
Au travers de cet article que nous avons voulu le plus complet possible, nous avons souhaité vous présenter tous les lieux d’intérêts incontournables de la Mer Rouge en Égypte, ceux que vous devez absolument voir, ceux qui représentent son essence même. Certains d’entre eux sont évidents et connus de tous, mais d’autres sont des trésors cachés qui méritent d’être parcourus. C’est pour cette raison que nous espérons que cet article, l’un des plus complets disponible sur Internet, qui vous présente les incontournables de la mer Rouge en Égypte vous aidera à découvrir ce territoire magnifique.
L’Égypte occupe une place centrale dans l’histoire mondiale en tant que berceau de l’une des plus anciennes civilisations connues. Son héritage exceptionnel se manifeste à travers les pyramides, les temples, les tombeaux royaux, les hiéroglyphes et les momies, mais aussi par une continuité culturelle visible dans ses mosquées, églises, quartiers historiques et traditions populaires. Depuis l’Antiquité, le territoire attire voyageurs, érudits et pèlerins, faisant de son activité touristique l’une des plus anciennes au monde.
Le pays se structure autour de plusieurs grandes régions historiques et géographiques. La Basse-Égypte, dominée par le delta du Nil, comprend Le Caire et Alexandrie, pôles politiques, culturels et économiques majeurs. La Moyenne-Égypte marque la transition entre nord et sud le long du fleuve. La Haute-Égypte concentre une succession remarquable de villes-temples sur les rives du Nil. À l’ouest, les oasis du désert occidental, dont Siwa, forment des îlots habités isolés. À l’est, la côte de la mer Rouge et la péninsule du Sinaï se distinguent par leurs paysages maritimes et montagneux.
La côte égyptienne de la mer Rouge s’étire sur près de huit cents kilomètres, depuis l’extrémité sud du Sinaï jusqu’aux confins soudanais. Ce rivage ensoleillé toute l’année est devenu l’une des grandes destinations balnéaires du monde grâce à une mer chaude oscillant entre vingt et trente degrés. Les plages de sable clair côtoient des lagons transparents protégés par des barrières de corail. Dans les années 1980, seuls les plongeurs fréquentaient ces lieux encore sauvages. Depuis, des stations modernes ont métamorphosé d’anciens villages de pêcheurs.
Hurghada, capitale régionale, concentre hôtels, marinas et centres de plongée réputés pour la richesse de leur faune. Plus au nord, El Gouna a été créée comme une cité lacustre dédiée aux loisirs, au golf et au kitesurf. Les baies de Makadi, de Soma et de Sahl Hashish offrent un tourisme haut de gamme tourné vers le bien-être. Safāgā, port ancien balayé par des vents constants, attire véliplanchistes et amateurs d’épaves. Chaque station possède son caractère mais partage la même lumière éclatante.
Vers le sud, la côte retrouve un visage plus authentique avec El-Quṣeir, cité ottomane au passé maritime, puis Marsā ʿAlam, porte d’accès à des récifs encore préservés. Port Ghalib et la baie de Coraya mêlent marinas élégantes et villages de vacances. À Abū Dabbāb, il n’est pas rare de croiser dugongs et tortues marines. Plus loin, Bérénice et Schalatin rappellent les routes caravanières qui reliaient autrefois l’Afrique à l’Arabie. Le voyage devient alors exploration.
Les activités nautiques structurent la vie de ce littoral. Plongée, snorkeling, surf et sorties en mer permettent d’approcher un monde sous-marin d’une diversité exceptionnelle. Les centres spécialisés initient débutants et experts à la découverte des tombants coralliens. Les soirées se prolongent dans les cafés de plage où se mêlent visiteurs du monde entier. Malgré son essor, la mer Rouge conserve un parfum d’aventure.
À l’arrière-plan s’étend le désert d’Arabie, horizon de montagnes ocre qui souligne l’azur de l’eau. Les excursions vers les wadis, les villages bédouins ou les monastères coptes complètent le séjour balnéaire. Le contraste entre mer et désert fait toute la singularité de cette région.
Fiche pays égypte
1. El Gouna
El Gouna, parfois écrit el-Guna, en arabe al-Ǧūna, signifie « la baie » ou « le golfe ». Située à environ vingt-deux kilomètres au nord d’Hurghada, sur le site de l’ancien village de Kafr el-Gūna, cette station balnéaire constitue l’un des ensembles touristiques les plus aboutis de la riviera de la mer Rouge. Conçue selon un modèle urbain original, elle ne se limite pas à une succession d’hôtels en bord de mer, mais s’organise comme une véritable petite ville traversée de lagons artificiels et reliée par des ponts.
Les visiteurs peuvent s’y déplacer à pied ou en bateau-taxi entre les différents quartiers, notamment le centre-ville d’El Gouna, la marina d’Abu Tig et la nouvelle marina. Cette organisation a permis d’offrir, dès l’origine, des cafés, des restaurants, des galeries d’art et des boutiques accessibles sans dépendre des complexes hôteliers.
Le patrimoine religieux et culturel occupe une place visible dans le paysage urbain. L’église de la Bienheureuse Vierge Marie et de l’Archange Michel, édifice copte orthodoxe consacré en 2004 dans le quartier d’El-Bustan, se distingue par ses deux clochers et ses fresques réalisées par l’artiste Mina El Comos. Non loin se dresse la mosquée d’El Gouna, repère spirituel et architectural dont le minaret élancé domine les canaux.
Dans le centre-ville, l’aquarium d’El Gouna présente aux visiteurs la richesse du monde sous-marin de la mer Rouge à travers bassins pédagogiques et espèces locales. Les places animées, comme Tamr-Henna-Platz, concentrent terrasses, marchés d’artisanat et spectacles du soir, donnant à la station une atmosphère plus citadine que balnéaire.
Autour de la ville s’étendent plusieurs espaces naturels remarquables. L’île de mangrove, longue d’environ cinq cents mètres face au Sheraton Minamar Resort, abrite une végétation rare dans cette région désertique et constitue un refuge pour les oiseaux marins. À l’ouest du complexe se déploie l’œuvre paysagère Souffle du désert, installation monumentale créée par l’équipe DAST et l’artiste Danaé Stratou entre 1995 et 1997.
Cette spirale de quatre-vingt-neuf cônes de sable, volontairement livrée à l’érosion, établit un dialogue poétique entre art contemporain et immensité minérale. À l’extrémité sud-est d’El Gouna se trouvent les vestiges du Deir Umm Duheis, ancienne forteresse romaine d’Abū Schaʿr, réoccupée au VIIe siècle par des moines coptes qui y édifièrent une église, rappel discret des strates historiques du littoral.
Les activités sportives et balnéaires structurent la vie quotidienne de la station. Cinq plages publiques bordent directement la mer Rouge : Element Beach, plage de Buzzha, plage de Mangroovy, Marina Beach et plage de Zeytouna. Ces rivages, souvent protégés par un récif formant lagon, sont réputés pour le kitesurf et la planche à voile, notamment autour de Mangroovy et de la nouvelle marina. Une jetée de trois cent cinquante mètres permet depuis Zeytouna d’atteindre les eaux profondes au-delà du récif.
Les amateurs de détente disposent également des plages privées du Labranda Club Paradisio El Gouna et du El Gouna Mövenpick Resort & Spa, tandis que les soirées se prolongent dans les bars et les cinémas de la marina d’Abu Tig.
La réputation d’El Gouna repose enfin sur la qualité de ses sites de plongée. Au large, une trentaine de récifs au nord et une vingtaine au sud sont accessibles lors d’excursions à la journée. L’île de Tawila concentre plusieurs épaves et jardins de coraux mous et durs. Le célèbre récif de Shaʿab Abū en-Nuḥās abrite quatre navires coulés, tandis que l’épave du Rosalie Moller, gisant à cinquante mètres de profondeur, attire les plongeurs techniques expérimentés.

2. Hurghada
Hurghada, ou el-Ghurdaqa, en arabe al-Ghardaqa, est la plus grande et la plus célèbre station balnéaire de la côte égyptienne de la mer Rouge. Avec plus de deux cent mille habitants, la ville constitue la capitale administrative du gouvernorat de la mer Rouge et le cœur de la riviera de la mer Rouge. Autrefois simple village de pêcheurs, elle s’est transformée en quelques décennies en une métropole touristique internationale, facilement accessible par avion depuis l’Europe. Son climat doux toute l’année, avec des températures rarement inférieures à vingt et un degrés, attire une clientèle fidèle, notamment allemande et russe, séduite par l’ensoleillement et la transparence de l’eau.
Le littoral d’Hurghada est bordé de vastes plages de sable fin et d’un chapelet d’îles coralliennes. Parmi elles se distinguent l’île de Great Giftun, la petite île Giftun, les îles Abū Minqār, Umm Magāwīsch el-Kabīr et Abū Ramāda. Entre la côte et Umm Magāwīsch s’étire un long récif corallien qui protège les lagons. Au sud de Great Giftun se trouve la célèbre plage de Mahmiya, considérée comme l’une des plus belles du pays, avec son sable clair et ses eaux turquoise.
À l’ouest de la ville s’élèvent les montagnes de la mer Rouge, tandis qu’au nord se développe la zone d’El-Ahya’, une bande côtière de dix-sept kilomètres reliant Hurghada à El Gouna. Cette région, comprenant les quartiers d’El Fayrouz, Mubarak 11 et Mubarak 12, accueille de nombreux hôtels haut de gamme. Plus au sud-est se situe le secteur de Moubarak 7, où se trouve l’Institut national d’océanographie et l’ancien musée de biologie marine, fondé par Cyril Crossland et dirigé ensuite par Hamed Gohar.
Au large d’El-Ahya’ s’étend le grand récif de Sha’ab Abu Sha’r, tandis que l’île de Shadwan, à l’entrée du golfe de Suez, marque la limite septentrionale de la zone de plongée. La vieille ville d’Ed-Dahhar constitue le centre historique et administratif. S’y découvrent la mosquée Er-Rachman, la mosquée al-Shahid, la grande mosquée ed-Dahhar et la mosquée el-Mina.
Au sud-est de l’ancien hôtel Shedwan Garden se trouve l’aquarium de la mer Rouge, complété par le musée sur l’attaque israélienne. Plus au sud commence le quartier touristique d’es-Saqala, également appelé El-Haḍaba. Ce secteur animé, long d’environ cinq kilomètres, s’organise autour de la Marina Hurghada, anciennement New Marina, qui peut accueillir deux cents yachts et constitue le cœur de la vie nocturne.
À la jonction d’Ed-Dahhar et d’Es-Saqala s’élève la monumentale grande mosquée du Port, ou mosquée Al-Mina, inaugurée en 2012. Les principales artères commerçantes sont la Sheraton Road et les places Mīdān el-ʿArūsa, Mīdān es-Saqāla et Mīdān esh-Schuhadāʾ. À proximité subsiste l’hôtel Old Sheraton, premier établissement moderne de la ville, aujourd’hui à l’abandon, ainsi que les deux balises maritimes : le phare avant de la chaîne d’El Ghardaqa et le phare arrière de la chaîne d’El Ghardaqa.
Au sud s’étend New Hurghada, ou el-Ghurdaqa el-Gadida, bande littorale de près de vingt kilomètres jusqu’à Sahl Ḥaschīsch. Cette zone regroupe les quartiers : d’el-Mamschā, du district intercontinental, de Magāwīsch, de la ville des 5 d’or et de Long Beach. L’île de Magāwīsch fait face à cette côte moderne, désormais enrichie d’attractions terrestres comme le grand aquarium d’Hurghada, le musée d’Hurghada et le parc de sculptures : Hurghada, la ville de sable.
Le grand Aquarium d’Hurghada présente une centaine d’espèces dans un tunnel sous-marin et une reconstitution de forêt tropicale. Le musée d’Hurghada, ouvert en 2020, expose près de mille huit cents objets évoquant la beauté, le luxe et la vie quotidienne de l’Égypte antique, dont le buste de Méritamun. La ville de sable rassemble des œuvres monumentales réalisées par des artistes internationaux, offrant une alternative culturelle aux activités marines.
La baignade demeure l’activité principale. La plupart des hôtels disposent de plages privées, mais il existe aussi des accès payants comme la plage d’El Sakia, Orange Beach et la plage d’El Sawaky. Les excursions en yacht conduisent vers l’île de Great Giftun, la baie d’Orange ou l’île de Magāwīsch. Les complexes de New Hurghada abritent de nombreux parcs aquatiques, dont le Jungle Aqua Park Neverland, célèbre pour ses trente-cinq toboggans.
La plongée et le snorkeling attirent des visiteurs du monde entier. Les sites les plus connus sont El-Fanadir, la grotte d’Abu Hashish, le récif de Carless, El-Fanous et l’île d’Umm Gamar. Les sorties vers l’île de Shadwan et les îles Giftun permettent d’observer raies, tortues et jardins de coraux, même si la fréquentation intensive a fragilisé certains écosystèmes.

3. Ain Soukhna
Ain Soukhna ou El-ʿAin es-Suchna, station égyptienne située sur la rive occidentale du golfe de Suez, doit son nom aux sources thermales sulfureuses qui jaillissent au pied du Gebel el-Galāla el-Baḥrīya. Ces eaux chaudes, connues depuis l’Antiquité, ne constituent pourtant pas le moteur principal du tourisme actuel. L’attrait majeur réside surtout dans la proximité avec Le Caire, distant d’environ 150 kilomètres, ce qui en fait une destination privilégiée pour les escapades de week-end des habitants de la capitale.
Les complexes hôteliers et résidences de vacances s’étirent sur près de 80 kilomètres de littoral, formant une mosaïque d’établissements modernes souvent fréquentés par une clientèle nationale.
La région ne possède pas de véritable ville organisée, mais plutôt une succession de zones touristiques et industrielles autour du port d’el-ʿAin es-Suchna. Le centre le plus animé se trouve à Porto Sokhna, où se concentrent une marina, des restaurants, quelques commerces et plusieurs mosquées. Malgré l’urbanisation rapide, les activités culturelles demeurent limitées et la station conserve un caractère essentiellement balnéaire. Les paysages alternent entre plaines désertiques au nord et plateau de grès de Galala au sud, dont les falaises se rapprochent parfois de la mer.
À l’ouest de l’hôtel El Sokhna Portrait subsiste un site archéologique peu connu, témoignage d’un ancien port égyptien. S’y observent les vestiges d’ateliers métallurgiques et surtout une série de galeries creusées dans l’ardoise, longues d’une quinzaine de mètres, utilisées comme entrepôts dès l’Ancien Empire. Des inscriptions des XIe et XIIe dynasties gravées dans la roche rappellent l’importance antique de cette côte dans les échanges vers le Sinaï et la mer Rouge. Ce lieu discret constitue l’une des rares curiosités historiques de la région.
Les loisirs proposés sont essentiellement tournés vers la mer : baignade, plongée avec tuba, sports nautiques, excursions en bateau ou pêche. Les plages, souvent de galets, sont aménagées par les hôtels, certains disposant de parcs aquatiques. Deux téléphériques permettent de rejoindre le plateau de Galala et la nouvelle ville d’El-Galāla, offrant de vastes panoramas sur le golfe de Suez.

4. Ras Gharib
Ras Gharib, ou Raʾs Ghārib, s’étend sur la côte africaine du golfe de Suez, à 155 kilomètres au nord d’Hurghada. Cette ville de quelque trente-deux mille habitants est la plus septentrionale du gouvernorat de la mer Rouge. Contrairement aux stations voisines dédiées au tourisme, son identité est avant tout industrielle. Depuis la découverte de gisements pétroliers en 1938, la cité s’est développée autour des installations de forage terrestres et des plateformes offshore qui jalonnent le golfe.
L’essor de la production a profondément transformé ce territoire autrefois presque inhabité. Un port spécialisé assure le chargement du brut, tandis qu’un quartier moderne a été bâti pour loger les ouvriers et leurs familles. Le gisement de Ras Gharib fournit aujourd’hui une part essentielle du pétrole égyptien. La ville fut même la première capitale du gouvernorat avant que ce rôle ne soit transféré à Hurghada, plus tournée vers le tourisme.
Hormis l’activité énergétique, Ras Gharib offre peu d’attraits pour le voyageur. S’y trouvent quelques lieux de culte, comme la mosquée de Damas et une petite église au nord de l’agglomération. Le paysage est dominé par la silhouette du Gebel Ghārib, montagne culminant à 1 670 mètres à une trentaine de kilomètres au sud-ouest, qui a donné son nom à la localité. Les environs restent largement désertiques, parcourus de routes menant aux champs pétrolifères.
L’histoire de la ville se lit encore dans le phare édifié en 1871 par Gustave Eiffel, seul repère antérieur à l’ère du pétrole. Pendant la Seconde Guerre mondiale, l’importance stratégique du site entraîna une croissance démographique rapide. Aujourd’hui, l’ambiance demeure celle d’une cité de travail tournée vers la mer et les plateformes, bien différente des stations balnéaires voisines.
Pour le visiteur curieux, Ras Gharib constitue surtout une étape permettant de comprendre le rôle de l’or noir dans l’économie égyptienne. L’absence d’infrastructures touristiques importantes et de plages aménagées la distingue nettement des destinations de la riviera de la mer Rouge, mais lui confère un caractère authentique et industriel singulier.

5. Sahl Hasheesh
Sahl Hashish ou Sahl Hasheesh, établie à une vingtaine de kilomètres au sud d’Hurghada, est une station balnéaire conçue de toutes pièces au début du XXIe siècle. Étendue sur douze kilomètres le long d’une baie turquoise, elle appartient à la riviera de la mer Rouge et vise une clientèle en quête de luxe. Les premiers plans, élaborés par l’architecte britannique Norman Foster, prévoyaient un ensemble harmonieux d’hôtels haut de gamme, de résidences et d’une longue promenade publique en bord de mer.
Le récif frangeant qui borde la côte constitue l’un des principaux atouts du lieu. Il abrite une faune sous-marine colorée accessible directement depuis les jetées des hôtels, faisant de la plongée avec tuba l’activité phare. La plage alterne zones de sable fin et secteurs de galets, équipés de transats et de parasols. Le climat quasi désertique permet la baignade toute l’année, avec des températures dépassant souvent trente degrés de mai à octobre.
Le cœur symbolique de la station est la place d’arrivée, dominée par une fontaine illuminée. Non loin s’élève la porte du Pharaon, ensemble monumental inspiré des temples antiques et bordé de sphinx décoratifs. La vieille ville d’Azzurra regroupe quelques boutiques et cafés, tandis qu’au large se trouve l’île d’Abū Ḥaschīsch entourée de récifs réputés, dont la « ville engloutie », structure artificielle propice à la plongée.
Les infrastructures sont pensées pour un séjour balnéaire complet : spas, centres de plongée, restaurants internationaux et longues promenades piétonnes. Cependant, en dehors des complexes hôteliers, les distractions demeurent limitées. La station conserve encore des chantiers en cours, signe d’un développement progressif visant à renforcer son image de destination chic.
6. Makadi Bay
La baie de Makadi, ou Madinat Makadi, s’étend immédiatement au sud de Sahl Hashish, à une trentaine de kilomètres d’Hurghada. Née à la fin des années 1990, cette station regroupe aujourd’hui plus de trente hôtels quatre et cinq étoiles alignés le long d’une plage de trois kilomètres. Très prisée des clientèles allemande et italienne, elle propose essentiellement des formules tout compris destinées aux familles.
Le littoral est bordé d’un récif corallien accessible à faible profondeur, ce qui favorise la plongée avec tuba et la plongée sous-marine pour débutants. Les fonds abritent tortues, raies et poissons multicolores autour de sites tels que Gūṭa Abū Makādī ou Charm el-Arab. Les amateurs de loisirs terrestres disposent d’un parcours de golf, de parcs aquatiques comme le Makadi Water World et de nombreuses installations sportives intégrées aux hôtels.
En dehors des établissements, l’infrastructure urbaine reste quasi inexistante. Il n’y a ni véritable centre-ville ni quartiers commerçants animés, seulement un petit centre commercial au nord. Cette configuration confère à la baie une atmosphère paisible mais parfois isolée, contrastant avec des destinations plus animées comme Hurghada ou Sharm el-Sheikh.
Parmi les rares curiosités figurent le parc Mini Égypte, musée en plein air présentant des maquettes des grands monuments du pays, et le delphinarium Dolphin World Égypte, dont les spectacles demeurent controversés. Quelques mosquées modernes jalonnent également la côte. Le reste du paysage se compose de montagnes désertiques descendant vers la mer.

7. Sharm en-Naqa
Sharm en-Naqa, appelé aussi Sharm el-Naga ou Naga Bay, et en arabe Sharm an-Nāqa, est une baie tranquille de la côte égyptienne de la mer Rouge, située à environ quarante kilomètres au sud d’Hurghada, à six kilomètres au nord-ouest de la baie de Soma et à une vingtaine de kilomètres au nord de Safāgā. Ce site appartient à la riviera de la mer Rouge et se présente comme un petit complexe touristique composé de seulement trois hôtels et d’un club. L’arrière-pays, entièrement désertique, souligne l’isolement du lieu et met en valeur la transparence de la mer. La station s’adresse presque exclusivement aux amateurs de plongée et de snorkeling, qui trouvent ici un environnement préservé.
La plage de Charm el-Naqa est bordée d’un récif corallien accessible directement depuis le rivage, ce qui permet d’explorer les fonds sans bateau. Les visiteurs viennent avant tout pour nager, observer les poissons tropicaux et profiter du calme. En dehors des activités nautiques, aucune attraction terrestre notable n’est proposée. Cette simplicité volontaire a permis au site de conserver une atmosphère authentique, loin de l’urbanisation d’Hurghada.
Parmi les sites de plongée les plus réputés figurent le Canyon Reef, le Coral Garden, le Wall et le Panorama Reef, qui offrent des tombants spectaculaires. Le détroit de Sharm el Naga constitue un passage privilégié pour les courants riches en vie marine. Les plongeurs expérimentés explorent également l’épave du Sadana du XVIIIe siècle, ainsi que Sadana Point et le Sadana Drop-off.
Plus au large se trouvent Sardana Gorgiona, le tunnel de Lama, la grotte de Ziyad et le récif de Shaʿb Saiman. Les récifs situés au sud de la baie de Soma complètent cette mosaïque sous-marine d’une grande diversité. Les centres locaux organisent des sorties quotidiennes adaptées à tous les niveaux.
Le soir, Sharm en-Naqa retrouve un silence presque absolu, seulement troublé par le vent du désert. Les quelques établissements hôteliers privilégient une ambiance simple et conviviale. Le lieu s’est ainsi forgé une réputation de refuge pour voyageurs en quête de mer intacte et de tranquillité.

8. Soma Bay
La baie de Soma, en arabe Chalīǧ Sōmā Bāi, est un ensemble hôtelier de luxe créé artificiellement sur la péninsule de Raʾs Abū Sōma. Située entre Hurghada et Safāgā, cette station privée regroupe des établissements haut de gamme, des centres de thalassothérapie et un parcours de golf. L’accès au domaine est réservé aux visiteurs disposant d’une réservation, ce qui renforce son caractère exclusif.
Immédiatement au sud se développe la station d’Abū Sōmā, parfois appelée Abu Soma ou Saumā, construite au bord de la baie d’Abū Sōmā. Cette zone, indépendante du complexe principal, est composée presque uniquement d’hôtels dédiés à la baignade, à la plongée et au kitesurf. Les anciens secteurs de Kilo Thamaniya et du quartier résidentiel Haiy esh-Schurūq marquent la transition avec la ville de Safāgā.
La péninsule de Raʾs Abū Sōma, longue de cinq kilomètres, a été aménagée dès 1991 par la société Abu Soma Development Co. Les premiers hôtels ont ouvert en 1997 et le site doit encore s’agrandir dans les années à venir. Le domaine possède sa propre station d’épuration, une usine d’eau potable et un port de plaisance. Tous les établissements disposent d’un accès direct à la plage de sable fin.
À environ cinq cents mètres se trouve le récif de Ras Abu Soma, long d’un kilomètre, entouré d’îles coralliennes comme Tubya, Tubya Kabir, Tubya Saraya, Gamul Kabir et Gamul Soraya. Ces sites sont célèbres pour les plongées dérivantes du nord vers le sud. Une jetée de 420 mètres permet l’embarquement vers les zones plus éloignées.
En dehors du monde sous-marin, la baie de Soma ne propose presque aucune attraction culturelle. Le désert occidental forme un décor monotone mais apaisant. Le lieu attire ainsi une clientèle recherchant confort, mer limpide et activités nautiques de qualité.

9. Safaga
Safaga, également appelée Bur Safaga ou Port Safaga, en arabe Būr Safāǧā, est une ville portuaire d’environ 28 000 habitants située à soixante kilomètres au sud d’Hurghada. Elle constitue un centre industriel, un chantier naval et une station balnéaire appréciée des plongeurs et des surfeurs. Contrairement aux grandes villes voisines, Safaga reste relativement préservée du tourisme de masse.
La majorité des hôtels se trouvent au nord de la vieille ville, dans la zone touristique d’Abū Sōmā, au sud de la péninsule de Soma Bay. Le quartier moderne de Haiy esh-Schurūq, autrefois appelé Kilo Thamaniya, s’est développé à l’ouest. La ville occupe une position stratégique au carrefour de la route côtière 24 et de la route menant à Qina.
Au large s’étend l’île de Safaga, longue d’environ dix kilomètres, visible depuis le centre. Plus au sud se trouve une zone de mangrove rare sur la côte égyptienne. Les plages présentent une pente douce et un sable riche en minéraux. Les excursions d’une journée mènent vers l’île de Sable et l’île Tubiya, situées dans la baie de Soma.
Les sites de plongée sont réputés pour leur excellent état de conservation. Le récif d’Abu Qifan abrite requins-marteaux et thons, tandis que le récif panoramique permet des dérivantes jusqu’à quarante mètres. Au nord de Ras Abu Soma, le site de Ras Umm Hesiwa est connu pour ses coraux durs et la présence de tortues.
L’épave du Salem Express, située à Shaʿb Hamdala, demeure l’un des lieux les plus émouvants de la région. D’autres spots jalonnent la côte, comme 7 Piliers, Tobia Kabira, Gamul Saghira, le récif du milieu, Shaʿb Claude ou le récif de Spit. Grâce au vent régulier, Safaga est également un haut lieu du kitesurf.
10. El-Quseir
El-Quseir, écrit aussi Quseir ou el-Kosseir, en arabe El Qusair, signifiant « petit palais », est une ville portuaire de la mer Rouge comptant environ 24 000 habitants. Située à cent quarante kilomètres au sud d’Hurghada et à quatre-vingt-cinq kilomètres au sud de Safaga, elle occupe le carrefour de la route côtière 24 et de la route de Qift. Son passé prestigieux remonte à l’Antiquité, lorsqu’elle abritait le port romain de Myos Hormos.
La vieille ville d’El-Quseir conserve de nombreuses maisons du XIXe siècle aux façades blanches ornées de balcons en bois, de rawashin et de moucharabiehs. Près du port se trouvent l’ancien poste de police de 1837 et la station de quarantaine, ancien caravansérail destiné aux pèlerins de La Mecque.
Plusieurs sanctuaires témoignent de la tradition religieuse locale, comme la mosquée el-Farran, la mosquée el-Qinawi, la mosquée es-Sanusi et la mosquée es-Sakīna. Le mausolée du cheikh soufi ‘Abd el-Qadir el-Gilanī attire encore de nombreux fidèles.
La citadelle d’el-Quṣeir, ou al-Qalʿat al-ʿuthmānīya, fut renforcée au XVIe siècle par le sultan Selim Ier. Occupée par Napoléon en 1799 puis reprise par les Britanniques, elle abrite aujourd’hui un musée consacré à la construction navale et à l’extraction du phosphate. Au nord se situe le site archéologique d’El-Quṣeir el-Qadīm, emplacement de l’antique Myos Hormos.
Les activités modernes restent centrées sur la mer. Les centres de l’hôtel Fanadir, du Flamenco Beach Resort et du Rocky Valley Divers Camp organisent des plongées vers les les îles Brother, Marsa Wizr et Shams es-Sugheir.

11. La baie de Coraya
La baie de Coraya, appelée en arabe Chalīǧ Kōrāyā, se situe sur la côte de la mer Rouge à environ soixante-sept kilomètres au sud d’El Quseir et à quelques minutes seulement de Port Ghālib. Cette station, également connue sous le nom de Coraya Beach ou Madinat Coraya, s’est développée autour d’un ancien mouillage nommé Marsā Umm Garīfāt. Le site bénéficie d’une large anse protégée où les eaux calmes et transparentes attirent baigneurs et plongeurs tout au long de l’année. Les complexes hôteliers ont été implantés au nord et au sud de la baie en respectant la forme naturelle du littoral. L’ensemble forme aujourd’hui une destination autonome, distincte des stations voisines de Marsa ʿAlam.
Les récifs coralliens constituent la principale richesse de la baie. Ils s’étendent de part et d’autre de l’anse et descendent progressivement jusqu’à une profondeur d’environ quarante mètres. Le visiteur peut y accéder directement depuis la plage, grâce à plusieurs jetées, ou par bateau semi-rigide. La faune sous-marine regroupe de nombreux coraux durs et mous, des poissons récifaux colorés ainsi que des tortues marines fréquemment observées. Les grands pélagiques sont plus rares, ce qui rend les plongées particulièrement adaptées aux débutants. Le cadre protégé permet également une pratique sécurisée du snorkeling.
Plusieurs bateaux permettent d’organiser des sorties à la demi-journée ou à la journée vers des sites réputés comme Abu Dabbab, Umm el-Ros ou le récif d’Elphinstone.
La baignade demeure l’activité la plus accessible pour les visiteurs. La majorité des hôtels s’ouvrent directement sur le sable, notamment le Steigenberger Coraya au nord et les établissements JAZ Solaya, JAZ Lamaya et JAZ Samaya au sud. Les récifs débutent à quelques mètres du rivage, offrant un spectacle sous-marin immédiat. Des petites jetées, réparties le long de la côte, facilitent l’entrée dans l’eau au-delà des zones peu profondes. Une grande jetée proche du JAZ Lamaya a été spécialement conçue pour les plongeurs et les amateurs de palmes-masque-tuba.
La station a également développé des équipements de loisirs pour les familles. Le parc aquatique Soraya accueille gratuitement les clients des hôtels du secteur et propose toboggans, bassins et espaces de détente. Les activités nautiques non motorisées, comme le kayak ou le paddle, sont encouragées afin de préserver la tranquillité de la baie. Des promenades le long de la corniche permettent d’observer le contraste entre le désert minéral et le bleu intense de la mer Rouge.

12. Port Ghalib
Port Ghalib, en arabe Būrt Ghālib, est une station balnéaire moderne située à une soixantaine de kilomètres au nord de Marsa ʿAlam. Implantée à proximité immédiate de l’aéroport international, elle constitue l’un des projets touristiques les plus ambitieux de la région. Le site s’étend le long de la côte de la mer Rouge, non loin de la baie de Marsā Mubārak, célèbre pour ses herbiers fréquentés par les dugongs. Conçu comme une ville de loisirs haut de gamme, l’ensemble devait réunir hôtels, résidences, commerces et équipements nautiques.
Le cœur de la station s’organise autour d’un quartier commerçant situé à l’ouest de l’hôtel Palace Port Ghalib. S’y concentrent restaurants, cafés et petites boutiques bordant la corniche. Le matin, les rues sont calmes, puis l’activité s’intensifie à partir de midi lorsque les excursionnistes rentrent de mer. À quelques kilomètres vers le sud s’étend la plage de Fayrouz, point de départ pour rejoindre la baie de Marsā Mubārak. En dehors du complexe, une simple mosquée rappelle la présence des communautés locales.
L’élément le plus remarquable de Port Ghalib est sa marina internationale. Ce port de plaisance peut accueillir jusqu’à mille yachts mesurant cinquante mètres de long. Il dispose d’une autorité portuaire, de services de douane et d’immigration, ce qui en fait une escale appréciée des navigateurs parcourant la mer Rouge. Les quais bordés de palmiers servent également de promenade pour les visiteurs. Les terrasses surplombant les bateaux offrent l’un des rares lieux de vie nocturne du sud égyptien.
Les activités tournent principalement autour de la mer. La plongée sous-marine et le snorkeling sont proposés vers des sites renommés comme Elphinstone, Abu Dabbab ou Delphine House. D’autres loisirs nautiques, tels que la banane tractée, le jet boat ou le parachute ascensionnel, complètent l’offre. Des bateaux à fond de verre permettent d’observer les récifs sans se mouiller. À terre, les visiteurs peuvent choisir des balades à dos de chameau, des sorties à cheval ou des excursions en quad dans le désert environnant.
Malgré son développement partiel, Port Ghalib représente une étape importante pour le tourisme du sud de la mer Rouge. Sa proximité avec l’aéroport facilite l’accès aux voyageurs venant d’Europe. Le mélange de marina élégante, de larges avenues et de paysages désertiques crée une identité singulière.

13. Abu Dabbab
Abu Dabbab est aujourd’hui l’un des sites naturels les plus réputés de la côte égyptienne de la mer Rouge. Située à mi-chemin entre l’aéroport de Marsa Alam et la ville du même nom, cette zone s’étend autour de la vaste anse de Marsā Abū Dabbāb, un espace marin protégé devenu un haut lieu de la plongée et du snorkeling. Le littoral associe une plage de sable clair, des herbiers sous-marins et des récifs frangeants accessibles à tous les niveaux de pratique.
La baie principale : Marsā Abū Dabbāb, mesure entre trois cent cinquante et sept cents mètres de large pour environ trois cents mètres de long. Deux kilomètres plus au sud se trouve Marsā en-Nābaʿ eṣ-Ṣaghīr, également appelée Marsa el-Nabaa, qui marque l’extrémité méridionale de la zone touristique. Ces deux anses servaient autrefois de mouillages pour les pêcheurs et possèdent encore de longues plages sableuses à leur extrémité occidentale. Les récifs situés au large sont accessibles en bateau à la journée ou en croisière de plongée. Les vents dominants du nord-est conditionnent l’organisation des sorties en mer et expliquent la présence d’abris naturels au sud des récifs.
La richesse d’Abu Dabbab se révèle surtout sous la surface. Le fond de la baie principale est couvert d’une vaste prairie de zostères qui nourrit tortues et dugongs. Ce paysage, apparemment uniforme, abrite pourtant une grande diversité d’espèces qu’il faut savoir chercher avec patience. Les récifs frangeants, situés juste au-delà de la plage, descendent jusqu’à vingt mètres de profondeur et offrent des conditions idéales pour les débutants. Parmi ces sites figurent Abū Dabbāb Nord, face au Hilton Nubian Resort, le récif de la maison Abū Dabbāb au cœur de la baie, Abū Dabbāb Sud à la sortie méridionale, ainsi que le jardin Abū Dabbāb, proche de la jetée du Malikia Resort, réputé pour ses petites grottes sous-marines.
Au large s’étend un ensemble de récifs de plateforme numérotés de un à six par les pêcheurs locaux. Les plus fréquentés sont Abū Dabbāb 2 et Abū Dabbāb 3, situés à environ quatre kilomètres du rivage. Ces récifs nord, proches les uns des autres, servent souvent de plongées de contrôle au début des croisières. Les jardins coralliens y débutent à quatre mètres de profondeur et rejoignent un fond sableux vers quinze mètres. Le courant, généralement orienté du nord vers le sud, peut s’intensifier dans le col séparant les récifs 2 et 3, créant une zone particulièrement riche en vie marine.
Le récif Abū Dabbāb 1, également nommé Abū Dabbāb Wāḥid, possède le plus vaste jardin corallien des trois premiers sites. Long d’environ deux cent cinquante mètres, il se déploie du sud-ouest au nord-est et offre un parcours spectaculaire parmi coraux poreux, buissonnants et mous. Les plongeurs sont déposés par zodiac au sud du récif puis dérivent au-dessus du jardin, parfois à seulement cinq mètres de profondeur, avant de rejoindre le mouillage en longeant un pinacle corallien. L’étendue du site rend l’usage d’une boussole conseillé pour ne pas perdre l’orientation.
Abū Dabbāb 2, surnommé : la Grotte ou Abū Dabbāb Ithnein, présente une forme de croissant orientée d’ouest en est. Son attrait principal réside dans une grande caverne accessible à quatre mètres de profondeur, plus aisée à explorer que celle du récif voisin. Lorsque le courant le permet, les plongeurs peuvent évoluer dans le creux séparant les récifs 2 et 3 et atteindre l’épave du yacht Heaven I. Ce navire, détruit par un incendie en 2003, repose à quinze mètres sur un fond sableux.
Le col entre Abū Dabbāb 2 et Abū Dabbāb 3 constitue l’un des secteurs les plus animés du site. Ce chenal de deux cent cinquante mètres de long abrite poissons-anges, chirurgiens, anthias, raies à points bleus et poissons-globes masqués. Dans une petite baie au nord d’Abū Dabbāb 3, des anémones rouges, assez rares en mer Rouge, hébergent des poissons-clowns. Le passage se prête également aux plongées de nuit, lorsque les rascasses et les crustacés sortent de leurs cachettes. Le récif Abū Dabbāb 3, appelé jardin de Corail, est le plus étendu ; sa grotte sud, étroite et ramifiée, est réservée aux plongeurs expérimentés.
Plus à l’est se trouvent les récifs moins fréquentés Abū Dabbāb 4, Abū Dabbāb Chamsa et Abū Dabbāb Sitta. Le premier, dit Neuf Tours, offre un plateau peu profond au nord et des tours coralliennes au sud. Le second se compose de trois sections alignées du nord au sud, mêlant jardins et pinacles. Le troisième descend jusqu’à vingt mètres et présente également des formations verticales spectaculaires.
Si l’essentiel de l’intérêt d’Abu Dabbab se situe en mer, quelques repères terrestres rythment le paysage. Un petit amphithéâtre accueille des animations saisonnières, et une mosquée rappelle la présence des communautés locales travaillant dans les hôtels et centres de plongée. Les établissements balnéaires se sont implantés de part et d’autre de la baie, mais l’espace conserve encore de larges zones naturelles.

14. Marsa Alam
Marsa Alam s’étire comme un long ruban clair le long de la côte de la mer Rouge et forme aujourd’hui l’un des pôles touristiques majeurs de l’Égypte orientale. Ancien village bédouin habité par les Ababda de la tribu Beja, le lieu a conservé une atmosphère paisible malgré l’essor des hôtels répartis sur près de cent vingt kilomètres. La Rue principale de Marsa ʿAlam constitue le cœur modeste de la ville, où se mêlent commerces, cafés et petites échoppes. À proximité se dresse la mosquée du Centre islamique, repère spirituel visible de loin grâce à son minaret élancé. Non loin de là, la mosquée du souk rappelle l’organisation traditionnelle autour du marché local. Autour de ces édifices simples se déploie une vie quotidienne encore marquée par la pêche et les échanges avec le désert.
Le véritable attrait de Marsa Alam réside cependant dans son littoral et dans la transparence exceptionnelle de ses eaux. Les visiteurs viennent d’abord pour la baignade et pour les longues plages qui bordent les complexes hôteliers. Une plage publique au nord de la ville permet également aux habitants de profiter de la mer. Les récifs frangeants imposent souvent l’usage de jetées afin de rejoindre les zones de nage sans endommager les coraux. Le port de chaussures adaptées est recommandé pour éviter les coupures, rappelant que la nature reste ici souveraine. Les baies sableuses offrent des pentes douces idéales pour les familles et les nageurs débutants.
La plongée sous-marine constitue l’activité emblématique de la région. À quelques kilomètres seulement s’étend Sha’b Marsa Alam, le récif maison de la ville, apprécié pour ses jardins coralliens accessibles. Plus au large se trouve le célèbre récif de Dédale, également nommé Abū el-Kīzān, isolé au milieu de la mer et fréquenté par les plongeurs expérimentés. Les sorties en bateau permettent d’explorer ces sites où la visibilité peut dépasser trente mètres. Les centres spécialisés proposent des baptêmes pour débutants ainsi que des formations complètes. Les safaris de plusieurs jours attirent un public international en quête de sensations sous-marines.
Parmi les destinations les plus réputées figure Abū Dabbāb, vaste baie située au nord de la ville. Ce site est connu pour la présence régulière de dugongs et de tortues marines qui broutent les herbiers. Les plongeurs y rencontrent également des raies et une multitude de poissons colorés. Un peu plus loin, le récif d’Elphinstone offre des parois spectaculaires tombant dans le bleu profond. Les courants y sont parfois puissants, ce qui attire requins et pélagiques. Ces deux lieux ont largement contribué à la renommée internationale de Marsa Alam.
Au sud s’ouvre un autre univers marin d’une grande diversité. La Maison des dauphins, connue sous le nom de récif de Samadai ou Sha’b Samadai, abrite une population d’environ cent cinquante dauphins à long bec. Les autorités limitent le nombre quotidien de visiteurs afin de préserver cet équilibre fragile. Non loin de là, la baie de Charm el-Luli séduit par son sable blanc et ses eaux turquoise, souvent comparées à celles des lagons tropicaux. Les excursions à la journée permettent d’alterner baignade, observation de la faune et détente à l’ombre des palmiers.
Plus au sud-est se déploie l’archipel des Gazāʾir Qulʿān, ensemble d’îles sauvages situées au nord de Ḥamāṭa. Ces îlots, dont Ǧazīrat Schawārīṭ, Ǧazīrat Suyūl et Ǧazīrat Maḥābīs, constituent une étape privilégiée des croisières plongée. Les récifs y sont peu fréquentés et présentent des coraux intacts. Les pêcheurs locaux racontent que ces eaux servaient autrefois d’abri aux caravanes maritimes. Aujourd’hui, seuls quelques bateaux y mouillent, offrant aux visiteurs un sentiment d’isolement absolu. Le contraste entre désert et mer y atteint une rare intensité.
Le vaste ensemble appelé Banc de Fureur regroupe une vingtaine de récifs au large du cap Raʾs Banās. Cette zone est réputée pour ses labyrinthes de corail et ses passes profondes. Les plongeurs y croisent régulièrement barracudas et thons, tandis que les amateurs de snorkeling admirent les jardins peu profonds. Dans le même secteur se situe le récif des dauphins, ou Shaʿb Satāyā, véritable sanctuaire marin. Les rencontres avec les cétacés y sont fréquentes, dans un cadre respectueux encadré par des guides spécialisés. Ces lieux donnent l’impression d’un océan encore intact.
Les safaris plus lointains conduisent jusqu’à Saint-Jean Habili Ali, à plus de deux cents kilomètres au sud. Ce chapelet de petits récifs, parmi lesquels Habili Gafaar et les récifs Grey, est célèbre pour ses gorgones géantes et ses grottes secrètes. On y observe parfois des requins, mais aussi des nuées de vivaneaux et de poissons-papillons. La navigation vers ces sites constitue déjà une aventure, rythmée par les nuits passées à bord. Les plongeurs décrivent ces fonds comme un véritable musée vivant de la mer Rouge. Chaque immersion révèle un nouveau décor.
Outre la plongée, Marsa Alam s’est ouverte à d’autres sports nautiques. Le kitesurf profite des vents réguliers qui balayent la côte, notamment près du lagon de Wadi Lahami. Les promenades en banane tractée et les sorties en bateau à fond de verre complètent l’offre pour les familles. Les centres hôteliers organisent des excursions vers le désert oriental, permettant de découvrir wadis et montagnes. Ainsi, la station ne se limite pas à la mer mais dialogue en permanence avec l’arrière-pays. Cette complémentarité séduit un public varié.
Malgré son développement rapide, Marsa Alam conserve une identité discrète. Les deux mosquées, la mosquée du Centre islamique et la mosquée du souk, rappellent l’âme locale au milieu des infrastructures modernes. Les soirées dans la rue principale de Marsa ʿAlam restent simples, animées par les familles et les pêcheurs rentrés du large. Entre tradition bédouine et tourisme international, la ville cherche un équilibre respectueux de son environnement. Les récifs, qu’il s’agisse de Sha’b Marsa Alam, d’Elphinstone ou de Shaʿb Satāyā, demeurent le trésor essentiel. Marsa Alam apparaît ainsi comme une porte ouverte sur l’une des mers les plus riches du monde.

15. Ḥamāṭa
Ḥamāṭa s’étire discrètement sur la côte méridionale de la mer Rouge, à mi-chemin entre Marsa ʿAlam et Bérénice. Ce petit village de pêcheurs, peuplé d’à peine cent cinquante habitants, demeure l’un des lieux les plus calmes de la riviera égyptienne. La ville possède une mosquée blanche tournée vers la mer. Les complexes hôteliers se dispersent plus au sud en direction de Bérénice, laissant au village son caractère authentique. Juste au-delà s’ouvre la baie de Marsā Wādī Laḥmī, vaste lagon aux eaux peu profondes. La vie locale reste rythmée par les marées et par les allées et venues des bateaux de plongée.
À environ quarante kilomètres se dresse le cap Raʾs Banās, appelé aussi Raʾs el-Anf en raison de sa silhouette en forme de nez. Ce promontoire marque une frontière naturelle entre deux mondes sous-marins. Au nord du cap s’étend le célèbre banc de Fureur, ensemble de récifs très prisés des plongeurs. Au sud commence la région mythique de Saint-John’s, destination des safaris lointains. Ḥamāṭa sert souvent de base logistique pour ces expéditions. Malgré cette proximité avec des sites renommés, le village lui-même ne possède aucune attraction monumentale.
Les activités se concentrent presque exclusivement autour de la mer. La baignade s’effectue dans des eaux limpides bordées de mangroves éparses. La plongée constitue l’occupation principale des visiteurs, encadrée par des centres spécialisés. Les récifs proches offrent des jardins coralliens accessibles même aux débutants. Les bateaux partent à l’aube vers les passes du large.
Le lagon de Wadi Lahami est également réputé pour le kitesurf. Ses dimensions d’environ huit cents mètres sur trois cents forment un plan d’eau idéal pour l’apprentissage. Les vents latéraux réguliers soufflent toute l’année, avec une intensité accrue en hiver. Durant l’été, des brises de quatorze à dix-huit nœuds permettent de longues sessions d’entraînement. Les couleurs du désert se reflètent dans cette cuvette turquoise protégée par une barrière de corail. Le lieu attire une communauté sportive fidèle.
La carte de Ḥamāṭa révèle un environnement presque vierge, ponctué de quelques routes et de pistes sableuses. Les voyageurs viennent y chercher le silence plus que l’animation. Les soirées s’écoulent au rythme du ressac, loin des grandes stations du nord. Les pêcheurs réparent leurs filets près de la jetée tandis que les touristes observent les étoiles. Cette simplicité confère au village une atmosphère hors du temps. Le développement touristique reste mesuré.

16. Bérénice
Bérénice, ou Bérénice troglodytique, occupe une position stratégique au sud de Marsa Alam, immédiatement sous le cap Raʾs Banās. Fondée au IIIe siècle avant notre ère sous Ptolémée II, l’ancienne cité portuaire contrôlait les échanges entre l’Égypte et l’océan Indien. Aujourd’hui, la région demeure largement préservée du tourisme de masse. Seule la petite station de Hamita marque la présence moderne sur ce rivage isolé. Le paysage associe une vaste plaine littorale et des collines désertiques. Le port antique bénéficiait autrefois de la protection naturelle du cap.
Le site archéologique de Bérénice s’étend sur environ quatre cents mètres de diamètre. Les vestiges visibles se limitent à quelques fondations, témoins d’une ville jadis prospère. Les greniers et ateliers se situaient à l’ouest et au nord-ouest de l’agglomération. Les archéologues y lisent encore l’organisation urbaine de l’époque gréco-romaine. Le lieu intéresse surtout les passionnés d’histoire antique.
Au nord du site se dressent les restes du temple de Sérapis. De cet édifice en calcaire, long de quinze mètres, ne subsistent que les bases des murs. Le plan laisse deviner une cour, une salle attenante et un sanctuaire central. Un escalier menait autrefois au toit, et des bas-reliefs représentaient l’empereur Tibère devant les dieux. Le silence du désert entoure ces pierres éparses. La visite demande une certaine imagination pour restituer la grandeur passée.
L’attrait principal de Bérénice réside cependant sous la surface de la mer. Autour des îles de Mikauwa, de Zabargad et de l’île Rocheuse, les récifs abritent une faune remarquable. Ces zones sont accessibles depuis Marsa ʿAlam ou Ḥamāṭa par des bateaux de safari. Les plongées révèlent des tombants couverts de gorgones et de coraux durs. La visibilité exceptionnelle attire des explorateurs du monde entier. Les courants peuvent être forts, réservant certains sites aux plongeurs aguerris.
Au nord du cap se prolonge le banc de Fureur, tandis qu’au sud s’ouvre la région de Saint-Jean. Ces deux ensembles forment un chapelet de récifs parmi les plus beaux de la mer Rouge. Les croisières de plusieurs jours y multiplient les immersions. Dauphins, requins de récif et tortues fréquentent ces eaux. Bérénice sert alors de repère géographique plutôt que de véritable station. L’absence d’infrastructures renforce le caractère sauvage du secteur.

17. Bir Schalātīn
Bir Schalātīn se situe aux confins méridionaux de l’Égypte, à deux cent cinquante kilomètres au sud de Marsa ʿAlam, près du triangle contesté de Halāʾib. L’ancien village bédouin s’est développé autour d’une source d’eau douce qui a attiré les tribus Beja. Plus à l’est s’étend le nouveau complexe administratif, construit pour accompagner la croissance démographique. La ville ne touche pas directement la mer, bien qu’elle appartienne à la région côtière. Les routes poussiéreuses relient ce carrefour commercial au Soudan voisin.
Le cœur battant de Schalātīn demeure le marché aux chameaux, considéré comme le plus important d’Égypte. Chaque matin, des troupeaux venus du Soudan y sont rassemblés dans un tumulte de voix et de clochettes. Les transactions se concluent autour d’un thé brûlant, sous le regard attentif des chameliers. Le vendredi midi marque la seule pause hebdomadaire. Les animaux sont principalement destinés à la consommation, mais ils ne sont pas abattus sur place. L’atmosphère, à la fois rude et fascinante, attire de nombreux visiteurs.
La richesse générée par ce commerce a transformé l’architecture locale. Dans le vieux quartier s’élèvent désormais deux grandes mosquées, dont la mosquée au sud du village, reconnaissable à son haut minaret. Une autre mosquée occupe le centre de l’agglomération, entourée de maisons récentes. Le nouveau complexe administratif possède également plusieurs lieux de culte, dont une mosquée au nord de la route principale et une autre



