
Au travers de cet article que nous avons voulu le plus complet possible, nous avons souhaité vous présenter tous les lieux incontournables de l’Ukraine de l’Est, ceux que vous devez absolument voir, ceux qui représentent son essence même. Certains d’entre eux sont évidents et connus de tous, mais d’autres sont des trésors cachés qui méritent d’être parcourus. C’est pour cette raison que nous espérons que cet article qui vous présente les incontournables de l’Ukraine de l’Est vous aidera à découvrir ce territoire magnifique.
Située au cœur de l’Europe orientale, l’Ukraine (Україна) s’impose comme le plus vaste pays entièrement situé sur le continent européen, avec une superficie de plus de 600 000 km². Bordée par la Pologne, la Slovaquie, la Hongrie, la Roumanie, la Moldavie, la Biélorussie et la Russie, elle s’étend des montagnes des Carpates jusqu’aux rivages de la mer Noire et de la mer d’Azov. Son territoire immense, traversé par le Dnipro, l’un des plus longs fleuves d’Europe, offre une mosaïque de paysages : plaines fertiles, forêts denses, collines vallonnées et littoraux lumineux. Cette diversité naturelle, alliée à une histoire complexe, confère au pays une richesse culturelle et identitaire exceptionnelle, où se mêlent influences slaves, européennes et orientales.
L’Ukraine est divisée en 24 oblasts, équivalents à des régions administratives, chacun possédant sa propre capitale et ses spécificités culturelles, économiques et géographiques. À ces oblasts s’ajoutent la ville de Kiev, dotée d’un statut particulier, ainsi que la République autonome de Crimée, annexée illégalement par la Russie en 2014. Ces divisions traduisent la diversité du pays, entre les paysages montagneux de l’ouest, les plaines fertiles du centre, et les vastes zones industrielles et minières de l’est. Chaque oblast reflète ainsi un fragment de l’identité nationale ukrainienne, forgée par une histoire complexe et des influences multiples.
| Depuis février 2022, l’Ukraine est plongée dans une guerre d’envergure à la suite de l’invasion militaire de la Russie, marquant l’un des plus grands conflits en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale. Cette guerre, commencée par une offensive généralisée sur plusieurs fronts, a profondément bouleversé le pays, touchant aussi bien les grandes villes que les zones rurales. Si les Ukrainiens ont opposé une résistance remarquable, le conflit a entraîné d’importantes destructions d’infrastructures, des déplacements massifs de population et une situation humanitaire très difficile dans certaines régions. Certaines parties du territoire ukrainien sont occupées ou partiellement contrôlées par la Russie dont la Crimée, annexée unilatéralement par Moscou en 2014, et toujours administrée de facto par les autorités russes malgré sa reconnaissance internationale comme territoire ukrainien. À l’est, les oblasts de Donetsk et de Louhansk, dans la région du Donbass, connaissent également une occupation partielle, tout comme une partie des régions de Zaporijjia et de Kherson, situées dans le sud du pays. Ces zones, directement exposées aux combats ou sous contrôle militaire russe, sont considérées comme inaccessibles aux voyageurs pour des raisons évidentes de sécurité. Dans le reste du pays, la situation demeure instable, même si plusieurs régions, notamment à l’ouest, restent relativement calmes et continuent d’accueillir les visiteurs étrangers avec prudence. Les autorités locales et internationales recommandent toutefois une vigilance extrême, car les bombardements aériens, les coupures d’électricité ou les restrictions de déplacement peuvent survenir sans préavis. Les grandes villes comme Kyiv, Lviv ou Odessa conservent une vie culturelle et économique active, mais leur sécurité dépend de l’évolution du conflit et du contexte militaire global. En raison de cette situation, voyager en Ukraine représente un risque réel, tant pour les habitants que pour les visiteurs étrangers. La guerre affecte les réseaux de transport, les services de santé et la disponibilité de certains produits essentiels. Avant tout déplacement, il est donc impératif de se renseigner auprès des autorités compétentes et de consulter les consignes officielles actualisées. Il est possible de suivre l’évolution de la situation en Ukraine en consultant le site du ministère des armées françaises. |
L’est de l’Ukraine se distingue par une identité profondément marquée par l’industrialisation du XXe siècle. Cette région, dominée par le Donbass, forme un vaste bassin minier et sidérurgique dont les gisements de charbon et les complexes métallurgiques ont longtemps constitué le moteur économique du pays. L’essor industriel y a façonné le paysage, transformant les plaines et les steppes en zones urbaines denses où se côtoient hauts fourneaux, usines et infrastructures soviétiques. Cet héritage industriel confère à l’est ukrainien un caractère singulier, à la fois puissant et vulnérable, symbole d’une époque où le travail minier et l’économie planifiée régnaient en maîtres.
Les grandes villes de Donetsk, Louhansk et Kharkiv représentent les pôles majeurs de cette région. Donetsk et Louhansk, autrefois florissantes grâce à leurs industries lourdes, ont subi de profonds bouleversements à la suite des conflits armés et de la crise économique. Kharkiv, deuxième plus grande ville du pays, demeure un centre universitaire et scientifique d’envergure, alliant patrimoine architectural soviétique et vitalité intellectuelle contemporaine. Ces métropoles reflètent la diversité culturelle de l’est ukrainien, où la population, souvent russophone, exprime des identités plurielles, entre héritages soviétiques et aspirations nationales.
Malgré les cicatrices laissées par la guerre, l’est de l’Ukraine reste un espace clé pour comprendre la complexité du pays. Les efforts de reconstruction, les initiatives locales et la résilience des habitants témoignent d’une volonté de préserver la mémoire tout en bâtissant un avenir tourné vers la stabilité et le renouveau. Entre le poids du passé industriel, les tensions géopolitiques et l’élan de modernisation, cette région illustre à elle seule les contrastes de l’Ukraine : une terre de défis, de luttes et d’espoir, où se dessine une part essentielle de l’identité nationale.
Fiche pays ukraine
1. Arbres pétrifiés de Druzhkovskaya
Les arbres pétrifiés de Druzhkovskaya (Druzhkivsʹki Skam’yanili Dereva), situés près de Kramatorsk, constituent un monument géologique exceptionnel, témoin du Carbonifère vieux de 280 à 300 millions d’années. Les spécimens fossilisés, en majorité des Araucaria, sont éparpillés dans le village d’Alekseevo-Druzhkivka et sur les pentes d’un ravin. Ce site unique permet aux visiteurs et chercheurs de découvrir de visu des arbres fossilisés rares, comparables seulement à certains sites de l’Arizona. Les sentiers historiques et les points d’observation facilitent l’exploration tout en protégeant le site, valorisé par l’intérêt scientifique et patrimonial reconnu par l’UNESCO.
Le site est à la fois pédagogique et touristique. Les visiteurs peuvent observer la diversité des troncs fossilisés et comprendre les processus géologiques à l’origine de leur formation. Des programmes éducatifs permettent aux étudiants et aux curieux de mieux appréhender l’histoire de la Terre et de la végétation préhistorique. Les arbres pétrifiés attirent non seulement les géologues et paléontologues, mais aussi des touristes désireux de contempler des paysages rares et fascinants, témoins d’un passé lointain.
La zone offre un parcours sécurisé et balisé. Des guides locaux accompagnent parfois les visiteurs pour expliquer les particularités des fossiles et l’importance scientifique du site. La conservation est une priorité : aucune construction ni coupe sélective n’est autorisée, et les sentiers permettent de limiter l’impact humain.

2. Parc naturel national des bois d’Homilsha
Le parc naturel national des bois d’Homilsha ou Natsionalʹnyy Pryrodnyy Park Homilʹshansʹki Lisy, situé dans l’oblast de Kharkiv, protège une vaste zone forestière et fluviale le long des rivières Donets et Gomolsha. Le parc conserve 50 espèces de poissons, 153 espèces d’oiseaux, 53 espèces de mammifères et 850 espèces végétales, dont 138 sont rares. Il propose cinq grands itinéraires de randonnée et des sentiers plus courts permettant de visiter des monuments historiques et culturels, allant de l’âge du bronze jusqu’à l’époque de la Rus’ de Kiev. Les zones protégées comprennent des « zones naturelles d’une valeur exceptionnelle », où toute coupe ou construction est interdite.
Les visiteurs peuvent profiter de sentiers pédagogiques et d’excursions guidées qui présentent la biodiversité et l’histoire du parc. Les rives du Donets offrent un contraste notable : la rive droite présente des éperons vallonnés, tandis que la rive gauche est constituée de plaines inondables. La baignade est autorisée dans les zones désignées, permettant aux visiteurs de profiter de la nature de manière responsable, tout en respectant les habitats sensibles.
Le parc propose également des programmes éducatifs et scientifiques, permettant de mieux comprendre les écosystèmes locaux. Les visiteurs peuvent observer des paysages forestiers, des rivières sinueuses et des prairies humides, tout en découvrant des sites historiques intégrés dans l’environnement naturel. Les excursions guidées permettent de combiner activité physique, éducation et immersion culturelle, renforçant l’intérêt pour la conservation de la biodiversité.
Les sentiers et zones aménagées permettent d’apprécier la beauté des forêts de Homilsha tout en garantissant la protection des espèces animales et végétales. Les rivières et les bois créent un paysage varié et propice à l’observation et à la photographie.

3. Dnipro
Dnipro, grande métropole industrielle de l’est de l’Ukraine, compte environ un million d’habitants. Anciennement connue sous le nom de Dnipropetrovsk, cette cité fondée sur les rives majestueuses du fleuve Dniepr demeure un témoin vivant de l’histoire moderne du pays. Longtemps fermée aux étrangers durant la période soviétique en raison de son rôle stratégique dans l’industrie militaire, elle s’est depuis largement ouverte, mêlant patrimoine historique, art religieux et mémoire nationale. Le Prospekt Dmytra Yavornytskoho, grand boulevard central, constitue l’artère emblématique reliant les principaux ensembles architecturaux de la ville, entre la place européenne, la cathédrale Preobrazhensky et les vastes musées qui surplombent la rivière.
Le musée historique national Dmytro Yavornytsky occupe une place essentielle dans la vie culturelle de Dnipro. Il retrace l’histoire de la région et met en lumière la figure de Yavornytsky, historien des Cosaques du Dniepr. Non loin, le monument de la Gloire, sur le même boulevard, domine le fleuve et rend hommage aux combattants tombés durant la Seconde Guerre mondiale. À proximité, le diorama de la Bataille du Dniepr, spectaculaire représentation de l’un des épisodes décisifs du conflit, complète cet ensemble de mémoire. Le musée militaire et le musée du mouvement partisan poursuivent cette évocation, donnant à la ville une dimension historique forte, entre douleur et résilience.
La ville abrite un patrimoine religieux d’une richesse exceptionnelle. La cathédrale Preobrazhensky également connue comme cathédrale de la Transfiguration, fondée par Catherine la Grande en 1787, reste l’un des édifices les plus anciens et les plus majestueux de Dnipro. Construite selon les plans de l’architecte Ivan Starov et achevée sous le règne de Nicolas Ier, elle se distingue par son élégance classique et par les jardins de roses qui s’étendent à ses pieds. À proximité se trouvent d’autres églises remarquables, telles que l’église Sviato-Pokrovs’ka, l’église Saint-Nicolas reconstruite après la Révolution, ou encore l’église de la Trinité, située sur la rive gauche du fleuve.
Au nord de la ville, l’église de l’Icône de Notre-Dame d’Ivers’ka se distingue par son iconostase en onyx rose d’Iran et son autel de marbre blanc. Édifiée sur un site historique lié à l’ancien village cosaque de Smara, elle constitue un lieu de pèlerinage et de recueillement. L’église Saint-Mykolaïv, la plus ancienne de la ville, perpétue la tradition religieuse du XVIIe siècle, tandis que l’église de l’Exaltation de la Croix et l’église de Briansk illustrent la variété des styles architecturaux. Par ailleurs, l’église de Briansk, transformée en maison de l’orgue et de la musique de chambre, abrite aujourd’hui des concerts prestigieux, unissant musique et spiritualité au cœur de la cité.
Parmi les édifices les plus imposants figure la cathédrale de la Sainte-Trinité, reconstruite après les destructions du XXe siècle. Elle abrite des reliques anciennes et un tombeau vénéré provenant de l’église de Kazan. Tout près, le couvent de la Sainte-Tikhvine, seul monastère de Dnipro, fondé en 1866, conserve la mémoire des premières communautés féminines orthodoxes.
La diversité religieuse de Dnipro s’exprime également à travers ses lieux de culte non orthodoxes. Le sanctuaire luthérien Sainte-Catherine, fondé en 1852, fut restauré par la communauté allemande avant d’être fermé à l’époque soviétique. À proximité, l’église catholique Saint-Joseph, érigée au début du XXe siècle, rappelle la présence d’une communauté polonaise active. Sur l’île Monastyrsky, l’église Saint-Nicolas au dôme doré domine le paysage du Dniepr ; selon la légende, elle fut fondée au Xe siècle par des moines byzantins escortant la princesse Olga.
Plus au sud, le temple de l’Icône de la Mère Divine, reconstruit en 2007 dans le style baroque ukrainien, comprend un mémorial aux habitants défunts, où deux anges de bronze veillent sur les noms gravés dans le granit. L’église Saint-Pantéléimon, en construction, s’inspire du temple de la Protection de Nerl, chef-d’œuvre médiéval russe. Ces lieux reflètent la vitalité religieuse et artistique d’une ville en perpétuelle évolution.
Le patrimoine juif de Dnipro est l’un des plus importants d’Ukraine. La synagogue mineure de la rue Kotsiubinskogo, transformée en yeshiva en 1998, demeure un centre d’étude de la Torah où se forment les sofer, les scribes chargés d’écrire les textes sacrés. La synagogue chorale de la Rose d’Or, fondée au XIXe siècle, a connu plusieurs vies : club ouvrier après la Révolution, usine textile, puis centre spirituel restauré après l’indépendance. Aujourd’hui connue sous le nom de Touray Zahav, elle témoigne du renouveau culturel et religieux de la communauté juive de Dnipro, autrefois l’une des plus dynamiques du pays.
Le cœur de la cité bat autour de la place Soborna, dominée par la cathédrale de la Transfiguration, construite en 1787 sur ordre de Catherine la Grande. Cet édifice, aux lignes sobres et harmonieuses, reste un symbole fort de l’identité religieuse et urbaine de Dnipro. À proximité s’élèvent plusieurs bâtiments d’intérêt historique, dont la maison du Gouverneur, un élégant édifice du XIXe siècle abritant aujourd’hui le musée d’histoire de la ville de Dnipro.
La ville offre de nombreux espaces verts où se mêlent détente et mémoire. Le parc Taras Chevtchenko, vaste jardin sur la rive droite du fleuve, reste l’un des lieux les plus emblématiques. Le visiteur y accède par un pont qui mène à l’île Monastyrskyi, cœur historique de Dnipro. Cette île, où des moines byzantins établirent un monastère au IXe siècle, abrite aujourd’hui un parc d’attractions, un zoo, et un monument à Taras Chevtchenko. Une croix commémorative rappelle la présence religieuse ancienne, tandis que les rives offrent des points de vue spectaculaires sur le pont Merefa-Kherson, chef-d’œuvre d’ingénierie reliant les deux rives du Dniepr.
À quelques pas du parc Chevtchenko, le jardin botanique et le parc Gagarine composent un vaste ensemble paysager sur la colline sud-ouest. Créé en 1930 puis reconstruit après la guerre, le jardin botanique abrite une importante collection d’espèces végétales locales et exotiques, disposées sur plusieurs terrasses naturelles. En contrebas, le parc Gagarine attire étudiants et familles autour de ses allées fleuries et de ses points d’eau.
Le centre de Dnipro se distingue par sa diversité architecturale et sa vie culturelle foisonnante. L’hôtel de ville, le bâtiment de l’administration régionale de Dnipropetrovsk et le bureau de poste central célèbre pour sa tour qui domine le panorama urbain, témoignent du développement administratif et commercial du XXe siècle. Plus loin, la place Vokzalna anime le quartier de la gare, véritable nœud de circulation. L’artère principale, l’avenue Akademik Yavornytskyi Prospekt, traverse la ville d’est en ouest, bordée de cafés, de librairies et d’immeubles aux façades néoclassiques. De nombreuses rues ont été renommées après la loi de 2015 sur la décommunisation, effaçant les traces de l’ère soviétique tout en conservant une forte empreinte historique.
Les amateurs d’art et de spectacle trouvent à Dnipro une offre variée. La ville compte plusieurs théâtres de renom, parmi lesquels le théâtre académique dramatique et comique de Dnipro, le théâtre académique ukrainien de musique et de théâtre Taras Chevtchenko et le théâtre d’opéra et de ballet de Dnipro. Ces institutions perpétuent la tradition scénique ukrainienne, alternant répertoires classiques et créations contemporaines. Le cirque d’État de Dnipro, très populaire, perpétue quant à lui un art du divertissement typiquement soviétique, toujours apprécié des familles.
Les musées occupent une place essentielle dans la découverte culturelle de la ville. Le musée national d’histoire Dmytro Yavornytsky rassemble une vaste collection retraçant la formation de l’identité ukrainienne et l’histoire de la région cosaque. À quelques rues de là, le musée d’art de Dnipro expose des œuvres d’artistes ukrainiens et européens du XIXe et du XXe siècle, tandis que la Diorama « Bataille du Dniepr », située sur la colline principale, propose une impressionnante reconstitution de l’un des épisodes majeurs de la Seconde Guerre mondiale.
Dnipro est également une ville de mémoire. Un monument commémoratif honore les 20 000 Juifs fusillés en 1943 lors de l’occupation allemande, rappelant l’un des chapitres les plus sombres de l’histoire locale. Plus récemment, un mémorial aux victimes de la guerre russo-ukrainienne a été érigé dans le centre-ville, symbole d’une résilience collective face aux épreuves du présent. Dans le parc des fusées, l’exposition de missiles tels que la Tsyklon-3, la RT-20P ou la R-11 Zemlya, produits par l’usine Yuzhmash, évoque la dimension scientifique et industrielle qui fit la renommée de Dnipro à l’époque soviétique.
Le fleuve Dniepr est l’âme de la cité. Il structure le paysage et adoucit le climat, offrant depuis les collines des panoramas d’une grande beauté sur les rives et les îles. De nombreux points de vue, notamment depuis le quartier de Nagorna, le parc Globa et le parc Chevtchenko permettent d’admirer l’étendue du fleuve et les reflets de ses eaux au coucher du soleil. Les berges accueillent des plages, des cafés et des pistes de promenade où les habitants viennent se détendre après le travail.
Les environs de Dnipro méritent également une visite. À Novomoskovsk, à 27 kilomètres au nord-est, s’élève la célèbre cathédrale de la Trinité, chef-d’œuvre du baroque ukrainien, entièrement construite en bois sans un seul clou par l’architecte Yakym Pohrybniak en 1778. À proximité, le monastère de Samara perpétue la tradition spirituelle de la région et offre un cadre paisible, au cœur des forêts et des rivières du Dniepr.

4. Le parc naturel national des Montagnes Saintes
Situé dans le nord de l’oblast de Donetsk, le parc naturel national des Montagnes Saintes (Sviati Hory National Park) s’étend sur 40 609 hectares entre les districts de Sloviansk, Lyman et Bakhmout, le long du Donets, principal affluent du Don. Créé en 1997 par décret présidentiel afin de préserver la faune, la flore et le patrimoine naturel de la vallée, ce parc remarquable constitue l’un des ensembles paysagers les plus riches de l’est de l’Ukraine. Il protège une mosaïque de forêts, falaises crayeuses, terrasses fluviales et zones humides, accessibles pour près de 85 % de sa surface à des activités de découverte et de loisirs. Son territoire abrite en outre cent vingt-neuf sites archéologiques et soixante-treize monuments historiques, témoignant d’une occupation humaine continue depuis la Préhistoire.
La topographie du parc reflète la diversité de l’écosystème de la vallée du Donets. Le fleuve, issu des hauts plateaux russes, traverse ici une succession de steppes et de plateaux calcaires, avant de rejoindre le bassin du Don. Sur la rive gauche, les terrasses alluviales forment un réseau de lacs, de sources et de ruisseaux où prospèrent des espèces rares d’oiseaux aquatiques. La rive droite, plus escarpée, est dominée par des collines de craie qui s’élèvent de 120 à 130 mètres au-dessus du cours d’eau et abritent des pins du crétacé, vestiges d’une flore antique aujourd’hui protégée. Ces falaises, couvertes de végétation clairsemée, offrent un panorama saisissant sur les méandres du Donets et les forêts inondables qui s’étendent à ses pieds.
Au cœur du parc s’élève l’un de ses joyaux spirituels et architecturaux : la Laure de la Dormition de Sviatohirsk, également appelée monastère troglodytique de Sviatohirsk.
Le parc abrite également plusieurs monuments commémoratifs importants. Le monument au camarade Artiom, figure du mouvement ouvrier, se dresse au-dessus du Donets comme un vestige du patrimoine soviétique, tandis qu’à proximité, le mémorial de la Seconde Guerre mondiale rappelle les combats et les souffrances endurées par la population locale. Ces monuments, classés au patrimoine historique, s’intègrent dans un paysage de collines, de forêts et de falaises qui symbolisent la mémoire vivante de l’Ukraine orientale.

5. La Laure de la Dormition de Sviatohirsk
Au cœur du parc naturel national des Montagnes Saintes s’élève l’un de ses joyaux spirituels et architecturaux : la Laure de la Dormition de Sviatohirsk, également appelée monastère troglodytique de Sviatohirsk. Ce haut lieu de l’orthodoxie, creusé dans la falaise crayeuse dominant le fleuve, doit son nom aux montagnes saintes qui l’entourent. Mentionné pour la première fois en 1627, le monastère aurait accueilli dès le XVe siècle une communauté de moines fuyant les invasions tatares.
Il connut une longue histoire marquée par les destructions et les restaurations successives, avant d’être proclamé laure en 2004 par l’Église orthodoxe ukrainienne (Patriarcat de Moscou). Aujourd’hui, ses églises blanches et ses grottes monastiques attirent pèlerins et visiteurs dans un décor d’une beauté saisissante.
Parmi les édifices remarquables de la Laure, l’église Sviato-Pokrovska se distingue par sa silhouette élancée, tandis que le Skete de Tous-les-Saints, construit entièrement en bois, témoigne du savoir-faire artisanal traditionnel. Ces sanctuaires, dominant les pentes abruptes du Donets, constituent un ensemble harmonieux où la pierre et le bois se mêlent à la nature environnante.

6. Kamianske
Située dans l’oblast de Dnipropetrovsk, Kamianske compte environ 226 845 habitants et s’étend sur la rive du majestueux Dniepr. Longtemps connue sous le nom de Dniprodzerjynsk, la ville a retrouvé en 2016 son appellation historique, renouant ainsi avec ses origines cosaques et son héritage fluvial. Sa situation stratégique en fait depuis le XIXe siècle un centre industriel de premier plan, marqué par la présence de la centrale hydroélectrique du Moyen Dniepr, qui régule le cours du fleuve et fournit une part importante de l’énergie régionale.
Le destin de Kamianske est intimement lié à l’industrialisation de l’Ukraine. Les grandes entreprises telles que la cokerie Bahley, l’usine chimique Prydniprovsky fermée depuis 1991 et surtout le Combinat métallurgique du Dniepr, ont façonné non seulement son économie, mais aussi son paysage et son identité. Ces ensembles monumentaux rappellent la période soviétique, où la ville constituait l’un des bastions de la production énergétique et sidérurgique du pays. Aujourd’hui, ces structures colossales cohabitent avec des zones modernisées, où le Dniepr offre un contraste saisissant entre la puissance industrielle et la sérénité de la nature environnante.
Le patrimoine spirituel de la ville témoigne de la diversité de sa population et de son ouverture culturelle. La cathédrale orthodoxe Saint-Nicolas, érigée en 1894, domine le centre de Kamianske. Ses coupoles dorées et ses fresques d’époque rappellent la foi orthodoxe profondément enracinée dans le peuple ukrainien. Non loin, l’église catholique romaine Saint-Nicolas, construite à la fin du XIXe siècle par la communauté polonaise, constitue l’un des symboles du catholicisme oriental dans la région. Adossé à cette église, le monastère capucin perpétue la tradition d’accueil et d’enseignement des Frères mineurs, offrant un espace de prière et de méditation.
Cette mosaïque religieuse s’enrichit encore de la présence d’une communauté juive active, dotée d’une grande synagogue et d’un centre de bienfaisance. Ces lieux de culte, situés non loin du centre-ville, reflètent l’histoire multiculturelle de Kamianske, où coexistent depuis des siècles les traditions orthodoxe, catholique et hébraïque. L’héritage spirituel s’exprime également à travers la musique sacrée, les processions religieuses et les célébrations qui animent les places publiques, notamment lors des fêtes de Pâques et de Noël.
Sur le plan culturel, Kamianske se distingue par la richesse de ses institutions. Le musée local retrace l’évolution de la ville depuis sa fondation, à travers des expositions sur la navigation fluviale, l’histoire industrielle et la vie quotidienne des habitants. Ce musée illustre également l’émergence du courant littéraire Svetopys, né dans la région d’Onufriivka et popularisé à Kamianske. Ce style d’écriture, qualifié de « manière d’écouter avant de parler », incarne la dimension introspective et poétique de l’identité ukrainienne.
Le centre de Kamianske regroupe plusieurs édifices notables : le conseil municipal, véritable témoin de l’architecture soviétique, la gare ferroviaire principale, cœur des échanges régionaux, ainsi que l’église orthodoxe Saint-Nicolas, restaurée dans le respect de ses volumes d’origine. Les grandes avenues bordées d’immeubles staliniens confèrent à la ville un caractère monumental, rappelant les grands plans d’urbanisme du XXe siècle. L’hôtel de ville, érigé durant la reconstruction d’après-guerre, en demeure le plus bel exemple.

7. Kryvyi Rih
Avec environ 660 000 habitants, Kryvyi Rih est la plus longue ville d’Ukraine et l’un de ses plus puissants pôles industriels. Étendue le long de la rivière Inhulets, elle s’impose comme le centre névralgique du bassin minier et sidérurgique du pays. L’aciérie ArcelorMittal, véritable géant de la métallurgie, symbolise la puissance économique de la région. Son activité façonne le quotidien de milliers d’ouvriers et confère à la ville son identité d’acier et de feu. La gare ferroviaire principale rappelle la grandeur industrielle et la vitalité de cet axe de communication majeur.
Mais au-delà de ses usines, Kryvyi Rih séduit par la richesse de ses parcs et monuments commémoratifs. Le parc des Héros, situé sur l’avenue Metalurhiv, est un vaste espace de mémoire ponctué de statues dédiées au passé soviétique, d’une horloge fleurie et du mémorial de Tchernobyl. Le parc du Jubilé honore les soldats tombés au combat, tandis que la place du 60e anniversaire de la Victoire abrite une flamme éternelle surmontant une fosse commune. Le parc Fedor Mershavtsev, orné d’une colonnade blanche, d’une fontaine centrale et d’un pavillon de bateaux, offre un cadre élégant pour les promenades. Le parc Haharina, dédié à Youri Gagarine, est quant à lui un espace familial et ludique, traversé par la rivière.
Les amoureux de nature ne manqueront pas le jardin botanique de Kryvyi Rih, rattaché à l’Académie nationale des sciences d’Ukraine. Créé en 1980, il abrite des centaines d’espèces végétales, dont de vastes collections de roses et de chrysanthèmes. La cascade de pierres blanches et les rochers rouges du Nord et du Sud forment des paysages uniques d’où s’admire la vallée de l’Inhulets. À proximité, la réserve paysagère de Vizyrka, les rochers de Mopr, d’Arkose et de Skelevatski, ainsi que le rocher de grès, complètent ce patrimoine naturel remarquable.
Sur le plan religieux, Kryvyi Rih présente une grande diversité confessionnelle. La cathédrale de la Transfiguration du Sauveur, siège de l’éparchie orthodoxe locale, domine le centre-ville. Les fidèles s’y rassemblent lors des grandes fêtes, dans une atmosphère de recueillement. Une chapelle catholique romaine subsiste dans la vieille ville, et une grande synagogue moderne, érigée en 2010, témoigne du renouveau de la communauté juive.
La ville offre aussi un riche panorama culturel. Le musée historique local retrace l’histoire cosaque et industrielle de la région, tandis que le théâtre Chevtchenko, la place centrale des arts, et le parc Pouchkine perpétuent une longue tradition théâtrale et musicale. Les cinémas Olympus, Odessa et Multiplex maintiennent une scène cinématographique vivante, tandis que les palais de la Culture accueillent expositions, concerts et foires. Des monuments honorant Taras Chevtchenko, Bohdan Khmelnytsky, Alexandre Pouchkine, Lermontov ou Maxime Gorki ponctuent la ville, rappelant son lien avec la culture ukrainienne et russe.
L’architecture de Kryvyi Rih illustre la transition entre héritage soviétique et modernité. Les immeubles staliniens, les khrouchtchevka et les bâtiments en brique rouge dominent le centre, tandis que les quartiers récents se tournent vers un urbanisme plus écologique. L’hôtel de ville et le bureau de poste principal incarnent le classicisme monumental d’après-guerre, tandis que les anciens ateliers et les usines reconverties racontent le siècle de l’acier.
Enfin, la vie nocturne et artistique contribue à l’atmosphère vibrante de la ville. Le palais de la Jeunesse de l’Université nationale de Kryvyi Rih, les clubs Hollywood et Sky, ou encore le festival Turbofly en témoignent. Les restaurants mêlent cuisine ukrainienne, juive et internationale, et la scène musicale, du rock au folk, reflète la créativité des habitants.

8. Kharkiv
Avec plus de 1,5 million d’habitants, Kharkiv (ou Kharkov en russe) est la deuxième plus grande ville d’Ukraine et le principal centre économique, scientifique et artistique du nord-est du pays. Située sur un plateau traversé par les rivières Lopan, Udy et Kharkiv, la ville s’étend sur neuf districts administratifs et mêle collines, vallées et zones industrielles. Fondée au XVIIᵉ siècle comme forteresse cosaque, Kharkiv s’est rapidement imposée comme une capitale intellectuelle et universitaire, dotée de l’une des plus anciennes universités d’Europe de l’Est. Sa position stratégique en a fait un pôle d’échanges entre la Russie, la steppe ukrainienne et la mer Noire, tout en conservant un riche patrimoine religieux et culturel qui témoigne de ses multiples influences.
Le cœur spirituel de Kharkiv se dévoile à travers ses grandes cathédrales. La cathédrale de l’Annonciation, construite entre 1888 et 1901, est la principale église orthodoxe de la ville. De style néo-byzantin, elle impressionne par ses coupoles à rayures et son clocher de 75 mètres dominant la place Karla Marksa. Non loin, la cathédrale de l’Assomption, ou de la Dormition, date du XVIIIᵉ siècle et fut longtemps l’édifice le plus haut d’Ukraine grâce à son clocher Alexandre, élevé en 1844 pour commémorer la victoire sur Napoléon. Restaurée après une tornade en 1975, elle abrite depuis 1986 un orgue monumental Rieger-Kloss. Ensemble, ces deux cathédrales forment les emblèmes religieux les plus photographiés de la cité.
Les églises anciennes ajoutent à la diversité architecturale de Kharkiv. L’église Saint-Pierre-et-Saint-Paul, inaugurée en 1866, reflète un style russo-byzantin typique du XIXᵉ siècle. L’église de la Nativité du Christ et de saint Serge de Radonège, consacrée en 1999, symbolise le renouveau spirituel post-soviétique. L’église de Saint-Pantéléimon, reconstruite en 1999, fut autrefois fermée et profanée avant de retrouver son éclat grâce à un minutieux travail de restauration. La cathédrale de la Très Sainte Mère de Dieu, édifiée en 1689 par les Cosaques, et l’église de la Trinité, qui donne la vie, reconstruite en pierre dès 1764, rappellent quant à elles les racines religieuses de la ville depuis ses origines fortifiées.
Kharkiv conserve également des lieux de culte d’autres confessions, témoignant de sa tradition de tolérance. La synagogue chorale, située rue Pouchkinska, est la plus grande d’Ukraine. Construite en 1912, elle servit tour à tour de club, de théâtre et d’espace sportif avant d’être restituée à la communauté juive en 1990 et restaurée après un incendie en 2003. La cathédrale catholique de la Vierge Marie Uspeniya, érigée entre 1887 et 1892 dans un style gothique, abrita un hospice et une école avant d’être rouverte au culte. L’église Ozeryanska, sur la colline de Kholodna, bâtie entre 1892 et 1901, mêle harmonieusement éléments byzantins et décorations russes. Ce patrimoine religieux multiconfessionnel, unique en Ukraine orientale, illustre la coexistence historique des peuples orthodoxe, catholique et juif dans la cité.
Parallèlement à sa richesse religieuse, Kharkiv abrite de nombreux musées de renom. Le musée d’histoire de Kharkiv, fondé en 1920, présente les vestiges archéologiques de la région de Sloboda Ukraine, ainsi que des objets militaires et ethnographiques. Ses extérieurs exposent un char Mark V britannique, un T-34 soviétique et plusieurs canons, témoignant des guerres qui ont marqué la région. Le musée de la nature, de l’archéologie et de l’ethnographie de la Sloboda Ukraine, fondé dès 1807, possède plus de 250 000 pièces allant de l’âge du bronze à l’époque scythe, ainsi qu’une collection zoologique remarquable intégrée à l’Université nationale de Kharkiv.
Le monde des arts occupe une place centrale dans la vie culturelle de Kharkiv. La galerie d’art Maestro, rue Sumskaya, met en avant les arts de la scène et du théâtre, tandis que la galerie AVEK, située au numéro 70 de la même rue, attire chaque année plus d’un million de visiteurs avec ses expositions internationales. Le centre Dom Khudozhnika, ancienne demeure du consul britannique Charles Blekki, accueille aujourd’hui des expositions contemporaines, tandis que la galerie Vasylkivskyi et la galerie AS présentent des œuvres d’artistes ukrainiens modernes.
Les amateurs de traditions locales se rendent au musée d’art populaire Slobozhanshchina, fondé en 1991, qui expose plus de deux mille objets : broderies, céramiques, objets en osier ou en perles. Ce musée met en valeur l’artisanat rural ukrainien et perpétue le savoir-faire ancestral transmis de génération en génération. Le musée de la littérature, inauguré en 1988, conserve quant à lui plus de 30 000 pièces : manuscrits, photographies, autographes et souvenirs d’écrivains de la région de Slobozhanshchina.
Kharkiv se distingue également par la diversité de ses musées spécialisés. Le musée Kosmos et OVNI, rue Kravtsova, étonne les visiteurs avec ses expositions consacrées à l’astronomie, aux météorites et aux observations spatiales, mêlant science et imaginaire. Le musée d’histoire de la police, ouvert en 1996, retrace l’évolution des forces de l’ordre ukrainiennes, à travers documents d’archives, uniformes et décorations. Ce musée, qui comprend une salle du souvenir dédiée aux policiers tombés, met en lumière un pan souvent méconnu de l’histoire urbaine.
Au-delà de ses monuments, Kharkiv est une ville de vie et de savoir. Son université, l’une des plus anciennes d’Europe orientale, est au cœur du quartier scientifique où se trouvent les stations de métro Derzhprom et Universytet. Le bâtiment du Derzhprom, chef-d’œuvre du constructivisme soviétique, domine encore la place de la Liberté, l’une des plus vastes d’Europe. Les cafés de la rue Sumskaya et les salles de concert rappellent la vitalité intellectuelle de cette métropole tournée vers l’avenir.
Le musée de l’Holocauste, situé rue Petrovskogo, constitue un lieu essentiel de recueillement et de réflexion. Unique en Ukraine, il retrace les persécutions subies par les Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale et conserve les documents du premier procès de criminels de guerre nazis, tenu en 1943 dans l’enceinte de l’actuelle Philharmonie de Kharkiv. L’exposition, bouleversante, présente des photographies d’habitants exécutés, des tracts et des ordres d’extermination, mais aussi des témoignages des « 52 Justes », ces habitants de Kharkiv qui sauvèrent des vies au péril de la leur. Dans une atmosphère sobre et respectueuse, le musée perpétue la mémoire des victimes et illustre la profondeur morale d’une ville marquée par l’histoire.
Non loin, la maison-musée de la famille Hryzodubovy, sur la rue Mironositskaya, honore un tout autre pan de l’histoire ukrainienne : l’histoire de l’aviation. Dédicacé à Stephen V. Hryzodubovy, inventeur et pionnier de l’aéronautique, et à sa fille Valentina Hryzodubova, héroïne de l’Union soviétique, le musée rassemble plus de deux mille objets liés à leurs vies et à leurs exploits. Valentina commanda en 1938 le célèbre vol sans escale du An-37 « Mère-Patrie », reliant Moscou à l’Extrême-Orient sur 6 450 kilomètres, un exploit historique. L’exposition évoque également le travail de P.G. Benynha, premier directeur de l’usine aéronautique de Kharkiv, dont les innovations contribuèrent à la réputation industrielle de la ville.
Le parcours se poursuit avec le centre d’exposition Slavianskiy Bazar, rue Pouchkine, vaste complexe culturel accueillant foires, salons et manifestations étudiantes. Véritable point de rencontre entre l’art et la vie quotidienne, ce centre est une scène ouverte à la création contemporaine et aux échanges internationaux. À proximité, un musée plus singulier attire les curieux : le musée des cultures sexuelles mondiales, fondé par le département de sexologie de l’Académie médicale de Kharkiv. Cette institution scientifique et muséale explore les traditions intimes des civilisations d’Europe, d’Afrique, d’Asie et d’Amérique, à travers sculptures, fresques et objets rares. L’exposition, aussi érudite que discrète, aborde les liens entre la sexualité, la médecine et la culture, dans un esprit d’ouverture et de connaissance universelle.
L’univers des arts est particulièrement bien représenté à Kharkiv. Le musée du théâtre de marionnettes, situé place Konstitutsii, est le plus ancien de ce type en Ukraine. Fondé en 1954, il abrite aujourd’hui des marionnettes issues de toute l’ex-URSS, mais aussi d’Europe et d’Amérique du Nord. Ses collections racontent une histoire populaire et transnationale du théâtre, tandis que ses expositions temporaires célèbrent les liens entre le jeu, l’enfance et la création. La galerie de peintures de Pletnevsk, quant à elle, expose les œuvres d’artistes ukrainiens modernes et les grands courants picturaux d’Europe de l’Est. Non loin, la galerie municipale Kostiurynskyi provulok présente une sélection d’art underground soviétique, offrant un panorama rare des expressions artistiques libres et contestataires des années 1970 à 1990.
Les promenades dans Kharkiv mènent aussi à des lieux emblématiques. Dans le jardin des sports de Shevchenko, se dresse un monument en forme de ballon de football, hommage au club FC Metalist et à la passion locale pour le sport. Non loin, le monument de Kotsiubinsky, buste en bronze du grand écrivain ukrainien Mikhaïl Kotsiubinsky, trône à l’angle des rues Pouchkine et Tchernychevski, rappelant l’attachement de la ville à sa culture littéraire. Les amateurs d’architecture admireront le magasin du Commissariat, construit à la fin du XVIIIᵉ siècle dans un style classique, ou la majestueuse place de la Liberté, sixième plus grande d’Europe, dominée par l’imposant immeuble Derzhprom, chef-d’œuvre du constructivisme soviétique. À ses pieds se trouve le mémorial des soldats tombés pendant la guerre du Donbass, symbole du courage et du patriotisme contemporains.
Sous la surface de la ville, un autre patrimoine fascine chercheurs et explorateurs : les voies souterraines de Kharkiv. Vieilles de plus de 350 ans, elles remonteraient à l’époque pré-mongole et furent utilisées au fil des siècles pour le commerce et la défense. Étudiées dès 1913, puis classées secrètes par le NKVD, ces galeries intriguent toujours les spéléologues du club « Variant-95 », qui publia en 2005 l’ouvrage : les Mystères du Kharkiv souterrain. Au-dessus de ce monde caché, la ville moderne continue de briller : la villa Pitre, l’immeuble Piskunov, la maison avec des chimères, la caserne de pompiers de Zalopan et le théâtre dramatique Shevchenko illustrent la diversité architecturale de Kharkiv, entre art nouveau, néogothique et néoclassicisme.
Enfin, Kharkiv est aussi une cité du savoir et des sciences. L’université nationale V.N. Karazin, fondée au début du XIXᵉ siècle, forme depuis deux siècles des générations d’intellectuels. À ses côtés, l’académie d’État des arts et du design, l’entrepôt provincial, le manoir de Chernyshevskoho, le conseil municipal, et le centre d’exposition Radmir Expohall témoignent d’un patrimoine institutionnel actif. Les visiteurs peuvent également découvrir le zoo de Kharkiv, l’un des plus vastes d’Europe de l’Est, ou encore le chemin de fer des enfants, situé dans le parc Gorky, où les jeunes apprennent la conduite ferroviaire.
Le jardin de la ville de Chevtchenko, situé rue Sumskaya, est l’un des lieux les plus emblématiques. Aménagé en 1804 sur l’emplacement d’une ancienne chênaie, il forme aujourd’hui un vaste ensemble de terrasses verdoyantes reliant le centre historique à la grande place de la Liberté. Sa partie supérieure, paysagère et ponctuée de sentiers, offre des vues magnifiques sur la ville, tandis que la terrasse inférieure abrite un jardin botanique riche en essences locales et exotiques. Au cœur du parc se trouve le Nemo delphinarium, moderne complexe aquatique où des spectacles éducatifs présentent dauphins et otaries.
Autour du jardin Chevtchenko, la vie culturelle s’anime avec une concentration exceptionnelle de théâtres. Le théâtre dramatique Chevtchenko, fondé en 1934, est l’un des plus anciens et prestigieux du pays. Son architecture sobre abrite une scène réputée pour la qualité de ses productions classiques et contemporaines. À proximité, le théâtre Arabeski, sur la rue Frunze, se distingue par ses créations expérimentales, tandis que le théâtre DADA explore un répertoire avant-gardiste mêlant musique et performance. Le théâtre Nova Stsena, rue Krasina, offre un espace de liberté artistique où se produisent les jeunes metteurs en scène d’Ukraine orientale. Le théâtre juif, rue Skripnika, perpétue quant à lui la tradition du théâtre yiddish et les grandes œuvres de Sholem Aleichem.
L’animation gagne encore en intensité avec le théâtre Pari-Komik, rue Petrovskogo, dont les comédies populaires rencontrent un grand succès, et le théâtre d’opéra et de ballet, rue Sumskaya, véritable institution artistique inaugurée en 1925. Sa façade monumentale ouvre sur un intérieur somptueux où se produisent les plus grands solistes ukrainiens. Non loin, la philharmonie de Kharkiv, rue Rymarska, fondée au XIXᵉ siècle, reste le centre de la vie musicale de la région. Ses concerts, donnés dans une salle au décor restauré, réunissent les meilleurs orchestres nationaux. Dans le même quartier, le théâtre de marionnettes d’Afanas’yev, sur la place Konstitutsii, continue d’émerveiller enfants et adultes grâce à ses collections historiques et à la délicatesse de ses spectacles. Ces institutions font de Kharkiv l’une des capitales culturelles majeures d’Ukraine.
Les loisirs et la détente trouvent aussi leur place dans la métropole. Le parc central Maxime Gorki, inauguré en 1907, s’étend sur plus de 130 hectares et reste le principal lieu de promenade des habitants. S’y trouvent un parc d’attractions, un téléphérique, un cinéma de plein air, un train pour enfants, ainsi que des terrains de sport et courts de tennis. Ce vaste espace vert accueille également les grandes fêtes urbaines et les célébrations nationales, dans une atmosphère joyeuse et familiale. Non loin, la plage du parc hydroélectrique de Zhuravlovskyi, sur la rivière, offre un espace de baignade apprécié en été, facilement accessible par le tramway.
Pour les amateurs de détente et de shopping, la ville propose plusieurs complexes modernes. Le centre commercial Karavan Megastore, rue Geroev Truda, abrite boutiques, restaurants et un vaste centre de loisirs. À proximité du métro Pouchkine, le complexe de divertissement Venskii Dom et le club marin (Marine Club) offrent des espaces dédiés au bien-être, avec spa, piscine et salle de fitness. Ces établissements contribuent au visage contemporain d’une ville où la culture côtoie la convivialité. Dans le même esprit, les grands marchés restent des lieux essentiels de la vie quotidienne : le marché Balka de Knizhnaia, le marché de Barabashovo, le marché de Kyiv et le marché Olekseevskiy forment un réseau d’échanges animé où se mêlent traditions, senteurs et artisanats régionaux.
Enfin, les environs de Kharkiv réservent de véritables découvertes patrimoniales. À Sviatohirsk, à 165 kilomètres au sud-est, s’élève la splendide laure Sviato-Uspens’ka, monastère troglodytique fondé en 1526 sur la rive du Donets, au cœur des Montagnes Saintes. Il est l’un des plus beaux sites religieux d’Ukraine, inscrit dans un paysage de falaises blanches et de forêts. À Sharivka, à 70 kilomètres à l’ouest, le visiteur découvre un palais néo-gothique du XIXᵉ siècle entouré d’un vaste parc paysager orné de terrasses, de fontaines et de chênes pluricentenaires. Enfin, le village de Gyivka, à 20 kilomètres à l’ouest, abrite l’ancienne propriété du duc Sviatopolk-Myrskyi, chef-d’œuvre romantique construit entre 1815 et 1870, ainsi que l’église Saint-Nicolas, vieille de 170 ans.

9. Parc naturel national de Pyryatynsky
Le parc naturel national de Pyryatynsky, situé dans l’oblast de Poltava, est un espace de conservation exemplaire de la vallée de la rivière Oudaï, affluent du Dniepr. Créé en 2009, il s’étend sur des terrasses et plaines inondables offrant une mosaïque de paysages de steppe boisée, prairies humides et zones aquatiques. Le parc joue un rôle clé dans la protection des écosystèmes fluviaux et des espèces associées. La proximité de Pyriatyn permet aux visiteurs d’accéder facilement aux principaux sites tout en découvrant la diversité floristique et faunistique de la région.
Parmi les sites incontournables, la terrasse de pins de la rivière Oudaï constitue un exemple remarquable de pinède d’âge varié, mêlée à des forêts de chênes. Ces espaces abritent des espèces végétales boréales rares pour la région et offrent un habitat pour la faune forestière. Les promenades le long des terrasses permettent d’observer une flore complexe et diversifiée, incluant des plantes herbacées et des arbustes caractéristiques de la forêt-steppe.
Les plaines inondables et marécageuses de l’Oudaï sont également des zones essentielles à découvrir. Les roseaux communs, massettes et cressons d’eau dominent ces secteurs, offrant un habitat pour de nombreuses espèces aquatiques et oiseaux nicheurs. Les zones humides représentent des écosystèmes riches en biodiversité et constituent des sites clés pour la reproduction des amphibiens, des poissons et des oiseaux migrateurs. Les visiteurs peuvent explorer ces zones à travers des sentiers balisés, permettant l’observation respectueuse de la faune et de la flore.
Les prairies humides et mésotrophes du parc sont un autre site incontournable. Elles sont dominées par diverses espèces de carex et de graminées, et abritent une flore rare pour la région, incluant des plantes boréales. Les prairies sont également le refuge de mammifères de la steppe et d’insectes pollinisateurs essentiels au maintien des équilibres écologiques.
Les îles de Mazalaki et Koukvin figurent parmi les points forts du parc. Ces espaces isolés offrent un habitat préservé pour les oiseaux et la végétation aquatique. La combinaison d’îlots et de zones humides crée un microcosme naturel où la biodiversité se développe de manière autonome.

10. Slobozhanskyi National Park
Situé dans la communauté territoriale de Krasnokutsk, au cœur du district de Bogodukhov dans la région de Kharkiv, le parc naturel national de Slobozhansky ou Slobozhanskyi National Park s’étend au confluent des rivières Merla et Merchik, formant un ensemble d’écosystèmes variés où alternent forêts, zones humides et prairies. Ce territoire, riche en biodiversité, se distingue par ses lacs forestiers, ses plaines inondables et ses marais peuplés de saules et d’aulnes. Il appartient à la région des hauts plateaux de Poltava orientale, dans la zone chaude et modérément humide de la forêt-steppe de la rive gauche du Dniepr.
Les vallées de la rivière Merla et de la rivière Merchik constituent les axes majeurs du parc. Leurs terrasses inférieures, souvent marécageuses, sont couvertes de prairies où s’épanouissent des fleurs des zones humides. Sur les terrasses supérieures, les pinèdes dominent, formant un contraste frappant avec les plaines verdoyantes.
L’écosystème du parc naturel national de Slobozhansky est remarquable par la diversité de sa faune et de sa flore. S’y rencontrent des castors, des cerfs, des renards, ainsi qu’une grande variété d’oiseaux aquatiques. Les marais, bordés d’aulnes et de bouleaux, offrent des conditions idéales à la reproduction d’espèces rares de la steppe euro-sibérienne. La zone de Rosichka, célèbre pour ses prairies et ses forêts humides, incarne cette biodiversité exceptionnelle.
De nombreux sentiers écologiques, notamment les sentiers longeant la rivière Merla, permettent aux visiteurs d’explorer les écosystèmes du parc à pied ou à vélo. Les circuits traversent forêts mixtes, plaines inondables et zones de marais, tout en favorisant l’observation de la faune. Le parc s’attache à préserver l’équilibre entre tourisme et protection de la nature, en sensibilisant le public à la fragilité de ces milieux.
Autour du parc naturel national de Slobozhansky, les villages du district de Krasnokutsky témoignent du patrimoine rural et culturel de la région. Leurs églises en bois, petits musées et monuments commémoratifs rappellent le passé agricole et spirituel de cette partie du nord-est ukrainien. Ces villages servent souvent de points d’accès vers les sentiers du parc.
Le relief du parc est formé de collines boisées, de vallées profondes et de plateaux couverts de pins et de chênes. Ce paysage varié en fait un lieu idéal pour les chercheurs et les naturalistes qui étudient les relations entre les différents milieux écologiques. Le parc naturel national de Slobozhansky est ainsi à la fois un refuge pour la faune et un centre d’étude sur la dynamique des forêts et marais de la forêt-steppe.

11. Hetman National Park
Le parc naturel national Hetmansky, également connu sous le nom de Desna-Stara Huta ou Hetman National Park, est situé dans le nord-est de l’Ukraine, au sein de l’oblast de Soumy, le long de la rivière Desna. Il constitue un exemple remarquable de conservation des zones humides et de forêts mixtes caractéristiques de la Polésie orientale. Le parc est divisé en deux sections principales : l’une le long de la plaine inondable de la Desna, et l’autre dans la partie sud de la forêt de Briansk, à la frontière russe. Cette région relativement préservée, hors de toute zone radioactive et dépourvue d’industrialisation lourde, offre un environnement exceptionnel pour la biodiversité, abritant de vastes plaines inondables, des marais mésotrophes et oligotrophes, ainsi que des forêts de pins et de chênes-pins.
La plaine inondable de la Desna constitue l’un des sites les plus emblématiques du parc. Large de 2 à 4 kilomètres sur toute sa longueur, elle offre des paysages d’une grande beauté, composés de lacs, d’étangs anciens et de zones humides. Ces espaces sont particulièrement riches en flore et en faune aquatiques et constituent un lieu de prédilection pour l’observation des oiseaux migrateurs et nicheurs. La biodiversité y est exceptionnelle : canards, limicoles et hérons trouvent refuge dans les roselières et les marais, tandis que les zones ouvertes sont fréquentées par des mammifères de plaine et des reptiles adaptés aux écosystèmes humides. Les sentiers aménagés, notamment le sentier pédagogique « Vizytivka Desny », permettent aux visiteurs de découvrir ces habitats tout en apprenant sur leur fonctionnement écologique.
La terrasse de pins, qui s’étend le long de la plaine inondable, est un autre site incontournable. Couvrant un relief légèrement vallonné, elle abrite des forêts de pins et de chênes-pins sur des sols podzoliques typiques, créant un habitat privilégié pour de nombreuses espèces d’oiseaux et de petits mammifères forestiers. Les amateurs de botanique y découvriront une flore riche et diversifiée, incluant des plantes boréales rares pour la région. Cette zone offre également de belles opportunités pour la randonnée, la photographie naturaliste et l’étude des processus écologiques propres aux forêts riveraines des grands fleuves d’Europe orientale.
La partie sud du parc, dite de Starogut, est intégrée au massif forestier de Briansk et se distingue par ses forêts quasi continues et ses marais préservés. Les petites rivières Ulichka et Chern, affluents de la Znobivka, traversent ce secteur, créant des plaines inondables et des dépressions marécageuses particulièrement intéressantes pour l’étude des écosystèmes mésotrophes et oligotrophes. Ces zones humides sont rares en Ukraine et constituent des refuges importants pour la faune, notamment des oiseaux inscrits sur la Liste rouge ukrainienne et des amphibiens dépendants de milieux peu altérés.
Le parc se distingue également par ses infrastructures de loisirs et d’éducation environnementale. Les chalets chauffés, emplacements de camping et possibilités de pêche et de navigation permettent une expérience immersive en pleine nature. Le centre d’accueil, équipé d’une bibliothèque et d’une vidéothèque, organise des programmes éducatifs pour les groupes scolaires et les visiteurs, sensibilisant à la préservation des zones humides, des forêts et des plaines inondables.

12. Pavlohrad
Située dans l’oblast de Dnipro, Pavlohrad (Павлоград) est une ville industrielle du centre-est de l’Ukraine, connue pour son activité chimique et ferroviaire. Fondée au XVIIIe siècle comme poste cosaque, elle s’est développée au croisement des grandes routes reliant Dnipro, Donetsk et Zaporijjia. Son centre conserve encore plusieurs édifices historiques datant de la période impériale, aujourd’hui intégrés à un paysage urbain typique des villes de steppe ukrainiennes. Avec un peu plus de 100 000 habitants, Pavlohrad allie dynamisme industriel et héritage culturel.
Au cœur de la ville, la cathédrale du Sauveur (Спасський собор) domine la place centrale. Également connue sous le nom de cathédrale Sainte-Mandylion (Собор Спасо-Нерукотворного Образу), elle illustre l’architecture religieuse du XIXe siècle, avec sa façade blanche et ses dômes bleu azur. À proximité, l’église Saint-Michel-Archange (Костел Св. Архангела Михаїла), construite en 1899, conserve un charme discret, mêlant influences byzantines et néogothiques. La cathédrale de la Dormition (Успенська церква), peinte d’un bleu céleste, complète cet ensemble harmonieux.
Les amateurs de patrimoine éducatif remarqueront l’ancien gymnase pour filles (Жіноча гімназія), édifié dans les années 1880. Ce bâtiment de style néoclassique abrite aujourd’hui le palais de l’enfance et de la jeunesse, un centre culturel où se déroulent spectacles et expositions. L’importance accordée à la formation et à la culture témoigne du rôle que Pavlohrad joue dans la transmission des savoirs régionaux.
Plusieurs monuments rappellent les grandes étapes de l’histoire ukrainienne. Le monument à Lénine, autrefois symbole du pouvoir soviétique, a longtemps occupé la place principale. Non loin se trouvent le Walk of Fame (Аллея Слави), promenade bordée d’arbres et de stèles commémoratives, et le monument à Joseph Kotin, ingénieur et concepteur de chars. Ces vestiges de mémoire se mêlent à des lieux plus récents, comme le mémorial de l’Holocauste, érigé en hommage aux victimes locales de la Seconde Guerre mondiale.
Le musée régional de Pavlohrad (Краєзнавчий музей) offre un parcours complet sur l’histoire de la région, depuis les premières colonies cosaques jusqu’à la période industrielle moderne. Les collections archéologiques et ethnographiques s’enrichissent régulièrement grâce aux découvertes locales.
Le théâtre dramatique E. Zahavi (Павлоградський драматичний театр ім. Б. Є. Захави), fondé en 1896 par le comte Golenitchev-Koutouzov, occupe une place majeure dans la vie culturelle. Réouvert en 1974 et professionnalisé en 2002, il propose une programmation variée mêlant classiques ukrainiens et créations contemporaines. Ce théâtre, à la façade claire et élégante, demeure un haut lieu de la culture régionale.
Outre ses institutions culturelles, Pavlohrad conserve un patrimoine civil intéressant : l’ancien bâtiment administratif, la maison municipale de la culture, et le bureau de poste sont autant d’exemples de l’urbanisme du XIXe siècle. La gare de Pavlohrad, point stratégique sur la ligne Dnipro-Donetsk, symbolise le développement industriel et logistique de la ville.
L’activité artistique et éducative se concentre autour du palais municipal de la culture, où se tiennent concerts, représentations théâtrales et festivals locaux. Ce lieu, très fréquenté, renforce la cohésion sociale et culturelle d’une ville en constante évolution. Pavlohrad s’attache à faire vivre ses traditions tout en encourageant la création contemporaine.
Enfin, la ville se distingue par la sobriété et la cohérence de son cadre urbain. Les églises Holubytsky et Vernicle, aux coupoles éclatantes, ponctuent le panorama de repères spirituels.

13. Zaporijia
Zaporijia, ville industrielle du sud-est de l’Ukraine et connue surtout pour sa centrale nucléaire, compte environ 710 000 habitants. Située sur les rives du Dniepr, elle est le chef-lieu de l’oblast du même nom et demeure l’un des grands pôles économiques du pays. Anciennement connue sous le nom d’Aleksandrovsk ou Oleksandrivsk, la ville a pris son nom actuel en 1921. Elle s’étend autour d’un fleuve majestueux, au bord duquel se dressent de vastes usines, des quartiers animés et de larges avenues, reflet d’une histoire industrielle et cosaque profondément ancrée.
Le cœur historique et symbolique de Zaporijia est sans conteste l’île de Khortytsia, la plus grande île du Dniepr. Ses falaises de granit, ses forêts et ses plaines abritent le musée historique et culturel « Zaporizka Sich », reconstitution d’une forteresse cosaque rappelant la gloire des anciens guerriers zaporogues. L’île est également entourée d’îlots légendaires, comme Durnya Scala (Rocher du Fou) ou Stolb (Pilier), sur lesquels se mêlent traditions, mythes et formations naturelles impressionnantes comme le Bol des Cosaques, creusé dans le granit.
Symbole de la puissance soviétique, la centrale hydroélectrique du Dniepr (DniproHES) fut, lors de sa construction, le plus grand barrage d’Europe. L’ouvrage monumental, situé à l’extrémité de l’avenue Sobornyi, offre une vue spectaculaire sur le fleuve et sur l’île de Khortytsia. Le parc voisin constitue un lieu de promenade privilégié pour admirer la démesure de cette œuvre d’ingénierie.
Le patrimoine culturel de la ville est tout aussi riche. Le musée de la Technique de Bohuslayev (ou musée de la Motor Sich), situé rue Kopenkina, expose avions soviétiques, motos anciennes et matériel militaire. À une trentaine de kilomètres au sud, le musée du palais Popov, à Vasylivka, dévoile un ensemble néo-gothique du XIXe siècle : tours, chapelle, écuries et parc témoignent du raffinement architectural d’une autre époque.
Zaporijia brille aussi par ses théâtres et son orchestre, notamment le théâtre dramatique académique Magara, le théâtre pour jeunes spectateurs, le théâtre équestre « Cosaques zaporogues », et le théâtre musical et dramatique de Zaporijia. Les musées régionaux : musée national d’histoire des Cosaques zaporogues, musée régional d’art de Zaporijia, musée de l’aviation Motor Sich, complètent cet ensemble foisonnant. La bibliothèque scientifique universelle constitue quant à elle un haut lieu de la vie intellectuelle locale.
La dimension spirituelle de la ville se lit dans ses nombreux édifices religieux. Parmi les églises orthodoxes, l’église de l’Intercession, dépendante du Patriarcat de Moscou, attire de nombreux fidèles, tandis que les églises Saint-Nicolas et Saint-André enrichissent le panorama sacré. Les communautés catholiques, protestantes, musulmanes, juives et hindoues coexistent harmonieusement, illustrant la diversité spirituelle d’une cité ouverte et tolérante. L’église de Dieu, le Père de la Miséricorde, est la plus grande église catholique de la ville.
Enfin, la vie artistique contemporaine s’exprime notamment sur la place Maïakovskoïe, autour de la fontaine de Vie (érigée en 2004). C’est là que se tient l’exposition en plein air organisée par l’association Kolorit, où artistes, artisans et sculpteurs zaporogues présentent leurs œuvres et dialoguent avec les visiteurs.

14. Soumy
Fondée il y a plus de trois siècles, Soumy compte aujourd’hui environ 264 000 habitants. Située dans le nord-est de l’Ukraine, cette ville paisible conserve une dimension humaine tout en offrant une richesse patrimoniale remarquable. Ses rues historiques : Soborna, Voskresenska, Kozatsky Val, Kooperativna, Troitska et Petropavlivska : forment le cœur d’un ensemble urbain où se mêlent architecture baroque, bâtiments civils et monuments religieux. La rue Soborna, datant du XVIIIe siècle, demeure l’axe principal de la vieille ville.
Le centre historique de Soumy s’articule autour de la cathédrale de la Transfiguration, unique au monde par la présence de sculptures catholiques sur son dôme orthodoxe. À proximité se trouve la cathédrale de la Résurrection, érigée en 1702 à l’initiative de notables cosaques, et la cathédrale de la Trinité, datant du XIXe siècle. Ces édifices reflètent le mélange harmonieux des styles baroque, classique et orthodoxe propre à la ville. Le kiosque, monument emblématique, complète cet ensemble religieux et historique.
Les amateurs d’histoire et d’art trouveront à Soumy plusieurs musées remarquables. Le musée régional d’histoire locale, situé rue Kirova, conserve la plus grande collection d’objets historiques de l’oblast. Le musée régional d’art Nikanor Onatsky, sur la place Pokrovska, expose des œuvres ukrainiennes et européennes. Le musée pédagogique de Soumy, fondé en 1984, retrace l’évolution de l’éducation dans la région. À ces institutions s’ajoutent la maison-musée A. P. Tchekhov, le musée de l’histoire de l’alpinisme, et le musée d’anatomie de l’Université d’État de Soumy.
L’activité artistique contemporaine s’exprime dans la galerie municipale SMuGa, la galerie BureauArt, et la galerie Nasha, toutes situées dans le centre. Ces espaces accueillent expositions temporaires, performances et événements culturels tout au long de l’année. Le théâtre académique régional de drame et de comédie musicale, dédié à M. S. Chtchepkin, continue d’incarner la vitalité scénique de Soumy, tandis que de nombreux festivals viennent animer les saisons culturelles.
Sur le plan spirituel, Soumy se distingue par sa diversité religieuse. L’église catholique, la mosquée Barakat (ouverte en 2015) et le centre culturel islamique ICC Soumy témoignent du pluralisme de la ville. Ces deux dernières institutions, lieux de prière et d’échanges, organisent régulièrement des journées portes ouvertes et des conférences, favorisant la découverte de la culture islamique ukrainienne.
Les espaces verts tiennent également une place importante. Le parc Ivan Kozhedub, les quais du Psel, la place SumDU, la place Pokrovsky, la place Chevtchenko, et le parc du lac Chekha offrent des lieux de détente et de promenade. Le parc des contes de fées, quant à lui, séduit les familles avec ses sculptures, ses forteresses miniatures et ses personnages légendaires.

15. Parc national naturel de Meotida (Territoire sous occupation de l’Ukraine de l’Est)
Le parc national naturel de Meotida, situé sur la rive nord de la mer d’Azov, englobe des zones littorales, estuaires et terres côtières, offrant un panorama exceptionnel sur la biodiversité de la mer d’Azov. Créé en 2009, il protège un ensemble de paysages variés : steppes, marais salés, îles sablo-coquillages, dunes et lacs salés. Le parc tire son nom des Méotiens, peuple ancien de la région, et constitue un refuge vital pour les oiseaux migrateurs et nicheurs. Les zones de la flèche de Belosariaiskka à l’ouest et de Kryva à l’est figurent parmi les sites incontournables pour l’observation ornithologique.
Le parc possède une avifaune exceptionnelle, avec plus de 100 espèces d’oiseaux nicheurs et des millions d’oiseaux migrateurs chaque année. Parmi eux, la bergeronnette à tête noire, le bécasseau maritime, le bruant à tête noire et des limicoles rares trouvent refuge dans les zones protégées. Les migrations printanières et automnales offrent un spectacle naturel impressionnant. Les observatoires et sentiers aménagés permettent aux visiteurs de suivre ces migrations et de photographier des espèces rares dans leur habitat naturel.
Les zones de dunes et les îles sablo-coquillages constituent des sites incontournables du parc. Elles offrent des paysages uniques où la végétation halophile, telle que la laîche de Gérard et l’asclépiade maritime, prospère dans un environnement salin. Ces zones servent de repos pour les oiseaux migrateurs et de lieux de nidification pour certaines espèces menacées. Les plages et dunes de Meotida combinent beauté naturelle et importance écologique, constituant des destinations privilégiées pour les amateurs de nature.
Le parc englobe également des marais et estuaires à salinité variable, essentiels à la reproduction des amphibiens, poissons et oiseaux aquatiques. Les prairies salées et les formations de steppes côtières offrent des habitats variés, permettant l’observation de la faune terrestre et de la végétation spécifique. Les zones de marais abritent des limicoles et des sternes, tandis que les terres arides permettent de découvrir la steppe et ses espèces adaptées aux sols pauvres et salés.
La faune terrestre de Meotida est riche et diversifiée. Les zones steppiques abritent des mammifères tels que le renard roux et le lièvre d’Ukraine, tandis que les insectes et invertébrés sont particulièrement bien représentés dans les prairies et marais. La répartition de la faune est étroitement liée à celle des oiseaux, les habitats offrant nourriture et refuge à de nombreuses espèces.

16. Parc naturel national de Dvorichansky (Territoire sous occupation de l’Est de l’Ukraine)
Le parc naturel national de Dvorichansky, situé dans le district de Dvorichansky au nord-est de la région de Kharkiv, s’étend sur plus de 3 100 hectares le long de la rivière Oskil, principal affluent du Siversky Donets. Il est renommé pour ses pentes crayeuses spectaculaires, vestiges d’une mer ancienne, et pour ses espèces végétales endémiques inscrites au Livre rouge d’Ukraine. Son relief, composé de collines blanches, de steppes et de forêts légères, confère à ce parc une beauté singulière.
Le parc comprend plusieurs zones fonctionnelles : protégée, économique, de loisirs réglementée et de loisirs stationnaire. Cette organisation permet de concilier la recherche scientifique, la conservation de la nature et le tourisme écologique. Deux réserves botaniques locales : Chervony et Konoplyane, se trouvent dans la zone protégée du parc et abritent une flore d’une rare richesse.
La réserve Chervony, fondée en 1984, s’étend sur 49,8 hectares près du village de Krasne Pershe. Elle préserve des espèces reliques du Crétacé, endémiques aux pentes crayeuses de la région. La réserve naturelle de Konoplyane, créée en 1998 entre Topoli et Kamyanka, couvre plus de 315 hectares et abrite des communautés végétales rares des steppes crayeuses, également inscrites au Livre vert d’Ukraine.
La faune du parc naturel national de Dvorichansky est tout aussi remarquable. Des marmottes, renards, lièvres et oiseaux de proie trouvent refuge dans les falaises et vallées profondes. Plusieurs ruisseaux alimentent de petits lacs anciens, vestiges de l’époque où la mer paléogène recouvrait ces terres. Ce réseau hydrologique rend le parc essentiel pour la préservation des écosystèmes aquatiques de la région.
Les visiteurs peuvent emprunter les sentiers écologiques traversant forêts et steppes, longeant la rivière Oskil et ses terrasses. Les vues panoramiques sur les collines crayeuses offrent un spectacle unique, notamment au coucher du soleil lorsque la lumière fait ressortir la blancheur des falaises.
Le parc naturel qui s’étend le long de la rivière Oskil offre l’un des plus beaux panoramas du nord-est de l’Ukraine. Depuis les plateformes d’observation, la vue embrasse les méandres du fleuve, dont les eaux miroitantes serpentent entre les montagnes de craie. Sur les rives, la grue cendrée (Grus grus), la cigogne blanche (Ciconia ciconia) et la perdrix grise (Perdix perdix) animent les prairies par leurs cris et leurs déplacements gracieux. Dans le ciel, le pygargue à queue blanche (Haliaeetus albicilla) et l’aigle botté (Hieraaetus pennatus) planent majestueusement, guettant leurs proies dans la lumière. Mais la véritable vedette du lieu reste la marmotte bobak (Marmota bobak), qui se dresse sur ses pattes arrière pour observer les visiteurs, amusant petits et grands par ses sifflements malicieux.
Au printemps, les pentes crayeuses du parc se transforment en un jardin naturel éclatant de couleurs. Les pulsatilles patens, avec leurs clochettes violettes, et les herbes à plumes ondulant dans le vent, tapissent les versants d’un voile soyeux. Sur les sentiers thématiques, le parcours « Forêt » permet de découvrir les particularités de la forêt de ravin, où prospèrent des espèces menacées, tandis que le sentier « Steppe » révèle les trésors botaniques des steppes crayeuses. Les montagnes de craie, sculptées par le temps et la rivière, forment un décor spectaculaire où la nature s’exprime avec une rare intensité. Le ciel nocturne, dégagé et profond, y offre des nuits d’observation incomparables pour les amateurs d’astronomie.
Autour du fleuve, plusieurs sites viennent compléter la découverte. Près du village de Topoli, le moulin à poulets est un lieu unique blotti sur la rive, entouré d’affleurements de craie blanche. Non loin, le Zalomne tract abrite une superbe forêt de chênes et d’érables où fleurissent des orchidées sauvages, des Fritillaria ruthenica et des Tulipa quercetorum, offrant au visiteur un spectacle botanique d’une rare élégance.

17. Velikiy Lug (Territoire sous occupation de l’Est de l’Ukraine)
La grande prairie, ou Velikiy Lug, correspond aujourd’hui à l’ancien territoire submergé par le réservoir de Kakhovka, vaste lac artificiel formé sur le Dniepr en 1956. Ce réservoir, long de 240 kilomètres, profond de plus de 8 mètres et couvrant 1 850 km², servait à l’alimentation des centrales hydroélectriques, à l’irrigation et à la navigation. Sa disparition en 2023, après la destruction du barrage, a redonné forme à des plaines inondables et des forêts alluviales où réapparaissent peu à peu les paysages originels du parc naturel national Velikiy Lug.
Ce territoire, partagé entre les oblasts de Zaporijjia, Dnipropetrovsk et Kherson, abrite des pentes abruptes du Dniepr, des plages de sable et des vestiges des plaines du Kinski-Dniepr. Parmi les sites majeurs figurent le monastère Saint-Grigori-Bizyuk, situé sur la rive droite près du village de Chervonyi Mayak, et le monticule de Mamai-Gora, sur la rive gauche près de Velyka Znamenka. Ces deux lieux symbolisent la continuité entre patrimoine spirituel et mémoire cosaque.
Plusieurs édifices religieux enrichissent encore ce paysage : l’église de la Nativité de la Sainte Vierge Marie à Knyaze-Hryhorivka, et le monastère de la Dormition de Primorsky, sur la rive gauche du village de Primorske. Non loin, les îles Kuchugury, dans le bassin du réservoir de Kakhovka, offrent un refuge à une faune aquatique rare. L’ensemble du site évoque un archipel fluvial où se mêlent histoire, légende et nature.
Les anciennes Sitch cosaques parsèment le territoire : la Sitch de Khortytskyi sur l’île de Bayda, la Tomakivska Sich près de Marganets, la Mykytynska Sich sur l’île de Stukalov, la Chortomlytska Sich à Kapulivka, la Nova Sich à Pokrovske, la Bazavluk Sich à l’embouchure de la rivière Bazavluk, et la Kamyanskaya Sich à Respublikanets. Ces forteresses, noyées ou restaurées, rappellent la puissance militaire et la culture des cosaques zaporogues.
La région conserve aussi une mémoire industrielle récente, incarnée par la centrale hydroélectrique de Kakhovka, célébrée jadis sur un timbre-poste soviétique de 1951. La ville de Kakhovka, sur la rive gauche, et Nova Kakhovka, construite pour loger les ouvriers du barrage, demeurent les principaux centres urbains. Sur la rive droite, Nikopol reste la grande cité historique du site, liée à l’ancien commerce fluvial du Dniepr.
Aujourd’hui, malgré la transformation du paysage, la grande prairie retrouve son aspect naturel. Ses forêts alluviales, ses plages de sable et ses îles forment un écosystème renaissant où la végétation et la faune réinvestissent les berges.

18. Luhansk (Territoire sous occupation de l’Est de l’Ukraine)
Luhansk, ville de l’est de l’Ukraine comptant environ 397 677 habitants, se dresse dans la vaste plaine industrielle du Donbass, au confluent de la rivière Luhan et de l’Olhivka. Elle est divisée en quatre districts : KamyanoBridskyi, Artemivskyi, Zhovtnevyi et Leninskyi, qui abrite quant à lui, le cœur historique et culturel de la cité. Traversée par la voie ferrée reliant Debaltseve à Stanytsia Luhanska, la ville s’étend autour de zones résidentielles et industrielles, tout en conservant un centre urbain dense, marqué par ses rues Karl Marx, Karl Libknecht et Dahl. Le quartier surnommé « Dvoryanske hnizdo » ou « nid de nobles », perché sur une colline, témoigne encore du prestige de la bourgeoisie communiste du XXe siècle.
Parmi les lieux de culte les plus remarquables, la cathédrale Sainte-Ascension (Свято-Вознесенський собор), construite en 1840, occupe une place singulière dans le paysage religieux local. Longtemps seule église ouverte durant l’époque soviétique, elle fut classée monument historique dès 1955. À quelques rues, la cathédrale Sviato-Petropavlivskyi (Свято-Петропавлівський кафедральний собор), érigée en pierre en 1905, séduit par son clocher à sept cloches et ses iconostases richement décorées. Autre édifice majeur, la cathédrale Saint-Vladimir (Свято-Владимирський кафедральний собор), bâtie entre 1995 et 2006 sur la place Gorki, s’impose comme la plus vaste cathédrale du sud-est de l’Ukraine.
Les visiteurs peuvent aussi découvrir la cathédrale Saint-Michel de la Transfiguration (Свято-Миколо-Преображенський собор) et l’église Saint-Alexandre-Nevski (Свято-Олександро-Нєвський Храм), dont les dômes bleus s’élèvent au-dessus du parc universitaire. Dans le parc commémoratif, l’église des Saints Martyrs Guria, Samon et Aviv (Церква святих мучеників Гурія, Самона і Авива), inaugurée en 1998, est dédiée aux protecteurs du mariage. S’ajoutent le temple Sviato-Panteleimonivskyi (Свято-Пантелеймонівський храм), l’église de l’icône de la Sainte Vierge de la Tendresse (Храм ікони Пресвятої Богородиці « Умиління ») et la mosquée cathédrale de Louhansk (Соборна мечеть), édifiée en 2010 par la communauté tatare. Avec son minaret de 25 mètres, elle incarne la diversité culturelle et religieuse de la région.
Les amateurs d’art et d’histoire trouvent à Luhansk une riche offre muséale. Le musée régional d’art de Louhansk (Обласний художній музей), installé dans la demeure Venderovich datant de 1876, conserve plus de huit mille œuvres. Le musée d’histoire et de culture de la ville retrace le développement urbain depuis le XIXe siècle, tandis que le musée d’histoire locale (Краєзнавчий музей), l’un des plus anciens du Donbass, expose des chars Mark V de la Première Guerre mondiale et une collection dédiée aux fonds marins. La galerie d’art (Галерея Искусств), rue Shevchenko, complète cet ensemble, tout comme le musée d’histoire de l’aérotechnique, qui présente plus de soixante avions restaurés.
Parmi les musées spécialisés, la maison-musée de Vladimir Dal’ (Будинок Володимира Даля) occupe la demeure natale du célèbre écrivain, tandis que le musée du peintre O. Fil’bert met en valeur ses paysages du Donbass. Le musée V. Titov, consacré à l’écrivain amputé devenu symbole de résilience, témoigne du courage des habitants de Luhansk. Le musée du parc des sculptures polovtsiennes (Парк-музей половецьких кам’яних статуй), abritant plus de 80 statues en pierre des XIe et XIIe siècles, constitue un site unique retraçant l’art monumental des peuples nomades d’Eurasie. Enfin, le musée régional des pompiers volontaires présente une exposition technique sur la sécurité incendie.
Les monuments publics illustrent la mémoire collective de la ville. Le monument à K.E. Vorochilov (Пам’ятник Ворошилову К.Є.) domine le centre et rappelle le rôle de ce dirigeant soviétique. Une plaque commémorative honore V. Pyaterkin, V. Tret’yakevich et U. Aleksentsev, héros de la résistance pendant la Seconde Guerre mondiale. Dans le parc du 1er mai, le buste d’Alexandre Pouchkine (Пам’ятник Пушкину А.С.) rend hommage au poète. La croix mémorable aux Cosaques, le mémorial du guerrier-aviateur, ainsi que le monument aux cheminots morts pendant la Grande Guerre patriotique soulignent la profondeur historique et patriotique de la cité.
Le patrimoine civil de Luhansk est tout aussi remarquable. Le palais de la Culture des Cheminots (Дворец Культуры железнодорожников), édifié en 1912, constitue l’un des hauts lieux artistiques de la ville. À proximité, l’ancien hôtel Oktiabr’, devenu hôtel Ukraine, arbore une façade de briques rouges aux pilastres blancs, exemple d’architecture néoclassique soviétique. Le monument du député Holodilin, premier maire de Luhansk, rappelle l’essor de la ville au XXe siècle. Non loin, le bâtiment administratif minier du district de Louhansk (Будівля Луганського гірського округу) évoque les débuts industriels de la cité.
Les parcs et espaces verts constituent des havres de détente. Le parc des Héros de la Grande Guerre patriotique, le parc Dytyachyy, et le parc de la Victoire offrent de larges allées plantées d’arbres. Le cinéma Kinoteatr Oktyabr’ demeure un lieu populaire, tandis que le marché Bilhorod-Dnistrovskyi anime les quartiers commerçants. Le théâtre dramatique académique russe attire une foule nombreuse, symbole de la vitalité culturelle du Donbass. La locomotive à vapeur Luhanskteplovoz, exposée en plein air, rappelle quant à elle l’importance historique de la production ferroviaire locale.
La ville séduit aussi par ses édifices résidentiels d’époque. Le manoir de la rue Dalya, datant de la fin du XVIIIe siècle, abrita autrefois le quartier général de la 5e armée ukrainienne. Le manoir de Dmitriev, plus tardif, témoigne du goût architectural de la noblesse urbaine. Ces demeures, disséminées dans les quartiers anciens, confèrent à Luhansk une atmosphère empreinte de mémoire. Plusieurs plaques commémoratives en marbre et métal ornent leurs façades, rappelant les grands épisodes de l’histoire nationale.
Enfin, le mémorial de la Gloire de la Guerre et les ensembles culturels tels que le musée d’histoire locale et le palais de la Culture des Cheminots illustrent le lien profond entre patrimoine, industrie et culture populaire. Luhansk, malgré les bouleversements récents, conserve une âme fière et un héritage multiple, mêlant foi, travail et mémoire. Ses cathédrales, musées, statues et parcs traduisent une identité forgée dans la persévérance, au carrefour des influences slaves et orientales, où chaque pierre raconte un fragment de l’histoire ukrainienne.
Le monument de Vladimir Dal’ (Пам’ятник Далю Володимиру), rue Dalya, célèbre le célèbre écrivain, lexicologue et ethnographe russe, auteur du Dictionnaire intelligent des Russes, Langue vivante. Inauguré à l’occasion du 180ᵉ anniversaire de sa naissance, l’écrivain est représenté assis sur une chaise, le monument culminant à 3,4 mètres de hauteur. À proximité, la capsule monumentale avec message aux membres du Komsomol, rue Kotel’nikova, rappelle l’engagement de la jeunesse et la célébration du 50ᵉ anniversaire du Komsomol en 1968.
Parmi les hommages à l’histoire industrielle et militaire, le Masterovoi, érigé pour le 200ᵉ anniversaire de Luhansk (Пам’ятник Мастєровой (для 200-річчя Луганська)), rue Kotsiubinskogo, honore Fiodor Gavrilov et les ouvriers déportés à l’usine Alexandre de Saint-Pétersbourg sous Catherine II. Une plaque commémorative du régiment de travail de Louhansk (Пам’ятний знак на будинку, у дворі якого знаходився командний пункт Луганського робочого полку.), rue Matrosova, rappelle le poste de commandement de ce régiment d’ouvriers engagé pour la défense de la ville en 1919.
Le patrimoine mémoriel soviétique est représenté par le monument Dzerjinski (Пам’ятник Дзержинському Ф.Е.), Bloc Alekseeva, buste de l’homme d’État et révolutionnaire, et par le garde frontalier perdu, honorant la mémoire des gardes-frontières tombés en service. Le monument érigé par un pompier (Пам’ятник пожежникам), Bloc Alekseeva, symbolise le courage et le dévouement des pompiers locaux. À ces hommages s’ajoutent le monument aux victimes des répressions staliniennes et le monument des guerriers internationalistes disparus en Afghanistan (Пам’ятник воїнам-інтернаціоналістам, загиблим у Афганістані), où sont gravés les noms des 162 natifs de la région morts sur le terrain.
La ville commémore également les drames historiques nationaux à travers le monument aux victimes de l’Holodomor (Пам’ятник жертвам голодомору), rue Sovetskaya, et le monument Boyan, auteur du Slova o Polku Igorevi (амятник « Боян- автор Слова о полку Игоревом »), qui rappelle les légendes de la littérature russe ancienne et la bataille du prince Igor dans la région. Le monument aux personnels médicaux disparus pendant la Grande Guerre patriotique rend hommage au courage des soignants de l’hôpital régional.
Plusieurs œuvres sculpturales illustrent la dévotion et la spiritualité de Luhansk. La Mère de Dieu avec un bébé (Скульптурна композиція Луганська Богоматір з немовлям), Liniya 15, érigée en 2000 en marbre italien, s’élève à 11,5 mètres, ornée de mosaïques représentant la Sainte Trinité et les douze apôtres. Les Grues du cénotaphe (Пам’ятник невідомому солдатові (« Журавлі »)), rue Dzerjinsk, symbolisent les soldats tombés pendant les combats, métamorphosés en grues s’élevant dans le ciel, commémorant la mémoire des héros de la ville.
Luhansk rend hommage aux héros militaires de la Grande Guerre patriotique à travers l’obélisque aux héros de l’Union soviétique (Обеліск героям Радянського Союзу у ВВВ), Geroev VOV sq, et le monument de Chevtchenko TG (Пам’ятник Шевченко Т.Г.), sculpture de 5,5 mètres dans le jardin public dédié aux Héros de la guerre. Le monument aux habitants de Luhanschyna tombés des mains des nationalistes punitifs de l’OUN-UPA témoigne des tragédies du XXe siècle, tandis que le monument à Lénine (Пам’ятник Леніну) impose sa stature sur la place Geroev VOV, avec ses 5 mètres de bronze reposant sur un socle en labradorite noire.
Les personnalités culturelles et locales sont également célébrées. Le monument à Tatiana Snezhina (Пам’ятник Тетяні Снєжиної), rue Kotel’nikova, honore la poétesse dont les œuvres furent largement mises en musique. Le Vladimir Ivanovitch Dal le Kozak du monument de Louhansk (Пам’ятник В. Далю Козак Луганський), bloc de Joukova, et le monument aux enseignants et aux élèves (Пам’ятник викладачам і студентам Ворошиловградського машинобудівного інституту), rappellent l’attachement de la ville à son héritage éducatif et intellectuel.
La mémoire de la libération et de l’aviation est présente dans le monument commémorant le 60ᵉ anniversaire de la libération de l’Ukraine et le monument à Hastello NF (Пам’ятник Гастелло Н.Ф.), buste du pilote formé à l’école d’aviation de Vorochilovgrad. La colline de Hostra Mohyla constitue un site emblématique, où un obélisque de 8,5 mètres et un char T-34 rappellent les combats de 1919 et de 1943 pour la défense et la libération de Luhansk.
Les monuments civils et ouvriers sont nombreux. Le monument du Mineur (Пам’ятник на честь шахтарів гидромоніторщиков), rue Oboronnaya, symbolise le travail et la force des habitants, tandis que le monument à H. Zveinek (Пам’ятник Г. Звейнеку), rue Zveineka, rappelle les figures politiques et révolutionnaires de la région. Le jardin public de la Ligue de la jeunesse communiste léniniste de toute l’Union (Сквер « 30-летия ВЛКСМ ») offre un espace vert au cœur du centre-ville.
La vie culturelle de Luhansk s’illustre à travers le théâtre académique ukrainien de musique et de théâtre, rue Oboronnaya, qui depuis 1944 produit des œuvres ukrainiennes et a obtenu en 2002 le statut académique.

19. Marioupol (Territoire sous occupation de l’Est de l’Ukraine)
Marioupol (Маріу́поль, Мариу́поль), ville portuaire située sur la côte nord de la mer d’Azov à l’embouchure du Kalmios, est un centre culturel et historique majeur du sud-est de l’Ukraine. La cathédrale orthodoxe russe Saint-Nikolskyi, rue Vulytsya Kalmiusskaya, 114 et le temple Svyato-Nikolaevskiy Portovskiy (Свято-Миколаївський Портовський храм), rue Chernomorskii, sont dédiés à saint Nicolas, patron des marins. La cathédrale abrite une copie miraculeuse de l’icône de la Vierge Marie de Marioupol et les reliques de saint Ignace de Marioupol, tandis que le temple portuaire est un lieu de prière hebdomadaire des marins de la ville. À côté, le temple Sviato-Preobrazhens’kyi (Свято-Преображенський Храм), rue Vulytsya Otradnaya, 22 et le temple Sviato-Amvrosievskyi (Свято-Амвросіївський Храм), rue Vulytsya Volonterovskaya, 4 complètent ce patrimoine religieux.
La présence musulmane est illustrée par la mosquée de la ville (Маріупольська мечеть), située dans le parc Pimorsky, construite en marbre importé de Turquie en hommage au sultan Soliman le Magnifique et à son épouse Roksolany. Cette mosquée servait de point de prière pour les marins et rappelle les liens historiques de Marioupol avec le commerce maritime. Elle s’inspire de l’architecture de la mosquée Süleymaniye d’Istanbul et fut financée par l’homme d’affaires turc Salih Cihan, originaire de Trabzon.
Le patrimoine muséal de Marioupol témoigne de sa richesse culturelle et ethnique. Le musée des Grecs de la région d’Azov (Музей історії греків Приазов’я), à Sartana, retrace l’histoire des Grecs de Crimée et de la mer d’Azov à travers six salles exposant objets, vêtements, outils et recettes culinaires. La maison de la culture (Дім культури), rue Vulytsya Semashko, 19 et le centre Kuindzhi pour l’art et la culture contemporains au 25 avenue Metalurhiv présentent des expositions artistiques et modernes, tandis que le musée des traditions locales de Marioupol (Музей історії міста Маріуполя, rue 20 rue Heorhiivska conserve plus de 53 000 objets, retraçant l’histoire naturelle et humaine de la région. Le centre artistique Art Lyuks, rue Vulytsya Kuyindzhi, 72 et l’exposition de George Korotkov, rue Vulytsya Italiyska, 115 complètent la scène culturelle locale.
Marioupol possède également un patrimoine monumental qui reflète son passé industriel et social. L’ancien château d’eau, construit au début du XXᵉ siècle sur un plan octogonal importé de Rostov, témoigne de l’histoire de l’approvisionnement en eau. La maison du docteur Gamper, rue vulytsya Zemska 51, et la maison avec une flèche, rue vulytsya Kuyindzhi 48, illustrent l’architecture urbaine ancienne. Les bâtiments administratifs comme l’administration d’État du district de Prymorskyi, rue prospekt Nakhimova 86, et le tribunal du district de Prymorskyi, rue prospekt Stroitelei 52A, sont au cœur de la vie civique.
Les monuments commémoratifs rappellent les héros militaires et civils de Marioupol. Le monument Volodymyr Karpov honore un héros du travail socialiste, tandis que les monuments Makar Mazai et Chevtchenko célèbrent des figures culturelles et historiques. Le monument des libérateurs du Donbass, situé place Léninskogo, le monument aux soldats internationalistes, rue vulytsya Karpinskogo, et le monument de la 9e division d’aviation (destroyer MIG-17) rappellent les sacrifices militaires.
La mémoire des pionniers et des héros locaux est conservée par le monument de Tolia Balabukha, héros pionnier, et le monument au maire G. Semenishyn et au capitaine N. E. Lavickomu, héros de l’armée de l’air, décorés du titre de Héros de l’Union soviétique. À proximité, le monument aux marins-parachutistes, rue vulytsya Klynova 51, et le monument militaire de la 221e unité de fusiliers honorent les soldats tombés au combat.
Les œuvres de mémoire civile et artistique incluent le monument aux victimes de la famine et de la répression politique, place Teatralnaya, et le monument Vysotskiy, rue vulytsya Kazantseva, qui commémore le poète et acteur soviétique. Le monument de Pouchkine et le monument de Tolia Balabukha témoignent de la richesse culturelle et de l’engagement social de la ville. Le Crocodile Godzilla, boulevard Primorskyi 21, apporte une touche contemporaine et originale à l’espace public.
Enfin, le port maritime commercial, rue prospekt Myru 99, illustre le rôle stratégique de Marioupol comme centre industriel et commercial de la mer d’Azov.
Les espaces verts de Marioupol forment un ensemble harmonieux où la nature, les loisirs et la mémoire collective se rencontrent. Le jardin urbain, situé au bord du prospekt Myru, derrière le théâtre dramatique, offre aux habitants une halte paisible entre fontaine, aire de jeux et cafés en plein air. Le parc municipal, fondé en 1863 et couvrant plus de huit hectares, est le plus ancien et l’un des plus appréciés. Il comprend des allées ombragées, une aire de jeux aérienne et plusieurs cafés, mais aussi une fosse commune dédiée aux héros de l’Union soviétique, un monument aux héros de la guerre civile surnommé « Canon » et un monument aux héros de la Grande Guerre patriotique.
Le parc Mykola Gourov, aussi appelé Lugopark, se distingue par sa fontaine musicale et ses pavillons commerciaux, formant un lieu de promenade populaire, jouxté par le parc extrême, espace de loisirs dynamique accueillant quatorze attractions, un mini-train, un café et de larges pelouses. Situé vulytsya Karpynskoho 90, ce parc attire les familles et les jeunes désireux d’un divertissement abordable. À proximité, le parc Petrovsky abrite une patinoire intérieure, un bowling et plusieurs cafés, ce qui en fait un centre d’animation tout au long de l’année.
Le parc du bord de mer, vaste parc de 6,4 hectares, prolonge la ville jusqu’à la mer d’Azov. Bordé de cafés et d’aires d’activités, il offre aux promeneurs une vue dégagée sur le large et sur le port maritime commercial. Il est un lieu de détente privilégié, particulièrement animé lors des week-ends d’été. À une dizaine de kilomètres, dans le village de Sartana, le zoo privé : Lane Park, intégré au complexe culturel et de loisirs Village Vashury, permet la découverte d’animaux domestiques et exotiques. Ce zoo, accessible par bus depuis le théâtre dramatique, renforce l’offre familiale et éducative de la région.
Les infrastructures sportives participent à la vitalité de Marioupol. La plage municipale située au prymorskyi bulvar 24, reste le principal lieu de baignade et de sports nautiques de la ville. Le yachtclub Azovstal accueille régates et activités de voile, symbolisant la proximité séculaire entre la cité et la mer. La piscine Neptun au prospekt Metallurgov 19, est connue pour ses matchs de water-polo, tandis que l’illichivets sportkompleks au prospekt Nakhimova 55, sert aux entraînements et compétitions de football. Le centre sportif et de santé : Il’icha, situé au vulytsya Levchenko 1, complète cet ensemble par ses piscines et ses installations polyvalentes.
Le centre de l’Alaska, situé à la périphérie ouest de la ville, à l’intersection de vulytsya Hrusheskoho et vulytsya Hranitna, incarne la modernité du sport de plein air à Marioupol. Il offre deux pistes de ski, du paintball, une piste cyclable et des jeux de société, ainsi qu’une descente de bouée tractée en été et une piste enneigée artificiellement en hiver. À proximité, le complexe de glace Iceberg, dans le parc Petrovsky, accueille patinage et événements sportifs jusqu’à tard dans la nuit, tandis que le City Bowling, également dans le parc Petrovsky, dispose de dix pistes, d’un bar et de tables de billard, formant un espace de loisirs urbain très fréquenté.
Marioupol reste aussi un centre culturel actif, dominé par le théâtre dramatique russe régional de Donetsk, place Teatralnaya 1, fondé en 1878. L’une des institutions théâtrales les plus anciennes du Donbass, elle présente un répertoire mêlant classiques russes et créations contemporaines. La petite scène de l’Econdery, ouverte en 1985, accueille de jeunes metteurs en scène et des pièces expérimentales. Le théâtre Mahiia au prospekt Metalurhiv 54, propose quant à lui un théâtre plus intime et novateur, tandis que le théâtre de marionnettes, créé en 1999, s’adresse avant tout aux familles et aux enfants.
Enfin, les marchés de Marioupol reflètent son énergie quotidienne et la diversité de ses habitants. Le marché central réunit fruits, épices, textiles et artisanat, formant un point névralgique de la vie locale. Le marché de Yumovila, au vulytsya 50 Rokiv SSSR 77, s’illustre par la richesse de ses produits agricoles, tandis que le marché de Zastava au prospekt Stroitelei 62, s’étend sur un vaste périmètre accessible en bus ou trolleybus.

20. Melitopol (Territoire sous occupation de l’Est de l’Ukraine)
Située sur les rives de la rivière Molochna, Melitopol (Мелітополь), deuxième ville de l’oblast de Zaporijjia, s’étend à proximité immédiate de la mer d’Azov. Cette position géographique lui confère un caractère à la fois industriel et balnéaire. Traversée par l’estuaire de Molochnyi, elle relie la steppe fertile du sud ukrainien à la côte azovienne. La cité, qui compte environ 150 000 habitants, s’est développée autour de la production agricole et du commerce, mais offre aussi plusieurs lieux d’intérêt historique et culturel. Son nom dérive du grec melitos, signifiant « miel », un symbole que la ville a conservé jusque dans son identité contemporaine.
Le centre-ville de Melitopol conserve quelques édifices de la fin du XIXe siècle, témoins d’un passé commerçant et religieux foisonnant. La cathédrale Alexandre Nevski (Собор Александра Невского), construite en 1884, occupe une place centrale dans le paysage urbain. Ancienne église grégorienne arménienne, elle est aujourd’hui un haut lieu de l’orthodoxie. Non loin, le temple de Cyrille et Méthode (Храм Святих Кирилла і Мефодія), bâti en 1892, illustre le renouveau religieux de l’époque impériale. Ces édifices, bien que modestes, marquent la permanence de la foi et du patrimoine spirituel de la région.
L’église Saint-Séraphim de Sarov (Храм Преподобного Серафима Саровського), sur la rue Horkoho, prolonge cet ensemble sacré par une architecture traditionnelle surmontée de coupoles dorées. Plus au sud, l’église catholique romaine (Римсько-католицька церква) rappelle la diversité confessionnelle d’une cité longtemps ouverte aux échanges. Le monastère Saint-Savvy (Монастир Св. Савви Освяченого), fondé en 1995, perpétue une vie monastique paisible, symbole du retour de la spiritualité après les décennies soviétiques.
Parmi les institutions culturelles, le musée d’histoire locale de Melitopol occupe un ancien manoir datant de 1913. Ce musée, connu pour sa collection d’or scythe et ses objets ethnographiques, constitue une référence scientifique pour l’étude de la steppe méridionale ukrainienne. Le bâtiment, sobre et élégant, conserve environ 60 000 pièces liées à l’histoire, à la culture et à la nature environnante. Les visiteurs y découvrent aussi une section consacrée à l’époque sarmate, notamment à travers des vestiges découverts près du site archéologique de la Tombe de pierre (Кам’яна могила).
Melitopol possède également plusieurs parcs et espaces verts. Le parc de loisirs Gorki (Парк культури і відпочинку імені Горького) est le plus connu. Aménagé comme un vaste parc paysager, il rassemble un zoo, un musée de l’histoire du parc, des cafés et une scène d’été. S’y trouve aussi la « Clairière des contes de fées » (Поляна Сказок), un ensemble de sculptures en bois inspirées du folklore ukrainien et russe. L’endroit demeure le cœur récréatif de la cité et un refuge de verdure apprécié des habitants.
La ville abrite une quarantaine de monuments et statues, parmi lesquels la statue de Bohdan Khmelnytsky, le célèbre hetman zaporogue, figure emblématique de l’histoire nationale. Une autre sculpture, plus anecdotique, représente Ostap Bender, le héros satirique du roman Les Douze Chaises. Ces monuments, dispersés dans les parcs et les places, témoignent de la diversité des influences culturelles et politiques qui ont marqué Melitopol au fil du temps.
La tradition apicole a donné à Melitopol le surnom de « ville du miel ». Les producteurs locaux s’efforcent de valoriser ce patrimoine naturel en développant l’apithérapie et la fabrication de souvenirs artisanaux à base de miel. Cet ancrage dans une tradition douce et symbolique participe à la promotion d’une image chaleureuse et conviviale, contrastant avec la rudesse de l’actualité régionale. La cité revendique ainsi son identité pacifique et laborieuse.
À douze kilomètres au nord de la ville, la tombe de pierre offre un paysage géologique unique : un massif de grès, vestige du Tertiaire, couvert de pétroglyphes anciens. Ce site, considéré comme sacré depuis des millénaires, est l’un des lieux les plus mystérieux du sud de l’Ukraine. Les archéologues y ont identifié des traces de cultes datant de la préhistoire. Ce sanctuaire naturel, posé sur une plaine aride, fascine par sa beauté austère et son lien profond avec les origines spirituelles du pays.
21. Parc naturel national d’Azov-Syvach (Territoire sous occupation de l’Est de l’Ukraine)
Le parc national naturel d’Azov-Syvach, situé sur l’île de Byriuchyi et la baie de Syvach dans l’oblast de Kherson, représente un territoire d’une exceptionnelle importance écologique et ornithologique. Créé en 1993, le parc couvre plus de 52 000 hectares et se distingue par la richesse de ses zones humides et de ses steppes côtières. Son emplacement stratégique le long de la mer d’Azov et de ses lagunes intérieures en fait une halte essentielle pour plus d’un million d’oiseaux migrateurs chaque année, attirant chercheurs, naturalistes et visiteurs passionnés.
Le parc se divise en deux zones distinctes : le site d’Azov, centré sur l’île de Byriuchyi, et le site de Syvach, constitué d’îles et d’eaux de l’estuaire marin. L’île de Byriuchyi, reliée à la terre ferme par la flèche de Fedotov, est caractérisée par des plages de sable et de coquillages, des dunes et des habitats steppiques. Le site de Syvach, plus vaste, présente un environnement steppique sec avec des sols pauvres, des îlots préservés et des roselières, qui abritent une flore et une faune remarquables. Les deux sites offrent des paysages uniques et des possibilités d’observation ornithologique de grande qualité.
Les zones humides de Syvach constituent un site Ramsar d’importance internationale. Elles hébergent de nombreuses espèces aquatiques et halophiles et offrent des conditions idéales pour les oiseaux migrateurs et nicheurs. Les roselières et marais de cette région permettent d’observer la nidification de limicoles, de sternes et de canards rares. La diversité de la végétation, des prairies humides aux steppes salées, en passant par les dunes et les plages, en fait un espace de découverte privilégié pour les botanistes et naturalistes.
Parmi les sites incontournables, le lac Lemurian et ses environs offrent des paysages d’une grande beauté, combinant eaux saumâtres, végétation aquatique et habitats steppiques. Cette zone est essentielle pour le repos et la reproduction des oiseaux migrateurs. Les visiteurs peuvent parcourir des sentiers aménagés et des observatoires ornithologiques pour admirer des espèces rares, tout en profitant de panoramas sur la mer et les lagunes intérieures. La richesse des formations végétales, notamment les carex, roseaux et plantes halophiles, contribue à l’attrait scientifique et esthétique du parc.
La faune terrestre est tout aussi remarquable. L’île de Byriuchyi et la baie de Syvach abritent des mammifères adaptés aux steppes côtières, des reptiles et de nombreux invertébrés. La combinaison de steppes sèches, zones humides et plages favorise la biodiversité et offre des conditions de vie pour de nombreuses espèces protégées. La présence de prédateurs comme le renard roux ou le chat sauvage contribue à maintenir l’équilibre écologique et à préserver la dynamique naturelle du parc.
Le parc s’étend également sur la côte. Les flèches sableuses de Fedotova et Berdianska sont absolument remarquables. Formées par des chenaux sédimentaires successifs, ces langues de sable se projettent dans la mer et offrent un paysage singulier. La flèche de Fedotova, en particulier, permet de longer des plages de sable blanc et d’observer des espèces de végétation côtière spécifiques, adaptées aux conditions salines et ventées. Ces flèches sont également des points de repos essentiels pour les oiseaux migrateurs, notamment les limicoles et sternes, et elles constituent un lieu privilégié pour la photographie de nature et l’observation ornithologique.
Un autre site à ne pas manquer est l’estuaire de la Molochny, cœur humide du parc. Les rives de l’estuaire présentent des roselières et des zones marécageuses où se développent les plantes aquatiques. C’est un lieu privilégié pour observer les migrations d’oiseaux aquatiques et certaines espèces rares protégées par la législation ukrainienne et internationale. Les visiteurs peuvent parcourir des sentiers aménagés pour découvrir ces écosystèmes tout en respectant les zones sensibles, ce qui permet de combiner exploration et conservation.
La faune aviaire du parc est particulièrement remarquable. Chaque année, plus d’un million d’oiseaux traversent la région, parmi lesquels la bécassine de mer, le bécasseau sanderling et la bergeronnette à tête noire, inscrits sur la Liste rouge d’Ukraine. La diversité ornithologique attire de nombreux ornithologues et photographes.

22. Lac Lémurie (Territoire sous occupation de l’Est de l’Ukraine)
Le lac Lémurie, ou Lemuriiske ozero, se situe dans la partie occidentale de la baie de Syvash, dans la région de Kherson en Ukraine, à proximité des villages de Hryhorivka et Novovolodymyrivka. Ce petit lac est mondialement connu pour sa couleur rose spectaculaire, qui attire touristes, photographes et amateurs de nature. La coloration unique de ses eaux est due à l’algue unicellulaire Dunaliella saline, qui produit du bêta-carotène pour se protéger des rayons ultraviolets. Plus l’été est chaud et l’évaporation intense, plus la teinte rose devient profonde, créant un contraste saisissant avec la rive blanche recouverte de cristaux de sel.
Le site du lac est remarquable par sa forte salinité, qui atteint 270 à 300 grammes de sel par litre d’eau. Cette concentration exceptionnelle transforme le lac en véritable station thermale naturelle, où la baignade procure une sensation de flottement similaire à celle de la mer Morte. Les bords du lac, recouverts de cristaux de sel, forment parfois des stalagmites de sel impressionnantes, offrant aux visiteurs un paysage quasi lunaire et une expérience sensorielle unique. Le contraste entre le rose éclatant de l’eau et le blanc éclatant des rives en fait un site incontournable pour les photographes et les amateurs de paysages insolites.
L’histoire du lac Lémurie est entourée de mystère et de légendes locales. Selon l’une des théories, le lac se serait formé après un incident en 1969, lorsqu’un bombardier soviétique se serait écrasé sur les rives de Syvash. Les sauveteurs auraient alors creusé jusqu’à 18 mètres pour récupérer l’épave, mettant à jour des nappes phréatiques salées. L’eau aurait ensuite rempli cette excavation, donnant naissance au lac. Les habitants des villages voisins l’avaient alors surnommé « Yama » et fréquentaient l’endroit pour se baigner. Au fil du temps, les vertus thérapeutiques de l’eau salée et de la boue ont contribué au développement du tourisme vert et des cures naturelles dans la région.
La boue du lac Lémurie est un élément central de ses propriétés thérapeutiques. Riche en minéraux et certifiée pour un usage médical et cosmétique depuis 2005, elle est utilisée pour des traitements dermatologiques, des soins relaxants et des applications anti-inflammatoires. Cette boue est reconnue même au niveau international et prise en charge par certaines assurances maladie, notamment en Allemagne.
Le lac est également célèbre pour ses attraits naturels et écologiques. Outre la Dunaliella saline qui colore ses eaux, la zone environnante abrite des oiseaux migrateurs et des espèces adaptées aux habitats salins et semi-arides. La flore côtière, limitée mais spécifique, inclut des plantes halophiles capables de survivre dans des sols saturés en sel.
23. Berdiansk (Territoire sous occupation de l’Est de l’Ukraine)
Située sur la côte nord de la mer d’Azov, Berdiansk (Бердя́нськ) compte environ 106 000 habitants, chiffre porté à plus de 600 000 en haute saison grâce à l’afflux de visiteurs venus profiter de ses eaux salines, de son climat doux et de ses établissements de cure. Fondée au XIXᵉ siècle comme port commercial, la ville s’est transformée en station thermale réputée, regroupant plus de 70 établissements de santé, dont 7 sanatoriums, 17 centres sportifs et pour enfants et 45 centres de loisirs. Cette concentration d’infrastructures, capable d’accueillir 15 000 visiteurs à la fois, fait de Berdiansk la principale station balnéaire du littoral d’Azov. Son atmosphère estivale, entre plaisirs de mer, soins et promenades, rivalise avec les villes de Yalta ou d’Odessa, tout en conservant une dimension plus familiale et authentique.
Le cœur culturel de la ville bat autour du musée d’histoire de Berdiansk, installé rue Dyumyna. Ce musée retrace l’évolution de la cité depuis sa fondation, son développement portuaire et industriel jusqu’à sa vocation touristique actuelle. Non loin de là, le musée des traditions locales (ou musée créatif de Berdyansk) présente des expositions sur la nature de la région, sa faune, sa flore et les coutumes du littoral. À travers ces collections, le visiteur découvre comment la ville est passée du statut de port de pêche et de commerce à celui de centre de loisirs et de bien-être. Cette mémoire vivante se prolonge au musée d’art Brodskovo, qui expose des œuvres d’Aivazovsky, Kuindji et Makovsky, artistes dont les toiles marines magnifient les reflets du ciel sur les eaux du Donbass méridional.
L’histoire politique et sociale se lit dans le musée commémoratif P. Schmidt, situé dans la maison où vécut le futur lieutenant Peter Schmidt, figure du mouvement révolutionnaire russe. Le lieu, à la fois intime et symbolique, évoque l’esprit d’émancipation et la culture progressiste qui marquèrent la ville au tournant du XXᵉ siècle. Le musée « Feat », ou musée de la Grande Guerre Patriotique, installé rue Sverdlova, rend quant à lui hommage aux résistants et soldats ayant participé à la libération de Berdiansk durant la Seconde Guerre mondiale.
Le littoral concentre les activités de détente et les principaux sites touristiques. Sur la célèbre langue de terre de Berdiansk, bande sablonneuse de 17 kilomètres s’avançant dans la mer, s’alignent plages de sable fin, complexes hôteliers, discothèques et restaurants en front de mer. Les visiteurs y trouvent des animations variées : bouées tractées, motomarines, voile, trampolines et toboggans aquatiques, qui en font un haut lieu du tourisme estival ukrainien. Sur la promenade du bord de mer et l’avenue Azov, les calèches, pousse-pousse, petits trains à vapeur et balades à cheval ajoutent une touche vivante. Le soir venu, la place du bord de mer s’illumine, tandis que les bars et clubs accueillent une vie nocturne animée, symbole d’une station balnéaire moderne et dynamique.
À l’extrémité de la presqu’île, les visiteurs découvrent le phare de Berdiansk, construit en 1838, l’un des plus anciens bâtiments de la ville. Il domine la crête de Berdiansk, repère emblématique pour les marins et témoin du passé portuaire. Tout près se trouve la grande roue de Berdiansk, qui offre une vue panoramique sur la mer d’Azov et sur les quais. Sur cette même zone se dresse le monument Bender et Balaganov, clin d’œil humoristique aux personnages du roman Le Veau d’or d’Ilf et Petrov, symbole de l’esprit facétieux et littéraire des habitants. Ces lieux, à la fois nostalgiques et festifs, dessinent un paysage où la mer, l’histoire et la culture populaire se rejoignent.
Les loisirs et activités familiales trouvent leur apogée dans les grands espaces récréatifs de la ville. Le parc aquatique du Cap de Bonne-Espérance, considéré comme le plus grand d’Europe orientale, s’étend sur plusieurs hectares et attire chaque été des milliers de visiteurs. À proximité, le delphinarium de Kyiv (ou Nemo) propose des spectacles de dauphins et d’otaries dans un cadre maritime en plein air. Le zoo de Berdiansk, rue Volkov, présente sur 2,5 hectares plus de 60 espèces d’animaux exotiques, entourées de volières, étangs et jardins alpins. Ces installations modernes participent à la renommée touristique de la ville, qui a d’ailleurs remporté en 2001 le premier prix national d’embellissement urbain, preuve de son dynamisme et de son souci du cadre de vie.
À quelques kilomètres de la côte, l’arrière-pays conserve des traces précieuses de l’histoire militaire. Les ruines de la forteresse Zachariavskaya, proches du village de Kalaitanyvka, témoignent du système défensif du Dniepr au XVIIIᵉ siècle. Plus au nord, les vestiges de la forteresse Saint-Alexis à Bilotserkivka et de la forteresse Saint-Pierre à Novopetrivka rappellent le rôle stratégique de la région dans la protection des frontières méridionales de l’Empire russe.

24. Donetsk (Territoire sous occupation de l’Est de l’Ukraine)
Située dans l’est de l’Ukraine, Donetsk compte environ un million d’habitants, ce qui en fait la cinquième ville du pays. Capitale officieuse du Donbass, cœur industriel du bassin du Donets, la ville s’est développée au XIXe siècle autour des mines de charbon et des usines sidérurgiques. Aujourd’hui, malgré les tensions régionales, elle demeure un centre culturel et spirituel important, où s’entremêlent traditions orthodoxes, influences russes et modernité urbaine. Ses larges avenues, ses parcs verdoyants et ses monuments rappellent à la fois la puissance industrielle du passé et la richesse de son patrimoine religieux et artistique.
Le visage spirituel de Donetsk se reflète dans la diversité de ses édifices religieux. La mosquée Ahat Cami, inaugurée en 1999, fut la première mosquée du bassin du Donets après la chute de l’Union soviétique. Érigée en l’honneur d’Akhat Bragin, mécène du projet, elle abrite également l’université islamique ukrainienne, premier établissement musulman d’enseignement supérieur du pays. Non loin de là, l’église catholique romaine Saint-Joseph, bâtie grâce au soutien des catholiques de Pologne et d’Allemagne, témoigne de la vitalité du catholicisme local. Le premier office y fut célébré en 2006, marquant la renaissance d’une communauté longtemps absente de la région.
La tradition orthodoxe, dominante à Donetsk, s’incarne dans plusieurs lieux emblématiques. Le couvent Svyato-Iverskiy, fondé en 2001, conserve une icône de la Mère de Dieu d’Iverskoy, gravée sur le mont Athos. Son clocher, ses vergers et ses bâtiments d’accueil forment un ensemble harmonieux empreint de recueillement. Le temple de l’Exaltation de la Croix, situé rue Gornaya, célèbre chaque année sa fête patronale le 27 septembre, tandis que le temple Sviato-Voskresenskyi, reconnaissable à son dôme doré, abrite la chapelle Sainte-Barbe, dédiée à la mémoire des mineurs disparus, figure symbolique du Donbass.
Donetsk se distingue également par la richesse et l’originalité de ses parcs et espaces publics. Le plus célèbre, le parc des Figures forgées, fut inauguré en 2001 et accueille chaque année le festival international de la forge. Ses 160 sculptures métalliques, souvent offertes à la ville par les artistes, constituent une exposition permanente à ciel ouvert. D’autres parcs viennent enrichir ce patrimoine, comme le parc Shcherbakova, situé au bord d’un lagon animé de fontaines et de manèges, ou encore la clairière des contes de fées, espace familial où des sculptures inspirées du folklore ukrainien s’élèvent dans le parc Lénine Komsomol.
Les institutions publiques occupent une place prépondérante dans le paysage urbain. Le tribunal du district de Kyivskyi, la cour commerciale d’appel de Donetsk, l’administration d’État du district de Kyivskyi et l’administration régionale de l’État, boulevard Pouchkine, rappellent l’importance administrative de la ville. Non loin du centre, le tribunal du district de Kouïbychev reflète l’organisation hiérarchique héritée de l’époque soviétique.
L’identité industrielle et technique de Donetsk s’exprime dans plusieurs lieux de mémoire. Le musée ferroviaire de Donetsk, installé près de la gare, expose plus de 2000 objets, des locomotives anciennes aux instruments d’entretien des voies, retraçant l’histoire du transport ferroviaire régional. À proximité, le centre d’exposition Ekspodonbass, l’un des plus vastes d’Ukraine, accueille chaque année une vingtaine d’expositions, nationales et internationales. Sur le parvis, se dresse le palmier de Mertsalov, sculpture forgée à partir d’un rail par Alexei Mertsalov au XIXe siècle, devenue symbole du Donbass et emblème de la région.
La ville est également parsemée de monuments commémoratifs qui célèbrent la mémoire collective. Le monument aux journalistes et écrivains, rue Poligraficheska, rend hommage à ceux tombés pendant la Seconde Guerre mondiale. Le monument Mère, sur le prospekt Panfilova, représente une femme tenant un enfant, symbole universel de la tendresse et de la résilience. Le monument aux étudiants, sur le prospekt Vatutina, figure un jeune homme adossé à un banc, incarnation de la jeunesse et du savoir, tandis que le monument Zoia Kosmodemianska perpétue la mémoire d’une héroïne soviétique. Le monument Degtyarev Vladimir Ivanovich, enfin, honore celui qui fit de Donetsk une métropole moderne dans les années 1950-1970.
La dimension artistique de Donetsk se manifeste dans des lieux tels que la galerie Interdonbas, où sont organisées des expositions et des foires culturelles. Le parc de sculptures de la steppe ukrainienne, situé boulevard Pouchkine, réunit onze œuvres monumentales taillées dans le calcaire de Crimée ou dans le chêne, représentant des figures humaines, animales et abstraites. Cette alliance entre art et nature illustre l’esprit créatif de la ville, ancré dans le dialogue entre tradition et innovation.
Le jardin botanique de l’Académie nationale d’Ukraine, fondé avenue Il’icha, s’étend sur 262 hectares et abrite plus de 5500 espèces de plantes. Organisé en quatre départements : dendrologie, floriculture, ressources végétales et flore locale, il constitue un centre de recherche et de préservation unique dans le pays. Aux abords, le monument naturel d’Istoki Kalmiusa marque la source du fleuve Kalmius, dont dix résurgences jaillissent au nord-est de la ville. Plus discret, le minizoo de Donetsk permet, dans une ambiance familiale, de découvrir une faune variée allant des reptiles aux insectes rares.
Enfin, Donetsk conserve plusieurs symboles identitaires forts. Parmi eux, le monument Yosyp Kobzon, dédié au célèbre chanteur du Donbass, trône avenue Titova Germana, non loin du palais Yunist. À proximité de l’hôpital régional, la sculpture Casser les béquilles, œuvre en bronze représentant la guérison et l’effort, honore les chirurgiens de la ville. Ces monuments, à la fois artistiques et humains, traduisent la profondeur émotionnelle d’une cité marquée par les contrastes : la ferveur spirituelle, la mémoire industrielle, la souffrance des guerres et la vitalité culturelle.
Près du stade Olimpiiskyi, le monument Bubka SN rend hommage au légendaire champion du monde de saut à la perche Sergey Bubka, figure emblématique du sport ukrainien. Non loin, le monumental monument Artem (F. A. Sergeevu), haut de plus de dix mètres, incarne la mémoire révolutionnaire et soviétique de la ville. Le Tsar Pouchka, reproduction fidèle du canon du Kremlin, trône sur la rue Artema, rappelant la puissance industrielle et métallurgique de Donetsk. À proximité, la copie de la cloche de Bokhum, symbole du jumelage avec la ville allemande, illustre la volonté de dialogue entre les peuples.
La mémoire des pionniers se perpétue avec le monument à John James Hughes, fondateur de l’usine Yuzovka, qui donna naissance à la ville moderne. Ce monument, inauguré en 2001, célèbre l’esprit industriel de Donetsk. Le monument aux enseignants et étudiants de l’Institut polytechnique, sobre et émouvant, rend hommage aux victimes de la Seconde Guerre mondiale. Plus inattendu, le monument aux Beatles, situé rue Artema, évoque la place de la culture occidentale dans la vie urbaine. Dans le parc Leninskyi Komsomol, le monument aux guerriers disparus – Afghans perpétue la mémoire des soldats tombés au combat, tandis que le monument aux libérateurs de la ville rend hommage aux héros du Donbass, incarnés par les figures d’un soldat et d’un mineur, symboles de courage et d’unité.
L’itinéraire religieux se prolonge avec la majestueuse cathédrale orthodoxe Sviato-Preobrazhenskyi, édifiée en 1886 et surmontée de dômes dorés, à l’entrée de laquelle se dresse le monument à l’archange Michel, gardien spirituel de la cité. La rue Artema rassemble plusieurs lieux culturels, dont la bibliothèque scientifique Krupska, ornée de bas-reliefs littéraires, et le musée d’art régional, abritant plus de onze mille œuvres du XVIe au XXe siècle. Devant ces édifices se trouve le monument à Solovyanenko Anatoli Borissovitch, grand ténor ukrainien, érigé près de l’opéra et du théâtre de Ballet Solovyanenko, joyau de l’architecture classique fondé en 1936 et symbole du raffinement artistique de Donetsk.
La place du théâtre, cœur culturel du district de Vorochilovskyi, réunit l’opéra et ballet académique, le cinéma Chevtchenko et plusieurs monuments comme les monuments de Grinkevich et Gourov, formant un ensemble d’une grande harmonie. À quelques pas, le monument des fleuves du Donbass, fontaine-sculpture figurant une barque cosaque, relie symboliquement la ville à ses racines fluviales et minières. Le monument VI Lénine, sur la place Lénine, demeure un repère historique de l’époque soviétique. Plus discret, le monument Pouchkine, sur le boulevard Pouchkine, rend hommage au poète russe à travers un buste en bronze inauguré lors du centenaire de la ville.
Le long de cette même artère, l’imposant ministère de la construction de l’industrie du charbon rappelle la vocation minière de Donetsk, avec sa façade à colonnes d’inspiration classique et son portique monumental. La ville abrite également plusieurs théâtres et palais culturels, tels que la maison de la créativité, le palais culturel Horkoho, la maison de la culture des travailleurs, le palais culturel I. Franko, le palais ASPushkin et la salle de concert Yuvileyny, témoignant de la diversité des scènes musicales et artistiques locales. Le théâtre musical et dramatique académique, conçu comme un temple grec, ajoute à la beauté de cet ensemble, avec sa salle de 942 places et sa façade corinthienne d’une grande élégance.
À côté du théâtre, le Solov’yanenko Opéra et Ballet académique d’État de Donetsk se distingue par son lustre monumental et sa scène motorisée. Les bustes de compositeurs et de poètes qui ornent ses galeries rappellent la ferveur culturelle de la ville. Plus au nord, le palais des enfants et des adolescents et la maison de la créativité perpétuent la vocation éducative et artistique de Donetsk, tandis que le palais culturel Horkoho et le palais ASPushkin accueillent de nombreux concerts et événements communautaires, consolidant l’identité artistique du Donbass.
Les marchés de Donetsk participent aussi à son animation quotidienne. Le marché central, situé boulevard Shevchenko, est le cœur vivant du commerce local, tandis que le marché Putylovskiy, sur l’avenue Partyzanskyi, offre un visage plus populaire et pittoresque. Les marchés Pokrovskyi, Schetynyna et Azotnyi complètent ce réseau d’échanges, où s’entrecroisent saveurs, traditions et artisanats régionaux. Le centre commercial Volna, rue Kuibysheva, illustre la modernité économique de la ville et sa capacité à concilier héritage et innovation.
Les promenades urbaines se prolongent dans les grands parcs et espaces verts, comme le parc Shcherbakova, le parc de sculptures de la steppe d’Ukrainskyi ou le jardin botanique de l’Académie nationale d’Ukraine. Le monument naturel d’Istoki Kalmiusa, situé en périphérie, marque la source du fleuve Kalmius et offre un espace de nature préservée, tandis que le minizoo de Donetsk abrite une étonnante collection d’espèces exotiques.




