytsya Volonterovskaya, 4 complètent ce patrimoine religieux.

La présence musulmane est illustrée par la mosquée de la ville (Маріупольська мечеть), située dans le parc Pimorsky, construite en marbre importé de Turquie en hommage au sultan Soliman le Magnifique et à son épouse Roksolany. Cette mosquée servait de point de prière pour les marins et rappelle les liens historiques de Marioupol avec le commerce maritime. Elle s’inspire de l’architecture de la mosquée Süleymaniye d’Istanbul et fut financée par l’homme d’affaires turc Salih Cihan, originaire de Trabzon.

Le patrimoine muséal de Marioupol témoigne de sa richesse culturelle et ethnique. Le musée des Grecs de la région d’Azov (Музей історії греків Приазов’я), à Sartana, retrace l’histoire des Grecs de Crimée et de la mer d’Azov à travers six salles exposant objets, vêtements, outils et recettes culinaires. La maison de la culture (Дім культури), rue Vulytsya Semashko, 19 et le centre Kuindzhi pour l’art et la culture contemporains au 25 avenue Metalurhiv présentent des expositions artistiques et modernes, tandis que le musée des traditions locales de Marioupol (Музей історії міста Маріуполя, rue 20 rue Heorhiivska conserve plus de 53 000 objets, retraçant l’histoire naturelle et humaine de la région. Le centre artistique Art Lyuks, rue Vulytsya Kuyindzhi, 72 et l’exposition de George Korotkov, rue Vulytsya Italiyska, 115 complètent la scène culturelle locale.

Marioupol possède également un patrimoine monumental qui reflète son passé industriel et social. L’ancien château d’eau, construit au début du XXᵉ siècle sur un plan octogonal importé de Rostov, témoigne de l’histoire de l’approvisionnement en eau. La maison du docteur Gamper, rue vulytsya Zemska 51, et la maison avec une flèche, rue vulytsya Kuyindzhi 48, illustrent l’architecture urbaine ancienne. Les bâtiments administratifs comme l’administration d’État du district de Prymorskyi, rue prospekt Nakhimova 86, et le tribunal du district de Prymorskyi, rue prospekt Stroitelei 52A, sont au cœur de la vie civique.

Les monuments commémoratifs rappellent les héros militaires et civils de Marioupol. Le monument Volodymyr Karpov honore un héros du travail socialiste, tandis que les monuments Makar Mazai et Chevtchenko célèbrent des figures culturelles et historiques. Le monument des libérateurs du Donbass, situé place Léninskogo, le monument aux soldats internationalistes, rue vulytsya Karpinskogo, et le monument de la 9e division d’aviation (destroyer MIG-17) rappellent les sacrifices militaires.

La mémoire des pionniers et des héros locaux est conservée par le monument de Tolia Balabukha, héros pionnier, et le monument au maire G. Semenishyn et au capitaine N. E. Lavickomu, héros de l’armée de l’air, décorés du titre de Héros de l’Union soviétique. À proximité, le monument aux marins-parachutistes, rue vulytsya Klynova 51, et le monument militaire de la 221e unité de fusiliers honorent les soldats tombés au combat.

Les œuvres de mémoire civile et artistique incluent le monument aux victimes de la famine et de la répression politique, place Teatralnaya, et le monument Vysotskiy, rue vulytsya Kazantseva, qui commémore le poète et acteur soviétique. Le monument de Pouchkine et le monument de Tolia Balabukha témoignent de la richesse culturelle et de l’engagement social de la ville. Le Crocodile Godzilla, boulevard Primorskyi 21, apporte une touche contemporaine et originale à l’espace public.

Enfin, le port maritime commercial, rue prospekt Myru 99, illustre le rôle stratégique de Marioupol comme centre industriel et commercial de la mer d’Azov.

Les espaces verts de Marioupol forment un ensemble harmonieux où la nature, les loisirs et la mémoire collective se rencontrent. Le jardin urbain, situé au bord du prospekt Myru, derrière le théâtre dramatique, offre aux habitants une halte paisible entre fontaine, aire de jeux et cafés en plein air. Le parc municipal, fondé en 1863 et couvrant plus de huit hectares, est le plus ancien et l’un des plus appréciés. Il comprend des allées ombragées, une aire de jeux aérienne et plusieurs cafés, mais aussi une fosse commune dédiée aux héros de l’Union soviétique, un monument aux héros de la guerre civile surnommé « Canon » et un monument aux héros de la Grande Guerre patriotique.

Le parc Mykola Gourov, aussi appelé Lugopark, se distingue par sa fontaine musicale et ses pavillons commerciaux, formant un lieu de promenade populaire, jouxté par le parc extrême, espace de loisirs dynamique accueillant quatorze attractions, un mini-train, un café et de larges pelouses. Situé vulytsya Karpynskoho 90, ce parc attire les familles et les jeunes désireux d’un divertissement abordable. À proximité, le parc Petrovsky abrite une patinoire intérieure, un bowling et plusieurs cafés, ce qui en fait un centre d’animation tout au long de l’année.

Le parc du bord de mer, vaste parc de 6,4 hectares, prolonge la ville jusqu’à la mer d’Azov. Bordé de cafés et d’aires d’activités, il offre aux promeneurs une vue dégagée sur le large et sur le port maritime commercial. Il est un lieu de détente privilégié, particulièrement animé lors des week-ends d’été. À une dizaine de kilomètres, dans le village de Sartana, le zoo privé : Lane Park, intégré au complexe culturel et de loisirs Village Vashury, permet la découverte d’animaux domestiques et exotiques. Ce zoo, accessible par bus depuis le théâtre dramatique, renforce l’offre familiale et éducative de la région.

Les infrastructures sportives participent à la vitalité de Marioupol. La plage municipale située au prymorskyi bulvar 24, reste le principal lieu de baignade et de sports nautiques de la ville. Le yachtclub Azovstal accueille régates et activités de voile, symbolisant la proximité séculaire entre la cité et la mer. La piscine Neptun au prospekt Metallurgov 19, est connue pour ses matchs de water-polo, tandis que l’illichivets sportkompleks au prospekt Nakhimova 55, sert aux entraînements et compétitions de football. Le centre sportif et de santé : Il’icha, situé au vulytsya Levchenko 1, complète cet ensemble par ses piscines et ses installations polyvalentes.

Le centre de l’Alaska, situé à la périphérie ouest de la ville, à l’intersection de vulytsya Hrusheskoho et vulytsya Hranitna, incarne la modernité du sport de plein air à Marioupol. Il offre deux pistes de ski, du paintball, une piste cyclable et des jeux de société, ainsi qu’une descente de bouée tractée en été et une piste enneigée artificiellement en hiver. À proximité, le complexe de glace Iceberg, dans le parc Petrovsky, accueille patinage et événements sportifs jusqu’à tard dans la nuit, tandis que le City Bowling, également dans le parc Petrovsky, dispose de dix pistes, d’un bar et de tables de billard, formant un espace de loisirs urbain très fréquenté.

Marioupol reste aussi un centre culturel actif, dominé par le théâtre dramatique russe régional de Donetsk, place Teatralnaya 1, fondé en 1878. L’une des institutions théâtrales les plus anciennes du Donbass, elle présente un répertoire mêlant classiques russes et créations contemporaines. La petite scène de l’Econdery, ouverte en 1985, accueille de jeunes metteurs en scène et des pièces expérimentales. Le théâtre Mahiia au prospekt Metalurhiv 54, propose quant à lui un théâtre plus intime et novateur, tandis que le théâtre de marionnettes, créé en 1999, s’adresse avant tout aux familles et aux enfants.

Enfin, les marchés de Marioupol reflètent son énergie quotidienne et la diversité de ses habitants. Le marché central réunit fruits, épices, textiles et artisanat, formant un point névralgique de la vie locale. Le marché de Yumovila, au vulytsya 50 Rokiv SSSR 77, s’illustre par la richesse de ses produits agricoles, tandis que le marché de Zastava au prospekt Stroitelei 62, s’étend sur un vaste périmètre accessible en bus ou trolleybus.

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33. Melitopol (Territoire sous occupation de l’Est de l’Ukraine)

Située sur les rives de la rivière Molochna, Melitopol (Мелітополь), deuxième ville de l’oblast de Zaporijjia, s’étend à proximité immédiate de la mer d’Azov. Cette position géographique lui confère un caractère à la fois industriel et balnéaire. Traversée par l’estuaire de Molochnyi, elle relie la steppe fertile du sud ukrainien à la côte azovienne. La cité, qui compte environ 150 000 habitants, s’est développée autour de la production agricole et du commerce, mais offre aussi plusieurs lieux d’intérêt historique et culturel. Son nom dérive du grec melitos, signifiant « miel », un symbole que la ville a conservé jusque dans son identité contemporaine.

Le centre-ville de Melitopol conserve quelques édifices de la fin du XIXe siècle, témoins d’un passé commerçant et religieux foisonnant. La cathédrale Alexandre Nevski (Собор Александра Невского), construite en 1884, occupe une place centrale dans le paysage urbain. Ancienne église grégorienne arménienne, elle est aujourd’hui un haut lieu de l’orthodoxie. Non loin, le temple de Cyrille et Méthode (Храм Святих Кирилла і Мефодія), bâti en 1892, illustre le renouveau religieux de l’époque impériale. Ces édifices, bien que modestes, marquent la permanence de la foi et du patrimoine spirituel de la région.

L’église Saint-Séraphim de Sarov (Храм Преподобного Серафима Саровського), sur la rue Horkoho, prolonge cet ensemble sacré par une architecture traditionnelle surmontée de coupoles dorées. Plus au sud, l’église catholique romaine (Римсько-католицька церква) rappelle la diversité confessionnelle d’une cité longtemps ouverte aux échanges. Le monastère Saint-Savvy (Монастир Св. Савви Освяченого), fondé en 1995, perpétue une vie monastique paisible, symbole du retour de la spiritualité après les décennies soviétiques.

Parmi les institutions culturelles, le musée d’histoire locale de Melitopol occupe un ancien manoir datant de 1913. Ce musée, connu pour sa collection d’or scythe et ses objets ethnographiques, constitue une référence scientifique pour l’étude de la steppe méridionale ukrainienne. Le bâtiment, sobre et élégant, conserve environ 60 000 pièces liées à l’histoire, à la culture et à la nature environnante. Les visiteurs y découvrent aussi une section consacrée à l’époque sarmate, notamment à travers des vestiges découverts près du site archéologique de la Tombe de pierre (Кам’яна могила).

Melitopol possède également plusieurs parcs et espaces verts. Le parc de loisirs Gorki (Парк культури і відпочинку імені Горького) est le plus connu. Aménagé comme un vaste parc paysager, il rassemble un zoo, un musée de l’histoire du parc, des cafés et une scène d’été. S’y trouve aussi la « Clairière des contes de fées » (Поляна Сказок), un ensemble de sculptures en bois inspirées du folklore ukrainien et russe. L’endroit demeure le cœur récréatif de la cité et un refuge de verdure apprécié des habitants.

La ville abrite une quarantaine de monuments et statues, parmi lesquels la statue de Bohdan Khmelnytsky, le célèbre hetman zaporogue, figure emblématique de l’histoire nationale. Une autre sculpture, plus anecdotique, représente Ostap Bender, le héros satirique du roman Les Douze Chaises. Ces monuments, dispersés dans les parcs et les places, témoignent de la diversité des influences culturelles et politiques qui ont marqué Melitopol au fil du temps.

La tradition apicole a donné à Melitopol le surnom de « ville du miel ». Les producteurs locaux s’efforcent de valoriser ce patrimoine naturel en développant l’apithérapie et la fabrication de souvenirs artisanaux à base de miel. Cet ancrage dans une tradition douce et symbolique participe à la promotion d’une image chaleureuse et conviviale, contrastant avec la rudesse de l’actualité régionale. La cité revendique ainsi son identité pacifique et laborieuse.

À douze kilomètres au nord de la ville, la tombe de pierre offre un paysage géologique unique : un massif de grès, vestige du Tertiaire, couvert de pétroglyphes anciens. Ce site, considéré comme sacré depuis des millénaires, est l’un des lieux les plus mystérieux du sud de l’Ukraine. Les archéologues y ont identifié des traces de cultes datant de la préhistoire. Ce sanctuaire naturel, posé sur une plaine aride, fascine par sa beauté austère et son lien profond avec les origines spirituelles du pays.

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34. Parc naturel national d’Azov-Syvach (Territoire sous occupation de l’Est de l’Ukraine)

Le parc national naturel d’Azov-Syvach, situé sur l’île de Byriuchyi et la baie de Syvach dans l’oblast de Kherson, représente un territoire d’une exceptionnelle importance écologique et ornithologique. Créé en 1993, le parc couvre plus de 52 000 hectares et se distingue par la richesse de ses zones humides et de ses steppes côtières. Son emplacement stratégique le long de la mer d’Azov et de ses lagunes intérieures en fait une halte essentielle pour plus d’un million d’oiseaux migrateurs chaque année, attirant chercheurs, naturalistes et visiteurs passionnés.

Le parc se divise en deux zones distinctes : le site d’Azov, centré sur l’île de Byriuchyi, et le site de Syvach, constitué d’îles et d’eaux de l’estuaire marin. L’île de Byriuchyi, reliée à la terre ferme par la flèche de Fedotov, est caractérisée par des plages de sable et de coquillages, des dunes et des habitats steppiques. Le site de Syvach, plus vaste, présente un environnement steppique sec avec des sols pauvres, des îlots préservés et des roselières, qui abritent une flore et une faune remarquables. Les deux sites offrent des paysages uniques et des possibilités d’observation ornithologique de grande qualité.

Les zones humides de Syvach constituent un site Ramsar d’importance internationale. Elles hébergent de nombreuses espèces aquatiques et halophiles et offrent des conditions idéales pour les oiseaux migrateurs et nicheurs. Les roselières et marais de cette région permettent d’observer la nidification de limicoles, de sternes et de canards rares. La diversité de la végétation, des prairies humides aux steppes salées, en passant par les dunes et les plages, en fait un espace de découverte privilégié pour les botanistes et naturalistes.

Parmi les sites incontournables, le lac Lemurian et ses environs offrent des paysages d’une grande beauté, combinant eaux saumâtres, végétation aquatique et habitats steppiques. Cette zone est essentielle pour le repos et la reproduction des oiseaux migrateurs. Les visiteurs peuvent parcourir des sentiers aménagés et des observatoires ornithologiques pour admirer des espèces rares, tout en profitant de panoramas sur la mer et les lagunes intérieures. La richesse des formations végétales, notamment les carex, roseaux et plantes halophiles, contribue à l’attrait scientifique et esthétique du parc.

La faune terrestre est tout aussi remarquable. L’île de Byriuchyi et la baie de Syvach abritent des mammifères adaptés aux steppes côtières, des reptiles et de nombreux invertébrés. La combinaison de steppes sèches, zones humides et plages favorise la biodiversité et offre des conditions de vie pour de nombreuses espèces protégées. La présence de prédateurs comme le renard roux ou le chat sauvage contribue à maintenir l’équilibre écologique et à préserver la dynamique naturelle du parc.

Le parc s’étend également sur la côte. Les flèches sableuses de Fedotova et Berdianska sont absolument remarquables. Formées par des chenaux sédimentaires successifs, ces langues de sable se projettent dans la mer et offrent un paysage singulier. La flèche de Fedotova, en particulier, permet de longer des plages de sable blanc et d’observer des espèces de végétation côtière spécifiques, adaptées aux conditions salines et ventées. Ces flèches sont également des points de repos essentiels pour les oiseaux migrateurs, notamment les limicoles et sternes, et elles constituent un lieu privilégié pour la photographie de nature et l’observation ornithologique.

Un autre site à ne pas manquer est l’estuaire de la Molochny, cœur humide du parc. Les rives de l’estuaire présentent des roselières et des zones marécageuses où se développent les plantes aquatiques. C’est un lieu privilégié pour observer les migrations d’oiseaux aquatiques et certaines espèces rares protégées par la législation ukrainienne et internationale. Les visiteurs peuvent parcourir des sentiers aménagés pour découvrir ces écosystèmes tout en respectant les zones sensibles, ce qui permet de combiner exploration et conservation.

La faune aviaire du parc est particulièrement remarquable. Chaque année, plus d’un million d’oiseaux traversent la région, parmi lesquels la bécassine de mer, le bécasseau sanderling et la bergeronnette à tête noire, inscrits sur la Liste rouge d’Ukraine. La diversité ornithologique attire de nombreux ornithologues et photographes.

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35. Lac Lémurie (Territoire sous occupation de l’Est de l’Ukraine)

Le lac Lémurie, ou Lemuriiske ozero, se situe dans la partie occidentale de la baie de Syvash, dans la région de Kherson en Ukraine, à proximité des villages de Hryhorivka et Novovolodymyrivka. Ce petit lac est mondialement connu pour sa couleur rose spectaculaire, qui attire touristes, photographes et amateurs de nature. La coloration unique de ses eaux est due à l’algue unicellulaire Dunaliella saline, qui produit du bêta-carotène pour se protéger des rayons ultraviolets. Plus l’été est chaud et l’évaporation intense, plus la teinte rose devient profonde, créant un contraste saisissant avec la rive blanche recouverte de cristaux de sel.

Le site du lac est remarquable par sa forte salinité, qui atteint 270 à 300 grammes de sel par litre d’eau. Cette concentration exceptionnelle transforme le lac en véritable station thermale naturelle, où la baignade procure une sensation de flottement similaire à celle de la mer Morte. Les bords du lac, recouverts de cristaux de sel, forment parfois des stalagmites de sel impressionnantes, offrant aux visiteurs un paysage quasi lunaire et une expérience sensorielle unique. Le contraste entre le rose éclatant de l’eau et le blanc éclatant des rives en fait un site incontournable pour les photographes et les amateurs de paysages insolites.

L’histoire du lac Lémurie est entourée de mystère et de légendes locales. Selon l’une des théories, le lac se serait formé après un incident en 1969, lorsqu’un bombardier soviétique se serait écrasé sur les rives de Syvash. Les sauveteurs auraient alors creusé jusqu’à 18 mètres pour récupérer l’épave, mettant à jour des nappes phréatiques salées. L’eau aurait ensuite rempli cette excavation, donnant naissance au lac. Les habitants des villages voisins l’avaient alors surnommé « Yama » et fréquentaient l’endroit pour se baigner. Au fil du temps, les vertus thérapeutiques de l’eau salée et de la boue ont contribué au développement du tourisme vert et des cures naturelles dans la région.

La boue du lac Lémurie est un élément central de ses propriétés thérapeutiques. Riche en minéraux et certifiée pour un usage médical et cosmétique depuis 2005, elle est utilisée pour des traitements dermatologiques, des soins relaxants et des applications anti-inflammatoires. Cette boue est reconnue même au niveau international et prise en charge par certaines assurances maladie, notamment en Allemagne.

Le lac est également célèbre pour ses attraits naturels et écologiques. Outre la Dunaliella saline qui colore ses eaux, la zone environnante abrite des oiseaux migrateurs et des espèces adaptées aux habitats salins et semi-arides. La flore côtière, limitée mais spécifique, inclut des plantes halophiles capables de survivre dans des sols saturés en sel.

36. Berdiansk (Territoire sous occupation de l’Est de l’Ukraine)

Située sur la côte nord de la mer d’Azov, Berdiansk (Бердя́нськ) compte environ 106 000 habitants, chiffre porté à plus de 600 000 en haute saison grâce à l’afflux de visiteurs venus profiter de ses eaux salines, de son climat doux et de ses établissements de cure. Fondée au XIXᵉ siècle comme port commercial, la ville s’est transformée en station thermale réputée, regroupant plus de 70 établissements de santé, dont 7 sanatoriums, 17 centres sportifs et pour enfants et 45 centres de loisirs. Cette concentration d’infrastructures, capable d’accueillir 15 000 visiteurs à la fois, fait de Berdiansk la principale station balnéaire du littoral d’Azov. Son atmosphère estivale, entre plaisirs de mer, soins et promenades, rivalise avec les villes de Yalta ou d’Odessa, tout en conservant une dimension plus familiale et authentique.

Le cœur culturel de la ville bat autour du musée d’histoire de Berdiansk, installé rue Dyumyna. Ce musée retrace l’évolution de la cité depuis sa fondation, son développement portuaire et industriel jusqu’à sa vocation touristique actuelle. Non loin de là, le musée des traditions locales (ou musée créatif de Berdyansk) présente des expositions sur la nature de la région, sa faune, sa flore et les coutumes du littoral. À travers ces collections, le visiteur découvre comment la ville est passée du statut de port de pêche et de commerce à celui de centre de loisirs et de bien-être. Cette mémoire vivante se prolonge au musée d’art Brodskovo, qui expose des œuvres d’Aivazovsky, Kuindji et Makovsky, artistes dont les toiles marines magnifient les reflets du ciel sur les eaux du Donbass méridional.

L’histoire politique et sociale se lit dans le musée commémoratif P. Schmidt, situé dans la maison où vécut le futur lieutenant Peter Schmidt, figure du mouvement révolutionnaire russe. Le lieu, à la fois intime et symbolique, évoque l’esprit d’émancipation et la culture progressiste qui marquèrent la ville au tournant du XXᵉ siècle. Le musée « Feat », ou musée de la Grande Guerre Patriotique, installé rue Sverdlova, rend quant à lui hommage aux résistants et soldats ayant participé à la libération de Berdiansk durant la Seconde Guerre mondiale.

Le littoral concentre les activités de détente et les principaux sites touristiques. Sur la célèbre langue de terre de Berdiansk, bande sablonneuse de 17 kilomètres s’avançant dans la mer, s’alignent plages de sable fin, complexes hôteliers, discothèques et restaurants en front de mer. Les visiteurs y trouvent des animations variées : bouées tractées, motomarines, voile, trampolines et toboggans aquatiques, qui en font un haut lieu du tourisme estival ukrainien. Sur la promenade du bord de mer et l’avenue Azov, les calèches, pousse-pousse, petits trains à vapeur et balades à cheval ajoutent une touche vivante. Le soir venu, la place du bord de mer s’illumine, tandis que les bars et clubs accueillent une vie nocturne animée, symbole d’une station balnéaire moderne et dynamique.

À l’extrémité de la presqu’île, les visiteurs découvrent le phare de Berdiansk, construit en 1838, l’un des plus anciens bâtiments de la ville. Il domine la crête de Berdiansk, repère emblématique pour les marins et témoin du passé portuaire. Tout près se trouve la grande roue de Berdiansk, qui offre une vue panoramique sur la mer d’Azov et sur les quais. Sur cette même zone se dresse le monument Bender et Balaganov, clin d’œil humoristique aux personnages du roman Le Veau d’or d’Ilf et Petrov, symbole de l’esprit facétieux et littéraire des habitants. Ces lieux, à la fois nostalgiques et festifs, dessinent un paysage où la mer, l’histoire et la culture populaire se rejoignent.

Les loisirs et activités familiales trouvent leur apogée dans les grands espaces récréatifs de la ville. Le parc aquatique du Cap de Bonne-Espérance, considéré comme le plus grand d’Europe orientale, s’étend sur plusieurs hectares et attire chaque été des milliers de visiteurs. À proximité, le delphinarium de Kyiv (ou Nemo) propose des spectacles de dauphins et d’otaries dans un cadre maritime en plein air. Le zoo de Berdiansk, rue Volkov, présente sur 2,5 hectares plus de 60 espèces d’animaux exotiques, entourées de volières, étangs et jardins alpins. Ces installations modernes participent à la renommée touristique de la ville, qui a d’ailleurs remporté en 2001 le premier prix national d’embellissement urbain, preuve de son dynamisme et de son souci du cadre de vie.

À quelques kilomètres de la côte, l’arrière-pays conserve des traces précieuses de l’histoire militaire. Les ruines de la forteresse Zachariavskaya, proches du village de Kalaitanyvka, témoignent du système défensif du Dniepr au XVIIIᵉ siècle. Plus au nord, les vestiges de la forteresse Saint-Alexis à Bilotserkivka et de la forteresse Saint-Pierre à Novopetrivka rappellent le rôle stratégique de la région dans la protection des frontières méridionales de l’Empire russe.

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37. Donetsk (Territoire sous occupation de l’Est de l’Ukraine)

Située dans l’est de l’Ukraine, Donetsk compte environ un million d’habitants, ce qui en fait la cinquième ville du pays. Capitale officieuse du Donbass, cœur industriel du bassin du Donets, la ville s’est développée au XIXe siècle autour des mines de charbon et des usines sidérurgiques. Aujourd’hui, malgré les tensions régionales, elle demeure un centre culturel et spirituel important, où s’entremêlent traditions orthodoxes, influences russes et modernité urbaine. Ses larges avenues, ses parcs verdoyants et ses monuments rappellent à la fois la puissance industrielle du passé et la richesse de son patrimoine religieux et artistique.

Le visage spirituel de Donetsk se reflète dans la diversité de ses édifices religieux. La mosquée Ahat Cami, inaugurée en 1999, fut la première mosquée du bassin du Donets après la chute de l’Union soviétique. Érigée en l’honneur d’Akhat Bragin, mécène du projet, elle abrite également l’université islamique ukrainienne, premier établissement musulman d’enseignement supérieur du pays. Non loin de là, l’église catholique romaine Saint-Joseph, bâtie grâce au soutien des catholiques de Pologne et d’Allemagne, témoigne de la vitalité du catholicisme local. Le premier office y fut célébré en 2006, marquant la renaissance d’une communauté longtemps absente de la région.

La tradition orthodoxe, dominante à Donetsk, s’incarne dans plusieurs lieux emblématiques. Le couvent Svyato-Iverskiy, fondé en 2001, conserve une icône de la Mère de Dieu d’Iverskoy, gravée sur le mont Athos. Son clocher, ses vergers et ses bâtiments d’accueil forment un ensemble harmonieux empreint de recueillement. Le temple de l’Exaltation de la Croix, situé rue Gornaya, célèbre chaque année sa fête patronale le 27 septembre, tandis que le temple Sviato-Voskresenskyi, reconnaissable à son dôme doré, abrite la chapelle Sainte-Barbe, dédiée à la mémoire des mineurs disparus, figure symbolique du Donbass.

Donetsk se distingue également par la richesse et l’originalité de ses parcs et espaces publics. Le plus célèbre, le parc des Figures forgées, fut inauguré en 2001 et accueille chaque année le festival international de la forge. Ses 160 sculptures métalliques, souvent offertes à la ville par les artistes, constituent une exposition permanente à ciel ouvert. D’autres parcs viennent enrichir ce patrimoine, comme le parc Shcherbakova, situé au bord d’un lagon animé de fontaines et de manèges, ou encore la clairière des contes de fées, espace familial où des sculptures inspirées du folklore ukrainien s’élèvent dans le parc Lénine Komsomol.

Les institutions publiques occupent une place prépondérante dans le paysage urbain. Le tribunal du district de Kyivskyi, la cour commerciale d’appel de Donetsk, l’administration d’État du district de Kyivskyi et l’administration régionale de l’État, boulevard Pouchkine, rappellent l’importance administrative de la ville. Non loin du centre, le tribunal du district de Kouïbychev reflète l’organisation hiérarchique héritée de l’époque soviétique.

L’identité industrielle et technique de Donetsk s’exprime dans plusieurs lieux de mémoire. Le musée ferroviaire de Donetsk, installé près de la gare, expose plus de 2000 objets, des locomotives anciennes aux instruments d’entretien des voies, retraçant l’histoire du transport ferroviaire régional. À proximité, le centre d’exposition Ekspodonbass, l’un des plus vastes d’Ukraine, accueille chaque année une vingtaine d’expositions, nationales et internationales. Sur le parvis, se dresse le palmier de Mertsalov, sculpture forgée à partir d’un rail par Alexei Mertsalov au XIXe siècle, devenue symbole du Donbass et emblème de la région.

La ville est également parsemée de monuments commémoratifs qui célèbrent la mémoire collective. Le monument aux journalistes et écrivains, rue Poligraficheska, rend hommage à ceux tombés pendant la Seconde Guerre mondiale. Le monument Mère, sur le prospekt Panfilova, représente une femme tenant un enfant, symbole universel de la tendresse et de la résilience. Le monument aux étudiants, sur le prospekt Vatutina, figure un jeune homme adossé à un banc, incarnation de la jeunesse et du savoir, tandis que le monument Zoia Kosmodemianska perpétue la mémoire d’une héroïne soviétique. Le monument Degtyarev Vladimir Ivanovich, enfin, honore celui qui fit de Donetsk une métropole moderne dans les années 1950-1970.

La dimension artistique de Donetsk se manifeste dans des lieux tels que la galerie Interdonbas, où sont organisées des expositions et des foires culturelles. Le parc de sculptures de la steppe ukrainienne, situé boulevard Pouchkine, réunit onze œuvres monumentales taillées dans le calcaire de Crimée ou dans le chêne, représentant des figures humaines, animales et abstraites. Cette alliance entre art et nature illustre l’esprit créatif de la ville, ancré dans le dialogue entre tradition et innovation.

Le jardin botanique de l’Académie nationale d’Ukraine, fondé avenue Il’icha, s’étend sur 262 hectares et abrite plus de 5500 espèces de plantes. Organisé en quatre départements : dendrologie, floriculture, ressources végétales et flore locale, il constitue un centre de recherche et de préservation unique dans le pays. Aux abords, le monument naturel d’Istoki Kalmiusa marque la source du fleuve Kalmius, dont dix résurgences jaillissent au nord-est de la ville. Plus discret, le minizoo de Donetsk permet, dans une ambiance familiale, de découvrir une faune variée allant des reptiles aux insectes rares.

Enfin, Donetsk conserve plusieurs symboles identitaires forts. Parmi eux, le monument Yosyp Kobzon, dédié au célèbre chanteur du Donbass, trône avenue Titova Germana, non loin du palais Yunist. À proximité de l’hôpital régional, la sculpture Casser les béquilles, œuvre en bronze représentant la guérison et l’effort, honore les chirurgiens de la ville. Ces monuments, à la fois artistiques et humains, traduisent la profondeur émotionnelle d’une cité marquée par les contrastes : la ferveur spirituelle, la mémoire industrielle, la souffrance des guerres et la vitalité culturelle.

Près du stade Olimpiiskyi, le monument Bubka SN rend hommage au légendaire champion du monde de saut à la perche Sergey Bubka, figure emblématique du sport ukrainien. Non loin, le monumental monument Artem (F. A. Sergeevu), haut de plus de dix mètres, incarne la mémoire révolutionnaire et soviétique de la ville. Le Tsar Pouchka, reproduction fidèle du canon du Kremlin, trône sur la rue Artema, rappelant la puissance industrielle et métallurgique de Donetsk. À proximité, la copie de la cloche de Bokhum, symbole du jumelage avec la ville allemande, illustre la volonté de dialogue entre les peuples.

La mémoire des pionniers se perpétue avec le monument à John James Hughes, fondateur de l’usine Yuzovka, qui donna naissance à la ville moderne. Ce monument, inauguré en 2001, célèbre l’esprit industriel de Donetsk. Le monument aux enseignants et étudiants de l’Institut polytechnique, sobre et émouvant, rend hommage aux victimes de la Seconde Guerre mondiale. Plus inattendu, le monument aux Beatles, situé rue Artema, évoque la place de la culture occidentale dans la vie urbaine. Dans le parc Leninskyi Komsomol, le monument aux guerriers disparus – Afghans perpétue la mémoire des soldats tombés au combat, tandis que le monument aux libérateurs de la ville rend hommage aux héros du Donbass, incarnés par les figures d’un soldat et d’un mineur, symboles de courage et d’unité.

L’itinéraire religieux se prolonge avec la majestueuse cathédrale orthodoxe Sviato-Preobrazhenskyi, édifiée en 1886 et surmontée de dômes dorés, à l’entrée de laquelle se dresse le monument à l’archange Michel, gardien spirituel de la cité. La rue Artema rassemble plusieurs lieux culturels, dont la bibliothèque scientifique Krupska, ornée de bas-reliefs littéraires, et le musée d’art régional, abritant plus de onze mille œuvres du XVIe au XXe siècle. Devant ces édifices se trouve le monument à Solovyanenko Anatoli Borissovitch, grand ténor ukrainien, érigé près de l’opéra et du théâtre de Ballet Solovyanenko, joyau de l’architecture classique fondé en 1936 et symbole du raffinement artistique de Donetsk.

La place du théâtre, cœur culturel du district de Vorochilovskyi, réunit l’opéra et ballet académique, le cinéma Chevtchenko et plusieurs monuments comme les monuments de Grinkevich et Gourov, formant un ensemble d’une grande harmonie. À quelques pas, le monument des fleuves du Donbass, fontaine-sculpture figurant une barque cosaque, relie symboliquement la ville à ses racines fluviales et minières. Le monument VI Lénine, sur la place Lénine, demeure un repère historique de l’époque soviétique. Plus discret, le monument Pouchkine, sur le boulevard Pouchkine, rend hommage au poète russe à travers un buste en bronze inauguré lors du centenaire de la ville.

Le long de cette même artère, l’imposant ministère de la construction de l’industrie du charbon rappelle la vocation minière de Donetsk, avec sa façade à colonnes d’inspiration classique et son portique monumental. La ville abrite également plusieurs théâtres et palais culturels, tels que la maison de la créativité, le palais culturel Horkoho, la maison de la culture des travailleurs, le palais culturel I. Franko, le palais ASPushkin et la salle de concert Yuvileyny, témoignant de la diversité des scènes musicales et artistiques locales. Le théâtre musical et dramatique académique, conçu comme un temple grec, ajoute à la beauté de cet ensemble, avec sa salle de 942 places et sa façade corinthienne d’une grande élégance.

À côté du théâtre, le Solov’yanenko Opéra et Ballet académique d’État de Donetsk se distingue par son lustre monumental et sa scène motorisée. Les bustes de compositeurs et de poètes qui ornent ses galeries rappellent la ferveur culturelle de la ville. Plus au nord, le palais des enfants et des adolescents et la maison de la créativité perpétuent la vocation éducative et artistique de Donetsk, tandis que le palais culturel Horkoho et le palais ASPushkin accueillent de nombreux concerts et événements communautaires, consolidant l’identité artistique du Donbass.

Les marchés de Donetsk participent aussi à son animation quotidienne. Le marché central, situé boulevard Shevchenko, est le cœur vivant du commerce local, tandis que le marché Putylovskiy, sur l’avenue Partyzanskyi, offre un visage plus populaire et pittoresque. Les marchés Pokrovskyi, Schetynyna et Azotnyi complètent ce réseau d’échanges, où s’entrecroisent saveurs, traditions et artisanats régionaux. Le centre commercial Volna, rue Kuibysheva, illustre la modernité économique de la ville et sa capacité à concilier héritage et innovation.

Les promenades urbaines se prolongent dans les grands parcs et espaces verts, comme le parc Shcherbakova, le parc de sculptures de la steppe d’Ukrainskyi ou le jardin botanique de l’Académie nationale d’Ukraine. Le monument naturel d’Istoki Kalmiusa, situé en périphérie, marque la source du fleuve Kalmius et offre un espace de nature préservée, tandis que le minizoo de Donetsk abrite une étonnante collection d’espèces exotiques.

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38. Lviv (Ouest de l’Ukraine)

Lviv, avec ses 376 678 habitants, est située dans l’ouest de l’Ukraine et fut autrefois la capitale de la Galicie orientale. La ville, inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO, se distingue par son architecture historique, ses monuments religieux et ses espaces culturels remarquablement préservés. Anciennement nommée Lvov en russe, elle est également connue sous les noms de Lwów en polonais et Lemberg en allemand. Lviv est aujourd’hui un centre majeur pour les arts, la musique et l’histoire ukrainienne, offrant aux visiteurs un mélange unique de traditions orientales et occidentales.

Le centre historique de Lviv est parsemé d’églises et de cathédrales de toutes confessions, véritables joyaux de l’architecture européenne. L’église jésuite de la rue Teatral’na, construite entre 1610 et 1630, est un chef-d’œuvre baroque inspiré de l’église Il Gesù de Rome. Ses espaces souterrains peuvent être visités sur réservation guidée, révélant l’histoire politique de la ville et son rôle comme siège de la Diète de Galicie.

L’église de la Transfiguration du Seigneur, sur la rue Krakivs’ka, rappelle l’ancienne église des Trinitaires du XVIIIe siècle. Son intérieur, bien que partiellement détruit par un incendie, conserve une atmosphère historique et sacrée. À proximité, la cathédrale arménienne constitue un ensemble architectural unique avec ses trois cours intérieures, témoignage de la présence arménienne à Lviv depuis le XIVe siècle. Sa décoration intérieure et ses fresques méritent particulièrement l’attention des amateurs d’art religieux.

L’église dominicaine, sur la place Muzeina, impressionne par sa façade concave et sa coupole elliptique, inspirée de l’église Saint-Charles-Borromée de Vienne. Après avoir servi d’entrepôt et de musée sous l’ère soviétique, elle est aujourd’hui une église paroissiale gréco-catholique. La tour Korniakt, adjacente à l’église de la Dormition sur Pidvalna str., est un autre site majeur, construit entre 1572 et 1578 comme clocher et tour défensive. La hauteur et la robustesse de la tour offrent une vue panoramique sur le centre historique, symbolisant la force et la résilience de la ville.

La cathédrale latine, fondée au XIVe siècle et édifiée dans le style gothique, est célèbre pour ses chapelles intégrées telles que la chapelle Kampianiv et la chapelle Boimiv. Ces constructions maniéristes, réalisées en pierre noire, illustrent le mélange d’influences architecturales présentes à Lviv. Le monastère des Bernardins, situé sur la place Soborna, complète ce panorama religieux avec ses bâtiments reconstruits en pierre au XVIIIe siècle et son impressionnant bastion.

Parmi les sites historiques juifs, les vestiges de la synagogue de la Rose d’Or témoignent du patrimoine détruit lors de la Seconde Guerre mondiale. La synagogue Tsori Gilod, reconstruite et restaurée en 1989, illustre la résilience et la continuité de la communauté juive locale.

La ville abrite également la cathédrale Saint-Georges et l’église du Saint-Esprit, chacune représentant une facette différente de l’architecture baroque et néo-byzantine. Le monastère et église de Saint Onuphrii et l’église Sainte-Parasceva offrent un aperçu des traditions locales et des pratiques religieuses historiques.

Pour les amateurs de musées et d’histoire, le musée des monuments anciens situé dans l’église Saint-Jean-Baptiste présente des collections archéologiques et des œuvres d’art retraçant l’histoire de Lviv depuis ses origines. Ce musée constitue un arrêt incontournable pour ceux souhaitant approfondir leur connaissance de la ville et de son patrimoine architectural, religieux et artistique.

Lviv se distingue également par ses points de vue panoramiques. Le toit du centre commercial Vernisazh Lviv offre une vue imprenable sur la vieille ville et ses toits historiques, permettant de photographier le cœur de la cité dans toute sa splendeur. Ces perspectives permettent d’apprécier l’harmonie et la densité de l’architecture historique qui fait la renommée de Lviv.

La maison Griffon, située au 34 de la rue Krakivs’ka, illustre parfaitement l’élégance des demeures bourgeoises. Son escalier d’origine est orné de reliefs de style Empire représentant des griffons, des vases et des motifs ludiques, symbole du raffinement de la ville au XVIIIe siècle. À quelques pas, la maison Poleyovskiy, sur la même rue, complète ce tableau architectural avec sa façade baroque et historiciste, ses consoles en pierre et son balcon central datant du XVIIIe siècle.

Le tissu culturel de la ville s’exprime à travers ses théâtres et institutions artistiques. Le théâtre dramatique ukrainien Maria Zankovetska, sur la rue Lesi Ukrainky, impose sa présence par sa taille monumentale et son style classique viennois. Avec ses 96 mètres de long et 7 000 m² de superficie, il est l’un des plus grands théâtres d’Europe et accueille depuis 1944 une troupe renommée. À proximité, le théâtre académique national d’opéra et de ballet de Lviv, sur l’avenue Svobody, fondé en 1897, fascine par son décor somptueux et sa façade monumentale, offrant un cadre parfait pour la musique, le chant et la danse. Le théâtre municipal de Lviv (Lesia Ukrainka), rue Horodotska, complète cette scène artistique, renforçant la réputation de la ville comme centre culturel majeur de Galicie.

L’histoire militaire et défensive de Lviv se révèle au détour de certains édifices. La tour Korniakt, sur Pidval’na str., s’élève sur 65 mètres et date de 1578. Ce clocher de la Renaissance servait de repère dans la vieille ville et témoigne de l’influence italienne sur l’architecture locale. L’arsenal royal, rue Pidvalna, construit par le roi Ladislas IV, est un autre exemple de l’ingénierie militaire de l’époque. De plan rectangulaire avec deux ailes en L et une façade baroque ornée de sculptures en bronze, il rappelle le rôle stratégique de Lviv dans la défense de ses remparts et la préservation de son patrimoine.

Les institutions éducatives et culturelles marquent durablement la ville. Le Narodnyi Dim, ou foyer national, sur la rue Teatralna, a accueilli dès 1849 des bibliothèques, musées, casinos et lycées ukrainiens. Aujourd’hui, il abrite des musées d’art, d’histoire naturelle et d’archéologie, témoignant de la continuité de son rôle culturel et éducatif. L’université polytechnique nationale de Lviv, sur la Vul. Stepana Bandery, complète ce panorama en rappelant l’importance de l’enseignement supérieur dans l’histoire intellectuelle de la ville.

Parmi les maisons emblématiques, la maison de Patio, rue Lesi Ukrainky, se distingue par son patio et ses pilastres plats, offrant un contraste avec la façade enduite. La maison Fedorova, avec son plan quadrilatéral irrégulier et ses trois façades ouvertes, illustre l’architecture urbaine du XVIIe siècle, mêlant différents styles. La maison des saisons, rue Virmenska, étonne par ses reliefs représentant Chronos et les saisons, et sa frise peinte dans les années 1860, tandis que la maison Domazhyrs’ka se distingue par son portail monumental et son balcon à grille métallique, ajoutant à la richesse du patrimoine résidentiel de Lviv.

Le centre névralgique de la ville se concentre autour de la place du Marché et de l’hôtel de Ville, ou Ratusha. De style néoclassique viennois, cet édifice en briques avec plan carré et patio offre un panorama exceptionnel depuis sa tour. Trois fontaines décorent la place : la fontaine Adonis, la fontaine Neptune et la fontaine Amphitrite, évoquant la mythologie antique et l’art décoratif du début du XXe siècle. Autour, les ruelles authentiques et les maisons anciennes créent un cadre vivant et historique où le passé se mêle au quotidien des habitants.

Les monuments de mémoire et les espaces commémoratifs complètent la visite de Lviv. Le cimetière Lychakiv, sur Vul. Mechnikhova, couvre 42 hectares et accueille plus de 400 000 sépultures, dont la tombe d’Ivan Franko. Ses sentiers ombragés et ses monuments commémoratifs en font un lieu à la fois solennel et propice à la flânerie, considéré comme un musée en plein air. Le Haut Château, sur la rue Vysokyi Zamok, permet d’accéder à une plateforme offrant une vue panoramique sur la ville et de contempler les buttes commémoratives, marquant l’histoire de Lviv et l’héritage de l’Union de Lublin.

L’art et l’identité nationale se retrouvent dans le monument Chevtchenko, sur l’avenue Svobody, œuvre offerte par la diaspora ukrainienne argentine. Cette sculpture, accompagnée d’un monument en forme de vague et ornée de motifs traditionnels, symbolise la culture ukrainienne et se fond dans l’espace urbain tout en servant parfois de lieu de jeu ou de rassemblement pour les habitants. Non loin, la maison des scientifiques, ou ancien casino de Herkhard, rappelle le rôle de Lviv comme centre de la vie intellectuelle et sociale.

Enfin, les infrastructures modernes et les constructions emblématiques du XXe siècle témoignent de la continuité urbaine et de l’adaptation de la ville. La gare ferroviaire de Lviv, construite en 1904 dans le style Art nouveau, demeure un centre vital de transport et un exemple remarquable de l’architecture publique de l’époque. L’ancien hôtel « européen », reconstruit en 1930, illustre la transition entre les hôtels historiques et les usages modernes, aujourd’hui occupé par une succursale bancaire.

La richesse culturelle de Lviv s’exprime également à travers ses nombreux musées, véritables témoins de l’histoire et de l’art ukrainiens. Le musée de l’Arsenal, rue Pidvalna, installé dans l’un des plus anciens bâtiments militaires de la ville (XVIe siècle), retrace l’histoire des fortifications et présente des collections d’armes et d’armures provenant de plus de trente pays. Même si le musée est temporairement fermé depuis 2022, il reste un point de référence pour comprendre le rôle stratégique de Lviv et l’évolution de l’armement au fil des siècles.

Dans le même quartier, le musée national de Lviv, sur l’avenue Svobody, constitue un incontournable pour les amateurs d’art ukrainien du Moyen Âge au XIXe siècle, tandis que sa galerie d’art propose des œuvres étrangères, témoignant de l’ouverture de la ville sur l’Europe.

Les sciences naturelles trouvent leur place dans le musée d’histoire naturelle, rue Teatral’na. Installé dans le palais Dzieduszyckis du XVIIIe siècle, il expose plus de 500 000 objets, parmi lesquels des carcasses complètes de rhinocéros à fourrure et de mammouths, provenant des fouilles de Starunia. Ce musée illustre la richesse géologique et paléontologique de la région et constitue un passage obligé pour les curieux de la nature. Non loin de là, la galerie des uniformes militaires ukrainiens, place Rynok, évoque l’histoire militaire récente du pays avec ses collections d’uniformes et d’armements du XXe siècle, créant un pont entre patrimoine historique et mémoire nationale.

L’histoire urbaine et scientifique se retrouve également dans des institutions spécialisées. Le musée de la pharmacie « Sous l’aigle noir », rue Drukars’ka, est la plus ancienne pharmacie de Lviv, fondée en 1735. Ses seize salles exposent plus de trois mille objets, retraçant l’évolution de la médecine et de la pharmacie. Le musée d’histoire des religions, place Museina, installé dans une magnifique église baroque, abrite une bibliothèque unique et plus de 150 000 ouvrages, dont des Bibles anciennes et des manuscrits en plusieurs langues, témoignant de la diversité religieuse et intellectuelle de Lviv.

Les amateurs d’art contemporain trouvent leur bonheur dans la galerie Dzyga, rue Sainte-Virmenska, qui soutient les arts multidisciplinaires, de la peinture à la musique en passant par le théâtre et le multimédia. Dans le même esprit, la galerie Herdan, rue Rus’ka, présente des expositions et ventes de peintures, gravures et céramiques contemporaines. Pour les amateurs de beaux-arts et d’art ancien, la galerie d’art Hotyk-Khol, place Rynok, dans le palais Kornyak, expose des objets décoratifs, des peintures, des icônes et des pièces de collection datant du XVIIe siècle, témoignant de l’histoire artistique de Lviv.

L’histoire de la ville se découvre également à travers des collections originales et thématiques. Le musée de la Poste, dans le palais Bandinelli, retrace l’histoire du courrier en Ukraine depuis le XVIIe siècle. Le musée du mobilier et de la porcelaine, place Rynok, abrite près de 700 pièces de mobilier et 11 000 objets en porcelaine et faïence, illustrant le goût et le savoir-faire artisanal des siècles passés. Le musée historique de Lviv, dans le palais Massarivs’ka, présente des collections archéologiques et historiques allant du Moyen Âge à l’époque moderne, incluant bijoux, armes et documents, renforçant la compréhension de l’évolution urbaine et sociale de Lviv.

L’art ukrainien ancien et le patrimoine religieux trouvent leur place dans des musées spécialisés. Le musée du livre ukrainien ancien, rue Kopernika, conserve 12 000 pièces, manuscrits et ouvrages imprimés, illustrant l’histoire littéraire et éducative de l’Ukraine. Le complexe historique du musée national Sheptytsky, rue Drahomanova, rassemble 117 000 œuvres, dont des icônes du XIVe au XVIIIe siècle. Le musée Pinsel, place Mytna, expose la sculpture baroque sacrée de Johann George Pinsel, permettant d’admirer le génie artistique local et l’influence baroque européenne.

Pour une approche plus ethnographique et rurale, le musée d’ethnographie et d’artisanat, avenue Svobody, présente des objets de la vie traditionnelle et de l’art populaire ukrainien, tandis que le musée d’architecture folklorique nationale et de vie rurale « Shevchenkivsky Hay », rue Chernecha Gora, propose un parcours en plein air à travers des bâtiments en bois venus de toute l’Ukraine occidentale. Les églises à plusieurs niveaux et les maisons traditionnelles offrent une immersion complète dans la vie rurale historique.

L’histoire scientifique et technique de la ville se découvre au musée de la métrologie, rue Kniazia Romana, et au musée Panchyshyn d’histoire de la médecine, rue Karmeliuka. Ces institutions mettent en lumière l’innovation scientifique et médicale dans la région, offrant aux visiteurs des perspectives uniques sur les avancées locales et leur portée européenne. Le centre d’histoire urbaine de l’Europe centrale et orientale, rue Bohomol’tsia, complète ce panorama en proposant expositions, films et séminaires, retraçant la vie quotidienne dans les grandes et petites villes de la région à travers les siècles.

Enfin, les expositions temporaires et polyvalentes trouvent leur espace au palais des Arts, rue Kopernyka, et à la galerie d’art de Lviv, rue Stefanyka. Ces lieux accueillent des œuvres contemporaines et historiques, des collections européennes et des expositions thématiques, renforçant le statut de Lviv comme centre culturel vivant et dynamique.

Le cœur culturel de Lviv s’exprime pleinement à travers ses lieux de spectacle. L’opéra Sainte-Krushelnytska, avenue Svobody, constitue un point d’orgue de la vie artistique de la ville. Ce théâtre historique propose régulièrement des représentations d’opéras et de ballets variés, accessibles pour un tarif compris entre 50 et 80 UAH. Même pour ceux qui ne sont pas amateurs d’opéra ou de ballet, une soirée dans cette salle vaut le détour, ne serait-ce que pour admirer l’architecture somptueuse du lieu. À proximité, la salle de concert de la Société philharmonique de Lviv, rue Chaikovs’koho, accueille des concerts classiques et modernes, offrant un cadre idéal pour découvrir la musique symphonique dans des conditions acoustiques remarquables.

Pour les spectacles plus intimes ou destinés au jeune public, Lviv dispose de plusieurs théâtres spécialisés. Le mini théâtre « Personnages et poupées », rue Fredra, propose des performances originales de marionnettes et de théâtre de petites formes. Le théâtre de jeunes Les Kurbas, rue Kurbasa, et le premier théâtre ukrainien pour enfants et jeunes, rue Hnatiuka, se consacrent à la création théâtrale destinée aux adolescents et enfants, offrant des productions innovantes et pédagogiques. Complétant cette offre culturelle, le cirque d’État de Lviv, rue Horodots’ka, permet de découvrir un art populaire mêlant acrobaties, numéros comiques et performances animales dans une ambiance festive.

Les amateurs de sport et de loisirs disposent également de structures adaptées. Le Torpille Stadium, rue Gorbenka, et le stade SKA, rue Kleparivska, accueillent matchs et entraînements, tandis que le parc aquatique de Pliazh, rue Princesse Olga, constitue un refuge estival avec ses piscines, jacuzzis et bars à thème, idéal pour se détendre en famille. Les bains russes traditionnels, les Bania, offrent une expérience unique de détente et de relaxation, dans un cadre insolite mais civilisé.

Lviv est également une ville verte, riche en parcs et espaces de promenade. L’hippodrome de Lviv, rue Stryis’ka, permet d’assister à des courses hippiques dans un cadre historique. Le parc Ivan Franko, rue Universytetska, est le plus ancien parc de la ville, planté de chênes et d’érables tricentenaires, offrant une promenade ombragée et paisible. Le parc culturel et de loisirs Bohdan Khmelnytsky, au sud-ouest de la vieille ville, propose un jardin d’art, une salle de concert et de danse, un stade, des attractions et une grande roue, tout en étant dominé par le monument de la Gloire de la Culture. Le parc Stryiskyi, entre la rue Stryis’ka et la rue Ivana Frank, est l’un des plus pittoresques, avec ses 200 espèces végétales et son étang peuplé de cygnes.

Les amateurs de nature et de paysages préservés trouveront leur bonheur dans le parc paysager régional de Znesinnya, au nord-est de la ville, idéal pour le cyclisme, le ski et la randonnée, avec ses collines, ses vallées et ses étangs. Le Shevchenkivskyi Hay, sur la rue Tchernecha Hora, constitue un musée à ciel ouvert, combinant architecture en bois, végétation des Carpates et bâtiments historiques venus de toute l’Ukraine occidentale. Le parc du Haut Château, sur la colline la plus haute de Lviv, offre un panorama exceptionnel sur la ville et ses environs. Les parcs Zalizni Vody et Lychakivskyi, ainsi que le parc forestier de Zamarstynivs’kyi, complètent ce réseau vert, chacun offrant une combinaison unique de promenades, jardins et zones de loisirs, propices à la détente et à la découverte de la flore locale.

Le parc du 700e anniversaire de Lviv (Парк 700-річчя Львова), situé au 91 de la perspective Viatcheslava Tchernovola, à environ deux kilomètres du centre, offre un vaste espace vert où se mêlent détente et mémoire urbaine. Créé pour célébrer sept siècles d’histoire de la ville, il abrite des allées bordées d’arbres et plusieurs zones dédiées aux activités familiales. Facilement accessible en tramway par la ligne 13, ce lieu constitue une halte apaisante après la découverte du centre historique, permettant d’observer la vie quotidienne des habitants de Lviv dans un cadre paisible et fleuri.

Le parc Na Valakh (Парк « На Валах ») s’étend le long de la rue Pidval’na, à l’est du centre ancien. Il occupe l’emplacement des anciens remparts, dont il conserve la forme courbe et la fonction de promenade panoramique. L’un de ses points d’intérêt majeurs est la tour de guet, vestige d’un système défensif disparu, aujourd’hui transformée en belvédère.

À l’ouest du centre, le parc Sviatoiurskyi (Святоюрський парк) entoure le sacré ensemble du monastère et de la cathédrale Saint-Georges, haut lieu spirituel de Lviv. Ce parc, également appelé Сад собору святого Юра, s’étend sur la colline de Saint-Georges et offre une perspective unique sur les façades baroques du sanctuaire. Les pentes verdoyantes et les sentiers sinueux conduisent jusqu’à des points de vue discrets sur la ville.

Le parc étudiant (Парк студентський), situé rue Sakharova A. akademika, à environ deux kilomètres au sud-ouest du centre, témoigne de l’énergie juvénile de Lviv. Proche des bâtiments universitaires, il accueille chaque jour de nombreux étudiants venus lire, jouer ou discuter sous les arbres. Ce parc au tracé simple mais harmonieux comprend de larges pelouses et plusieurs espaces dédiés au sport. L’ambiance y est conviviale, parfois animée par des concerts ou événements culturels en plein air. Sa proximité avec les universités en fait un symbole de la jeunesse intellectuelle de la ville.

Parmi les espaces naturels les plus précieux de Lviv figure le jardin botanique de l’université nationale Ivan Franko (Ботанічний сад Львівського національного університету ім. І.Франка), situé rue Cheremshyny. Ce vaste domaine scientifique abrite plus de 3 400 espèces végétales, regroupant arbres, arbustes et plantes herbacées d’origines variées, dont 1 630 espèces tropicales et subtropicales. Fondé à des fins d’étude et de conservation, il offre aujourd’hui une promenade d’une grande richesse botanique, ouverte au public. Les serres, les rocailles et les zones forestières permettent d’observer la biodiversité locale et mondiale dans un cadre calme et inspirant.

Non loin de là, le jardin botanique de l’institut d’ingénierie forestière de Lviv s’étend sur 10,8 hectares entre les rues Chuprynky et Pryrodnoiu. Il constitue un lieu d’enseignement et d’expérimentation consacré à la flore forestière et ornementale. S’y recensent environ 200 espèces d’arbres et d’arbustes, disposés selon un plan scientifique rigoureux. Le site comprend également des zones pédagogiques et une petite ferme de recherche, rendant la visite à la fois éducative et agréable. Sa vocation écologique et académique en fait un maillon essentiel du patrimoine vert de Lviv.

Plus à l’ouest, le parc Piskovi Ozera (Парк « Піщані озера ») séduit par son cadre naturel singulier. Niché rue Hordynskykh, il se distingue par ses étangs bordés de sable, vestiges d’anciennes carrières.

Le parc Kulparkivskyi (Кульпарківський сквер), situé rue Evgeniya Konovaltsa, conserve l’esprit des anciens faubourgs occidentaux de Lviv. Son environnement calme, ponctué d’arbres centenaires, abrite quelques sculptures modernes et aires de jeux. Moins fréquenté que les grands parcs du centre, il offre un cadre paisible et familier aux habitants du quartier.

Le parc Horikhovyi hai (Парк « Горіховий гай »), rue Boikivs’ka, est un autre joyau vert de l’ouest de Lviv. Son nom signifie «verger de noyers», et ses allées ombragées offrent un cadre naturel unique. Traversé par des pistes cyclables et des chemins de course, il attire sportifs et familles. Ce parc combine détente et écologie, avec plusieurs initiatives locales de reboisement et de préservation. Sa végétation dense crée un microclimat frais, particulièrement apprécié durant les étés chauds. Il reflète le goût des habitants pour les espaces verts accessibles et vivants.

Enfin, à une vingtaine de kilomètres, le sanctuaire des ours de Domazhyr (Заповідник ведмедів Домажир), situé à Zhornyska dans le district de Yavoriv, représente une excursion incontournable hors de la ville. Créé en 2016 par l’organisation Four Paws, il s’étend sur 20 hectares au sein de la réserve de biosphère de Roztochya, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO. Ce centre protège les ours sauvés de la captivité et sensibilise à la protection animale. Des visites guidées permettent de découvrir l’habitat reconstitué et d’en apprendre davantage sur la faune ukrainienne.

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39. La région de Lviv (Ouest de l’Ukraine)

La région de Lviv (Львівська область), située à l’extrême ouest de l’Ukraine, se distingue par la richesse de son patrimoine historique et spirituel. Bordée par la Pologne et traversée par de nombreux paysages de collines et de forêts, elle offre un voyage à travers les siècles, entre influences polonaises, autrichiennes et ukrainiennes. Ses petites villes et ses villages regorgent de monastères anciens, d’églises en bois, de palais aristocratiques et de fortifications médiévales. Loin de la foule, chaque localité révèle une atmosphère singulière où la mémoire des peuples et des traditions s’unit à la beauté naturelle des lieux.

39 A. Monastère de Krekhiv (région de Lviv)

Le monastère de Krekhiv (Крехів, Krechów), situé à 25 kilomètres au nord-ouest de Lviv, à la lisière du parc national de Yavorivskyi, demeure l’un des sites religieux les plus remarquables de la région. Fondé au XVIIe siècle, le monastère basilien Saint-Nicolas de Krekhiv s’élève au cœur d’une nature verdoyante. Ses murs blanchis à la chaux, ses coupoles dorées et ses jardins soigneusement entretenus composent un tableau d’une grande sérénité.

Le monastère attire pèlerins et voyageurs curieux de découvrir la spiritualité gréco-catholique ukrainienne. À proximité, des sentiers forestiers mènent à des grottes où les moines auraient vécu en ermites. La beauté du lieu, associée à son atmosphère de paix, en fait une destination de retraite et de contemplation.

39 B. Horodok (région de Lviv)

À vingt-cinq kilomètres à l’ouest de Lviv, Horodok (Городок, Gródek Jagielloński) se présente comme une petite ville paisible aux racines médiévales. Sa situation sur la route de Przemyśl en fit autrefois une place stratégique. Le principal monument à découvrir est l’église Saint-Jean-Baptiste (1755), un exemple harmonieux d’architecture religieuse du XVIIIe siècle, dont les fresques intérieures et le clocher baroque témoignent de l’influence polonaise.

Horodok, entourée de campagnes fertiles, séduit les visiteurs par son atmosphère tranquille et son patrimoine discret. Ses ruelles bordées de maisons anciennes, ses petits marchés et ses traditions locales en font une étape idéale pour une excursion d’une journée depuis Lviv.

39 C. Drohobych (région de Lviv)

Plus au sud, Drohobych (Дрогóбич, Drohobycz) s’impose comme l’une des villes les plus artistiques de la région. Ancien centre du commerce du sel, elle rayonne aujourd’hui par son patrimoine architectural et culturel. Le monastère Saint-Pierre-et-Saint-Paul, situé rue Stryiska, illustre la richesse du baroque ukrainien. L’église catholique Saint-Barthélemy, dont l’ancienne tour défensive sert aujourd’hui de clocher, témoigne du rôle stratégique que la ville joua autrefois.

Drohobych est également connue pour son héritage artistique et intellectuel. Le musée Bruno Shults, consacré à l’écrivain polonais né ici, retrace la vie et l’œuvre de ce créateur surréaliste. Le palais des arts et la galerie de peinture enrichissent la visite par leurs collections régionales. Enfin, l’église de la Sainte-Croix de l’Exaltation (Церква Воздвиження Чесного Хреста, 1661) se distingue par son architecture en bois et ses icônes anciennes.

39 D. Belz (région de Lviv)

La ville de Belz (Белз, Bełz, בעלז) se trouve à seulement trois kilomètres de la frontière ukraino-polonaise. Cette ancienne cité princière, mentionnée dès 1088, fut autrefois un centre majeur du duché de Galicie-Volhynie. Elle conserve encore les traces d’un passé foisonnant, notamment à travers le site archéologique de la vieille ville, où subsistent les vestiges d’un ancien établissement médiéval. La tour Arian, érigée en 1606, se dresse comme un rare témoin de l’architecture défensive de la Renaissance.

Belz charme aussi par la diversité de son patrimoine religieux. Le monastère des sœurs dominicaines, fondé en 1647 puis reconstruit au XVIIIe et au XIXe siècle, incarne l’élégance baroque des édifices conventuels de la région. À proximité, l’église Sainte-Parascève, reconnaissable à son clocher du XVIIIe siècle, contraste avec la cathédrale Nicolas (1926) et l’église Saint-Valentin, de style néo-gothique. Le cimetière juif et la villa Bandery complètent ce parcours mémoriel, où se côtoient foi, histoire et architecture dans un cadre paisible.

39 E. Sambir (région de Lviv)

À soixante-quinze kilomètres au sud-ouest de Lviv, Sambir (Самбір, Sambor) compte environ trente-cinq mille habitants et offre une belle escapade ferroviaire d’une journée. Son hôtel de ville, situé place Rynok, impressionne par son élégante silhouette Renaissance. L’église Saint-Ivan, rue Pouchkine, 7, et le monastère des Bernardins, rue A. Mitskevycha, 5-A, rappellent l’importance du christianisme dans l’histoire locale.

L’église de la Nativité, construite en 1738, séduit par sa façade baroque et son riche intérieur décoré d’icônes.

39 F. Slavske (région de Lviv)

Nichée au cœur des Carpates, à cent vingt kilomètres au sud-sud-ouest de Lviv, Slavske (Славське, Sławsko) est une station de montagne réputée, peuplée d’environ trois mille habitants. Entourée de forêts et de sommets, elle attire randonneurs et skieurs. Le musée des Carpates de la lutte de libération, rue Sichovykh Striltsiv, 2, retrace la résistance locale à travers une collection émouvante de documents et d’objets historiques.

La visite se complète par l’église de l’Assomption de la Vierge Marie, construite en 1901 rue T. Shevchenka, exemple remarquable d’architecture en bois. Depuis le village, un télésiège permet d’accéder à la montagne Trostyan, offrant de vastes panoramas sur les Carpates. Slavske allie culture, nature et traditions montagnardes dans une atmosphère authentique.

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39 G. Svirzh (région de Lviv)

Situé à quarante kilomètres au sud-ouest de Lviv, Svirzh (Свірж) charme par la beauté de son cadre lacustre et son architecture harmonieuse. Son château, construit en 1484 et remanié jusqu’en 1660, domine un étang paisible, entouré de prairies et de collines boisées. Non loin, se trouvent les ruines de la tour de défense et une grotte, vestiges de l’ancien système fortifié.

L’église de l’Assomption de la Vierge Marie, datant de 1546 et remaniée au XVIIe siècle, complète ce tableau d’une rare élégance.

39 H. Rava-Rus’ka (région de Lviv)

À une cinquantaine de kilomètres au nord-ouest de Lviv, Rava-Rus’ka (Рава-Руська, Rawa Ruska, ראווע) abrite environ huit mille habitants. Cette petite ville frontalière surprend par la richesse de son patrimoine religieux. L’église Saint-Michel et les cellules monastiques de l’abbaye franciscaine, dont la première chapelle en bois fut érigée en 1725, témoignent d’une longue tradition spirituelle.

L’église catholique Saint-Joseph, construite en 1843, conserve une icône miraculeuse de la Mère de Dieu datant des années 1670. La visite se poursuit par le cimetière des soldats français tombés durant la Seconde Guerre mondiale, lieu de mémoire émouvant niché au cœur d’un paysage calme et verdoyant.

39 I. Stare Selo (région de Lviv)

À vingt-cinq kilomètres au sud-est de Lviv, Stare Selo (Старе Село, Stare Sioło) est célèbre pour son impressionnant château de Stare Selo, érigé entre 1584 et 1654. Ancienne résidence fortifiée des princes Ostrogski, il demeure l’un des plus vastes châteaux en ruines d’Ukraine occidentale. Ses murailles puissantes et ses tours circulaires rappellent l’importance stratégique du site à l’époque des guerres cosaques.

Aujourd’hui, la cour intérieure du château accueille des événements culturels et des festivals, tandis que la nature environnante offre un cadre propice à la contemplation. Stare Selo, littéralement « vieux village », transporte les visiteurs dans une atmosphère médiévale empreinte de romantisme.

39 J. Brody (région de Lviv)

Au nord-est de la région s’étend Brody (Броди, Brody, בראָד), ancienne place forte fondée au XVIe siècle. Située à 90 kilomètres de Lviv, elle conserve une structure urbaine régulière typique des cités bastionnées. L’église Sainte-Yuriya, construite au début du XVIIe siècle, fut restaurée en 1867 et reste un repère spirituel majeur. Le palais du comte Pototskyi (1630-1635), avec ses lignes nobles et ses décors classiques, évoque la grandeur des grandes familles aristocratiques d’Ukraine.

Brody est aussi marquée par la diversité de ses héritages culturels. Les ruines de la grande synagogue (1742) rappellent l’importance de la communauté juive avant la Seconde Guerre mondiale. Le musée d’histoire local expose de nombreux objets archéologiques et ethnographiques, tandis que le palais Tyshkevich (1909), de style anglais, témoigne de l’influence occidentale sur la noblesse locale.

39 K. Pidhirtsi (région de Lviv)

Situé à environ quatre-vingts kilomètres à l’est de Lviv, Pidhirtsi (Підгірці, Podhorce) attire les visiteurs par son élégance baroque et son atmosphère hors du temps. Le château de Konietspolskikh, construit entre 1635 et 1640, s’impose comme l’un des joyaux de l’architecture aristocratique d’Ukraine. Son vaste parc paysager Pidhoretskyi, couvrant dix-sept hectares, invite à la promenade entre allées ombragées et terrasses dominant la vallée.

Le patrimoine religieux de Pidhirtsi est tout aussi remarquable. L’église catholique Saint-Joseph (1765), avec sa façade baroque ornée de colonnes, voisine les cellules du monastère du XVIIIe siècle et l’ancienne église de la Nativité de la Théotokos (1180), vestige du monastère vasylyi. À proximité, le site archéologique de Plisnesk, datant du VIIe au XIIIe siècle, révèle les origines médiévales du lieu. Pidhirtsi demeure une halte incontournable pour les amateurs d’histoire et d’architecture.

39 L. Cheptytsky (région de Lviv)

Au nord de Lviv, Chervonograd (Червоноград) ou Cheptytsky est une ville minière et historique, connue pour ses palais et monastères. Fondée au XVIIe siècle, elle fut longtemps une résidence noble. Le somptueux palais Potocki (1736-1757), de style baroque et classique, abrite aujourd’hui une annexe du musée d’histoire des religions de Lviv. L’église Sainte-Douch, également appelée église Saint-Vladimir, reflète la spiritualité orthodoxe du lieu par son architecture imposante et sa décoration intérieure richement peinte.

Le patrimoine monastique de Chervonograd témoigne de son rayonnement religieux. Le monastère Saint-Youry basilien (1771-1776) offre un bel exemple de l’art sacré ukrainien, tandis que le monastère des Bernardins (1692-1767), situé rue B. Khmelnytskogo, illustre l’héritage polonais.

39 M. Olesko (région de Lviv)

À une soixantaine de kilomètres à l’est de Lviv, Olesko (Олесько, Olesko, אלעסק) est une petite localité d’environ deux mille habitants réputée pour son charme pittoresque et son illustre passé princier. Dominant la campagne galicienne, le château d’Olesko, édifié entre le XIVe et le XVIIe siècle, est l’un des plus anciens de la région. Restauré avec soin, il abrite aujourd’hui une précieuse collection du musée national d’art de Lviv. Sa promenade de treize hectares autour du parc du château offre une vue splendide sur les collines environnantes.

À proximité immédiate s’élève le monastère des capucins du XVIIIe siècle, auquel est attenante l’église Saint-Joseph et ses anciennes cellules monastiques datant de 1838. Un peu plus loin, l’église catholique de la Sainte-Trinité, rue T. Shevchenka, 59, rappelle l’héritage spirituel du lieu.

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39 N. Zhovkva (région de Lviv)

À seulement vingt-cinq kilomètres au nord de Lviv, Zhovkva (Жовква) compte près de treize mille habitants et constitue l’une des perles architecturales de la région. Conçue au XVIIe siècle selon un plan Renaissance idéal, elle abrite un centre historique remarquablement préservé. Le monastère de Zhovkva et les églises environnantes rappellent l’intense vie religieuse qui anima la cité sous les rois de Pologne.

Les visiteurs apprécient la richesse de son patrimoine civil et militaire, dont le marché central, les bastions, les demeures bourgeoises et les anciens remparts. Zhovkva offre ainsi un condensé d’histoire et d’art dans un cadre harmonieux et paisible.

39 O. Zolochiv (région de Lviv)

À soixante-dix kilomètres à l’est de Lviv, Zolochiv (Золочів) se distingue par son patrimoine princier et son atmosphère sereine. Le château de Zolochiv, construit entre 1634 et 1686, abrite aujourd’hui un musée d’histoire et d’art. À proximité, l’ancien arsenal du XVe siècle évoque le passé militaire de la ville.

L’église de l’Ascension de la Vierge Marie, avec ses cellules monastiques du XVIIIe siècle, illustre le raffinement religieux du lieu. Le cimetière polonais, entretenu avec soin, rappelle la coexistence des cultures dans cette région frontalière.

39 P. Truskavets (région de Lviv)

Station thermale réputée, Truskavets (Трускавець) se situe à soixante-dix kilomètres au sud-ouest de Lviv. Ce centre de cure, connu depuis le XIXe siècle, attire les visiteurs pour la qualité de ses eaux minérales, notamment la célèbre Naftousia. Ses parcs verdoyants, ses hôtels élégants et ses sources aménagées font de Truskavets une destination de détente et de bien-être par excellence.

Outre son atmosphère reposante, la ville conserve un intéressant patrimoine architectural de style art nouveau. Truskavets conjugue charme historique et confort moderne, offrant une parenthèse de sérénité au pied des Carpates.

39 Q. Trukhaniv (région de Lviv)

Au cœur des montagnes, à cent huit kilomètres au sud de Lviv, Trukhaniv (Труханів) séduit par son environnement naturel exceptionnel. Le village, blotti dans la vallée de l’Opir, constitue le point de départ de randonnées vers les rochers et la grotte de Dovbush, situés à six kilomètres. Non loin, la cascade de Sukilski dévale en plusieurs chutes au milieu d’une forêt dense, offrant un spectacle saisissant.

L’église Saint-Michel, construite en 1840, complète ce paysage spirituel et montagnard.

39 R. Monastère de Univ (région de Lviv)

À quarante kilomètres à l’est de Lviv, le monastère de Univ (Унів, Міжгір’я) est l’un des centres spirituels majeurs de l’Ukraine occidentale. Fondé dans les années 1390, il est entouré de remparts partiellement conservés, flanqués de deux tours du XVe siècle. Le complexe comprend une église principale, des cellules monastiques des XVIIe-XIXe siècles et la maison du métropolite du XIXe siècle.

Nichée dans un cadre de collines paisibles, cette abbaye gréco-catholique reste un lieu de pèlerinage vivant, attirant fidèles et visiteurs.

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40. Tchernivtsi (Ouest de l’Ukraine)

Chernivtsi (en ukrainien Чернівці, en roumain Cernăuți) ou Tchernivtsi, compte environ 260 000 habitants et se situe dans l’ouest de l’Ukraine, au cœur de la Bucovine historique. Connue autrefois sous les noms de Chernowitz ou Chernovtsy, cette ville multiculturelle se distingue par son patrimoine architectural marqué par les influences autrichienne, roumaine et ukrainienne. Le centre historique, principalement de style baroque, regroupe la plupart des trésors urbains. Une partie de la vieille ville est aujourd’hui piétonne, permettant aux visiteurs de flâner entre les façades colorées, les coupoles d’églises et les pavés qui rappellent l’époque austro-hongroise.

L’un des symboles les plus emblématiques de la ville est l’université nationale de Chernivtsi (Чернівецький Національний Університет імені Юрія Федьковича), inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2011. Cet ancien palais du gouverneur de Bucovine, construit au XIXᵉ siècle dans le style historiciste, impressionne par ses briques rouges, ses mosaïques et ses jardins intérieurs. Ses deux églises et ses bâtiments richement décorés rappellent le prestige intellectuel que connut Chernivtsi, souvent surnommée la « Vienne de l’Est ». À proximité, la maison allemande, érigée entre 1908 et 1910 par G. Frich et E. Müller, témoigne de la vitalité passée de la communauté germanophone locale.

Le cœur urbain bat autour du complexe de la place principale, formé par l’hôtel de ville, le musée des beaux-arts et le monument à Taras Chevtchenko. La place centrale, anciennement place du Marché, demeure l’un des ensembles architecturaux les plus harmonieux d’Ukraine. Elle fut conçue sous le règne de Joseph II, dont la vision moderniste inspira la transformation de Chernivtsi en cité européenne. Non loin, les ensembles turcs de la place Turetska Krynytsia rappellent la présence ottomane du XVIIᵉ siècle : un ancien puits, une fontaine en pierre et un petit pont turc en constituent les vestiges les plus pittoresques.

La place du théâtre offre une autre facette de la ville avec son élégant théâtre, entouré de bâtiments néoclassiques. Ce quartier culturel concentre plusieurs cafés et galeries, illustrant la vie artistique foisonnante de Chernivtsi. Les visiteurs y ressentent encore l’esprit cosmopolite qui régnait à l’époque où la ville accueillait écrivains, peintres et musiciens venus de tout l’Empire austro-hongrois.

Parmi les édifices religieux, l’église arménienne (Вірменська церква), construite entre 1869 et 1875 par l’architecte tchèque Glavka, se distingue par son acoustique exceptionnelle : elle accueille depuis 1992 de nombreux concerts. L’église Sainte-Parascève, première église orthodoxe en pierre (1864), symbolise la ferveur locale. Plus loin, l’ancien monastère de la rue Chernyakhovs’koho, bâti dans les années 1930, évoque la dimension spirituelle du patrimoine monastique de Bucovine.

Les églises de diverses confessions se côtoient dans une étonnante harmonie : l’église du Cœur de Jésus, de style néogothique (1892-1894), et l’église luthérienne, érigée en 1873, incarnent la diversité religieuse de la cité. L’église uniate de l’Assomption de la Bienheureuse Vierge Marie, appelée aussi église russe, fut la première église grecque catholique en pierre de l’époque autrichienne, rappelant les liens complexes entre les traditions orientales et occidentales.

Le patrimoine juif de Chernivtsi, jadis florissant, se manifeste encore à travers plusieurs synagogues. La nouvelle synagogue Mordko et Taubi Kron, de style néo-roman, et la grande synagogue de la rue Barbiusa Anri (1853) rappellent l’importance de la communauté juive. La synagogue Beit Biniamin Tfila, construite en 1923, conserve des peintures intérieures remarquables. L’ancien temple-synagogue de la rue Universytetska, transformé en cinéma en 1959, allie motifs mauresques et éléments gothiques. Enfin, la synagogue chorale Beit Ares, bâtie au début du XXᵉ siècle, a retrouvé sa façade d’origine après restauration.

La cathédrale du Saint-Esprit, érigée en 1860 par le métropolite Gakman E., est l’un des monuments les plus imposants de Chernivtsi avec son dôme de 46 mètres. La cathédrale Sainte-Croix, quant à elle, fut reconstruite à plusieurs reprises depuis sa fondation au XVIIIᵉ siècle et demeure un repère majeur du catholicisme local. L’église Sainte-Anne, bâtie dans les années 1810, complète cet ensemble religieux impressionnant par la variété de ses styles et de ses influences.

La richesse spirituelle de Chernivtsi se prolonge avec l’église Saint-Antoine (костел св.Антонія), située rue Beethoven, à proximité de la cathédrale Sainte-Croix. Édifiée sur le site de l’ancien monastère catholique Sainte-Ursoulie de Leduhovska, elle perpétue une tradition religieuse féminine et éducative importante dans la Bucovine. Son cloître sobre, orné d’arcades, abrite encore une communauté active. Un peu plus loin, la cathédrale Saint-Nicolas (Миколаївський кафедральний собор), construite entre 1926 et 1939, attire les regards par son célèbre dôme torsadé, surnommé « l’église ivre ». Ce monument néo-byzantin, emblème de la ville, illustre l’art orthodoxe bucovin dans toute sa majesté.

Trois autres édifices dédiés à saint Nicolas enrichissent le patrimoine religieux local. L’église Saint-Nicolas de la rue Sagaydachnovo, érigée en 1607, constitue l’un des plus anciens exemples d’architecture en bois de Bucovine ; restaurée en 1996, elle témoigne du savoir-faire artisanal traditionnel. Deux autres églises portant le même nom furent construites au début du XXᵉ siècle : l’une rue Veresneva, l’autre rue Petra Tkachuka. Elles présentent une architecture plus massive, caractéristique de la période moderne. Enfin, une église Saint-Nicolas située rue Oresta Masikevycha, bâtie en 1884, complète cette série de sanctuaires dédiés au saint protecteur des voyageurs.

L’ancienne église du séminaire, devenue aujourd’hui partie intégrante de l’université Yuriy Fedkovych, rappelle la vocation éducative de Chernivtsi. Datant de 1878, elle conserve une façade néo-classique simple et des vitraux évoquant la formation religieuse d’autrefois. À l’est de la ville, l’église de l’Assomption (Успенська церква), construite en 1783, séduit par sa coupole élégante et ses fresques d’époque. Elle est l’une des plus anciennes églises encore en activité, symbole d’une foi transmise à travers les générations.

Aux abords de la cité, plusieurs monastères se distinguent par leur beauté et leur sérénité. Le monastère masculin de la Nativité de la Bienheureuse Vierge, à Gorecha, fondé sur la rue Troianivska, offre une vue remarquable sur la vallée. Ce complexe, entouré de forêts, abrite une église principale à coupole argentée et un petit cloître où les moines perpétuent la tradition orthodoxe. Au sud, l’ancien monastère féminin de la Sainte Présentation de Marie, situé rue Bukovinska, fut longtemps un centre d’éducation et d’aide sociale. Sa structure harmonieuse et son jardin en font un lieu de paix. Un autre ancien monastère de la rue Ruska, construit dans les années 1890, témoigne de l’expansion religieuse de la fin du XIXᵉ siècle.

Chernivtsi ne se limite pas à son patrimoine spirituel : elle se distingue également par ses nombreux musées, véritables gardiens de la mémoire locale. Le musée municipal de Chernivtsi retrace l’histoire naturelle et sociale de la ville, tandis que le musée des arts de Chernivtsi, situé place Tsentralna, présente des œuvres du XIXᵉ et du XXᵉ siècle, mettant en valeur les artistes bucoviniens et les arts appliqués régionaux. À proximité, le musée d’art régional, édifié en 1901 par l’architecte Aizenberg dans un style Art nouveau viennois, illustre l’élégance architecturale de la ville.

Le musée de l’histoire et de la culture juives de Bucovine, installé place Teatralna, constitue un lieu d’émotion et de mémoire. Son exposition fait revivre la vie quotidienne, la foi et la culture des Juifs de Bucovine entre 1774 et 1941, à travers des documents et objets uniques. Le musée de la diaspora ukrainienne, rue Hlavky Yosypa, explore l’histoire des émigrés bucoviniens et évoque aussi la diaspora allemande, rappelant la diversité des peuples qui ont façonné la région.

À l’est de la ville, le musée régional d’architecture et de vie folkloriques présente un ensemble de maisons en bois, de granges et d’églises rurales authentiques, datant du XVIIᵉ au XXᵉ siècle. Ce musée à ciel ouvert, l’un des plus remarquables d’Ukraine, offre une immersion dans les traditions paysannes de la Bucovine, reconstituant les modes de vie anciens avec fidélité. Les visiteurs peuvent y admirer les charpentes sculptées et les toits en bardeaux caractéristiques de la région.

Le patrimoine scientifique et littéraire est lui aussi représenté. Le musée zoologique, rue Shillera, rassemble une impressionnante collection d’espèces locales et exotiques. Le musée littéraire Fedkovicha, situé place Soborna, rend hommage au grand écrivain Yuriy Fedkovych, figure culturelle majeure de la Bucovine. Non loin, le musée régional de Chernivtsi, rue Kobylianskoi, et son annexe, l’étude régionale du musée des traditions locales, complètent la découverte du passé ethnographique et naturel du territoire.

Enfin, le musée-mémorial de la littérature de Mikhai Eminesku, rue Hakmana Mytropolyta, célèbre le poète roumain dont l’œuvre marqua durablement la culture bucovinienne. Ses manuscrits et objets personnels y sont précieusement conservés.

Le musée de la pharmacie Shymonovych (Аптека-музей), installé dans une élégante bâtisse de la vulitsa Kobylianskoi, témoigne du développement des sciences médicales à Tchernivtsi au début du XXe siècle. Sa façade néoclassique et son intérieur reconstitué plongent le visiteur dans l’atmosphère d’une officine d’autrefois, avec ses flacons, balances et instruments de mesure d’époque. À proximité, le musée d’histoire militaire (Музей військової історії) évoque la mémoire des conflits ayant marqué la Bucovine, à travers des uniformes, des armes et des documents retraçant la participation de la région aux grandes guerres du XXe siècle.

Le musée commémoratif de Vladimir Ivasyuka (Чернівецький обласний меморіальний музей Володимира Івасюка), dédié à l’un des compositeurs les plus aimés d’Ukraine, présente la vie et l’œuvre de l’auteur de la chanson « Chervona Ruta ». Installé dans sa maison natale de la vulitsa Maiakovskoho, il conserve des manuscrits, instruments et souvenirs personnels. Tout près, le musée littéraire et commémoratif de l’écrivaine Olha Kobylianska (Літературно-меморіальний музей О.Ю.Кобилянської) permet de découvrir la vie de cette figure majeure de la littérature féminine ukrainienne. Ses lettres, portraits et éditions originales rappellent son engagement social et son influence sur la culture de Bucovine. Enfin, le musée de l’aviation et des cosmonautes, sur la vulitsa Holovna, retrace les grandes étapes de la conquête du ciel, de l’aviation locale aux premiers vols spatiaux.

L’université nationale de Tchernivtsi demeure le joyau architectural de la ville, mais d’autres édifices illustrent l’histoire politique et administrative de la région. L’ancien Seym régional de Bucovine (Буковинський крайовий сейм), construit entre 1871 et 1875 par l’architecte tchèque Josef Hlavka, évoque l’époque austro-hongroise. Non loin de là, l’ancien tribunal de justice (палац юстиції), aujourd’hui siège de l’administration régionale, impressionne par son style monumental du début du XXe siècle.

Ces bâtiments rappellent la prospérité de la ville au tournant du siècle. Le théâtre juif, érigé dans les années 1890 sur la vulitsa Friedrich Shillera, conserve la mémoire d’une communauté autrefois florissante, tandis que le monument de l’Armée rouge rappelle les heures sombres de la Seconde Guerre mondiale. D’autres édifices civils complètent cet ensemble, tels que la gare ferroviaire de 1907, la bibliothèque universitaire de la vulitsa Lesy Ukrainki, et l’élégante maison navire (Шифа), dont la façade en proue lui valut son surnom populaire. La maison du gouverneur général, première bâtisse en pierre de Tchernivtsi, et l’ancienne maison juive, aujourd’hui palais de la culture, figurent aussi parmi les repères incontournables de la ville.

L’hôtel de ville et sa tour de l’horloge (Ратуша), dominant la place Tsentralna, symbolisent le cœur vivant de Tchernivtsi. Chaque midi, un trompettiste vêtu d’un costume folklorique bucovinien y interprète la célèbre mélodie « Marichka », marquant une tradition unique. L’édifice, orné d’armoiries et de détails décoratifs, incarne l’esprit indépendant et artistique de la cité. Non loin, l’ancien immeuble du bureau provincial et le palais du gouvernement régional rappellent la place de Tchernivtsi dans l’administration de l’Empire austro-hongrois.

Le domaine viticole fondé en 1905, toujours en activité, témoigne de la culture viticole en Bucovine. Plusieurs anciens lycées et bâtiments administratifs, comme le bâtiment de la place Tsentralna, conservent l’héritage des écoles et institutions de la fin du XIXe siècle.

L’église Saint-Élie de Toporivtsi, construite en 1560, complète ces itinéraires d’histoire et de foi. Le parc national de Vyzhnytskyi (Вижницький) permet enfin de découvrir une nature préservée, entre forêts profondes et paysages de montagne.

Les parcs de Tchernivtsi invitent à la détente et aux promenades. Le parc forestier Hariachyi Urban (Лісопарк Гарячий Урбан), situé à l’est, offre un cadre verdoyant propice à la marche. Le parc central Taras Shevchenko, cœur vert de la ville, abrite de nombreux monuments et sentiers bordés d’arbres. Le jardin botanique de l’université est réputé pour sa collection d’espèces rares et ses serres tropicales. Enfin, le parc Zhovtnevyi, au sud, demeure un lieu de rencontre populaire, animé en été par des concerts et des fêtes locales.

Le cimetière chrétien de la vulitsa Zelena, ouvert en 1866, est un lieu de recueillement où se mêlent chapelles polonaises, stèles roumaines et caveaux familiaux fin XIXe siècle. Les amateurs d’art peuvent assister à des représentations à la salle philharmonique, au théâtre musical et dramatique O. Kobylianska, ou au théâtre de marionnettes, installé dans l’ancienne maison du Colonel, datant de 1782. Ces institutions perpétuent la riche tradition artistique de la ville, autrefois surnommée la « Petite Vienne » pour son foisonnement culturel.

Tchernivtsi séduit aussi par ses marchés animés, où se mêlent senteurs, couleurs et accents. Le marché central (Ринок Центральний) et le marché Bukovynskyi sont les plus fréquentés, offrant fruits, fromages, textiles et artisanat local. Le marché Golovnyi, le marché Prut ou encore le marché Lileya, sur l’avenue Nezalezhnosti, proposent une expérience plus populaire, rythmée par la convivialité des habitants.

Les environs de Tchernivtsi offrent de remarquables destinations d’excursion. La grotte de Balamutivska (Баламутівська), aux concrétions spectaculaires, et la forteresse de Khotyn (фортеця Хотин), classée réserve historique d’État, illustrent la richesse naturelle et historique de la Bucovine. Plus au sud, la grotte à trois niveaux de Pohorylivka (Триярусна печера) attire les amateurs de spéléologie, tandis que la cascade de Shepit Guk (Сучавський гук) enchante les visiteurs par la puissance de ses chutes.

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41. Grotte de Balamutivska (Ouest de l’Ukraine)

La grotte de Balamutivska ou Balamutivsʹka Pechera est située à la périphérie nord-est du village de Balamutivka, dans le district de Zastavna, au nord de l’oblast de Tchernivtsi. Classée monument naturel d’importance nationale, elle constitue l’un des sites spéléologiques les plus fascinants de la région. Enchâssée dans le versant droit supérieur de la vallée du Dniestr, elle s’ouvre discrètement sur un paysage de collines calcaires et de prairies bucoviniennes, où le relief se mêle à la mémoire géologique millénaire du bassin du fleuve. Son accès, encore sauvage, se fait par un sentier escarpé, entouré de végétation dense et d’arbustes aux racines ancrées dans les sols gypseux.

La grotte impressionne par ses dimensions : une entrée de près de 20 mètres de large, 15 mètres de long et 10 mètres de haut. Dès que le visiteur pénètre dans l’obscurité, il découvre un monde de silence et d’échos, où les galeries s’étirent sur plus de 200 mètres. La hauteur moyenne des couloirs, comprise entre 1 et 1,5 mètre, et leur étroitesse, rarement plus de deux mètres de large, confèrent au lieu une atmosphère d’intimité mystérieuse. Le sol est jonché de blocs de plâtre détachés des voûtes au fil des siècles, et la roche, souvent humide, brille sous la lueur des lampes, révélant un jeu de reflets argentés.

Lors de fouilles archéologiques, les chercheurs ont découvert dans la grotte de Balamutivska des pétroglyphes remontant au Mésolithique, soit environ 10 000 à 12 000 ans avant Jésus-Christ. Ces gravures, malheureusement altérées par le temps et l’érosion, témoignent d’une présence humaine très ancienne dans la région. Les archéologues estiment que la grotte a pu servir d’abri aux premiers chasseurs de la vallée du Dniestr, attirés par la protection naturelle offerte par ses parois et sa position dominante. Des fragments d’outils en pierre et de restes d’ossements d’animaux ont également été mis au jour, confirmant son rôle d’habitat temporaire préhistorique.

À seulement 150 mètres à l’est, se trouve la grotte de Ducha, un autre monument naturel, classé d’importance locale. Moins vaste que sa voisine, elle s’étend sur environ 144 mètres et atteint une hauteur moyenne de 1 à 2 mètres. Son entrée, dissimulée derrière une excroissance de plâtre, mène à un réseau de galeries où la lumière se diffuse doucement sur les parois aux teintes blanches et bleutées. Ces formations gypseuses, parfois modelées en fines volutes, donnent à la grotte un aspect presque sculptural. Les spéléologues continuent aujourd’hui d’explorer ce site encore partiellement cartographié, fascinant par sa pureté géologique et la richesse de ses dépôts naturels.

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42. Cascade de Suchavsky Huk (Ouest de l’Ukraine)

La cascade de Suchavsky Huk ou Vodospad Suchavsʹkyy Huk, située sur la rivière Suchava, près du centre du village de Shepit, est un monument naturel unique de la région de Tchernivtsi. Nichée au cœur des Carpates bucoviniennes, cette chute d’eau à trois paliers, d’une hauteur totale d’environ cinq mètres, offre un spectacle d’une rare harmonie. L’eau s’y écoule avec puissance sur les roches polies, formant une succession de vasques translucides entourées de forêts denses. Son nom, « Huk », qui signifie littéralement « rugissement » ou « cri » en ukrainien, évoque le grondement continu que produit le torrent en s’écrasant sur la pierre.

Accessible depuis la route principale menant au village, la cascade se trouve à quelques minutes de marche du centre de Shepit. Ce village, l’un des plus anciens de la région, fut fondé en 1490 et conserve un patrimoine rural typique de la Bucovine, avec ses maisons en bois sculpté et ses toits de bardeaux. À 120 kilomètres de Tchernivtsi, le site est desservi par des navettes régulières ainsi que par des routes de montagne, serpentant entre vallées et forêts. L’arrivée au site, souvent marquée par le fracas de l’eau avant même qu’elle ne soit visible, constitue un moment fort pour les visiteurs.

La cascade de Suchavsky Huk fascine par la pureté de son eau et l’aspect changeant de ses reflets selon la lumière du jour. À l’aube, les gouttelettes suspendues forment un voile argenté, tandis qu’au crépuscule, le site se pare d’une lueur dorée. Autour de la cascade, des sentiers aménagés permettent d’observer la flore locale : mousses, fougères, myrtilles et épicéas y composent un écosystème montagnard fragile.

Les environs de Shepit regorgent d’autres trésors naturels. À proximité du village de Pidzakharychi, la grotte de Dovbush rappelle la légende du héros rebelle des Carpates, Oleksa Dovbush, figure emblématique de la résistance montagnarde. Cette grotte, facilement accessible, offre une vue spectaculaire sur les vallées alentour.

43. Parc national de Podilski Tovtry (Ouest de l’Ukraine)

Le parc national de Podilski Tovtry, situé dans les raïons de Khmelnytskyi et Kamianets-Podilskyi, au sud-ouest de l’Ukraine, est la plus vaste aire naturelle protégée du pays. Créé le 27 juillet 1996 par décret présidentiel, il couvre plus de 2 600 km² et englobe une extraordinaire variété de paysages : forêts, steppes, falaises, rivières et zones humides. Ce parc, d’importance nationale, vise à préserver le patrimoine naturel du Podolie, tout en favorisant la recherche scientifique, la culture et le tourisme durable.

La richesse biologique du parc de Podilski Tovtry est remarquable : près de 3 000 espèces végétales y sont recensées, dont 60 figurent sur la Liste rouge d’Ukraine. S’y trouvent 521 espèces d’arbres et d’arbustes, 620 variétés de plantes tropicales acclimatées, ainsi que plus de 100 espèces médicinales de la flore locale. La faune, tout aussi variée, comprend 217 espèces d’animaux, dont 29 également protégées. L’écosystème du parc s’étend le long de la vallée du Dniestr, offrant une mosaïque d’habitats où cohabitent cerfs, renards, rapaces et loutres.

Outre sa biodiversité, le parc abrite un riche patrimoine archéologique et historique. S’y dénombrent 19 sites préhistoriques et plus de 300 monuments culturels, dont le célèbre château de Kamianets-Podilskyi. Les frontières naturelles du parc suivent la rivière Zbruch à l’ouest et le Dniestr au sud, formant une zone de transition entre les hautes terres du Podolie et les plaines du sud ukrainien. Plusieurs réserves, jardins botaniques et zones de loisirs y sont intégrés, contribuant à la préservation du territoire.

Le canyon de Smotrych est considéré par les scientifiques comme un véritable laboratoire naturel. Ses pentes abruptes et ses formations rocheuses spectaculaires abritent une flore unique : fleurs rares, herbes médicinales et espèces endémiques qui ne poussent nulle part ailleurs dans la région. Le paysage, creusé par les eaux de la rivière Smotrych, forme un décor saisissant de gorges et de falaises où se mêlent la pierre, la verdure et la lumière. Plus bas, le monastère rupestre, dissimulé dans la falaise, conserve des grottes et des niches funéraires de moines, ainsi que trois sources aux vertus curatives qui attirent encore pèlerins et visiteurs.

À proximité, la célèbre grotte d’Atlantyda se distingue comme l’un des plus beaux trésors souterrains d’Ukraine. Unique par sa structure, elle est la seule grotte karstique horizontale à trois niveaux du pays. Ses galeries sinueuses, longues de plusieurs kilomètres, révèlent une profusion de cristaux de calcite et de formations minérales étincelantes, aux teintes variant du blanc pur à l’ambre profond.

Plus au sud, la baie de Bakota s’étend dans un cadre paisible au bord du réservoir du Dniestr, à l’emplacement de l’ancienne ville de Bakota engloutie par les eaux. Non loin, le jardin botanique de Kamianets-Podilskyi conserve des collections d’espèces végétales rares, originaires de la région de Podillia mais aussi de zones tropicales et subtropicales. Enfin, la forêt de Satanivska Dacha, inscrite sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO, protège un massif de hêtres primaires parmi les mieux préservés d’Europe.

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44. Baie de Bakota (Ouest de l’Ukraine)

La baie de Bakota, située sur le fleuve Dniestr, fait partie intégrante du parc national de Podilski Tovtry. Elle s’étend sur environ 1 590 hectares, dans une zone formée à la suite de la construction du réservoir du Dniestr en 1976. À cinquante kilomètres au sud-est de Kamianets-Podilskyi, cette baie se niche entre les villages de Horayivka et Kolodiyivka, dans un paysage de canyons fluviaux spectaculaires. Les falaises calcaires qui l’entourent se reflètent dans les eaux calmes du réservoir, créant un panorama d’une beauté saisissante.

La baie de Bakota joue un rôle essentiel dans la conservation des espèces rares d’oiseaux et de poissons. S’y observent des rapaces tels que l’autour des palombes, la buse variable, ou le circaète Jean-le-Blanc, ainsi que des oiseaux migrateurs comme la grande aigrette, le vanneau huppé et le cygne muet. Ses eaux poissonneuses servent également de zone de reproduction à plusieurs espèces endémiques du Dniestr. L’écosystème aquatique de la baie, d’une pureté remarquable, illustre l’équilibre entre nature et aménagement humain.

Géologiquement, la baie appartient au bloc tectonique volhynien-podolien, dont les couches alternent calcaire, marne, grès et schiste. Le sol, riche en loess, est typique de la forêt-steppe podolienne. Le Dniestr, long de 194 kilomètres à cet endroit, forme ici un vaste réservoir contenant trois kilomètres cubes d’eau.

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45. Loutsk (Ouest de l’Ukraine)

Située sur les rives de la rivière Styr, Loutsk (Луцьк) est une cité ancienne et fière de l’ouest de l’Ukraine, capitale de la Volhynie, où se mêlent harmonieusement histoire médiévale, art sacré et vie urbaine contemporaine. Cette ville, dont les origines remontent au XIᵉ siècle, conserve encore aujourd’hui un patrimoine architectural exceptionnel qui illustre les différentes époques de son développement. Les ruelles pavées du centre historique, les façades baroques et les tours de briques rouges témoignent de la richesse de ce passé. Loutsk est avant tout une ville à taille humaine, où le promeneur découvre, à chaque pas, une part vivante de l’histoire ukrainienne.

Le symbole le plus marquant de la ville reste le château de Lubart (Замок Любарта), édifié au XIVᵉ siècle par le prince lituanien Liubartas. Forteresse imposante, il domine la ville de ses hautes tours et de ses murailles de brique. Ce château, l’un des mieux conservés d’Ukraine, abrite plusieurs expositions retraçant la vie médiévale locale : une armurerie, des salles de torture, des manuscrits anciens et une collection d’objets d’art. Dans sa cour, se déroulent régulièrement des festivals, dont « Pâques dans la vieille ville », où les traditions de Volhynie sont mises à l’honneur. Autour du rond-point du château, les vestiges des anciennes fortifications rappellent que Loutsk fut jadis une place forte stratégique. De la tour Czartoryiski aux galeries restaurées, le site offre une plongée saisissante dans le monde des princes lituaniens et ruthènes.

Non loin du château s’étend la place du Marché (Майдан Ринок), cœur historique de la cité depuis le XIVᵉ siècle. Bordée de maisons de marchands et d’églises anciennes, cette place témoigne du dynamisme commercial de Loutsk à l’époque où la ville appartenait à la Ligue hanséatique. Les caves profondes, les façades colorées et les anciens entrepôts en briques rappellent ce passé florissant. S’y trouvent la cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul, joyau du style baroque, ainsi qu’une église arménienne dont les fresques discrètes illustrent l’importance de la communauté arménienne dans la vie économique de la région. Non loin, la rue Lesya Ukrainka (Вулиця Лесі Українки), artère principale et piétonne, relie la place du Marché à la place du Théâtre. Animée, ponctuée de cafés, de galeries d’art et de bâtiments du XIXᵉ siècle, elle constitue aujourd’hui le cœur battant de la ville moderne.

Le patrimoine religieux de Loutsk est particulièrement remarquable. La cathédrale orthodoxe de la Sainte-Trinité, d’un élégant baroque tardif, domine le panorama de la vieille ville depuis sa reconstruction au XIXᵉ siècle. À proximité, la cathédrale Saints-Pierre-et-Paul se distingue par son plan monumental et ses cryptes profondes, abritant des galeries souterraines accessibles aux visiteurs. La grande synagogue, construite au XVIᵉ siècle, illustre la présence historique des communautés juives en Volhynie ; bien qu’en partie détruite durant la Seconde Guerre mondiale, elle a retrouvé une seconde vie en accueillant aujourd’hui un club sportif. Loutsk abrite aussi plusieurs monastères : le monastère Sainte-Brigitte, fondé en 1624, le monastère des Vassiliens, ou encore l’ancien monastère trynitaire, dont les bâtiments restaurés accueillent aujourd’hui un tribunal. Chacun de ces ensembles religieux retrace un pan de la vie spirituelle de la région.

Les amateurs d’architecture seront séduits par la maison de Pierre Ier, rare demeure en pierre datant du début du XVIIIᵉ siècle, où le tsar russe séjourna brièvement en 1709. Non loin, la maison des sculpteurs (Дім скульптора), conçue par Nikolaï Golovanov, étonne par sa façade extravagante peuplée de chimères et de figures mythologiques. Véritable œuvre d’art habitée, elle incarne la créativité moderne de Loutsk et attire les curieux du monde entier. D’autres bâtiments, comme la maison Falchevskoho ou la porte de 1876, rappellent la diversité architecturale d’une ville où les influences polonaises, lituaniennes et russes se rencontrent avec harmonie.

Loutsk se distingue aussi par la richesse de ses musées. Le musée d’art, installé près de la cathédrale, présente des œuvres européennes du XVIIᵉ au XXᵉ siècle. Le musée du livre, situé dans l’enceinte du château, expose le plus ancien livre imprimé conservé dans la région, tandis que le musée des cloches fait résonner l’histoire sonore de la Volhynie à travers des pièces remontant au XVIIᵉ siècle. Le musée commémoratif Lesya Vivante, consacré à la poétesse Lesya Ukrainka, retrace la vie de cette figure emblématique de la littérature ukrainienne. Se trouvent encore le musée militaire, le musée de la pharmacie, le musée de l’icône de Volyn et le musée régional de Volyn, dont les vastes collections couvrent archéologie, ethnographie et histoire locale. Ces institutions constituent un véritable parcours culturel à travers les siècles.

Loutsk offre de vastes espaces verts où la nature se déploie au cœur de la ville et dans ses environs. Le plus important reste la réserve botanique de Vorotnev, située à une vingtaine de kilomètres à l’est, dans le village du même nom. Créée en 1978, cette réserve de 600 hectares constitue l’une des plus anciennes zones protégées de Volhynie. Son paysage est formé de forêts mixtes mêlant chênes, charmes, pins, bouleaux, épicéas, trembles et aulnes. Ce milieu abrite une flore d’une richesse exceptionnelle, avec plus de 900 espèces végétales, dont plusieurs sont inscrites sur la liste des espèces rares ou menacées.

Au cœur de la ville, le parc Lesya Ukrainka est à la fois un jardin botanique et un grand espace public apprécié des habitants. Traversé d’allées ombragées et de petits lacs, il abrite une grande variété d’arbres, de massifs fleuris et de sculptures dédiées à la poétesse Lesya Ukrainka. Ce parc, lieu de promenade et de détente, accueille aussi des festivals et concerts en plein air durant la belle saison. À proximité, le zoo de Loutsk, l’un des plus anciens d’Ukraine, complète cette ambiance verte. Il présente près de deux cents espèces animales, locales et exotiques, dans un cadre familial et verdoyant.

La vie sportive à Loutsk s’articule autour du stade Avangard, vaste complexe inauguré dans les années 1960 et rénové depuis. Ce stade accueille les compétitions locales, notamment celles du club de football FC Volyn Loutsk, ainsi que des rencontres d’athlétisme et des manifestations culturelles. Sa tribune principale, pouvant recevoir plusieurs milliers de spectateurs, domine un quartier animé de la ville. L’endroit est également utilisé pour des événements communautaires et des concerts de plein air, contribuant à faire du sport un élément central de la vie urbaine.

Les amateurs de sport et de bien-être trouveront aussi leur bonheur dans les infrastructures modernes de la ville. Le centre de remise en forme et piscine Vipuri-ket, situé rue Lesya Ukrainka, propose une large gamme d’activités : natation, fitness, spa et cours collectifs. Il s’agit d’un lieu prisé pour la détente et la remise en forme. À cela s’ajoute le complexe sportif universitaire, situé sur le boulevard Hrushevskoho, doté d’une piscine, de salles d’entraînement et d’un centre d’escalade.

Loutsk accorde une place importante à la culture vivante, notamment à travers ses théâtres et salles de concert. La salle de concert philharmonique de l’oblast de Volhynie, installée sur l’avenue Voli, constitue un haut lieu de la musique classique dans l’ouest de l’Ukraine. Elle accueille l’orchestre symphonique régional, ainsi que de nombreuses formations chorales et instrumentales.

À proximité, le théâtre dramatique T. G. Chevtchenko occupe une place centrale sur la place du Théâtre. Ce bâtiment, d’architecture monumentale, abrite une troupe réputée qui présente un répertoire varié, allant des classiques ukrainiens aux pièces contemporaines. La qualité de ses productions en fait une institution incontournable de la scène culturelle régionale. Pour un public plus jeune, le théâtre de marionnettes de Loutsk, situé rue Kryvyi Val, propose des spectacles poétiques et pédagogiques, perpétuant une tradition ancienne du théâtre populaire ukrainien.

La vie quotidienne de Loutsk s’exprime aussi à travers ses marchés, lieux de convivialité et d’échanges où se dévoile l’âme populaire de la ville. Le marché central, installé rue Hlushets, demeure le plus fréquenté. Il offre une large palette de produits : fruits, légumes, poissons, épices, fromages et artisanat local. Dans ses allées animées, les visiteurs peuvent goûter aux spécialités régionales et observer les traditions commerciales qui perdurent depuis des siècles. Le marché Varshavskyi, ou marché de la gare, situé rue Karpenka-Karoho, complète cette ambiance. Plus récent, il propose une offre variée de vêtements, d’équipements ménagers et de produits importés.

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46. La région de Loutsk (Ouest de l’Ukraine)

Située au cœur de la Volhynie, la région de Loutsk est l’une des plus anciennes zones historiques du nord-ouest de l’Ukraine. Son territoire se caractérise par la richesse de ses paysages boisés, de ses vallées fluviales et de ses villages où l’histoire religieuse et l’architecture rurale s’entremêlent. Chaque localité conserve des témoignages précieux du passé : églises en bois, monastères fortifiés, châteaux nobles et sites archéologiques rappellent la vitalité culturelle d’une région longtemps au carrefour des civilisations ruthènes, polonaises et lituaniennes. Loutsk en est le centre urbain majeur, mais de nombreux bourgs alentours, accessibles en excursion d’une journée, permettent de découvrir la profondeur historique et spirituelle de cette province.

Le village de Berestechko, situé à 60 kilomètres au sud de Loutsk, conserve un charme rural où se dresse l’une des plus anciennes églises de Volhynie, l’église de la Trinité, construite en 1711 avec son clocher. Cet édifice, témoin de la résistance religieuse locale, associe sobriété et monumentalité dans un style baroque tardif. Le clocher, massif et simple, domine la place centrale du village, entourée de maisons traditionnelles en bois. Berestechko séduit aussi par son atmosphère paisible et la présence de petites chapelles rurales, vestiges de la piété populaire d’autrefois.

À l’ouest, Goloby, situé à 46 kilomètres de Loutsk, offre un bel aperçu du patrimoine religieux de la Volhynie. L’église Saint-Georges, érigée en 1783, témoigne de la transition entre le baroque et le classicisme, et son clocher en bois est un modèle d’architecture traditionnelle. Le village abrite également l’église Saint-Michel des années 1720, un petit domaine du début du XIXe siècle et un manoir construit au début du XXe siècle. Ensemble, ces bâtiments illustrent la continuité de la vie rurale et la diversité des influences architecturales.

Plus au nord-ouest, Kovel se distingue comme une importante ville commerçante et religieuse. Parmi ses monuments les plus remarquables figurent le monastère Saint-Jean-Baptiste, la cathédrale de la Sainte-Résurrection, à cinq dômes, et la cathédrale de l’Annonciation, fondée en 1505. Ces édifices, chacun d’un style distinct, forment un ensemble spirituel impressionnant. Le musée historique de Kovel et l’église en bois Sainte-Anne, vieille de plus de trois siècles, complètent le panorama. Cette dernière, admirablement conservée, est un chef-d’œuvre de l’architecture religieuse en bois de Volhynie.

À l’ouest, le village de Kysylyn offre une image fidèle des anciens bourgs monastiques de la région. L’église Saint-Michel, construite en 1777, présente une structure en bois élégante et équilibrée, typique du XVIIIe siècle. À proximité, le monastère des Carmes, fondé en 1720, témoigne de l’influence catholique dans la Volhynie historique. Ses bâtiments en pierre, aujourd’hui partiellement restaurés, révèlent la grandeur passée des ordres religieux implantés dans la région.

Le bourg de Lyuboml, à 120 kilomètres au nord-ouest de Loutsk, séduit par la richesse de son patrimoine ancien. L’église de la Trinité, construite en 1412 puis remaniée au XVIIe siècle, constitue son monument le plus célèbre. À ses côtés se trouvent l’église Saint-Georges, les vestiges du palais Branickis, ainsi que l’église en bois de la Nativité de la Vierge Marie, datée de 1884. Le centre du village, formé autour de l’ancienne place du marché, conserve plusieurs bâtiments historiques datant des XVIIIe et XIXe siècles. Enfin, le site archéologique de l’habitat Zamchischa rappelle que Lyuboml fut jadis un important foyer princier.

Non loin, Myltsy abrite un remarquable monastère Saint-Nicolas, fondé au XVIe siècle. Ce hameau isolé, niché au cœur d’une nature verdoyante, témoigne du profond enracinement de la foi dans les communautés rurales de Volhynie. Le monastère, entouré de champs et de bois, conserve une atmosphère de recueillement. Ses murs, patinés par le temps, évoquent la simplicité monastique et la force spirituelle qui a marqué cette région frontalière.

Plus proche de Loutsk, le village de Piddubtsi, situé à seulement quinze kilomètres à l’est, est connu pour la protection de l’église de la Vierge et son portail monumental, construits entre 1745 et 1762. Cet ensemble religieux d’une grande élégance se distingue par son architecture harmonieuse et sa façade peinte dans des tons pastel. Piddubtsi, facilement accessible en trolleybus depuis le centre de Loutsk, constitue une escapade culturelle agréable dans un cadre champêtre. Ses traditions religieuses vivantes et ses paysages vallonnés en font une destination prisée pour les excursions locales.

Aux environs de Kivertsi, Olyka se distingue par la majesté de son château Radziwill, édifié en 1564. Ce monument emblématique, résidence des puissants princes Radziwill, s’impose comme l’un des plus beaux châteaux de Volhynie. À proximité, le complexe du collège du XVIIe siècle et l’église Pierre et Paul, construite entre 1450 et 1612, complètent ce patrimoine d’exception. Olyka incarne la grandeur de l’aristocratie polono-lituanienne et demeure un site incontournable pour les amateurs d’histoire et d’architecture.

Enfin, la ville de Volodymyr-Volynskyi concentre certains des plus anciens monuments de la région. La cathédrale de l’Assomption, datée de 1160, en est le joyau. À ses côtés se dressent l’église Vasylivska, des XIIIe-XIVe siècles, l’église Saint-Joachim et Anne, construite en 1752, et la cathédrale de la Nativité, bâtie entre 1718 et 1755. Les murs du monastère des Capucins, les terrassements du château et les églises Saint-Nicolas et Vasylivska complètent un ensemble d’une rare densité historique. Dans les environs, Zhydychyn et son monastère de la Vierge Marie, aujourd’hui monastère Saint-Nicolas du Patriarcat de Kiev, perpétuent la tradition religieuse vivante de la Volhynie.

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47. Ivano-Frankivsk (Ouest de l’Ukraine)

Ivano-Frankivsk, ville de 237 855 habitants (en ukrainien : Івано-Франківськ), se situe au cœur de la Galice orientale. Fondée au XVIIᵉ siècle, elle conserve un patrimoine historique exceptionnel marqué par l’influence polonaise et autrichienne. Le centre de la ville s’articule autour de la place du marché, dominée par la mairie (Ratusa), construite dans un style art déco remarquable, et du bâtiment blanc (Bily Budynok), siège administratif de la région. À proximité, le bâtiment du collège jésuite rappelle la période baroque, tandis que les vestiges du complexe de la forteresse de Stanislav évoquent la structure défensive hexagonale du plan urbain d’origine. Ces lieux emblématiques constituent le cœur historique où se mêlent la mémoire architecturale et la vitalité contemporaine de la cité.

Les monuments d’Ivano-Frankivsk illustrent sa diversité culturelle. Le monument de la bataille de Grunwald rappelle l’épopée polono-lituanienne, tandis que le monument à Adam Mickiewicz, érigé en 1898 sur le carré du même nom, demeure le plus ancien de la ville. À quelques pas, le monument à Stepan Bandera, inauguré en 2009 sur la place européenne, célèbre une figure emblématique du nationalisme ukrainien. Ces sculptures, disséminées dans le tissu urbain, expriment la mémoire historique d’une région longtemps disputée et la fierté identitaire de ses habitants.

Parmi les édifices religieux, la cathédrale de la Sainte Résurrection (ancienne église jésuite) domine le maidan Sheptytskyi. Édifiée entre 1720 et 1729, elle allie baroque et symbolisme spirituel. L’église arménienne, datée de 1743-1763, enrichit le panorama architectural par son élégance baroque, tandis que l’église Saint-Démétrius, en bois, rappelle la tradition carpathienne. Non loin de la gare, l’église polonaise du Christ-Seigneur, bâtie entre 1927 et 1938, évoque la présence catholique romaine. Chacune de ces églises révèle une facette du cosmopolitisme religieux d’Ivano-Frankivsk.

Les lieux de culte s’étendent encore à la protection de l’église vierge, célèbre pour sa somptueuse iconostase, et à l’église Saint-Joseph-des-Fiancés, datant de 1912. L’église du Christ-Roi, l’église des jésuites et l’église Saint-Joseph offrent un bel aperçu des styles baroque et néo-gothique. Enfin, la synagogue de la rue Strachenykh, ouverte en 1899, témoigne de la vitalité passée de la communauté juive locale.

La ville conserve également un riche patrimoine muséal. Le musée d’art régional, installé dans l’ancienne église de la Bienheureuse Vierge, abrite une collection précieuse d’icônes et d’œuvres religieuses. Le musée de la vie et de l’ethnographie de la région occidentale présente des expositions sur la culture et les coutumes de la Galice, tandis que le musée du mouvement de libération de Prykarpattia retrace l’histoire des luttes nationales pour l’indépendance ukrainienne.

Au cœur du centre-ville, le musée régional d’Ivano-Frankivsk (Івано-Франківський краєзнавчий музей), installé dans l’ancien hôtel de ville de style art déco sur la place du marché, présente depuis 1940 des collections retraçant l’histoire naturelle et culturelle de la région. À proximité, le musée de l’armée insurgée, situé sur la place européenne, rend hommage aux combattants de l’Armée insurrectionnelle ukrainienne et à la résistance nationale du XXᵉ siècle.

Le musée historique et commémoratif Oleksy Dovbush, sur la rue Hetman Mazepa, évoque la légende de ce héros populaire, chef des rebelles houtsoules du XVIIIᵉ siècle, symbole de liberté et de justice. Le musée littéraire de Prykarpattia, ouvert en 1986 rue Lepkoho Bohdana, rassemble près de 40 000 pièces consacrées à la littérature régionale, de ses origines jusqu’à l’époque moderne. Le musée Prykarpattyaoblenergo, plus original, retrace l’histoire de l’électricité et des technologies énergétiques locales, tandis que le musée géologique de l’université technique nationale présente les richesses minérales et géologiques des Carpates.

À ces bâtiments s’ajoute le complexe palatial des Pototskyis, construit entre 1672 et 1682, qui demeure un symbole de la noblesse polonaise et du raffinement galicien. À proximité, le séminaire pour femmes des sœurs basiliennes, sur la rue Vasyliianok, rappelle le rôle éducatif des congrégations religieuses.

Le théâtre académique de musique et de drame d’Ivana Franka constitue l’un des plus anciens établissements culturels d’Ivano-Frankivsk. Situé sur la rue Nezalezhnosti, au cœur du centre-ville, il attire les amateurs d’art dramatique et musical venus de toute la région. L’édifice, à la façade néoclassique élégante, abrite une salle principale dont l’acoustique remarquable met en valeur les pièces du répertoire ukrainien et les grandes œuvres européennes.

L’orchestre philharmonique régional, installé rue Lesia Kurbasa, poursuit une longue tradition musicale à Ivano-Frankivsk. Son auditorium, réputé pour la pureté de son son, accueille des concerts de musique classique, des ensembles de chambre et des solistes de renom. La philharmonie organise également des soirées thématiques, mêlant musique symphonique, œuvres contemporaines et créations ukrainiennes.

Le théâtre de marionnettes régional académique de Pidhiryanka est un lieu attachant, consacré à l’imaginaire et à la poésie. Installé rue Nezalezhnosti, il propose des spectacles pour les enfants mais aussi pour les adultes, alliant tradition artisanale et innovations scéniques. Les marionnettes, finement sculptées et costumées, donnent vie à des contes populaires, des fables morales et des œuvres contemporaines.

La maison folklorique centrale, située rue Shevchenka, illustre la vitalité du folklore dans la vie quotidienne des habitants. Ce centre culturel accueille des concerts, des expositions et des représentations mettant à l’honneur la musique traditionnelle, les danses et les costumes de la région.

Le cinéma Lumière, ancien cinéma Franko, est aujourd’hui un centre moderne de projection et de culture visuelle. Installé rue Mikhaila Grushevskogo, il diffuse aussi bien des films internationaux que des productions ukrainiennes. Sa rénovation récente a conservé le charme d’origine tout en intégrant des technologies de projection de dernière génération.

Autour du centre, plusieurs parcs offrent d’agréables espaces de détente. Le lac de la ville, bordé d’allées paisibles et d’une romantique île de l’Amour, constitue un lieu privilégié de promenade. Le parc Chevtchenko, fondé en 1895, charme par ses cygnes, ses lacs et ses attractions familiales. Le parc Pioneer, le parc Pryvokzalny et le parc commémoratif complètent cet ensemble verdoyant, chacun portant la mémoire et la vie quotidienne d’Ivano-Frankivsk. Enfin, le marché central et le Bastion, nichés dans les anciens remparts, rappellent que la ville, au-delà de son patrimoine artistique, reste un lieu vibrant où se rencontrent commerce, art et convivialité.

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48. La région d’Ivano-Frankivsk (Ouest de l’Ukraine)

Plus loin dans la région, le visiteur peut découvrir des sites d’une grande valeur historique. La ville de Bogorodchany séduit par son monastère des Dominicains, fondé entre 1742 et 1762, idéal pour une excursion d’une journée. À Tchernelytsya, les ruines du château et de l’église des Dominicains rappellent la splendeur défensive et religieuse des années 1670. Le village de Chesnyky conserve l’église Saint-Michel (Ascension), un monument de plus de 600 ans, classé d’importance nationale.

À seulement 26 kilomètres d’Ivano-Frankivsk, Halych abrite les vestiges du château de Halych, datant des années 1590, dominant la vallée du Dniestr. L’église de la Nativité du Christ, construite au XVe siècle puis restaurée en 1906, complète cet ensemble historique majeur. Plus à l’est, la ville d’Horodenka offre deux joyaux architecturaux : l’église de l’Immaculée Conception de la Vierge Marie (1743-1760) et l’église arménienne (1706), symboles de la coexistence confessionnelle propre à la région.

La ville de Kalush, traversée par la rivière Sivka, révèle un riche patrimoine religieux et culturel : l’église de la Présentation du Christ (1899), l’église Saint-Nicolas (1888), l’église Saint-Apôtre-André (1792), l’église Saint-Valentin, l’église Saint-Michel-Archistratigus (1913) et un musée de la famille Ivan Franko. Son hôtel de ville et le musée du quartier de Kalush complètent cette mosaïque historique.

Les villages alentour, tels que Kosiv et Krylos, enrichissent encore la découverte. À Kosiv, village houtsoule, subsistent les ruines d’un petit château, témoignage d’un passé féodal en montagne. À Krylos, l’ancien vieux Halych, un parc ethnographique et une église en bois perpétuent la tradition architecturale carpatique. Le skete de Manyava, fondé en 1611 par Iov Knyagynytsky, représente l’un des plus anciens centres spirituels de Galicie : entouré de murailles et de tours défensives, il abritait jadis une bibliothèque renommée et une iconostase somptueuse. Sa pierre bénie, creusée dans une grotte, reste un lieu de pèlerinage et de prière.

Enfin, d’autres localités achèvent ce périple régional. À Pniv, les vestiges du château de Kuropatvys (1580) rappellent la puissance nobiliaire d’antan. À Rohatyn, les églises Saint-Nicolas et du Saint-Esprit, datant du XVIᵉ siècle, comptent parmi les plus beaux exemples d’architecture sacrée en bois d’Ukraine. Le village de Shevchenkove abrite l’église Saint-Pantaleon, édifiée en 1194, véritable joyau roman ukrainien. Enfin, Yaremche et sa célèbre cascade Probiy, entourée de forêts et de montagnes, offrent un décor naturel spectaculaire, point de départ privilégié vers le pic Hoverla et la station de ski de Vorokhta.

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49. Khmelnytskyi (Ouest de l’Ukraine)

Khmelnytskyi, au cœur de la Podillia, séduit par sa simplicité et son atmosphère authentique. Ville de taille moyenne, elle offre un visage paisible, à l’écart des grands circuits touristiques. Son centre compact se découvre aisément à pied, révélant une succession d’églises, de parcs et de bâtiments historiques. Parmi ses lieux de culte les plus remarquables, l’église du Christ Roi de l’Univers, bâtie sur l’avenue Myru, se distingue par son architecture sobre et lumineuse. Elle accueille la communauté catholique romaine locale dans un cadre empreint de sérénité, symbole de la coexistence harmonieuse des confessions dans la région.

Non loin de là, l’église de la Nativité de la Vierge raconte une histoire mouvementée : érigée en pierre au XIXe siècle, elle fut tour à tour sanctuaire, entrepôt et salle d’archives avant de retrouver sa vocation religieuse à la chute du régime soviétique.

Le patrimoine religieux de Khmelnytskyi reflète la diversité spirituelle et la résilience de la ville. Le temple de Michel, église orthodoxe située rue Kurchatova, attire par son dôme doré et ses fresques intérieures éclatantes, tandis que la cathédrale Sviato-Pokrovskyi se dresse majestueusement rue Volodymyrska, abritant de précieuses icônes et un impressionnant iconostase. L’église Saint-Georges, érigée à l’origine pour les soldats du régiment du Dniepr, conserve une atmosphère solennelle rappelant l’importance du culte dans la vie militaire de jadis.

Quant à l’église du Cœur Immaculé de Marie, rue Pilotska, elle représente la fidélité des catholiques à leurs traditions, avec une architecture élégante et un intérieur baigné de lumière. Enfin, la cathédrale Saint-André, construite au XIXe siècle pour le régiment de dragons de Belgorod, incarne un remarquable exemple de survie patrimoniale : transformée en gymnase pendant des décennies, elle rouvrit au culte après l’indépendance, retrouvant son éclat d’antan.

Les musées de Khmelnytskyi témoignent d’un profond attachement à la mémoire et à la culture régionale. Le musée régional, installé rue Podilska, expose des collections retraçant l’histoire naturelle, ethnographique et archéologique de la Podillia. Le musée d’histoire de la ville, rue Proskurivska, plonge quant à lui dans le passé de Khmelnytskyi, depuis ses origines modestes jusqu’à son essor industriel.

L’art occupe une place de choix dans la vie culturelle locale grâce au musée d’art, situé dans la même rue, qui présente des œuvres d’artistes ukrainiens contemporains ainsi que des expositions temporaires de peinture et de sculpture. Le musée souterrain de Proskurivs’koho, enfin, offre une expérience originale dans une ancienne galerie militaire transformée en espace muséal dédié à la résistance partizane, rappelant le courage des habitants pendant les guerres du XXe siècle.

Dans les rues de la ville, les promeneurs croisent aussi quelques curiosités inattendues. La fontaine du baron de Münchhausen, installée dans une cour de la rue Kamyanetska, amuse petits et grands par sa fantaisie et son clin d’œil à la littérature européenne. Plus sérieusement, la région abrite plusieurs points de l’arc géodésique de Struve, site classé au patrimoine mondial de l’Unesco. Les repères de Katerinowka, Felschtin et Baranowka symbolisent l’esprit scientifique du XIXe siècle, lorsque des savants de toute l’Europe unirent leurs efforts pour mesurer la forme de la Terre.

Khmelnytskyi séduit aussi par ses espaces verts, lieux de détente et de sociabilité. Le dendroparc Podillia, situé le long de l’autoroute Starokostiantynivske, abrite des essences rares et offre un cadre agréable aux amateurs de nature. Le parc Mykhailo Chekman, plus vaste espace vert de la ville, attire joggeurs, familles et amoureux des pique-niques dans ses allées ombragées. Son étendue verdoyante constitue un véritable poumon pour la cité. Le parc Taras Chevtchenko, situé au centre, est l’un des plus anciens et des plus emblématiques. Son histoire, étroitement liée à l’évolution urbaine de Proskurov, reflète le passage d’un lieu de commerce animé à un espace de mémoire culturelle et littéraire, marqué par la statue du grand poète ukrainien inaugurée en 1992.

Les jardins du centre complètent ce réseau de verdure. Le jardin Pioneerskiy, sur la rue Proskurivska, offre un cadre calme pour les promeneurs tandis que le parc Ivan Franko, proche, se distingue par ses parterres fleuris et ses sculptures en plein air. Plus au sud, le parc des équipages de chars évoque le passé militaire de la région et abrite plusieurs monuments commémoratifs.

La scène culturelle locale s’exprime également à travers plusieurs institutions artistiques. Le théâtre de marionnettes de Khmelnytskyi, rue Proskurivska, propose des spectacles empreints de tendresse et d’humour, adaptés à tous les âges. Ce lieu, apprécié des familles, perpétue un art ancestral en le reliant aux sensibilités contemporaines. À proximité, le cinéma Shevchenka et la maison de la culture de la ville offrent une programmation variée de films, concerts, expositions et festivals, contribuant à animer la vie urbaine.

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50. La région de Khmelnytskyi (Ouest de l’Ukraine)

À une centaine de kilomètres au nord de Khmelnytskyi, le village d’Izyaslav offre un aperçu fascinant de l’histoire religieuse et aristocratique de la région. Le monastère des Bernardines, fondé au XVIIe siècle, témoigne de l’influence des ordres monastiques catholiques en Podillia. Non loin, l’église des missionnaires Saint-Joseph, datant de 1750, et les anciennes cellules monastiques offrent un exemple remarquable de l’architecture religieuse baroque, complété par le domaine des Sanguszkos, édifié au milieu du XVIIe siècle, qui rappelle l’importance des grandes familles nobles locales.

À environ soixante kilomètres au sud, le domaine d’Orlovskis, situé dans le village de Maliivtsi, illustre la transition architecturale de la fin du XIXe siècle. Cette demeure de campagne, construite au début des années 1900, témoigne du style et du mode de vie des familles nobles de l’époque. Ses jardins et ses façades restaurées permettent de saisir le raffinement de la société locale de l’époque, et le lieu offre une promenade agréable entre histoire et nature, loin de l’agitation urbaine.

Plus proche de la ville, le château de Medzhybizh, à 39 kilomètres à l’est, est un véritable symbole de la défense militaire de la région. Érigé au milieu du XVIe siècle pour contrer l’expansion ottomane, il devint l’une des forteresses les plus puissantes de la Couronne du Royaume de Pologne en Podolie. Restauré au XIXe siècle, le château conserve ses bastions imposants, ses murs épais et ses tours de guet, offrant une immersion dans les stratégies militaires et la vie des garnisons de l’époque.

Le château de Letychiv et le monastère des Dominicains, à 52 kilomètres à l’est, sont des exemples remarquables de l’architecture militaire et religieuse du XVIIe siècle. Le château, avec ses murs solides et ses tours défensives, et le monastère adjacent, combinent utilité stratégique et spiritualité. Ils illustrent la capacité des communautés locales à intégrer protection et culte dans un même ensemble, répondant aux menaces extérieures tout en préservant la foi et la culture.

Plus au sud, le village de Sharivka et le village de Sutkivtsi révèlent l’originalité des églises-forteresses de la région. La protection de l’église-forteresse de la Vierge à Sharivka, datant des XIVe-XVIe siècles et restaurée en 1773, ainsi que la forteresse de Sutkivtsi de 1467, combinent défense militaire et lieux de culte, témoignant de la nécessité pour les communautés rurales de se protéger contre les invasions tout en maintenant leurs pratiques religieuses.

Enfin, à Starokostyantyniv, le château des ducs Ostrozkyi, construit entre 1561 et 1571, rappelle l’importance des familles princières dans le développement de la Podillia. Ce château, avec ses fortifications imposantes, complète le panorama des sites historiques autour de Khmelnytskyi, soulignant la richesse patrimoniale de la région.

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51. Tunnel de l’Amour (Ouest de l’Ukraine)

Le tunnel de l’Amour, situé à Klevan, est un lieu romantique devenu célèbre pour son corridor végétal naturel. Formé par les arbres et arbustes qui se rejoignent au-dessus d’une ancienne voie ferrée industrielle, il offre un cadre unique pour les promenades et les photographies. La végétation dense crée une atmosphère féerique et intime, idéale pour les couples et les visiteurs en quête de tranquillité.

Cette formation exceptionnelle n’est pas le fruit du hasard : elle résulte du passage régulier des trains de manœuvre qui desservaient les usines locales de transformation du bois. Les wagons et locomotives abattaient naturellement les branches, façonnant un tunnel aux contours réguliers. La longueur du tunnel permet de vivre une immersion complète dans ce passage verdoyant.

La section principale relie le village de Klevan au village d’Orzhiv sur environ 4 kilomètres. Cette voie ferrée désaffectée mais encore fonctionnelle témoigne de l’histoire industrielle de la région, tout en offrant un paysage enchanteur. Les visiteurs peuvent profiter d’une promenade romantique au cœur d’une végétation luxuriante, ponctuée par les bruits subtils du vent et des oiseaux.

Au fil des saisons, le tunnel se transforme : au printemps et en été, il se couvre d’un feuillage dense et vert, à l’automne, les couleurs dorées et rouges créent un décor féerique. L’endroit est devenu une attraction touristique majeure, attirant non seulement les couples mais aussi les photographes et les curieux souhaitant découvrir un lieu atypique.

52. Réserve naturelle de Gorgany (Ouest de l’Ukraine)

La réserve naturelle de Gorgany protège une partie du massif des Carpates orientales en Ukraine. Créée en 1996, elle vise à préserver les peuplements reliques de pins cembro, représentant l’une des plus vastes forêts primaires d’Europe. Les altitudes varient de 710 à 1 754 mètres, offrant une grande diversité de paysages, des vallées aux crêtes escarpées.

Le massif est constitué de roches sédimentaires et de flysch, formant des champs de débris connus sous le nom de « gorgan ». Cette topographie accidentée favorise la présence d’une flore variée et de torrents qui alimentent la rivière Bystrytsia. Les randonneurs et scientifiques peuvent observer une succession de paysages forestiers et subalpins tout en explorant les chemins escarpés du massif.

Le climat y est continental humide, avec des étés modérément chauds et des hivers rigoureux. Les précipitations annuelles oscillent entre 853 et 1 007 millimètres, et l’humidité moyenne est de 78 %. Ces conditions climatiques, combinées à la diversité altitudinale, expliquent la grande variété d’écosystèmes et la richesse de la faune et de la flore locales.

Les forêts anciennes couvrent 46 % du territoire, composées principalement d’épicéas et de pins. Les zones de plus basse altitude mélangent feuillus et conifères, tandis que les zones subalpines présentent des arbustes et lichens.

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53. Château de Pidhirtsi (Ouest de l’Ukraine)

Le château de Pidhirtsi, construit entre 1635 et 1640 par Stanisław Koniecpolski, est un chef-d’œuvre de la Renaissance en Ukraine. Situé sur un versant nord à 399 mètres d’altitude, il domine la vallée de la Styr et fait partie du « fer à cheval d’or », une route touristique autour de Lviv. Le château combine élégance architecturale et fonctions défensives.

Construit en briques et pierres dans le style des palais-forteresses italiens, le château s’élève sur trois étages et est entouré de bastions et de fossés. Les vestiges des jardins à l’italienne et les vignobles complètent le complexe, tandis que les parties est et ouest étaient respectivement réservées au propriétaire et aux invités. Les remparts, pont-levis et bastions étaient conçus pour protéger la résidence des attaques.

L’intérieur du château, bien que partiellement endommagé par les guerres et le temps, conserve plusieurs salons et pièces richement décorés. S’y trouvent le salon Rouge, le salon Chinois, la galerie des glaces, ainsi qu’une chapelle et plusieurs salles privées. Les murs et sols sont ornés de peintures et de marbre, et le mobilier, raffiné, témoignant de la richesse des familles Koniecpolski et Rzewuski.

Aujourd’hui, le château de Pidhirtsi est un site incontournable pour les amateurs d’histoire et d’architecture. Il illustre l’art de vivre et la puissance des grandes familles nobles de l’Europe de l’Est. Les visiteurs peuvent admirer l’harmonie entre la forteresse et les jardins, et comprendre l’importance stratégique et culturelle du château dans la région, tout en profitant d’une immersion dans le patrimoine ukrainien.

54. Kolomyia (Ouest de l’Ukraine)

Kolomyia (Коломия), avec ses 60 821 habitants, est une ville de la Galicie orientale, nichée au pied des Carpates ukrainiennes. Elle constitue un point de départ idéal pour les randonnées et excursions dans le massif montagneux voisin. La ville séduit par son mélange d’histoire, d’architecture et de traditions locales. Les visiteurs y découvrent un centre-ville riche en bâtiments imposants du XIXe siècle et plusieurs églises aux styles variés, témoignages de l’évolution culturelle et religieuse de la région.

Le centre abrite l’hôtel de ville, construit en 1877 dans un style néo-Renaissance pour remplacer l’ancienne mairie détruite par un incendie. Sa tour ornée de carillons et de l’horloge permettait jadis la détection rapide d’incendies. À proximité, la rue Teatralna est bordée de maisons historiques, telles que la maison au 25 et la maison au 36, ainsi que de bâtiments remarquables comme la Caisse d’Épargne et le monastère des Ursulines, une grande structure en briques rouges datant de 1899, transformée aujourd’hui en lycée.

Kolomyia est également réputée pour ses musées uniques. Le musée de la Pysanka, situé sur l’avenue Vyacheslav Chornovola, est conçu sous la forme d’un immense œuf de Pâques de 13,5 mètres. Il conserve plus de 10 000 œuvres, dont des pysankas venues de toute l’Ukraine et de l’étranger. Le musée national d’art populaire Hutsulshchyna et Pokuttya, installé sur la rue Teatralna, expose objets du quotidien, sculptures, broderies et instruments traditionnels, offrant un aperçu fascinant de la culture locale. Le musée d’histoire de la ville, sur la rue Romana Shukhevycha, retrace l’évolution de Kolomyia, des communautés juives aux colonies allemandes.

L’architecture religieuse est également très présente. L’église de l’Annonciation, datant de 1587, est un exemple remarquable de l’école houtsoule, construite sans clous, avec une structure centrale en rondins et un clocher octogonal. La cathédrale de la Transfiguration du Christ (UGCC) et l’église Saint-Michel-Archange, dont les tours abritent une horloge vieille de 150 ans, témoignent de la richesse architecturale et artistique de Kolomyia. L’église de l’Assomption de la Vierge Marie, restaurée à la fin des années 1990, reflète le style baroque classique de la région.

Le patrimoine civil n’est pas en reste. Le bâtiment de l’association Sokol, construit en 1895, illustre le style Art nouveau avec sa tour et sa frise en céramique. L’avenue Chornovola, devenue piétonne, rassemble de nombreux édifices austro-hongrois et constitue le cœur vivant de la ville. Les visiteurs peuvent également se promener dans le parc des Étudiants, aménagé sur l’ancien cimetière juif, ou admirer la synagogue de Jérusalem, vestige de la riche communauté juive de la ville.

Kolomyia offre enfin un espace vivant pour la culture et le divertissement. Le théâtre dramatique, fondé officiellement en 1939 mais avec une tradition remontant à 1849, propose des représentations régulières et permet de découvrir la scène artistique locale.

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55. Liuboml (Ouest de l’Ukraine)

Nichée dans l’ouest de l’Ukraine, Liuboml (Любомль) est une petite ville de 10 295 habitants qui surprend par la richesse de son patrimoine historique et religieux. Malgré sa taille modeste, elle témoigne d’un passé complexe, marqué par les influences polonaise, ukrainienne et juive. Ses ruelles tranquilles et ses places anciennes invitent à la promenade, et chaque coin de la ville raconte une histoire, que ce soit à travers ses églises, son palais aristocratique ou ses musées.

Au centre de la ville, l’église Saint-Georges s’impose comme un monument emblématique. Érigée au XVIIIe siècle sur les fondations d’une église médiévale du XIIIe siècle, elle est entourée de légendes locales, certaines la faisant surgir des contreforts de la colline du château voisin. Sa reconstruction à travers les siècles, après incendies et transformations, lui confère un charme particulier : le clocher du XVIIIe siècle et l’architecture orthodoxe traditionnelle en font un témoignage vivant de la continuité de la foi et de l’histoire de Liuboml.

À quelques pas, l’église de la Sainte-Trinité attire par son style gothique et ses éléments défensifs caractéristiques des églises fortifiées de Volyn. Construite au début du XVe siècle, elle a subi plusieurs restaurations, et son clocher en pierre, ajouté au XVIIIe siècle, domine la ville. Non loin, l’église de la Trinité (Troitsky Kostel), édifiée en 1409 par le roi polonais Ladislas II Jagellon, fascine par sa légende et son histoire tumultueuse. Transformée au fil des siècles en église gothique puis baroque, elle a traversé incendies et fermetures imposées par les autorités soviétiques, avant d’être rendue à la communauté catholique romaine en 1992.

Liuboml abrite également des exemples remarquables de l’architecture aristocratique. Le palais Branicki, construit à la fin du XVIIIe siècle pour Franciszek Ksawery Branicki, témoigne du prestige des grandes familles nobles de Volyn. Bien que partiellement détruit au XIXe siècle et durant la période soviétique, l’aile sud subsiste et laisse entrevoir le faste des anciennes résidences aristocratiques. Ses jardins et sa disposition néoclassique rappellent l’élégance et l’influence de ses propriétaires, tout en offrant aux visiteurs un aperçu de la vie sociale et culturelle d’antan.

L’église de la Nativité de la Vierge Marie, construite en bois en 1884 dans un style pseudo-russe, illustre la diversité des traditions religieuses de la région. Érigée sur le site d’une église antérieure du XVIe siècle, elle a été transformée par les autorités soviétiques en planétarium et club de chasse avant d’être restaurée dans les années 1990. Aujourd’hui, elle est utilisée par l’Église orthodoxe ukrainienne et constitue un exemple fascinant de la capacité de la ville à préserver son patrimoine malgré les vicissitudes historiques.

Pour compléter la découverte de Liuboml, le musée d’histoire locale offre une plongée dans la mémoire de la ville. Installé au 33 rue Nezalezhnosti, dans un immeuble des années 1970, il présente des objets archéologiques et ethnographiques, des collections numismatiques, des œuvres d’art et des documents historiques. Fondé à l’initiative du professeur D.A. Ostapyuk, il illustre la richesse du patrimoine matériel et immatériel de la région, tout en permettant aux visiteurs de comprendre les différentes communautés qui ont façonné Liuboml au fil des siècles.

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56. Rivne (Ouest de l’Ukraine)

Rivne, peuplée de 243 876 habitants, située dans l’ouest de l’Ukraine, séduit par l’équilibre harmonieux entre son patrimoine spirituel, ses institutions culturelles et la vitalité de ses espaces verts. Ville ancienne et industrieuse, elle s’est transformée au fil des siècles tout en conservant la richesse de son héritage religieux, artistique et architectural. Le cœur historique s’anime autour de ses églises et de ses musées, où se lisent à la fois les influences de la Pologne, de la Russie impériale et de l’Ukraine indépendante.

L’un des symboles les plus emblématiques de la ville demeure la cathédrale de la Résurrection, construite dans les années 1890 grâce au don de l’empereur Alexandre III. Son iconostase dorée à trois niveaux, chef-d’œuvre de l’artiste kiévien Alexandre Ivanovitch, illumine l’intérieur de ses reflets solaires. Non loin de là se trouve l’église Saint-Pierre-et-Saint-Paul, édifiée en 1932 dans un sobre style néo-gothique. Cette église catholique romaine témoigne de la présence polonaise à Rivne avant la Seconde Guerre mondiale et continue d’accueillir une communauté active. Ces deux édifices incarnent la pluralité religieuse de la ville, où se mêlent influences orthodoxes et catholiques.

L’église de la Sainte Dormition, bâtie en 1756, illustre un art baroque tardif teinté d’éléments vernaculaires ukrainiens. Ses murs blanchis et son clocher en bois rappellent les traditions architecturales de Volhynie. La cathédrale de la Vierge Protectrice, érigée dans les années 1990, marque quant à elle la renaissance spirituelle post-soviétique. Dominant la ville de ses cinquante-cinq mètres, elle impressionne par la perfection de sa symétrie : un dôme central symbolisant le Christ, douze dômes pour les apôtres, et huit autres, plus petits, complétant la composition. Cette cathédrale moderne, visible de toute la ville, est aujourd’hui un repère spirituel et visuel majeur.

Plus à l’écart du centre, l’église orthodoxe ukrainienne de Tous les Saints de Volhynie, construite en bois, est considérée comme le plus ancien édifice religieux de Rivne. Avec ses formes simples et son toit en bardeaux, elle reflète l’art sacré populaire du XVIIIe siècle. L’église catholique romaine Saint-Antoine, édifiée en 1899, fut un temps transformée en salle de musique de chambre et d’orgue, avant de retrouver sa vocation spirituelle. Sa façade néogothique élancée évoque l’élan mystique d’une époque où la culture et la foi s’unissaient dans un même souffle créateur. À travers ce réseau d’églises, Rivne révèle la profondeur de sa dimension religieuse et la diversité de ses influences.

Les amateurs de culture trouvent à Rivne une offre riche et variée. Le musée régional de Rivne, installé dans un élégant bâtiment du XIXe siècle, conserve plus de 140 000 objets retraçant l’histoire, les traditions et les savoir-faire de la région. Ce lieu de mémoire, symbole du classicisme provincial, se distingue par la beauté de sa façade et l’importance de ses collections. Non loin, le musée littéraire d’Ulas Samchuk et le musée de l’ambre partagent le même espace dans la maison des scientifiques. S’y découvre l’univers de l’écrivain ukrainien Ulas Samchuk et l’histoire fascinante de l’ambre, richesse naturelle de la Volhynie.

L’art visuel occupe aussi une place essentielle à Rivne. La galerie d’art Zuza, installée sur le boulevard Nezalezhnosti, organise expositions et ateliers où l’on apprend à transformer des objets du quotidien en créations artistiques. La salle d’exposition d’une société régionale d’artistes complète cette offre en présentant les œuvres de peintres et sculpteurs contemporains de la région. Le musée d’art ukrainien, situé rue Petliury Symona, témoigne quant à lui du raffinement de la peinture nationale, en réunissant les grands noms de l’art ukrainien moderne.

Les espaces de représentation viennent prolonger ce foisonnement artistique. Le théâtre musical et dramatique régional de Rivne, sur la place Teatralna, est le principal centre de la scène locale. Son répertoire mêle classiques ukrainiens et œuvres contemporaines. Le théâtre de marionnettes, plus modeste mais tout aussi apprécié, perpétue un art populaire toujours vivant. Le centre d’exposition Khimik, ancien palais de la culture et du sport, accueille concerts, foires et événements.

Rivne est également une ville verte. Le parc du nom de Taras Chevtchenko, classé monument historique, abrite plus de 160 espèces d’arbres et d’arbustes, dont certains sont plusieurs fois centenaires. Ses allées sinueuses, ses cafés et ses installations sportives en font le cœur vivant de la cité. À l’ouest, l’hydropark offre aux habitants un espace de détente sur les rives d’un lac, idéal pour la baignade et les promenades estivales.

Pour les passionnés d’histoire, le musée de la Seconde Guerre mondiale retrace le rôle de Rivne pendant les conflits du XXe siècle, notamment à travers la mémoire de la 13e armée. Les visiteurs y découvrent documents, uniformes et témoignages de soldats. Ce lieu de recueillement s’inscrit dans une démarche de préservation du passé et de compréhension du présent. Dans le même esprit, l’exposition régionale d’agriculture de Rivne illustre la transformation du monde rural et les traditions agricoles de la région.

Enfin, le zoo de Rivne, installé sur la rue Kievska, s’étend sur plus de onze hectares et abrite de nombreuses espèces d’Europe et d’Asie. Il constitue une destination familiale prisée, associant découverte et sensibilisation à la protection de la faune. Avec ses activités éducatives et ses aménagements modernes, il complète la diversité des attraits de la ville.

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57. La région de Rivne (Ouest de l’Ukraine)

Autour de Rivne, la région dévoile un ensemble d’édifices religieux et de forteresses qui témoignent de la richesse historique et spirituelle de la Volhynie. L’église de l’Assomption avec clocher à Dorogobuzh, érigée entre le XVe et le XVIIe siècle puis reconstruite en 1786, conserve son allure traditionnelle avec ses volumes harmonieux et ses murs de pierre blanchis. Elle domine paisiblement le paysage, rappelant les temps où ces sanctuaires étaient à la fois des lieux de culte et de refuge. Plus au nord, l’église Saint-Michel à Goscha, datée de 1632 et remaniée en 1888, associe avec élégance les styles baroque et néoclassique. Son clocher, élancé et discret, semble veiller sur le village et ses habitants, perpétuant la mémoire des anciennes communautés paroissiales de la région.

Les vestiges du château de Gubkiv, construits entre les XVe et XVIe siècles, évoquent quant à eux les siècles de lutte et de défense du territoire contre les invasions venues du sud. En ruine aujourd’hui, la forteresse conserve néanmoins des pans de murailles massives dominant la rivière Sluch. Le site dégage une atmosphère à la fois mélancolique et grandiose, renforcée par la beauté sauvage du relief alentour. Non loin, le château de Dubno et le monastère des Carmélites forment l’un des ensembles architecturaux les plus remarquables de Volhynie. Le château des ducs Ostrozkyi-Lubomirski, érigé entre le XVIe et le XVIIIe siècle, se distingue par ses tours puissantes et ses fossés encore visibles. À ses côtés se trouvent le monastère des Bernardines (1614-1630), la synagogue du XVIe siècle et le couvent des Carmélites (1630-1686), qui font de Dubno un haut lieu d’histoire et de spiritualité.

Plus près de Rivne, la petite ville de Klevan offre au voyageur un ensemble d’une rare beauté. L’église de l’Annonciation, construite entre 1610 et 1630, s’élève non loin des ruines d’un château dont les origines remontent à 1475. Ces pierres anciennes, marquées par les assauts du temps et de l’histoire, rappellent l’importance stratégique de la cité dans la défense de la région. Klevan abrite aussi l’un des lieux naturels les plus célèbres d’Ukraine : le tunnel de l’amour, un couloir végétal formé par la voûte des arbres au-dessus d’une voie ferrée. Long de trois à cinq kilomètres, ce tunnel romantique attire chaque année des visiteurs venus du monde entier pour y célébrer la beauté simple de la nature et le charme poétique des paysages ukrainiens.

Vers l’est, le château de Korets, dont la construction s’étend de 1550 à 1780, incarne la puissance des grandes familles princières de Volhynie. Bien que partiellement en ruine, il garde l’aura d’une résidence fortifiée prestigieuse. À proximité, le couvent de la Trinité, fondé dans les années 1690, demeure un sanctuaire actif et un chef-d’œuvre du baroque religieux. Le musée d’histoire de Korets, installé non loin, complète la visite en retraçant les épisodes marquants de la vie locale. Dans les environs d’Ostrog, la chapelle de Malinskis à Novomalyn, bâtie entre le XVIIe et le XIXe siècle, évoque la foi des grandes familles nobles de la région, tandis que les fortifications de Mezhyrich et le couvent-forteresse de la Trinité témoignent de la nécessité, au XVIe siècle, d’unir la spiritualité à la défense militaire.

Enfin, l’imposant château d’Ostroh, bâti entre le XIVe et le XIXe siècle, illustre à merveille l’évolution de l’architecture défensive en Ukraine occidentale. Ancienne résidence des ducs Ostrozkyi, il abrite aujourd’hui un musée retraçant la contribution de cette dynastie à la culture et à l’éducation ukrainiennes.

Non loin, le complexe mémorial des Tombeaux des Cosaques à Plyasheva, construit entre 1910 et 1914, honore la mémoire des soldats tombés lors des batailles de Berestechko au XVIIe siècle. Le fort de Tarakaniv, construit entre 1870 et 1890 près de Dubno, complète cette exploration historique : gigantesque édifice de briques et de tunnels, il impressionne par son ampleur et son atmosphère quasi mythique.

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58. La Transcarparthie (Ouest de l’Ukraine)

Située à l’extrême ouest de l’Ukraine, la Transcarpathie ou Zakarpatska séduit par ses montagnes, ses vallées et ses villages chargés d’histoire. Cette région frontalière, longtemps marquée par les influences hongroises, slovaques et roumaines, est séparée du reste du pays par la majestueuse barrière des Carpates. Sa capitale, Oujhorod, abrite deux sites emblématiques : le château-forteresse, érigé vers 1500, qui domine la ville depuis son promontoire verdoyant, et la cathédrale de l’Exaltation de la Croix, datant de 1745, remarquable pour ses fresques baroques et sa résidence épiscopale. Flâner dans les ruelles d’Oujhorod, entre cafés animés et façades pastel, permet de saisir l’âme cosmopolite de cette cité où les cultures d’Europe centrale se rencontrent harmonieusement.

À une centaine de kilomètres plus à l’est, Moukatchevo attire les visiteurs par son atmosphère médiévale et ses monuments d’exception. Le château Palanok, bâti entre le XIVe et le XVIIIe siècle sur un ancien volcan, surplombe la ville d’une hauteur impressionnante. Ses bastions, ses galeries et ses cours intérieures racontent l’histoire tumultueuse des princes de Transylvanie et des seigneurs hongrois qui s’y sont succédé. Au cœur de la cité, la chapelle Saint-Martin, édifiée au XIVe siècle, complète ce décor pittoresque. Ses vitraux colorés et son clocher élancé en font l’un des symboles de Moukatchevo, tandis que ses petites places fleuries invitent à la promenade et à la découverte d’un patrimoine préservé.

La région de Khust offre un autre visage de la Transcarpathie, plus rural et empreint de spiritualité. L’église Sainte-Élisabeth, construite en 1450, domine encore le centre de la ville. Cet édifice gothique en bois, typique de l’architecture des Carpates, est orné de fresques anciennes et d’un clocher à plusieurs niveaux. Les environs de Khust sont également connus pour la vallée des narcisses, une plaine naturelle où, chaque printemps, des milliers de fleurs blanches couvrent les prairies. Classée réserve naturelle, cette vallée attire les amoureux de nature et de botanique venus admirer un spectacle rare et éphémère au pied des montagnes.

Vers le nord s’étend le parc naturel national de Synevyr, l’un des joyaux écologiques de la Transcarpathie. Créée pour protéger les forêts, les rivières et les lacs de montagne, cette réserve est dominée par le lac Synevyr, surnommé « l’œil des Carpates ». Situé à 989 mètres d’altitude, ce lac d’un bleu profond change de teinte selon la lumière et la saison. Autour, des sentiers balisés invitent à la randonnée, permettant de découvrir les cascades, les forêts de pins et les pâturages où paissent encore les troupeaux. Le mont Hoverla, à proximité de Rakhiv, culmine à 2 061 mètres, offrant une ascension accessible et des panoramas spectaculaires sur toute la chaîne carpatique.

La petite ville de Svaliava, discrète mais charmante, se distingue par son église Saint-Nicolas, datée de 1588 et reconstruite en 1759. Construite en bois, elle témoigne du génie artisanal des charpentiers de montagne, avec sa toiture à plusieurs pans et son clocher octogonal. Svaliava est aussi réputée pour ses sources minérales et ses stations thermales, fréquentées depuis le XIXe siècle. Dans le village voisin de Chynadiiovo, le palais Beregvar des comtes de Shenborn (1890-1895) attire les amateurs d’architecture romantique. Inspiré des châteaux bavarois, ce manoir de briques rouges et de tours élancées est entouré d’un vaste parc aux arbres centenaires. Non loin, le château Saint-Nicolas, fondé au XIVe siècle, complète ce patrimoine historique unique.

La ville de Solotvyno offre une expérience singulière, à la croisée de la nature et du bien-être. Célèbre pour son hôpital d’allergologie souterrain, installé dans une ancienne mine de sel, elle accueille des visiteurs venus soigner l’asthme et les affections respiratoires dans un environnement stérile et minéralisé. À la surface, les lacs salés de Solotvyno rappellent la mer Morte par leur densité exceptionnelle : les visiteurs y flottent sans effort, entourés d’un paysage de collines arides. Plus au sud, les villages de Boukovtsevo et Vichka conservent deux chefs-d’œuvre de l’art religieux carpatique : l’église Sainte-Anne et l’église Saint-Michel, toutes deux construites en bois selon la tradition locale, avec leurs clochers effilés et leurs toitures de bardeaux.

Le patrimoine spirituel de la région se manifeste aussi à travers l’église de la Sainte-Trinité de Jovkva, un monument de style boyko, caractérisé par ses trois dômes massifs en bois sombre. Cet édifice, situé dans un cadre pastoral, symbolise l’harmonie entre la foi et la nature. En parcourant les villages de la plaine transcarpathique, le voyageur découvre un art de vivre simple, où les traditions se perpétuent encore : fabrication du fromage, tissage artisanal, danses folkloriques et célébrations religieuses.

Plus au centre du territoire, le palais de Gabriel-Bethlen à Nyjni Vorota rappelle le passé aristocratique de la région. Ce manoir du XVIIe siècle, aujourd’hui transformé en musée du vin, évoque la prospérité viticole de la Transcarpathie. Les caves abritent des crus locaux issus des pentes ensoleillées des collines carpathiques. Non loin, le parc national naturel de Zatcharovany Krai, littéralement « le pays enchanté », déploie des paysages spectaculaires : forêts primaires, cascades et formations rocheuses aux formes étranges.

Les montagnes de Strymba, couvertes de forêts denses, invitent à la marche et à la découverte des paysages typiques de l’Ukraine occidentale. Leurs sentiers serpentent entre prairies alpines et hameaux isolés, offrant de superbes points de vue sur les vallées de la Tysa et de la Latorytsia. Les amateurs d’aventure peuvent y pratiquer l’escalade, le ski en hiver et la photographie de nature à toute saison. La réserve de Rossichnyï, située non loin, protège un écosystème rare où s’épanouissent cerfs, ours bruns et lynx.

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59. Ternopil (Ouest de l’Ukraine)

Au cœur de la Galicie orientale, la ville de Ternopil avec ses 220 000 habitants, allie harmonieusement héritage historique et vitalité contemporaine. Fondée au XVIe siècle, elle s’étend aujourd’hui autour du vaste étang de Ternopilskyi, créé en 1548, qui constitue le centre de la vie locale. Les promeneurs longent ses berges ombragées ou embarquent sur un bateau touristique pour admirer la silhouette du centre ancien. Tout près, s’élèvent les restes du château, fondé en 1540, jadis protégé par un fossé et des remparts de chêne. Autour de cette forteresse, s’est développée la ville. De là, s’atteint facilement le parc Shevchenka, havre de verdure ponctué d’allées fleuries et de terrasses, ainsi que le vieux parc, créé en 1860, dont les chênes centenaires rappellent l’époque austro-hongroise.

L’héritage religieux de Ternopil se révèle à travers une diversité d’églises remarquables. L’église de l’Exaltation de la Croix, mentionnée dès 1570, séduit par son style Renaissance et sa tour achevée en 1627. Non loin de là, l’église Saint-Yosaph, dédiée à Josaphat Kuntsevich, reflète la piété populaire, tout comme l’église Saint-Volodymyr et Sainte-Olga, connue pour ses icônes lumineuses. Les fidèles se rassemblent aussi dans le temple de la miséricorde de Dieu et du secours incessant de la Mère de Dieu, vaste édifice catholique romain à la croix élancée, ainsi que dans l’église du Secours Incessant de la Mère de Dieu et l’église Notre-Dame du Perpétuel Secours, érigée en 2000 et abritant l’unique icône miraculeuse du pays.

La richesse du patrimoine se poursuit avec la cathédrale des Saints Martyrs de la Foi, de l’Espérance, de la Charité et de leur mère Sofiya, construite sur le site d’une ancienne briqueterie polonaise. Le centre religieux Sainte-Trinité en l’honneur de Danylo Halytsky accueille, lui, de grands rassemblements spirituels et culturels. Parmi les édifices récents, la paroisse du Saint-Esprit et le temple Saint-Michel, fondé en 1997, reflètent le dynamisme architectural de la ville moderne. La diversité confessionnelle se manifeste aussi avec la première église des chrétiens évangéliques, fondée dans les années 1920, et l’église Sainte-Mykolaïa, bâtie en 1815 dans le village de Bila. À quelques pas se trouve la tombe d’Amvrosiia Krushelnytskogo, ornée d’un monument importé d’Italie et érigé par sa fille, la célèbre cantatrice Solomiya Krushelnytska.

Parmi les témoignages architecturaux anciens, l’église dominicaine, ou cathédrale de l’Immaculée Conception, est l’un des édifices majeurs de Ternopil. Construite entre 1749 et 1779 dans un style baroque tardif, elle impressionne par ses deux tours élancées. Rénovée en 1992, elle a retrouvé sa fonction religieuse, bien que son intérieur ait disparu. Face à elle, un monument honore le prince Daniil Galitsky, figure tutélaire de la région. À l’autre bout du centre, l’église de la Mère Divine de Zarvanytskoi, la plus ancienne église en bois de la ville (1600-1601), fut bâtie avec du sapin des Carpates par des artisans du village de Mykulychyn. Cet édifice, d’une simplicité émouvante, évoque la ferveur des premiers colons de Galicie.

Les amateurs d’art et d’histoire trouvent à Ternopil plusieurs institutions de qualité. Le musée d’art régional de Ternopil, situé rue Krushelnytskoi, abrite des collections d’icônes, de peintures et d’objets liturgiques. Le musée commémoratif de Krushelnytskoi Salomii, dans le village de Bila, retrace la vie et la carrière de cette grande figure du chant lyrique. Plus insolite, le musée du vieux moulin (Staryy Mlyn), installé dans un ancien moulin à vent, offre une reconstitution ethnographique de la vie traditionnelle ukrainienne : poteries, outils, costumes et objets de la vie quotidienne y sont présentés sur quatre étages décorés avec soin.

Les monuments civiques de Ternopil rappellent, quant à eux, les grandes heures de son histoire. Le monument à T. Shevchenko, inauguré en 1982, se dresse sur la place principale près du théâtre dramatique académique régional T. Shevchenko, l’un des plus anciens théâtres d’Ukraine occidentale. À proximité, la salle philharmonique accueille concerts et festivals, tandis que la bibliothèque scientifique universelle de l’oblast de Ternopil, fondée au XIXe siècle, reste un haut lieu du savoir. Le monument à Danylo Halytsky, érigé face à l’église dominicaine, rend hommage au prince médiéval qui unifia la Galicie et la Volhynie. Sur les rives de l’étang, le monument au héros marin, surnommé « la Mouette », perpétue la mémoire de la défense de la ville.

Les institutions publiques, telles que le conseil régional de Ternopil et le tribunal de district de Ternopilskiy, témoignent de la continuité administrative de la ville depuis l’époque autrichienne. L’ancienne école Queen Jadviga, datant du XIXe siècle, rappelle quant à elle la période polonaise, tout comme certains immeubles du centre aux façades pastel et aux balcons forgés. Ces édifices civils, dispersés autour du Parmi les témoignages architecturaux anciens, l’église dominicaine, ou cathédrale de l’Immaculée Conception, est l’un des édifices majeurs de Ternopil.

Construite entre 1749 et 1779 dans un style baroque tardif, elle impressionne par ses deux tours élancées. Rénovée en 1992, elle a retrouvé sa fonction religieuse, bien que son intérieur ait disparu. Face à elle, un monument honore le prince Daniil Galitsky, figure tutélaire de la région. À l’autre bout du centre, l’église de la Mère Divine de Zarvanytskoi, la plus ancienne église en bois de la ville (1600-1601), fut bâtie avec du sapin des Carpates par des artisans du village de Mykulychyn. Cet édifice, d’une simplicité émouvante, évoque la ferveur des premiers colons de Galicie. offrent une lecture vivante de l’histoire urbaine de Ternopil, faite de passages de frontières et de rencontres culturelles.

Les espaces naturels de Ternopil constituent un atout majeur pour les habitants et les visiteurs. Le parc dendrologique de Zagrebellia, créé en 1994, s’étend sur 630 hectares et abrite forêts, pépinières et plages aménagées pour la navigation de plaisance. Le parc du renouveau national, aussi appelé « Singing Field », fut conçu en 1978 pour accueillir festivals et concerts en plein air ; son amphithéâtre, capable de recevoir 5 000 spectateurs, reste un lieu emblématique de la culture populaire.

Les visiteurs sensibles à l’atmosphère romantique trouveront dans le vieux parc et le parc Topilche des lieux de repos empreints de charme, où les statues et les ponts de pierre rappellent le passé impérial. En été, ces jardins accueillent concerts, marchés d’artisans et expositions en plein air.

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60. La région de Ternopil (Ouest de l’Ukraine)

La région de Ternopil, au cœur de la Galicie orientale, se distingue par son patrimoine historique d’une grande densité. À Berezhany, le visiteur découvre le château de Berezhany, construit entre 1534 et 1554, remarquable par ses murailles puissantes et ses tours à bastion. À l’intérieur du complexe, l’église Saint-Pierre-et-Saint-Paul, aussi appelée église de la Nativité de la Vierge Marie, fut édifiée entre 1600 et 1620 puis restaurée à la fin du XVIIe siècle. Ensemble, ils forment un rare exemple de forteresse Renaissance mêlée à l’architecture religieuse galicienne. Non loin de là, les ruelles anciennes conservent encore des demeures seigneuriales et des fragments de remparts médiévaux, témoignant de la prospérité passée de cette cité commerçante.

Le château de Budaniv, situé près de Terebovlia, fut bâti au début du XVIIe siècle avant d’être reconstruit en 1765. Dominant la rivière Seret, il servait autrefois de bastion défensif contre les incursions tatares. Ses façades, encore imposantes malgré les siècles, se dressent au milieu d’un paysage vallonné. À Borschiv, la maison du peuple (ou maison russe) évoque les rassemblements culturels et patriotiques du XIXe siècle. Dans la même région, l’église Saint-Stanislas de Chortkiv, fondée en 1603, impressionne par sa longévité : ses anciennes cellules monastiques rappellent l’austérité des moines dominicains.

Le monastère des Bernardins de Gusyatyn, construit en 1610, conserve des allures monastiques typiques de l’époque baroque. À Koropets, le palais de Kasimir Badeni, érigé en 1906 dans un vaste parc paysager, illustre quant à lui le raffinement aristocratique du début du XXe siècle. Ses façades décorées et son environnement verdoyant invitent à la promenade. À Kryvche, la grotte de cristal, longue de plusieurs kilomètres, attire les amateurs de géologie, tandis que les ruines du château de Kryvche, datant de 1639, rappellent la présence stratégique de ce site au carrefour des routes commerciales.

Les ruines du château de Kremenets, perchées sur un éperon rocheux, offrent un panorama saisissant sur la vallée. Édifié dès les années 1290 et reconstruit à plusieurs reprises, il demeure l’un des symboles médiévaux les plus forts de la région. À ses pieds s’élève le complexe du collège de Kremenets, ensemble architectural du XVIIIe siècle (1731-1743) d’un grand intérêt historique. Plus au sud, à Kudryntsi, le château d’Herburts, fondé en 1615, se dresse en ruine sur une colline isolée, entouré de prairies et de forêts.

Le bourg de Mykulyntsi conserve deux monuments majeurs : l’église de la Trinité (1761-1779) et le château de Mykulyntsi, datant de 1570. Ensemble, ils illustrent la richesse religieuse et féodale de la région. À proximité de Zalischyky, le village de Nyrkiv abrite le château de Poninskis, érigé au XVIIe siècle, et deux merveilles naturelles : le canyon-cratère et la cascade de Dzhuryn, l’une des plus hautes d’Ukraine. Leurs eaux jaillissantes entre les roches rouges constituent un spectacle grandiose et paisible.

Le patrimoine religieux de Pidgaitsi comprend l’église de l’Assomption et son clocher (début du XVIIe siècle), admirable par ses lignes sobres et son toit en bois massif. La nécropole juive voisine, dont les stèles s’étendent du XVe au XXe siècle, témoigne de la coexistence historique des communautés dans la région. L’un des plus grands trésors spirituels du pays se trouve à proximité : la laure de Pochaiv, deuxième sanctuaire le plus célèbre d’Ukraine après la laure de Kyiv. Fondé entre le XVIe et le XIXe siècle, ce monastère troglodytique, perché sur une colline, abrite des reliques précieuses et attire chaque année des milliers de pèlerins.

Près de Buchach, les chutes d’eau de Rusyliv, succession de cascades naturelles, offrent un tableau bucolique de la campagne galicienne. Le château de Skalat, bâti en 1630, conserve encore ses bastions d’angle typiques du style Renaissance militaire. Non loin de Borschiv, les ruines du château de Skala-Podilska, construites entre 1518 et le XVIIIe siècle, révèlent la complexité défensive de l’époque polono-lituanienne. Le château de Sydoriv, quant à lui, avec ses sept tours et ses remparts en étoile, témoigne du goût baroque pour les formes géométriques et la monumentalité.

Le palais et parc paysager de Yazlivets, construit entre le XVIIe et le XVIIIe siècle, est un autre joyau méconnu de la région. Entouré d’arbres centenaires, il forme un ensemble harmonieux avec le château de Yazlivets, voisin, dont les origines remontent au XIVe siècle. Ces monuments rappellent le faste aristocratique de la noblesse galicienne. À Turylche, l’église et la chapelle, édifiées en 1871, perpétuent la tradition religieuse des villages ruraux où l’art sacré se mêle à la simplicité populaire.

Le monastère des Bernardines de Zbarazh, construit entre 1627 et 1637, illustre la sobriété des établissements religieux franciscains. Tout près se dresse le château de Zbarazh, forteresse de 1626-1631 associée à de nombreux épisodes historiques, notamment les soulèvements cosaques du XVIIe siècle. À Zboriv, l’église de la Transfiguration de Dieu (1794-1798) dévoile une élégance classique rare pour l’époque.

Enfin, près de Borschiv, le village de Zbruchanske abrite l’église de la translation des reliques de saint Nicolas, datée de 1296 puis reconstruite en 1611. Le château de Zolotyi Potik, construit au début du XVIIe siècle, clôt magnifiquement cet itinéraire patrimonial. Ses murs d’angle massifs, ses tours et ses cours intérieures évoquent la puissance des seigneurs galiciens d’autrefois.

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61. Oujhorod (Ouest de l’Ukraine)

Oujhorod, capitale de la Transcarpatie, incarne à merveille le brassage culturel propre à cette région frontalière. À la croisée des mondes slave, hongrois et centre-européen, la ville de 115 449 habitants dévoile un patrimoine historique dense et harmonieux. Le centre-ville d’Oujhorod offre une atmosphère paisible et cosmopolite, où se côtoient maisons pastel, terrasses conviviales et ruelles pavées. Sur la rue Korso, les boutiques et les cafés animent les façades anciennes, tandis que le bâtiment de l’administration régionale rappelle l’importance politique de la cité. Le cœur historique se concentre autour du château d’Oujhorod, forteresse fondée au IXᵉ siècle, qui abrite aujourd’hui le musée régional d’histoire de Transcarpathie, l’un des plus riches du pays. Ses collections retracent l’évolution du territoire, depuis la préhistoire jusqu’à l’époque austro-hongroise.

La ville se distingue aussi par la densité et la diversité de ses édifices religieux. Parmi eux, la rotonde de Goranska, vieille de mille ans, figure parmi les plus anciens sanctuaires d’Ukraine. La cathédrale Krestovozdvizhenskiy, de rite gréco-catholique, et l’église hongroise Saint-Georges, située rue Voloshyna, témoignent du mélange d’influences byzantines et latines. Dans les rues du centre, l’église évangélique, l’église orthodoxe Sviato-Preobrazhenskaya et l’église de la Réforme transcarpatienne coexistent dans un remarquable équilibre spirituel. L’ancien monastère de l’ordre du Grand Saint Basile, construit en 1912, illustre enfin la vitalité du culte gréco-catholique : il abrite aujourd’hui la faculté de biologie de l’université ainsi qu’un musée zoologique réputé.

Hors du centre, la diversité religieuse demeure frappante. L’église orthodoxe de Pokrova, l’église Saints-Pierre-et-Paul, la cathédrale Saints-Cyrille-et-Méthode, vaste édifice contemporain pouvant accueillir 5 000 fidèles et l’église baptiste évangélique complètent ce panorama confessionnel d’une rare richesse. Ces sanctuaires, disséminés de part et d’autre de la rivière Ouj, contribuent à la physionomie apaisante et spirituelle de la ville. Ils rappellent que la Transcarpatie, longtemps carrefour entre empires et confessions, a su préserver un climat de tolérance et d’ouverture. Leurs clochers, visibles depuis les collines alentour, dominent un paysage urbain feutré où les traditions religieuses se mêlent à la vie moderne.

Les musées d’Oujhorod constituent un autre aspect essentiel de sa visite. Outre le musée d’histoire régionale de Transcarpathie installé dans le château, le musée en plein air d’architecture et de mode de vie transcarpathique présente une collection unique de maisons en bois et d’églises rurales, reconstituant les modes de vie traditionnels des Carpates. Le musée d’art de Bokshai, quant à lui, expose des œuvres d’artistes ukrainiens et centre-européens dans l’ancien hôtel de ville, offrant un aperçu stimulant de la création picturale régionale.

Enfin, les environs d’Oujhorod séduisent les amateurs d’histoire et de nature. Le château de Nevytske, bâti vers 1400 sur une colline boisée, offre une vue magnifique sur la vallée de l’Ouj. À Chynadiyovo, le palais des comtes de Schönborn et le château Saint-Nicolas rappellent la splendeur aristocratique des siècles passés. Plus au nord, le bourg de Perechyn constitue une échappée verte très prisée des habitants, entre forêts et rivières.

La philharmonie de Transcarpathie, installée dans une ancienne synagogue, illustre la reconversion harmonieuse du patrimoine local, tandis qu’une promenade dans le vieux centre ou la dégustation du bogrács, plat emblématique, complètent à merveille la découverte.

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62. Kamianets-Podilskyi (Ouest de l’Ukraine)

Peuplée de 100 000 habitants, Kamianets-Podilskyi, perchée sur un éperon rocheux que la rivière Smotrych entoure de ses méandres, est l’une des villes les plus spectaculaires et emblématiques d’Ukraine. Son centre historique, relié au reste de la cité par de vieux ponts de pierre, conserve un ensemble d’édifices médiévaux remarquablement préservés. Le cœur du site est dominé par l’ancienne forteresse (Stara Fortetsya), érigée entre les XIIᵉ et XVIIIᵉ siècles pour défendre la région contre les invasions tatares. Ses tours massives, ses remparts crénelés et ses portes fortifiées offrent un panorama exceptionnel sur la vallée.

À proximité, la tour papale, ou tour Julia, se dresse sur le rocher de Karvasary, tandis que les tours Kovpak et Tenchynska, de formes rondes et robustes, rappellent la puissance défensive du complexe. L’arche Lyaska, dernier vestige des anciennes entrées de la citadelle, complète cet ensemble militaire impressionnant.

Au-delà de la forteresse, Kamianets-Podilskyi révèle un patrimoine religieux d’une grande diversité. L’église du Saint-Cœur de Jésus-Christ, de style catholique, et le monastère de Vyzytok, à la façade classique, illustrent la présence polonaise dans la région. Le pont de Novoplanivskyi, construit dans les années 1850, relie la vieille ville à ses faubourgs et offre une vue vertigineuse sur le canyon. En contrebas, plusieurs demeures anciennes témoignent du passé bourgeois de la cité : le manoir de Dembytskyi, l’élégante maison Osavulovoys, aujourd’hui transformée en sanatorium pour enfants, et le jardin botanique d’État, vaste parc de 17,7 hectares abritant des espèces rares.

Le centre historique conserve également un riche ensemble civil et artistique. L’ancien hôtel de ville, ou magistrat polonais, datant du XIVᵉ siècle, domine la place du marché avec son élégante tour d’horloge. À proximité se trouvent la galerie d’images, installée dans un ancien séminaire du XVIIIᵉ siècle, et le musée archéologique, établi dans une ancienne maison de commerce arménienne. Mais le chef-d’œuvre du patrimoine religieux demeure la cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul, érigée entre le XVe et le XVIIIᵉ siècle : ce joyau d’architecture associe styles gothique, Renaissance et baroque, et se distingue par un minaret ottoman unique en Europe, vestige de la domination turque. Non loin, le puits arménien rappelle l’importance historique de cette communauté marchande.

Sur les rives de la Smotrych, l’église Sainte-Croix, construite en bois près des remparts, se fond dans le paysage naturel. Ce petit sanctuaire, simple et émouvant, évoque la foi des artisans et des paysans de Podolie. À quelques kilomètres, les environs de Kamianets-Podilskyi prolongent cette richesse patrimoniale : le domaine d’Orlovskis à Maliivtsi, édifié au début du XXᵉ siècle, séduit par ses jardins et son élégante architecture néoclassique.

Plus au nord, les villages de Sharivka et Sutkivtsi abritent des églises-forteresses de la Vierge, construites entre les XIVᵉ et XVe siècles, alliant fonction religieuse et défensive.

Enfin, le monastère de la Trinité dans le village de Satanivska Slobidka témoigne de l’essor spirituel et artistique de la région entre le XVIᵉ et le XVIIIᵉ siècle. Reconstruit en 1744 dans le style baroque, le complexe se distingue par son clocher massif, ses cellules monastiques et ses murs d’enceinte épais de deux mètres. Entouré de forêts et de collines, il incarne la sérénité propre aux paysages de Podolie.

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63. Bakota (Ukraine de l’Ouest)

Située dans la région de Khmelnytskyi, Bakota est une ancienne cité aujourd’hui disparue, submergée sous les eaux du Dniestr. Ce village historique, jadis capitale de la Basse Ponizie, possédait une grande importance politique et religieuse durant l’époque princière. Son site se trouve désormais dans un cadre naturel spectaculaire, intégré au parc national environnemental Podilski Tovtry, où les collines, les falaises et les eaux calmes du fleuve composent un paysage d’une beauté saisissante. Sous ces eaux paisibles reposent les vestiges d’une ville qui connut plusieurs siècles de vie spirituelle et commerçante.

Le principal témoignage du passé de Bakota est son monastère troglodytique, creusé dans la falaise et décoré de fresques et de peintures murales datant des XIIe au XIVe siècles. Ce sanctuaire rupestre, unique dans la région, abritait autrefois des moines dont les sépultures subsistent partiellement. À proximité se trouve un site archéologique paléolithique, attestant la présence humaine depuis les temps préhistoriques.

L’histoire tragique de Bakota s’achève en 1981, lorsque la construction de la centrale hydroélectrique de Novodniestrovska provoqua l’évacuation des habitants et l’inondation complète du village. Trois autres localités mentionnées dans les annales : Studenitsa, Kalyus et Ushytsia (aujourd’hui Stara Ushytsia), furent également englouties. Cette disparition soudaine mit fin à plusieurs siècles d’existence, mais transforma le site en un lieu de mémoire où la nature a repris ses droits.

En 1996, l’effondrement de la falaise supérieure de Bila Hora détruisit une grande partie des grottes du monastère, emportant avec elles des fresques et des tombeaux du XIe au XIIIe siècle. Cependant, quelques cellules et fragments de sépultures subsistent encore, ainsi que les ruines de l’église Saint-Michel et les vergers qui bordaient jadis le monastère. par le temps et par les hommes.

Aujourd’hui, le nom de Bakota désigne l’ensemble des localités et paysages qui bordent le Dniestr, non loin des ruines du monastère. Ces rives verdoyantes, baignées d’une lumière douce, attirent pèlerins, voyageurs et amateurs de nature. Les falaises blanches, les criques et la baie de Bakot forment un tableau romantique d’une rare intensité.

64. Zhovkva (Ukraine de l’Ouest)

À plus de quatre cents kilomètres au nord-ouest, dans la région de Lviv, la ville de Zhovkva (autrefois Nesterov) offre un contraste saisissant. Conçue à la Renaissance comme une « ville idéale », elle demeure un modèle d’urbanisme harmonieux et d’élégance architecturale. Fondée au XVIe siècle, elle se déploie autour de la place du marché historique, aujourd’hui place Vycheva, dominée par un château construit en 1594.

Le cœur historique de Zhovkva abrite plusieurs chefs-d’œuvre religieux, parmi lesquels l’église Saint-Laurent, monument majeur du XVIIe siècle. Elle côtoie les ensembles monastiques basilien et dominicain, dont les bâtiments des XVIIe et XVIIIe siècles reflètent la richesse spirituelle et artistique de la cité. L’église du Sacré-Cœur du Christ et la célèbre synagogue de défense de Zhovkva, chef-d’œuvre de la Renaissance, témoignent du dialogue entre confessions et de la pluralité culturelle qui caractérisait autrefois cette région frontalière.

Parmi les monuments les plus prestigieux figure l’église de la Sainte-Trinité, inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco. Construite en bois, elle illustre le savoir-faire des charpentiers ukrainiens et l’esthétique sacrée des églises rurales. L’ensemble du centre ancien, classé réserve historique et architecturale d’État depuis 1994, compte environ cinquante-cinq monuments, dont certains sont d’importance mondiale. Ce patrimoine exceptionnel fait de Zhovkva un musée à ciel ouvert, où chaque rue révèle une œuvre d’art.

L’influence d’artistes renommés, tel Andreas Schlüter, sculpteur baroque d’origine allemande, se ressent encore dans plusieurs édifices de la ville. Deux pierres tombales réalisées par ce maître se trouvent dans l’église Saint-Laurent, rappelant le lien entre Zhovkva et les grands courants artistiques européens. Le raffinement des décors, les arcades régulières et les murs défensifs, notamment la porte de Hlyn, soulignent la double vocation de la cité : spirituelle et fortifiée.

Au fil des siècles, Zhovkva a su préserver son dynamisme intellectuel et culturel. Son plus ancien établissement d’enseignement : le lycée Zhovkva n° 1, fondé en 1896, fut jadis un lycée polonais fréquenté par des figures marquantes comme Ivan Krypiakevych. Le centre de créativité des enfants et des jeunes, la maison du peuple et d’autres institutions locales perpétuent aujourd’hui cet héritage éducatif et artistique.

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65. Tcherkassy (Ukraine du centre)

Ville emblématique du centre de l’Ukraine, Cherkassy, Tcherkassy ou Cherkaska s’étend sur la rive droite du Dniepr, dont les larges eaux reflètent les façades d’une cité à la fois industrielle et poétique. Capitale de son oblast, elle constitue un carrefour culturel et éducatif, où les vestiges du passé côtoient les symboles d’une modernité tranquille.

L’ancienne maison Scherbina, construite en 1892 par l’entrepreneur A. Scherbina, illustre cette double identité. Avant la révolution, elle passait pour la demeure la plus luxueuse de la ville. Transformée ensuite en palais des mariages, elle conserve son faste d’origine, avec ses façades décorées et son atmosphère d’époque. Ce bâtiment, connu sous le surnom de « palais du bonheur », symbolise encore aujourd’hui la douceur bourgeoise de la fin du XIXe siècle.

À quelques rues de là, le palais Goluboi, ancien hôtel Slavyanskiy, est un chef-d’œuvre du style néo-gothique. Son architecture spectaculaire, ornée de tourelles et de fines colonnes, évoque les fastes d’une époque révolue. Après la révolution, il servit successivement de quartier général aux rebelles rouges, puis d’hôtel et de siège d’agences gouvernementales. Aujourd’hui propriété de la banque Ukrsotsbank, l’édifice conserve ses détails sculptés et sa silhouette pentagonale unique, faisant de lui l’un des joyaux urbains de Cherkassy.

La colline de la Gloire, ou colline du Château, domine la ville de sa présence monumentale. Ce site, où s’élevait jadis un fort russe et l’église de la Sainte-Trinité, a été transformé en complexe commémoratif en 1977. Le monument « Patrie », dressé à son sommet, rend hommage aux habitants tombés pendant la Seconde Guerre mondiale. Les cinq bas-reliefs en bronze qui ornent le mur de granit retracent les grandes étapes du conflit : mobilisation, bataille, sacrifice, victoire et mémoire. Depuis la terrasse supérieure, le panorama sur le réservoir de Kremenchuk est d’une beauté saisissante, surtout au coucher du soleil.

Parmi les institutions culturelles, le théâtre de marionnettes occupe une place à part. Installé dans un bâtiment du XIXe siècle, orné de mosaïques représentant des contes populaires, il fait le bonheur des enfants et des amateurs d’art populaire. Tout près, l’école de musique S. Gulak-Artemovsky, œuvre de l’architecte kyivien V. Gorodetsky, perpétue une longue tradition d’enseignement artistique. Ses salles, pleines de lumière, accueillent les jeunes talents de la région, dans un édifice alliant harmonie classique et élégance moderne.

L’ancien gymnase, devenu bibliothèque régionale Taras Chevtchenko, complète cet ensemble patrimonial. Construit en 1891 sur les pentes du Dniepr, il fut conçu comme un temple du savoir, avec ses hautes fenêtres et son plan symétrique. Transformé en hôpital militaire durant la guerre, il incarne la résilience de la ville et de son peuple.

Cherkassy se distingue aussi par sa créativité contemporaine. Le monument aux vareniki, inauguré en 2006, illustre l’humour et l’attachement à la culture populaire ukrainienne. Plus imposant, le monument de Bohdan Khmelnytskyi, érigé pour le 400e anniversaire de l’hetman, symbolise la fierté nationale.

Cherkassy offre un panorama fascinant de traditions spirituelles et de patrimoines variés. L’une des plus anciennes et des plus imposantes constructions religieuses de la ville, l’église orthodoxe Mère de Dieu, domine la rue Blahovisna. Son architecture néo-byzantine et sa coupole turquoise se distinguent dans le paysage urbain. À l’intérieur, les visiteurs découvrent une iconostase dorée d’une finesse remarquable, ainsi que des fresques colorées retraçant la vie de la Vierge.

À quelques rues de là, le temple bouddhiste du Lotus Blanc surprend par son unicité : il s’agit du seul temple bouddhiste d’Europe de l’Est. Édifié dans les années 1990, il s’inspire directement d’un sanctuaire du Laos. L’entrée est gardée par deux statues monumentales rapportées du Tibet, conférant au lieu une atmosphère mystique. Les visiteurs peuvent y participer à des visites guidées sur réservation, découvrir des rituels traditionnels, ou assister à des cérémonies de méditation.

Dans le parc du 1er mai, la cathédrale Saint-Michel s’élève majestueusement, construite dans un style byzantin d’une élégance rare. Ses dômes dorés scintillent au-dessus du feuillage, tandis que ses mosaïques intérieures relatent la vie de l’archange. Elle constitue l’un des repères les plus photographiés de la ville. Plus discrète, la première église baptiste, située rue Lisova Prosika, accueille une communauté dynamique et ouverte. Le temple de Saint-André, sur la rue des Héros du Dniepr, complète ce riche patrimoine religieux : posé au bord du fleuve, il offre au coucher du soleil un cadre d’une sérénité absolue.

Les amateurs de curiosités trouveront au musée Paradise Corner un univers bucolique consacré à la nature et à l’art populaire. Installé au nord de la ville, il mêle sculptures, objets artisanaux et jardins thématiques, créant une atmosphère paisible. Non loin du centre, le musée d’histoire locale de l’oblast de Cherkassy présente plus de 12 000 pièces dans trente salles modernes. Cette institution retrace l’évolution de la région, de l’archéologie ancienne à l’époque contemporaine. Fossiles, textiles, armes anciennes et costumes traditionnels s’y côtoient dans une présentation pédagogique et soignée.

Dans une charmante demeure du XIXe siècle, le musée « Kobzar » de Taras Shevchenko rend hommage au poète national ukrainien à travers son œuvre emblématique. Il est le seul musée au monde consacré à un seul livre. Les salles retracent la genèse du Kobzar, les manuscrits et éditions rares, et rappellent la force symbolique du texte dans la construction de l’identité ukrainienne. La maison Tsybulsky, qui l’abrite, illustre l’élégance bourgeoise d’une époque où Cherkassy prospérait grâce au commerce fluvial et à la finance.

L’art sous toutes ses formes s’exprime aussi au musée d’art de Cherkassy, situé rue Kreshchatik. On y découvre des collections d’icônes des XVIIIe et XIXe siècles, des portraits classiques et de nombreuses œuvres contemporaines. Quatre salles sont dédiées aux expositions temporaires, souvent consacrées à des artistes ukrainiens émergents. Plus intime, le musée commémoratif littéraire de Vasyl Symonenka plonge le visiteur dans l’univers du poète et journaliste, figure essentielle de la littérature ukrainienne moderne. Manuscrits, lettres et objets personnels évoquent sa vie et son engagement pour la liberté d’expression.

Un patrimoine singulier complète cette offre muséale : le musée de la Vyshyvanka et le musée de la serviette ukrainienne. Fondé à l’Université nationale de Cherkassy, ce dernier conserve plus de 500 serviettes brodées de la fin du XIXe siècle. Ces étoffes colorées racontent l’histoire intime des familles, leurs traditions et leur sens du sacré.

Enfin, les nombreux espaces verts confèrent à Cherkassy un charme paisible. Le jardin public Bogdan Khmelnitsky, le parc Peremohy, le parc Sobornyi et la vallée des Roses longent le Dniepr et offrent des havres de promenade. Le parc Juvileyniy, le parc Himikiv et la forêt de Cherkassy abritent des zones de loisirs et des sentiers boisés. La promenade de Cherkassy, au bord du fleuve, se prête aux balades au coucher du soleil, avant une halte gourmande au marché central ou au marché Fermerskyi, où les étals débordent de fruits et de spécialités locales.

Autour de la ville, les paysages invitent à la contemplation. Le fleuve Dniepr et le réservoir de Kaniv offrent des panoramas spectaculaires et des espaces de détente. À Chyhyryn, ancienne capitale cosaque, subsistent les vestiges du palais de Khmelnytsky et du monastère de la Trinité. Plus au nord, la réserve nationale Shevchenko, sur la colline Taras à Kaniv, abrite le tombeau du poète et un ensemble de musées consacrés à son œuvre. À Korsun-Shevchenkivskyi, le parc paysager et le palais des Lopukhinykh-Demydovykh séduisent par leur charme romantique et leurs sculptures élégantes.

Les environs de Cherkassy recèlent aussi des merveilles naturelles comme le canyon de la rivière Girskyi Tikych, près de Buky, où les roches sculptées par le temps encadrent des cascades limpides. À Zolotonosha, le monastère Krasnogorskyi Pokrovskyi et la cathédrale Sviato-Ouspenskyi illustrent le baroque ukrainien dans toute sa splendeur.

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66. La région de Tcherkassy (Ukraine du centre)

Au cœur de l’Ukraine centrale, la région de Cherkaska ou Tcherkassy s’étend le long du majestueux Dniepr, révélant un patrimoine exceptionnel où se mêlent traditions religieuses, beauté naturelle et mémoire historique. Cette terre, profondément marquée par les Cosaques, abrite une mosaïque de villages et de petites villes au charme préservé. De Bakaivka à Zolotonosha, les sanctuaires, domaines et paysages témoignent d’un héritage séculaire. Chaque lieu raconte une facette de l’histoire ukrainienne, entre ferveur spirituelle, art architectural et romantisme des rivières.

Dans le village de Bakaivka, le monastère de la Protection de la Vierge (Sauveur et Transfiguration) de Krasnogirskyi, fondé en 1767, se distingue par ses lignes baroques et son atmosphère paisible. Ses murs blanchis, ses dômes turquoise et ses icônes anciennes en font un haut lieu de pèlerinage. Entouré de collines verdoyantes, le monastère évoque la piété populaire des siècles passés. Plus au sud, le village de Buky abrite le célèbre canyon de la rivière Girskyi Tikych, un site naturel d’une beauté saisissante. Les eaux cristallines serpentent entre d’imposantes parois rocheuses, formant un décor grandiose prisé des amateurs de randonnée et de photographie.

La ville historique de Chygyryn, ancienne capitale cosaque, incarne l’esprit de résistance et d’indépendance de l’Ukraine. Sa forteresse de Bohdan Khmelnytskyi-Petro Doroshenko, édifiée aux XVIe et XVIIe siècles, domine encore la vallée. Restaurée avec soin, elle permet d’imaginer les batailles et les réunions du Hetmanat. Les remparts, les tours de guet et le petit musée consacré aux Cosaques rappellent la puissance politique que Chygyryn exerça sur la région. Non loin de là, Gorodysche conserve la sobre et élégante église Saint-Michel, construite en 1844 dans un style néoclassique, entourée de vieux tilleuls qui accentuent son atmosphère de recueillement.

À Kaniv, la spiritualité et la mémoire se conjuguent dans un cadre d’une grande beauté. La cathédrale et le collège Saint-Georges, fondés vers 1147 et remaniés en 1810, témoignent de l’ancienneté du christianisme sur les rives du Dniepr. La réserve nationale Chevtchenko, installée sur la colline Taras (Tarasova gora), abrite le tombeau du grand poète Taras Chevtchenko. Ce site, devenu lieu de pèlerinage national, surplombe les flots du Dniepr et symbolise la conscience culturelle et spirituelle du peuple ukrainien.

Plus à l’ouest, Korsun-Shevchenkivskyi charme par son domaine des Lopukhins, un ensemble du XVIIIe siècle aux accents romantiques. Son parc paysager, ses allées bordées de statues et ses pavillons néoclassiques créent une atmosphère digne des grands jardins européens. À Kozatske, la succession des Golitsyns-Engelhardts, construite entre 1785 et 1840, illustre l’élégance aristocratique d’une époque où la noblesse russe et ukrainienne entretenait des demeures fastueuses dans cette région fertile.

La localité de Lebedyn abrite plusieurs trésors patrimoniaux. L’église du Sauveur et de la Transfiguration, bâtie en 1826, séduit par sa façade sobre et sa coupole élancée. Le moulin à bois, datant de 1880, rappelle l’activité artisanale intense qui animait autrefois les rives des rivières locales. Le couvent Saint-Nicolas, fondé en 1779, complète cet ensemble historique : son cloître fleuri et son clocher en bois évoquent la vie monastique d’autrefois, paisible et laborieuse.

À Mliiv, le domaine de Symyrenkos retrace l’histoire d’une famille de mécènes et d’industriels qui jouèrent un rôle essentiel dans le développement économique et culturel du XIXe siècle. Le parc romantique, les serres anciennes et les bâtiments d’époque rappellent le raffinement d’une élite éclairée. Dans le village voisin de Pugachivka, l’église de la Trinité, érigée en 1761, constitue l’un des plus anciens sanctuaires de la région. Ses murs massifs et son clocher à bulbe s’intègrent parfaitement au paysage vallonné du centre de l’Ukraine.

La petite ville de Shpola conserve le domaine d’A. Abaza, édifié au milieu du XIXe siècle et agrandi au début du XXe. Le manoir, orné de colonnes et de vérandas, illustre la transition entre les styles classique et romantique. À Stebliv, la rivière Ros déroule ses méandres au pied d’une annexe de la résidence des Golovynskyis, datant du XVIIIe siècle.

Le village de Subotiv est indissociable de la figure du héros national Bohdan Khmelnytsky. Son église Saint-Élie et clocher, construits en 1653, furent commandés par le hetman lui-même. De style cosaque, cet édifice en pierre blanche, au profil trapu, abrite la sépulture du chef militaire. L’église domine le village, entourée de champs dorés qui renforcent la beauté simple du site.

Enfin, Uman et Zolotonosha constituent deux perles complémentaires du patrimoine régional. À Uman, le somptueux parc Sofiivka, conçu vers 1805 et agrandi entre 1836 et 1859, déploie grottes, cascades, statues et allées sinueuses dans un cadre romantique inspiré de la mythologie grecque. Non loin, l’église de l’Assomption de la Vierge Marie (1826) rappelle la richesse religieuse de la cité. À Zolotonosha, l’église de l’Assomption de la Vierge Marie, achevée en 1909, mêle harmonieusement baroque ukrainien et art néo-byzantin.

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67. Chernihiv (Ukraine du centre)

Chernihiv ou Chernihivska avec ses 282 747 habitants est l’une des plus anciennes cités d’Ukraine ; elle fascine par l’harmonie qu’elle entretient entre son patrimoine spirituel et son atmosphère urbaine paisible. Située sur les rives du Desna, elle se distingue par ses innombrables monuments religieux, témoins d’un millénaire d’histoire, tels que la cathédrale de la Transfiguration, les cathédrales Saint-Boris et Saint-Gleb ou encore l’église Sainte-Catherine, éclatant joyau du baroque ukrainien.

Le Val, cœur historique de la ville, rassemble plusieurs de ces sanctuaires parmi les plus anciens de la Rus’ de Kyiv, tandis que les grottes d’Antoine, creusées dans la colline de Boldyn, conservent les reliques et icônes miraculeuses qui font de Chernihiv un haut lieu du pèlerinage orthodoxe. Dans ce paysage sacré, la gare monumentale de Chernihiv, édifiée après la Seconde Guerre mondiale, s’impose comme un symbole de renaissance et de modernité.

La richesse muséale de la ville reflète la diversité de son héritage culturel. Le musée historique régional, installé dans l’ancienne résidence du gouverneur, expose plus de 130 000 pièces retraçant la vie locale depuis l’Antiquité, tandis que le musée d’art régional présente des œuvres européennes et ukrainiennes du XVIIe au XIXe siècle. Le musée des antiquités de V. Tarnovskyi, fondé par un grand mécène ukrainien, abrite une collection d’objets d’art populaire et d’icônes anciennes. Le musée militaire et historique, quant à lui, illustre la résistance de la région pendant la Grande Guerre patriotique. À proximité, la galerie d’art Kruti Skhody met en valeur la créativité contemporaine avec des sculptures, poteries et broderies typiques d’Ukraine.

Les lieux de culte restent les véritables trésors de Chernihiv. L’église de la Résurrection, construite dans le style baroque entre 1772 et 1775, témoigne de l’élégance architecturale du XVIIIe siècle. Le monastère Sviato-Uspinskyi Yeletskyi, fondé au XIe siècle, abrite la célèbre icône miraculeuse de la Vierge de Tchernihiv. Plus au sud, le monastère de la Trinité-Élie, dominé par une cathédrale du XVIIe siècle et un clocher haut de 58 mètres, offre une vue spectaculaire sur la ville. Non loin de là, l’église d’Élie, adossée à l’entrée des grottes d’Antoine, marque le lien spirituel entre le monde terrestre et le monde souterrain. Le Kolegium, fondé en 1700, perpétue quant à lui la tradition éducative et théologique de la cité.

Les vestiges de l’époque princière sont encore visibles à travers la cathédrale de Boris et de Gleb, fondée en 1120 par le prince David de Tchernihiv, et la légendaire Tombe Noire, tumulus monumental attribué à un prince mythique. L’ancienne nécropole russe des collines de Boldyny, regroupant plus de 250 sépultures datant des IXe et Xe siècles, constitue un site archéologique majeur. Ces témoins d’une gloire passée coexistent avec des bâtiments civils d’intérêt comme la maison de Lyzohuba (ou de Mazepa), demeure d’hetman du XVIIe siècle, ou la maison d’Ostapenko, élégante résidence Art nouveau construite en 1906.

La ville conserve aussi une empreinte littéraire et artistique marquante. Le musée mémorial M. M. Kotsiubynskyi, installé dans la demeure de l’écrivain, recrée l’univers de ce grand représentant du réalisme ukrainien, tandis que son jardin commémoratif évoque la sérénité de ses œuvres. Le théâtre régional Taras Chevtchenko, institution académique de musique et de théâtre, illustre la vitalité culturelle contemporaine de Chernihiv. De même, les anciens bâtiments civils tels que la maison du séminaire théologique et de l’église Saint-Théodore ou l’ancienne maison de la fraternité du diocèse de Mykolaïv témoignent du passé intellectuel et ecclésiastique de la ville.

Enfin, Chernihiv séduit par la douceur de son cadre de vie. Les parcs verdoyants du centre, l’allée des Héros ou la place Rouge, où se dressent les monuments à Lénine et aux soldats d’Afghanistan, rappellent la mémoire des époques révolues. Ses rues élégantes bordées d’immeubles XIXe, ses musées riches et ses églises millénaires en font un musée à ciel ouvert.

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68. La région de Chernihiv (Ukraine du centre)

La région de Chernihiv ou Chernihivska, située dans le nord de l’Ukraine, à la frontière de la Biélorussie et de la Russie, incarne une terre d’histoire, de foi et de culture. Cette région, berceau de l’une des plus anciennes principautés de la Rus’ de Kyiv, abrite des ensembles monastiques et des domaines aristocratiques qui rappellent sa grandeur passée. De Baturyn à Vyshenky, chaque localité conserve la mémoire d’un âge d’or spirituel et architectural. La richesse du patrimoine religieux s’y exprime dans la beauté de ses cathédrales, la sobriété de ses églises en bois et la majesté de ses monastères baroques, formant un itinéraire culturel d’une rare intensité.

Dans le sud de la région, Baturyn se distingue par son palais de Kyrylo Rozumovskyi (1799-1803), splendide résidence néoclassique du dernier hetman de la cosaquerie ukrainienne. Restauré avec soin, ce palais et son parc rappellent la prospérité du XVIIIe siècle et la culture raffinée de l’élite cosaque. Non loin de là, le monastère de Gustynya (1614-1844), entouré de collines boisées, incarne la sérénité spirituelle et la beauté du baroque ukrainien. Le domaine de Kachanivka (1770-1850), autre joyau du patrimoine régional, allie élégance architecturale et nature romantique : il fut un haut lieu de création artistique fréquenté par Taras Chevtchenko, Mykola Hlinka ou encore Gogol.

Les petites cités et villages de la région conservent eux aussi des trésors remarquables. À Kozelets, la cathédrale de la Nativité de la Vierge (1752-1763) impressionne par sa blancheur éclatante et la richesse de son décor rococo, œuvre des sœurs Razoumovska. À Nijyn, ville commerçante et intellectuelle, se trouvent le monastère de l’Annonciation, le couvent de la Présentation et l’église Saint-Michel (1714-1731), qui retracent l’évolution du baroque religieux local. Novgorod-Siverskyi, autre cité historique, abrite le monastère du Sauveur-et-de-la-Transfiguration, fondé au XIe siècle, symbole de la permanence spirituelle dans la vallée du Dniepr.

La région réserve enfin des sites d’un grand charme naturel. À Pryluky, l’église Saint-Nicolas (1720, remaniée en 1817) se dresse dans un cadre paisible. À Sedniv, les rives de la rivière Snov et son église en bois du XIXe siècle offrent un tableau d’une grande douceur. Le parc arboré de Trostyanets, créé dans les années 1850, abrite un remarquable arboretum au cœur d’un domaine paysager romantique. Enfin, à Vyshenky, le palais d’O. Rumyantsev-Zadunaiskyi (années 1780) et l’église de l’Assomption (1787) rappellent l’élégance des demeures aristocratiques d’Ukraine, tandis qu’à Jouklia, la Protection de l’église de la Vierge (1913) perpétue la tradition orthodoxe dans une forme plus moderne.

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69. Les grottes d’Antoine (Ukraine du centre)

Creusées dans les monts Boldyn, les grottes d’Antoine ou Antoniyevi Pechery forment l’un des complexes monastiques souterrains les plus anciens et les plus impressionnants d’Ukraine. Fondées au XIe siècle par le prince Sviatoslav Yaroslavitch et le moine Antoine de Pechersk, elles furent dédiées à la Mère de Dieu et organisées selon le modèle du monachisme rupestre de Kyiv. À cette époque, les collines de Boldyn abritaient encore d’anciens temples païens, remplacés par les cellules et les sanctuaires creusés à même la terre par les premiers moines. L’église Ilyinskaya, située à l’entrée du complexe, demeure aujourd’hui l’un des rares témoins de l’architecture religieuse de la Ruthénie ancienne.

Au fil des siècles, le monastère de Boldynogorsk connut des périodes de prospérité et de déclin. Ravagé lors de l’invasion mongole-tatare de 1239, il fut restauré au XVIIe siècle grâce au colonel Stepan Podobailo et au hiéromoine Zosym Tyshevych. À proximité s’éleva plus tard le monastère de la Trinité-Illinsky, complétant le vaste ensemble religieux des monts Boldyn. Les galeries furent consolidées, les chambres agrandies et plusieurs temples souterrains aménagés. La partie principale du réseau, longue d’environ 350 mètres, s’étend sur deux niveaux et atteint parfois douze mètres de profondeur sous la surface.

L’architecture intérieure témoigne de l’ingéniosité des bâtisseurs. Sans aucun renfort, les galeries et sanctuaires ont traversé les siècles grâce à la solidité du limon argileux du sol. Les églises souterraines de Théodose Totemski, de Saint-Antoine-des-Grottes et de Saint-Nicolas-le-Saint présentent des voûtes en briques et des décorations d’inspiration baroque ukrainienne. La plus vaste, la voûte de Théodose Totemski, atteint 15,5 mètres de longueur pour 8,5 mètres de hauteur. Des inscriptions médiévales subsistent sur certains murs, tandis que les reliques de moines martyrs rappellent la tragédie du XIIIe siècle.

Depuis 1967, les grottes d’Antoine sont intégrées à la réserve historique et architecturale de Tchernihiv. Les fouilles ont révélé l’existence probable de deux niveaux supplémentaires, encore inexplorés.

70. Kropyvnytskyï (Ukraine du centre)

Située sur le plateau du Dniepr, Kropyvnytskyi, autrefois Yelisavetgrad et Kirovohrad est aujourd’hui le cœur administratif et culturel de l’oblast du même nom. Traversée par la rivière Inhul, cette ville au charme discret mêle un patrimoine architectural du XIXe siècle et une atmosphère provinciale apaisante. Les habitants aiment la comparer à un « petit Paris » pour ses rues élégantes, ses édifices à colonnades et ses places ombragées. Bien qu’elle ne soit pas une grande destination touristique, elle séduit par son authenticité et son dynamisme régional.

Le principal site historique de la ville est la forteresse Sainte-Élisabeth (Fortechni Valy), édifiée au XVIIIe siècle. Considérée comme la plus ancienne forteresse de terre d’Europe encore conservée, elle fut le centre administratif de la Nouvelle-Serbie, colonie militaire cosaque. Sa structure hexagonale, d’un périmètre total de six kilomètres, témoigne d’une conception militaire remarquable. Ses bastions, fossés et talus rappellent la puissance défensive de l’époque impériale russe et font de Kropyvnytskyi un lieu d’étude pour les historiens et les passionnés d’architecture militaire.

La ville abrite également plusieurs édifices religieux remarquables. L’église Svyato-Pokrovska, bâtie en 1849 dans un style russo-byzantin, conserve des fresques du XIXe siècle. La cathédrale de la Transfiguration (1813), avec son portique à colonnes corinthiennes, renferme l’icône miraculeuse de la Vierge « Élisavetgrad », protectrice de la cité. La cathédrale de la Nativité de la Vierge Marie (1757) reflète un équilibre néoclassique typique de la première moitié du XIXe siècle, tandis que l’église catholique du Saint-Esprit évoque la diversité spirituelle de la ville.

Sur le plan culturel, Kropyvnytskyi rend hommage à ses figures locales à travers de nombreux musées. Le musée d’études régionales de Kirovohrad présente plus de 80 000 pièces retraçant l’histoire du territoire, depuis la préhistoire jusqu’à l’époque contemporaine. Le musée commémoratif de Marko Kropyvnytskyi, installé dans la demeure du fondateur du théâtre ukrainien, expose documents, affiches et objets personnels du dramaturge. Le musée d’art Osmerkin et le musée Neugauz complètent ce riche patrimoine, tout comme le musée historique des Juifs d’Élisavetgrad, qui retrace la vie des communautés juives locales.

Les espaces verts ajoutent à l’agrément de la ville. Le Dendropark, lieu de promenade et de loisirs, propose des attractions familiales et un petit zoo. Le parc Kovalivs’kyi, situé près du théâtre, et le parc Peremohy offrent des zones ombragées propices à la détente.

La vie artistique reste vivante grâce au théâtre dramatique et musical d’État, rénové en 2012, fidèle à son apparence d’origine. Le cinéma Portail et la salle philharmonique d’État complètent l’offre culturelle, reflétant le goût des habitants pour la musique et le spectacle. Les marchés locaux, comme le Krytyi rynok, et les cafés du centre renforcent cette atmosphère de convivialité, où la modernité se marie à la tradition.

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71. La région de Kropyvnytskyi (Ukraine du centre)

Au cœur de l’Ukraine centrale, la région de Kropyvnytskyi ou Kirovohradska séduit par la douceur de ses paysages et la richesse de son patrimoine historique. Ses villes, souvent fondées à l’époque cosaque ou développées au XIXe siècle, conservent un charme provincial marqué par des édifices religieux, des maisons de marchands et des musées régionaux. Le visiteur découvre une terre où l’histoire militaire, l’art sacré et la vie rurale se mêlent harmonieusement, donnant naissance à un ensemble cohérent et profondément ukrainien.

À Bobrynets, petite cité tranquille, l’élégante cathédrale de l’Ascension (1912) s’impose comme un repère spirituel, tandis que la cathédrale Saint-Nicolas (1850) témoigne du néoclassicisme ecclésiastique du XIXe siècle. Les deux synagogues du centre, datant elles aussi du XIXe siècle, rappellent la présence juive historique dans cette région commerçante. Autour du vieux marché, les façades de briques et les anciennes écoles de quartier du milieu du XIXe siècle conservent leur authenticité. Le musée d’histoire locale, installé dans un bâtiment ancien, complète la découverte en retraçant la vie quotidienne de la steppe et des premiers colons.

Les villages de la région possèdent eux aussi un remarquable patrimoine religieux. À Novomyrgorod, l’église Saint-Élie (1786) conserve un clocher gracieux et un intérieur peint d’icônes anciennes. À Rozumivka, l’église de l’Exaltation de la Croix (1855) abrite la crypte de la famille Raevsky, l’une des plus nobles lignées du sud de l’Ukraine.

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72. La région de Kyivska (Ukraine du centre)

La région de Kyivska, vaste territoire encerclant la capitale ukrainienne, se distingue par un patrimoine culturel et architectural d’une richesse exceptionnelle. Ses villes et villages conservent de remarquables ensembles historiques où se mêlent les influences baroques, classiques et vernaculaires. Au sud de Kyiv, la ville de Bila Tserkva illustre parfaitement cette diversité. Son majestueux parc Oleksandriya, créé au XIXe siècle, s’étend sur un vaste domaine romantique parsemé de pavillons et de sculptures.

L’église Saint-Jean-Baptiste, édifiée dans les années 1810, et l’église baroque Saint-Nicolas de 1852 traduisent le raffinement religieux de la cité. La cathédrale du Sauveur et de la Transfiguration, construite entre 1833 et 1839, domine le boulevard Oleksandriiskyi, où se succèdent les bâtiments anciens et les résidences nobles.

Dans le même ensemble urbain, l’Assemblée de la Noblesse, datant des années 1810, et le palais d’hiver des Branickis, érigé dans les années 1820, rappellent le faste de l’aristocratie ukrainienne. Les entrepôts de monuments des années 1790, l’ancienne poste (1825-1831) et le moulin à eau sur la rivière Rosh de 1870 témoignent du dynamisme économique du XIXe siècle. Le bâtiment principal de l’Université agraire, inauguré en 1843 sur la place Soborna, incarne l’esprit d’innovation agricole de la région. La maison-hôtel de la place Torhova, classée monument architectural, s’ajoute à cet ensemble harmonieux où se mêlent beauté et fonctionnalité.

L’empreinte religieuse et communautaire de Bila Tserkva reste forte. L’église Sainte-Marie-Madeleine (1843) et la chapelle Saint-Georges (années 1990) rappellent la continuité du culte chrétien. Les traces de la communauté juive sont visibles dans l’école heder (1901), la synagogue chorale des années 1870 et la maison de réunion juive des années 1880. Ces édifices, admirablement préservés, forment un rare ensemble patrimonial. Le château d’eau Choukhov (1929) représente quant à lui une prouesse d’ingénierie soviétique. Le musée d’histoire locale, rue Druzhby, et le théâtre de musique et de théâtre Saksaganskoho (1920) enrichissent encore l’identité culturelle de la ville.

À quelques kilomètres de là, le village de Borodani conserve l’église de la Résurrection (1800), un chef-d’œuvre d’architecture religieuse rurale. Non loin, Fastiv, située à 72 kilomètres au sud-ouest de Kyiv, abrite la remarquable église catholique romaine de l’Exaltation de la Croix (1907), symbole du multiculturalisme religieux local. L’église de la Protection de la Vierge (1740), avec sa structure traditionnelle en bois, et la paroisse Saint-Démétrius (65, rue Tarasa Shevchenko) illustrent l’ancienneté de la foi orthodoxe dans la région. Le musée d’histoire locale et le curieux musée sur roues installé à la gare rappellent quant à eux l’importance de Fastiv comme centre ferroviaire historique.

Les villages alentour préservent des monuments d’une beauté singulière. À Lypovyi Skytok, l’église Saint-Onuphry, construite en 1705, demeure un rare témoin de l’architecture ecclésiastique du début du XVIIIe siècle. À Parkhomivka, le complexe de protection de l’église de la Vierge (1905) impressionne par la richesse de ses fresques et son plan harmonieux. Plus à l’est, Pidgirtsi conserve l’église Saint-Michel et son clocher, érigés entre 1742 et les années 1850, tandis que Rude Selo abrite un palais néoclassique (années 1820) et une église de la Trinité (1841), véritables joyaux de la campagne kyivienne.

La petite localité de Scherbaky offre une chapelle vieille de 150 ans, émouvant vestige du culte rural traditionnel, et Snitynka séduit par son étang, havre de paix au cœur de la plaine ukrainienne. Plus au sud, Vasylkiv est célèbre pour sa cathédrale Saint-Antoine-et-Saint-Théodose (1758), chef-d’œuvre baroque d’une grande pureté architecturale. Ces villages, avec leurs monuments discrets, témoignent du lien profond entre le sacré, la nature et la communauté villageoise.

À l’est, la ville de Pereyaslav-Khmelnytskyi, située à 85 kilomètres de Kyiv, s’impose comme un haut lieu de la culture nationale. Le musée de l’architecture populaire et de la vie de la Moyenne Pridniprovie, fondé au début du XXe siècle, rassemble d’authentiques maisons, moulins et églises en bois. Le monastère de l’Ascension (années 1730) et l’église Saint-Michel (années 1660) rappellent la ferveur religieuse de cette cité historique. L’église des saints Boris et Gleb (1839) et l’église de la Trinité du XVIIe siècle, située rue Gorkogo, complètent un ensemble d’une rare cohérence spirituelle.

Les musées de Pereyaslav-Khmelnytskyi forment un réseau exceptionnel. Le musée du Testament de Taras Shevchenko (rue Shevchenko, 8), le musée de la culture de Trypillia (rue Shevchenko, 10/7) et le musée d’art Kobza (rue Khmelnitskogo, 20) offrent un panorama unique du génie artistique ukrainien. Le musée Hryhorii Skovoroda (rue Skovorody, 52) rend hommage au grand philosophe du XVIIIe siècle, tandis que le musée archéologique et le musée national ukrainien du vêtement enrichissent encore cette mosaïque patrimoniale.

Au nord de la région, Vyshhorod s’étend sur les rives du réservoir de Kyiv, appelé la mer de Kyiv (1965). L’église des saints Boris et Gleb, édifiée dans les années 1880, domine la colline historique où se trouvent le site archéologique de l’ancienne colonie de Vyshhorod et la centrale hydroélectrique de Kyiv, symbole de l’ère industrielle soviétique. Le musée de la poterie (rue Mezhyhirskoho Spasu, 11) et le musée historique (rue Hrushevskoho, 1) perpétuent la mémoire des artisans et des habitants de la région.

Les visiteurs y découvrent aussi la Mmaison de la canneberge, exposition dédiée à la nature et aux traditions locales, ainsi qu’une station de ski Vyshgora (rue Vatutina, 102) très prisée des citadins de Kyiv. Les plages de la mer artificielle offrent, quant à elles, un lieu de détente inattendu à quelques kilomètres de la capitale. Plus à l’est, le parc paysager de Zgurivka, aménagé en 1837, constitue un chef-d’œuvre d’art horticole, mêlant clairières, plans d’eau et allées romantiques.

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73. Myrhorod (Ukraine du centre)

Située au cœur de l’oblast de Poltava, Myrhorod avec ses 40 000 habitants, s’impose comme l’une des stations thermales les plus renommées d’Ukraine centrale. Son charme paisible s’allie à une riche histoire, que rappellent de nombreux édifices civils, religieux et culturels. Fondée sur les rives du fleuve Khorol, la ville se distingue d’abord par son patrimoine architectural du XIXe siècle, illustré par l’école d’art et d’industrie, aussi appelée école supérieure de promotion, érigée dans les années 1890. Ce bâtiment, symbole d’un enseignement artistique novateur, demeure un pilier de la vie culturelle locale. L’église de l’Assomption, construite en 1887, domine quant à elle le centre historique par sa silhouette harmonieuse et sa coupole d’un bleu profond.

L’un des principaux pôles patrimoniaux de la ville est le musée de Myrhorod (Myrhorodsʹkyĭ kraieznavchyĭ muzeĭ), consacré à l’histoire, à la nature et à l’artisanat de la région. Ses collections présentent des objets d’archéologie, des œuvres d’art populaire et des documents retraçant le développement de la cité thermale. Non loin, le musée commémoratif littéraire Davyd Guramishvili rend hommage au poète géorgien du XVIIIe siècle, qui vécut à Myrhorod et y composa une partie de son œuvre. Cette institution, située rue Nezalezhnosti, mêle espace muséal et mémoire littéraire, évoquant l’héritage culturel européen de la ville.

Myrhorod doit sa renommée à sa station touristique Myrhorodkurort, célèbre depuis le début du XXe siècle pour ses eaux minérales curatives. Ce vaste complexe regroupe plusieurs établissements emblématiques, dont les sanatoriums Birch Grove, Poltava, Khorol et Myrhorod, chacun spécialisé dans des soins thermaux ou de réhabilitation. L’entrée monumentale du complexe, flanquée de fontaines et de la cathédrale de l’Assomption, offre un cadre harmonieux à ce lieu de détente.

Sur la place centrale s’élèvent l’hôtel de ville de Myrhorod, classé monument architectural, et le monument à Mykola Gogol, écrivain natif de la région, dont l’œuvre a immortalisé l’esprit de la steppe ukrainienne.

Le plus ancien des établissements de soins est le sanatorium Mykola Gogol, appartenant à la compagnie des chemins de fer du Sud. Ce centre, anciennement connu sous le nom de « Pivdenny », se spécialise dans le diagnostic et le traitement des affections du système digestif et musculo-squelettique. L’attention portée à la réadaptation et à la prévention en a fait un modèle pour l’ensemble du pays. À proximité, le centre de réadaptation Mirhorod du ministère de l’Intérieur ukrainien propose également des soins thermaux, destinés principalement aux pathologies gastro-intestinales, dans un cadre paisible au bord du fleuve.

Le forteresse Sainte-Élisabeth, relevant du ministère du Travail et de la Politique sociale d’Ukraine, s’adresse plus particulièrement aux retraités. Ses traitements reposent sur les propriétés minérales de l’eau de Myrhorod, réputée pour sa composition équilibrée. À ces institutions s’ajoute le sanatorium Arc-en-ciel, ouvert en 2005 au sein même du complexe thermal. Cet établissement privé, moderne et lumineux, s’adresse à un public recherchant confort et thérapie douce, prolongeant la tradition séculaire du thermalisme ukrainien dans un esprit de bien-être contemporain.

Ville spirituelle autant que culturelle, Myrhorod abrite une grande diversité religieuse. Parmi les édifices les plus remarquables figurent l’église de la Sainte-Trinité et l’église de Tous les Saints de l’Église orthodoxe d’Ukraine, ainsi que l’église Jean le Théologien et la cathédrale de l’Assomption, dépendant de l’Église orthodoxe ukrainienne du patriarcat de Moscou. La présence de l’église catholique romaine de la Divine Miséricorde, d’une mosquée centrale, et de plusieurs communautés protestantes, telles que les chrétiens de foi évangélique « Grâce », « Salem » et « La vie en Jésus », illustre la tolérance et la coexistence confessionnelle propres à la ville.

La vie culturelle y est particulièrement active. La maison municipale de la culture, située rue Kyivska, 1, organise concerts, festivals et expositions tout au long de l’année. Le musée d’histoire locale de Myrhorod, rue Nezalezhnosti, 2, dirigé par Andriy Fesenko, propose une riche collection sur le développement urbain et artisanal. Le musée littéraire et commémoratif Davyd Guramishvili, dirigé par Tetyana Didenko, met en valeur l’influence du poète sur la littérature ukrainienne. Quant au musée de la mémoire des victimes de l’Holodomor de 1932-1933, installé sur le site de l’ancien refuge pour enfants, il perpétue la mémoire des souffrances subies pendant la grande famine soviétique.

Les institutions éducatives et culturelles complètent ce tableau vivant. La bibliothèque pour adultes D. Guramishvili et la bibliothèque municipale pour enfants, toutes deux situées rue Nezalezhnosti, servent de centres d’étude et de rencontres pour la population. Le centre culturel et de loisirs de la rue Lychanska, dirigé par Lidiya Babych, accueille des représentations théâtrales et des manifestations musicales. La école de musique pour enfants A. P. Kolomiyets, rue Sorochynska, incarne quant à elle la continuité de la formation artistique, mêlant rigueur académique et créativité.

Cette densité culturelle se double d’un environnement naturel apaisant. Les parcs et promenades bordant la rivière Khorol offrent un cadre propice à la détente. Les fontaines du centre-ville et les allées fleuries du Myrhorodkurort créent une atmosphère de calme et de bien-être.

74. Poltava (Ukraine du centre)

Poltava, avec ses 240 135 habitants est une capitale historique du centre de l’Ukraine. Elle séduit par la richesse de son patrimoine culturel et la douceur de son atmosphère. Souvent appelée la « capitale culturelle » du pays, elle est un lieu où se mêlent harmonieusement histoire, spiritualité et nature. Ses larges avenues bordées d’arbres, ses parcs verdoyants et ses bâtiments à l’architecture raffinée témoignent d’un passé prestigieux et d’une identité profondément enracinée dans la culture ukrainienne. De nombreuses personnalités artistiques, littéraires et scientifiques y ont vu le jour, contribuant à la réputation de la ville comme l’un des pôles intellectuels du pays.

Le parcours spirituel de Poltava commence par l’église Sviato-Panteleymonivska, construite en 1999 pour marquer le 1100ᵉ anniversaire de la ville. Moderne et lumineuse, elle incarne la vitalité religieuse contemporaine. L’église Voznesenskaya, érigée en 1762, séduit par son architecture baroque et sa pierre blanche d’une élégance sobre. Non loin de là, le monastère Khrestovozdvyzhenskyi (Sainte-Croix), fondé en 1650, domine la ville d’une présence majestueuse. Ses coupoles dorées, son église Sviato-Troits’ka et son cloître silencieux en font un haut lieu de recueillement. L’église Samsonovskaya, consacrée en 1856, et l’église « Lumière de Vie », à la façade claire et sobre, complètent ce panorama de foi et de beauté.

La diversité confessionnelle de Poltava se lit dans la coexistence harmonieuse de ses sanctuaires. L’église orthodoxe ukrainienne de Panteleymonivska, nichée dans la ruelle Talalykhina, conserve des icônes précieuses. La présence juive se manifeste par la synagogue de la rue Gogolya et l’ancienne synagogue chorale, reconstruite après un incendie au début du XXᵉ siècle. Ces édifices, témoins des vicissitudes de l’histoire, rappellent la diversité religieuse et culturelle qui caractérise la ville depuis des siècles.

Les musées de Poltava reflètent la profondeur de son héritage. Le musée de l’aviation, rue Kharchovykiv, expose de nombreux avions de l’aviation à long rayon d’action, dont les modèles An-22, Su-15 et Tu-134, retraçant les grandes étapes de l’aéronautique soviétique et ukrainienne. Le musée d’histoire de la bataille de Poltava, situé sur le site du champ historique, est sans doute le plus emblématique. Il évoque la célèbre victoire de Pierre le Grand sur Charles XII en 1709, à travers des objets militaires, des cartes et des dioramas. Son vaste parc, ponctué de tumulus millénaires, mêle mémoire et nature dans une atmosphère solennelle.

Le musée d’art de Poltava, installé rue Frunze, présente une collection remarquable de peintures, de sculptures et d’arts décoratifs ukrainiens et européens. Les œuvres y dialoguent avec la lumière naturelle, offrant un panorama complet de l’esthétique nationale. L’exposition technique de Firestation, rue Biriuzova, rend hommage à l’histoire des services d’urgence et de la lutte contre l’incendie. La bibliothèque et musée de la rue Pushkyna, édifié en 1901 dans un style moderniste, ajoute à l’élégance architecturale du centre-ville, tandis que le musée d’histoire des organes des affaires intérieures présente des collections singulières d’archives et d’objets policiers, retraçant la mémoire administrative de la région.

Les monuments civils et historiques de Poltava forment un ensemble harmonieux où l’histoire dialogue avec l’art. L’ancienne banque foncière paysanne, avec ses mosaïques colorées et ses sculptures de sirènes, est un joyau de l’Art nouveau ukrainien. Le manoir des Lions, reconnaissable à ses imposants félins sculptés, illustre la richesse du patrimoine bourgeois du XIXᵉ siècle. Non loin, le bâtiment de l’école de cadets Petrovs’kyi, construit dans le style du classicisme tardif, témoigne de la rigueur architecturale d’une époque tournée vers la discipline et l’honneur militaire. Le manoir du vice-gouverneur, sobre et équilibré, complète cet ensemble harmonieux.

Au cœur de la ville, le monument à la Gloire, érigé en 1811 dans le jardin Korpusnyy, commémore la victoire russe à la bataille de Poltava. Sa colonne de 17 mètres surmontée d’un aigle impérial domine la place et symbolise la fierté historique de la cité. Les visiteurs apprécient la quiétude du parc environnant, où se mêlent le parfum des fleurs et le murmure des fontaines.

Les espaces verts jouent un rôle essentiel dans le charme de Poltava. Ses nombreux jardins, boulevards et allées boisées invitent à la promenade, en particulier le parc imeni Ivana Petrovycha Kotlyarevskoho, qui porte le nom du grand écrivain ukrainien natif de la ville. Les habitants s’y retrouvent à toute heure du jour, et les étudiants des universités voisines y lisent ou discutent sous les tilleuls. Cette alliance constante de nature et de culture donne à Poltava une identité singulière, entre héritage et modernité.

La vie culturelle est intense, portée par les théâtres, les bibliothèques et les écoles d’art. Le musée d’art, le musée historique, et les nombreuses institutions littéraires rappellent la passion des Poltaviens pour la connaissance. Les festivals de musique, les expositions et les représentations de théâtre animent toute l’année les rues de la ville.

L’axe monumental de la rue Jovtneva concentre plusieurs des plus remarquables édifices civils de Poltava. La chambre du gouverneur général, longue de quarante-deux mètres, attire le regard par son allure solennelle et la pureté de ses lignes classiques. Jadis centre du pouvoir régional, elle demeure l’un des symboles architecturaux les plus photographiés de la ville. Non loin se trouve l’ancien bureau de poste de la Petite Russie, construit en 1809 et reconstruit après l’incendie de 1943. Ses briques épaisses, ses pilastres massifs et son enduit clair rappellent l’esprit pragmatique et élégant du début du XIXᵉ siècle ; il abrite aujourd’hui une école, perpétuant sa vocation d’utilité publique.

À quelques pas, l’ancienne Chambre de l’Assemblée noble, édifiée en 1810, illustre la grandeur sociale et la culture mondaine de la noblesse d’autrefois. Transformée aujourd’hui en cinéma, elle conserve sa façade néoclassique aux colonnes élancées et aux frontons délicatement ornés. La maison de l’ancien hospice, fondée en 1804, témoigne quant à elle du souci humanitaire qui animait la société poltavienne ; devenue Académie de médecine, elle perpétue la tradition du soin et de la connaissance. Ces bâtiments forment, avec la pierre blanche des églises, un ensemble architectural d’une grande cohérence historique.

Les résidences privées ne sont pas moins remarquables. Le manoir de Daragan, rue Gogolya, séduit par ses formes sobres et l’équilibre de sa composition. La maison du rabbin, voisine, illustre la présence juive et la vitalité culturelle d’une communauté ancrée de longue date dans la ville. Le manoir Trofymenko, dans la rue Krychevskoho, arbore un charme discret propre aux demeures bourgeoises de la fin du XIXᵉ siècle, tandis que le manoir du général Petrash, rue Komsomolska, se distingue par son austérité militaire et sa façade symétrique.

Le quartier de Jovtneva aligne encore d’autres témoins de l’histoire économique de la région. L’ancienne Banque d’État, massive et élégante, rappelle le rôle administratif de Poltava dans la gestion financière du gouvernement impérial. Plus loin, la maison de commerce Tokarev, rue Lénine, témoigne de l’essor commercial du XIXᵉ siècle, époque où Poltava prospérait grâce à ses marchés et à ses foires. L’ancien magasin Dokhman, sur la rue Kotliarevskoho, conserve la mémoire d’un marchand influent, propriétaire d’une papeterie et d’une imprimerie qui diffusait les ouvrages de la littérature locale.

Le centre ancien compte également des édifices liés à la vie intellectuelle et artistique. La maison de Michel-Ange, rue Gogolya, rend hommage à l’esprit créatif de la ville et abrite aujourd’hui des activités culturelles. Tout près, le manoir Baliubasha, œuvre de l’architecte P. F. Aloshina, fut érigé en 1912 pour un collectionneur d’art. Son élégance éclectique et ses lignes fluides traduisent l’ouverture esthétique du début du XXᵉ siècle. Le bâtiment accueille désormais la succursale de la banque Energiya, alliant héritage et modernité. Non loin, la brasserie de la rue Spaska, avec son annexe nommée « Refuge des amis », évoque la tradition brassicole locale et l’art de la convivialité.

Lieu emblématique parmi tous, le manoir commémoratif d’Ivan Kotliarevskyi, sur la place Sobornyi, est un musée-domaine dédié au fondateur de la littérature ukrainienne moderne. Sa maison de bois, son jardin paisible et son mobilier d’époque plongent le visiteur dans l’univers du poète et dans l’esprit humaniste de son œuvre.

Aux environs de la ville, la bourgade de Dykan’ka mérite une halte. Située à une trentaine de kilomètres au nord, elle est indissociable du folklore ukrainien grâce aux Soirées à la ferme près de Dikanka de Nicolas Gogol. Ses maisons basses, ses chênes séculaires et ses restaurants traditionnels offrent une immersion dans la campagne poltavienne. Ce décor bucolique, immortalisé par la littérature, réunit culture et nature dans un même élan poétique.

Un peu plus loin, la petite ville d’Opishne se distingue comme le centre national de la céramique ukrainienne. Son musée de la poterie, installé rue Partizhanska, expose les œuvres des plus grands artisans du pays. Les visiteurs y découvrent les fours traditionnels, les motifs ancestraux et les formes symboliques qui font la renommée de cette artère artisanale. Les collines environnantes, parsemées d’ateliers et de jardins, créent un paysage vivant où l’art s’accorde au rythme des saisons.

À l’est de Poltava, la réserve de Vilhivschynskyy s’étend sur la plaine inondable de la rivière Kolomak. Ce sanctuaire naturel, formé de prairies, de forêts et de marais, abrite une flore variée et une faune protégée. Ses sentiers sinueux invitent à la contemplation et rappellent la dimension écologique qui complète harmonieusement l’héritage culturel de la région.

De retour au cœur urbain, la ville s’anime autour du jardin botanique de l’Université pédagogique Korolenko, véritable écrin scientifique et poétique. Ses collections de plantes exotiques et locales illustrent la diversité de la nature ukrainienne. Le parc municipal Dendropark, vaste espace boisé, offre un havre de paix à deux kilomètres du centre. Lieu de loisirs pour les familles, il accueille concerts, expositions et promenades dominicales. Le stade Oleksiy Butovskyi Vorskla, enfin, rappelle la passion des habitants pour le sport et l’esprit collectif, en abritant les matchs du FC Vorskla Poltava.

La vie quotidienne s’ancre dans les marchés de la ville, véritables théâtres populaires. Le marché de Kyivskyi, près de la gare, concentre fruits, fleurs et spécialités locales. Le marché Yurivskyi, au nord-ouest, prolonge cette atmosphère vivante et commerçante, tandis que le marché central, rue Shevchenka, demeure le cœur battant du commerce traditionnel.

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75. La région de Poltava (Ukraine du centre)

Plus au nord-est s’étend la région de Poltava ou Poltavska, considérée comme le cœur historique et littéraire de l’Ukraine. Terre natale de poètes, de philosophes et de patriotes, elle associe des villages pittoresques, des demeures aristocratiques et des monuments religieux remarquables. Chaque bourg conserve la trace d’un passé noble, souvent lié à la culture cosaque et à l’âge d’or du classicisme ukrainien.

À Berezova Rudka, le domaine des Zakrevskyis (XVIIIe–XIXe siècle) évoque la splendeur d’une famille influente dont la demeure, de style néoclassique, s’inscrit dans un vaste parc. Son original caveau funéraire en forme de pyramide (1899) étonne par sa singularité architecturale : inspirée de l’Égypte antique, cette sépulture aristocratique illustre le goût romantique du XIXe siècle pour l’exotisme et la symbolique.

Le village de Tchornukhy abrite le domaine Hryhoriy Skovoroda (1722, restauré en 1972), résidence du célèbre philosophe et poète ukrainien. Transformé en musée, le lieu évoque l’humanisme et la sagesse de ce penseur errant, dont la parole résonne encore comme un fondement moral de la culture nationale. L’ensemble architectural, entouré d’un verger, recrée l’atmosphère sereine de la vie intellectuelle du XVIIIe siècle.

Non loin, Dykanka charme par son ensemble harmonieux d’églises et de monuments classiques. L’église et le clocher Saint-Nicolas (1794) et l’église de la Trinité (1780) représentent des chefs-d’œuvre du baroque ukrainien tardif, tandis que l’arc de triomphe (1820), construit en l’honneur d’Alexandre Ier, rappelle la fidélité de la noblesse locale à la cour impériale. Ces édifices, entourés de chênes pluriséculaires, constituent un des paysages les plus poétiques de la région.

À Pyryatyn, la cathédrale de la Nativité de la Vierge (1781) clôt ce panorama par la pureté de son style baroque tardif.

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76. Stina (Ukraine du centre)

Blotti dans la vallée profonde de la rivière Rusava, le village de Stina possède un charme rare, fait de silence, de traditions et de paysages préservés. Mentionné pour la première fois en 1550, il se déploie sur les deux rives du cours d’eau, entre pentes boisées et plaines fertiles. Dès l’entrée, un panneau de bienvenue rappelle la fierté d’une communauté attachée à son histoire. Les collines environnantes constituées des mont Solontsi, Montagne Blanche, Shpyl, Zamkova Hora, Boliachka et Kolka dessinent une topographie vallonnée typique de la Podolie, offrant des points de vue saisissants sur les toits colorés et les champs. Au sommet de la colline du Château, cœur historique du village, se trouvaient autrefois les anciennes fortifications mentionnées sur les cartes du XIXe siècle.

L’âme de Stina réside dans son patrimoine religieux. L’église Saint-Nicolas (Церква Святого Миколая), érigée au XIXe siècle, domine le village de son clocher élancé. Selon la légende, une icône miraculeuse du saint aurait été découverte sous ses fondations au XVIIe siècle, scellant la vocation spirituelle du lieu. La façade ouest, rehaussée d’un encadrement néo-gothique, s’orne d’arcs et de pilastres, tandis que la clôture d’église du début du XIXe siècle entoure encore le sanctuaire.

Tout près, l’ancien cimetière cosaque abrite des croix maltaises et grecques, témoins d’un passé guerrier et pieux. La tombe supposée du prêtre de l’église Saint-Mykolaï y repose, sous la mousse et les herbes folles, dans un silence de mémoire.

Le musée d’histoire du village permet de remonter le fil du temps à travers objets domestiques, vêtements traditionnels et outils anciens. Le musée de la broderie traditionnelle, abrité dans une maison typique aux volets bleus, expose des étoffes brodées de motifs floraux symboliques, reflets d’un art paysan transmis de génération en génération. Non loin, la maison de la culture accueille encore aujourd’hui des concerts, des fêtes villageoises et des expositions de jeunes artistes.

Le mémorial de la Seconde Guerre mondiale, sobre et émouvant, rend hommage aux habitants tombés pour la liberté. À l’écart du centre, l’éco-centre Stina s’efforce de préserver la biodiversité locale et de sensibiliser à la beauté de cette région singulière.

Autour du village, la nature se déploie dans toute sa richesse. La réserve naturelle Sonna Poliana, d’importance locale, abrite chaque printemps l’éclat pourpre de l’anémone pulsatille, espèce relicte et protégée. Selon la légende, un hameau nommé Posichi s’élevait autrefois à cet endroit. Attaqué par les Turcs, il ne laissa que quelques survivants, à l’origine du village actuel. Ces récits, transmis oralement, confèrent à Stina une dimension presque mythologique. Le vallon de la Rusava, traversé de sentiers herbeux et de ruisseaux clairs, forme un paysage d’une grande douceur, propice à la promenade et à la contemplation.

Les sous-sols du village recèlent aussi des mystères. Des grottes et galeries de grès, connues depuis des siècles, s’enfoncent sous les collines et auraient relié autrefois Stina à des villages voisins. L’une d’elles, la grotte Yalanetska, fut rouverte au XXe siècle. À proximité du terrain de Zamkova Hora, les fortifications antiques révèlent encore les traces d’un fossé défensif et d’un puits traversant l’isthme rocheux. Ces vestiges, désignés sous le nom de « Zamchysko » sur les plans anciens, attestent de l’importance stratégique de Stina dans la défense régionale.

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77. Lubny (Ukraine du centre)

Située au cœur de l’oblast de Poltava, Lubny est une ville ancienne qui conserve un charme tranquille entre collines boisées et rives du Khorol. Son histoire se lit à travers un ensemble harmonieux d’édifices religieux et civils qui témoignent de son passé spirituel et commerçant. Au centre, la vieille tour de Lubny domine la ville, rappelant les anciennes fortifications cosaques, tandis que le monument commémorant le millénaire de Lubny rend hommage à une fondation qui aurait vu le jour dès la fin du Xe siècle. Non loin, le monument Taras Chevtchenko incarne la mémoire culturelle et poétique du peuple ukrainien, solidement ancrée dans la conscience nationale.

La vie urbaine s’organise autour d’institutions modernes et d’espaces publics accueillants. Le stade de la ville constitue le centre sportif principal, lieu de rassemblement pour les habitants lors des compétitions locales. À proximité, le tribunal municipal, la clinique pédiatrique de Lubny, l’hôpital des anciens combattants et le collège économique de Lubny symbolisent le dynamisme administratif et éducatif d’une cité régionale tournée vers l’avenir.

Parmi les monuments religieux, l’église de la Nativité de la Vierge Marie (XIXe siècle) se distingue par ses lignes harmonieuses et son clocher élégant, typiques du style ukrainien baroque tardif. Dans les environs, l’église de la Trinité, édifiée en bois en 1869, illustre le savoir-faire traditionnel des charpentiers de la région. Son clocher à trois niveaux, couronné de bulbes argentés, évoque l’union intime entre foi et artisanat. Au cœur de la ville, le musée de Lubny présente des collections d’archéologie, d’art populaire et d’histoire locale, retraçant la vie quotidienne des habitants depuis les temps médiévaux jusqu’à la période soviétique.

Dominant la vallée, le monastère de Mhar demeure le joyau spirituel de Lubny. Fondé au XVIIe siècle, il abrite la cathédrale du Sauveur et de la Transfiguration ainsi que l’église de l’Annonciation (1889), toutes deux entourées d’un paysage paisible de collines et de champs. Le monastère fut un haut lieu de pèlerinage, associé à la dynastie des Hetmans et à la spiritualité orthodoxe ukrainienne. Son architecture, où se mêlent sobriété monastique et élégance baroque, reflète la grandeur d’une époque où foi et pouvoir se confondaient souvent.

Le patrimoine naturel n’est pas en reste. Le parc du Lubny Forestry College constitue un vaste espace vert propice à la promenade, combinant flore locale et essences rares. Plus au sud, la colline de Zazhura abrite le monticule commémoratif du chagrin, ou mémorial du Holodomor-33, lieu de recueillement dédié aux victimes de la grande famine.

Enfin, les environs de Lubny invitent à la découverte de la nature protégée. Le parc national de Nyzhnosulskyy, au sud, s’étend sur les rives de la rivière Sula et abrite une faune riche, tandis que le parc national naturel de Pyriatyn, au nord-ouest, préserve prairies, marais et forêts de feuillus typiques de la steppe ukrainienne. Ces vastes zones protégées témoignent de la volonté de la région de concilier héritage historique et préservation environnementale.

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78. Ouman (Ukraine du centre)

Située dans l’oblast de Tcherkassy, au cœur de l’Ukraine centrale, la ville d’Ouman se dresse sur les rives calmes de la rivière Oumanka, entre les vallons boisés et les plaines fertiles de la Podolie orientale. Forte d’une population de plus de 80 000 habitants, elle constitue un centre administratif, culturel et spirituel majeur. Fondée au XVIIe siècle comme forteresse cosaque, Ouman s’est imposée au fil des siècles comme un point de rencontre entre les cultures juive, polonaise et ukrainienne.

Le lieu le plus célèbre d’Ouman demeure sans conteste l’Ohel du rabbin Nachman de Breslov, situé rue Bielinskoho. Fondateur du mouvement hassidique de Breslov, ce maître spirituel passa les dernières années de sa vie dans la ville et demanda à y être inhumé. Chaque année, à l’occasion de Roch Hachana, le Nouvel An juif, des dizaines de milliers de pèlerins venus d’Israël, d’Europe et d’Amérique se recueillent sur sa tombe. Le quartier de la rue touristique, animé par les chants, les prières et les marchés improvisés, devient alors un haut lieu du judaïsme mondial, où ferveur religieuse et convivialité se mêlent dans une atmosphère unique.

Ouman doit aussi sa renommée à l’extraordinaire parc Sofiyivka, l’une des sept merveilles d’Ukraine. Créé en 1796 par le comte Stanisław Potocki pour son épouse Sofia Witt, ce jardin romantique de 180 hectares associe l’art du paysage européen et la nature ukrainienne. Grottes, cascades, statues mythologiques et lacs artificiels composent un ensemble harmonieux, emblématique de l’esthétique néoclassique. Devenu Arboretum national Sofiivka, le parc abrite aujourd’hui un institut de recherche scientifique en botanique.

Le centre historique conserve plusieurs bâtiments remarquables des XVIIIe et XIXe siècles. L’hôtel de ville (1780–1782) symbolise la prospérité municipale d’alors par son architecture classique et sa façade à fronton triangulaire. Non loin se trouvent la galerie marchande du XIXe siècle, rue Radyanska, et la banque commerciale du milieu du XIXe siècle, témoignant de l’activité commerçante qui fit d’Ouman un centre d’échanges entre Kiev, Vinnytsia et Odessa. Le manoir de la rue Chevtchenka, restauré récemment, illustre le raffinement de la bourgeoisie urbaine du XIXe siècle.

Le patrimoine religieux d’Ouman reflète la coexistence de plusieurs confessions. La cathédrale Saint-Nicolas domine le centre par son clocher élancé, tandis que l’église de la Sainte-Trinité, l’église Pokrovska et l’église Saint-Michel rappellent la tradition orthodoxe. L’église catholique de l’Assomption de la Vierge Marie, construite en 1826 dans un style classique, demeure un joyau du patrimoine polonais de la ville. À ses côtés, le monastère basilien fondé en 1764 évoque la vitalité de l’ordre uniate à l’époque baroque. Une synagogue juive, aujourd’hui transformée, et plusieurs églises protestantes complètent ce paysage spirituel foisonnant.

Les musées d’Ouman jouent un rôle essentiel dans la transmission de son héritage. Le musée d’histoire locale, fondé en 1917, retrace les grandes étapes du développement urbain et ethnographique de la région. Le musée d’art d’Ouman présente des œuvres ukrainiennes du XIXe et du XXe siècle, tandis que le musée des figures littéraires et artistiques conserve les souvenirs d’écrivains et d’acteurs locaux. Le musée de la culture d’Ouman, situé rue Smidovycha, évoque la vie quotidienne et les traditions populaires. Enfin, le musée commémoratif-appartement de Nadiya Surovtsova rend hommage à cette intellectuelle et dissidente ukrainienne, symbole de résistance culturelle.

La ville abrite également d’importants établissements éducatifs. L’université d’Ouman, héritière d’une longue tradition pédagogique, forme des étudiants venus de tout le pays. L’école agrotechnique et l’école de jardinage, rue Hlibka Yuriia, perpétuent l’excellence horticole locale, héritée de l’époque où le parc Sofiyivka servait d’école de botanique. Plusieurs bâtiments scolaires du XIXe siècle, élégamment rénovés, participent encore à la vie académique de la cité.

Dans les rues centrales, le promeneur découvre une mosaïque d’architectures : immeubles de bureaux et maisons classiques, façades historicistes et décors modernistes. Certains bâtiments soviétiques des années 1960 côtoient d’anciens édifices nobles, créant un contraste typiquement ukrainien. Le stade Tsentralnyi, la maison de la culture et l’hôtel Sofiivskyi animent la vie quotidienne, tandis que le cinéma Filmax, seul encore en activité, perpétue la tradition du septième art dans une ville où jadis plusieurs salles fonctionnaient.

La mémoire historique reste omniprésente. Des monuments commémoratifs honorent les héros cosaques Zaliznyak et Gonta, ainsi que Taras Chevtchenko, figure de l’identité nationale. L’ancien camp de concentration d’Umanskaya Yama, aujourd’hui site mémoriel, rappelle les tragédies de la Seconde Guerre mondiale. Le cimetière Mishchanskoe, aux stèles polonaises et hébraïques, garde la trace des générations disparues. Dans un parc, une réplique de la tour Eiffel à l’échelle 1/100 symbolise avec humour l’ouverture cosmopolite d’Ouman.

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79. Vinnytsia (Ukraine du centre)

Vinnytsia, chef-lieu de la région du même nom, est une ville du centre de l’Ukraine, située à 267 kilomètres au sud-ouest de Kyiv. Cette cité historique, connue depuis le Moyen Âge, conserve les traces de sa vocation militaire et industrielle. Elle abrite notamment une ancienne base aérienne soviétique datant de la guerre froide, aujourd’hui convertie en centre de formation pour l’armée de l’air ukrainienne. La ville est également un pôle industriel majeur, dominé par la société Roshen, et un centre international en expansion pour l’externalisation informatique.

La population de Vinnytsia s’élève à 370 000 habitants, avec une majorité parlant ukrainien à la maison, un tiers utilisant le russe ou un mélange des deux langues. La ville allie modernité et patrimoine historique, offrant aux visiteurs une palette de monuments religieux, civils et culturels. Ses rues centrales, traversées par le fleuve Southern Bug, mettent en valeur un urbanisme classique mêlé à des constructions modernes et des espaces verts soigneusement aménagés.

Le patrimoine religieux de Vinnytsia est particulièrement riche. La cathédrale de la Sainte-Transfiguration, ancien monastère dominicain fondé au XVIIe siècle et reconstruit en pierre en 1758 par Michał Grocholski, est un exemple remarquable de baroque italien, avec des restaurations successives sous la juridiction de l’Église orthodoxe d’Ukraine. L’église et le clocher Saint-Nicolas, fondés en 1746, témoignent de la continuité des pratiques religieuses et de la fonction défensive des édifices. L’église baptiste Maison de l’Évangile constitue l’un des plus grands lieux de culte évangéliques d’Europe de l’Est.

Parmi les églises historiques, il convient également de mentionner l’église de la Résurrection du Christ (1910), construite par Hryhorii Artynov avec une iconostase de Oleksandr Murashko, et la cathédrale de la Nativité de la Sainte Vierge (1913-1914), dont l’architecture néo-classique et l’intérieur soigné attirent les fidèles et les visiteurs. L’église de l’Intercession de la Sainte Mère de Dieu (1993-1996) illustre la vitalité religieuse contemporaine et le souvenir du cardinal Lyubomyr Guzar. La Sainte-Marie-des-Anges, ancien monastère capucin, complète ce panorama avec son architecture du XVIIIe siècle et ses catacombes légendaires.

Les musées de Vinnytsia contribuent à la richesse culturelle de la ville. Le musée de l’armée de l’air des forces armées d’Ukraine retrace l’histoire de l’aviation militaire locale. Le musée du domaine Mykhailo Kotsiubynsky, dans la ferme natale de l’écrivain, offre une immersion dans l’univers littéraire et moderniste ukrainien. Le musée régional du folklore local, installé dans l’ancien monastère jésuite, conserve plus de 90 000 objets, du mobilier antique aux armes cosaques, tandis que le musée d’art régional présente des œuvres couvrant quatre siècles, de la faïence italienne aux porcelaines européennes et à l’artisanat national.

Le patrimoine muséal s’enrichit encore avec le musée du tramway de Vinnytsia, retraçant l’histoire des transports urbains et proposant des visites sur réservation avec un tramway touristique. Le musée national du domaine de Pirogov, situé près du lac Vyshenske, rend hommage au chirurgien émérite Mykola Pirogov (1810-1881), avec sa maison et sa pharmacie conservées, témoignant de son travail médical et humaniste. L’église-nécropole de Pirogov, intégrée au domaine, abrite le corps embaumé du scientifique, constituant un lieu de mémoire unique.

La ville conserve un riche patrimoine architectural civil. Les anciennes résidences aristocratiques, les bâtiments de l’administration et les édifices scolaires du XIXe siècle témoignent d’une urbanisation maîtrisée et élégante. Les immeubles de style classique et historiciste côtoient des constructions modernistes et des zones industrielles contemporaines. Le quartier central, particulièrement le long de la rue Soborna, concentre églises, musées et institutions culturelles, offrant au visiteur un parcours historique complet au cœur de la ville.

Vinnytsia se distingue également par sa vie urbaine et ses espaces publics. Les parcs, les ponts et les promenades le long du Southern Bug créent des lieux de détente et de loisirs, tandis que les cafés et musées interactifs, comme le café-musée Pan Zawarkin et Fils, proposent une expérience originale mêlant gastronomie et patrimoine. Ce lieu unique, situé dans l’ancien quartier juif appelé « Jérusalem », restitue l’atmosphère d’un salon du début du XXe siècle avec horloges anciennes et mobilier d’époque.

La ville conserve enfin les traces de son passé militaire et scientifique. La présence de l’armée de l’air, associée à l’histoire de l’aviation soviétique et aux sites mémoriaux de la Seconde Guerre mondiale, ancre Vinnytsia dans une mémoire stratégique et patriotique. Les monuments et cimetières, ainsi que la réhabilitation des bâtiments historiques, renforcent la conscience historique de la ville et offrent un cadre de découverte approfondi pour les visiteurs.

Vinnytsia conserve un patrimoine architectural remarquable, témoignage de son développement aux XIXe et XXe siècles. L’hôtel Savoy, érigé en 1913 au cœur de la ville, illustre le style néo-baroque moderne et demeure un symbole de l’élégance urbaine de la période. À proximité, le palais Grocholski, situé rue Dionisia Miklera, 32, reflète le prestige de l’ancienne famille aristocratique polonaise, avec des constructions datant du XVIIIe et du XIXe siècle.

Parmi les résidences notables, la maison Długołęcki, rue Mahistratska, 66, se distingue par son architecture de la fin du XIXe et du début du XXe siècle. La maison du général Brusilov, construite entre 1913 et 1914, témoigne de l’influence de l’architecture militaire et civique sur le tissu urbain de Vinnytsia. Le complexe de structures défensives Mures, rue Soborna 17-21, regroupe des bâtiments monastiques et défensifs datant du XVIIe siècle et rappelle les remparts de la forteresse construite autour du monastère dominicain entre 1610 et 1617.

Le gymnase, rue Soborna 94, construit en 1894, ainsi que le château d’eau Artynov, rue Mykoly Ovodova, 20, daté de 1911, reflètent l’essor des infrastructures éducatives et utilitaires à la fin du XIXe et au début du XXe siècle. L’hôtel Savoy, déjà mentionné, reste un exemple emblématique du néo-baroque moderne et de la vitalité économique de la ville à cette époque. Le bâtiment de l’administration régionale, rue Soborna, 70, complète ce panorama avec sa fonction institutionnelle et sa présence monumentale sur la principale artère urbaine.

L’architecture éducative et scientifique se manifeste dans le bâtiment de l’institut de commerce et d’économie de Vinnytsia (ancien bâtiment de l’école réelle), rue Teatralna 18/87, construit entre 1889 et 1897. Il abrite aujourd’hui un institut de commerce et le musée de la Monnaie, offrant aux visiteurs un lien direct entre le patrimoine éducatif et culturel. La maison du commandant Tchekhov, rue Hryhoria Skovorody, 38, construite en 1910 dans le style Art nouveau, se distingue par ses balcons et passerelles originales, symboles d’une créativité architecturale audacieuse.

Le patrimoine funéraire et mémoriel de Vinnytsia est illustré par la crypte de Nikolaï Pirogov à l’église Saint-Nicolas, rue Vishnevskogo 1er ln, où repose le corps embaumé du célèbre chirurgien. Le complexe, construit en 1885, constitue un lieu de mémoire scientifique et humaniste. L’ancien manoir Lvovych, rue Symona Petliury, 15, abrite depuis 2021 le musée de Vinnytsia, tandis que la maison du comte Heiden, rue Stepana Bandery 2/30, datant de 1912, témoigne du luxe et du raffinement urbain d’antan.

Les édifices modernes et les aménagements publics contribuent à l’attractivité de la ville. La fontaine multimédia Roshen, sur la digue de Roshen, offre un spectacle son et lumière aquatique quotidien. Le patrimoine immobilier de la famille Vaksman, rue Symona Petliury 24, construit en 1915 dans le style Art nouveau par Moisey Aaronovitch Vaksman, illustre les efforts de préservation et de restauration du bâti historique. Le conseil municipal de Vinnytsia, rue Soborna 59, constitue le centre administratif contemporain de la ville.

Vinnytsia se distingue également par ses structures techniques et ses équipements uniques. La tour de télévision de Vinnytsia, située dans le parc forestier au nord-ouest, est un mât tubulaire en acier haubané de 354 mètres, l’un des plus hauts au monde. Son rôle de transmission FM et TV souligne l’importance stratégique et technologique de la ville. Les visiteurs peuvent également explorer les environs lors d’excursions d’une journée, notamment le quartier général de la Wehrmacht : Werwolf, à Stryzhavka, utilisé par Adolf Hitler entre 1942 et 1943 et aujourd’hui transformé en musée.

D’autres excursions mémorielles et patrimoniales incluent le château de Sélyshche et les ruines du monastère, ainsi que la ville de Voronovytsia, avec ses églises en bois et ses palais aristocratiques, dont le palais de la famille Grocholski, complétant l’histoire locale et régionale. Les amateurs de parcs et de loisirs peuvent se rendre au parc municipal central de Léontovitch, fondé en 1936 sur 40 hectares, avec théâtre d’été, stade, patinoire et exposition Mini-Vinnytsia, ou au parc Vyshenskyi, au bord du lac Vyshenske, offrant un cadre naturel et historique exceptionnel.

Les équipements zoologiques et culturels enrichissent la vie urbaine. Le zoo de Podillia, rue Serhiia Zulinskoho 9, abrite de nombreux animaux domestiques et propose des interactions avec les visiteurs. Les amateurs de spectacle peuvent profiter du théâtre de marionnettes régional Golden Key, de la salle philharmonique régionale, du théâtre ukrainien de musique et de drame Sadovskyi et du théâtre Zoria, offrant une programmation variée allant du théâtre aux concerts symphoniques.

Vinnytsia conserve enfin ses marchés traditionnels et centres commerciaux historiques. Le marché de Kyivskyi, rue Kievska, le marché de Pryvokzalnyi, à la gare, le marché de gros, rue Pikusa, le marché central, avenue Kotsiubynskoho 13, le Maky Market, rue Zamostianska 34, et le marché d’Urozhai, rue Pyrohova 49, permettent aux visiteurs de découvrir la vie locale et la richesse des produits régionaux, du frais aux objets artisanaux.

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80. La région de Vinnytsia (Ukraine du centre)

La région de Vinnyts’ka ou Vinnytsia se distingue par un patrimoine riche mêlant domaines aristocratiques, édifices religieux et vestiges industriels. À Brailiv, le monastère de la Trinité, construit dans les années 1770, domine le village et illustre le rayonnement spirituel orthodoxe de l’époque. Ses bâtiments sobres mais élégants, entourés de jardins et dépendances, invitent à la promenade et à la contemplation, offrant un aperçu de la vie monastique locale.

À Tchernyatyn, le domaine Vitoslavskyi-Lvov du XIXe siècle présente des bâtiments résidentiels et agricoles parfaitement conservés au sein d’un parc paysager. Ses allées bordées d’arbres et serres d’époque reflètent le raffinement aristocratique et l’importance économique de la noblesse, tout en conservant le charme d’une propriété historique.

Ivaniv abrite le château-palais des Choloniewski, datant de 1596 et enrichi jusqu’aux années 1770. Cette demeure allie architecture défensive et résidence aristocratique, avec ses façades baroques et classiques et ses jardins environnants, offrant une immersion dans l’histoire militaire et culturelle de la région.

À Khmilnyk, le vaste domaine s’étendant du XVIIIe au XIXe siècle se complète avec l’église de Jean-Baptiste, fondée en 1603 et reconstruite en 1728. Le site illustre le rôle central de la religion et de l’aristocratie dans la vie rurale, où jardins et bâtiments agricoles s’intègrent harmonieusement aux édifices religieux.

Nemyriv propose un véritable voyage dans le temps. L’ancien site scythe datant de 560 avant Jésus-Christ, le palais et parc de la duchesse M. Scherbatova des années 1890 et le moulin et centrale électrique de Bratslav de la même époque témoignent de l’évolution culturelle et économique de la région, offrant un panorama exceptionnel du passé antique à l’époque industrielle.

Enfin, Pechera et Voronovytsya combinent patrimoine aristocratique et religieux. Le domaine de Pechera, avec son église de la Nativité de la Vierge de 1762, et le palais et parc de Voronovytsya des années 1780, complétés par l’église Saint-Michel de 1752, invitent à la promenade et à la découverte de l’histoire locale, où jardins et édifices historiques se répondent avec élégance.

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81. Jytomyr (Ukraine du centre)

Jytomyr est une ville du centre de l’Ukraine, située à 150 kilomètres à l’ouest de Kyiv, et chef-lieu de la région de Jytomyr. Avec ses 271 000 habitants, elle constitue un centre administratif, culturel et religieux majeur. Son riche patrimoine architectural, religieux et muséal en fait une destination incontournable pour ceux qui souhaitent découvrir l’histoire de l’Ukraine centrale. La ville témoigne d’un mélange harmonieux entre monuments anciens, édifices religieux et institutions culturelles modernes, offrant une immersion complète dans l’identité urbaine et spirituelle de la région.

Le cœur religieux de Jytomyr est dominé par la cathédrale de la Transfiguration (place Peremohy, 12/14), chef-d’œuvre de style byzantin-russe. Haute de 53 mètres, elle impressionne par ses ornements en granit et labradorite locaux, et par la richesse de ses fresques intérieures. Considérée comme un symbole de la ville, elle incarne les traditions architecturales anciennes et constitue un lieu de culte central pour la population orthodoxe.

Parmi les édifices religieux remarquables, l’église de l’Assomption (rue Podil’ska, 9) et le couvent Sainte-Anastasievski (rue Sosnova, 13A) représentent l’influence des communautés orthodoxes et monastiques. Les ruines de la cellule du tribunal juridique jésuite (rue Lekha Kachyns’koho, 12) rappellent le rôle historique des jésuites dans l’éducation et la vie religieuse de la ville, tandis que l’église évangélique chrétienne baptiste (banlieue de Sokalova Hora, rue Maksiutova, 208) illustre la vitalité des communautés protestantes locales.

Les lieux de culte orthodoxes et anciens croyants se distinguent par la protection de l’église de la Vierge (rue Karakulna, 6) et l’église orthodoxe ukrainienne (rue Podil’ska, 19). L’église Saint-Jacques (rue Peremohy, 74) et l’église Sainte-Croix (rue Kafedral’na, 14), aujourd’hui musée de la Nature, montrent la diversité architecturale et spirituelle des XIXe et XXe siècles. La cathédrale Saint-Michel (rue Kyivska, 18) complète ce panorama avec sa pierre sculptée et son style néoclassique distinctif.

La ville conserve également un riche patrimoine catholique et gréco-catholique, notamment l’église catholique romaine (rue Baseina, 9), l’église gréco-catholique ukrainienne (place Sobornyi, 4) et l’église du séminaire Saint-Jean de Dukla (rue Kyivs’ka, 4/6). La cathédrale Sainte-Sophie (place Zamkovyi, 2) et la synagogue (rue Mala Berdychivs’ka, 7) illustrent la pluralité religieuse historique de Jytomyr. Enfin, l’église des Séraphins, complexe monastique des Sœurs Sharitok (rue Feschenka-Chopivs’koho, 22), complète le panorama religieux avec un mélange d’architecture baroque et classique.

Le patrimoine muséal de Jytomyr est tout aussi remarquable. La galerie d’art (ancien magistrat) (rue Kafedral’na, 3) présente un hôtel de ville Renaissance du XVIIIe siècle, tandis que le musée d’art (rue Zamkova, 1) conserve plus de 150 000 œuvres européennes et ukrainiennes, du XVIe au XXe siècle. Le musée commémoratif littéraire Korolenko (Korolenka square, 1) rend hommage à l’écrivain V. Korolenko et constitue un témoignage vivant de la culture littéraire locale.

Le musée régional de Jytomyr (place Zamkovyi, 1) est un centre d’exploration du patrimoine régional, avec des collections archéologiques, ethnographiques et historiques. Les artefacts présentés retracent l’évolution de la région, des peuples scythes aux Cosaques, et incluent également des objets religieux et des œuvres artisanales. Ce musée est une étape essentielle pour comprendre l’histoire et l’identité culturelle de la ville et de sa région.

En se promenant dans le centre historique, les visiteurs découvrent des bâtiments administratifs, des hôtels particuliers et des maisons anciennes qui complètent le patrimoine religieux et muséal. L’architecture urbaine reflète les époques polonaise, russe et ukrainienne, avec des façades ornées et des détails stylistiques variés qui donnent à la ville son caractère unique et son charme.

Le musée régional de littérature de Jytomyr (Kievs’ka str., 45) retrace, depuis son ouverture en 1990, la vie littéraire et artistique de la ville et de la région. Les expositions présentent les biographies et œuvres des écrivains éminents de Jytomyr, offrant un panorama complet sur deux siècles de création et de pensée culturelle. Ce musée permet de comprendre l’évolution intellectuelle et artistique de la ville au fil des générations.

La ville honore également ses figures scientifiques avec le musée de l’astronautique (rue Dmytrivs’ka, 5), dédié à Sergueï Korolev, pionnier de la fuséologie et de l’astronautique soviétique d’origine ukrainienne. Le musée présente ses travaux et inventions, ainsi que des modèles de fusées, instruments et documents relatifs à l’histoire spatiale. Le musée de la Cosmonautique SP Korol’ov (rue Ivana Franka, 20) complète cette expérience, rendant hommage à l’ingénieur visionnaire et à son rôle dans la conquête de l’espace.

Pour les passionnés d’histoire urbaine et industrielle, le musée de la Tour de Pompiers (1 rue Travnia, 33A), construit en 1894, illustre l’évolution des systèmes de prévention et de lutte contre les incendies. Ses collections d’équipements, uniformes et véhicules anciens montrent l’importance de la sécurité publique au XIXe et XXe siècles.

L’architecture civile de Jytomyr attire également l’attention. L’ancienne école professionnelle (37 rue Nebesnoi Sotni) conserve un style néo-gothique remarquable et accueille aujourd’hui une école de technologie. L’ancien poste de poste (Vul. Peremohy, 72) rappelle les fonctions administratives et logistiques de la ville au XIXe siècle. La maison Tribelya (rue Mykhailovs’ka, 8) et l’ancien immeuble de bureaux provinciaux (6 rue Velyka Berdychivska) reflètent l’éclectisme architectural et la vie bourgeoise de l’époque.

La mémoire funéraire est visible à travers le cimetière russe Vilskoe (rue Peremohy) et le cimetière polonais (place Rudnianskyi), fondé en 1789. Ces lieux rappellent l’histoire multiculturelle de la ville et ses communautés variées. Le cimetière polonais, notamment, servit de ligne de défense pendant la guerre et recèle des légendes urbaines sur ses catacombes souterraines.

Parmi les monuments historiques, l’ancienne banque de l’Empire russe (rue Borisa Lyatoshins’koho, 5) témoigne du rôle de Jytomyr dans les échanges financiers et administratifs de la région. Le conseil municipal de Jytomyr (place Koroliova, 2/4) constitue aujourd’hui un centre administratif central, tandis que l’ancien lycée féminin Mariinsky de Jytomyr (place Koroliova, 10) accueille un centre de créativité pour enfants, conservant ses façades historiques et son charme du XIXe siècle.

Le patrimoine résidentiel est également remarquable. La maison de l’amiral Shchastnyi (rue Admirala Schastnoho, 20), le château d’eau (rue Pouchkine, 24) et l’ancien séminaire pour femmes (rue Pouchkine, 27) reflètent les styles néo-gothique et néo-classique de la ville. Ces bâtiments offrent un aperçu de l’architecture urbaine, de la vie quotidienne et des institutions éducatives du XIXe siècle.

L’enseignement et la culture sont présents dans le complexe de bâtiments Premier gymnase (rue Velyka Berdychivs’ka, 40), fondé en 1862, et dans l’ancien deuxième gymnase pour hommes (rue Pouchkine, 42). Aujourd’hui intégrés à l’Université pédagogique d’État de Jytomyr et à l’Université d’État Franko, ces bâtiments témoignent de la tradition éducative de la ville et de son évolution vers des institutions modernes.

Le manoir Filipov (rue Velyka Berdychivs’ka, 61/18), construit pour l’avocat I. Filipov, illustre l’élégance néoclassique tardive et les éléments néo-baroques qui caractérisent l’architecture bourgeoise de Jytomyr. La maison Domanevsko (boulevard Staryi, 16/1) et l’université agricole au sein de l’ancien tribunal de district (boulevard Staryi, 7) complètent le panorama des bâtiments résidentiels et institutionnels, révélant la diversité stylistique et la richesse patrimoniale de la ville.

Le jardin public de Castle Hill (Замкова гора), situé sur la rue Kafedral’na, domine la rivière Kamenka et conserve le souvenir du château médiéval qui s’élevait autrefois sur cette colline. Fondé probablement au IXe siècle par des vassaux des princes de Kiev Askold et Dir, le château fut mentionné pour la première fois en 1392 lors de sa capture par le grand-duc de Lituanie Vitovt. Bien que détruit et reconstruit à plusieurs reprises, le site offre aujourd’hui une promenade agréable entre vestiges historiques et panorama sur la ville.

Pour les amateurs de loisirs aquatiques, le parc aquatique Korbutivskyi Hidropark (Allée Plyazhna, rue Chudnivs’ka, 111) constitue une escapade idéale. Situé à six kilomètres au sud-ouest du centre, le parc a été aménagé dans une forêt préservée et transformée en espace paysager. Les visiteurs peuvent profiter de la plage, des activités de détente et d’une nature soigneusement entretenue, ce qui en fait un lieu privilégié pour les familles et les vacanciers.

La richesse géologique et naturelle de la région se découvre au rocher Golova Chatskogo (Скеля Голова Чацького), un site spectaculaire surplombant la rivière Teteriv. Haut de 30 mètres, ce rocher est un monument géologique d’importance nationale et offre une vue imprenable depuis la plateforme d’observation du barrage de Teterevskogo. Son profil insolite et sa situation en bordure de rivière en font une étape incontournable pour les randonneurs et les passionnés de photographie.

Les espaces verts de la ville sont nombreux, et le parc Gagarine (boulevard Staryi) constitue un lieu de promenade très apprécié des habitants. Avec ses allées ombragées et ses zones de détente, il offre un cadre agréable pour les balades en famille ou entre amis. Quant au jardin botanique de l’Université agricole de Jytomyr (rue Koroliova), fondé en 1933 et s’étendant sur 35,4 hectares, il abrite près de 200 espèces d’arbres et d’arbustes ainsi que 750 espèces de plantes herbacées, constituant un véritable havre de biodiversité et d’éducation scientifique.

Enfin, la vie culturelle de Jytomyr se déploie dans ses théâtres emblématiques. Le théâtre musical et dramatique d’État de Jytomyr du nom de Kotcherga (Place Sobornyi, 6) propose des spectacles variés et de grande qualité, tandis que le théâtre régional de marionnettes de Jytomyr (rue Mykhailivska, 7) ravit les plus jeunes avec des mises en scène créatives et interactives.

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82. La région de Jytomyr (Ukraine du centre)

La région de Jytomyr ou Zhytomyrs’ka offre un patrimoine varié, mêlant domaines aristocratiques, sites religieux et témoignages historiques. À Andrushivka, le domaine de Tereschenko construit en 1889 illustre le rôle des familles industrielles dans le développement économique et culturel. Ses bâtiments résidentiels et agricoles, entourés de jardins, reflètent l’art de vivre aristocratique du XIXe siècle.

À Berdychiv, le monastère des Carmes aux pieds nus (XVIe-XVIIIe siècle) et l’église Sainte-Barbe de 1826 rappellent l’importance spirituelle de la ville. Leurs façades et fresques raffinées témoignent de l’architecture religieuse de l’époque et invitent à la contemplation.

Chervone se distingue par le palais et parc du XIXe siècle, où les allées bordées de statues et fontaines s’intègrent harmonieusement à la résidence aristocratique. Ce lieu reflète l’élégance de l’époque et la tradition des jardins paysagers, parfait pour une balade culturelle et historique.

À Korostyshiv, l’église de la Nativité de la Vierge Marie et la maison du prêtre rappellent le rôle central de la religion dans la vie locale. Korosten, quant à elle, conserve le quartier général clandestin du « Rocher » stalinien des années 1930 et le parc municipal Ostrovskiy, offrant un mélange de mémoire historique et d’espace de détente.

Lyubar et Mezhyrichka présentent des ensembles religieux remarquables. Le monastère des Basiliens de Saint-Georges à Lyubar (1770-1830) et l’église Saint-Nicolas de Mezhyrichka (1772) sont de parfaits exemples d’architecture orthodoxe régionale, avec jardins et cloîtres invitant à la découverte et à la méditation.

Enfin, Nova Chortoryya, Ovruch, Stara Kotelnya, Yaropovychi, Turchynivka et Verkhivnya complètent le panorama du patrimoine de Jytomyr. Entre domaines aristocratiques, édifices religieux et paysages pittoresques, ces sites, du XIIe au XIXe siècle, offrent aux visiteurs un itinéraire riche et varié, alliant histoire, architecture et nature.

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83. Korosten (Ukraine du centre)

Korosten (ukrainien : Коростень) est une ville du nord de l’Ukraine, située sur la rivière Ouj, et constitue un nœud de transport essentiel de l’oblast de Jytomyr. Chef-lieu du raïon de Korosten, elle compte environ 61 500 habitants. Le centre-ville offre un panorama sur l’histoire et la modernité, où se mêlent monuments historiques, sites religieux et espaces naturels. Le quai de la rivière Ouj, intégré au parc municipal, constitue le lieu de promenade favori des habitants, offrant un cadre naturel agréable au cœur de la ville. À proximité, les vestiges de l’ancienne Iskorosten rappellent l’histoire médiévale de la région, tandis que le socle du monument à Lénine, déboulonné en 2014, témoigne des transformations politiques récentes. Le monument à Knyaz Mal est également un symbole de mémoire locale.

La ville de Korosten se distingue par la richesse de son patrimoine religieux. Parmi les lieux sacrés, la cathédrale de la Nativité du Christ et l’église Saint-Nicolas dominent par leur architecture et leur importance spirituelle. Se trouvent également le temple du prophète Élie, l’église catholique romaine, l’église orthodoxe Sainte-Olga ainsi que l’église du Bienheureux Honorat Kozminsky. Les fidèles protestants fréquentent l’église de la Grâce, tandis que la communauté juive dispose d’une synagogue, reconstruite en 1985. Ces édifices témoignent de la diversité religieuse de la ville et de son histoire pluriséculaire.

La vie culturelle de Korosten est particulièrement dynamique. La maison de la Culture constitue le centre névralgique des activités artistiques, abritant des clubs de théâtre, de chant, de danse, de chorégraphie, de musique instrumentale, ainsi que des ateliers littéraires et artistiques. Des clubs de philatélie et de numismatique complètent ces activités. La maison des sciences et de la technologie propose des groupes vocaux et de danse, tandis que la maison de la Culture de l’établissement d’enseignement UTOS offre également des sections sportives et artistiques. Ces structures participent activement à l’animation culturelle de la ville.

Les institutions artistiques de Korosten sont représentées par l’école d’art de la ville, fondée en 1983, et l’école des arts nommée d’après A. Biloshitsky, qui dispense des cours de musique folklorique, instruments à vent, cordes et piano, ainsi que des ateliers de chant et de chorégraphie. La salle d’exposition du musée d’histoire locale complète ce dispositif, offrant des espaces pour l’expression artistique et la valorisation du patrimoine local.

Les musées de Korosten illustrent son histoire riche et variée. Le musée d’histoire locale de Korosten conserve plus de 25 000 pièces, réparties en départements « Nature », « Histoire » et en salles d’exposition. Le complexe militaro-historique Skelya et la salle-musée Anatoly Biloshitskyi retracent l’histoire militaire et culturelle de la ville, tandis que le musée de la SA Khimmash, le musée du dépôt de locomotives de la gare et la salle du musée du lycée municipal n° 7, dédiée à la Seconde Guerre mondiale, complètent l’offre muséale. La salle ethnographique du lycée municipal n° 5 présente la vie traditionnelle et les coutumes locales.

Le musée militaire de Korosten expose quant à lui les armes et objets historiques liés aux conflits de la région

Le réseau de bibliothèques de Korosten est centralisé et efficace. La bibliothèque centrale, accompagnée de huit bibliothèques de quartier, offre un fonds de plus de 280 000 ouvrages, tandis que des bibliothèques spécialisées et techniques complètent le système.

Le parc Drevlyansky et le parc municipal, situés le long de la rivière Ouj, offrent des promenades ombragées et des espaces de détente. La colline dominant la rivière rappelle l’histoire médiévale et la fondation de la ville. Le bain de la princesse Olga constitue un vestige architectural et historique intéressant. Le patrimoine résidentiel et les bâtiments historiques du centre, ainsi que les vues panoramiques depuis les hauteurs, enrichissent le paysage urbain et invitent à la découverte.

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84. Kiev (Ukraine du centre)

Kiev ou Kyiv, capitale de l’Ukraine, se dresse fièrement avec ses 3 millions d’habitants sur les rives du Dniepr, mêlant héritage spirituel, grandeur architecturale et cicatrices de l’histoire moderne. Elle est une cité où les dômes dorés et les façades baroques côtoient les immeubles soviétiques et les gratte-ciel contemporains. Centre politique et culturel du pays, Kyiv vibre d’une énergie à la fois mystique et résolument tournée vers l’avenir. Sa vitalité se ressent sur la place Maïdan Nezalezhnosti, cœur symbolique de la ville, lieu de rassemblement et de mémoire, où se sont succédé les mouvements populaires qui ont façonné la conscience nationale ukrainienne. Le flot des passants, les fontaines et les statues rappellent que Kyiv, au-delà des crises, demeure une ville libre et fière.

Le week-end, la rue Khreshchatyk, artère principale du centre-ville, se transforme en vaste promenade piétonne. Les voitures laissent place aux musiciens de rue, aux familles, aux vendeurs ambulants et aux artistes. Cette avenue majestueuse, bordée d’immeubles staliniens imposants, relie la place des Héros ukrainiens à Maïdan et incarne le souffle moderne de la capitale. La vie urbaine y palpite entre cafés élégants, boutiques, bâtiments administratifs et scènes de rue animées.

Plus au nord, la descente Andriyivsky relie la Ville Haute à Podil par un chemin pavé serpentant entre galeries d’art, boutiques d’artisans et maisons colorées. Cette artère historique, souvent comparée à Montmartre, est dominée par la superbe église Saint-André, chef-d’œuvre baroque aux dômes turquoise et dorés. En son centre, bat le cœur bohème de Kyiv : artistes de rue, marchés aux souvenirs et petits cafés se succèdent, tandis que les façades restaurées racontent le charme ancien de la cité. En descendant, la vue se dégage sur le quartier de Podil, ancien port marchand et centre économique de Kyiv médiévale.

Le quartier de Podil conserve son atmosphère de faubourg commerçant malgré sa rapide gentrification. Ses rues rectilignes, ses façades pastel et ses entrepôts rénovés témoignent de son passé de carrefour fluvial et artisanal. Aujourd’hui, il abrite des restaurants branchés, des galeries d’art contemporain et des espaces culturels alternatifs. Les visiteurs y accèdent par le funiculaire reliant la Ville Haute à la place Poshtova Ploscha, d’où il est possible d’admirer le fleuve Dniepr et ses quais verdoyants. En remontant la rue Sahaidachnoho, le promeneur découvre un mélange harmonieux entre tradition et modernité, entre héritage marchand et créativité urbaine.

Au sud, le complexe de la laure des Grottes de Kyiv (ou Kyivo-Petcherska lavra) incarne le cœur spirituel du pays. Fondée en 1077, cette communauté monastique troglodytique se compose d’une partie haute, abritant des musées, et d’une partie basse, réservée aux moines et aux pèlerins. Dans les profondeurs des grottes creusées par les ermites reposent les corps momifiés des saints, éclairés à la lueur vacillante des bougies. La visite, empreinte de recueillement, permet d’approcher les racines de la foi orthodoxe. Autour du site, les clochers dorés, les fresques anciennes et les icônes témoignent d’un art sacré d’une beauté exceptionnelle.

Le grand clocher de la laure, édifié entre 1731 et 1745, domine tout le complexe de ses 96 mètres. Œuvre de l’architecte Johann Gottfried Schädel, il offre une vue spectaculaire sur le Dniepr et sur les coupoles scintillantes des sanctuaires environnants. En contrebas, les fortifications de la laure, les tours et les portes, forment un ensemble défensif admirablement préservé, rappelant le rôle spirituel et stratégique du monastère. Parmi elles, se distingue la tour d’Ivan Kuschnik, tandis que la porte Économique et la porte de la Sainte-Trinité permettent d’accéder aux espaces sacrés.

À proximité se dresse l’église du réfectoire, bâtie à la fin du XIXe siècle dans un style néo-byzantin. Ses fresques, signées Alexeï Chtchousev, et ses icônes en marbre blanc témoignent d’un raffinement sobre et spirituel. Non loin, l’église du Sauveur à Berestovo, vestige du XIe siècle, illustre les débuts de l’architecture religieuse de la Rus’ de Kiev avec ses briques décorées et ses voûtes élégantes. L’église de la Porte de la Trinité, qui surmonte l’entrée principale du monastère, mêle quant à elle le style baroque ukrainien à des fresques bibliques d’une intensité rare, où se mêlent symboles religieux et motifs populaires.

Les grottes proches et les grottes lointaines demeurent les parties les plus vénérées du sanctuaire. Longues de plusieurs centaines de mètres, elles abritent des reliques de moines canonisés, des chapelles troglodytiques et des icônes illuminées par la lueur des cierges. L’atmosphère y est silencieuse, presque hors du temps. La cathédrale de la Dormition, reconstruite après sa destruction durant la Seconde Guerre mondiale, se dresse à l’entrée du complexe avec ses coupoles dorées et ses mosaïques inspirées de l’art byzantin. Ensemble, ces monuments composent l’un des plus grands trésors spirituels d’Europe de l’Est.

Au cœur de la laure, plusieurs musées conservent les richesses culturelles du pays. Le musée des trésors historiques d’Ukraine présente des bijoux, des objets archéologiques et des pièces rares, comme le célèbre « trésor de Martynivka ». Le musée d’histoire du livre et de l’imprimé retrace la naissance de la littérature ukrainienne à travers des incunables et manuscrits anciens. Le musée d’art populaire ukrainien, riche de 75 000 œuvres, dévoile la beauté de l’artisanat national : broderies, céramiques, verreries et sculptures de bois.

Enfin, la bibliothèque historique nationale d’Ukraine, abritant plus de 800 000 ouvrages, prolonge la tradition intellectuelle de la ville, tandis que les ruelles alentour résonnent encore du chant des cloches et du murmure du vent sur les coupoles. Kyiv, entre terre et ciel, conjugue la ferveur religieuse, la mémoire de la liberté et l’effervescence culturelle.

La cathédrale Sainte-Sophie, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, est l’un des symboles majeurs de Kyiv. Construite au XIe siècle, elle conserve un ensemble exceptionnel de fresques et de mosaïques médiévales, dont la célèbre Vierge d’Orant. Ses murs, ses tours et son clocher racontent l’histoire spirituelle et artistique de la capitale ukrainienne. Devant l’édifice, la statue de Bohdan Khmelnytskyï rappelle le rôle décisif de ce chef cosaque dans la libération de la ville. À quelques pas se trouve le monastère Saint-Michel au dôme doré, fondé au XIIe siècle et reconstruit à la fin des années 1990 après sa destruction sous l’ère soviétique. Ses coupoles dorées brillent au-dessus du Dniepr, et les visiteurs peuvent y admirer de superbes mosaïques anciennes, ainsi qu’un paisible parc offrant une vue panoramique sur la ville.

La cathédrale Saint-Volodymyr, chef-d’œuvre néo-byzantin du XIXe siècle, impressionne par ses sept coupoles et ses fresques éclatantes. Symbole de la renaissance religieuse ukrainienne, elle fut miraculeusement épargnée par les démolitions soviétiques. Non loin, l’église Saint-André, perchée sur la descente Andriivskyi, se distingue par son élégante silhouette baroque. Conçue par l’architecte italien Rastrelli au XVIIIe siècle, elle domine le vieux quartier et offre un panorama remarquable sur le bas de la ville. Plus au nord, le monastère Saint-Cyrille, fondé en 1140, est un autre trésor spirituel et artistique : ses fresques médiévales et les peintures de Mikhaïl Vroubel témoignent de la profondeur culturelle de Kyiv à travers les siècles.

Au cœur de la capitale, la porte d’Or, ou Zoloti Vorota, reconstitue la monumentale entrée des fortifications du XIe siècle. Restaurée en 1982, elle illustre la puissance du Kyiv médiéval. En poursuivant vers le sud, le musée en plein air de Pyrohiv présente sur 160 hectares une fascinante reconstitution des villages ukrainiens traditionnels, avec leurs maisons, moulins et églises de bois typiques. Ce lieu vivant témoigne du génie rural et des traditions artisanales du pays. En centre-ville, le musée national d’histoire de l’Ukraine, sur la rue Volodymyrska, retrace l’évolution du territoire depuis l’Antiquité jusqu’à nos jours à travers des collections archéologiques et ethnographiques remarquables.

Les passionnés d’artisanat peuvent visiter le musée de la forge et du travail des métaux, dédié à l’histoire de la métallurgie et aux savoir-faire ukrainiens. La maison Tourbiny, qui abrite le musée littéraire et mémorial Boulgakov, plonge les visiteurs dans l’univers du grand écrivain, auteur de La Garde blanche, profondément lié à Kyiv. Le musée de Tchernobyl évoque quant à lui, avec émotion, la catastrophe de 1986 à travers des documents, uniformes et objets d’époque. L’absence d’étiquettes en anglais est compensée par des audioguides qui permettent de mieux comprendre cet épisode tragique de l’histoire contemporaine.

La richesse religieuse et culturelle de Kyiv se prolonge au musée des icônes ukrainiennes : La richesse culturelle de l’Ukraine, qui rassemble près de trois cents œuvres du XVe au XXe siècle. Sur la descente Andriivskyi, le musée One Street retrace l’histoire de cette artère mythique et de ses habitants illustres. À proximité, le musée de la loi de Magdebourg, situé place Poshtova, met en lumière cinq siècles d’autogestion municipale à Kyiv, illustrant l’ancrage historique du droit urbain dans la vie politique locale.

Parmi les lieux plus insolites, le cimetière de Lukianivske abrite les tombes de nombreuses figures historiques ukrainiennes, et une salle de musée y raconte l’histoire de ce lieu chargé de mémoire. Non loin de là, le musée Pouchkine présente des éditions rares et des souvenirs liés à la période romantique du XIXe siècle. Sur la rue Volodymyrska, le musée pédagogique occupe un bâtiment au passé riche : ancien siège du club ukrainien Rodyna, il hébergea aussi le musée Lénine avant de devenir un lieu d’histoire éducative. Enfin, la forteresse de Kyiv, datant du XIXe siècle, rappelle le rôle stratégique de la ville dans l’empire russe : aujourd’hui partiellement transformée en musée, elle conserve ses souterrains, bastions et remparts, vestiges imposants d’un passé militaire révolu.

La statue de la Mère Ukraine, dominant la ville depuis la colline de Pechersk, est l’un des symboles les plus impressionnants de Kyiv. Haute de 92 mètres, elle veille sur le musée national d’histoire de l’Ukraine pendant la Seconde Guerre mondiale, situé à son pied. Ce musée retrace avec rigueur et émotion l’occupation nazie et la résistance soviétique, grâce à des objets, cartes, photographies et installations poignantes. Des visites guidées multilingues et des fiches plastifiées permettent de suivre l’exposition même sans parler l’ukrainien ou le russe. À proximité, un petit musée est consacré au conflit afghan, offrant un aperçu complémentaire des guerres récentes qui ont marqué le pays.

Le monument de Babyn Yar rappelle l’une des tragédies les plus sombres de la Seconde Guerre mondiale : en 1941, des dizaines de milliers de civils, en majorité juifs et Roms, y furent massacrés par les nazis et leurs collaborateurs. Aujourd’hui, le site est un lieu de mémoire, renforcé par des statues et des installations symboliques qui honorent les victimes. Plus loin, le cimetière militaire allemand, situé sur la route d’Odessa, conserve la mémoire des soldats tombés lors des batailles autour de Kyiv en 1941 et 1944.

Kyiv possède également de nombreux espaces verts et lieux de détente. Le zoo de Kyiv, sur l’avenue Beresteiskyi, accueille plus de 2 600 animaux et 328 espèces, sur un site arboré de 40 hectares. La résidence Mezhyhirya, ancien domaine présidentiel de Viktor Ianoukovitch, est aujourd’hui un parc ouvert au public, où le visiteur peut se promener au bord du Dniepr et découvrir une architecture somptueuse entourée de jardins et de forêts aménagées.

Les amateurs de botanique ne manqueront pas le jardin botanique AV Fomin, rattaché à l’université Saint-Volodymyr, qui présente près de 8 000 espèces sur 22,5 hectares, dont des palmiers impressionnants dans sa serre historique. Le jardin botanique national de Hryshko offre quant à lui une expérience immersive sur 130 hectares, avec des collections floristiques représentant les différentes régions de l’Ukraine et d’Asie, de la Crimée aux steppes, en passant par le Caucase et l’Extrême-Orient.

Le musée en plein air Mamaeva Sloboda, à l’ouest du centre, reconstitue un village historique ukrainien sur 9,2 hectares, avec 98 unités architecturales qui mettent en valeur l’habitat, l’artisanat et le mode de vie traditionnels. Les visiteurs peuvent photographier librement les maisons et les ateliers, tout en découvrant la richesse culturelle des traditions populaires. Pour profiter du Dniepr, le parc hydroélectrique sur l’île du fleuve propose plages naturelles, piscines et espaces pour le sport et la détente estivale.

L’arboretum Syretska est un autre havre de nature : sur ses 6,5 hectares, près de 900 espèces d’arbres et d’arbustes offrent un cadre paisible, classé monument d’art paysager d’importance nationale. Le parc Mariyinsky complète cette offre avec ses allées ombragées, ses vues sur le Dniepr et son rôle historique au cœur de la ville.

Parmi les monuments civils, le palais Mariinsky reste un emblème du baroque ukrainien et résidence officielle du président. Sur le plan architectural moderne, la tour de télévision de Kyiv, bien que non accessible aux touristes, se distingue par ses 385 mètres et sa structure en treillis d’acier, tandis que l’arc de la liberté du peuple ukrainien, imposante arche en titane de 50 mètres de diamètre, illustre le lien historique de la ville avec l’URSS et, aujourd’hui, son patrimoine mémoriel.

Kiev, dévoile à travers ses quartiers et ses marchés une histoire urbaine où se mêlent commerce ancien, renouveau religieux et architecture moderne. Sur les hauteurs du quartier historique de Podil, la Descente d’Andriivskyi demeure l’un des symboles les plus authentiques de la ville. Cette rue sinueuse relie la vieille ville au bas Podil et abrite le marché de la descente Andriivskyi, animé chaque week-end. Ce marché attire les promeneurs autant pour son ambiance bohème que pour la vue sur les toits anciens et les coupoles dorées de Kiev.

Non loin de là, le marché de Zhytniy prolonge cette tradition commerçante. Installé dans un bâtiment couvert de la rue Verkhnii Val, il perpétue une activité qui remonte au XVe siècle. À cette époque, les foires annuelles du site faisaient de Podil un centre d’échanges essentiel entre les villes du Dniepr. Par sa situation, ce marché a longtemps joué un rôle déterminant dans le développement économique de Kiev, en raison de sa proximité avec le fleuve et le port. Aujourd’hui encore, il reste un lieu de rencontre entre producteurs et habitants, symbole de continuité dans une métropole moderne.

Au sud du centre, le marché de Besarabsky rappelle quant à lui les ambitions architecturales de Kiev au début du XXe siècle. Construit entre 1910 et 1912, ce marché couvert, classé monument historique, se distingue par sa structure de brique et de fer, typique de l’époque impériale. Derrière ses façades décorées, un vaste espace regroupe des étals de fruits, de fromages et d’épices, offrant une immersion dans la gastronomie ukrainienne. Situé à la place Bessarabska, il représente le passage entre l’ancien Kiev commerçant et la capitale cosmopolite actuelle, où tradition et modernité cohabitent harmonieusement.

Au nord, le raïon d’Obolon illustre une autre facette de la ville, celle de l’expansion urbaine planifiée. Créé dans les années 1970 sur des terres sablonneuses, ce district s’étend aujourd’hui jusqu’aux rives du Dniepr. Longtemps perçu comme un secteur périphérique, il a connu un renouveau au début du XXIe siècle, lorsque de nouveaux immeubles et promenades ont transformé ses paysages. Les stations de métro « Obolon », « Minska » et « Heroiv Dnipra » relient ce vaste ensemble résidentiel au cœur de Kiev. L’usine de bière Obolon, fleuron industriel du quartier, et le club de yachting, installé près des lacs nettoyés et aménagés, participent à la vitalité de ce territoire où nature et urbanité se rejoignent.

L’espace public y prend forme autour de la place de Minsk, cœur symbolique du district. Ce vaste carrefour, réaménagé au cours des dernières décennies, rappelle l’histoire soviétique de Kiev tout en accueillant un monument dédié à l’archange Michel, protecteur de la ville. À proximité s’élèvent plusieurs édifices religieux récents, dont l’Église de la Renaissance (Probudzhennia), ouverte en 2001, et la cathédrale de l’Intercession sur l’Obolon, érigée dans les années 1990 sur un vaste terrain de plus de deux hectares.

Sur la rive du Dniepr traversé par le pont Pivnichnyi, l’église de la Nativité, construite entre 2006 et 2007, attire le regard par son style post-moderne et ses cinq coupoles lumineuses. Conçue par l’architecte V. Isaac, elle symbolise l’alliance de la tradition byzantine et d’une architecture contemporaine. Son dôme central, en verre, laisse filtrer la lumière, créant un jeu de transparences unique à Kiev. Plus à l’ouest, la chapelle Sainte-Catherine, d’origine grecque, rappelle la présence ancienne d’une communauté commerçante hellénique dans la ville. Fondée au XVIIIe siècle, détruite en 1929 puis restaurée en 2006, elle illustre la persistance d’un héritage multiculturel dans le tissu religieux de la capitale.

Les quartiers nord-ouest abritent d’autres églises au fort caractère historique. L’église de l’Intercession sur la Pryorka, construite entre 1902 et 1906, conserve encore son iconostase d’origine, décorée par Ivan Izhakevitch. Plus au sud, l’église Pierre et Paul sur la Kurenivka, reconstruite en 2003 après sa destruction en 1986, témoigne du renouveau spirituel d’un quartier autrefois industriel. À proximité, le temple « Grand » de la lucidité de Krishna ajoute une dimension spirituelle différente, accueillant la communauté hindoue de Kiev et participant à la diversité religieuse de la ville.

Enfin, le secteur de Dorogozhychi, lié à l’histoire médiévale de la ville, abrite l’une des merveilles du patrimoine ukrainien : l’église Saint-Cyrille et Saint-Athanase le Grand. Érigée au XIIe siècle par le prince Vsevolod Olhovych, cette église-forteresse associe architecture défensive et symbolisme sacré. Ses fresques monumentales, restaurées à plusieurs reprises, figurent parmi les plus anciennes d’Europe orientale. Les représentations des Apôtres, des Évangélistes et de la Vierge Orante forment un ensemble exceptionnel, véritable miroir de la spiritualité médiévale kievo-russe. À quelques pas, le musée des pompiers, discret établissement du quartier, rappelle quant à lui la dimension civique et industrielle de la capitale.

Le raïon de Podil est l’un des plus anciens quartiers de Kyiv et conserve encore aujourd’hui la mémoire du premier centre économique et artisanal de la capitale. Situé au pied des collines, le long du Dniepr, il forma dès le Moyen Âge le cœur commerçant de la ville, où s’élevaient entrepôts, ateliers et marchés. Ce quartier historique, mêlant ruelles étroites, cours intérieures et édifices anciens, est un espace où l’histoire et la vie moderne se croisent. Ses pentes vers la ville haute, comme la descente Andriyivskyy ou la descente Borychiv, offrent une perspective unique sur la structure urbaine de Kyiv. Le port fluvial et le funiculaire relient encore aujourd’hui les deux niveaux de la cité, tandis que les places Poshtova et Kontraktova demeurent les repères traditionnels de ce centre ancien.

Parmi les édifices religieux du quartier, le temple en l’honneur de l’icône de la Mère de Dieu Vsetsarytsia-Pantanassa se distingue par son architecture sobre et lumineuse. Situé rue Ryzka, il s’inscrit dans la tradition orthodoxe tout en exprimant la modernité spirituelle de Kyiv. Non loin, la station Tarasa Shevchenka rappelle, par son nom et son décor de marbre rouge et de céramique, l’attachement du pays à la figure emblématique du poète national. Conçue par T.A. Tselikovska et inaugurée en 1980, elle illustre le soin esthétique apporté à l’aménagement du métro kyivien, où l’art et la mémoire se conjuguent dans les infrastructures publiques.

Sur les pentes de la Zamkova Hora s’étend le couvent de l’Ascension, connu sous le nom de couvent Florivskyi. Fondé au XVIe siècle, il fut reconstruit au XVIIIe après un incendie dévastateur, sous la direction d’Andrey Melensky. Le katholikon baroque, à trois coupoles, et le clocher néoclassique composent un ensemble harmonieux, témoignage de l’architecture religieuse ukrainienne. Le monastère, autrefois fermé durant la période soviétique, rouvrit ses portes en 1941. Parmi ses pensionnaires figura la princesse Natalia Dolgorukova, écrivaine et témoin du passage du monde aristocratique russe vers la piété monastique.

À quelques pas, l’université nationale de Kyiv-Académie Mohyla perpétue la tradition intellectuelle de la capitale. Fondée au XVIIe siècle, elle fut l’un des premiers établissements d’enseignement supérieur d’Europe de l’Est. Sa devise : « Le temps passe, l’Académie est éternelle », résume son rôle central dans la formation des élites ukrainiennes. La maison Halshka Hulevychivna, l’un de ses bâtiments, est considérée comme la plus ancienne demeure civile de la ville.

Parmi les demeures historiques de Podil, la maison d’Ivan Mazepa et la maison de Pierre le Grand rappellent les liens anciens entre Kyiv et la Russie impériale. Ces deux édifices, à l’architecture sobre, portent la mémoire d’époques où les princes et les tsars cherchaient à s’approprier le prestige spirituel de Kyiv. Ils voisinent avec la fontaine de Samson, l’un des symboles les plus anciens du quartier, dont la statue évoque la victoire du bien sur le mal et la puissance de la cité.

Dominant le quartier, la colline de Zamkova Hora offre un panorama saisissant sur le Dniepr et les toits de Podil. Ce lieu, jadis occupé par un château princier, est aujourd’hui un espace de promenade apprécié. Les fouilles archéologiques y révèlent régulièrement des vestiges médiévaux, témoignant de la profondeur historique du site. Au pied de la colline s’élève le Gostynnyi Dvir, vaste bâtiment commercial du XVIIIe siècle dont les arcades rappellent le rôle marchand de Podil. Longtemps à l’abandon, il symbolise les débats actuels entre conservation patrimoniale et réhabilitation moderne.

Au-delà des frontières du quartier, plusieurs localités proches de Kyiv prolongent l’intérêt culturel de la région. Vyshhorod, situé à vingt et un kilomètres au nord, est une station balnéaire fréquentée toute l’année, connue pour ses paysages lacustres. Bila Tserkva, à quatre-vingt-cinq kilomètres au sud, se distingue par ses parcs et ses monuments baroques. Fastiv, à l’ouest, et Kaniv, sur les rives du Dniepr, complètent cet ensemble par leur patrimoine spirituel et littéraire.

Enfin, Pereyaslav constitue l’une des excursions les plus enrichissantes depuis la capitale. Ce musée folklorique en plein air, ou « skansen », présente l’architecture traditionnelle, les coutumes rurales et le mode de vie ukrainien d’autrefois. Ses maisons de bois, ses moulins et ses églises reconstituées en font un témoignage vivant du patrimoine populaire.

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85. Busha (Ukraine du centre)

Petit village d’Ukraine centrale, Busha se niche dans une vallée paisible de l’oblast de Vinnytsia, non loin de la frontière moldave. Ce lieu discret, peuplé d’à peine 850 habitants, est pourtant l’un des sites historiques les plus fascinants du pays. Son origine remonte à l’Antiquité, comme en témoignent les vestiges d’un temple païen du Ve siècle, taillé dans la pierre, où des symboles solaires et animistes rappellent les anciens cultes slaves. Les archéologues y ont mis au jour des bas-reliefs représentant des divinités liées à la fertilité et aux forces naturelles, éléments caractéristiques d’un monde où la spiritualité se confondait encore avec la terre.

Non loin de ce sanctuaire se dressent les ruines du château, autrefois imposante forteresse édifiée dans la seconde moitié du XVIIe siècle. Cette citadelle, flanquée de six tours et dotée d’un hôtel de ville, appartenait au régiment de Bratslav, unité administrative et militaire de l’État cosaque ukrainien. Pendant la guerre cosaque-polonaise, le château fut attaqué à plusieurs reprises avant d’être anéanti en 1654 par les troupes polonaises. De cet ensemble, il ne subsiste aujourd’hui qu’une seule tour, témoin silencieux de la puissance disparue du lieu. Elle domine encore la vallée, offrant un panorama qui relie le présent au souvenir des batailles passées.

À proximité, l’ancien cimetière du XVIIIe siècle s’étend sur les pentes verdoyantes. Ses stèles de grès, souvent sculptées de motifs anthropomorphes, racontent les croyances et les rites funéraires d’un monde rural profondément enraciné dans la tradition. Ce cimetière, où reposent des générations entières de paysans, de prêtres et de cosaques, forme un musée à ciel ouvert où chaque pierre semble contenir un fragment d’histoire.

Busha est également renommée pour ses sites archéologiques datant de la culture trypilienne, de l’âge du bronze, de l’âge du fer et de la période scythe. Ces couches successives témoignent d’une occupation humaine ininterrompue depuis plus de cinq millénaires. Les fouilles ont livré des fragments de poteries, des outils en pierre, des objets de culte et des restes d’habitations primitives.

En 2000, les autorités ukrainiennes ont créé le parc historique et culturel de Busha, qui regroupe ces différents ensembles patrimoniaux. Ce parc, orné de sculptures néo-païennes, est devenu un lieu de promenade et de méditation. Des artistes contemporains y ont érigé des œuvres inspirées des mythes anciens, mêlant le granit, le bois et le métal.

Aux alentours du village, des grottes naturelles ajoutent une dimension mystique au paysage. Recouvertes de sable pendant des siècles, elles n’ont été découvertes qu’au XXe siècle. Selon la tradition locale, le dalaï-lama lui-même aurait visité ces cavités, les décrivant comme un lieu où « la Terre communique directement avec le Divin ». Ces paroles ont renforcé la réputation spirituelle du site, devenu aujourd’hui un pôle d’écotourisme et de tourisme rural.

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86. La zone d’exclusion de Tchernobyl (Ukraine du centre)

Tchernobyl, petite ville de l’oblast de Kiev située à 110 kilomètres au nord de la capitale ukrainienne, demeure l’un des lieux les plus marquants de l’histoire contemporaine. Y résonne encore la mémoire de la catastrophe nucléaire survenue le 26 avril 1986 à la centrale nucléaire de Tchernobyl, bien qu’elle fût implantée dans la ville voisine de Pripiat, à 18 kilomètres.

L’explosion du réacteur a libéré dans l’atmosphère une quantité de radiations équivalente à environ cinq cents fois celle de la bombe d’Hiroshima, projetant des particules radioactives à travers l’Europe. Selon l’Organisation mondiale de la santé, plusieurs milliers de personnes pourraient, à long terme, souffrir des conséquences de cette exposition. Ce désastre a transformé durablement la région en un territoire de vigilance et d’étude, où la mémoire du drame cohabite avec un lent retour de la nature.

Un peu d’histoire :

La centrale nucléaire de Tchernobyl fut érigée entre 1972 et 1977 sur les rives de la rivière Pripiat, à une centaine de kilomètres au nord de Kiev. Son implantation fut choisie pour sa distance avec la capitale, la faible densité de population et l’abondance d’eau nécessaire au refroidissement des réacteurs. Composée de quatre réacteurs RBMK totalisant 4 GW de puissance, elle représentait à l’époque un modèle d’innovation technologique, intégrant des systèmes de refroidissement à l’hydrogène, des dispositifs informatisés de contrôle et une vaste salle des machines longue de 600 mètres, l’une des plus imposantes d’Europe. Conçue pour symboliser le progrès énergétique soviétique, elle devint pourtant, en 1986, le théâtre du plus grave accident nucléaire de l’histoire.

L’expérience menée sur le réacteur n°4 dans la nuit du 25 au 26 avril 1986 devait tester la capacité des turbines à maintenir l’alimentation électrique des pompes de refroidissement après une coupure de courant. Les ingénieurs, désireux d’évaluer la fiabilité du système, désactivèrent les sécurités automatiques et confièrent le contrôle manuel aux opérateurs. Le test, retardé par des imprévus, échut à une équipe de nuit peu informée et inexpérimentée. En raison d’erreurs successives, la puissance du réacteur chuta, puis fut brutalement relancée, provoquant une instabilité critique. En quelques secondes, la réaction devint incontrôlable, entraînant une explosion interne qui fit sauter le couvercle de 1 200 tonnes du réacteur et projeta dans l’atmosphère des quantités massives de particules radioactives.

Le réacteur n°4 éventré prit feu, exposant le cœur incandescent à l’air libre. Les pompiers de Pripiat et de Tchernobyl accoururent sans savoir qu’ils affrontaient un enfer radioactif. Les flammes furent maîtrisées au prix d’innombrables vies, tandis qu’un panache de césium, d’iode et de strontium radioactifs se répandait sur une large partie de l’Europe. Dans les heures qui suivirent, les ingénieurs constatèrent la fusion du cœur. Pour éviter une seconde explosion due à la rencontre du corium et de l’eau souterraine, une équipe de volontaires ouvrit manuellement les vannes d’évacuation dans le sous-sol inondé. Par la suite, des mineurs creusèrent un tunnel pour congeler le sol sous le réacteur à l’aide d’azote liquide, tandis que le « pied d’éléphant », masse solidifiée de combustible et de béton, devint le symbole du désastre.

L’évacuation de Pripiat, à seulement trois kilomètres du réacteur, fut ordonnée le lendemain. Cinquante mille habitants quittèrent la ville en quelques heures, croyant partir pour quelques jours. Les zones alentour furent intégrées à la zone d’exclusion de trente kilomètres, devenue un désert figé dans le temps. Des militaires assurèrent la sécurité et des équipes procédèrent à l’abattage des animaux restés sur place. Les villages abandonnés, livrés à la nature, témoignent encore de l’ampleur de la catastrophe. Aujourd’hui, les rues de Pripiat, envahies par la végétation, rappellent la fragilité du progrès face à la négligence humaine.

Les liquidateurs : soldats, ingénieurs et ouvriers, furent des centaines de milliers à intervenir sur le site. Chargés de déblayer les débris radioactifs, ils travaillèrent parfois moins d’une minute avant d’être remplacés. Sur le toit du réacteur voisin, ils rejetaient à la pelle le graphite incandescent dans le gouffre du réacteur détruit. D’autres, aux commandes d’hélicoptères, larguèrent du sable, du plomb et de l’acide borique pour étouffer l’incendie, souvent au prix de leur vie. Des forêts entières, irradiées, virèrent au rouge avant d’être abattues et enfouies. Autour de Buriakivka, les véhicules contaminés s’entassèrent dans d’immenses cimetières métalliques, encore dangereux des décennies plus tard.

Pour isoler les ruines, les autorités firent ériger en six mois un immense sarcophage de béton et d’acier, achevé en novembre 1986. Ce monument d’urgence, symbole de la catastrophe, devait durer trente ans. Après l’indépendance de l’Ukraine, les autres réacteurs continuèrent de fonctionner jusqu’en 2000. Un nouveau bâtiment de confinement sûr, conçu par un consortium international, fut achevé en 2018. Haut de cent mètres et long de deux cent soixante-dix, il recouvre désormais le sarcophage et permet le démantèlement progressif du site. Sous cette arche d’acier, le passé reste prisonnier, tandis que Tchernobyl demeure à jamais le nom d’une tragédie qui a changé la perception mondiale du nucléaire.

Si la zone d’exclusion est officiellement inhabitée, quelques anciens résidents, appelés les Samosseli, ont choisi d’y revenir malgré l’interdiction.

Accéder à la zone d’exclusion de Tchernobyl requiert un permis spécial, obtenu plus facilement par l’intermédiaire d’un voyagiste agréé. La réservation préalable, en ligne, est obligatoire et doit être effectuée au moins une semaine à l’avance, voire dix jours ouvrables selon la réglementation n° 1157.

À l’entrée de la zone, chaque visiteur doit présenter son passeport et l’autorisation imprimée au point de contrôle de Dityatky ou à un autre poste frontalier. Les agents scannent le code QR du permis et vérifient l’identité avant de laisser passer les visiteurs, qui doivent patienter à l’extérieur du véhicule. Ces postes, souvent décorés de panneaux informatifs et de stands de souvenirs, plongent déjà dans l’atmosphère singulière du lieu. Il est strictement interdit de photographier les soldats ou les installations de contrôle, sous peine de confiscation du matériel.

Cependant, pour plus de facilité, il est préférable de choisir une agence de voyage qui s’occupera des démarches nécessaires. Plusieurs agences proposent ce genre d’excursion dont Tchornobyl Tour, une des plus connues. Les tarifs varient de 134 $ US pour une journée à 200 $ US pour deux jours (tarifs en vigueur en novembre 2025). La location d’un dosimètre individuel est également possible.

Attention : Depuis le début de la guerre russo-ukrainienne, la visite de Tchernobyl est suspendue.

Certains bâtiments ont été décontaminés afin d’abriter les ouvriers encore affectés à la centrale, et de nouvelles infrastructures ont été construites selon des normes de sécurité strictes. La ville compte désormais environ huit cents habitants, dont la vie est rythmée par les contrôles sanitaires, les horaires encadrés et la présence constante des autorités. Traversée par l’autoroute P56, qui relie Ivankiv à Tchernihiv, la cité reste une enclave singulière, à la fois lieu de travail, de mémoire et de résilience.

Avant toute entrée dans la zone d’exclusion de Tchernobyl, chaque visiteur doit lire et signer une liste stricte de règles de sécurité. Ces règles rappellent qu’il ne s’agit pas d’un parc d’attractions, mais du site d’une catastrophe nucléaire toujours dangereuse. Il est formellement interdit de photographier ou filmer les dispositifs de sécurité, les gardes, les postes de contrôle ou les caméras de surveillance. Le comportement des visiteurs doit rester sobre et respectueux. Il est également proscrit de toucher les objets, de s’asseoir au sol ou de ramasser quoi que ce soit : toute surface peut être contaminée. Pour éviter tout contact radioactif, le port de vêtements couvrants est obligatoire ; shorts, jupes ou t-shirts sont bannis. Manger, boire, consommer de l’alcool ou fumer hors des zones autorisées est strictement défendu, tout comme l’usage de drogues, afin de garantir la vigilance de chacun dans cet environnement sensible.

Les déplacements dans la zone sont également encadrés. Les seuls transports publics autorisés sont les bus reliant la gare routière centrale de la ville de Tchernobyl au bâtiment administratif de la centrale nucléaire de Tchernobyl. Toutefois, de nombreux sites majeurs comme le Duga radar, Buriakivka ou Kopachi ne sont pas desservis, rendant indispensable la location d’un véhicule avec chauffeur ou le choix d’une excursion qui les intègrent. Les distances sont longues, les routes dégradées, et l’absence de trottoirs ou de pistes cyclables rend les trajets à pied impossibles. Seuls les véhicules motorisés privés permettent de visiter ces zones en toute sécurité, en respectant les itinéraires autorisés et les consignes des guides officiels.

À la sortie de la zone d’exclusion, tous les visiteurs doivent passer par un point de contrôle de radiations. Chaque véhicule est examiné, et les passagers descendent pour traverser un portique de détection automatisé. Ce dernier scanne les mains, les vêtements et les chaussures. En cas d’absence de contamination, la barrière s’ouvre après quelques secondes. Si une trace radioactive est détectée, les vêtements concernés doivent être lavés ou abandonnés sur place. Une douche est obligatoire pour toute contamination corporelle avant un nouveau passage au portique. Ces procédures rigoureuses, bien que contraignantes, garantissent la sécurité des voyageurs et la préservation sanitaire des zones environnantes.

La zone d’exclusion de Tchernobyl, également appelée zone de 30 kilomètres ou zone d’aliénation, s’étend sur plus de 2 200 km² en Ukraine et 2 600 km² en Biélorussie. Délimitée par des clôtures barbelées, des fossés et des points de contrôle armés, elle constitue aujourd’hui l’un des territoires les plus radioactifs du monde. La contamination y est irrégulière : certaines zones ont été nettoyées, tandis que d’autres demeurent hautement dangereuses, notamment les sites d’enfouissement de matériaux utilisés lors de la décontamination, comme les uniformes des pompiers de Pripiat.

Malgré ces risques, la région attire de nombreux chercheurs et touristes fascinés par ce paysage suspendu entre ruine et renaissance. Entre fascination scientifique, curiosité morbide et respect du passé, Tchernobyl s’impose désormais comme un lieu unique, à la fois symbole de la démesure technologique et témoin silencieux de la fragilité humaine.

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86 A. Ville de Tchernobyl (Zone d’exclusion de Tchernobyl)

La ville de Tchernobyl marque la première étape de la visite de la zone d’exclusion. À l’entrée, un panneau monumental orné du symbole atomique accueille les visiteurs, rappelant à la fois la fierté soviétique passée et la tragédie survenue. Aujourd’hui, cette localité compte environ huit cents résidents permanents, pour la plupart des travailleurs affectés à la maintenance du site et à la surveillance radiologique.

Les immeubles résidentiels, vestiges de l’urbanisme soviétique, abritent un quotidien étrange où la nature reprend ses droits : les arbres envahissent les cours, les routes se fissurent et le silence n’est troublé que par le bruit du vent et les patrouilles régulières. La ville compte également une belle église orthodoxe.

Malgré les précautions de sécurité strictes, Tchernobyl conserve un aspect presque vivant, avec des zones décontaminées, un petit hôtel, quelques boutiques et un café fréquenté par le personnel de passage. La ville sert de base logistique pour les excursions vers Pripiat et la centrale. Son ambiance est empreinte d’une solennité tranquille, entre mémoire et résilience.

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86 B. Monument aux liquidateurs de Tchernobyl (Zone d’exclusion de Tchernobyl)

Face à la caserne des pompiers se dresse le monument aux liquidateurs de Tchernobyl, inauguré en 1996 pour le dixième anniversaire de la catastrophe. Sa silhouette sobre, dominée par des formes métalliques et un globe symbolique, rend hommage aux milliers d’hommes qui ont affronté l’incendie du réacteur au péril de leur vie. L’inscription, simple et poignante : « À ceux qui ont sauvé le monde », rappelle la dimension héroïque et tragique de leur engagement. Nombre d’entre eux, pompiers, militaires ou ingénieurs, ont reçu des doses mortelles de radiations sans même connaître l’ampleur du danger.

Autour du monument, des équipements robotiques utilisés pour manipuler à distance les débris contaminés témoignent des efforts désespérés entrepris à l’époque pour limiter les dégâts. Ce lieu, accessible jour et nuit, invite au recueillement et à la reconnaissance.

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86 C. Centrale nucléaire de Tchernobyl (Zone d’exclusion de Tchernobyl)

La centrale nucléaire de Tchernobyl constitue le cœur historique et symbolique du drame. Ce vaste complexe abritait quatre réacteurs RBMK-1000 aujourd’hui désactivés. Les visites officielles, encadrées par un personnel spécialisé, s’arrêtent généralement au pavillon d’observation du réacteur n°4, d’où se contemple le site de l’explosion. L’accès intérieur, réservé à certains chercheurs ou techniciens, nécessite une autorisation préalable adressée au directeur de la centrale. Les visiteurs admis passent plusieurs points de contrôle, reçoivent un dosimètre et des vêtements de protection avant d’entrer dans la zone contrôlée, où la discipline et la vigilance sont absolues.

Les zones accessibles témoignent de l’ingéniosité et de la rigueur soviétiques : la salle de contrôle de l’unité 1, les salles des pompes de circulation, ou le bunker d’intervention d’urgence sous ABK-1, utilisé pendant la crise de 1986. Les mémoriaux intérieurs, notamment le mémorial dédié à Valery Khodemchuk, ingénieur disparu lors de l’explosion, rappellent la dimension humaine du désastre. Certains espaces, comme la salle des turbines, demeurent trop irradiés pour être visités, tandis que d’autres ont été rendus accessibles à des fins pédagogiques.

À l’extérieur, les visiteurs découvrent la nouvelle enceinte de confinement sûre, une arche de cent mètres de haut recouvrant l’ancien sarcophage fissuré. Visible à plusieurs kilomètres, cette prouesse d’ingénierie incarne la continuité de la lutte pour sécuriser le réacteur. Non loin, la cafétéria de la centrale sert encore des plats ukrainiens aux ouvriers et visiteurs, tandis que le canal de refroidissement, peuplé d’immenses poissons-chats, témoigne d’un écosystème inattendu et résilient. L’ensemble du site combine ainsi mémoire, science et vigilance permanente.

Enfin, la gare ferroviaire de Semikhody, à proximité de la centrale, reste en service pour relier le site à Slavoutytch, la ville construite après l’accident pour héberger les employés déplacés.

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86 D. Monument aux constructeurs du sarcophage (Zone d’exclusion de Tchernobyl)

Le monument aux constructeurs du sarcophage, situé à proximité immédiate de la centrale, rend hommage aux milliers d’ouvriers et d’ingénieurs mobilisés pour édifier en urgence la gigantesque structure de béton recouvrant le réacteur détruit. Accessible en permanence, ce mémorial simple et puissant incarne la détermination et le courage des hommes qui ont travaillé dans des conditions extrêmes, souvent au prix de leur santé. Il rappelle que la construction du sarcophage initial, en 1986, fut une prouesse technique réalisée en quelques mois malgré un danger permanent.

Autour du monument, le silence et l’immensité du site accentuent l’émotion. Cette œuvre commémorative, sobrement dressée face à la centrale, relie la mémoire des constructeurs au nouveau confinement sûr, visible en arrière-plan.

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86 E. Pont de la Mort (Zone d’exclusion de Tchernobyl)

Le pont de la Mort relie la ville de Pripiat à la centrale nucléaire. Selon la légende, depuis ce pont, des habitants seraient venus observer, dans la nuit du 26 avril 1986, la lueur bleue émanant du réacteur en feu. Le mythe veut que tous aient trouvé la mort à cause du rayonnement, mais les études postérieures ont démontré que le débit de dose, bien qu’élevé, n’était pas immédiatement fatal. Cette légende n’en demeure pas moins emblématique, révélant la fascination qu’exerçait la catastrophe sur ceux qui la contemplaient, sans en mesurer la gravité.

Aujourd’hui, le pont est devenu un symbole à la fois tragique et poétique. Isolé, envahi par la végétation, il incarne la frontière entre le monde de la vie et celui de la destruction.

86 F. Chantier mécanique (Zone d’exclusion de Tchernobyl)

Le chantier mécanique (МТС), autrefois utilisé pour l’entretien des engins agricoles, devint après l’accident un centre de maintenance pour les véhicules des liquidateurs. Aujourd’hui, cet espace à ciel ouvert abrite un chaos de machines rouillées, de moissonneuses-batteuses et de tracteurs désossés, lentement recouverts par la végétation. Ce site évoque à la fois la puissance industrielle soviétique et la fragilité de son héritage. Les visiteurs s’y aventurent souvent pour capturer des images saisissantes où la nature et le métal se mêlent dans un silence absolu.

Certains endroits du chantier présentent encore des points chauds de radioactivité, perceptibles à l’aide d’un compteur Geiger.

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86 G. Centrale à béton (Zone d’exclusion de Tchernobyl)

La centrale à béton, située en bord de route, servit à la fabrication du béton utilisé pour ériger le sarcophage du réacteur accidenté. Elle se compose de quatre trémies massives et de structures annexes aujourd’hui désertées. Durant les mois suivant l’explosion, cette installation fonctionnait jour et nuit, alimentant le chantier le plus périlleux de l’histoire moderne. Son rôle fut crucial : sans elle, la construction du premier confinement n’aurait pu être menée à bien aussi rapidement.

Après la fin des travaux, la centrale a été abandonnée. Les gravats restants, mêlés de carreaux blancs et de poussières contaminées, affichent encore un faible niveau de radioactivité. Ce site, librement accessible, symbolise la dimension colossale des efforts entrepris pour contenir la catastrophe.

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86 H. Cimetière de véhicules de Buryakivka (Zone d’exclusion de Tchernobyl)

Le cimetière de véhicules de Buryakivka se situe au milieu d’une forêt, près du village de Bouriakivka. Après le nettoyage initial des débris les plus dangereux, de nombreux véhicules hautement radioactifs ont été rassemblés sur une dalle de béton, créant un site unique dans la zone d’exclusion. S’y trouvent des centaines d’engins : camions-citernes, bulldozers, pelleteuses, blindés de transport et même les épaves de huit hélicoptères soviétiques de transport. Parmi eux, les trois robots utilisés sur le toit du réacteur n°3, dont le fameux « Joker » ouest-allemand, restent hautement radioactifs et représentent les éléments les plus emblématiques du cimetière.

Aujourd’hui, le site est accessible sur rendez-vous uniquement, et attire les passionnés d’urbex et les visiteurs curieux de découvrir cette page méconnue de l’histoire de la catastrophe. La combinaison de la forêt envahissante et des machines rouillées crée une atmosphère post-apocalyptique saisissante.

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86 I. La Griffe (Zone d’exclusion de Tchernobyl)

La Griffe, derrière le bâtiment du Service spécial d’ingénierie, est une imposante pince de grue utilisée pour retirer les débris radioactifs après l’accident. Ce vestige industriel est souvent présenté comme l’objet le plus radioactif de Pripyat, bien que la désintégration naturelle des isotopes ait réduit la dangerosité à un niveau permettant aujourd’hui de s’en approcher sans risque immédiat. La pince symbolise l’ingéniosité et la dangerosité des opérations de nettoyage menées par les liquidateurs.

Les visiteurs peuvent admirer l’outil en toute sécurité, mais il est strictement déconseillé de le toucher pour éviter toute contamination. Sa présence permanente dans la zone témoigne de la puissance de l’accident et de la manière dont certains objets techniques restent intimement liés aux événements de 1986, devenant des symboles tangibles du drame nucléaire.

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86 J. Tours de refroidissement (Zone d’exclusion de Tchernobyl)

Les tours de refroidissement inachevées se situent au sud-est du complexe principal, où deux réacteurs supplémentaires étaient en construction au moment de la catastrophe. Les bâtiments, presque terminés, n’ont jamais été remplis de combustible et sont en cours de démantèlement depuis 2019. La tour nord, deux fois plus haute que la tour sud, est visible de loin, ses barres d’armature dépassant du sommet et racontant silencieusement l’arrêt brutal des travaux.

Ces structures témoignent de l’ambition industrielle soviétique et du bouleversement causé par l’explosion. Malgré leur état de construction interrompue, les tours restent accessibles et constituent un point de vue impressionnant pour les visiteurs, offrant un contraste saisissant entre grandeur industrielle et désolation post-catastrophe.

86 K. Écloserie de poissons (Zone d’exclusion de Tchernobyl)

L’écloserie de poissons, située sur la rive du lac près du canal de refroidissement, illustre une activité économique autrefois originale de la centrale : la pêche intensive toute l’année, rendue possible par la température élevée de l’eau de refroidissement des réacteurs. Les poissons y étaient particulièrement gros, ce qui faisait la renommée de la pisciculture. Après l’accident, le site fut abandonné, mais ses bâtiments et le ponton flottant subsistent, offrant une atmosphère étrange et silencieuse.

Aujourd’hui, l’écloserie est librement accessible et constitue un point de vue unique sur le lac. La végétation a repris ses droits, et le site conserve un charme étrange, entre activité humaine disparue et nature renaissante.

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86 L. Fresque murale Atomskaya (Zone d’exclusion de Tchernobyl)

La fresque murale Atomskaya est la plus grande fresque de la zone d’exclusion. Elle représente des chevaux de Przewalski évoluant en harmonie avec l’énergie nucléaire, symbole de la coexistence fragile entre la nature et la technologie humaine. Cette œuvre, visible en permanence, attire l’attention des visiteurs par son message à la fois artistique et symbolique.

Cette fresque offre un point de réflexion sur la puissance et les dangers de l’atome, tout en servant de repère visuel dans un territoire où la nature reprend ses droits. Gratuitement accessible, elle permet aux visiteurs de combiner exploration et compréhension symbolique du site.

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86 M. Kopachi (Zone d’exclusion de Tchernobyl)

Kopachi est un ancien village situé au sud-ouest de la rivière Pripyat, près de Tchernobyl. Après la catastrophe de 1986, le village a été entièrement évacué et demeure aujourd’hui abandonné, intégré à la zone d’exclusion. Il comporte un beau monument commémoratif. Les bâtiments résidentiels et les infrastructures scolaires, notamment le jardin d’enfants, témoignent de l’activité humaine passée et sont aujourd’hui envahis par la végétation. Le panneau de sortie de la ville rappelle l’existence passée de ce village maintenant déserté.

La visite de Kopachi offre un aperçu poignant de l’impact de la radioactivité sur les communautés locales. Les bâtiments délabrés, les jouets et les livres abandonnés dans les écoles maternelles sont devenus des symboles visuels de l’exode et de la désolation, attirant les amateurs d’urbex et les curieux de l’histoire de la catastrophe.

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86 N. Radar Duga (Zone d’exclusion de Tchernobyl)

Le Radar Duga est une ancienne installation militaire soviétique située à environ 10 kilomètres de Pripyat. Cette gigantesque structure, servait à détecter les missiles et faisait partie du système de défense radar de l’URSS. Visible de loin depuis les hauteurs de Pripyat, elle témoigne de l’ingéniosité technologique de l’époque et de la nature secrète des infrastructures militaires soviétiques.

Aujourd’hui, le site est accessible en permanence et attire l’attention des visiteurs pour sa dimension historique et son impressionnante silhouette métallique. Gratuitement visitable, le radar Duga symbolise à la fois la Guerre froide et le contexte dans lequel la centrale de Tchernobyl fonctionnait, reliant histoire militaire et catastrophe nucléaire.

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86 O. Bouriakivka (Zone d’exclusion de Tchernobyl)

Bouriakivka est une ville évacuée située à environ 20 kilomètres de la centrale nucléaire de Tchernobyl, exposée aux retombées radioactives de l’accident. Plusieurs bâtiments subsistent, plus ou moins délabrés, ainsi qu’une gare abandonnée. La station Bouriakivka comprend 30 tranchées techniques entourées de barrières d’argile compactée pour contenir les matériaux radioactifs, et illustre l’engagement de l’Ukraine dans la gestion de la sécurité nucléaire.

Le site est aujourd’hui une zone strictement réglementée, où les visiteurs doivent rester sur les surfaces en béton désignées et suivre des protocoles de sécurité pour éviter toute exposition. Les vestiges industriels incluent des bulldozers et équipements robotiques utilisés lors du nettoyage de Tchernobyl, offrant un témoignage concret des opérations de décontamination et de gestion des déchets radioactifs.

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86 P. Poliske (Zone d’exclusion de Tchernobyl)

Poliske, ville proche de la frontière biélorusse, a été officiellement évacuée après l’accident de Tchernobyl mais reste partiellement habitée par une vingtaine de personnes. Le territoire a été fortement touché par les retombées radioactives et, plus récemment, par les incendies de forêt de 2020, ravageant encore le paysage. Les ruines du bâtiment du Comité exécutif témoignent de l’ancien rôle administratif de cette localité.

Aujourd’hui, Poliske est un village fantôme partiellement habité, où subsistent des traces de la vie passée et où les conditions environnementales restent contrôlées en raison de la radioactivité.

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86 Q. Vilcha (Zone d’exclusion de Tchernobyl)

Vilcha est une colonie abandonnée dans la zone d’exclusion de Tchernobyl, située près de la frontière biélorusse. Avec seulement 3 habitants, le village est ponctué de maisons abandonnées et d’un monument de l’amitié ancienne rappelant l’ancienne frontière. Une voie ferrée passe à proximité, témoignant de l’infrastructure qui desservait autrefois la localité.

Depuis 2014, un atelier clandestin y fabrique des palettes de chauffage en bois, malgré l’absence d’autorisation officielle, illustrant les activités humaines résiduelles dans la zone d’exclusion.

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86 R. Pripyat (Zone d’exclusion de Tchernobyl)

Pripyat est sans doute la ville la plus emblématique de la zone d’exclusion de Tchernobyl. Fondée pour accueillir le personnel de la centrale nucléaire et leurs familles, elle comptait autrefois environ 50 000 habitants. Aujourd’hui, la ville est complètement abandonnée, mais elle offre un aperçu saisissant de la vie soviétique et de l’impact de la catastrophe nucléaire.

Ses rues désertes, ses immeubles d’appartements et ses bâtiments publics envahis par la végétation créent une atmosphère unique et mélancolique, où chaque coin raconte une histoire de vie interrompue. Le panneau d’entrée de la ville, équipé d’un dosimètre de radiation, rappelle aux visiteurs l’importance de la sécurité et de la prudence dans ce lieu encore contaminé.

Le palais de la Culture Energetik, centre d’activités artistiques, culturelles et de loisirs, demeure un point incontournable de Pripyat. Ce complexe regroupait des installations comme une piscine municipale, un cinéma et une salle de sport, qui surplombaient la célèbre grande roue du parc d’attractions. La piscine et la salle de sport, bien que fermées et partiellement en ruine, témoignent de l’investissement considérable dans les infrastructures communautaires.

Les écoles et la maternelle de la ville, aujourd’hui désertes, permettent également de comprendre l’organisation de l’éducation et de la vie familiale avant l’évacuation. Les livres, lits et jouets abandonnés dans ces lieux créent un décor à la fois émouvant et frappant, rappelant le quotidien figé depuis 1986.

Le parc d’attractions de Pripyat est sans doute le symbole le plus photographié de la ville fantôme. Conçu pour ouvrir seulement quatre jours après l’accident, il n’a jamais été utilisé. La grande roue rouillée domine le site, accompagnée de balançoires, d’autos tamponneuses et d’un carrousel laissés à l’abandon. Ces installations offrent un témoignage poignant des projets interrompus et de l’urgence de l’évacuation. La végétation, qui pousse à travers le béton et entre les rails des manèges, transforme le parc en un paysage surréaliste où la nature reprend ses droits sur l’urbanisme humain.

Depuis 2019, l’accès à tous les bâtiments de Pripyat est strictement interdit en raison de leur instabilité structurelle. Avec le temps, les immeubles se détériorent, et le gouvernement ainsi que la plupart des agences de tourisme préfèrent éviter tout risque d’effondrement. Certains guides expérimentés connaissent néanmoins les parties suffisamment stables pour permettre une visite sécurisée et y emmènent des groupes pour des photos. Ces visites se limitent généralement au complexe sportif, notamment la piscine, et au toit d’une tour d’habitation. La plupart des bâtiments ayant été dépollués, les niveaux de radioactivité y sont désormais comparables à ceux du centre-ville de Kyiv. Le danger principal provient donc des bâtiments eux-mêmes, et non des radiations. Les zones extérieures, comme le parc d’attractions ou la place centrale, restent accessibles car leur exploration ne nécessite pas d’entrer dans les immeubles.

L’environnement périurbain de Pripyat reste par ailleurs dangereux malgré la faible radioactivité. Des décennies d’abandon ont laissé des regards d’égout à découvert, des cages d’ascenseurs ouvertes, des sous-sols inondés, des planchers pourris, des toitures effondrées et des obstacles dans des couloirs sombres. L’asbeste et le verre brisé sont fréquents, rendant l’usage de lampes torches indispensable. Certaines zones, comme le sous-sol de la polyclinique ou de l’hôpital, présentent encore des niveaux de rayonnement élevés et sont difficiles d’accès.

Les guides connaissent ces zones et peuvent aider à les éviter ou à les explorer en toute sécurité. Lors de la visite, il est crucial de ne pas ingérer de contaminants et de se munir d’eau potable, notamment pour se rincer les chaussures avant de remonter dans les véhicules, car il n’existe aucune source d’eau sûre sur place. Les panneaux signalant la radioactivité et les zones non décontaminées guident les visiteurs sur les lieux les plus sûrs à explorer.

Les immeubles d’appartements de Pripyat sont aujourd’hui recouverts par une végétation dense, mais ils permettent de visualiser la vie quotidienne de la population. Depuis certaines fenêtres, le nouveau centre de confinement sûr de Tchernobyl est visible au loin, rappelant la proximité de la centrale et l’importance des mesures de sécurité actuelles. L’hôtel Polissya, autrefois destiné aux visiteurs et aux fonctionnaires de la centrale, symbolise également l’hospitalité et le rôle stratégique de la ville dans le fonctionnement de Tchernobyl. Les panneaux de bienvenue et les dosimètres à l’entrée renforcent le caractère contrôlé et dangereux de la zone.

Les infrastructures sportives de Pripyat, telles que l’ancien stade de football et les terrains environnants, témoignent de l’importance accordée aux loisirs et à la santé physique. Bien que ces installations soient aujourd’hui envahies par la végétation, elles conservent la trace d’une vie dynamique et structurée. Les terrains offrent également des points de vue intéressants sur l’urbanisme de la ville et ses immeubles résidentiels voisins, permettant d’apprécier la planification typique des villes soviétiques destinées aux travailleurs des centrales nucléaires.

La zone forestière près de Pripyat, située en bordure de la ville, offre un contraste saisissant avec les structures urbaines. Les forêts et les lacs environnants créent un cadre naturel qui semble reprendre progressivement ses droits sur la ville abandonnée. La jetée de Pripyat, située sur l’un des lacs, permet de contempler la beauté mélancolique des lieux tout en observant les effets de la contamination et de l’abandon prolongé sur l’environnement. Ces sites révèlent également les interactions entre la ville et ses ressources naturelles avant la catastrophe.

Pripyat comporte aussi de nombreux bâtiments emblématiques liés à la vie culturelle et communautaire.

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86 S. La forêt rouge (Zone d’exclusion de Tchernobyl)

La forêt Rouge est une bande de forêt de bouleaux et de pins située dans la zone d’exclusion de Tchernobyl, tristement célèbre pour avoir été exposée aux retombées radioactives les plus intenses lors de l’accident de 1986. L’intense radioactivité a décimé la végétation, donnant aux arbres une teinte brun-rougeâtre, à l’origine du nom de la forêt. Après la catastrophe, les liquidateurs ont abattu les arbres contaminés et les ont enterrés dans des tranchées, recouverts de terre et parfois de dalles de béton. Bien que signalée par des panneaux d’avertissement, la forêt n’est pas clôturée et demeure une zone emblématique de la contamination nucléaire en Europe.

Aujourd’hui, la forêt Rouge demeure la zone la plus radioactive de la région. En 2019, les niveaux de radiation mesuraient entre 4 µSv/h et 15 µSv/h, avec des points chauds atteignant 40 µSv/h, voire davantage dans les zones où des matériaux ont été enfouis. Pour limiter les risques, il est recommandé de ne pas rester plus de 90 minutes près de ces points chauds, ce qui correspond à la dose journalière maximale tolérée pour les travailleurs exposés aux radiations. Explorer la forêt reste possible, mais uniquement avec des précautions strictes : bottes de protection, dosimètre électronique avec seuil d’alerte de 20 µSv/h, et interdiction de toucher la végétation.

Pour les visiteurs souhaitant mesurer la radioactivité, il est conseillé d’emporter un compteur Geiger ou un appareil similaire afin de comparer les niveaux aux différents endroits de la forêt. Les bouleaux et les lichens absorbent particulièrement le césium radioactif, principal élément encore actif après plus de trois décennies, et peuvent présenter des niveaux extrêmement élevés, jusqu’à 3 000 coups par seconde. La sonde du compteur ne doit jamais toucher la végétation afin d’éviter toute contamination. La visite de la Forêt Rouge reste une expérience unique, mais elle exige un respect strict des règles de sécurité pour minimiser l’exposition aux radiations.

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86 T. Zalissia (Zone d’exclusion de Tchernobyl)

Le village de Zalissia, situé dans la zone d’exclusion de Tchernobyl, à une dizaine de kilomètres au sud-est de la ville de Tchernobyl, fut l’un des premiers lieux évacués après la catastrophe nucléaire de 1986. Avant l’accident, ce village comptait environ trois mille habitants, vivant principalement de l’agriculture et de l’élevage. Les maisons en bois, les granges et les vergers formaient un paysage typique de la campagne ukrainienne.

Aujourd’hui, le silence a remplacé les voix des habitants, et la nature a repris ses droits : les arbres envahissent les anciennes rues, les toits s’effondrent lentement sous la végétation, et les animaux sauvages parcourent librement les lieux. Zalissia demeure ainsi un témoignage figé du mode de vie rural soviétique brutalement interrompu par la catastrophe.

Accessible uniquement avec un guide autorisé, Zalissia fait partie des étapes les plus saisissantes des visites de la zone d’exclusion. Les visiteurs y découvrent les vestiges d’une école, d’un magasin, d’une bibliothèque et de plusieurs habitations encore meublées, conservant parfois des objets du quotidien. L’atmosphère y est d’une profonde mélancolie, renforcée par le contraste entre la vitalité de la nature et la disparition totale de la présence humaine.

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