Les 60 incontournables de la République Tchèque (Tchéquie)

Sommaire

Au travers de cet article que nous avons voulu le plus complet possible, nous avons souhaité vous présenter tous les lieux d’intérêts incontournables de la République Tchèque, ceux que vous devez absolument voir, ceux qui représentent son essence même. Certains d’entre eux sont évidents et connus de tous, mais d’autres sont des trésors cachés qui méritent d’être parcourus. C’est pour cette raison que nous espérons que cet article qui vous présente les incontournables de la République Tchèque vous aidera à découvrir ce territoire magnifique.

Anciennement intégrée dans la Tchécoslovaquie, la République tchèque, appelée également Tchéquie est un pays d’Europe centrale à l’identité culturelle forte, marqué par une histoire millénaire et une architecture fascinante. Entourée par l’Allemagne à l’ouest, la Pologne au nord, l’Autriche au sud et la Slovaquie à l’est, elle occupe une position charnière entre l’Europe de l’Ouest et l’Europe de l’Est. D’une superficie d’environ 79 000 kilomètres carrés, le pays est composé de deux grandes régions historiques, la Bohême et la Moravie, ainsi qu’une petite partie de la Silésie. Plateaux, forêts profondes, collines ondulantes et chaînes de montagnes telles que les monts des Géants dessinent une géographie variée, propice à la fois aux escapades naturelles et aux découvertes culturelles.

Au cœur de la République tchèque se trouve Prague, sa capitale, surnommée la « ville aux cent clochers ». Nichée sur les rives de la Vltava, Prague est l’un des joyaux les plus éclatants d’Europe. Son château monumental, surplombant la vieille ville, abrite des trésors historiques et architecturaux tels que la cathédrale Saint-Guy ou la ruelle d’or. Le centre historique, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, regorge de merveilles gothiques, baroques et Art nouveau. Le pont Charles, emblématique, relie les quartiers anciens et offre une vue inoubliable sur la ville. Prague incarne à elle seule l’âme de la nation, oscillant entre grandeur impériale, esprit bohème et modernité culturelle.

Mais la République tchèque ne se résume pas à sa capitale. De nombreuses villes régionales dévoilent des pans entiers de l’histoire européenne. Český Krumlov, par exemple, enchante par son château féerique et ses ruelles médiévales, tandis que Brno, capitale de la Moravie, séduit par sa vitalité étudiante, son architecture moderniste et sa riche vie culturelle. Kutná Hora, avec son ossuaire étonnant et son passé minier, est un autre site classé à l’UNESCO. Le pays est parsemé de châteaux, d’églises baroques, de villages authentiques et de thermes réputés comme Karlovy Vary ou Mariánské Lázně, qui perpétuent la tradition des séjours de santé depuis l’époque des Habsbourg.

Les paysages naturels tchèques constituent également un atout de premier ordre. Le parc national de la Suisse bohème, avec ses falaises de grès et ses ponts de pierre spectaculaires, attire les randonneurs et les amateurs de photographie. Les monts Métallifères, ou encore les hauts plateaux de Moravie offrent une diversité de panoramas et d’activités en plein air, de la randonnée au ski. Les forêts de Bohême, profondes et mystérieuses, inspirent encore aujourd’hui artistes, écrivains et promeneurs en quête de silence.

La culture tchèque est profondément enracinée dans un héritage à la fois slave, germanique et austro-hongrois. S’y retrouvent des compositeurs célèbres comme Dvořák ou Smetana, des écrivains emblématiques tels que Kafka ou Hrabal, et une tradition théâtrale et cinématographique vivace. Les festivals culturels foisonnent à travers le pays, qu’il s’agisse de musique classique, de jazz, de théâtre de marionnettes ou de cinéma d’auteur. Le folklore traditionnel reste bien vivant, notamment en Moravie, où danses, chants et costumes colorés sont encore célébrés lors de nombreuses fêtes locales.

La gastronomie tchèque, copieuse et conviviale, reflète l’âme du pays. Elle repose souvent sur des plats consistants tels que les viandes en sauce (svíčková), les boulettes (knedlíky), les soupes chaudes et les gâteaux à la levure. La République tchèque est aussi célèbre dans le monde entier pour sa bière, réputée comme l’une des meilleures et des plus anciennes d’Europe. Des villes comme Plzeň (Pilsen) et České Budějovice (Budweis) sont à l’origine de bières iconiques, brassées selon des méthodes traditionnelles, dans un pays où la consommation de bière par habitant est la plus élevée au monde.

Administrativement, la République tchèque est divisée en 14 régions (kraje), dont les plus connues incluent Prague, la Moravie du Sud (autour de Brno), la Bohême du Sud et la région de Hradec Králové. Chaque région présente des attraits spécifiques, entre patrimoine historique, richesse culturelle et beauté naturelle. Grâce à un réseau de transports bien développé, incluant autoroutes, lignes ferroviaires modernes et liaisons internationales, le pays est facilement accessible depuis le reste de l’Europe, aussi bien en avion qu’en train ou en voiture.

Bénéficiant d’un climat continental tempéré, la République tchèque connaît des hivers froids et neigeux, souvent propices aux sports d’hiver, notamment dans les régions montagneuses comme les Krkonoše. Les étés sont généralement chauds, avec des températures moyennes autour de 25 °C, idéales pour visiter les châteaux, les parcs nationaux ou participer aux festivals en plein air. Le contraste des saisons permet une diversité d’activités tout au long de l’année.

La République tchèque, avec sa richesse patrimoniale, son charme intemporel, ses paysages variés et sa convivialité chaleureuse, offre aux voyageurs une immersion unique au cœur de l’Europe centrale. Entre traditions vivaces, mémoire impériale et dynamisme contemporain, elle se révèle comme une destination de caractère, aussi séduisante pour les amateurs de culture que pour les amoureux de nature.

1. Le parc national de la Šumava

Le parc national de la Šumava (en tchèque : Národní park Šumava), aussi connu sous le nom de forêt de Bohême, est un immense parc national situé dans le sud-ouest de la République tchèque, à la frontière avec l’Allemagne et l’Autriche. Ce parc protège une vaste zone de la chaîne montagneuse de la Šumava, une forêt dense qui couvre une partie importante de l’Europe centrale. Il fait partie du réseau de zones protégées de la forêt de Bohême, qui s’étend également en Allemagne sous la forme du parc national de la Forêt bavaroise, ainsi qu’en Autriche. Ces deux parcs forment la plus grande zone forestière protégée de la région, où la faune et la flore peuvent se développer librement, dans des conditions relativement peu perturbées par l’activité humaine.

Le parc national de la Šumava se distingue par son paysage varié, allant des montagnes basses et des plateaux boisés aux profondes vallées et ravins. Des rivières comme la Vltava serpentent à travers la région, tandis que des lacs glaciaires et des tourbières ajoutent à la diversité écologique. Les zones les plus élevées du parc offrent des panoramas spectaculaires, tandis que les forêts primaires, notamment la forêt de Boubín, abritent une faune et une flore uniques. La région est particulièrement riche en biodiversité, avec des espèces comme le lynx, réintroduit dans les années 1970, et des variétés rares de plantes et d’animaux qui prospèrent dans les écosystèmes peu perturbés du parc.

La faune et la flore du parc national de la Šumava sont exceptionnelles. L’écosystème forestier est dominé par des forêts de conifères, principalement des épicéas, bien que des plantations non indigènes d’épicéas aient été installées dans certaines parties, perturbant quelque peu la composition naturelle.

L’un des joyaux du parc est le château de Kašperk, le plus haut château royal de Bohême, perché à 1 200 mètres d’altitude. Il offre une vue spectaculaire sur la forêt de Šumava et il est accessible par un réseau de sentiers de randonnée partant de Kašperské Hory. Ce château médiéval, érigé au XIVe siècle, est un exemple impressionnant d’architecture fortifiée et constitue un point d’arrêt privilégié pour les randonneurs et les amateurs d’histoire.

Non loin de là, les ruines du château de Rabí, le plus grand château tchèque en termes de superficie, se dressent majestueusement au cœur du parc. Ces ruines, au charme mystérieux, permettent de s’imaginer la grandeur du château au Moyen Âge et sont un site incontournable pour les visiteurs. Le parc archéologique de Netolice permet quant à lui de plonger dans l’histoire ancienne de la région, offrant aux visiteurs l’opportunité de découvrir des vestiges de civilisations passées et d’en apprendre davantage sur la vie dans cette région au fil des siècles.

Le parc national de la Šumava est aussi un terrain de jeux pour les amateurs de plein air. Les sentiers de randonnée, de cyclisme et de ski de fond parcourent la région, offrant des possibilités d’exploration tout au long de l’année. Pour les visiteurs en quête d’activités plus aventureuses, le parc d’accrobranche Libín, avec ses six parcours de difficulté croissante, et le parc d’attractions de Sušice, situé près de la rivière Otava, sont des options parfaites pour des moments de loisirs en pleine nature. Le musée de Koloveč, consacré aux techniques et à la fabrication, ajoute une touche d’originalité à la découverte de la Šumava.

2. Le château de Pernštejn

Le château de Pernštejn est situé en Moravie du Sud, dans le centre-sud du pays, sur un rocher dominant le village de Nedvědice et les rivières Svratka et Nedvědička, à environ 40 kilomètres au nord-ouest de Brno. Il est l’un des châteaux les mieux préservés de la République tchèque et est souvent appelé le « château de marbre » en raison de la pierre semblable au marbre utilisée pour encadrer les portes et fenêtres. Le château, fondé par les seigneurs de Medlov entre 1270 et 1285, a été étendu et embelli au fil des siècles, en particulier au cours de la première moitié du XVIe siècle, lorsque la famille Pernštejn, alors la plus riche et la plus puissante du royaume de Bohême, acheva sa construction.

Ce château a une longue histoire étroitement liée à la famille Pernštejn, dont les membres ont gouverné et défendu la région pendant des siècles. Le château a conservé son aspect original, alliant les styles gothique et Renaissance, et est remarquable par son architecture bien préservée. Le site a été choisi pour sa position stratégique : le château est protégé sur trois côtés par une pente rocheuse abrupte, rendant son accès difficile et offrant une protection naturelle. Ce choix de site renforçait la sécurité du château et permettait de contrôler les environs.

Le château de Pernštejn se distingue par son agencement complexe et ses fortifications. Il est composé de plusieurs cours séparées par des remparts et des dépendances. Le complexe est protégé par un bastion au nord et une barbacane au centre, et un lac artificiel creusé dans la roche, avec une source intarissable, ajoute une touche unique à la conception du château. Le cœur du château est formé par la tour Barborka, une tour ronde de cinq étages qui se dresse fièrement et domine l’ensemble des bâtiments. La tour était un élément clé de la défense du château, et son aspect imposant reste une caractéristique marquante de l’édifice.

Bien que l’architecte du château de Pernštejn soit inconnu, l’édifice a été soigneusement conçu pour résister aux attaques et aux sièges. Il a été construit comme un château nazal typique, ce qui signifie qu’il était principalement conçu comme une forteresse, avec des éléments de défense sophistiqués. L’aménagement intérieur du château a également été soigneusement réfléchi, avec des pièces destinées à la vie seigneuriale et à la défense.

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3. Le château de Český Šternberk

Le château de Český Šternberk est un château médiéval du XIIIe siècle, situé sur la rive ouest de la rivière Sázava, en Bohême centrale, surplombant la ville de Český Šternberk. Ce château gothique primitif du centre du pays a été fondé en 1241 par le noble Zdeslav z Divišova, qui changea son nom en Zdeslav de Sternberg. Il est unique car il appartient toujours à la même famille qui l’a fondé. Aujourd’hui, le château de Český Šternberk est l’un des châteaux gothiques les mieux conservés de la région, offrant un riche patrimoine historique et architectural. Il constitue une destination touristique importante, ouverte au public, et il est considéré comme un exemple exceptionnel de château médiéval en Bohême.

Le château de Český Šternberk a subi de nombreuses transformations au fil des siècles. Bien qu’il ait été initialement conçu comme un château gothique, son architecture a été modifiée pour faire face à de nouveaux défis, notamment l’arrivée des armes à feu au XIVe siècle. La défense du château fut renforcée par la construction d’une tour de trois étages au nord, reliée à l’édifice principal par un rempart. Les fortifications ont été augmentées, et les éléments gothiques d’origine ont été partiellement recouverts par des reconstructions ultérieures. L’intérieur du château a aussi été remodelé dans des styles baroque et rococo, avec des décorations élaborées réalisées par Carlo Brentano en 1760, dont des stucs et des enduits décoratifs.

Le château de Český Šternberk est également réputé pour ses expositions uniques, notamment une rare collection de 545 gravures sur cuivre retraçant l’histoire de la guerre de Trente Ans. Il abrite également des armes historiques et des trophées de chasse qui font partie de son riche patrimoine. Le château est situé dans la région de Benešov, à 39 kilomètres au sud-est de Prague, surplombant la rivière Sázava et offrant une vue imprenable sur les environs. Ce site majestueux constitue un témoignage fascinant de l’histoire médiévale de la Bohême et un lieu incontournable pour les amateurs d’histoire et de culture.

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4. Le château de Bouzov

Le château de Bouzov est situé à Bouzov, dans la région d’Olomouc, dans le centre-est de la République tchèque, sur une colline qui surplombe le village éponyme. Il se trouve à environ 28 kilomètres au nord-ouest d’Olomouc, dans une région connue pour son histoire et sa beauté naturelle. Mentionné pour la première fois en 1317, ce château médiéval a joué un rôle important dans la surveillance de la route commerciale reliant Olomouc à Loštice. Sa construction remonte à la seconde moitié du XIVe siècle, et il a été le témoin de nombreuses transformations au fil des siècles, devenant l’un des châteaux les plus remarquables de la République tchèque.

Tout au long de son histoire, le château de Bouzov a changé plusieurs fois de propriétaires. Initialement, il appartenait à la famille Bůz de Bludovec, qui l’a possédé de 1317 à 1339. Après cette période, les seigneurs de Kunštát, une famille noble importante, ont pris possession du château. L’un des membres les plus célèbres de cette dynastie, Georges de Poděbrady, est né à Bouzov en 1420 et est devenu roi de Bohême en 1458. Au XVIe siècle, le château a été gravement endommagé par un incendie en 1558, perdant une grande partie de sa grandeur. Cependant, il a continué à changer de mains, passant à des familles comme les Vildenberk, les Haugwitz, et finalement l’Ordre Teutonique, qui en a fait l’une de ses principales résidences à partir de 1696.

L’architecture du château de Bouzov est impressionnante, avec une tour de guet de huit étages, haute de 58 mètres, qui domine le complexe. Les bâtiments sont disposés en forme de fer à cheval autour de cette tour centrale, entourés de plusieurs autres tours et bastions. Des créneaux, des meurtrières et des oriels ajoutent au caractère médiéval du château. Il est également protégé par de profonds fossés secs, franchis par deux longs ponts, dont l’un est muni d’un court pont-levis.

À l’intérieur, se trouvent des espaces remarquables tels que la salle des chevaliers, une armurerie avec des voûtes gothiques, ainsi que des chambres des chevaliers. La chapelle néogothique, avec son autel et ses tombeaux gothiques, est un autre élément clé du château, qui abrite aussi des collections précieuses provenant d’Eugène de Habsbourg et de l’Ordre des Chevaliers Teutoniques.

Classé monument culturel national depuis 1999, le château de Bouzov est aujourd’hui l’un des sites les plus visités de la région. Son architecture spectaculaire, son histoire riche et ses collections exceptionnelles en font une destination incontournable pour les amateurs d’histoire et de patrimoine.

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5. Le château de Hluboká

Le château de Hluboká est situé à Hluboká nad Vltavou, dans la région de Bohême du Sud, à environ 10 kilomètres au nord de la ville de České Budějovice, dans le sud-ouest du pays. Ce château est considéré comme l’un des plus beaux et des plus célèbres de la République tchèque, attirant chaque année de nombreux visiteurs. Le château est un exemple frappant de l’architecture romantique, inspiré par le château de Windsor en Angleterre, et son histoire remonte à la seconde moitié du XIIIe siècle, avec plusieurs reconstructions et transformations au fil des siècles.

L’une des principales attractions du château de Hluboká est son architecture néogothique, qui se distingue par ses éléments décoratifs raffinés et ses magnifiques tours. Construit entre 1841 et 1871 par les architectes Franz Beer et F. Deworetzky, le château est entouré d’un parc anglais de 1,9 km², un espace verdoyant qui invite à la détente et à la promenade. Le château lui-même, avec ses élégantes façades et ses intérieurs somptueux, est un témoignage de l’opulence des familles nobles qui l’ont habité au fil des siècles, en particulier les Schwarzenberg.

À l’intérieur du château, les visiteurs peuvent découvrir de nombreuses pièces richement décorées, dont la salle des chevaliers, le salon d’apparat, et des chambres qui ont été restaurées avec soin pour refléter l’ère néogothique. L’une des caractéristiques les plus remarquables est le jardin d’hiver, un espace élégant où la lumière naturelle pénètre à travers des fenêtres en verre, créant une ambiance sereine. Le manège, autre espace emblématique du château, abrite des expositions de la galerie de Bohême du Sud, qui sont un excellent moyen d’explorer l’art et l’histoire régionale depuis 1956.

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6. Brno

Brno, ou Brünn en allemand, est la deuxième plus grande ville de la République tchèque et la capitale historique de la Moravie, dans le sud-est du pays. Avec plus de 400 000 habitants, elle est un centre dynamique alliant passé prestigieux, architecture variée, institutions culturelles de renom et vie étudiante vibrante. Située au cœur de la Moravie du Sud, entre vignobles ensoleillés et grottes calcaires du Karst morave, Brno attire autant les passionnés d’histoire que les amateurs de modernisme.

Au cœur de Brno, l’ancien hôtel de ville, situé dans la rue Radnická, impressionne par sa tour légèrement tordue et son célèbre dragon de Brno, une sorte de crocodile empaillé suspendu au plafond. La légende raconte que le maçon, mécontent de son paiement, aurait volontairement construit la tour de travers. Cet édifice gothique du XIIIe siècle, reconstruit à la Renaissance, offre un joli panorama depuis sa tour, bien qu’il soit recommandé de privilégier les vues depuis la cathédrale Petrov. À deux pas de là, le monastère des Capucins propose une visite saisissante : sa crypte baroque, peuplée de moines momifiés parfaitement conservés, reste une expérience mémorable mêlant foi, art funéraire et curiosité macabre.

Non loin de là, l’église Saint-Jacques se dresse sur la place Jakubské, imposante par son architecture gothique et sa silhouette élancée. Fondée au XIIIe siècle, elle n’a pratiquement pas changé depuis le XVIIe siècle. Mais le site qui attire le plus aujourd’hui se trouve en dessous : le grand ossuaire de Brno, le deuxième plus vaste d’Europe après l’ossuaire de Paris. Ouvert au public depuis 2012, il abrite les restes de plus de 50 000 personnes.

La silhouette la plus emblématique de Brno reste la cathédrale Saint-Pierre-et-Paul, connue localement sous le nom de Petrov. Dominant la ville depuis sa colline, elle est reconnaissable entre toutes et figure sur la pièce de 10 couronnes tchèques. La montée à ses tours offre une vue spectaculaire sur les toits rouges de Brno. L’intérieur de la cathédrale, de style néogothique, abrite de magnifiques vitraux et un autel baroque. Sa crypte se visite également, pour une immersion dans le passé spirituel de la ville. Chaque jour, à 11h, les cloches sonnent comme s’il était midi : une ruse historique pour tromper les troupes suédoises lors du siège de 1645.

Juste au-dessus de la vieille ville, le château de Špilberk surplombe Brno depuis sa colline. Construit au XIIIe siècle comme forteresse royale, il devint tristement célèbre sous les Habsbourg comme prison d’État. Ses casemates, lugubres et austères, témoignent des souffrances infligées aux prisonniers politiques. Aujourd’hui, le château accueille le musée municipal de Brno et des expositions temporaires sur l’histoire de la ville. Le parc alentour, verdoyant et ombragé, est un lieu apprécié pour les balades, les pique-niques et les concerts en plein air durant l’été. Špilberk est un incontournable pour saisir l’importance historique de Brno.

Autre joyau mais dans un style radicalement différent : la villa Tugendhat, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO. Œuvre de Mies van der Rohe, elle est l’un des chefs-d’œuvre de l’architecture fonctionnaliste du XXe siècle. Construite en 1930 pour une famille industrielle juive, la villa est un manifeste de transparence, d’élégance et de modernité. Elle servit aussi de lieu de signature du divorce de velours entre la Tchéquie et la Slovaquie en 1992. Les visites se font uniquement sur réservation et permettent de découvrir les espaces épurés, les jeux de lumière et le mobilier conçu sur mesure.

En flânant dans la rue Veveří, il est possible de découvrir un mélange éclectique de styles architecturaux : bâtiments Art nouveau, demeures baroques, édifices néo-Renaissance. Dans ce quartier se trouve l’un des trois jardins botaniques de Brno, propices à la détente. Un peu plus au sud, il convient de ne pas manquer la villa Stiassni, ancienne résidence gouvernementale ayant accueilli Fidel Castro et Edvard Beneš. Elle illustre la richesse architecturale du Brno des années 1930.

Brno est aussi une ville de musées. Le musée Mendel, situé dans l’abbaye où le père de la génétique réalisa ses expériences sur les petits pois, retrace la vie et les découvertes de Gregor Mendel. Le musée morave, le plus ancien du pays, rassemble des millions d’objets allant de la préhistoire à l’époque moderne. Le musée des arts décoratifs, le palais du Gouverneur, ou encore le palais de Pražák offrent de riches collections d’art, d’objets et de curiosités. Mention spéciale au pavillon Anthropos, dédié à la préhistoire et à la colonisation humaine en Europe. Ces institutions sont les garantes de l’âme morave de Brno.

Enfin, Brno sait aussi se montrer alternative et inclusive. Le musée de la culture gitane, unique en son genre, raconte l’histoire des Roms en Moravie à travers objets, témoignages et expositions temporaires. Le cimetière central de Brno, où repose Gregor Mendel, est également un lieu de mémoire. La ville cultive sa différence avec humour, comme en témoignent ses horloges insolites et ses légendes urbaines.

La place de la Liberté (Náměstí Svobody), avec sa forme de grand « A » inversé, en est le cœur battant : s’y croisent habitants, touristes, artistes de rue et événements culturels tout au long de l’année. Depuis cette place, en quelques minutes, se rejoignent les principales attractions de la ville.

Parmi les joyaux verts de Brno, les jardins Denis (Denisovy sady) occupent une place à part. Ce parc, le plus ancien parc public fondé par des autorités municipales en République tchèque, offre une vue spectaculaire sur la vieille ville, avec la silhouette massive du château de Špilberk et les flèches de la cathédrale Saint-Pierre-et-Paul. S’y trouve un élégant obélisque, une colonnade romantique, et des sentiers bordés d’arbres centenaires. Juste en contrebas se trouve une autre curiosité : le refuge Denis, un abri atomique creusé dans la colline et ouvert aux visiteurs curieux des infrastructures secrètes de la Guerre froide.

La nature se réinvente à Brno grâce à des initiatives modernes comme le jardin Ouvert (Otevřená Zahrada), un espace éco-éducatif et participatif installé au pied du centre-ville. Ce jardin urbain propose à ses visiteurs de s’initier à la permaculture, de pique-niquer au milieu de fleurs et d’arbres fruitiers, ou de participer à des ateliers ludiques sur l’écologie et le développement durable.

En direction du nord, à une quinzaine de minutes à pied du centre, s’étend le parc Lužánky, véritable poumon vert de Brno. Il est le plus grand parc de la ville, mais aussi l’un des plus anciens du pays. Il attire joggeurs matinaux, familles en promenade, amoureux en quête de quiétude, et étudiants venus s’allonger sur la pelouse. Le ruisseau artificiel peuplé de poissons, les terrains de sport, les fontaines et les sculptures disséminées ici et là en font un espace dynamique et polyvalent, où se mêlent activités sportives, détente et manifestations culturelles, particulièrement au printemps et en été.

La place Morave (Moravské náměstí), plus vaste encore que la place de la Liberté, constitue un autre centre névralgique de la ville. Elle est dominée par l’élégante église Saint-Thomas, qui abrite les tombeaux de personnages marquants de l’histoire morave, dont Jobst de Moravie. À quelques pas, l’ancien palais du gouverneur accueille désormais les collections de la galerie morave, une des institutions artistiques majeures du pays.

Mais l’identité de Brno se vit aussi sous terre. La ville est truffée de structures souterraines étonnantes, comme le labyrinthe sous le marché aux légumes, un enchevêtrement de caves médiévales ayant servi à la conservation du vin, de la bière et des vivres. Ces galeries, situées jusqu’à huit mètres sous terre, sont aujourd’hui reliées et ouvertes à la visite, dans une ambiance tamisée digne d’un roman historique. Le bunker 10-Z, vestige de la Seconde Guerre mondiale, complète ce réseau souterrain fascinant. Construit comme abri anti-atomique, il offre aujourd’hui une plongée immersive dans l’univers de la guerre froide.

Pour prolonger cette exploration souterraine, les réservoirs d’eau de Žlutý kopec méritent également le détour. Ce complexe monumental de citernes en briques rouges, longtemps fermé au public, a été restauré et transformé en une visite captivante, à la croisée de l’histoire industrielle et du patrimoine architectural. Les jeux de lumière, l’acoustique singulière et l’ampleur des volumes donnent à cet espace une atmosphère presque mystique, inattendue dans une ville de cette taille.

Enfin, impossible de parler de Brno sans évoquer sa vie culturelle. La ville possède une riche tradition théâtrale, dont le fleuron est le théâtre Reduta, le plus ancien d’Europe centrale. C’est ici que Mozart joua enfant, en 1767, immortalisé aujourd’hui par une statue. Plus tard, le théâtre Mahen, premier théâtre d’Europe éclairé à l’électricité grâce à Edison, allait révolutionner la scène locale. Ce réseau théâtral, auquel s’ajoutent le théâtre Janáček et le théâtre municipal de Brno, continue d’enrichir la vie artistique de la ville avec des opéras, des ballets et des comédies musicales de haut niveau.

Dans ce décor urbain vibrant, le zoo de Brno attire les familles et les amoureux des animaux. Situé dans un quartier verdoyant de la ville, il abrite une grande variété d’espèces exotiques, des ours polaires aux chimpanzés, en passant par des tigres majestueux. Bien pensé et agréable à parcourir, le zoo constitue un havre de paix et d’apprentissage.

Non loin du centre-ville, le centre scientifique VIDA offre une expérience interactive inédite pour tous les âges. Situé près du parc des expositions, ce centre s’étend sur près de 5 000 m² et propose plus de 170 expositions interactives. Ce lieu incarne l’esprit moderne et pédagogique de Brno, tout en restant profondément enraciné dans la tradition d’innovation qui caractérise la ville.

Plus macabre, la crypte des Capucins abrite des momies de moines et de notables, dont le célèbre baron Trenk, dans une scénographie sobre mais saisissante.

L’histoire de Brno ne se limite pas au christianisme. La ville accueille la seule mosquée de République tchèque, ouverte en 1998, ainsi qu’une synagogue fonctionnaliste remarquable construite dans les années 1930. À proximité, le cimetière juif, le plus grand de Moravie, témoigne de la longue présence juive à Brno, remontant au XIIIe siècle. Malgré les horreurs de la Seconde Guerre mondiale, la communauté juive s’est reconstruite autour de ces lieux empreints de mémoire.

Loin du centre trépidant, le nouvel hôtel de ville combine vie administrative et richesse architecturale. Ce bâtiment, qui accueille le conseil municipal, possède aussi une belle cour intérieure, régulièrement utilisée pour des événements culturels. Il contraste avec l’austérité religieuse de certains édifices et rappelle que Brno est aussi une ville moderne, vivante et dynamique.

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7. Olomouc

Ville historique au cœur de la Moravie, dans l’est du pays, Olomouc (ou Olomóc en dialecte local, Olmütz en allemand) est une destination encore méconnue qui réserve bien des surprises aux voyageurs férus de patrimoine, d’architecture et de culture. Située sur les rives de la Morava, dans la fertile plaine de Haná, elle possède la deuxième plus grande zone historique préservée du pays après Prague. Capitale historique de la Moravie jusqu’en 1641, elle compte aujourd’hui un peu plus de 100 000 habitants. Son centre-ville classé regorge de trésors baroques, de fontaines monumentales et de monuments religieux prestigieux. L’un des meilleurs points de départ est la place Haute (Horní náměstí), véritable joyau urbain où se concentrent plusieurs merveilles architecturales.

La place Haute abrite notamment l’hôtel de ville Renaissance, orné de son emblématique horloge astronomique. Unique en son genre, cette dernière fut reconstruite après la Seconde Guerre mondiale dans un style réaliste socialiste qui remplace saints et anges par des ouvriers, scientifiques ou sportifs. À midi, elle offre une animation mécanique qui attire les curieux. Juste en face, la colossale colonne de la Sainte-Trinité, inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO, trône fièrement du haut de ses 35 mètres. Véritable chef-d’œuvre du baroque morave, elle symbolise la foi et la gratitude face aux épidémies et catastrophes. Autour de la place, plusieurs fontaines baroques complètent le tableau : la fontaine de César, représentant Jules César, la fontaine d’Hercule luttant contre l’Hydre, et la fontaine d’Arion, plus récente, prisée des enfants.

L’aspect religieux de la ville est remarquable, avec une concentration d’églises parmi les plus importantes de République tchèque. La cathédrale Saint-Venceslas, avec sa flèche de 100 mètres, est l’un des édifices les plus hauts du pays. Elle abrite les reliques de Jean Sarkander et fut visitée par Jean-Paul II. L’église Saint-Maurice, gothique, est célèbre pour son orgue monumental, parmi les plus grands d’Europe, au cœur de plusieurs festivals musicaux. Quant à l’église Saint-Michel, elle surprend par la splendeur baroque de son intérieur, où trône un tableau rare d’une Vierge enceinte. Sur les hauteurs de la ville, accessible en bus, la basilique de la Visitation sur la Sainte Colline (Svatý Kopeček) attire les pèlerins. Elle aussi fut honorée par une visite papale.

La dimension monastique de la ville se poursuit avec le monastère de Hradisko, le plus ancien de Moravie. Situé au bord de la Morava, il fut transformé en hôpital militaire par l’empereur Joseph II, mais reste accessible par des visites guidées. À proximité de la cathédrale, le palais des archevêques incarne le pouvoir ecclésiastique de la ville : l’empereur François-Joseph y accéda ainsi au trône en 1848. Encore plus ancien, le palais des Prémyslides, aussi appelé palais épiscopal roman, est désormais un musée de l’archidiocèse. Il préserve des maçonneries médiévales et abrite une chapelle gothique remarquable : le chapelle Sainte-Barbe.

Olomouc est aussi un haut lieu muséal. Le musée d’art moderne séduit les amateurs d’art contemporain, dans un bel édifice Art nouveau avec une tour panoramique. Le musée régional d’Olomouc, quant à lui, offre une plongée dans l’histoire locale : flore et faune de la région, objets folkloriques, armes anciennes et vestiges de l’ancienne horloge astronomique y sont exposés. Pour les amateurs de véhicules anciens, l’arène des vétérans propose une collection rare de voitures et motos tchèques d’avant-guerre, avec des marques iconiques comme Tatra, Praga ou Jawa.

Les fontaines sont omniprésentes à Olomouc et constituent une partie intégrante de son identité urbaine. Outre les fontaines déjà évoquées sur la place Haute, plusieurs autres fontaines baroques décorent la ville. Chacune représente une figure de l’Antiquité classique, dans un esprit proche de la Rome impériale : Jupiter, Mercure, Neptune, et bien d’autres. Ces œuvres en pierre et bronze confèrent à la ville une atmosphère presque italienne. Mention spéciale pour la fontaine Arion, qui combine sculpture, fontaine ludique et légende poétique.

L’art contemporain s’exprime aussi dans les nombreuses galeries de la ville. La galerie César, juste à côté de l’hôtel de ville, présente des œuvres d’artistes moraves contemporains. La galerie Mona Lisa, doublée d’un café, est tout aussi dynamique. Enfin, une autre petite galerie se cache dans le vestibule de la villa Primavesi, maison d’inspiration Art nouveau classée, où une exposition retrace l’histoire de cette demeure remarquable, symbole du renouveau artistique du début du XXe siècle.

Flâner dans les rues d’Olomouc, permet aussi de découvrir ses ruelles authentiques comme la rue Ztracena, où boutiques artisanales, galeries d’art et petits cafés se succèdent. Les artistes locaux y vendent des objets en céramique ou en verre, parfaits comme souvenirs originaux. S’y croisent aussi des reproductions d’anciens plans de la ville, ou des figurines inspirées des anciens mécanismes de l’horloge astronomique. Un arrêt par la maquette en bronze de la ville permet de mieux visualiser l’ensemble du centre historique et de repérer les points d’intérêt.

Parmi les joyaux de la ville figure le monastère de Hradisko, l’un des plus anciens de Moravie. Fondé au XIe siècle, il est aujourd’hui propriété de l’armée et sert d’hôpital militaire. Cependant, ses portes s’ouvrent ponctuellement aux visiteurs à travers des visites guidées qui permettent d’admirer sa cour baroque et ses intérieurs richement décorés. Situé à une vingtaine de minutes à pied de la cathédrale, il borde les rives paisibles de la Morava. Les visites sont proposées d’avril à septembre le jeudi après-midi ou le premier samedi matin de chaque mois.

Tout autour d’Olomouc s’étendent des fortifications anciennes dont certains éléments ont survécu aux siècles. Les remparts de la ville, en particulier visibles depuis les jardins de Bezruč, témoignent de son passé défensif. S’y découvrent les anciennes casernes à eau, reconverties en pubs et en bars, dont un expresso-bar ouvert 24h/24. Il est possible d’y accéder en franchissant une passerelle gardée par des statues d’Hercule, à deux pas du canal du moulin. Plus loin, les vestiges de forts périphériques sont toujours visibles, bien que la plupart restent propriétés militaires. L’un d’eux abrite aujourd’hui une discothèque branchée, et un autre est inclus dans les jardins botaniques, renforçant l’impression d’une ville où l’histoire s’intègre dans la vie moderne.

La vie étudiante, omniprésente, insuffle à Olomouc une atmosphère conviviale et détendue. L’université Palacký, l’une des plus anciennes du pays, est répartie dans toute la ville. Les bâtiments les plus intéressants pour les visiteurs se situent entre la place principale et la cathédrale Saint-Venceslas. La faculté des beaux-arts mérite un détour : elle possède une cour accueillante, un café agréable et une terrasse qui offre une vue dégagée sur les remparts. Quant au campus de droit, situé sur l’avenue du 17 novembre, il est abrité dans un ancien bâtiment du parti communiste, une anecdote qui en dit long sur les mutations politiques et sociales de la ville.

Parmi les excursions favorites des habitants figure Svatý Kopeček, la colline Sainte, à l’est d’Olomouc. Dominée par la basilique de la Visitation de la Vierge Marie, visible depuis les trains en provenance de Prague, elle attire pèlerins et curieux. Juste derrière l’édifice, un zoo réputé s’étend au cœur de la forêt et participe activement à la conservation de nombreuses espèces menacées, dont les élégantes girafes de Rothschild. Facilement accessible, ce lieu constitue une belle sortie d’une demi-journée pour les familles.

Le parc naturel de Litovelské Pomoraví longe la rivière Morava jusqu’à la ville de Litovel. Cette réserve naturelle protégée abrite forêts, plaines inondables et sentiers ombragés parfaits pour la randonnée ou le vélo. À environ 8 kilomètre d’Olomouc, près du site U Tří Mostů, une clairière abrite Lovecká Chata, un restaurant de plein air très apprécié ainsi qu’un ranch équestre.

Pour la baignade, deux sites naturels se distinguent. Le premier, Poděbrady, est une ancienne carrière inondée, aujourd’hui la zone de baignade naturelle la plus populaire d’Olomouc. Située à la lisière du parc de Litovelské Pomoraví, elle est accessible à pied, à vélo ou en bus. Le second, Výkleky, à 18 kilomètres à l’est de la ville, est une ancienne carrière de pierre devenue un lieu de baignade très apprécié. Moins fréquentée, elle offre un cadre plus calme.

Parmi les excursions à la journée, le château de Bouzov est un incontournable. Situé à 38 kilomètres à l’ouest d’Olomouc, ce château médiéval magnifiquement restauré au début du XXe siècle évoque un conte de fées. Il a d’ailleurs servi de décor à plusieurs films tchèques. À proximité se trouvent les grottes de Javořicko, découvertes dans les années 1930. Sur près de 800 mètres, des sentiers aménagés permettent aux visiteurs d’explorer leurs cavités spectaculaires, sans nécessiter d’équipement spécifique. Une simple veste suffit pour apprécier la fraîcheur de la roche.

Autre bastion médiéval spectaculaire : le château d’Helfštýn, à 35 kilomètres à l’est d’Olomouc. L’une des plus grandes ruines de château d’Europe centrale, il domine les environs depuis un éperon rocheux. En été, il devient le théâtre de nombreux événements culturels, notamment le célèbre festival Hefaiston, rassemblant forgerons et artistes du métal venus du monde entier. La vue imprenable sur la vallée de la Bečva et les animations en font un lieu à ne pas manquer pour les amateurs d’histoire vivante.

Enfin, deux joyaux classés au patrimoine mondial de l’UNESCO méritent un détour : Kroměříž, au sud, et Litomyšl, à l’est. Kroměříž est célèbre pour son château baroque et ses jardins fleuris superbement entretenus. Le film « Amadeus » y a d’ailleurs été partiellement tourné. À 80 kilomètres d’Olomouc, Litomyšl impressionne par son château Renaissance aux façades décorées de sgraffites d’une finesse remarquable. Il abrite l’un des cinq théâtres baroques encore existants au monde. Ces deux villes, aisément accessibles en voiture, en bus ou en train, enrichissent tout séjour à Olomouc par leur élégance et leur dimension historique.

incontournables de la République Tchèque

8. Telč

Nichée dans les Hautes Terres de Bohême-Moravie, dans le sud du pays, la petite ville de Telč, aussi appelée Teltsch en allemand, est l’un des plus beaux exemples d’urbanisme Renaissance en Europe centrale. Ce joyau tchèque, entouré d’étangs paisibles et de remparts, a miraculeusement échappé aux ravages du temps et des conflits. Son centre historique, parfaitement conservé, est inscrit depuis 1992 au patrimoine mondial de l’UNESCO, et représente un modèle rare d’ensemble urbain Renaissance homogène. La ville s’articule autour de la place Zachariáše z Hradce, vaste esplanade rectangulaire bordée de maisons colorées à pignons en gradins, ornées d’arcades continues.

Le cœur battant de Telč est sans conteste le château Renaissance, un ancien château gothique du XIVe siècle totalement transformé au XVIe siècle par Zachariáš de Hradec. Ce mécène ambitieux a confié la reconstruction à des maîtres italiens, donnant naissance à l’un des châteaux Renaissance les plus raffinés de la région. Le château s’ouvre sur une cour intérieure Renaissance, ceinte d’élégantes arcades, qui donne accès à plusieurs circuits de visite thématiques, ainsi qu’à un parc paysager à l’anglaise ouvert au public. S’y découvrent aussi une chapelle baroque, des salons richement décorés, et une galerie municipale exposant des œuvres contemporaines.

Au-delà de son château, Telč offre plusieurs points de vue remarquables. La tour romane du Saint-Esprit, la plus ancienne structure de la ville, offre un panorama saisissant sur les toits rouges et les étangs. De son côté, la tour de l’église Saint-Jacques permet une autre perspective sur le centre-ville. À la périphérie de Telč, la tour de guet d’Oslednice, structure métallique de 34 mètres, permet d’embrasser le paysage vallonné des Hautes Terres tchèques, depuis les forêts jusqu’aux champs dorés.

Le centre historique est exceptionnellement bien préservé. L’isolement relatif de la ville, cerclée par les étangs de Štěpnický et d’Ulický, a freiné son expansion et favorisé la conservation d’un ensemble urbain Renaissance et baroque unique. Les maisons, aux façades pastels ornées de fresques, aux hauts pignons et aux arcades profondes, ont été uniformément remodelées selon les goûts humanistes du XVIe siècle, puis ponctuellement retravaillées au XVIIe siècle dans un style baroque plus décoratif. Ce subtil mélange de sobriété et de fantaisie donne à la ville un charme immédiat.

Enfin, Telč possède aussi des éléments de patrimoine industriel comme le moulin à vapeur, témoignage du XIXe siècle, et des lieux de mémoire plus discrets.

9. Lednice–Valtice Cultural Landscape

Le paysage culturel de Lednice-Valtice s’étend au sud de la Moravie, près de la frontière austro-slovaque, dans le sud-est du pays, dans une région autrefois façonnée par la puissante famille des Liechtenstein. Entre les XVIIe et XIXe siècles, ces nobles éclairés ont transformé plus de 200 km² de forêts, étangs, vignes et plaines en un vaste jardin paysager, parsemé de châteaux, de pavillons, de gloriettes et d’éléments décoratifs inspirés du romantisme et de l’antiquité classique. Ce territoire, aujourd’hui inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO, constitue un exemple rare de composition paysagère intégrée à l’architecture.

Le principal point d’entrée de ce paysage raffiné est le château de Lednice, majestueuse demeure néo-gothique, souvent surnommée le Versailles morave. À l’origine demeure Renaissance, elle fut entièrement remodelée au XIXe siècle dans un style néogothique flamboyant, avec des tourelles, des pinacles et des salles richement décorées. L’intérieur se visite uniquement avec un guide, mais la promenade dans le parc paysager environnant, ponctué de serres, canaux et parterres à l’anglaise, est libre et somptueuse.

À quelques kilomètres, se découvrent des constructions plus inattendues, telles que le Minaret de Lednice, haute tour orientalisante de 60 mètres érigée en 1798. Ce belvédère, purement décoratif, offre une vue splendide sur l’ensemble du domaine. Non loin se trouve le château de Jan, ou Janův Hrad, fausse ruine romantique construite pour évoquer un château médiéval, fréquenté autrefois pour les pique-niques et les chasses. Autre bâtiment emblématique : le temple d’Apollon, élégant pavillon néo-antique en bordure du lac.

Du côté de Valtice, autre pôle majeur du complexe, trône le château baroque de Valtice, ancienne résidence d’apparat des Liechtenstein. Outre son décor somptueux, le château accueille un centre dédié au vin morave, à travers des expositions et des dégustations. À proximité, la Colonnade de Reistna, posée sur une crête, offre un autre point de vue exceptionnel sur la région. D’autres structures complètent ce théâtre en plein air, comme le Rendez-vous, arc de triomphe romantique construit en 1812.

Enfin, à l’extrémité orientale du domaine, il est possible de visiter le château de Pohansko, situé près des vestiges d’une ancienne fortification du IXe siècle, évocation vivante du passé slave de la région. Ce château-musée retrace l’évolution historique du lieu.

10. Třebíč

Nichée dans la région de Vysočina, dans le sud du pays, Třebíč est une ville de caractère, riche d’une histoire millénaire qui commence avec la fondation d’un monastère bénédictin au XIe siècle. La ville, d’abord centre religieux, évolua rapidement en une plaque tournante commerciale. Aujourd’hui, elle offre un remarquable témoignage du passé à travers son patrimoine préservé, dont plusieurs éléments sont classés à l’UNESCO.

Le joyau incontesté de Třebíč est la basilique Saint-Procope, fondée au début du XIIe siècle comme église du monastère bénédictin. Elle conjugue harmonieusement les styles roman et gothique. Parmi ses trésors architecturaux figure une rosace à dix parties, dite botanique, unique dans la région. Cette composition florale pourrait faire référence soit à la Vierge Marie, soit à des symboliques religieuses orientales, voire à des formes naturelles issues de la famille des Rosacées.

Aux abords immédiats de la basilique s’étend l’ancien monastère, transformé en château au XVIe siècle. Ce dernier a subi plusieurs transformations, notamment sous l’influence de l’architecte František Maxmilián Kaňka au XVIIIe siècle. Le mélange des styles gothique et baroque donne à l’ensemble une allure monumentale, rehaussée par une façade symétrique à deux tours et de larges fenêtres laissant pénétrer la lumière.

Juste en face de la basilique, de l’autre côté de la rivière Jihlava, s’étale le quartier juif de Třebíč, l’un des ensembles juifs les mieux conservés d’Europe. Inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2003, ce quartier témoigne d’une cohabitation historique entre communautés chrétienne et juive. Ses ruelles étroites, ses maisons étagées, ses bâtiments communautaires et ses deux synagogues évoquent la vie d’une communauté autrefois dynamique.

La synagogue arrière, magnifiquement restaurée, est un des points forts du quartier. L’espace sert aujourd’hui à des expositions culturelles et historiques. De nombreux panneaux trilingues (tchèque, anglais, allemand) facilitent la compréhension de ce riche passé. Les visiteurs peuvent aussi découvrir deux cimetières juifs, l’un très ancien, l’autre plus récent, tous deux conservant des stèles parfois vieilles de plusieurs siècles.

Le centre historique de Třebíč, protégé par la loi en tant que zone de monuments urbains, complète cette immersion dans le passé. Sur la place Karlovo, cœur battant de la ville, les bâtiments baroques et Renaissance cohabitent avec des constructions plus modernes.

11. Žďár nad Sázavou

Située au cœur des montagnes boisées de la Vysočina, dans le centre-est du pays, Žďár nad Sázavou est une petite ville qui séduit d’abord par la douceur de ses paysages naturels et religieux. Dominant une colline à la lisière de la ville, l’église de pèlerinage Saint-Jean-Népomucène à Zelená Hora est un chef-d’œuvre baroque unique.

Cette église singulière, inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO, a été conçue par le brillant architecte Jan Blažej Santini-Aichel, qui mêle ici baroque et gothique dans un style dit baroque gothique. Sa construction fut achevée en 1722, et chaque élément de l’édifice est chargé de symbolisme. L’église, de plan central, est composée de cinq chapelles, formant une étoile à cinq branches évoquant les cinq étoiles du martyre de saint Jean Népomucène.

Entourée d’un mur d’enceinte circulaire formant un pseudo-cloître, l’église se trouve au centre d’un cimetière parfaitement intégré à l’ensemble architectural. L’ambiance paisible qui y règne, renforcée par la vue sur les forêts environnantes, fait de cette visite une expérience spirituelle autant qu’esthétique. Un audioguide multilingue accompagne les visiteurs dans leur exploration de ce lieu fascinant.

Au pied de la colline, se découvre un autre monument majeur : l’ancien monastère cistercien, également réaménagé par Santini. Ce vaste complexe abrite aujourd’hui un musée, une école et des expositions sur l’histoire de la région. Il témoigne de la richesse religieuse et intellectuelle de Žďár nad Sázavou à travers les siècles.

Enfin, le charme de Žďár nad Sázavou ne se limite pas à ses édifices religieux. La ville est aussi le point de départ de nombreuses randonnées dans le massif des Žďárské vrchy, une zone protégée idéale pour les amoureux de nature. L’union harmonieuse entre spiritualité, architecture et nature fait de cette petite ville un joyau discret de la République tchèque.

12. Kroměříž

Située au bord de la rivière Morava, dans l’est du pays, Kroměříž avec ses 28 089 habitants est une ville élégante dont l’héritage architectural baroque lui vaut le surnom de Versailles morave. Son principal attrait est le château épiscopal de Kroměříž, ancienne résidence des évêques d’Olomouc, aujourd’hui classée au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Le château de Kroměříž, adjacent à la place principale, impressionne par son architecture imposante et sa décoration intérieure riche. Une visite guidée permet d’admirer la somptueuse salle d’assemblée, la bibliothèque baroque et les appartements historiques, utilisés notamment lors du tournage du film Amadeus. L’édifice est un modèle de l’architecture baroque européenne, empreint de la puissance religieuse qu’il incarnait.

À l’arrière du château s’étendent les célèbres jardins de Kroměříž, divisés entre un jardin anglais aux allées sinueuses et un jardin floral à l’italienne. Ce dernier, conçu au XVIIe siècle par les architectes italiens Filiberto Lucchese et Giovanni Pietro Tencalla, est l’un des rares exemples de jardin baroque de ce type encore préservé. Avec ses haies taillées, ses sculptures et ses fontaines, il offre un cadre idéal pour la promenade.

La ville possède aussi un riche patrimoine religieux, à commencer par l’église Saint-Maurice, qui conserve son caractère gothique malgré les reconstructions successives. L’évêque Bruno von Schauenburg y est inhumé, symbole du lien profond entre l’histoire religieuse et urbaine de la ville. Non loin se trouve l’église de l’Assomption-de-la-Vierge-Marie, remarquable pour son clocher du XIIIe siècle intégré à une structure baroque du XVIIIe siècle.

Pour les amateurs de culture, le musée régional de Kroměříž est un arrêt incontournable. Il propose des expositions sur l’histoire locale et une section dédiée au chanteur et poète Karel Kryl, figure emblématique de la ville. Le musée des monnaies, installé dans l’ancien hôtel de la monnaie épiscopale, complète l’offre avec une précieuse collection de pièces historiques.

13. Le Karst morave

Le Karst morave, situé en Moravie du Sud, dans le centre-est du pays est l’un des trésors naturels les plus impressionnants de la République tchèque. Bien qu’il ne soit pas officiellement un parc national, cette zone paysagère protégée séduit par ses gorges profondes, ses paysages forestiers et ses centaines de grottes calcaires. Ce labyrinthe souterrain s’étend sur plus de 100 km² et attire des milliers de visiteurs chaque année, avides de découvrir ses formations géologiques exceptionnelles et ses curiosités naturelles uniques. Le réseau est si vaste qu’il n’a pas encore été complètement exploré.

La plus célèbre et spectaculaire de ces cavités est sans conteste les grottes de Punkva, un ensemble souterrain sillonné par la rivière du même nom. Long de 15 kilomètres, ce système de grottes est accessible uniquement avec un guide, via une visite d’environ une heure. S’y admirent des salles ornées de stalactites géantes, d’énormes colonnes de calcaire, et il est même possible d’y effectuer une paisible promenade en barque sur la rivière souterraine. Le point culminant de la visite est l’accès au fond du gouffre Macocha, une immense gorge naturelle de 138 mètres de profondeur, dont les flancs escarpés peuvent également être observés depuis deux belvédères en surface.

Non loin de là se trouvent d’autres grottes remarquables comme la grotte de Balcarka, accessible depuis le village d’Ostrov u Macochy. Cette grotte est particulièrement connue pour la richesse et la couleur de ses concrétions, ainsi que pour ses galeries bien conservées. À quelques kilomètres, dans le village de Sloup, la grotte de Sloup-Sošůvka propose une visite d’une heure à travers de vastes cavernes et couloirs aux formes tourmentées. Moins fréquentée que Punkva, elle offre un cadre plus calme pour découvrir l’univers souterrain du Karst morave.

Mais le charme du Karst ne s’arrête pas à ses grottes payantes. En se promenant dans la région, le visiteur peut tomber facilement sur des cavités naturelles accessibles librement, comme la grotte du chevalier (Rytířská jeskyně), qui servait autrefois de refuge fortifié au Moyen Âge. Dans les forêts alentour, se découvrent aussi les ruines du château de Blansek, perchées sur un éperon rocheux dominant les gorges. Il faut suivre un sentier balisé en vert pour rejoindre ce vestige médiéval, aujourd’hui envahi par la végétation, mais toujours empreint de mystère.

Les passionnés de nature pourront approfondir leurs connaissances à la maison de la Nature du Karst morave, un centre d’interprétation moderne situé à proximité des principales grottes. Une exposition permanente y retrace la faune, la flore et les processus géologiques à l’origine du karst.

Outre les cavités, le Karst morave abrite quelques curiosités patrimoniales comme le moulin à vent d’Ostrov u Macochy, rénové avec soin, ou encore le moulin de Rudice, qui abrite un petit musée local. Ces éléments témoignent de la vie rurale dans cette région autrefois reculée. Ils s’intègrent harmonieusement dans un paysage vallonné, souvent sillonné par des sentiers de randonnée bien balisés.

14. Ostrava

Située à la frontière entre la Moravie et la Silésie, Ostrava, dans le nord-est du pays est la troisième plus grande ville de République tchèque avec 290 000 habitants. Longtemps connue pour son passé industriel, elle s’est transformée ces dernières décennies en un centre culturel et touristique de plus en plus attractif. Cette métropole dynamique offre un visage à la fois brutal et fascinant, mêlant vestiges de l’industrie lourde, patrimoine minier et espaces verts. Elle s’est imposée comme un symbole de reconversion réussie, tourné vers la culture, la mémoire ouvrière et l’innovation.

L’un des sites phares de cette renaissance est le musée minier du parc Landek, installé dans l’ancienne mine Anselm. Il s’agit du plus grand musée minier du pays, avec des expositions exceptionnelles retraçant l’histoire de l’exploitation du charbon, depuis les premières fouilles jusqu’aux technologies modernes. Les visiteurs peuvent y découvrir les veines de charbon à ciel ouvert, monter à bord d’un ancien train minier ou explorer les installations d’extraction. Le musée se situe sur la colline boisée de Landek, classée monument naturel, où fut découverte la célèbre Vénus de Landek, preuve d’occupation humaine il y a plus de 25 000 ans.

Ostrava, ville marquée par son passé industriel, est aujourd’hui également un centre culturel et scientifique dynamique. Parmi ses nombreux attraits, le musée de la ville d’Ostrava, installé dans un bâtiment datant du XVIe siècle, propose une immersion dans l’histoire de la ville, son évolution et ses habitants. Situé sur la place centrale, il offre une vue d’ensemble captivante de la transformation d’Ostrava au fil des siècles.

Pour les passionnés de sciences et de technologies, le centre des sciences et technologies d’Ostrava est un incontournable. Ce musée interactif, divisé en deux sections, permet aux visiteurs de découvrir l’univers de la technologie à travers des simulateurs de conduite de train, de pilotage d’avion et même d’expériences de travail sidérurgique ou d’astronaute. Il propose une expérience ludique et éducative, idéale pour les familles et les curieux de tous âges.

Les amateurs de patrimoine et de culture trouveront également leur bonheur avec des musées spécialisés tels que le musée du jouet, qui présente des jouets anciens provenant de plus de 60 pays, ainsi que des pièces rares du XIXe siècle. À côté de ce musée, le musée de la brasserie plonge les visiteurs dans l’histoire de la bière et de la technologie du brassage, un sujet de grande importance dans la région.

Non loin de là, le musée des pompiers, situé dans un ancien bâtiment Art nouveau du quartier de Přívoz, offre une exposition fascinante sur les techniques de lutte contre l’incendie. De même, le musée de la forge de Keltička retrace les origines de l’industrie charbonnière de la ville, avec des objets historiques, tels que des casques et des lampes de mineurs datant du XVIIe siècle, qui rappellent l’importance de l’exploitation minière dans le développement d’Ostrava.

Pour les visiteurs qui s’intéressent aux sciences naturelles et à la géologie, le pavillon de géologie du professeur F. Pošepný, avec ses 15 000 expositions de minéraux, de roches et de fossiles, est un lieu fascinant à explorer. À proximité, le musée de la mine Michal, installé dans une ancienne mine de charbon, offre une perspective directe sur l’histoire minière d’Ostrava, bien que la visite n’inclut pas la descente sous terre. Ce musée, classé monument culturel national, permet de comprendre le travail des mineurs à travers une visite guidée qui suit leur itinéraire quotidien. Le planétarium d’Ostrava, un autre lieu de découverte, invite les visiteurs à explorer l’univers à travers des projections immersives et des expositions sur l’astronomie, ajoutant une dimension céleste à cette riche palette de musées.

Dans un registre artistique, la ville abrite plusieurs galeries, dont la maison de l’Art, une galerie d’art installée dans un édifice du début du XXe siècle, et le PLATO, qui propose des expositions d’art contemporain, aussi bien tchèque qu’international. La scène artistique d’Ostrava se distingue par sa diversité et son ouverture à des formes d’expression modernes. Le musée de la cithare, quant à lui, présente des instruments musicaux traditionnels, illustrant la richesse du patrimoine musical de la région. Enfin, le musée du moulin, dédié à l’histoire de la meunerie locale, permet de découvrir les techniques ancestrales de transformation du grain et leur impact sur la vie de la région d’Ostrava.

Les visiteurs curieux peuvent également partir à la découverte des statues de dieux slaves, un ensemble sculpté en bois situé le long du sentier Cesta vody, rappelant les racines païennes et mythologiques de la région. Ostrava, autrefois sombre et industrielle, s’affirme aujourd’hui comme un pôle culturel riche, ancré dans la mémoire mais résolument tourné vers l’avenir.

La colonie de Štítová, est quant à elle, un ensemble de 32 maisons jumelées de plain-pied construites à la fin du XIXe siècle. Ce lieu rappelle les conditions de vie des ouvriers à l’époque de la révolution industrielle, offrant un aperçu unique de la ville avant qu’elle ne devienne le centre industriel qu’elle est aujourd’hui. Bien que ces maisons aient été rénovées, elles ont su garder une certaine authenticité, permettant aux visiteurs de se connecter à l’histoire ouvrière d’Ostrava.

Non loin de là, le nouvel hôtel de ville (Nová radnice) est un autre symbole de la ville. Édifié dans un style fonctionnaliste rigoureux, ce bâtiment de grande taille domine l’horizon. La tour d’observation qui y est associée, culminant à 72 mètres, permet de jouir d’une vue spectaculaire sur la ville et au-delà, notamment sur les montagnes Beskides et la Pologne, par temps clair. Construite en 1930, elle est une référence en matière d’architecture de l’entre-deux-guerres, avec ses matériaux modernes, dont le béton, le métal et le verre. Un véritable phare dans le paysage urbain, elle symbolise l’ambition d’Ostrava de se réinventer après des siècles de domination minière et industrielle.

En poursuivant l’exploration, le théâtre Antonín Dvořák se révèle être un autre joyau de la ville. Ce bâtiment imposant accueille une programmation culturelle variée, allant des opéras aux pièces de théâtre classiques. Il est particulièrement apprécié pour son acoustique exceptionnelle et son ambiance élégante, offrant aux visiteurs une expérience unique dans un cadre raffiné.

Ostrava est une ville où la nature et la culture se rencontrent harmonieusement, avec des espaces verts et des sites historiques qui racontent l’histoire riche de la ville. Les jardins de Komenského, situés en plein centre, sont un parc paisible dédié à l’écrivain et éducateur John Amos Comenius. Ce jardin abrite une statue en l’honneur des soldats soviétiques qui ont libéré Ostrava en 1945, ajoutant une dimension historique à cet espace tranquille.

À quelques pas de là, la place Masaryk est l’une des places les plus emblématiques de la ville, entourée de bâtiments historiques. S’y trouve la colonne de la peste, datant de 1702, ornée d’une figure de la Vierge Marie, ainsi que la statue baroque de saint Florian, patron des pompiers, soulignant l’importance de la place dans l’histoire locale.

Ostrava est également connue pour ses lieux de divertissement et ses attractions originales. L’horloge féérique du Théâtre de Marionnettes d’Ostrava, un spectacle unique qui se déroule toutes les deux heures, met en scène un combat fantastique entre Kasper le clown et la Faucheuse, accompagné d’autres personnages comme un ange, un roi, une reine et un diable. Ce spectacle de deux minutes fascine petits et grands, et devient un moment magique de la journée. Pour les visiteurs qui cherchent à vivre la vie nocturne de la ville, la rue Stodolní est le cœur battant du quartier de divertissement, avec ses plus de 60 bars, clubs et restaurants qui attirent une foule animée jusqu’à tard dans la nuit, offrant une ambiance vibrante et éclectique.

Ostrava est une ville riche en patrimoine religieux, avec une impressionnante collection d’églises et de cathédrales, qui témoignent de l’histoire religieuse et architecturale de la région. Parmi ces bâtiments, la cathédrale du Divin Sauveur (Katedrála Božského Spasitele), construite entre 1883 et 1889, se distingue comme la deuxième plus grande cathédrale catholique de Moravie et de Silésie.

Cet édifice néo-Renaissance à trois nefs, avec ses deux tours de 67 mètres de haut, est un monument incontournable du centre-ville. L’intérieur, conçu par Max von Ferstel, est tout aussi impressionnant, avec sa nef principale de 14 mètres de large et ses magnifiques orgues néo-baroques installées en 1998. Cette cathédrale, capable d’accueillir jusqu’à 4 000 personnes, a été élevée au rang de cathédrale par le pape Jean-Paul II en 1996, marquant son importance pour la ville.

Outre la cathédrale, Ostrava abrite plusieurs autres églises remarquables, représentant une diversité de styles et de confessions. L’église luthérienne du Christ est l’un des exemples les plus marquants de l’architecture luthérienne dans la ville, avec ses éléments distinctifs et son atmosphère sobre, typique du protestantisme. L’église Sainte-Anne et l’église Saint-Barthélemy, toutes deux situées dans des quartiers historiques, ajoutent à la diversité du paysage religieux d’Ostrava. Ces églises sont souvent associées à des événements liturgiques et culturels importants, qui attirent non seulement les habitants mais aussi les visiteurs de passage.

Les églises orthodoxes, comme l’église Saints-Cyrille-et-Méthode à Ostrava-Pustkovec, sont également présentes dans cette ville cosmopolite. Elles témoignent de la diversité religieuse de la région et ajoutent une dimension spirituelle unique au patrimoine d’Ostrava. L’église Saint-Joseph à Slezská Ostrava et l’église Saint-Jean Népomucène illustrent également cette pluralité religieuse, avec leurs décorations et leurs histoires propres.

D’autres églises, telles que l’église Saint-Jacques-le-Majeur à Ostrava-Plesná, l’église Sainte-Catherine, et l’église de l’Assomption de la Vierge Marie à Ostrava-Michálkovice, sont des exemples supplémentaires de l’architecture religieuse qui ponctue la ville. Ces bâtiments présentent une belle harmonie entre l’architecture traditionnelle et les besoins des communautés modernes. Certaines églises, comme l’église du Christ-Roi et l’église Saint-Nicolas, sont particulièrement impressionnantes par leurs dimensions et leur impact visuel dans le paysage urbain.

Les églises de quartier, telles que l’église de la Visitation de la Vierge Marie à Ostrava, l’église de l’Immaculée Conception de la Vierge Marie à Ostrava-Radvanice, et l’église de la Vierge Marie Reine du Saint Rosaire, jouent un rôle essentiel dans la vie spirituelle quotidienne des habitants d’Ostrava. Chacune de ces églises possède son propre caractère et son propre rôle dans la communauté, offrant des espaces de recueillement, de prière et d’activités sociales. Certaines, comme l’église Saint-Paul, sont également des points de repère importants dans leurs quartiers respectifs, servant de lieux de rencontre et de mémoire pour les résidents.

Les amateurs d’architecture et d’histoire industrielle ne seront pas déçus par le quartier de Vítkovice-Bas, un site historique où l’ancien haut fourneau de la région a été préservé et transformé en lieu de visites culturelles. L’ascenseur en verre menant à la plateforme d’observation offre une vue spectaculaire sur la ville et ses alentours. Les visiteurs peuvent découvrir l’histoire de l’industrie locale grâce à des visites guidées de l’ancien haut fourneau, de la centrale électrique et de la salle des compresseurs. À proximité, la Triple Halle Karolina, transformée par l’architecte Josef Pleskot, abrite désormais un espace dédié à la culture, au sport et au divertissement. Anciennement intégrée à la cokerie Karolina, cette vaste halle est un exemple frappant de réutilisation de l’héritage industriel d’Ostrava.

Autre emblème de la ville : la région de Vítkovice, ancienne zone industrielle aujourd’hui transformée en complexe culturel unique. Cette friche industrielle, autrefois dédiée à la production de fer et d’acier, a été classée patrimoine culturel national puis européen. Le gigantesque réservoir à gaz est devenu une salle de concert, tandis que les hauts fourneaux et la centrale énergétique se sont métamorphosés en musées et espaces de création. Ce site illustre à merveille le potentiel de reconversion d’un patrimoine industriel abandonné, dans une perspective aussi esthétique que mémorielle.

Mais Ostrava ne se résume pas à ses usines reconverties. Le château d’Ostrava en Silésie, reconstruit après un incendie au XIXe siècle, est aujourd’hui un centre d’exposition très visité. Il se dresse à la confluence des rivières Lučina et Ostravice. Victime de l’exploitation minière, le château s’était enfoncé de 16 mètres dans le sol ! Restauré avec soin, il propose désormais des expositions historiques, une galerie, un musée des instruments de torture et même des aquariums d’eau douce.

Ostrava n’oublie pas pour autant le divertissement et les familles. Le zoo d’Ostrava, fondé en 1951, est l’un des plus vastes du pays avec ses 100 hectares et ses 360 espèces animales. Les enfants peuvent y profiter de nombreuses aires de jeux, tandis que les amateurs de nature y trouveront aussi des sentiers pour le ski de fond en hiver.

Pour les visiteurs qui souhaitent découvrir un aspect plus naturel d’Ostrava, ses environs immédiats sont bordés de sites incontournables. La colline de Tas Ema (Halda Ema) est un site unique. Ce monticule artificiel, d’environ 315 mètres de hauteur, est en réalité une ancienne décharge de charbon des mines voisines. Aujourd’hui recouvert de forêts, il offre une vue panoramique sur la ville et les paysages environnants. Ce site, aussi fascinant que paradoxal, présente une curiosité géologique unique : des fragments de charbon à l’intérieur du monticule s’enflamment naturellement, créant des phénomènes de combustion qui sont contrôlés par des tuyaux de ventilation.

Le district de Poruba, non loin de là, témoigne de l’architecture socialiste de l’après-guerre. Ce quartier, construit dans le style « Sorela » (réalisme socialiste), a été conçu dans les années 1950 pour devenir un centre-ville moderne. Bien que plusieurs bâtiments aient été rénovés, le quartier a su préserver son caractère unique. Les visiteurs peuvent y admirer un boulevard monumental et des bâtiments aux lignes sobres, typiques de l’architecture de cette époque. Ce lieu est une sorte de capsule temporelle, offrant une immersion dans une période charnière de l’histoire d’Ostrava.

Le château de Poruba, un petit édifice datant de 1573, se trouve dans ce même district. Bien qu’il ne soit pas ouvert au public, il reste un monument historique intéressant, rappelant les origines nobles de la région avant l’industrialisation. Sa présence discrète dans le paysage de Poruba contraste avec les larges blocs de béton caractéristiques de l’architecture socialiste environnante.

À la périphérie d’Ostrava, le Kunčický bludný balvan, le plus grand bloc erratique glaciaire connu en République tchèque, constitue une curiosité naturelle fascinante. Ce gigantesque rocher, qui a probablement été transporté par les glaciers depuis le nord de l’Europe, est un témoin du passé géologique de la région. Sa taille imposante en fait un élément emblématique de la campagne environnante, et il représente un véritable défi pour les passionnés de géologie et les amateurs de nature.

15. Le Paradis de Bohème

Au nord-est de Prague, entre les villes de Turnov, Jičín et Mnichovo Hradiště, s’étend le Paradis de Bohême, ou Český ráj, un écrin naturel aux allures de conte. Classé réserve naturelle depuis 1955, la première du genre en Tchéquie, ce territoire couvre aujourd’hui plus de 180 km². Il est réputé pour ses formations rocheuses spectaculaires, issues de millions d’années d’érosion du grès. La visite du Géoparc est gratuite. Certains châteaux et châteaux nécessitent un petit droit d’entrée pour visiter leur intérieur et découvrir leurs expositions.

La réserve naturelle d’Apolena se trouve près du château de Trosky, à l’est du village de Troskovice. Des tours rocheuses ont été séparées par l’érosion après la fracture du bassin de grès. 

Au sud de Malá Skála, les rochers de Besedice forment un ensemble fascinant de formations rocheuses divisées en deux niveaux, accueillant les labyrinthes de Kalich et Chléviště. Ces sites énigmatiques dévoilent des parois gravées de vers bibliques, des extraits du testament de Comenius, et un autel sculpté dans la pierre datant de 1634. À proximité, la grotte de Václav Sadovský complète cette ambiance mystique. Le sentier pédagogique qui traverse cette zone offre de superbes panoramas sur la vallée de Maloskalsko et permet de s’immerger dans la mémoire spirituelle et naturelle de cette partie du paradis.

Les rochers de Borecké, sur la colline de Bor près de Rovensko pod Troskami, forment un ensemble de grès sculptés par le temps, parsemés de grottes, d’alcôves et de corniches. Leurs pinèdes centenaires confèrent à l’endroit une ambiance paisible, idéale pour l’observation ou la randonnée contemplative. Tout près, les rochers de Prachovské, célèbres dans tout le pays, émergent comme une cathédrale naturelle aux flèches vertigineuses. Ces vestiges d’un ancien plateau gréseux offrent une palette impressionnante de tours élancées, de creux, de tunnels et de points de vue inoubliables.

Dans la même veine, les rochers de Hruboskalsko séduisent les amateurs d’escalade et de paysages pittoresques, avec des formations aux noms évocateurs comme la Dent du Dragon ou le Chef d’orchestre. Depuis le belvédère de la Vierge Marie, la vue sur le château de Trosky reste une image emblématique du Paradis de Bohême.

À l’extrémité sud de cette région fabuleuse s’élève la colline de Mužský, culminant à 463 mètres. Ce dôme basaltique isolé domine les rochers de Příhrazské, une réserve naturelle formée de 178 tours de grès, où les ruines du château troglodyte de Drábské světničky se dissimulent entre les pinèdes. Ces roches contiennent la chapelle taillée dans la pierre de Hynšta, et les canyons qui les traversent divisent le plateau en plusieurs entités.

Le sommet aride de Mužský, témoin d’une occupation humaine depuis le Néolithique, offre une vue dégagée et accueille un mémorial en hommage aux soldats tombés en 1866. Non loin, la colline de Strážník constitue un cas géologique unique : Elle est le seul endroit en Europe permettant d’y trouver du quartz étoilé. Protégé depuis 1963, ce phénomène minéralogique exceptionnel est lié à une veine hydrothermale traversant le mélaphyre.

La région volcanique de Kozákov, quant à elle, est le joyau du Paradis tchèque. Ce sommet, formé de roches variées du Paléozoïque au Tertiaire, est célèbre pour ses pierres précieuses comme l’agate, la calcédoine ou encore la zéolite. Le site accueille une tour d’observation moderne, offrant un panorama grandiose sur la région, et conserve des traces d’activité volcanique dans ses anciennes carrières.

Plus au nord, la colline de Zebín, à proximité de Jičín, est un ancien volcan dont le cône de tuf a été lentement rempli de lave, formant une structure volcanique bien visible dans une carrière abandonnée. Une chapelle dédiée à Sainte-Marie-Madeleine couronne son sommet. À proximité, la carrière de Zlámaniny, près de Nová Paka, dévoile un trésor paléobotanique unique : des troncs silicifiés datant de 300 millions d’années, encastrés dans des couches d’arkose. Le site renferme aussi les vestiges d’un ancien chenal de lave basaltique aux formes hexagonales caractéristiques.

Enfin, la carrière de Hvězda, près de Stará Paka, complète ce tableau minéralogique fascinant avec ses andésitoïdes, tuffites et géodes, témoignant d’une violente activité phréatomagmatique. Ces gisements, riches en agates et calcédoines, ont longtemps attiré les collectionneurs de pierres et les passionnés de géologie.

Juste à l’est, les rochers Klokočské et Betlémské s’étendent sur une crête de grès longue de 1 600 mètres. Le territoire accueille la grotte de Postojna, plus grande cavité naturelle du paradis tchèque, où furent retrouvées des traces d’occupation humaine très anciennes. Les points de vue sur le nord et le sud-est de la région sont particulièrement saisissants, notamment vers la colline de Kozákov. À l’extrémité sud, les ruines du château de Rotštejn se dressent, à moitié dissimulées parmi les pinacles rocheux, comme un vestige secret d’un autre temps.

Le long de la Jizera, la Maloskalská Drábovna dévoile un plateau gréseux fragmenté par de petits canyons. Il est possible d’y accéder par des sentiers balisés depuis Turnov, longeant la ferme de Dlask. De là, les vues sur les rochers de Suché, le château de Frýdštejn et la vallée environnante sont impressionnantes. Certaines parois atteignent 20 mètres de haut, permettant d’y découvrir des formations en champignons, résultats d’une érosion lente et capricieuse. Les amateurs de géologie et de randonnée y trouveront un terrain d’exploration exceptionnel.

Non loin de là, la vallée de Měsíční impressionne par ses falaises étroites et ses grottes, comme Babí pec ou Kudrnáčova pec, qui s’ouvrent le long de la faille lusacienne. Ce canyon sauvage, niché au pied des monts Kozákov, est un véritable sanctuaire géologique. De précieuses découvertes paléontologiques y ont été faites, notamment des ichnofossiles. La formation rocheuse nommée Vrata, avec ses pinacles dentelés, forme un décor naturel spectaculaire, digne des plus grandes légendes bohémiennes.

Vers Železný Brod, la paroi de quartzite de Kozinec domine le paysage. Cette paroi blanche, haute de 20 mètres à certains endroits, témoigne de l’activité glaciaire qui a modelé la région. Une « mer » de pierres brisées s’étale à ses pieds, formée par l’érosion du gel. Il est un site rare, différent des massifs de grès alentours, qui mérite une halte contemplative. L’endroit, peu fréquenté, est idéal pour les amateurs de solitude minérale et de photographie de paysage.

Le chemin de Rieger, serpentant le long de la rivière Jizera au nord de Semily, offre un panorama saisissant sur une vallée encaissée de plus de 200 mètres de profondeur. Le sentier passe par la source A. Stašek, puis par une spectaculaire galerie suspendue, longue de 77 mètres, fixée à flanc de falaise. L’itinéraire est ponctué de belvédères vertigineux, comme le belvédère de Bítouchov, et traverse un paysage granitique unique. Elle est l’une des plus belles randonnées du Paradis de Bohême, où chaque virage semble raconter un fragment de l’histoire géologique de la région.

Dominant la vallée de la Jizera, les ruines du château de Frýdštejn s’imposent avec leur tour cylindrique de 15 mètres de haut. Le château fut bâti au XIVe siècle, puis abandonné à la Renaissance. Plusieurs salles, creusées directement dans la roche, témoignent d’un art défensif étroitement lié au relief. À quelques kilomètres, le majestueux château de Hrubá Skála trône sur son promontoire de grès. Propriété des Wallenstein, reconstruit en style néogothique, il est aujourd’hui un hôtel de charme au cœur de paysages somptueux. À proximité, les ruines du château de Trosky, avec leurs deux tours caractéristiques, complètent le triptyque féodal du cœur du géoparc.

Les amateurs de patrimoine prolongeront leur exploration avec le château de Hrubý Rohozec, dont les intérieurs Renaissance et Empire sont superbement conservés. Le château de Kost, célèbre pour sa silhouette massive perchée sur son rocher, évoque la puissance des familles nobles médiévales. Le château de Humprecht, ancien pavillon de chasse baroque, surprend par son élégance circulaire et ses vues sur Sobotka. Plus au sud, les ruines du château de Kozlov et du château de Kumburk complètent cette galerie féodale, ce dernier étant juché sur un ancien cratère volcanique aux étonnantes colonnes basaltiques. Enfin, le raffiné château de Mnichovo Hradiště et le romantique château de Sychrov, avec son parc paysager et ses salons d’apparat, témoignent du raffinement aristocratique qui a fleuri dans ce territoire aux allures de conte de fées.

16. Karlštejn

Située à seulement vingt kilomètres à l’ouest de Prague, dans le centre-ouest du pays, Karlštejn est une petite ville dont la renommée repose principalement sur son château médiéval. Construit sous le règne de l’empereur Charles IV, le château de Karlštejn fut achevé en 1365 et servit de lieu de conservation des joyaux de la couronne du Saint-Empire romain germanique ainsi que de précieuses reliques saintes. Dominant la vallée de la rivière Berounka, l’imposante forteresse, perchée sur une colline boisée, semble veiller sur les alentours avec noblesse. Le panorama depuis ses remparts offre une vue à couper le souffle sur les forêts alentour, faisant de la montée jusqu’au château une belle introduction à la visite.

L’accès à l’enceinte extérieure du château de Karlštejn est libre, mais l’intérieur est accessible uniquement via des visites guidées payantes. Deux circuits principaux sont proposés : une visite classique de 50 minutes et une plus longue de 70 minutes incluant notamment la célèbre chapelle Sainte-Croix, ornée de peintures gothiques et de pierres semi-précieuses. Les horaires variant selon la saison, il est recommandé de réserver à l’avance, soit en ligne soit directement à la billetterie sur place. Une vidéo explicative, disponible gratuitement dans la cave à vin du château, permet d’appréhender l’histoire du monument avant ou après la visite.

Autour du château, les forêts domaniales offrent un large réseau de sentiers balisés, parfaits pour la randonnée ou les balades tranquilles. Ces sentiers mènent à des points de vue secrets, loin des foules, et traversent des bois riches en faune et flore typiquement bohémiennes. Le calme des lieux contraste agréablement avec l’animation du centre touristique de Karlštejn. Il est possible de rejoindre à pied d’autres curiosités proches, comme les carrières de calcaire qui parsèment les collines environnantes.

À quelques kilomètres au nord du château, le village de Svatý Jan pod Skalou abrite un monastère baroque exceptionnel, construit au pied d’une falaise abrupte de 100 mètres. L’endroit dégage une forte atmosphère spirituelle, renforcée par la présence de la grotte sacrée, pouvant être visitée en empruntant une petite porte à côté de l’entrée principale du monastère. À l’intérieur, cinq salles ont été aménagées pour des fonctions religieuses : crypte, autel et reliquaires.

Enfin, pour les amateurs de nature et de curiosités géologiques, les anciennes carrières de Velká Amerika et Malá Amerika valent le détour. Ces immenses fosses calcaires remplies d’eau sont parfois surnommées les « Grand et Petit Canyons tchèques ». Officiellement interdites d’accès pour des raisons de sécurité, elles sont néanmoins visibles depuis plusieurs sentiers bien connus des randonneurs. Le musée de la carrière Solvayovy lomy, accessible en saison par un petit train minier, complète l’expérience en retraçant l’histoire de l’exploitation calcaire dans la région.

17. Le château de Karlštejn

Dans le centre-ouest du pays, le château de Karlštejn est l’une des plus grandes fiertés architecturales de la République tchèque. Fondé en 1348 par l’empereur Charles IV, il servait principalement de lieu de conservation des joyaux de la couronne de Bohême, des reliques saintes et d’autres trésors royaux. Ce château gothique se distingue par sa position stratégique, perché sur un promontoire rocheux à environ 16 kilomètres au sud-ouest de Prague, dans la région de Bohême centrale. Karlštejn était un site à la fois fonctionnel et symbolique, représentant la puissance impériale de Charles IV et la grandeur de son règne.

La construction du château débuta sous la supervision de Charles IV et fut dirigée par Vitus de Bítov, bien qu’aucune trace de l’architecte n’existe. La structure du château est composée de plusieurs niveaux, chacun marquant une hiérarchie dans l’importance des espaces. Le palais impérial, la grande tour et la tour mariale forment le cœur du château, offrant des vues imprenables sur la vallée. La conception de Karlštejn intègre également des éléments défensifs impressionnants, avec des portes fortifiées et des murs épais, ainsi qu’un système de canaux souterrains pour l’approvisionnement en eau, un secret stratégique bien gardé par l’empereur.

L’élément le plus notable du château est sans doute la chapelle de la Sainte-Croix, située dans la grande tour, un espace sacré où étaient conservés les insignes impériaux et les joyaux de la couronne. Cette chapelle, d’une importance capitale pour l’empereur, est protégée par plusieurs portes et serrures, soulignant l’importance de son contenu. Son architecture unique, avec des murs d’une épaisseur impressionnante, fait de la chapelle de la Sainte-Croix un monument sans équivalent dans le monde.

Le château de Karlštejn reste aujourd’hui un site incontournable pour les visiteurs de la République tchèque, attirant chaque année des centaines de milliers de personnes.

18. Krkonošský národní park

Les Monts des Géants, ou Krkonošský národní park en tchèque, constituent la plus haute chaîne de montagnes de la République tchèque. Frontalière avec la Pologne, dans le nord du pays, cette région est protégée par un parc national s’étendant sur près de 400 km². Ce massif montagneux, réputé pour ses paysages vallonnés rappelant ceux d’Écosse, attire les randonneurs l’été et les skieurs l’hiver. Les vastes forêts, les cascades spectaculaires, les plateaux herbeux et les crêtes dénudées composent une mosaïque de panoramas uniques. L’ambiance alpine, bien que plus douce que dans les Alpes, confère au parc un charme naturel très prisé.

Quatre villes principales servent de points d’entrée au parc : Harrachov, Rokytnice nad Jizerou, Špindlerův Mlýn et Pec pod Sněžkou. Chacune possède ses particularités. Harrachov est célèbre pour ses tremplins de saut à ski et ses randonnées vers la cascade de Mumlava. Rokytnice, plus modeste, attire surtout lors du Nouvel An. Špindlerův Mlýn, avec ses hôtels luxueux, est la station huppée du massif, tandis que Pec pod Sněžkou est le point de départ idéal pour gravir la Sněžka, le sommet le plus élevé du pays (1 603 mètres), accessible aussi en téléphérique.

Parmi les sites emblématiques du parc, se trouve la source de l’Elbe (Pramen Labe), symboliquement marquée par un puits de pierre entouré d’écussons des villes traversées par le fleuve. Un peu plus loin, la cascade de l’Elbe, haute de 35 mètres, impressionne particulièrement au printemps, lorsque la fonte des neiges l’alimente généreusement. D’autres lieux comme la tour d’observation Černá hora, installée sur un ancien pylône de téléphérique, ou la cascade de Mumlava, proche de Harrachov et haute de 10 mètres, complètent l’exploration.

Le parc n’est pas seulement un sanctuaire naturel, il est aussi un lieu de mémoire. Deux grandes forteresses de la Seconde Guerre mondiale y sont visibles : Stachelberg, accessible en visite guidée, et le Pěchotní srub TS 82, en accès libre. Ces bunkers sont des témoins du passé militaire de la région et offrent un aperçu fascinant de l’histoire tchèque du XXe siècle. Se trouvent également de petites fortifications tout au long des sentiers de randonnée.

Pour profiter au mieux des Monts des Géants, le mois de juin est idéal pour la randonnée : la météo y est clémente et l’affluence moindre. En hiver, la neige est généralement abondante de décembre à mars, rendant les stations très animées.

19. Litomyšl

Nichée au cœur de la Bohême orientale dans le centre-est du pays, Litomyšl est une ville au charme discret mais remarquable, connue principalement pour son château Renaissance classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. Le château de Litomyšl est un chef-d’œuvre d’architecture italienne adaptée au style local. Son extérieur est orné de motifs en sgraffites : des dessins gravés sur un enduit pour donner l’illusion de briques et figures symboliques. À l’intérieur, le théâtre baroque parfaitement conservé est un trésor rare, l’un des cinq derniers de ce type dans le monde. La visite comprend aussi les salles où naquit le compositeur Bedřich Smetana.

Les caves à vin du château abritent une exposition du sculpteur Olbram Zoubek , qui, après avoir été banni par le gouvernement communiste, a passé 20 ans à restaurer les sgraffites du château.

L’histoire musicale de la ville est omniprésente. Bedřich Smetana, l’un des plus célèbres compositeurs tchèques, y est né en 1824. Sa maison natale, intégrée au château, accueille aujourd’hui une exposition permanente retraçant sa vie et son œuvre. Tous les étés, un festival de musique classique portant son nom attire mélomanes et curieux dans la cour du château, transformée pour l’occasion en scène de concert. Cet événement donne à la ville une atmosphère festive et artistique très appréciée.

Le château possède également des caves voûtées où sont exposées les sculptures d’Olbram Zoubek, un artiste majeur du XXe siècle, longtemps marginalisé par le régime communiste. Après avoir été écarté de la scène artistique officielle, il travailla à la restauration des sgraffites du château. Certaines de ses œuvres, au style expressif et tourmenté, sont exposées dans les jardins du monastère adjacent ou sur les maisons de la place principale. Cette combinaison d’art, d’histoire et de mémoire donne une profondeur unique à la visite.

Autre lieu insolite à découvrir : le Portmoneum, maison-musée entièrement peinte par le poète et peintre expressionniste Josef Váchal. Ce lieu psychédélique et mystique, avec ses murs recouverts de fresques intenses et colorées, surprend les visiteurs par son atmosphère à la fois ésotérique et poétique. C’est une plongée dans l’univers intérieur d’un artiste visionnaire, marginal et profondément original.

Au-delà de son patrimoine artistique, Litomyšl est une ville agréable à vivre. Son centre historique, avec ses ruelles pavées, ses cafés tranquilles et ses petites boutiques d’artisans, invite à la flânerie. La place principale, bordée d’arcades colorées, est un lieu de rencontre chaleureux. La tour, située à mi-chemin, appartient à l’ancien hôtel de ville et arbore un cadran d’horloge orné ainsi qu’une plaque commémorant l’utilisation d’une mesure médiévale particulière, le coude tchèque.

20. Terezín

Située au nord de la Bohême, à environ 60 kilomètres de Prague, dans le nord-ouest du pays, Terezín est une ville dont le nom est indissociablement lié à l’un des chapitres les plus sombres de l’histoire européenne. Fondée au XVIIIe siècle comme forteresse militaire par l’empereur Joseph II et nommée en l’honneur de sa mère, l’impératrice Marie-Thérèse, elle fut conçue pour défendre les frontières de l’Empire des Habsbourg contre la Prusse. Sa disposition géométrique en étoile, typique de l’architecture militaire baroque, conserve aujourd’hui encore son aspect d’origine. Pourtant, ce n’est pas son passé militaire qui l’a rendue tristement célèbre, mais son utilisation durant la Seconde Guerre mondiale par les nazis comme camp de concentration, connu sous le nom de Theresienstadt.

L’attraction principale de Terezín est sans doute l’ancien camp de concentration, dont les installations ont été conservées et transformées en sites commémoratifs. Le musée du Ghetto, situé dans l’ancienne école du ghetto, présente une exposition extrêmement riche sur la vie quotidienne des détenus juifs internés ici. Le musée retrace à travers photographies, objets, documents et reconstitutions, la stratégie de propagande utilisée par les nazis pour dissimuler les atrocités commises dans les camps.

Le camp de Terezín fut en effet présenté comme une « colonie modèle » destinée à tromper les observateurs internationaux, mais il servait surtout de point de transit vers Auschwitz. Les vidéos de propagande tournées dans les rues et jardins du camp, diffusées dans le musée, renforcent l’effet saisissant de la visite.

À quelques centaines de mètres du musée se trouve la petite Forteresse, une citadelle qui fut utilisée comme prison politique pendant la guerre. Les nazis y enfermèrent résistants, opposants politiques et otages. Aujourd’hui, elle est transformée en musée mémoriel, avec des cellules, des couloirs, des potences et des objets d’époque qui témoignent du quotidien carcéral et de la brutalité des conditions de détention. Le contraste entre le calme apparent des lieux et la violence de ce qu’ils ont abrité est frappant. Des panneaux explicatifs multilingues permettent aux visiteurs de bien comprendre le contexte historique et les événements qui s’y sont déroulés.

Juste à l’extérieur de cette forteresse, le visiteur accède au cimetière national, où reposent environ 10 000 victimes. Sur les croix et stèles, il est possible de lire les noms de certains défunts, tandis que d’autres reposent dans des fosses communes. S’y aperçoivent également une grande étoile juive et une croix chrétienne, marquant la diversité des confessions représentées parmi les victimes. Le silence du lieu incite au recueillement.

Non loin de là, le crématorium et le cimetière juif constituent une autre étape émouvante. Les cendres de dizaines de milliers de personnes ont été dispersées dans la rivière Ohře, dont le cours passe à proximité. Le bâtiment du crématorium se visite : il permet de mieux comprendre la sinistre logistique du camp, dans une atmosphère pesante.

Au-delà de son importance historique, Terezín est aujourd’hui un lieu de mémoire essentiel pour comprendre l’ampleur de la Shoah et l’histoire de la République tchèque. L’ensemble de la ville, entourée de ses murailles en forme d’étoile, reste un témoin architectural unique. La ville elle-même, bien que marquée par son passé tragique, tente de se reconstruire, tout en préservant avec respect les souvenirs du passé.

Des expositions temporaires, des événements commémoratifs et des projets éducatifs sont régulièrement organisés, en partenariat avec des institutions internationales.

21. Mariánské Lázně

Mariánské Lázně, située dans l’ouest de la République tchèque, tout près de la frontière allemande, est l’une des plus célèbres stations thermales d’Europe centrale. Connue pour ses élégants bâtiments néoclassiques et sa douceur de vivre, la ville compte environ 13 300 habitants et conserve une atmosphère de calme et de raffinement. Dès le XIXe siècle, elle attire des visiteurs illustres comme Goethe, Chopin ou l’empereur François-Joseph. Mais ce sont surtout ses eaux minérales, issues d’une centaine de sources naturelles, qui font sa renommée et justifient encore aujourd’hui la venue de nombreux curistes.

L’un des symboles emblématiques de Mariánské Lázně est sans conteste la fontaine chantante (Zpívající fontána). Située au cœur de la ville, elle offre tous les jours, entre mai et octobre, de 7h à 22h, un spectacle musical d’environ dix minutes toutes les deux heures. L’eau danse en rythme sur des compositions de Mozart, Dvořák ou Ennio Morricone, attirant de nombreux curieux à chaque représentation. La mise en scène nocturne, accompagnée d’éclairages colorés, donne à la place une ambiance féerique.

Un autre incontournable de la ville est la Colonnade (Kolonáda), une majestueuse galerie de style néo-baroque érigée à la fin du XIXe siècle. Cette colonnade ouverte, soutenue par une impressionnante rangée de colonnes, abrite plusieurs fontaines et points de dégustation des sources minérales. Elle est le cœur battant de la cité thermale.

Les sources sont en effet le véritable trésor de Mariánské Lázně : parmi la centaine répertoriée, 53 sont exploitées à des fins curatives. L’eau, fraîche (entre 7 et 10 °C), riche en dioxyde de carbone et parfois en fer ou magnésium, soigne une vaste palette de pathologies : troubles rénaux et urinaires, maladies métaboliques, respiratoires, locomotrices, gynécologiques, et même certaines formes d’infertilité. Certaines sources ont acquis une renommée particulière, comme la Křížový pramen (source de la Croix), avec sa colonnade monumentale aux 72 colonnes ioniques, ou la Karolinin pramen (source de Caroline), douce et magnésienne, dédiée à l’impératrice Caroline Augusta.

Plusieurs autres sources, comme la Rudolfův pramen, la source de Ferdinand, les sources d’Ambroise ou la source de la Forêt, sont entourées de charmants pavillons ou de colonnades. L’ensemble crée un décor harmonieux, propice à la détente. La ville offre aussi des musées, des jardins à l’anglaise, et un parc miniature, le Boheminium, où sont exposées des maquettes de monuments historiques tchèques à l’échelle 1:25, une activité familiale parfaite.

Enfin, Mariánské Lázně se distingue aussi par sa richesse spirituelle. S’y trouvent des églises de diverses confessions, témoins de l’internationalité de ses visiteurs. L’église anglicane, construite en 1879 sur les plans de l’architecte victorien William Burges, est aujourd’hui transformée en salle de concert, mais conserve son atmosphère élégante et son importance historique.

22. La région de Mutěnice

Nichée dans la région de Moravie, la localité de Mutěnice offre une toute autre ambiance. Ce village, accompagné de Dubňany, Ratíškovice et Milotice, forme une région viticole parmi les plus réputées de République tchèque. Récompensés lors de concours nationaux, les vins de Mutěnice sont majoritairement produits par des vignerons indépendants et passionnés, dont les caves jalonnent les collines ensoleillées.

Les amateurs de vin peuvent visiter plusieurs « établissements » viticoles dans la région. Le plus accessible se trouve à Mutěnice, sur la route Vinařská, tandis qu’un second, plus discret mais tout aussi charmant, est situé entre Mutěnice et Dubňany, accessible après une promenade bucolique passant près d’un lac, d’une voie ferrée désaffectée et de collines boisées. La découverte se fait souvent au gré de rencontres improvisées, où un simple geste peut suffire pour qu’un vigneron local vous invite à une dégustation dans sa cave.

Un troisième ensemble de caves, plus caché, se trouve en direction du camping de Dubňany. Il faut emprunter un chemin de terre, descendre sur quelques centaines de mètres, et se découvre alors un véritable trésor : un regroupement de caves parmi les plus authentiques et surprenantes de la région. L’atmosphère y est détendue, presque hors du temps, et propice à l’échange. Le visiteur curieux y sera toujours bien accueilli, parfois même convié à goûter un vin maison avant même d’avoir demandé.

Outre le vin, la région propose aussi des activités sportives. Les pistes cyclables balisées sont nombreuses et permettent d’explorer les villages, les vignes et les forêts alentour à son rythme. À Dubňany, le centre de fitness Želva (la « tortue »), situé sur la route de Hodonín, offre squash, mini-bowling, sauna et même une bière fraîche après l’effort. En été, le parc aquatique de Dubňany, à quelques pas de là, est très prisé des familles, idéal pour une pause rafraîchissante après une journée de vélo ou de dégustation.

Enfin, impossible d’évoquer Mutěnice sans parler du manoir de Milotice, au nord du village. Ce vaste château baroque, entouré de jardins soignés, mérite une visite à part entière. Il est ouvert tous les jours jusqu’au 30 septembre, avec des horaires réduits hors saison, mais ses jardins restent accessibles toute l’année.

23. Znojmo

Située dans la région de la Moravie du Sud, dans le sud du pays, Znojmo est une charmante ville de 33 000 habitants, perchée sur les hauteurs dominant la rivière Dyje. Son riche passé médiéval, son patrimoine architectural bien conservé, son vin réputé et sa proximité immédiate avec le parc national de Podyjí en font une destination de choix. Le centre-ville, compact et piétonnier, regorge de ruelles pavées, d’édifices baroques, de points de vue panoramiques et d’anciennes églises. L’histoire de la ville est omniprésente, visible à travers les façades autant qu’en profondeur, grâce à un réseau de souterrains légendaires.

Les souterrains de Znojmo forment un véritable labyrinthe creusé sous les fondations de la ville. Longs de plusieurs kilomètres, ils servaient autrefois de caches secrètes, de réserves de nourriture ou de refuges en temps de guerre. Aujourd’hui, une partie de ces tunnels est accessible au public lors d’une visite guidée d’une heure sur environ un kilomètre. Même si la visite est en tchèque, un dépliant dans d’autres langues est disponible, ou une visite en anglais peut être organisée pour des groupes d’au moins 10 personnes. Ces galeries mystérieuses offrent un regard original et immersif sur le passé de Znojmo.

Sur les hauteurs, la rotonde Sainte-Catherine (Rotunda sv. Kateřiny) constitue l’un des plus anciens édifices religieux de Moravie. Construite vers 1037 par Břetislav Ier, elle se distingue par ses fresques du XIIe siècle. Ces fresques représentent des scènes bibliques et une galerie des plus anciens princes de la dynastie des Přemyslides. Il s’agit non seulement d’un joyau artistique, mais aussi d’un témoin précieux de l’histoire du pouvoir en Bohême. Son architecture circulaire, son atmosphère intime et ses fresques bien conservées en font un site d’une grande émotion.

La tour de l’hôtel de ville, construite entre 1447 et 1448, domine le panorama de Znojmo. Avec ses 80 mètres de hauteur, elle offre depuis sa galerie une vue spectaculaire sur la ville médiévale, les vignobles environnants et, par temps clair, jusqu’aux Alpes autrichiennes. Œuvre de l’architecte Mikuláš de Sedlešovice, elle est un symbole de la puissance municipale à l’époque gothique tardive. Pour une somme modique, les visiteurs peuvent gravir ses escaliers et contempler Znojmo sous un nouvel angle.

Parmi les lieux de culte emblématiques, l’église Saint-Nicolas se démarque par sa silhouette gothique et ses riches décors intérieurs. Érigée sur le site d’une église romane incendiée en 1335, elle fut reconstruite à plusieurs reprises jusqu’au XIXe siècle. L’intérieur abrite un magnifique orgue et plusieurs retables et statues de style baroque et néogothique. Juste à côté, la chapelle Saint-Venceslas, construite sur les remparts, intrigue par sa structure à deux niveaux et ses voûtes gothiques tardives. Elle est cependant controversée, car elle subit les vibrations causées par un petit train touristique qui la traverse.

Enfin, le château de Znojmo complète ce panorama patrimonial. Reconstruit dans un style baroque après avoir appartenu à la famille Deblin, il se dresse à l’emplacement d’un ancien château médiéval. Aujourd’hui intégré au musée de Moravie du Sud, il propose des expositions sur l’histoire de la ville, de la région et du vin, omniprésent dans la culture locale.

24. České Budějovice

Avec ses 96 000 habitants, České Budějovice est la plus grande ville de Bohême du Sud, dans le sud-ouest du pays. Située au confluent de la Vltava et de la Malše, elle est connue pour son dynamisme culturel, ses vastes places, ses bâtiments baroques et sa fameuse bière. Son centre historique est classé en tant que réserve de monuments urbains, tant ses édifices reflètent les différentes époques ayant marqué la ville. Le cœur de la cité bat autour de la place Přemysl Otakar II, l’une des plus grandes d’Europe centrale.

Sur cette vaste esplanade se dresse la majestueuse fontaine de Samson, symbole de la ville. Réalisée entre 1721 et 1726, elle représente le héros biblique Samson triomphant d’un lion. Les statues baroques qui l’ornent ont été sculptées par Josef Dietrich. À quelques pas de là, le rocher erratique, marqué d’une croix, intrigue les visiteurs : selon la légende, les téméraires qui marchent dessus après 22h erreraient dans la ville sans fin jusqu’au lever du jour.

Face à la fontaine, l’élégant hôtel de ville attire les regards. Ce bâtiment à trois tours, mêlant style Renaissance et baroque, a été conçu par Anton Erhard Martinelli. Les statues qui l’ornent symbolisent les vertus cardinales et les emblèmes de la ville. Ce bâtiment n’est pas seulement un joyau architectural, mais reste le centre administratif de České Budějovice. Tout près se dresse la cathédrale Saint-Nicolas, construite à l’origine au XIIIe siècle. Elle fut reconstruite en style baroque après un incendie, et son maître-autel du XVIIIe siècle demeure un des éléments les plus précieux.

La tour Noire, haute de 72 mètres, est visible depuis presque tous les points de la ville. Construite entre 1550 et 1577, elle servait autrefois à la fois de clocher et de tour de guet. Accessible par 225 marches, elle offre un point de vue exceptionnel sur les toits rouges de la ville, les clochers et les rivières. À ses pieds, les vestiges des fortifications médiévales rappellent l’ancien rôle défensif de la ville. La tour Rabenštejnská et la Vierge de Fer, célèbre pour l’instrument de torture qui s’y trouvait, font partie de ces restes historiques.

Impossible d’évoquer České Budějovice sans mentionner la brasserie Budějovický Budvar, berceau de la célèbre bière « Budweiser ». Les visites guidées de la brasserie permettent de découvrir le processus de fabrication, les caves de fermentation et de déguster une bière à la source.

Pour visiter la brasserie, il convient d’appeler plusieurs jours à l’avance pour réserver un créneau ; si ce n’est pas possible, des visites sans réservation ont lieu chaque jour à 14 h.

Les visiteurs de 18 ans et plus peuvent également visiter la cave de dégustation.

Cette bière diffère de la « Budweiser » vendue aux États-Unis et au Canada ; en raison d’un litige avec l’américain Anheuser-Busch concernant la marque, elle est vendue sur le continent américain sous le nom de « Budvar » ou « Czechvar ».

Le coût de la visite pour un adulte est de 180 Kč (tarifs en vigueur au 07 avril 2025). Plus de renseignements sont disponibles sur le site de la brasserie.

Pour les amateurs d’histoire industrielle, le musée du chemin de fer hippomobile, situé dans la première gare de ce type en Europe continentale, mérite un détour.

Enfin, les passionnés de culture trouveront leur bonheur au musée de la Bohême du Sud, riche de collections historiques, ethnographiques et artistiques, ainsi qu’à la galerie Alš, qui présente des chefs-d’œuvre gothiques et baroques. Pour les familles, le zoo d’Ohrada, situé à quelques kilomètres de la ville, offre une escapade agréable, complétant ainsi les nombreuses possibilités de découverte de cette ville au riche héritage.

25. Holašovice

Classé au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1998, Holašovice ou Holasovice est un village de 140 habitants de Bohême du Sud dans le nord-est du pays, véritable perle de l’architecture rurale baroque. Il ne compte qu’une centaine d’habitants, mais séduit chaque année des milliers de visiteurs par son authenticité, son harmonie architecturale et son ambiance hors du temps.

La place centrale, large et dégagée, est bordée de maisons paysannes typiques aux façades richement décorées. Ces bâtisses datent principalement du XVIIIe et du XIXe siècle et affichent une remarquable unité de style, avec leurs frontons arrondis, leurs couleurs pastel et leurs ornementations stuquées. Les granges, écuries et logements sont toujours utilisés pour l’agriculture ou reconvertis en hébergements traditionnels.

Un des éléments les plus singuliers du village est la chapelle Saint-Jean-Népomucène, qui trône au centre du hameau. Elle contribue à la sérénité de l’ensemble, en parfaite harmonie avec les bâtisses environnantes. Tout autour, le paysage naturel, fait de prairies, de forêts et d’étangs, accentue le charme bucolique du site. L’ensemble constitue un témoignage unique de la vie paysanne dans la région de Bohême du Sud.

Les visiteurs peuvent également découvrir un petit musée ethnographique, installé dans l’une des maisons, qui présente les outils, meubles et objets de la vie quotidienne d’autrefois. Ce retour dans le passé, où l’artisanat et la simplicité étaient au cœur de la vie rurale, séduit autant les amateurs de patrimoine que les voyageurs en quête d’authenticité. Chaque été, Holašovice accueille une foire folklorique où se mêlent musique traditionnelle, artisanat local et spécialités culinaires.

26. Český Krumlov

Nichée dans un méandre de la Vltava, au cœur de la Bohême du Sud, dans le sud-ouest du pays, Český Krumlov est sans doute l’une des plus belles villes de République tchèque. Cette localité de 14 600 habitants, dont le nom allemand est Krumau, est une perle architecturale classée au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1992. Son cœur historique, nommé Vnitřní město, a conservé un plan médiéval quasi intact, bordé de ruelles sinueuses, de maisons à arcades, de façades baroques et de vues magnifiques sur la rivière. Le contraste entre les styles gothique, Renaissance et baroque rend l’ensemble harmonieux et inoubliable. Très fréquentée en été, la ville reste animée durant la période de Noël, où son charme féerique s’intensifie sous la neige.

Le site emblématique de Český Krumlov est sans conteste le château de Český Krumlov, un immense complexe de 7 hectares, le deuxième plus grand du pays après celui de Prague. Ce complexe comprend pas moins de quarante bâtiments, répartis autour de cinq cours et s’étend jusqu’aux somptueux jardins du château.

La visite peut commencer par le petit château (Hrádek), qui abrite le musée du château, retraçant l’histoire de la ville et des familles nobles ayant habité les lieux. Il est également possible de grimper la tour du Château, haute de six étages, pour jouir d’une vue panoramique à 360 degrés sur la ville et la Vltava. L’accès principal se fait depuis le quartier de Latrán, par une grille rouge ouvrant sur une première cour animée où se trouve l’office de tourisme d’Unios, une galerie Doxa, des toilettes publiques, une boutique de souvenirs et même, en été, un stand de cocktails tropicaux.

En traversant les douves des Ours, le visiteur aperçoit les fameux ours bruns de Krumlov, en clin d’œil à la famille Orsini (dont le nom évoque l’ours en italien), jadis alliée des nobles locaux. La visite se poursuit dans la deuxième cour, avec l’entrée du musée et de la tour, ainsi qu’une fontaine centrale et la billetterie principale, en face de laquelle se trouve le restaurant Maselnice. Les amateurs d’art contemporain pourront explorer les caves gothiques Venceslas, où sont exposées des œuvres de céramique moderne. À l’étage supérieur du château, le célèbre Plaštovy Most (Pont Mantelé) relie le château au majestueux théâtre baroque du château, et offre l’un des plus beaux panoramas de Český Krumlov.

Les jardins du château sont une destination en soi. Une allée bordée de statues classiques, mène à une fontaine récemment restaurée, un labyrinthe de haies, un étang à canards et un restaurant médiéval nommé Marketa. Le jardin accueille également un théâtre tournant, unique en son genre, où sont jouées des pièces en plein air dans un décor naturel. Le joyau absolu reste toutefois le théâtre baroque, l’un des seuls en Europe à avoir conservé son état original du XVIIIe siècle : décors peints, éclairage à la bougie, machineries d’époque, tout y est encore manipulé à la main. Les représentations y sont rares et précieuses.

En ville, la place Svornosti constitue le cœur de la vieille ville. Bordée de maisons historiques, elle est dominée par l’hôtel de ville de 1597, bâti par la fusion de trois demeures gothiques et doté d’un élégant attique Renaissance. A côté se trouve le musée régional, situé dans la rue Horní, où sont exposés des objets ethnographiques, des fossiles, des découvertes archéologiques et une maquette en céramique de Český Krumlov telle qu’elle était au XIXe siècle. Non loin de là, le musée Egon Schiele Centrum, situé rue Široká, rend hommage au peintre expressionniste qui séjourna brièvement dans la ville avant d’en être expulsé pour ses œuvres jugées trop sulfureuses.

Pour une expérience insolite, il convient de se rendre au monument technique – Mine de graphite, rue Chvalšinská. Équipés comme de vrais mineurs, les visiteurs descendent dans les galeries souterraines à bord d’un petit train puis à pied, à la découverte de l’extraction du graphite et des conditions de travail des ouvriers d’autrefois. Une visite à la fois éducative et immersive. Pour les adeptes des panoramas, ils peuvent emprunter le chemin de croix jusqu’à la chapelle sur la Montagne de la Croix, un édifice paisible qui offre une vue splendide sur la ville, parfaite pour les photographes.

Le patrimoine religieux est également bien représenté à Český Krumlov. L’église Saint-Guy, un édifice gothique construit entre 1407 et 1439, domine la ville et conserve une activité religieuse et culturelle. À Latrán, se trouvent les monastères de Český Krumlov, dont les monastères des Frères Mineurs, des Clarisses et des Béguines, réhabilités en 2015. Le site propose aujourd’hui des expositions interactives et des jardins paisibles. La synagogue de Český Krumlov, de style Art nouveau, a été reconstruite après sa destruction partielle. Elle est désormais un espace culturel. Quant à l’ancienne église Saint-Judoc, transformée en habitation, sa tour reste ouverte comme belvédère.

Enfin, le pont de Lazebnický, avec sa statue de saint Jean Népomucène, relie la vieille ville au quartier de Latrán. Il constitue un point de passage incontournable pour admirer la silhouette emblématique du château et de la vieille ville se reflétant dans les eaux calmes de la Vltava. Pour les amateurs de plein air, la rivière Vltava permet des sorties en radeau ou en canoë, accessibles via plusieurs loueurs en ville.

27. Karlovy Vary

Dans le nord-ouest du pays, située au cœur de la Bohême occidentale, Karlovy Vary aussi connue sous les noms de Karlsbad en allemand ou Carlsbad en anglais est sans conteste la ville thermale la plus célèbre de la République tchèque. Peuplée de 49 000 habitants et fondée au XIVe siècle par Charles IV, cette station prisée est célèbre pour ses sources chaudes aux vertus médicinales, sa somptueuse architecture Belle Époque et son atmosphère aristocratique. S’étendant dans une vallée verdoyante traversée par la rivière Teplá, la ville attire depuis des siècles noblesse, artistes, écrivains et curistes. Flâner dans les rues élégantes, un gobelet en porcelaine à la main, pour siroter de l’eau minérale chaude, est ici une tradition incontournable.

Le cœur de Karlovy Vary bat autour de ses colonnades majestueuses, où les visiteurs se pressent pour goûter à l’eau thermale jaillissant de douze sources principales. La plus impressionnante est sans doute la colonnade des sources chaudes (Vřídelní kolonáda), une vaste salle moderniste construite par Jaroslav Otruba. Cette structure en verre et béton abrite une fontaine jaillissante de 2 000 litres d’eau par minute, projetée à près de 14 mètres de hauteur. À proximité, la colonnade du moulin (Mlýnská kolonáda), avec son élégante façade néo-Renaissance, est un lieu prisé pour les concerts estivaux. Il convient également de ne pas manquer la source rocheuse (Skalní Pramen), plus discrète, mais d’un débit constant, ainsi que l’Infocentrum, qui propose une carte détaillée des sources et leurs propriétés thérapeutiques.

Outre les soins thermaux, Karlovy Vary séduit par son architecture spectaculaire. Les anciens établissements de bains comme Lázně I et Lázně III, magnifiquement restaurés, témoignent du faste de la ville à l’époque de l’empire austro-hongrois. Lázně I, ancien « bain de François-Joseph », servit même de décor au film Casino Royale. Aujourd’hui, il accueille une petite exposition et s’apprête à devenir un centre culturel. Non loin, le Spa du Château (Zámecké lázně) propose des soins modernes dans un cadre luxueux, tandis que les Bains d’Élisabeth (Spa 5), installés dans un édifice historique au charme rétro, conservent une ambiance typique des années communistes.

La ville est également un haut lieu culturel. Il est possible d’y visiter le musée Jan Becher, dédié à l’inventeur de la célèbre liqueur Becherovka, ou encore le musée de Karlovy Vary, retraçant l’histoire locale. En montant à la tour d’observation Diana, accessible à pied ou via un funiculaire à travers la forêt, se découvre un superbe panorama, un café, un petit zoo et même des paons en liberté. Le patrimoine religieux y est très riche : la cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul, avec ses coupoles dorées, est la plus grande église orthodoxe d’Europe centrale à l’ouest des anciens États soviétiques. L’église baroque Sainte-Marie-Madeleine, œuvre majeure de Kilian Ignaz Dientzenhofer, est classée monument culturel national. Les autres églises de la ville : Saint-André, Saint-Luc, Saints-Pierre-et-Paul, Sainte-Anne, Saint-Léonard de Noblac, offrent un véritable panorama stylistique allant du gothique au baroque, en passant par le néogothique.

Enfin, Karlovy Vary charme aussi par ses coins insolites. Les amateurs d’art urbain découvriront des fresques surprenantes dans les passages souterrains menant à la gare supérieure. Le monument à Karl Marx, non loin de l’ambassade de Russie, est le point de départ de plusieurs promenades en forêt. La ville continue d’attirer des visiteurs du monde entier, notamment lors du festival international du film de Karlovy Vary, l’un des plus prestigieux d’Europe centrale.

28. Kutná Hora

Kutná Hora, ville de Bohême-Centrale, dans le centre du pays, de quelque 20 000 habitants, peut surprendre au premier abord par son architecture contemporaine un peu fade. Mais cette impression initiale s’efface au travers de son centre historique, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1995. Ce quartier ancien, foisonnant de monuments gothiques, Renaissance et baroques, témoigne de l’opulence passée de cette cité minière, jadis l’un des centres économiques les plus riches de la couronne de Bohême grâce à ses abondantes mines d’argent.

Avec plus de 300 monuments culturels classés, Kutná Hora est bien plus qu’une ancienne cité minière : la ville est un musée à ciel ouvert, où chaque ruelle pavée, chaque façade sculptée rappelle l’âge d’or d’une ville jadis au cœur du royaume de Bohême.

La place Palackého, au cœur du centre-ville, constitue le point de départ idéal pour explorer les merveilles de Kutná Hora, entourée de maisons anciennes et bordée de cafés. S’y admire aussi la fontaine en pierre gothique tardive, une œuvre de Matěj Rejsek datant de 1495, précieuse autant pour sa forme dodécagonale que pour son rôle historique dans l’approvisionnement en eau potable.

Le monument le plus célèbre de la ville est sans conteste la cour italienne (Vlašský dvůr), une ancienne résidence royale devenue Hôtel des Monnaies en 1300. D’abord simple bastion intégré aux fortifications, elle fut transformée au fil des siècles en un élégant complexe architectural comprenant la chapelle Saint-Venceslas-et-Saint-Ladislas. Centre politique et économique de la ville à l’époque médiévale, ce bâtiment emblématique est également relié à un lieu plus insolite : le musée de la torture, installé dans l’une des ailes du complexe. Ce musée, au ton délibérément macabre et parfois grotesque, fascine autant qu’il fait sourire, surtout par ses descriptions anglaises approximatives et ses dispositifs de supplice extravagants.

À l’autre extrémité de la ville trône majestueusement l’église Sainte-Barbe, l’un des joyaux de l’architecture gothique européenne. Conçue à la fin du XIVe siècle par l’atelier de Peter Parler, célèbre pour la cathédrale Saint-Guy de Prague, elle se distingue par ses flèches aériennes et son élégante nef à voûtes flamboyantes. À l’origine située hors des remparts de la ville, cette cathédrale voulait rivaliser avec sa voisine de Sedlec. La promenade baroque menant à l’église, ornée de statues religieuses réalisées par František Baugut, relie le sanctuaire au collège des Jésuites, imposant édifice du XVIIe siècle de style baroque primitif, œuvre de Giovanni Domenico Orsi et Carlo Lurago.

Mais le site le plus intrigant et le plus visité de Kutná Hora est sans conteste l’Ossuaire de Sedlec (Kostnice), installé dans la crypte d’une chapelle construite en 1511. Après que l’abbé Henri eut rapporté de la terre du Golgotha en 1278, le cimetière de Sedlec devint l’un des plus recherchés d’Europe centrale. Plus de 40 000 squelettes y furent ensevelis, et leurs ossements furent plus tard artistement agencés en décorations macabres par František Rint en 1870. Lustres, armoiries, croix et colonnes forment une œuvre saisissante et unique en son genre, témoignant à la fois d’une piété médiévale et d’un goût pour l’étrange.

Non loin de là se dresse la cathédrale de l’Assomption de Notre-Dame et Saint-Jean-Baptiste, l’un des premiers exemples d’architecture gothique en Bohême, avec des éléments baroques intégrés lors de rénovations ultérieures. Ce chef-d’œuvre de Sedlec est l’un des plus anciens édifices religieux du pays. À quelques pas, le Hrádek, ancien château devenu séminaire jésuite, abrite désormais le musée de l’Argent. Il est possible d’y visiter les mines d’argent médiévales qui ont fait la fortune de la ville, une descente souterraine captivante, casque et lampe frontale obligatoires, qui nous plonge dans les conditions de travail des mineurs du Moyen Âge.

Parmi les autres trésors du centre historique, se découvre la maison de pierre (Kamenný dům), splendide demeure de style gothique tardif, également intégrée au Musée de l’Argent. Juste à côté, s’élève la colonne de la peste, édifiée en 1715 pour commémorer la fin de l’épidémie de 1713. Surmontée d’une Vierge Immaculée et entourée de statues de saints et de mineurs, elle illustre le lien profond entre la foi religieuse et l’identité minière de Kutná Hora. Dans la même veine, l’église Saint-Jacques-le-Majeur, à la silhouette élancée, impressionne par sa tour haute de 80,5 mètres et son austérité gothique, contrastant avec les formes plus ornementales de Sainte-Barbe.

En quittant le centre-ville, plusieurs sites remarquables méritent une escapade. Les ruines du château de Sion, vestiges d’une forteresse médiévale détruite lors des guerres hussites, offrent une promenade romantique et un aperçu des luttes religieuses du XVe siècle. Un peu plus loin, le château de Kačina, élégant édifice néoclassique du XIXe siècle, propose une atmosphère champêtre, avec ses jardins, son musée et sa bibliothèque aristocratique. À Čáslav, ville voisine, le musée des machines agricoles retrace avec pédagogie l’évolution du matériel rural, tandis que le parc aux cerfs de Žehušice, domaine baroque du XVIIIe siècle, abrite un troupeau rare de cerfs blancs.

L’un des autres joyaux méconnus de la ville est la fontaine de Rejsek, remarquable édifice technique de forme dodécagonale, érigée en 1495 pour stocker l’eau potable. Conçue par le célèbre architecte Matěj Rejsek, elle illustre la maîtrise gothique tardive et constitue une réponse ingénieuse à la pénurie d’eau provoquée par l’exploitation minière intense. Son apparence imposante et le choix de matériaux inédits dans la région en font un objet d’étude pour les passionnés d’architecture médiévale.

Parmi les autres églises notables, l’église Saint-Jean-Népomucène se distingue par son style baroque raffiné. Édifiée entre 1734 et 1752, elle prend la place d’anciennes maisons détruites lors du grand incendie de 1730. L’architecte František Maxmilián Kaňka en est l’auteur principal, mais d’autres grands noms du baroque contribuèrent à sa réalisation. Aujourd’hui, l’église a une vocation essentiellement culturelle, accueillant des concerts et des expositions, dans un cadre qui impressionne par ses fresques lumineuses et son atmosphère solennelle.

Non loin de là, l’église Notre-Dame Na Náměti témoigne d’un passé religieux riche. Ses premières pierres furent posées au XIVe siècle dans un style gothique, mais après avoir subi plusieurs incendies, elle fut restaurée en style néogothique. Malgré ces bouleversements, elle conserve des éléments gothiques originels, perceptibles dans ses voûtes et son chœur. L’église demeure un repère spirituel et esthétique dans le tissu urbain de Kutná Hora.

Enfin, le couvent des Ursulines complète ce panorama sacré. Édifié entre 1738 et 1743 sur des plans de Kilian Ignaz Dientzenhofer, il fut conçu pour accueillir les religieuses arrivées à Kutná Hora en 1712. L’ensemble comprend aujourd’hui l’église du Sacré-Cœur, œuvre néobaroque de Friedrich Ohmann. L’édifice a été partiellement reconverti : une aile sert d’école, une autre héberge l’Institut national du patrimoine, et les caves du couvent sont désormais occupées par des caves à vin ouvertes au public.

29. Sedlec

Situé dans la banlieue nord-est de Kutná Hora, Sedlec est célèbre pour abriter l’un des ensembles religieux les plus fascinants de Bohême. Le cœur du quartier est formé par l’église de l’Assomption de Notre-Dame et de Saint-Jean-Baptiste, véritable chef-d’œuvre de l’architecture baroque-gothique. Fondé en 1142, le monastère cistercien de Sedlec était autrefois l’un des plus puissants de la région. Sa reconstruction au tournant du XVIIIe siècle par Jan Santini Aichel lui conféra une esthétique singulière, alliant verticalité gothique et ornementation baroque.

Mais l’élément phare de la ville est l’ossuaire de Sedlec, situé dans la chapelle funéraire de l’église de Tous-les-Saints, qui attire les visiteurs du monde entier. Ce petit édifice, construit au XIVe siècle et transformé au XVIIIe siècle par Santini Aichel, abrite une décoration unique réalisée avec les ossements de plus de 40 000 personnes. La peste noire de 1348, les guerres hussites et d’autres conflits ont en effet rempli les fosses du cimetière voisin. Les os déplacés furent ensuite mis en scène dans des compositions spectaculaires, notamment un grand lustre contenant tous les os du corps humain.

L’intervention du sculpteur František Rint en 1870 transforma cette chapelle en un monument artistique et mémoriel à part entière. L’entrée dans cet espace sacré, chargé d’histoire et d’émotion, suscite à la fois l’émerveillement et la réflexion sur la fragilité de l’existence. Parmi les motifs les plus frappants, sont présentes des pyramides d’os et un blason en os représentant la famille Schwarzenberg, et des guirlandes osseuses ornant les voûtes.

Aujourd’hui, l’ossuaire de Sedlec est un lieu de mémoire autant qu’un témoignage du génie artistique baroque. Il incarne la fusion entre spiritualité et matérialité, entre art macabre et foi chrétienne. L’ensemble du site est classé au patrimoine mondial de l’UNESCO et reste l’un des lieux les plus visités de la République tchèque, incontournable pour quiconque s’intéresse à l’histoire médiévale ou à l’architecture sacrée.

30. Le château de Konopiště

À environ 37 kilomètres au sud-est de Prague, dans le centre-ouest du pays, Konopiště est un château majestueux devenu célèbre pour avoir été la dernière demeure de l’archiduc François-Ferdinand d’Autriche. À l’origine forteresse gothique érigée en 1294 par l’évêque Tobiáš de Benešov, le château fut modelé sur les bastions français, avec ses tours d’angle, murs d’enceinte et pont-levis. Il passa ensuite entre les mains de familles prestigieuses, comme les Sternberg et les Lobkowitz, qui en firent une résidence somptueuse. Le château fut progressivement transformé en palais baroque, puis en château romantique doté d’un luxe aristocratique.

Le destin du château est intimement lié à l’histoire moderne : François-Ferdinand d’Este, héritier du trône austro-hongrois, y passa les dernières années de sa vie avant d’être assassiné à Sarajevo en 1914. La fameuse balle qui le tua y est même exposée. Pendant la Seconde Guerre mondiale, Konopiště servit de quartier général aux SS, ce qui contribua à en faire un lieu hautement symbolique. L’intérieur du château, parfaitement conservé, témoigne du mode de vie fastueux de l’aristocratie au tournant du XXe siècle.

L’archiduc François-Ferdinand était un passionné de chasse, et cette passion est omniprésente dans la décoration du château. Le grand couloir des trophées, orné de milliers de pièces de gibier, impressionne par son ampleur. La salle d’armes François-Ferdinand abrite l’une des plus grandes collections d’armes d’Europe. L’archiduc fit même aménager une pièce dédiée à sa collection de portraits de Saint Georges, qu’il souhaitait plus grande que celle du roi d’Angleterre.

Les jardins de Konopiště ajoutent une touche de romantisme à la visite. S’y croisent des paons, des faisans et même un ours brun dans une fosse aménagée. Les serres de roses et l’étang voisin offrent un cadre paisible idéal pour une promenade ou un pique-nique. Un restaurant dans la cour du château permet de prolonger l’expérience. Aujourd’hui, les recettes issues du tourisme permettent d’entretenir ce trésor patrimonial, et les visiteurs viennent nombreux pour découvrir un lieu où l’histoire européenne a basculé.

31. Plzeň

Pilsen (ou Plzeň en tchèque), une ville emblématique de 189 890 habitants située en Bohême dans l’ouest du pays, est le berceau mondialement connu de la bière Pilsner. Quatrième plus grande ville de la République tchèque et le cœur de la Bohême occidentale, Pilsen combine un riche héritage historique, culturel et industriel. Avec sa position géographique avantageuse, elle est un point de départ idéal pour explorer les régions environnantes. Si la bière est son premier atout, cette ville recèle également un patrimoine architectural fascinant et une scène muséale dynamique.

La cathédrale Saint-Barthélemy, érigée sur la place Náměstí Republiky, domine le centre de la ville. Cette cathédrale gothique, construite à la fin du XIIIe siècle, se distingue par son clocher, le plus haut de République tchèque, culminant à 102,26 mètres. Depuis son sommet, il est possible de profiter d’une vue imprenable sur Pilsen et ses environs. L’intérieur de l’édifice, magnifiquement orné, est également un lieu de recueillement et de contemplation, où se mêlent histoire et art religieux. L’entrée est gratuite, permettant ainsi à tous les visiteurs de découvrir ce chef-d’œuvre architectural.

À quelques pas de là, se trouve l’imposant manège militaire municipal de Pilsen. Cet ensemble, parmi les mieux conservés des armureries médiévales européennes, a été conçu dès 1363 sous l’impulsion de l’empereur Charles IV. Il est réputé pour sa collection d’armes anciennes, incluant des mousquets et des canons datant du XVIe siècle. Les passionnés d’histoire militaire seront fascinés par les pièces qui y sont exposées, notamment les armures et armes de la guerre de Trente Ans.

Un autre monument impressionnant de Pilsen est la grande synagogue, située rue Sady Pětatřicátníků 11. Ce bâtiment monumental, l’une des plus grandes synagogues d’Europe et la troisième plus grande au monde, témoigne de la richesse de l’histoire juive de la ville. Construite dans un style néo-mauresque au début du XXe siècle, elle est un exemple remarquable d’architecture religieuse. La synagogue est ouverte au public et offre des visites gratuites, permettant ainsi de comprendre l’importance historique de la communauté juive dans la région.

L’hôtel de ville Renaissance est un autre trésor architectural de la ville. Construit entre 1554 et 1559 selon les plans de l’architecte italien Giovanni de Statia, ce bâtiment est un exemple frappant du style Renaissance. Il est situé sur le Nom de la République 41, en plein cœur de Pilsen. Sa façade ornée et ses détails architecturaux raffinés sont des témoignages de la prospérité de la ville à l’époque de la Renaissance.

Un aspect unique de Pilsen est son réseau souterrain historique. Composé de caves et de tunnels qui s’étendent sur trois niveaux sous le centre-ville, ce labyrinthe mystérieux a été utilisé au fil des siècles pour diverses fonctions, de la conservation des denrées alimentaires à des usages militaires. Il est possible de découvrir ce système complexe lors de visites guidées, proposées en anglais et en tchèque. Cette expérience immersive permet de mieux comprendre la vie quotidienne et les défis de l’époque médiévale et moderne de Pilsen.

La brasserie Pilsner Urquell, fondée en 1842, est sans aucun doute l’une des attractions les plus célèbres de Pilsen. La célèbre bière Pilsner Urquell y a vu le jour, créant une révolution dans l’industrie brassicole mondiale. Aujourd’hui, la brasserie continue de produire cette bière légendaire, et les visiteurs peuvent découvrir son histoire fascinante à travers une visite guidée. La brasserie propose des dégustations et des ateliers pour les passionnés de bière, offrant une occasion unique de plonger dans l’univers de la fabrication de la Pilsner.

Pour les visiteurs qui sont friands de nature, le zoo de Pilsen est une autre grande attraction. Situé à Pod Vinicemi 9, ce zoo se distingue par sa présentation des animaux dans des environnements naturels plutôt que dans des cages. Avec plus de mille espèces animales, le zoo est un lieu d’émerveillement, mais aussi de sensibilisation à la préservation de la faune. Il est particulièrement adapté pour les familles, avec des tarifs réduits pour les enfants et des événements spéciaux tout au long de l’année.

Les musées de Pilsen offrent une riche palette d’expositions, avec le musée de Bohême occidentale à la pointe de cette diversité. Situé à Kopeckeho sady 2, il présente une variété d’expositions, de la préhistoire à l’époque moderne, illustrant l’évolution de la région. Le musée ethnographique de la région de Pilsen, situé Nom. République 13, se concentre sur la culture populaire et les traditions locales, avec des objets et des artefacts qui relatent la vie quotidienne des habitants de la région au fil des siècles.

Le musée de la Brasserie à Veleslavinova 6 est un autre incontournable pour les amateurs de bière. Ce musée retrace l’histoire de la brasserie à Pilsen, de ses débuts au XIXe siècle à sa renommée mondiale aujourd’hui. À travers des expositions interactives et des objets historiques, les visiteurs peuvent découvrir les secrets du brassage et l’impact que Pilsner Urquell a eu sur le monde de la bière.

Enfin, le centre scientifique Techmania et le musée des fantômes complètent les attractions uniques de Pilsen. Le centre Techmania, situé rue Borská, est un musée interactif moderne qui plonge les visiteurs dans le monde fascinant de la science et de la technologie. D’autre part, le musée des fantômes, situé place Nom. République 33, propose une expérience ludique et immersive, idéale pour les familles et les enfants, en explorant les légendes et contes tchèques à travers des expositions interactives.

Pilsen est également une ville marquée par des événements historiques majeurs, dont la Seconde Guerre mondiale. Le mémorial Patton de Pilsen est dédié à la libération de la ville par l’armée américaine en 1945. Il est situé dans le quartier de Pětatřicátníků, un endroit chargé de mémoire, où l’armée américaine a occupé la ville jusqu’en novembre 1945. Ce musée présente des artefacts de cette époque, permettant de mieux comprendre l’impact de l’occupation américaine et la libération de la Bohême du Sud-Ouest.

À quelques pas de là, le musée des marionnettes met en lumière la riche tradition des marionnettes à Pilsen. Cette collection de marionnettes, datant des siècles passés, raconte l’histoire de cet art populaire et offre aux visiteurs l’opportunité de découvrir l’histoire vivante de ce genre théâtral unique à la ville.

Le patrimoine religieux et artistique de Pilsen se trouve également dans ses églises et musées, comme le musée du diocèse, qui présente des sculptures gothiques, Renaissance et baroques dans un cadre monastique. Situé dans le cloître du monastère franciscain, ce musée plonge le visiteur dans l’histoire spirituelle de la ville avec des fresques gothiques et des œuvres religieuses qui racontent des siècles d’art chrétien. Non loin de là, le monastère franciscain abrite également un musée d’art chrétien, un lieu de réflexion et de culture. Ce mélange de foi et d’art fait de Pilsen un endroit unique pour les amateurs d’histoire religieuse et artistique.

Le parc Lochotín est un autre site incontournable de la ville. Cet espace verdoyant, qui abrite également le nouveau théâtre, est un lieu parfait pour se détendre tout en découvrant un coin de nature au cœur de la ville. La porte de la brasserie Pilsner Urquell et le château d’eau de la brasserie, qui remontent à la période de la fondation de la brasserie en 1842, sont également d’importants vestiges historiques.

Enfin, Pilsen ne manque pas d’offrir des expériences culturelles modernes avec ses galeries d’art, notamment la galerie d’art de Bohême occidentale et la galerie d’art Jiří Trnka, où sont exposées des œuvres contemporaines et des collections qui reflètent l’évolution artistique de la région. Le théâtre Josef Kajetán Tyl, qui porte le nom d’un écrivain et compositeur tchèque, propose des spectacles et des concerts tout au long de l’année, offrant un mélange de théâtre, de musique et de danse. Pour les amateurs de science, le parc aérien est une collection privée d’environ 50 avions, offrant une expérience unique pour les passionnés d’aviation.

32. Adršpach-Teplice Rocks

Les rochers d’Adršpach et de Teplice sont un des joyaux naturels les plus impressionnants du nord de la République tchèque, attirant chaque année des milliers de visiteurs avec leurs formations rocheuses uniques et leurs paysages saisissants. Ces formations sont un vestige du passé marin, héritage du recul des mers du Crétacé, où deux groupes de rochers se sont formés, séparés par la gorge du ravin Vlčí rokle. Situés dans un triangle entre les communes de Teplice nad Metují, Adršpach, et le mont Čáp, ces rochers font partie d’un site géologique exceptionnel, où l’imagination des promeneurs est sollicitée par les formes naturelles des pierres.

Un des principaux attraits des rochers d’Adršpach est la possibilité de traverser des gorges étroites, entourées de géants de pierre, où les formations prennent des noms aussi évocateurs que le Nid d’aigle, la Dent, ou le Pont du Diable. Le parcours, accessible à tous les âges, serpente à travers ces formations géantes, offrant de nombreuses occasions de se poser et d’apprécier la beauté spectaculaire du lieu. L’un des points forts de la visite est la grande cascade, où, selon la légende locale, seule une incantation secrète permet de faire couler l’eau.

Les rochers de Teplice, quant à eux, sont un terrain de jeu pour les amoureux de la nature et de l’aventure. Le visiteur doit se préparer à grimper des échelles escarpées pour atteindre les ruines du château de Střmen, ou à se perdre parmi des formations aussi insolites que la Chenille ou le Golem. Il convient de ne pas manquer de visiter la Tour de garde, un symbole du site, et de traverser des galeries rocheuses pour découvrir la chapelle de la forêt. Tout au long du parcours, les panoramas spectaculaires sur les vallées environnantes et la vallée de la Broumovská ajouteront un charme supplémentaire à l’expérience.

Les rochers d’Adršpach et de Teplice font également partie d’une région naturelle préservée, la réserve naturelle d’Ostaš, qui, avec ses formations de grès, ses forêts et ses ravins profonds, offre une immersion totale dans un univers naturel presque hors du temps.

33. Kuks

Le village de Kuks, situé dans la région de Hradec Králové, dans le nord du pays est un véritable trésor de l’art baroque tchèque. Son attrait principal est son complexe de spa baroque, construit à la fin du XVIIe siècle par le comte Špork après la découverte de sources thermales. Le village et son complexe sont aujourd’hui protégés par la loi en tant que réserve de monuments historiques, et offrent une immersion unique dans l’histoire de la médecine et de l’art baroque.

Au cœur du site se trouve l’hôpital baroque de Kuks, qui, à son apogée, était un centre de santé et de culture renommé, accueillant de somptueux bals, des représentations théâtrales et des événements mondains. Les visiteurs peuvent aujourd’hui explorer cet hôpital historique, qui abrite un musée de la médecine et de la pharmacologie. L’une des attractions majeures du site est la pharmacie baroque, la deuxième plus ancienne en Europe, qui conserve des récipients et des préparations médicinales fascinantes, comme le sang de dragon ou le foie de loup.

À l’extérieur de l’hôpital, les sculptures de Braun sont un spectacle à ne pas manquer. Ces sculptures, réalisées par le sculpteur Matyáš Bernard Braun, représentent les vertus et les vices de l’humanité. L’amour, la paresse, l’orgueil et la haine prennent forme dans des statues impressionnantes qui semblent habiter la forêt environnante. Ces sculptures, bien que partiellement érodées par le temps, ont été inscrites au World Monuments Watch et font partie d’un effort international pour préserver ce patrimoine unique.

Une autre merveille de Kuks est la crèche sculptée, une œuvre baroque exceptionnelle située dans les bois avoisinants. Cette crèche, créée à des fins de méditation et de prière, est l’une des plus belles représentations de la naissance du Christ, sculptée directement dans la roche. Avec des scènes telles que l’adoration des Rois Mages et la fontaine de Jacob, cette œuvre émouvante fait de Kuks un lieu spirituel et artistique incontournable.

34. La Forteresse de Josefov

La forteresse de Josefov, située à Jaroměř, est un exemple fascinant d’architecture militaire du XVIIIe siècle. Construite entre 1780 et 1787 sous l’ordre de l’empereur Joseph II, cette forteresse visait à protéger le royaume d’Autriche contre les incursions prussiennes. Aujourd’hui, elle reste l’une des fortifications les mieux conservées de la République tchèque, avec un enchevêtrement de galeries souterraines et de remparts impressionnants.

Le site est particulièrement connu pour ses vastes galeries souterraines, qui s’étendent sur plus de 45 kilomètres. Ces galeries, parfois à trois niveaux, ont été creusées dans les roches crétacées et étaient utilisées pour loger des soldats, stocker des munitions et offrir une protection en cas d’attaque. Une visite guidée permet de découvrir la vie quotidienne des soldats et des civils qui ont vécu dans cette forteresse, tout en explorant un labyrinthe de tunnels et de passages secrets.

L’une des caractéristiques les plus impressionnantes de la forteresse est son église Empire, construite entre 1805 et 1810. Ce monument majestueux, conçu par plusieurs architectes célèbres, est un témoignage de l’architecture militaire et religieuse de l’époque. L’église, avec ses vastes dimensions et son style sobre, domine la forteresse et sert aujourd’hui de lieu de culte et de patrimoine historique.

En plus de son rôle militaire, la forteresse de Josefov est également connue pour accueillir le festival Brutal Assault, un événement annuel dédié à la musique métal extrême. Ce festival attire des milliers de spectateurs et transforme la forteresse en un lieu de rassemblement unique, où l’histoire et la culture moderne se rencontrent.

Les visiteurs de la forteresse peuvent aussi découvrir l’histoire fascinante du site, autrefois connu sous le nom de Ples avant d’être rebaptisé Josefov en 1793. Aujourd’hui, la forteresse fait partie de la ville de Jaroměř et constitue un monument important, non seulement pour son architecture, mais aussi pour son rôle dans l’histoire militaire européenne.

35. L’église Saint-Jean-Népomucène

L’église Saint-Jean-Népomucène sur le mont Zelená Hora dans le centre-est du pays est un joyau d’architecture baroque, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. Conçue par l’architecte de génie Jean Blažej Santini Aichel, elle incarne un mélange de symbolisme mystique et d’innovation architecturale. Le lieu est réputé pour sa forme étoilée, inspirée par les cinq étoiles qui, selon la légende, seraient apparues au-dessus de la tête de Saint Jean Népomucène lors de sa mort. Ce dernier, martyrisé pour avoir gardé le secret de confession de la reine, fut jeté dans la Vltava, et sa légende continue de captiver les visiteurs.

L’église, construite sur un plan en forme d’étoile à cinq branches, incarne la symbolique du nombre cinq à travers ses cinq portes, cinq chapelles, cinq autels et les cinq étoiles visibles sur l’autel principal. Ces éléments mystiques ajoutent une dimension presque sacrée à l’édifice, renforçant le lien entre le saint et le divin. Les experts spéculent même sur l’existence d’un passage secret reliant l’église à l’ancien château de Žďár.

Près de l’église, l’ancienne abbaye cistercienne, aujourd’hui transformée en château, abrite un musée multimédia qui plonge les visiteurs dans l’histoire du monastère et de l’apogée du baroque. L’exposition propose une expérience interactive qui met en lumière l’héritage des moines cisterciens, ainsi que l’impact de Santini sur l’architecture de la région.

36. Nové Město na Moravě

Dans le centre du pays, nichée dans la région de Vysočina, Nové Město na Moravě est le centre névralgique du ski de fond en République tchèque. Cette ville, située sur le plateau tchéco-morave, offre un terrain parfait pour les skieurs de fond, avec plus de 200 kilomètres de pistes balisées. Ces pistes, qui serpentent à travers des paysages sauvages et vallonnés, attirent les passionnés de ski du monde entier, notamment lors de la célèbre compétition Ski d’Or, faisant partie de la coupe du Monde de ski de fond.

Le centre historique de la ville est un véritable trésor architectural, avec la place Vratislavovo, bordée de maisons Renaissance et baroques. L’église Sainte-Cunigonde, datant de 1362, se trouve au cœur de la ville. Ce bâtiment, orné de sgraffites réalisés par Karel Němec dans les années 1920, est un témoin de l’histoire locale et un incontournable pour les amateurs de patrimoine.

Le château de Nové Město na Moravě, transformé au XVIIIe siècle dans un style baroque et plus récemment rénové dans un style néo-Renaissance, abrite aujourd’hui la galerie Horácko qui propose des expositions sur la sculpture et l’aménagement paysager du XXe siècle, mettant en valeur l’art et la culture de la région.

37. Konstantinovy Lázně

Konstantinovy Lázně, située en Bohême occidentale, dans l’ouest du pays est une station thermale réputée pour ses eaux minérales aux vertus médicinales exceptionnelles. L’histoire de la station remonte à la découverte d’eaux riches en oxyde de carbone, réputées pour leurs effets bénéfiques sur les troubles cardiovasculaires, locomoteurs, respiratoires et métaboliques. Les thermes modernes offrent des soins balnéaires dans un cadre paisible, propice à la détente et à la guérison.

La station thermale dispose de plusieurs établissements de soins, dont l’hôtel thermal Jirásek, où les visiteurs peuvent profiter de bassins de rééducation et de divers soins de bien-être, comme des enveloppements au raisin ou des masques de beauté au chocolat ou au melon. Ces soins sont parfaits pour ceux qui cherchent à se détendre et se ressourcer dans un environnement tranquille et naturel.

Les environs de Konstantinovy Lázně offrent également de nombreuses possibilités d’activités en plein air. Plus de 450 kilomètres de sentiers cyclables et de randonnées pédestres permettent de découvrir la beauté du paysage boisé et montagneux de la région. Après une journée d’activités, les visiteurs peuvent savourer la liqueur locale à base d’herbes, une spécialité de la région, dans les tavernes du village.

Les amateurs de culture trouveront également de quoi satisfaire leur curiosité avec des visites à proximité, comme la découverte du monastère de Kladruby, qui abrite une église parmi les plus belles du pays, ou du monastère des Prémontrés de Teplá, où il est possible d’admirer la deuxième plus grande bibliothèque de République tchèque.

38. Rivière Ohře

La rivière Ohře, qui est la quatrième plus longue rivière de République tchèque, prend sa source en Bavière, dans les monts Fichtel. Elle traverse des paysages variés, dont des zones naturelles et historiques, avant de rejoindre l’Elbe à Litoměřice. Son parcours, qui couvre plus de 200 kilomètres, offre aux amateurs de nature et de sports nautiques un terrain de jeu exceptionnel. Les méandres de l’Ohře traversent des villes comme Cheb, Karlovy Vary, et Kadaň, et serpentent à travers de magnifiques régions protégées telles que la forêt de Slavkov et les rochers de Svatoš.

La section de la rivière la plus populaire pour les sports nautiques s’étend de Loket à Klášterec nad Ohří. Cette portion, qui peut être explorée en 2 ou 3 jours, est accompagnée d’un sentier aquatique reliant Cheb à Kadaň, parfait pour les visiteurs qui veulent en apprendre davantage sur la rivière, son histoire et les paysages environnants. Il existe plusieurs campings le long du parcours, mais il est important de noter que dans certaines zones, le camping sauvage est interdit, en raison de la nature protégée des lieux.

Les paysages qui bordent l’Ohře sont à couper le souffle, surtout lors de son passage à travers les rochers de Svatoš, une formation granitique spectaculaire. Karlovy Vary, célèbre station thermale, est un autre point clé du parcours, où la rivière serpente avant de rejoindre l’autre zone de la forêt de Doupov. Malgré la beauté de ses eaux et de ses paysages, certains points de la rivière, notamment près de Kynšperk et Černý mlýn, sont difficiles à naviguer à cause des barrages. Il est donc recommandé de transporter les embarcations autour de ces zones.

39. Loket

Située dans la région de Karlovy Vary, dans l’ouest du pays, la ville de Loket est un véritable joyau médiéval qui se distingue par son château majestueux, perché sur un promontoire rocheux et entouré de la rivière Ohře des trois côtés. La ville, qui compte environ 3 100 habitants, est bien préservée et son centre historique est protégé en tant que réserve de monuments urbains. Les visiteurs peuvent flâner sur la place centrale, où se trouve la colonne baroque de la Sainte-Trinité, et découvrir une série de maisons bourgeoises datant de plusieurs siècles.

Le château de Loket, un monument gothique et roman du XIIe siècle, est le principal attrait touristique de la ville. Ancienne résidence des rois de Bohême, il a été transformé en prison régionale au XIXe siècle. Aujourd’hui, il abrite des expositions et accueille régulièrement des événements médiévaux tels que des tournois de chevaliers et des foires. Ses intérieurs sont remarquables, avec des peintures murales médiévales, des collections d’armes et une fameuse prison qui conserve une atmosphère d’antan, avec des cachots sombres et humides.

Les alentours de Loket sont également riches en découvertes. À proximité, la réserve naturelle des rochers de Svatošské, formée par l’érosion de la rivière Ohře, offre un lieu idéal pour les randonneurs et les grimpeurs. Ces formations rocheuses sont célèbres pour leur vue spectaculaire sur la vallée et la rivière. La ville est aussi un excellent point de départ pour explorer les sites voisins, tels que les stations thermales de Karlovy Vary ou le château de Bečov nad Teplou, qui abrite la précieuse châsse de Saint-Maur.

40. Vallée du cristal de Liberec

La vallée du cristal, située dans la région de Liberec au nord de la République tchèque, est un centre historique et culturel majeur de la verrerie et de la joaillerie. Depuis des siècles, cette région est célèbre pour ses productions de verre et de bijoux, dont la renommée dépasse largement les frontières tchèques. Aujourd’hui, des entreprises, musées et ateliers se consacrent à perpétuer cette tradition d’excellence, et les visiteurs peuvent explorer le processus de fabrication du verre en visitant des verreries célèbres comme les verreries de Harrachov et Lindava.

La région de Jablonec est particulièrement connue pour ses créations de bijoux fantaisie, qui sont envoyées dans le monde entier. À Nový Bor, les visiteurs peuvent observer la production de lustres géants destinés à des hôtels de luxe ou à des navires prestigieux. Le village de Poniklá, quant à lui, est réputé pour ses décorations de Noël en verre, tandis que Železný Brod se distingue par ses figurines en verre. Ces produits, alliant finesse et savoir-faire, attirent les passionnés de verre et de design de tous horizons.

Les visiteurs peuvent participer à des ateliers en direct, où ils peuvent découvrir les secrets des maîtres verriers et même essayer eux-mêmes de souffler leur propre verre. À Kunratice, l’atelier de Jiří Pačinek permet d’admirer des créations exceptionnelles et d’en apprendre davantage sur l’art verrier contemporain. Le jardin de verre du complexe, avec ses plantes en verre, constitue l’un des moments forts de la visite, offrant une expérience unique et magique.

41. Prague

Prague, capitale de la République tchèque avec 1 384 732 habitants, est une ville riche en histoire et en charme. Située sur les rives de la Vltava, elle est célèbre pour ses bâtiments historiques, ses ruelles sinueuses, et son château du IXe siècle dominant l’horizon. Cette ville bohème mêle héritage médiéval et touches d’excentricité, comme en témoignent ses musées et monuments colorés.

La ville se divise en plusieurs quartiers emblématiques : la Vieille Ville (Staré Město) et Josefov, cœur historique et ancien ghetto juif ; le château (Hradčany) et la petite ville (Malá Strana), proches du pouvoir politique ; la nouvelle ville (Nové Město) et Vyšehrad, extension médiévale au sud ; ainsi que les quartiers animés des rives est et ouest de la Vltava, comme Žižkov, Karlín, Holešovice ou Smíchov. Chacun de ces quartiers contribue à la richesse et à l’atmosphère unique de Prague.

41 A. La vieille ville

La vieille ville de Prague, Staré Město, est l’une des parties les plus emblématiques de la capitale tchèque, regorgeant de bâtiments historiques et d’édifices qui témoignent de siècles d’histoire. Classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, cette zone constitue un véritable voyage à travers le temps, avec des sites incontournables qui illustrent le riche passé médiéval, gothique et baroque de la ville. Le centre névralgique de la vieille ville est la place de la vieille ville, un lieu où s’entrelacent les styles architecturaux de différentes époques et où se déroulent de nombreuses manifestations culturelles. La place abrite plusieurs monuments historiques majeurs.

L’église de Týn, un chef-d’œuvre gothique, se dresse majestueusement au cœur de la place. Sa silhouette imposante, avec ses deux flèches pointant vers le ciel, en fait un symbole de la ville. À côté, le bâtiment Storch, orné de peintures murales raffinées, enrichit le paysage urbain de ses détails décoratifs. Juste en face, le mémorial Jan Hus est un hommage à ce grand réformateur religieux, dont l’influence dépasse les frontières de la Bohême. La statue, érigée en 1915, marque l’emplacement de l’église de Bethléem, où Hus prêchait pour une réforme de l’église, ce qui allait entraîner sa tragique condamnation.

L’une des attractions les plus célèbres de Prague, l’horloge astronomique, a été installée en 1410. Elle est un exemple impressionnant de l’ingéniosité médiévale, affichant des informations astrologiques, solaires et lunaires, et un spectacle qui attire les foules à chaque heure. Les visiteurs se rassemblent devant l’horloge pour voir les apôtres défiler à travers de petites fenêtres, accompagnés d’un coq qui chante et de la Mort agitant son sablier. La légende de l’horloge raconte que son créateur fut aveuglé par le roi, une histoire qui ajoute au mystère de ce monument.

À proximité, la maison municipale (Obecní dům), un exemple emblématique d’Art nouveau, témoigne de la volonté des Tchèques de s’affirmer contre l’influence germanique à Prague. Ce bâtiment somptueux accueille aujourd’hui des concerts et événements culturels dans un cadre décoré par des artistes tchèques de renom, comme Alfons Mucha. Un peu plus loin, la galerie de la ville de Prague, située dans la maison de l’Anneau d’Or, présente des œuvres d’art du XXe siècle dans un cadre médiéval, enrichissant l’expérience culturelle des visiteurs.

L’un des lieux fascinants à découvrir est le Speculum Alchemiae, un musée situé dans le quartier juif, qui explore les mystères de l’alchimie. Ce musée, aménagé dans un bâtiment du Xe siècle, propose une immersion dans les pratiques alchimiques de la Renaissance, tout en offrant un aperçu des anciennes catacombes souterraines de Prague. Non loin de là, le couvent de Sainte-Agnès, fondé au XIIIe siècle, est un exemple exceptionnel de l’architecture gothique primitive de Prague. Aujourd’hui, il abrite une partie de la collection de la Galerie nationale tchèque.

Le musée du cubisme tchèque, installé dans la maison de la Vierge Noire, permet aux visiteurs de découvrir l’art cubiste à travers une collection unique d’objets et de meubles en céramique et verre. Le bâtiment lui-même, conçu par Josef Gočár en 1911, est un exemple frappant de l’architecture cubiste. À proximité, le musée des Arts Décoratifs présente des collections de meubles, de textiles et d’objets d’art décoratifs, tandis que le musée tchèque des beaux-arts se concentre sur l’art tchèque du XXe siècle.

L’église du Saint-Esprit, un exemple remarquable de l’architecture baroque à Prague, ajoute une touche de spiritualité à la vieille ville. Elle se distingue par sa beauté et ses proportions parfaites, offrant un contraste frappant avec les autres édifices plus imposants de la ville. La rue Pariska, quant à elle, est un lieu de promenade chic, bordé de boutiques de luxe et de restaurants raffinés, incarnant l’élégance de Prague à travers les âges.

Le Rudolfinum, un autre site clé de Prague, est un auditorium de style néo-Renaissance qui abrite l’Orchestre philharmonique tchèque. Ce bâtiment majestueux, situé au bord de la rivière Vltava, est l’un des plus importants lieux de concerts de la ville. Enfin, la galerie Jaroslav Fragner, dédiée à l’architecture contemporaine, permet d’explorer les tendances architecturales actuelles à travers des expositions innovantes, ajoutant ainsi une touche moderne à l’héritage historique de la vieille ville.

L’une des expériences originales à vivre dans la ville est le musée des machines sexuelles, situé à Melantrichova 476/18. Ouvert tous les jours de 10h à 23h, ce musée propose une approche humoristique de l’histoire des sextoys et de l’ingénierie du plaisir. L’exposition présente à la fois des objets anciens et modernes, ainsi que des installations interactives, dans un cadre qui mêle éducation et divertissement. La visite, qui dure environ 60 à 90 minutes, est déconseillée aux enfants en raison de son contenu et des escaliers raides qui mènent aux différentes salles. Pour les amateurs de curiosités, cet endroit est un véritable voyage dans l’histoire des inventions les plus audacieuses. Les tarifs varient de 200 Kc pour les étudiants à 300 Kc pour les adultes.

À une courte distance de là, le musée Lego est un autre lieu qui étonnera petits et grands. Il est dédié aux constructions en Lego, avec des reproductions impressionnantes de monuments emblématiques de Prague. Bien que le musée ne soit pas une exposition exhaustive sur l’histoire de la brique, les fans inconditionnels de Lego y trouveront de nombreuses pièces remarquables. Ouvert tous les jours de 10h à 20h, il offre une vision ludique et créative de l’architecture tchèque.

Non loin de ces musées, la tour Poudrière (Prašná brana) mérite une visite. Ce vestige de l’époque médiévale, séparant la vieille ville de la nouvelle ville, servait autrefois à stocker la poudre à canon. Aujourd’hui, elle offre un aperçu fascinant de l’histoire de Prague, tout en offrant une vue splendide sur les environs. Elle est l’un des points d’entrée de la vieille ville et un lieu de passage incontournable pour tous les visiteurs qui souhaitent comprendre l’histoire défensive de la capitale.

Mais Prague est aussi une ville de culture juive, et le quartier de Josefov, ancien ghetto juif, regorge de sites historiques. Le musée juif regroupe plusieurs synagogues et monuments, dont le mémorial de l’Holocauste. Ce musée est un véritable hommage à la mémoire de la communauté juive de Prague, avec des expositions poignantes sur l’histoire de cette communauté et de la Seconde Guerre mondiale. La synagogue vieille-nouvelle (Staronová) est un autre monument emblématique, l’un des plus anciens de la ville, et elle est réputée pour être le lieu de repos du légendaire Golem de Prague.

La synagogue espagnole, située rue Vězeňská, se distingue par son architecture unique, un mélange de styles néo-Renaissance et mauresque, qui évoque l’Andalousie. À l’intérieur, la décoration colorée et royale contraste avec les autres lieux de culte, créant une atmosphère spirituelle à la fois luxuriante et impressionnante. Non loin de là, la synagogue Pinkas rend hommage aux victimes de l’Holocauste en inscrivant les noms des 77 297 Juifs morts pendant la guerre. La synagogue abrite également des œuvres d’art réalisées par des enfants dans les camps de concentration, un témoignage poignant et émouvant du génocide.

Pour les amateurs d’histoire plus ancienne, l’ancien cimetière juif de Prague est un lieu de mémoire émouvant. Avec ses pierres tombales penchées et ses sépultures superposées, il témoigne des siècles d’histoire et de la communauté juive de Prague. Non loin de là se trouve la synagogue Klausen, un exemple parfait de l’architecture baroque juive et un des plus grands bâtiments du ghetto juif.

Le théâtre des États (Stavovské divadlo), l’un des plus anciens théâtres de la ville, est le lieu où l’opéra Don Giovanni de Mozart fut créé. Ce théâtre est toujours en activité et continue de proposer des spectacles de grande qualité, des opéras, des ballets et des pièces de théâtre. Il est un lieu incontournable pour les amateurs de culture classique, un voyage dans le monde de la musique et du théâtre du XVIIIe siècle.

Enfin, pour une expérience plus moderne, le parc à sensations fortes de Prague, situé rue Provaznická 11, offre une maison hantée avec des acteurs et des jeux de réalité virtuelle, idéale pour ceux en quête de sensations fortes. Un peu plus loin, à FunCity Prague Arcade, il est possible de se divertir avec des jeux d’arcade, tandis que le musée d’art de l’illusion invite à explorer des œuvres d’art fascinantes qui jouent avec les perceptions et les illusions visuelles.

41 B. Le quartier du château

Situé sur la rive gauche de la Vltava, le quartier du Château de Prague (Hradčany) s’étend sur les hauteurs dominantes de la capitale tchèque, formant avec la petite ville (Malá Strana) l’un des ensembles historiques les plus emblématiques d’Europe centrale. Il s’agit non seulement du centre spirituel, politique et culturel de la République tchèque, mais aussi d’un immense complexe architectural abritant palais, églises, jardins et ruelles uniques. Dominé par le majestueux château de Prague, ce quartier surplombe la vieille ville et le fleuve Vltava, offrant des panoramas spectaculaires et une immersion unique dans l’histoire millénaire de la Bohême.

Au cœur de ce quartier se dresse l’impressionnant château de Prague (Pražský Hrad), monument central du site, fondé au IXe siècle et ayant servi de résidence aux rois de Bohême, aux empereurs du Saint-Empire et aujourd’hui au président tchèque. L’entrée se fait par la vaste première cour, où a lieu chaque heure la relève de la garde, avec à midi une version en fanfare. Le château abrite plusieurs bâtiments historiques, dont l’ancien Palais Royal, la cathédrale Saint-Guy, la basilique Saint-Georges, et la célèbre ruelle d’Or, dans laquelle Franz Kafka a vécu. Il est vivement conseillé de visiter le château tôt le matin pour éviter les longues files d’attente.

Dominant la cour du château, la cathédrale Saint-Guy est un chef-d’œuvre du gothique flamboyant dont la construction s’est étalée sur plusieurs siècles. Lieu de sacre des souverains tchèques, elle abrite également les tombes des rois comme Charles IV et saint Jean Népomucène, dont le mausolée en argent massif est un des joyaux de l’édifice. L’intérieur révèle aussi un vitrail d’Alphonse Mucha, une splendide rosace et la somptueuse chapelle Saint-Venceslas, décorée de pierres précieuses. Les visiteurs peuvent monter dans la tour sud pour admirer la vue et découvrir Zikmund, la plus grande cloche de Tchéquie.

Juste à côté, l’ancien Palais Royal mérite une attention particulière. Il fut le siège des souverains tchèques jusqu’au XVIe siècle et recèle notamment la salle Vladislav, impressionnante par ses voûtes gothiques et sa taille monumentale. Le parcours inclut aussi une salle du trône et une chapelle. À la sortie, l’exposition « l’histoire du château de Prague » offre un éclairage captivant sur les évolutions politiques et artistiques du complexe à travers les âges. Ce bâtiment historique est parfois fermé au public, il convient donc de vérifier son accès à l’avance.

En continuant la visite, se découvre la basilique Saint-Georges, la deuxième plus ancienne église du château, avec sa façade baroque rouge saisissante et son intérieur roman. Elle est flanquée du couvent Saint-Georges, qui héberge une antenne de la galerie nationale tchèque spécialisée dans les œuvres maniéristes et baroques. Non loin de là, la galerie de photos du château de Prague, située dans les anciennes écuries royales, expose une riche collection d’œuvres issues de la Renaissance et du baroque, dont des pièces de la collection de Rodolphe II.

L’un des coins les plus charmants du quartier reste la ruelle d’Or (Zlatá ulička). Ses petites maisons colorées étaient autrefois habitées par des orfèvres et artisans du château. Aujourd’hui, elles ont été transformées en boutiques ou musées, dont le musée dédiée à Franz Kafka, qui y vécut au numéro 22. À l’extrémité de la ruelle se trouve la tour Daliborka, utilisée autrefois comme prison. Selon la légende, le chevalier Dalibor y jouait du violon, bien que la réalité de cette histoire reste sujette à caution.

En se dirigeant vers l’extérieur est du château, on entre dans le paisible jardin royal, un vaste parc orné d’allées fleuries, de sculptures et de fontaines. Ce jardin offre également une vue splendide sur la rive droite de Prague. Il est un lieu de promenade gratuit, apprécié tant des touristes que des Praguois. Certains jours dans l’année, les salles d’apparat du château s’ouvrent au public, notamment pour les fêtes nationales ou événements spéciaux, mais ces visites sont très limitées.

En contrebas, le pont Charles (Karlův Most) relie Malá Strana à la Vieille Ville. Ce pont médiéval, orné de 30 statues baroques, est l’un des lieux les plus emblématiques de Prague. Commandé par Charles IV et construit au XIVe siècle, il constitue un passage obligé à tout moment de la journée, mais au lever ou au coucher du soleil, il dévoile tout son charme romantique. La vue sur le château illuminé depuis le pont reste un souvenir inoubliable.

Depuis les abords de ce pont ou d’autres embarcadères disséminés en ville, des croisières sur la Vltava sont proposées tout au long de la journée. Ces balades fluviales permettent de découvrir Prague sous un autre angle, en glissant paisiblement entre les monuments emblématiques. À bord, le rythme lent du bateau contraste avec l’agitation des rues, offrant un moment de détente au fil de l’eau, parfois agrémenté de commentaires historiques ou d’un dîner romantique selon la formule choisie.

À proximité du pont, niché dans une ruelle calme, le mur Lennon est un autre symbole de la ville. Après la mort de John Lennon, ce mur est devenu un espace de libre expression face au régime communiste. Aujourd’hui encore, il est couvert de graffitis, messages pacifistes et portraits colorés, ce qui en fait une galerie vivante, constamment renouvelée par les visiteurs du monde entier.

Dans le même quartier, l’enfant Jésus de Prague, exposé dans l’église Notre-Dame Victorieuse, est une statue mondialement célèbre représentant Jésus enfant en roi. D’origine espagnole, cette sculpture du XVIe siècle attire encore les fidèles et curieux, fascinés par ses habits somptueux et sa signification spirituelle. L’église elle-même, baroque et sobre, se visite gratuitement.

Enfin, la colline de Petřín et sa tour d’observation complètent l’exploration du quartier du château. La colline, véritable écrin de verdure, est le lieu de prédilection des couples praguois pour les balades romantiques. Elle offre une vue panoramique imprenable sur toute la ville. Au sommet, la tour de Petřín, inspirée de la tour Eiffel mais cinq fois plus petite, culmine à 60 mètres. Après avoir gravi ses 220 marches, se découvre une vue à 360 degrés sur Prague. Une roseraie et de charmants jardins environnent la tour, faisant de Petřín un lieu idéal pour conclure une journée de visite.

41 C. La nouvelle ville de Prague

Située à l’est et au sud de la vieille ville, la nouvelle ville de Prague (Nové Město) fut fondée en 1348 par Charles IV dans le but d’accueillir un nombre croissant d’artisans, de commerçants et d’habitants désireux de s’installer dans une ville en plein essor. Elle se distingue par ses rues plus larges, ses grandes places et une organisation urbaine plus structurée que les rues de la vieille ville, tout en restant attachée aux monuments historiques et à une vie culturelle intense. Aujourd’hui, cette partie de Prague appartient pour l’essentiel à l’arrondissement de Prague 1, notamment autour de la place Venceslas et du théâtre national, deux symboles majeurs de l’identité tchèque.

L’axe principal de la Nouvelle Ville est la place Venceslas (Václavské náměstí), une longue esplanade urbaine qui descend du musée national jusqu’à la station Můstek, en traversant le cœur animé de la ville. Bordée de restaurants, de bars, de magasins, d’hôtels et de casinos, cette artère a joué un rôle fondamental dans l’histoire politique du pays. Tout en haut du boulevard, la statue équestre de Saint Venceslas, patron des terres tchèques, domine majestueusement la scène. Une plaque de marbre rend hommage à Jan Palach, étudiant qui s’immola en 1969 pour protester contre l’invasion soviétique, renforçant encore la portée symbolique de ce lieu.

Surplombant la place, le musée national est l’un des bâtiments les plus imposants de Prague. Construit entre 1885 et 1891 dans un style néo-Renaissance par l’architecte Josef Schulz, il abrite d’impressionnantes collections d’histoire naturelle, comprenant minéraux, fossiles, animaux naturalisés, et un célèbre squelette de baleine suspendu.

Un peu plus au sud, le long des quais de la Vltava, se trouve un chef-d’œuvre de l’architecture moderne : la maison dansante (Tančící dům). Conçue par Frank Gehry, cette structure audacieuse évoque un couple dansant, surnommé « Fred et Ginger ». L’édifice se détache du reste du quartier par ses courbes dynamiques et son style postmoderne. Bien que controversée à sa construction, la maison dansante est devenue une icône praguoise et offre, depuis son restaurant panoramique, une vue imprenable sur la Vltava et le château de Prague.

Un peu à l’écart, mais toujours dans la nouvelle ville, Vyšehrad domine la rivière depuis son promontoire rocheux. Ce site fortifié, sans doute fondé au Xe siècle, fut l’une des premières résidences des princes de Bohême avant que le pouvoir ne se déplace vers le château de Prague. Le parc de Vyšehrad, très prisé des Praguois, abrite la basilique Saint-Pierre-et-Saint-Paul, église néogothique aux tours caractéristiques, ainsi que le cimetière de Vyšehrad, connu sous le nom de Slavín, où reposent de grands noms de la culture tchèque comme Alphonse Mucha, Karel Čapek et Bedřich Smetana.

À quelques pas, les casemates de Vyšehrad offrent une plongée insolite dans l’architecture militaire pragoise. Ces galeries voûtées renferment certaines des statues originales du pont Charles, mises à l’abri des intempéries. Depuis les remparts, il est possible de profiter de superbes panoramas sur la ville, notamment sur les quartiers de Smíchov et Podskalí, anciens bastions ouvriers, ainsi que sur Kavčí hory, siège de la télévision tchèque et emblème de l’architecture futuriste des années 1960.

La nouvelle ville abrite également plusieurs lieux de mémoire liés au XXe siècle. Le mémorial de la Révolution de velours, discrète plaque en laiton située rue Národní, rend hommage aux événements de 1989. Le musée du communisme, tout proche, retrace quant à lui l’histoire du régime communiste en Tchécoslovaquie à travers objets de propagande, reconstitutions et témoignages.

Enfin, parmi les curiosités de la Nouvelle Ville, se trouve la tête de Franz Kafka, sculpture monumentale et mobile de David Černý qui attire de nombreux curieux. Le quartier accueille aussi le musée Mucha, dédié à l’un des plus célèbres artistes Art nouveau, ainsi que le musée postal et la superbe synagogue du Jubilé, au style néo-mauresque richement orné.

41 D. Les quartiers Est

L’est de Prague, bordant la rive droite de la Vltava, offre une mosaïque fascinante de quartiers marqués par l’histoire, l’architecture avant-gardiste et la mémoire collective. Si les foules se ruent vers la Vieille Ville et Malá Strana, les districts de Praha 3, Praha 10, Praha 11 et Praha 12, en particulier le district de Žižkov, réservent des trésors méconnus aux visiteurs curieux. Véritable carrefour entre l’ancien et le contemporain, ce secteur de la capitale tchèque est à la fois un bastion ouvrier historique, un terrain de jeu pour les artistes, et un haut lieu de mémoire nationale. Ce quartier en constante évolution offre aussi une perspective panoramique saisissante sur la ville, des espaces verts insoupçonnés et un foisonnement de lieux culturels.

Impossible de manquer la tour de télévision de Žižkov, dont l’architecture brutaliste suscite toujours la controverse. Perchée dans le parc Mahlerovy sady, cette structure de 216 mètres de haut a été construite à la fin de l’ère communiste. Si sa silhouette massive choque certains, la vue à 360° sur Prague qu’elle offre est incontestablement spectaculaire. Les bébés grimpeurs de l’artiste David Černý, sculptures surréalistes collées sur la tour, apportent une touche humoristique et poétique à ce mastodonte. Juste à côté, la place Jiřího z Poděbrad abrite l’extraordinaire église du Très Sacré-Cœur de Notre Seigneur, chef-d’œuvre moderniste conçu par l’architecte Jože Plečnik. Son horloge géante et sa façade imposante en font une icône du quartier, régulièrement citée pour une inscription au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Non loin de là, perché sur la colline de Vítkov, le mémorial national s’élève en hommage à Jan Žižka, héros des guerres hussites. La statue équestre monumentale de ce héros est l’une des plus grandes au monde. Ce site, autrefois mausolée des dirigeants communistes, offre aujourd’hui un panorama saisissant sur Prague, et abrite un musée consacré à l’histoire de la République tchèque au XXe siècle. À ses pieds, le musée militaire retrace avec rigueur les grands conflits contemporains, à travers armes, uniformes et témoignages poignants, notamment ceux des deux guerres mondiales.

Le passé repose aussi en paix dans les nombreux cimetières de Žižkov. Le cimetière d’Olšany, vaste nécropole labyrinthique bordée d’arbres et de monuments Art nouveau, constitue un lieu de recueillement autant qu’un musée en plein air. S’y trouvent les tombes de Jan Palach, Karel Havlíček Borovský ou encore Rudolf Hrušínský. À quelques pas, le nouveau cimetière juif conserve la dépouille de Franz Kafka, dans un espace plus solennel et dépouillé. Enfin, l’ancien cimetière juif d’Olšany, partiellement détruit, conserve néanmoins des stèles historiques d’une grande beauté.

Pour une escapade plus bucolique, cap au nord dans le quartier de Troja, où se concentrent trois grandes attractions. Le zoo de Prague, classé parmi les meilleurs au monde, fascine petits et grands grâce à son engagement dans la protection des espèces menacées, dont le cheval de Przewalski. À deux pas de là, le jardin botanique dévoile ses trésors : vignes en terrasse, jardin japonais, et serre tropicale Fata Morgana. Le tout culmine au splendide palais baroque de Troja, dont les jardins géométriques rivalisent de charme avec les salons ornés de fresques.

Plus au sud, des sites plus insolites complètent le tableau. Le pont Branický, surnommé « pont de l’intelligentsia », est une curiosité ferroviaire, vestige d’un projet bâclé par l’idéologie communiste : seul un rail fut posé sur ce pont à double voie, l’autre débouchant… dans un tunnel inexistant. Plus à l’est, le musée de l’aviation de Kbely impressionne avec ses 275 avions, dont une centaine exposés, retraçant l’épopée aéronautique tchèque depuis la Première Guerre mondiale.

L’histoire militaire est aussi présente à Invalidovna, une majestueuse construction baroque imaginée pour les vétérans de guerre. Bien que partiellement restaurée, elle évoque encore avec puissance la grandeur passée. Non loin de là, dans le quartier de Podolí, se dresse le bâtiment des eaux, imposant temple néoclassique de l’ère industrielle, qui abrite aujourd’hui un musée dédié à l’approvisionnement en eau. Une prouesse architecturale souvent méconnue, mais digne d’intérêt.

Enfin, le quartier de Vršovice s’illustre par la fonctionnaliste église Saint-Venceslas, œuvre du modernisme rationaliste de Josef Gočár. Avec sa haute tour carrée et ses lignes épurées, elle contraste fortement avec les styles plus traditionnels du centre de Prague, témoignant de la diversité architecturale de l’est pragois. Ce secteur de la ville, souvent négligé par les touristes, dévoile ainsi un visage plus brut, plus authentique de Prague : le visage de l’histoire populaire, de la mémoire, de la modernité et de la transformation.

Situé dans le quartier de Vinohrady, Havlíčkovy sady, aussi connu sous les noms de Gröbovka ou Grébovka, est un véritable havre de paix au cœur de Prague. Accessible facilement via les arrêts de tramway Krymská ou Otakarova, ce parc à l’ambiance tranquille séduit par ses allées bordées d’arbres, ses vignobles en terrasse et sa vue imprenable sur la ville. L’un des éléments les plus singuliers du parc est sans doute la Grotta, une grotte artificielle romantique en pierre de tuf, dotée de passages voûtés et de petites cascades, évoquant l’esthétique des jardins du XIXe siècle.

Dans le quartier de Chodov, à dix minutes à pied du métro du même nom (ligne C), se dresse la forteresse de Chodov (Chodovská tvrz), un manoir fortifié qui remonte au Moyen Âge. Restaurée avec soin, la bâtisse accueille aujourd’hui un centre culturel animé, proposant des expositions, concerts, conférences et divers événements pour tous les publics. Avec son atmosphère paisible et ses murs chargés d’histoire, la forteresse est l’un des derniers témoins du patrimoine rural de cette partie de Prague. Elle se démarque aussi par son cadre verdoyant, agréable pour une promenade autour de ses douves désormais asséchées, dans un secteur largement urbanisé.

Plus au nord, dans le quartier de Libeň, le château de Libeň (Libeňský zámek) offre un contraste saisissant avec l’environnement urbain qui l’entoure. Accessible depuis le métro Palmovka (ligne B), ce château de style baroque fut un temps résidence impériale et abrite désormais la mairie du quartier de Prague 8. Bien que peu connu des visiteurs, le château mérite un détour pour son architecture élégante et son paisible jardin. Non loin de là, toujours à Libeň, se trouve un objet singulier : le réservoir de gaz de Libeň (Libeňský plynojem). Cette immense sphère métallique, vestige industriel du XXe siècle, ne se visite pas, mais son imposante silhouette fascine les amateurs d’architecture industrielle et de paysages urbains insolites.

Enfin, pour une expérience sensorielle plus contemporaine, direction le centre commercial Arkády Pankrác, où se cache au sommet du parking un lieu étonnant : Svět Medúz, ou le monde des méduses. Cette exposition présente plus de 10 000 spécimens répartis dans 38 aquariums, avec des jeux de lumière et de musique immersive. L’un des plus grands aquariums sphériques du monde y attire l’attention avec ses formes envoûtantes. Cette attraction est à la fois éducative et spectaculaire, offrant une pause fascinante au milieu d’un centre commercial moderne, idéale pour les familles, les curieux et les amateurs du monde marin.

41 E. Les quartiers Ouest

À l’ouest du quartier du château de Prague s’étend un vaste territoire qui conjugue histoire, architecture moderne, nature luxuriante et curiosités inattendues. Loin de l’effervescence du centre, cette zone se prête à l’exploration paisible et à la découverte de lieux emblématiques souvent méconnus. En remontant vers les hauteurs, se découvre le monastère de Strahov, perché sur une colline verdoyante. Ce joyau baroque ne se distingue pas seulement par sa silhouette imposante, mais surtout par sa bibliothèque Renaissance, véritable trésor national, et sa galerie de tableaux riche en œuvres d’art religieux et historiques. L’endroit offre également une vue superbe sur la ville.

Non loin de là, un autre haut lieu du patrimoine tchèque évoque un moment décisif de l’histoire nationale : Bílá Hora, la « montagne Blanche ». Le 8 novembre 1620, il s’y déroula la célèbre bataille opposant la noblesse protestante tchèque aux Habsbourg catholiques. Ce site, aujourd’hui paisible, reste chargé de mémoire, symbole des tensions religieuses de la guerre de Trente Ans et de l’échec tragique du soulèvement bohémien. À proximité se dresse un édifice tout aussi insolite qu’élégant : le palais d’été de Hvězda. En forme d’étoile, ce petit palais blanc trône au milieu d’une prairie paisible. Il abrite un musée dédié à l’écrivain Alois Jirásek, auteur des Vieilles Légendes tchèques et fervent défenseur du folklore national.

Vers le quartier de Střešovice, un chef-d’œuvre d’architecture moderniste attire les amateurs d’art et de design : la villa Müller, construite entre 1928 et 1930 par Adolf Loos. Véritable manifeste du fonctionnalisme et du concept de Raumplan, la villa est une pièce maîtresse de l’architecture européenne du XXe siècle. Entièrement restaurée, elle se visite sur réservation et offre une immersion dans une esthétique à la fois austère et raffinée. Non loin de là, le musée des transports publics de Prague complète la plongée dans le passé. Dans un ancien dépôt de tramways, il présente une collection fascinante de véhicules allant des tramways impériaux aux modèles de l’époque communiste.

Plus au nord, dans le quartier de Holešovice, le métronome géant de Prague s’élève à l’endroit même où trônait autrefois la plus grande statue de Staline au monde. Devenu un symbole de la ville, ce métronome surplombe la Vltava et marque le passage du temps comme une respiration post-communiste. Juste à côté s’étend le parc Letná, vaste espace vert idéal pour flâner en profitant d’un panorama unique sur la ville. Plus à l’ouest encore, le parc Stromovka, ancienne réserve de chasse royale transformée en jardin public, propose des allées ombragées, des étangs paisibles et un charme bucolique rare en ville.

La culture contemporaine est également bien représentée à l’ouest de Prague. Le centre d’art contemporain DOX, avec son architecture blanche avant-gardiste, propose des expositions internationales de haut niveau, alliant art visuel, design et réflexion sociétale. Non loin, la galerie nationale de Prague – palais des expositions (Veletržní palác), installée dans un bâtiment fonctionnaliste des années 1920, abrite l’une des plus importantes collections d’art moderne d’Europe centrale. Le musée national des techniques, tout proche, constitue un paradis pour les curieux de toutes générations, exposant motos, avions, trains, innovations et machines de l’ère industrielle à nos jours.

Toujours dans le secteur, se trouvent également des lieux singuliers comme le MeetFactory, centre culturel alternatif fondé par l’artiste David Černý. Installé dans une ancienne usine, ce site mêle théâtre, concerts et expositions dans une atmosphère résolument underground. À ses côtés, le musée des Jeux, véritable paradis interactif pour les passionnés de rétro-gaming, permet de revivre l’histoire des consoles, de l’Atari aux premières PlayStation. Et pour les cinéphiles, Bio Oko, un cinéma indépendant, propose une programmation originale dans un cadre vintage.

L’ouest pragois ne serait pas complet sans ses espaces naturels les plus spectaculaires. À commencer par Divoká Šárka, une réserve semi-sauvage aux allures de canyon, avec sentiers, rochers, bassins et même un petit lac : le Džbán parfait pour se rafraîchir. C’est un lieu très prisé des familles, sportifs et amoureux de nature. Plus au sud s’étend la vallée de Prokop (Prokopské údolí), véritable échappée verte sillonnée de chemins de randonnée et de pistes cyclables. S’y découvrent des falaises calcaires, des points d’eau, des grottes et une ambiance rustique surprenante à quelques stations de métro du centre.

42. Lac Milada

À quelques kilomètres au sud de la ville d’Ústí nad Labem, dans le nord-ouest du pays, le lac Milada offre une halte rafraîchissante dans un paysage singulier. Ce lac artificiel est né d’un vaste projet de réhabilitation environnementale : une ancienne mine de lignite à ciel ouvert, abandonnée à la fin du XXe siècle, a été progressivement inondée à partir de 2001. Aujourd’hui, avec ses eaux d’une limpidité remarquable, Milada s’impose comme l’un des plus grands lacs de République tchèque. Sa surface dépasse 250 hectares et la profondeur atteint localement 25 mètres. Ce lieu est devenu un symbole de transformation écologique et attire de nombreux visiteurs en quête de nature et de détente.

Le lac Milada est particulièrement apprécié pour la qualité de ses eaux, très claires et propres, idéales pour la baignade ou la plongée. La visibilité peut atteindre plusieurs mètres, ce qui permet d’observer la faune aquatique dans des conditions exceptionnelles. Les pêcheurs y trouvent aussi leur bonheur, car le lac abrite une belle diversité de poissons : perches, brochets, sandres, poissons-chats, gardons et rudds y prospèrent. Les berges sont accessibles et bien aménagées, avec des plages naturelles et des zones d’ombre agréables en été. Aucun complexe hôtelier n’en défigure les abords : le lieu conserve son atmosphère paisible.

Les amateurs de sports et de plein air bénéficient ici d’un réseau de pistes cyclables, dont la très populaire piste 3009, qui longe les monts Métallifères. Cette voie douce est idéale pour les cyclistes de tous niveaux, y compris les familles.

43. Lac Most

Le lac Most, situé au pied de la colline de Hněvín dans le nord-ouest du pays et à proximité immédiate de la ville éponyme, est un autre exemple saisissant de reconversion d’une ancienne zone minière en site de loisirs. Son origine est intimement liée à l’histoire tragique de l’ancienne ville royale de Most, détruite pour permettre l’extraction de lignite. En 2014, la fosse laissée par l’exploitation a été remplie d’eau pour créer ce vaste plan d’eau, dont la circonférence atteint plus de neuf kilomètres. Avec sa superficie de plus de 300 hectares, il s’agit du deuxième plus grand lac artificiel de République tchèque.

Ce plan d’eau est aujourd’hui un véritable centre de loisirs. Sa principale richesse réside dans la pureté de son eau, constamment surveillée pour répondre aux normes strictes de qualité, équivalentes à celles des piscines naturelles. Aucune substance industrielle ou agricole ne peut y être déversée. Cette attention permet aux visiteurs de profiter d’activités comme la natation, le canoë-kayak, la voile ou la planche à voile dans d’excellentes conditions. La température agréable de l’eau en été et les plages aménagées attirent des milliers de personnes, notamment les habitants de Most et des environs.

Comme à Milada, la pêche est l’un des loisirs préférés des habitués du lac Most. S’y trouvent des poissons blancs en grande quantité, mais aussi des espèces recherchées comme le sandre, la perche, le brochet ou le poisson-chat. Les rives du lac sont bordées de sentiers propices aux balades tranquilles, à la course à pied ou au vélo. En arrière-plan, s’aperçoit la silhouette du château de Hněvín, dominant la ville et offrant un beau panorama sur toute la région de l’ancienne ceinture industrielle.

44. Liberec

Nichée dans un bassin entouré par les monts de Ještěd-Kozákov, dans le nord du pays, la ville de Liberec (en allemand Reichenberg) s’impose comme la cinquième plus grande ville de République tchèque. Traversée par la Neisse de Lusace, cette cité de quelque 108 000 habitants a longtemps prospéré grâce à l’industrie textile, au point de se voir surnommée le « Manchester de Bohême ». Aujourd’hui encore, son passé glorieux se reflète dans l’architecture élégante de son centre-ville, classé zone de monuments urbains. Liberec se distingue par la richesse de ses institutions culturelles, son atmosphère animée et la proximité immédiate de la nature.

Le monument emblématique de Liberec reste sans conteste la spectaculaire tour Ještěd, perchée à 1 012 mètres d’altitude sur le mont du même nom. Cette structure futuriste, à la fois émetteur de télévision, tour d’observation et hôtel, fut érigée entre 1966 et 1973 selon les plans novateurs de l’architecte Karel Hubáček. Récompensée par de prestigieux prix d’architecture, elle est classée monument culturel national et considérée comme le bâtiment tchèque le plus important du XXe siècle. L’ascension jusqu’à la tour, à pied ou en téléphérique, offre une vue spectaculaire sur les paysages environnants.

Au cœur de la ville, l’hôtel de ville de Liberec incarne le raffinement du style néo-Renaissance. Construit entre 1888 et 1893, il est l’œuvre de l’architecte viennois Franz Neumann. Ses trois tours dominent la place centrale, dont la plus haute culmine à 61 mètres. L’édifice, classé monument culturel national depuis 2024, se visite partiellement l’été, dévoilant aux curieux ses somptueux intérieurs. À quelques pas de là se trouve le château de Liberec, dont les origines remontent à la fin du XVIe siècle. Bien que malmené au fil des siècles et aujourd’hui en déclin, il reste un témoin poignant de l’histoire locale.

D’autres lieux culturels marquants méritent le détour, à commencer par le théâtre FX Šalda, joyau néo-Renaissance qui abrite un rideau de scène signé Gustav Klimt, Ernst Klimt et Franz von Matsch. Le musée de Bohême du Nord, premier musée d’arts appliqués du pays fondé en 1873, séduit par son architecture romantique et ses riches collections. Plus à l’est, Liberecká výšina, une tour de guet de 25 mètres érigée dans le style d’un château médiéval, ajoute une note authentique à la ville.

Liberec est également une ville tournée vers les loisirs et la science. Le zoo de Liberec, plus ancien de République tchèque, a été fondé en 1904 et accueille plus de 160 espèces animales sur près de 14 hectares. Sa vedette incontestée est le tigre blanc, dont l’élevage devrait cesser à la disparition des derniers spécimens. Juste à côté, le jardin botanique fondé en 1876 est un havre de biodiversité avec ses neuf serres et plus de 8 000 espèces végétales exotiques. Les familles apprécieront aussi les infrastructures modernes du Centrum Babylon, vaste complexe abritant parc aquatique, centre commercial, hôtel et musée interactif.

45. Solenická podkova

Située dans la vallée centrale de la Vltava, entre les réservoirs de Kamýk et d’Orlík, la courbe en fer à cheval de la Vltava à Solenice appelée également Solenická podkova constitue l’un des méandres les plus spectaculaires de toute la République tchèque. Ce méandre en forme de fer à cheval, sculpté patiemment par la rivière au fil des millénaires, est une merveille naturelle qui attire les amoureux de panoramas saisissants. Son tracé sinueux, encadré de versants boisés et de falaises, incarne à la fois la puissance tranquille de la Vltava et l’harmonie du relief bohémien. C’est un lieu souvent photographié, tant son esthétique naturelle est frappante.

Le point de vue le plus célèbre sur le méandre se trouve sur le rocher Na Vraný, non loin de la colline Na Altánku, dans le village de Solenice. De là, il est possible d’admirer toute l’ampleur de la courbe, avec la rivière en contrebas qui déroule ses boucles étincelantes sur fond de nature paisible. Ce promontoire rocheux s’élève à environ 160 mètres au-dessus de la Vltava, offrant une vue plongeante et dégagée sur les alentours. Il constitue un excellent spot pour les amateurs de photographie de paysage ou pour toute personne en quête d’un moment de contemplation suspendu entre ciel et terre.

Accessible par des chemins de randonnée bien balisés, le site se prête à une excursion à la journée. Le sentier menant au belvédère traverse des forêts et des prairies comportant chevreuils, lièvres ou encore faucons planant au-dessus des cimes. Cette balade en pleine nature, sans grande difficulté technique, séduit aussi bien les familles que les randonneurs aguerris. L’automne est une saison particulièrement recommandée, lorsque les feuillages flamboyants enserrent la rivière d’une palette éclatante de couleurs.

46. Le village de l’artisanat Botanicus Ostrá

À une heure de route à l’est de Prague, dans le centre-nord du pays, le village de l’artisanat Botanicus Ostrá plonge ses visiteurs dans une reconstitution vivante du quotidien médiéval. Véritable écomusée, ce village historique propose une immersion dans le monde des artisans d’autrefois, dans un décor reconstitué avec une grande fidélité. S’y découvrent des fermes anciennes, des ateliers en activité et des bâtisses en torchis ou en bois où l’on sent encore le parfum des épices, des herbes et de la cire d’abeille.

Le parcours se fait librement ou avec un guide qui accompagne les visiteurs dans la découverte de métiers oubliés. Les visiteurs peuvent ainsi rencontrer les raccourcisseurs de faïence, les potiers, les cordonniers, les boulangers, les tisserands, et bien d’autres encore. Chacun travaille selon des techniques ancestrales, et le public peut même s’y essayer. Façonner un pot à l’ancienne, filer de la laine ou tourner une corde deviennent des expériences concrètes et enrichissantes, notamment pour les enfants qui peuvent participer activement.

Tout au long de l’année, mais particulièrement en été, des événements spéciaux et des week-ends thématiques sont organisés. Des fêtes médiévales s’y déroulent, avec musiciens, jongleurs, cracheurs de feu et vendeurs ambulants. Sur la place du village, un marché propose des produits faits main : savons naturels, confitures, bijoux, objets en bois ou en cuir.

Le site est également agrémenté de jardins botaniques et de labyrinthes naturels où les familles peuvent flâner.

47. Mansion Rock (Varhany)

Le rocher de Panská, aussi connu sous le nom évocateur de Varhany ou Mansion Rock (basalt columns), est une curiosité géologique majeure de Bohême du Nord, située près de Kamenický Šenov, dans le district de Česká Lípa, dans le nord du pays. Ce monument naturel national, constitué de colonnes de basalte verticales de forme pentagonale ou hexagonale, évoque en effet les tuyaux géants d’un orgue. La formation résulte d’un lent refroidissement de la lave basaltique il y a plusieurs millions d’années, créant ainsi ces structures régulières aux lignes spectaculaires.

L’extraction de colonnes de basalte a eu lieu ici aux XIXe et XXe siècles, mais a été stoppée pour préserver ce patrimoine naturel unique. À la suite de la fin de l’exploitation minière, la carrière s’est partiellement remplie d’eau de pluie, formant un petit lac qui ajoute une note romantique et mystérieuse au site. L’ensemble est désormais classé comme la plus ancienne réserve géologique de République tchèque, protégée depuis 1895, et constitue un lieu d’étude pour géologues et étudiants.

Le rocher de Panská est aujourd’hui facilement accessible à pied ou à vélo, avec un parking situé à proximité. De nombreux sentiers permettent d’approcher la falaise en toute sécurité et d’en admirer les moindres détails. Un panneau pédagogique explique l’origine géologique du site et ses caractéristiques.

48. La cascade de Mumlava

Nichée au cœur des monts des Géants (Krkonoše), dans le nord du pays, non loin de la ville d’Harrachov, la cascade de Mumlava est l’une des merveilles naturelles les plus accessibles et les plus séduisantes de la région. Haute d’environ 8 mètres, cette chute d’eau forme un rideau puissant et régulier qui dévale de larges dalles rocheuses, créant une scène naturelle dynamique et rafraîchissante. La rivière Mumlava, qui traverse la vallée éponyme, alimente cette cascade en eau pure venue des forêts montagnardes environnantes.

Le sentier menant à la cascade est bien entretenu et particulièrement facile, ce qui en fait une promenade familiale très prisée. Accessible par tous les temps et tout au long de l’année, il traverse des bois de sapins et longe la rivière, offrant en permanence le murmure de l’eau comme bande sonore. En hiver, la cascade gelée devient un véritable décor de conte de fées, tandis qu’en été elle attire les visiteurs en quête de fraîcheur.

Un phénomène naturel fascinant y attire aussi les curieux : au pied de la cascade, l’érosion de la roche par les tourbillons d’eau a formé de gigantesques marmites, appelées localement les yeux du diable. Ces cavités rondes creusées dans le granite sont aussi anciennes que spectaculaires, et leur observation ajoute une touche de magie géologique à l’ensemble.

49. Gouffre de Hranice

Enfoui au cœur de la réserve naturelle nationale de Hůrka, près de Teplice nad Bečvou, dans l’est du pays, le gouffre de Hranice ou Hranice Abyss intrigue et fascine les scientifiques comme les visiteurs. Cette cavité immergée, la plus profonde grotte d’eau douce connue au monde, demeure pourtant un mystère partiellement exploré. En 2022, une sonde robotisée a atteint la profondeur impressionnante de 519,5 mètres sans en trouver le fond. Des estimations suggèrent que la profondeur réelle pourrait dépasser le kilomètre, mais l’exploration de ce monde submergé reste ardue et semée d’embûches, en partie à cause des conditions extrêmes rencontrées à de telles profondeurs.

Outre sa partie submergée, le gouffre de Hranice présente aussi une section sèche de 69,5 mètres, que les visiteurs peuvent observer plus facilement. Cette zone contient la fameuse rotonde sèche, une grotte perchée au-dessus du niveau de l’eau, ornée de formations spectaculaires. Des stalactites en forme de cratères de geysers y semblent figées dans le temps. La formation de cette cavité diffère des systèmes karstiques traditionnels, nés de l’érosion de surface. Ce sont ainsi des jaillissements d’eaux thermales provenant des grandes profondeurs qui y ont sculpté les entrailles de la terre.

L’atmosphère sombre et insondable du gouffre a donné naissance à de nombreuses légendes. Certaines racontent qu’un chevalier maudit et sa promise s’y seraient enfoncés avec leur carrosse le jour de leurs noces. Une autre évoque le roi Mojmir II, fuyant des traîtres, qui aurait préféré sauter dans l’abîme avec son cheval. Des archives du XVIe siècle parlent même de l’endroit comme d’un enfer dans lequel on précipitait les condamnés à mort. Ce passé légendaire, presque mystique, ajoute une aura d’effroi et de fascination au site.

Pour accéder au gouffre de Hranice, une belle promenade depuis Teplice nad Bečvou permet de découvrir la beauté paisible des forêts environnantes. Une fois sur place, la vue panoramique sur les montagnes de Hostýn et les Beskydes récompensera l’effort.

50. Hřensko et ses gorges

Niché à la frontière allemande, dans le nord-ouest du pays, Hřensko est un petit village où commence l’un des paysages les plus spectaculaires de République tchèque. Le village est la porte d’entrée du parc national de la Suisse tchèque, un royaume de gorges profondes, de formations rocheuses féériques et de forêts anciennes. Les maisons à colombages, les ruisseaux chantants et les sentiers escarpés confèrent au lieu une atmosphère d’un autre temps, comme figée dans un conte. L’Elbe, majestueuse, y quitte le pays pour rejoindre l’Allemagne, ajoutant au charme fluvial de cette région unique.

Parmi les joyaux naturels de Hřensko, les gorges de la Kamenice tiennent une place particulière. Cette rivière limpide serpente entre des parois rocheuses impressionnantes qui peuvent s’élever jusqu’à 150 mètres. Une partie du trajet ne peut se faire qu’en barque, dans le calme absolu, guidé par un batelier. D’abord à travers la gorge sauvage, peuplée de formations rocheuses aux allures animales, puis dans la gorge d’Edmund, où apparaît une cascade surgissant d’un pan de falaise. Ces balades offrent un moment suspendu, dans un décor presque irréel.

Au fil des saisons, le site se métamorphose. Au printemps, les mousses et les fougères tapissent les rochers d’un vert éclatant. En automne, les feuillages flamboyants se reflètent dans les eaux tranquilles de la Kamenice. Après une randonnée, les visiteurs peuvent se détendre dans les auberges traditionnelles du village et goûter aux spécialités locales dans un cadre rustique et chaleureux.

Au-delà des gorges, le parc national de la Suisse tchèque regorge d’autres merveilles : la porte de Pravčice, plus grande arche naturelle de grès d’Europe, ou encore les points de vue panoramiques de Mariina skála ou Rudolfův kámen. Le château troglodyte de Šaunštejn, les vallées profondes de Pavlinino údolí et les hameaux préservés ajoutent encore à la richesse de la région. Le cadre naturel, d’une grande pureté, a valu à ce parc de recevoir le prestigieux label EDEN de l’Union européenne.

51. Žatec et le paysage du houblon

Capitale mondiale du houblon, Žatec, dans le nord-ouest du pays est une ville singulière en République tchèque, où culture agricole et patrimoine industriel forment un duo unique. Située dans une région où pousse le célèbre houblon rouge semi-précoce de Žatec, aussi appelé Saaz, elle est au cœur d’un paysage façonné par des siècles de tradition brassicole. Ce houblon d’exception, à l’arôme délicat et reconnu dans le monde entier, entre dans la composition de bières iconiques comme la Guinness, la Stella Artois ou encore la Pilsner tchèque. Le paysage rural et les bâtiments liés à la culture du houblon ont même été classés au patrimoine mondial de l’UNESCO.

L’histoire de Žatec est intimement liée à cette plante. Depuis le Moyen Âge, les agriculteurs y ont perfectionné les techniques de culture et de transformation. Cette longue tradition a donné naissance à un véritable écosystème industriel autour du houblon : entrepôts, séchoirs, malteries, greniers et voies ferrées forment un ensemble cohérent, conçu pour répondre aux besoins d’une économie agricole très spécialisée. S’y trouve même la plus petite houblonnière du monde, emblème de l’attachement local à cette culture.

Les musées de la ville de Žatec permettent de mieux comprendre cette richesse patrimoniale. Le Mmusée du houblon offre la plus grande exposition dédiée au houblon au monde, logée dans des bâtiments d’époque superbement conservés. Le musée de l’industrie de la bière, situé à côté de la brasserie de Žatec, retrace l’histoire des bières locales et permet de déguster le produit fini. Le temple du houblon et de la bière propose quant à lui une expérience interactive avec tour panoramique, labyrinthe de balles de houblon, et horloge du houblon.

En dehors de la ville, le paysage reste marqué par cette tradition. Le château rococo de Stekník, avec son jardin en terrasse à l’italienne, domine un océan de houblonnières et ajoute une touche aristocratique à ce territoire agricole. L’ensemble de la micro-région forme un tableau rural harmonieux, où le patrimoine naturel, bâti et culturel ne fait qu’un.

52. Suisse Bohémienne

Situé dans le nord-ouest de la Bohême, le parc national de la Suisse tchèque est l’un des joyaux naturels de la République tchèque. Ce territoire de falaises imposantes, de forêts profondes et de formations rocheuses spectaculaires évoque un décor de conte. Le parc tire son nom de deux peintres suisses du XVIIIe siècle, Adrian Zingg et Anton Graff, qui ont comparé ces paysages à ceux de leur pays natal. Associé au parc voisin allemand, il forme un ensemble transfrontalier connu sous le nom de grès de l’Elbe.

La Suisse tchèque se distingue par son relief impressionnant, issu de l’érosion d’un ancien fond marin. Les couches de grès ont été sculptées au fil des millénaires pour donner naissance à un monde minéral fantastique : arches naturelles, labyrinthes rocheux, tours abruptes et ravins profonds. La plus célèbre de ces formations est sans doute la porte de Pravčice, arche colossale qui trône au sommet d’un plateau et offre un panorama inoubliable. Avec ses 26,5 mètres de portée, c’est la plus grande arche de grès naturelle d’Europe.

Le parc est sillonné de sentiers touristiques balisés qui permettent de découvrir ses merveilles à pied. L’un des itinéraires les plus prisés est le sentier de Gabriel, menant de Mezní Louka jusqu’à la porte de Pravčice. En chemin, le visiteur peut profiter de points de vue exceptionnels sur les vallées encaissées et les plateaux boisés. Le mont Růžovský vrch, point culminant du parc, offre une perspective saisissante sur l’ensemble du territoire. Les gorges de la Kamenice, pouvant être parcourues en barque, ajoutent une dimension aquatique et poétique à la visite.

Les amateurs de nature trouveront également des points de vue époustouflants comme le Mariina skála, le Vilemínina stěna et le Rudolfův kámen, chacun offrant des panoramas superbes sur les vallées verdoyantes et les crêtes rocheuses. Ces lieux, situés près de Jetřichovice, permettent d’admirer la beauté sauvage de la Suisse tchèque tout en profitant de la tranquillité des lieux. À proximité, le château de Šaunštejn, perché sur une roche, raconte une histoire de barons et de légendes, et attire les visiteurs curieux de découvrir l’architecture médiévale tout en explorant le site rocheux.

Les amoureux de l’histoire et des bâtiments anciens ne manqueront pas le château de Falkenštejn, un château de roche, ainsi que la chapelle rupestre de Všemily, une petite église taillée dans la pierre. Pour une expérience plus intime, les villages bien entretenus de la région, avec leurs maisons traditionnelles de Haute-Lusace, offrent une immersion dans la culture locale. Le Na Tokáni, une auberge historique, est un lieu parfait pour savourer la cuisine locale après une journée d’exploration. Et enfin, la vallée romantique de Pavlinino údolí, avec son ruisseau sinueux, est l’endroit idéal pour une promenade paisible, loin de l’agitation, entouré par la beauté naturelle de cette région unique.

Outre les paysages, la Suisse tchèque abrite une faune et une flore d’une grande richesse. C’est un habitat pour des espèces rares comme le lynx, l’aigle royal ou le hibou grand-duc. La flore comprend de nombreuses espèces endémiques adaptées aux conditions particulières du grès. Des villages charmants comme Jetřichovice ou Vysoká Lípa ponctuent ce territoire, offrant un hébergement de charme et des auberges accueillantes.

53. Litoměřice

Située au confluent de l’Elbe et de l’Ohře, Litoměřice s’étend en Bohême du Nord, à l’extrémité occidentale de la fertile plaine de Polabí, autrefois surnommée la « bande dorée de la Bohême ». Intégrée à la région d’Ústí nad Labem, la ville couvre une superficie de 17,99 km² et compte environ 23 000 habitants. Cette région est traditionnellement appelée le jardin de Bohême, en raison de la richesse de ses sols et de son agriculture prospère. Le centre historique se distingue par une remarquable unité architecturale et par la continuité de son occupation humaine depuis le Moyen Âge.

Le cœur de la ville est dominé par Mírové náměstí, une vaste place centrale bordée de maisons d’une grande valeur architecturale. Certaines demeures gothiques figurent parmi les plus anciennes maisons habitées en permanence de toute la République tchèque. Cette place constitue un véritable livre ouvert sur l’histoire urbaine, où se mêlent gothique, Renaissance, baroque et styles plus récents, dans une harmonie particulièrement soignée.

L’hôtel de ville de Litoměřice, de style Renaissance saxonne, présente encore des éléments proches du gothique. Il abrite aujourd’hui le musée d’histoire locale. Non loin de là se dresse la maison Kalich, également connue sous le nom de Pod Bání, édifiée par l’architecte italien Ambroggio Balli pour la riche famille Mráz de Milešovka. Son toit accueille la terrasse panoramique du Calice de Litoměřice, lieu emblématique des rencontres bourgeoises du XVIe siècle. La maison Černý orel, également œuvre de Balli, a conservé ses superbes sgraffito d’origine, tandis que la maison U Pěti panen, construite vers 1725 par Octavio Broggio, compte parmi les plus belles demeures baroques de la ville.

Le patrimoine religieux de Litoměřice est particulièrement dense. L’église de Tous-les-Saints, d’origine gothique et remaniée dans le style baroque, se distingue par ses toits Renaissance en forme de tente et par la tour gothique voisine conservée. L’église de l’Annonciation de la Vierge Marie, chef-d’œuvre baroque d’Octavio Broggio, faisait partie du complexe jésuite, aux côtés du séminaire et du collège. Le monastère des Minorites, devenu dominicain en 1785, et l’église Saint-Jacques, ainsi que l’église capucine Sainte-Ludmila et l’église Saint-Adalbert, témoignent de la richesse de l’architecture religieuse baroque locale.

La cathédrale Saint-Étienne, édifiée entre 1664 et 1668, occupe une position dominante sur le Dómský pahorek. L’ensemble épiscopal comprend également la résidence épiscopale baroque de Giulio Broggio, les maisons de chanoines aux façades Art nouveau et le clocher néo-baroque conçu par Heinrich Ferstel à la fin du XIXe siècle.

La vie culturelle de la ville s’illustre notamment par le théâtre municipal Karel Hynek Mácha, l’un des premiers théâtres en pierre du pays, construit en 1822 dans le style Empire. Aux côtés de ce patrimoine ancien, les bâtiments des XXe et XXIe siècles apportent un contraste mesuré, comme l’école primaire de la rue Boženy Němcová, l’hospice Saint-Étienne ou la maison Johannahof. Les ponts Tyršův et František Chábera constituent quant à eux des repères techniques et architecturaux majeurs sur l’Elbe.

Enfin, les environs immédiats de Litoměřice complètent l’attrait touristique de la ville. La colline de Radobýl, à environ trois kilomètres à l’ouest, offre un panorama remarquable sur la région, tandis que le monument naturel national Bílé stráně, au nord de la ville, protège un paysage unique dans la vallée du ruisseau Pokratický.

54. Hasištejn Castle

Dominant la vallée du ruisseau Prunéřovský, le château de Hasištejn s’élève à 627 mètres d’altitude dans les monts Métallifères, au-dessus de la commune de Místo, dans le district de Chomutov. Ce vaste château en ruines, protégé comme monument culturel, figure parmi les plus anciens châteaux de la région. Son implantation sur un éperon rocheux escarpé répondait à une logique défensive et stratégique.

Fondé au début du XIVe siècle par les seigneurs de Šumburk, le château passa à la famille Lobkowicz après le siège de 1418. Sous Bohuslav Hasištejnský de Lobkowicz, le site connut une période d’essor remarquable au début du XVIe siècle, devenant un centre intellectuel de l’humanisme en Bohême. Abandonné dès le XVIIe siècle, il tomba progressivement en ruine avant d’être sécurisé à la fin du XIXe siècle.

Le cœur du château est dominé par le bergfrit, transformé en tour de guet accessible par un escalier en colimaçon. Autour de cette tour s’organisent les vestiges du palais gothique médiéval, du palais gothique tardif, de vastes caves voûtées et d’un bastion gothique tardif librement accessible. L’ensemble témoigne de plusieurs phases de construction et d’adaptation militaire.

La chapelle de Hasištejn, intégrée dans une tour-chapelle, constitue un élément architectural rare en Bohême. Voûtée d’arêtes et divisée entre nef et chœur, elle se distingue par ses proportions élégantes et par l’usage de consoles pyramidales.

55. Rochers de Svatoš

Situés sur la rive gauche de l’Ohře, entre Loket et Karlovy Vary, les rochers de Svatoš constituent l’un des ensembles rocheux les plus emblématiques de Bohême. Ces formations granitiques spectaculaires, également connues sous le nom de Svatošské skály, s’élèvent au-dessus de la rivière dans un paysage profondément marqué par l’érosion. Classé monument naturel national en 1933 sous l’appellation Jan Svatoš, le site est protégé pour son caractère géomorphologique exceptionnel.

Selon une légende populaire, les rochers représenteraient une procession de mariage pétrifiée par une fée, donnant au site une dimension mythique qui a fasciné de nombreux visiteurs célèbres, dont Johann Wolfgang von Goethe et Sigmund Freud. Les formations rocheuses, composées de piliers, de prismes et de pyramides, résultent de la fragmentation du granit sous l’action combinée du gel, de l’eau et du temps.

Un pont suspendu permet d’accéder aux points de vue les plus impressionnants face aux rochers, offrant un panorama saisissant sur la vallée de l’Ohře. Le site s’inscrit dans le canyon de l’Ohře, classé au réseau Natura 2000, et relève de la gestion de l’aire paysagère protégée de Slavkovský les, garantissant la préservation de cet environnement sensible.

La végétation y est particulièrement variée, avec la présence du pin sylvestre, de l’épicéa commun, du hêtre européen, du bouleau verruqueux et de l’aulne collant. Les versants ensoleillés accueillent la bruyère commune, tandis que les ravins ombragés abritent l’anémone à feuilles de renoncule et le daphné. Le site constitue également une zone de nidification pour le grand-duc.

Depuis Doubí, un sentier de découverte de 12 kilomètres, aménagé en 1978 et jalonné de panneaux explicatifs, permet de rejoindre les rochers à pied.

56. Ghetto et camp de concentration de Theresienstadt

Le ghetto de Theresienstadt fut établi par la SS durant la Seconde Guerre mondiale dans la ville fortifiée de Terezín, située dans le protectorat de Bohême-Moravie, alors sous occupation allemande. Conçu comme un lieu de transit vers les camps d’extermination, il s’inscrivait dans un dispositif concentrationnaire dont la fonction était à la fois répressive, exterminatrice et propagandiste. Les conditions de vie y furent délibérément organisées pour provoquer l’épuisement, la maladie et la mort des prisonniers, sans que le travail forcé n’y joue un rôle économique majeur, contrairement à d’autres ghettos du système nazi.

Le site se trouve dans la forteresse de Terezín constituée de la petite et de la grande forteresse, les deux entités ayant été fondées en 1780 par l’empereur Joseph II et construite sur un site stratégique, au confluent de l’Elbe et de l’Ohře. Achevée en 1790 après dix années de travaux, elle représentait alors l’aboutissement de l’art de la fortification autrichienne. Pensée comme un rempart contre les invasions prussiennes, elle formait avec la forteresse de Ples, aujourd’hui Josefov, un dispositif défensif majeur du territoire. À la veille de la Seconde Guerre mondiale, cette architecture militaire moderne offrait aux autorités nazies un cadre parfaitement adapté à l’enfermement massif.

Après l’occupation allemande de la Tchécoslovaquie, la Gestapo s’empara le 10 juin 1940 de la petite Forteresse, qui devint une prison pour détenus politiques placée sous l’autorité de la prison de Pankrác. Le 24 novembre 1941, un ghetto juif fut instauré dans la grande forteresse. Ces deux entités fonctionnaient de manière largement indépendante, tout en coopérant ponctuellement, notamment pour les transferts disciplinaires, la gestion des décès et l’utilisation du crématorium du ghetto.

Le complexe concentrationnaire conservé aujourd’hui comprend l’entrée du mémorial, marquée par la croix commémorative, des tombes et l’étoile de David. Après l’entrée se succèdent les baraquements, reliés par un tunnel permettant d’accéder à une autre section du site, puis la maison des surveillants et le musée. L’ensemble restitue l’organisation spatiale du lieu, conçue pour le contrôle permanent, l’isolement et la déshumanisation des détenus.

Le ghetto fut initialement peuplé par la déportation de Juifs tchèques à partir de novembre 1941. Les Juifs allemands et autrichiens arrivèrent en 1942, suivis de déportés néerlandais et danois en 1943, puis de prisonniers de diverses nationalités durant les derniers mois de la guerre. Environ 33 000 personnes moururent à Theresienstadt, principalement de faim et de maladie, tandis que plus de 88 000 détenus furent ultérieurement déportés vers des camps d’extermination. Le rôle du Conseil juif (Judenrat) dans la sélection des personnes à déporter demeure un sujet de controverse historique.

Les conditions de vie variaient selon le statut des prisonniers. La majorité était entassée dans des dortoirs collectifs accueillant jusqu’à quatre-vingts personnes par pièce, avec une stricte séparation entre hommes, femmes et enfants. Certains parvenaient à aménager des kumbál, de petites cabanes improvisées dans les combles des baraquements. À l’occasion de la visite de la Croix-Rouge en 1944, des prisonniers dits « éminents » et des Juifs danois bénéficièrent de logements individuels et d’un régime alimentaire amélioré, dans le cadre d’une vaste opération de propagande.

La nourriture était structurellement insuffisante et distribuée de manière profondément inégale. Les personnes âgées et les détenus non affectés au travail recevaient jusqu’à 60 % de rations en moins. La majorité des décès concerna des prisonniers de plus de soixante ans. Les détenus en âge de travailler étaient soumis à des semaines de labeur dépassant soixante heures, dans des ateliers, des services administratifs, des cuisines, des potagers ou les mines de Kladno, sans que le ghetto ne devienne pour autant un centre industriel rentable pour l’effort de guerre allemand.

Après la guerre, la petite Forteresse de Terezín fut transformée en mémorial dès 1947. Le musée du ghetto de Terezín, inauguré en octobre 1991 après la révolution de velours, constitue aujourd’hui un lieu central de transmission de la mémoire. Il s’appuie notamment sur les collections sauvegardées par H. G. Adler et attire chaque année plusieurs centaines de milliers de visiteurs.

57. Teplice

Ville thermale renommée, Teplice se situe dans un vaste bassin entre les monts Métallifères et les monts centraux de Bohême, à une quinzaine de kilomètres à l’ouest d’Ústí nad Labem. Forte d’environ 51 000 habitants, elle est dominée par la silhouette de la Doubravská hora, point de repère visible de loin.

Le patrimoine religieux de Teplice est particulièrement riche et varié. L’église doyenne Saint-Jean-Baptiste, édifiée après 1585, conserve un mobilier baroque remarquable datant du XVIIIe siècle et plusieurs cloches anciennes, dont certaines remontent au XVe siècle. L’église de l’Exaltation de la Sainte-Croix, située sur la place du Château, fut d’abord une chapelle castrale avant de devenir, depuis 1950, un lieu de culte orthodoxe. Sa nef voûtée d’ogives et ses autels en marbre italien témoignent de la profondeur historique du site.

L’église Saint-Prokop Holý, ancienne église luthérienne Saint-Barthélemy conçue par Friedrich Stüler, domine le quartier par son clocher monumental, bien qu’elle soit aujourd’hui inoccupée. La chapelle Seume de la Découverte de la Sainte Croix, édifiée au XVIIIe siècle dans les Havlíčkovy sady, complète cet ensemble religieux, tout comme l’église Sainte-Élisabeth de Šanov, œuvre de Heinrich Ferstel, et l’église du Sacré-Cœur de Jésus à Trnovany, vaste basilique en briques du début du XXe siècle. L’église de l’Église évangélique des Frères tchèques illustre quant à elle l’architecture religieuse de l’après-guerre.

Le château de Teplice constitue l’un des ensembles architecturaux majeurs de la ville. Organisé autour d’une vaste cour, il intègre les vestiges d’un monastère bénédictin roman du XIIe siècle, mis au jour lors de fouilles au XXe siècle. Transformé et agrandi à plusieurs reprises, il abrite aujourd’hui un musée réputé pour sa collection de sculptures. À proximité, le Garden and Ball House, élégant bâtiment baroque de 1732, accueille désormais un café.

Sur les hauteurs de la Doubravská hora, les vestiges d’un ancien château fortifié du XVe siècle rappellent le passé défensif de la ville. Dans un registre plus moderne, le théâtre des frères Čapek, construit entre 1919 et 1924, et le bâtiment expressionniste Concordia, achevé en 1931, illustrent l’évolution architecturale de Teplice au XXe siècle.

Les espaces publics sont ponctués de statues et de monuments baroques, parmi lesquels la colonne de la peste de la Sainte Trinité, érigée en 1719 par Matyáš Bernard Braun. La fontaine du Jubilé, surnommée la fontaine des cochons, rappelle la légende fondatrice de la station thermale. La niche de Pravřídlo, abritant une source originelle, souligne l’importance vitale de l’eau dans l’histoire de la ville.

Enfin, Teplice conserve une forte dimension mémorielle à travers ses monuments commémoratifs, tels que le monument au poète J. G. Seume ou le monument dédié à l’abolition des travaux forcés sous le réservoir.

58. Děčín

Située au confluent de l’Elbe et de la Ploučnice, Děčín est une ville statutaire du district du même nom, dans la région d’Ústí nad Labem. Elle s’étend sur 117,7 km² et compte environ 46 000 habitants. Implantée aux portes de la Suisse bohémienne-saxonne, la ville bénéficie d’un environnement naturel exceptionnel, une grande partie de son territoire étant intégrée au paysage protégé des Labské pískovce. Cette situation géographique confère à Děčín un caractère à la fois urbain et profondément paysager, marqué par les reliefs de grès et les vallées fluviales.

Le monument emblématique de la ville est le château de Děčín, perché sur un rocher dominant la rive droite de l’Elbe, au-dessus du confluent avec la Ploučnice. Ancienne propriété de la famille Thun, il fut utilisé comme caserne jusqu’en 1991. Le visiteur y accède par la spectaculaire Dlouhá jízda, une voie creusée dans la roche et encadrée de hauts murs. Les jardins et parcs du château se déploient jusqu’au pied du rocher, traversés par un sentier passant sous la falaise grâce à un court tunnel, puis prolongé par un pont suspendu enjambant le Mlýnský náhon.

Le centre historique de Děčín conserve plusieurs ouvrages remarquables, notamment le pont de pierre sur la Ploučnice, de style Renaissance (1564–1569), orné de sculptures de Saint Jean Népomucène, Saint Venceslas et Saint Vitus par Michal J. J. Brokof. À Podmokle, le pont aux moutons, datant probablement du XVIIe siècle, se distingue par sa haute arche. La place Masaryk rassemble une fontaine de 1907 et plusieurs maisons bourgeoises historiques, tandis que l’ancien hôtel de ville et l’hôtel de ville, tous deux de style néo-gothique, abritent aujourd’hui le tribunal de district.

Le patrimoine religieux de la ville est particulièrement riche. L’église Saint-Venceslas-et-Saint-Blaise, d’origine gothique, reconstruite au XVIIIe siècle, présente une nef baroque à tribunes, un mobilier baroque et classique, ainsi qu’un orgue rare de Anton et Franz Feller. À ses côtés se trouve la chapelle Sainte-Marie-Perpétuelle. L’église de l’Exaltation de la Sainte-Croix, baroque, reliée au château par un couloir couvert, est célèbre pour son orgue monumental construit par Otto et Gustav Rieger, classé monument culturel national.

À Podmokle, l’église Saint-François-de-Séraphin, de style néo-roman, conserve un maître-autel Renaissance de 1605. L’église évangélique de Podmokle, mêlant styles pseudo-roman et pseudo-gothique, abrite un orgue de E. F. Walcker. L’église Saint-Venceslas de Rožbělesy, baroque longitudinal, se distingue par sa nef octogonale, tandis que l’église Saint-François-Xavier de Bělá, de style baroque tardif, complète cet ensemble religieux. Une ancienne église catholique du début du XXe siècle, incendiée en 1989, subsiste à l’état de ruine.

Plusieurs chapelles ponctuent le paysage urbain, notamment la chapelle Saint-Jean-Népomucène, de style néogothique, œuvre de Josef Mocker, lieu de sépulture des Thun-Hohenstein, la chapelle de la Sainte-Trinité, baroque du XVIIIe siècle, ainsi que plusieurs chapelles baroques à niches dans la vieille ville et à l’entrée de la Longue Chevauchée.

Les quartiers anciens abritent de nombreuses maisons historiques, parmi lesquelles la maison n° 81 avec son portail Renaissance saxonne, les maisons n° 83, 165, 12, 14 et 234, d’origine Renaissance ou baroque, la maison n° 163 au portail rococo, et la maison n° 21, de style Empire. À Podmokle, les rues Teplická et Husovo concentrent un riche patrimoine urbain, complété par le théâtre municipal de Děčín et le musée, ancien pavillon de chasse du XVIIIe siècle.

Enfin, l’élément paysager dominant de la ville demeure le mur des Bergers, accessible autrefois par un ascenseur urbain, unique en République tchèque. Ce site accueille aujourd’hui un zoo, un restaurant panoramique et des sentiers offrant des vues spectaculaires sur la vallée de l’Elbe. S’ajoutent le château de Bynov, le restaurant Shepherd’s Wall et la brasserie Děčín, qui participent à l’identité culturelle et touristique de la ville.

59. Modlivý důl

Nichée dans une vallée boisée au sud-ouest de la colline de Slavíček, la mine de prière, également connue sous le nom de Holly Trench, constitue l’un des lieux spirituels les plus singuliers de la région de Česká Lípa. Située à proximité du village de Svojkov, cette vallée encaissée, appelée Modlivý dol, se distingue par son atmosphère paisible et sa forte charge symbolique. Protégée comme monument culturel de la République tchèque, elle associe harmonieusement patrimoine religieux, formations rocheuses de grès et paysages forestiers. A quelques kilomètres, un théâtre en plein air forestier complète l’ensemble culturel du site.

Au fond de la vallée se trouve la chapelle rupestre dédiée à Notre-Dame de Lourdes, creusée directement dans la roche. À l’intérieur, la statue de Notre-Dame de Lourdes constitue le cœur spirituel du site, attirant pèlerins et visiteurs en quête de recueillement. En face de la chapelle, un imposant rocher sert de cimetière symbolique des grimpeurs, rappelant la relation étroite entre la nature, la spiritualité et l’histoire humaine. De la chapelle, des escaliers permettent de rejoindre des grottes sacrées.

Le chemin menant à la chapelle suit un ancien chemin de croix, dont le départ était autrefois marqué par une croix à l’entrée de la vallée, côté Svojkov. Un long escalier descend vers l’oratoire rupestre, autrefois orné d’une sculpture de la crucifixion réalisée par Josef Max l’Ancien, originaire de Sloup v Čechách. Bien que la sculpture originale ait disparu, le lieu conserve une forte valeur patrimoniale et mémorielle.

Les alentours de la vallée révèlent un remarquable ensemble naturel, notamment les rochers de grès de Svojkov, composés de tours rocheuses telles que Českolipská věž et Novoborská věž, très prisées des grimpeurs. À proximité se trouvent également la source Pramen u Strážce, aménagée au début de la vallée, ainsi que le col de Sedlo pod Slavíčkem, reliant la vallée aux hauteurs boisées environnantes.

Plusieurs itinéraires touristiques balisés traversent la mine de prière, dont le sentier E10, le circuit périphérique de Sloup, et l’itinéraire 3953, long de 11 kilomètres, reliant Zákupy aux gorges de Záhořínská. Ces chemins permettent d’explorer l’ensemble du site, d’atteindre le sommet de Slavíček et d’apprécier pleinement la richesse naturelle, culturelle et spirituelle de cette vallée unique.

60. Cheb

Située dans la région de Karlovy Vary, à proximité immédiate de la frontière allemande, la ville de Cheb, également connue sous son nom allemand Eger ou Egra, s’étend sur les rives de l’Ohře, dont elle tire son appellation germanique. Aujourd’hui, avec environ 33 000 habitants, Cheb demeure la deuxième ville de la région après Karlovy Vary, tout en conservant un centre historique remarquablement préservé, protégé comme réserve de monument urbain.

Le cœur historique est dominé par le château de Cheb, édifié vers 1180 dans le style roman sous l’impulsion de l’empereur Frédéric Barberousse. L’ensemble se distingue par sa chapelle à deux étages, dont l’intérieur constitue un témoignage rare de l’architecture impériale médiévale. À proximité s’élève l’église Saint-Nicolas-et-Sainte-Élisabeth, édifice gothique reconstruit entre 1456 et 1476 sur des bases romanes plus anciennes, dont subsistent les deux tours d’origine. Les peintures murales du Maître Lucas de Nuremberg, les reconstructions baroques du XVIIIᵉ siècle et les répliques néo-gothiques installées en 2008 témoignent des transformations successives ayant profondément marqué le paysage urbain.

Sur la place principale se dresse le célèbre Špalíček, ensemble de onze maisons de marchands médiévales séparées par la Kramářská ulička. Développé dès le XIIIᵉ siècle à l’emplacement d’anciennes cabanes commerciales, cet ensemble a conservé jusqu’à nos jours une disposition quasiment inchangée depuis 1472. Non loin se trouve la maison de Pachelbel, lieu de l’assassinat d’Albrecht von Wallenstein, ainsi que plusieurs demeures emblématiques telles que la maison en pierre à Cheb, la maison Gabler, la maison Minetti et la maison de l’Association Schlaraffia, qui illustrent la richesse architecturale de la ville.

Les vestiges défensifs demeurent visibles à travers les vestiges des remparts de la ville, ponctués par la tour du Moulin, la porte du Sable et la tour du Diable. La place est également dominée par le nouvel hôtel de ville, édifice baroque conçu par JB Alliprandi entre 1722 et 1729, aujourd’hui siège de la galerie des Beaux-Arts. De nombreuses maisons historiques jalonnent la place du Roi Georges de Poděbrady, la place Jánské, la rue Kamenná ou encore Růžový kopeček, formant un tissu urbain cohérent et dense.

Le patrimoine religieux de Cheb est particulièrement abondant. L’église évangélique de Pokoje, construite en 1871, se distingue par sa salle néo-gothique à trois nefs. Le théâtre de 1874, œuvre de l’architecte V. Pröckl, témoigne du dynamisme culturel de la ville à la fin du XIXᵉ siècle. La bibliothèque municipale de Cheb, bâtiment Art nouveau édifié entre 1909 et 1910 par M. Loos de Teplice, constitue un autre exemple remarquable de cette période architecturale.

Les anciens établissements monastiques occupent une place essentielle dans l’histoire urbaine. L’ancien monastère franciscain abrite l’église de l’Annonciation de la Vierge Marie, dotée d’un cloître des XIIIᵉ et XIVᵉ siècles et de la plus ancienne charpente d’origine conservée en Bohême. L’ancienne église Sainte-Claire, aujourd’hui salle de concert, est un édifice baroque attribué à K. I. Dienzenhofer. L’ancien monastère dominicain avec l’église Saint-Venceslas, ainsi que l’ancien monastère croisé près du pont sur l’Ohře et son église Saint-Barthélemy, complètent cet ensemble religieux exceptionnel.

Aux abords de la ville, les environs de Hrozňatov accueillent la chapelle de Lorette et le château de Starý Hrozňatov. Le patrimoine technique est représenté par l’intersection d’Ypsilonka et le viaduc de Cheb de 1898. La mémoire contemporaine est portée par de nombreux monuments, dont le monument aux soldats américains, le monument aux soldats soviétiques, le monument au cimetière juif détruit, le mémorial de la synagogue de Cheb, le mémorial de la 1re division d’infanterie de l’armée américaine et le mémorial aux victimes du rideau de fer.

L’espace public est enrichi par plusieurs œuvres sculptées. La fontaine de Roland, située au centre de la place, est ornée d’une copie moderne de la statue du chevalier Roland, dont l’original est conservé au musée de Cheb. Parmi les statues notables figurent VI Lénine, Julio Fučík et Garde-frontière, aujourd’hui regroupées dans les jardins franciscains. Enfin, la sculpture contemporaine Sepia, œuvre de Jaroslav Róna, installée dans l’enceinte du château de Cheb, illustre le dialogue constant entre patrimoine historique et création moderne.

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