
Au travers de cet article que nous avons voulu le plus complet possible, nous avons souhaité vous présenter tous les lieux d’intérêts incontournables de la Tunisie du Centre, ceux que vous devez absolument voir, ceux qui représentent son essence même. Certains d’entre eux sont évidents et connus de tous, mais d’autres sont des trésors cachés qui méritent d’être parcourus. C’est pour cette raison que nous espérons que cet article, l’un des plus complets disponible sur Internet, qui vous présente les incontournables de la Tunisie du Centre vous aidera à découvrir ce territoire magnifique.
La République tunisienne est un pays d’Afrique du Nord bordé par la mer Méditerranée et reconnu pour la richesse de son histoire, la diversité de ses paysages et l’hospitalité de sa population. Grâce à une infrastructure touristique bien développée, la Tunisie accueille chaque année des millions de voyageurs venus profiter de ses plages lumineuses, de ses médinas vibrantes et de ses traditions séculaires. Entre les rivages ensoleillés, les ruines antiques, les villages sahariens et une gastronomie raffinée, elle offre un éventail d’expériences variées, adaptées aussi bien aux amoureux de culture qu’aux passionnés de nature.
La région côtière centrale de Tunisie s’étend le long des rivages sud-orientaux du pays et regroupe plusieurs villes dynamiques comme Djerba, Gabès, Médenine, Sfax et Zarziz. Cette zone mêle influences berbères, arabes et méditerranéennes, visibles dans l’architecture, les marchés et les traditions locales. Plus au nord, Gabès, seule oasis maritime de Méditerranée, constitue un important point de passage ferroviaire et routier offrant un mélange surprenant de palmeraies, de dunes et de mer.
La ville de Sfax, grande métropole du centre du pays, est réputée pour sa médina vivante, sa kasbah et son port, mais aussi pour être la porte d’accès vers les paisibles îles Kerkennah. Plus au sud, Médenine et Ben Gardane annoncent déjà les paysages désertiques, avec leurs ksour et leurs habitations aux façades sablonneuses. Non loin, les villages côtiers comme Zarziz et les localités de Ghannouch ou Guellala perpétuent les traditions artisanales, notamment la poterie et la pêche. Cette zone centrale constitue ainsi un trait d’union entre la mer, l’oasis et le désert, offrant aux voyageurs une grande variété d’expériences, de cultures et de paysages.
À proximité, les villages traditionnels abritent encore des familles qui vivent selon les méthodes anciennes, perpétuant un savoir-faire unique. L’ensemble de cette région côtière centrale se distingue ainsi par son authenticité, son histoire millénaire et ses lieux emblématiques, oscillant entre archéologie, nature et traditions vivantes.
Fiche pays TUNISIE
1. Sbeïtla
Située dans le centre-ouest de la Tunisie, Sbeïtla, anciennement Sufetula, est une ville de 24 597 habitants rattachée au gouvernorat de Kasserine. La ville représente un carrefour historique majeur, ayant été un centre stratégique lors de la conquête arabe de l’Afrique du Nord et un important site de la province romaine. Elle se distingue par son patrimoine archéologique exceptionnel, où les vestiges romains et byzantins sont remarquablement conservés. La cité permet d’appréhender la vie quotidienne de ses habitants à travers les siècles, depuis l’Antiquité jusqu’à l’époque chrétienne.
Le site archéologique de Sbeïtla intégré à la ville comprend des ruines romaines et byzantines d’une grande richesse. Le Forum en est le cœur, avec son arche d’entrée encore intacte et les trois temples situés à son extrémité. Les ruines des maisons byzantines montrent l’épaisseur des murs, atteignant parfois 1,20 mètre, pour se protéger des invasions. Plusieurs églises et basiliques témoignent de la christianisation de la ville, notamment l’église Bellator, l’église Vitalis, l’église de Giacodos et les églises de Saint Gervas, Protaze et Tryphon. L’ensemble reflète la transition entre l’architecture romaine et byzantine et les pratiques religieuses locales.
Le monument le plus emblématique demeure l’arc de Dioclétien, érigé à la fin du IIIe siècle en l’honneur des tétrarques romains. Cette arche de triomphe symbolise le pouvoir impérial et servait à protéger la ville des incursions berbères. Les thermes, les maisons, les rues pavées et les marchés environnants complètent la reconstitution de la cité antique, offrant un aperçu fidèle de l’organisation urbaine romaine. Le site bénéficie d’un éclairage dynamique et de signalétiques permettant de comprendre les fonctions de chaque édifice.
Sbeïtla conserve également un riche patrimoine funéraire et nécropolaire. Les mausolées et les tombes, dont certains sont en incinération et d’autres en inhumation, permettent d’étudier les origines et carrières des légionnaires. Des stèles et des épitaphes témoignent des différentes communautés, romaines, italiennes, gauloises ou africaines, qui coexistaient dans la ville.
Le musée archéologique adjacent au site présente une collection d’objets allant de la Préhistoire à l’époque chrétienne et musulmane. Il constitue un centre de conservation et de valorisation de l’histoire de Sbeïtla.

2. Haïdra
Haidra ou Haïdra, site de l’ancienne cité romaine Ammaedara, est située dans l’ouest de la Tunisie et constitue un témoin précieux de l’urbanisme et de la défense romaine. Fondée vers 30 avant notre ère par la IIIe légion Auguste, Ammaedara servait à coloniser les provinces d’Afrique du Nord et à sécuriser la frontière sud de la province de Byzance. La ville devient rapidement un diocèse et se développe par la construction de routes, thermes, forteresses et autres infrastructures essentielles à l’administration romaine. Le site offre aujourd’hui une vision complète de la vie militaire, religieuse et civile de l’Antiquité.
Le musée Ammaedara permet de découvrir la richesse archéologique de la ville, avec des expositions sur la fortification, les thermes souterrains et l’art funéraire. Les objets présentés incluent des stèles, des cippes et des sculptures, comme la statue d’Innula Crepereia, illustrant le quotidien et les pratiques religieuses des habitants. Les vestiges sont répartis en plusieurs zones autour de la ville, incluant des mausolées, des thermes et des édifices religieux, offrant une expérience immersive dans la culture romaine et byzantine.
Parmi les monuments les plus notables figure l’arc de Septime Sévère, parfaitement conservé grâce à une muraille défensive. Il est constitué d’une arche de six mètres de large, encadrée de colonnes corinthiennes lisses et surmontée d’un entablement finement décoré. Les inscriptions gravées sur l’architrave témoignent des dédicaces impériales et du rôle stratégique de la cité. D’autres structures, telles que la citadelle byzantine et les fortifications, reflètent l’importance militaire du site face aux invasions et aux conflits de l’époque.
Le réseau funéraire d’Ammaedara comprend plusieurs mausolées, variés par la forme et la taille, dont certains sont tétrastyles ou hexagonaux. Les pierres funéraires et inscriptions fournissent des informations précieuses sur les habitants et les légionnaires romains. L’analyse de ces structures révèle également l’évolution des rites funéraires, passant de l’incinération à l’inhumation, et la réutilisation des matériaux pour les édifices chrétiens.
Enfin, la ville comporte un ensemble de basiliques et d’églises tardives, telles que la basilique de Candidus, la basilique de Melleus et la basilique de la citadelle. Ces édifices, pavés de mosaïques et dotés de cellas et d’abside surélevées, témoignent de l’essor du christianisme et de la continuité de l’occupation jusqu’à l’époque byzantine. Un théâtre et un monument à auges complètent l’architecture publique, offrant un panorama complet de la cité.

3. Gafsa
Gafsa, l’antique Capsa, occupe une place majeure dans le sud-ouest de la Tunisie. Située sur la rive droite de l’oued Beyach, elle fait face à El Ksar, installé sur la rive opposée. La ville constitue le centre administratif du gouvernorat homonyme et regroupe 95 242 habitants selon le recensement. Son implantation dans une trouée entourée des monts de Gafsa, entre le djebel Bou Ramli et le djebel Orbata, confère au site un caractère géographique distinct où relief et oasis structurent l’espace.
La position stratégique de Gafsa, à 360 kilomètres au sud de Tunis et à 70 kilomètres de la frontière algérienne, lui donne un rôle de carrefour sur les axes reliant le nord au sud du pays et l’Algérie à la Libye. Les routes qui traversent la région ont longtemps assuré les échanges commerciaux, les déplacements caravaniers puis les circulations contemporaines.
L’époque romaine a laissé des traces limitées mais significatives. Si aucun monument monumental n’a subsisté, une inscription évoquant un spectacle de jeux atteste l’existence d’un théâtre ou d’un amphithéâtre. En revanche, les piscines romaines, composées de deux bassins à ciel ouvert, demeurent l’un des témoins les plus emblématiques de l’Antiquité. Le premier bassin, à l’est, porte les noms d’Aïn Es Saqqâin, Aïn Ennsârâ ou Termid Ennsâ, et présente une dédicace à Neptune et aux Nymphes. Le second, à l’ouest, appelé Aïn Sidna ou Termid Errejal, est bordé d’une galerie à arcades et communique avec des bassins couverts situés au nord-ouest.
Le patrimoine architectural et religieux de Gafsa illustre la diversité des influences historiques. La grande mosquée, érigée sous les Aghlabides, conserve un plan ancien tandis que son minaret date du XXe siècle. Le minaret de la grande Mosquée constitue d’ailleurs l’un des repères visuels majeurs de la ville. Le mausolée de Sidi Lejri, la synagogue du quartier juif, ainsi que plusieurs demeures traditionnelles : Dar Cherifa, Dar Ismaïl, Dar Kabaachi, ou le musée Dar Longo, apportent un aperçu des formes architecturales qui ont marqué les siècles.
La Kasbah de Gafsa, bâtie au XVe siècle sur les fondations d’une enceinte byzantine, domine une partie de la ville par son imposante silhouette. Ses murs témoignent de périodes de surveillance, de défense et d’administration, offrant aujourd’hui un site de visite où les perspectives sur l’oasis et les quartiers anciens permettent de saisir la structure urbaine. À proximité, l’église Saint-Joseph, aujourd’hui désaffectée, rappelle la diversité confessionnelle qui a marqué l’histoire contemporaine de la région.
Gafsa abrite également des témoins préhistoriques majeurs. L’escargotière de Gafsa, butte artificielle d’une dizaine de mètres, appartient à la culture capsienne et remonte à 7000 avant Jésus-Christ. Ce site, constitué d’accumulations de coquilles et de vestiges anthropologiques, éclaire les modes de vie des populations néolithiques qui occupaient la région bien avant l’essor de Capsa. L’oasis historique de Gafsa, encore exploitée, souligne quant à elle la continuité des pratiques agricoles liées à l’eau depuis l’Antiquité.
L’artisanat tient une place essentielle dans l’identité locale. Gafsa s’est spécialisée dans le tapis de laine, en particulier le kilim et le margoum, dont certains modèles sont destinés à l’exportation.
Le parcours patrimonial se complète avec le musée archéologique de Gafsa, qui conserve des pièces romaines, byzantines et préislamiques. Les visiteurs y découvrent des mosaïques, des inscriptions, des poteries et divers objets liés aux cultures successives ayant marqué la région.

4. Kasserine
Kasserine, ville du centre-ouest tunisien et chef-lieu du gouvernorat éponyme, compte plus de 83 000 habitants. Située à l’écart des grands axes côtiers, elle occupe pourtant une position importante à la jonction des routes menant à Tunis, Sfax et Sousse. Cette implantation stratégique, combinée à son histoire millénaire, confère à la ville un caractère singulier. Kasserine conserve ainsi une identité forte mêlant héritage antique, paysages montagneux et vie locale animée, symbolisée notamment par son souk particulièrement apprécié.
Connue dans l’Antiquité sous les noms de Cilium ou Scilli, la cité fut édifiée vers l’an 80 sous le règne de Vespasien. Elle prospéra durant les époques romaine et byzantine, comme en témoignent les vestiges encore visibles aujourd’hui. S’y découvrent notamment un forum, un arc de triomphe dédié à Septime Sévère, un capitole, plusieurs demeures antiques, ainsi qu’une église paléochrétienne et un fort byzantin. Ces éléments, disséminés autour de la ville moderne, rappellent la richesse urbaine et culturelle de Cilium.
Parmi les monuments les plus remarquables figure le tombeau des Flavii, construit à la fin du IIᵉ siècle pour Titus Flavius Secundus. Ce mausolée exceptionnel abrite une épitaphe de 110 vers, considérée comme la plus longue inscription funéraire latine connue de l’Antiquité. Plus loin, le théâtre romain, édifié à la fin du Ier siècle, fut restauré récemment et accueille à nouveau des représentations depuis 2018.
La région de Kasserine offre également d’importantes richesses naturelles, dont la réserve nationale du mont Echaanbi, qui abrite une faune et une flore variée. S’y observent notamment le pin d’Alep, le cerf, le sanglier, l’aigle et plusieurs espèces d’oiseaux profitant d’un environnement préservé. Le site, dominé par le point culminant de la Tunisie, attire les amateurs de nature grâce à ses paysages étendus et à son atmosphère fraîche et sauvage.
Autour de la ville, les ruines romaines se prolongent jusqu’aux abords des sources d’eau, des collines environnantes et des pentes des monts Echaanbi et Essaloum. Les visiteurs peuvent y parcourir les vestiges des thermes, du théâtre romain, des catacombes et d’autres structures antiques intégrées dans un décor montagneux. Le parcours de santé forestier, situé près du théâtre romain et de l’oued Eddarb, constitue un espace de promenade apprécié, mêlant nature et patrimoine.
Dans le domaine religieux, la ville compte de nombreuses mosquées, témoins de la diversité de ses quartiers. Parmi elles figurent la mosquée Anis, la mosquée Abou Bakr Al Sedik, le Jamaâ At-Tawhid, la mosquée Bouzguem, la mosquée Cité Karma, la mosquée Abd Razzak, ainsi que le Jamaâ Ammar ben At-Taher et la mosquée Hay El Khadhra.

5. Gabès
Située au fond du golfe qui porte son nom, Gabès, 107 223 habitants, occupe une position singulière dans le paysage tunisien en tant que ville à la fois maritime, industrielle et oasienne. Localisée sur la côte sud-est du pays, au sein de la région historique de l’Arad, elle constitue également le terminus de la ligne ferroviaire en provenance du nord, faisant d’elle un point de passage incontournable pour les voyageurs poursuivant leur route vers les confins sahariens. La plage de Taboulbou, libre d’accès et facile d’accès via l’avenue Aboulkacem Echebbi puis la RN1, offre déjà un premier aperçu de cette diversité.
Plus grande agglomération du Sud tunisien après Sfax, Gabès se distingue avant tout par son statut unique : elle est la seule oasis littorale au monde, étendant sa palmeraie jusqu’aux rivages méditerranéens. Cette rare spécificité résulte d’un équilibre fragile entre mer, oued et terres fertiles, façonné par des siècles de savoir-faire agricole.
La palmeraie de Gabès, inscrite sur la liste indicative du patrimoine mondial, témoigne d’un système agricole hérité de l’Antiquité, fondé sur des cultures étagées et une irrigation ingénieuse. Son écosystème particulier accueille une flore et une faune caractéristiques des milieux oasiens. Non loin de là, le bassin versant de l’oued Gabès, classé réserve naturelle, se situe à quinze kilomètres de la ville et représente un espace préservé d’une grande valeur écologique.
L’organisation spatiale de Gabès frappe par son étendue : plus de vingt kilomètres de zones habitées, entrecoupées d’oasis, de canaux ou du cours de l’oued Gabès, dessinent un tissu urbain éclaté mais profondément vivant. Les noyaux historiques se concentrent autour des bourgs de Menzel et de Djara, cette dernière comprenant une Grande Djara et une Petite Djara, tandis que le quartier colonial, héritage du XIXᵉ et du début du XXᵉ siècle, se situe à Bab El Bhar. À ces ensembles s’ajoutent aujourd’hui de nombreux centres rattachés, tels que Sidi Boulbaba, Chenini Nahal ou Ghannouch, qui participent au dynamisme et à l’expansion de la ville contemporaine.
La richesse culturelle de Gabès se manifeste également à travers ses principaux équipements, parmi lesquels la bibliothèque régionale et le complexe culturel de Gabès, lieux essentiels pour la vie artistique et intellectuelle. Le tourisme y connaît un développement constant, tirant profit d’une palette exceptionnelle de paysages : les plages sableuses et le littoral soumis aux plus fortes marées de Tunisie, les montagnes parsemées d’habitations troglodytes du côté de Matmata, le désert tout proche, et bien sûr les oasis dont El Hamma, réputée pour ses sources thermales. La ville combine ainsi mer, steppe, montagne et Sahara dans un rayon d’une rare densité.
Le patrimoine religieux de Gabès est particulièrement riche et reflète les différentes influences qui ont marqué son histoire. La mosquée de Gabès, bâtiment emblématique, voisine avec l’ancienne église de Gabès, édifiée à partir de 1886 puis convertie à d’autres usages. Le mausolée de Sidi Boulbaba Al-Ansari, saint protecteur de la ville, occupe une place centrale dans la spiritualité locale. La médersa de Sidi Boulbaba, datant de la fin du XVIIᵉ siècle et issue de la période mouradite, abrite aujourd’hui le musée ethnographique. D’autres lieux de culte importants, tels que la mosquée El Hadj Amor, la mosquée Sidi Ben Issa, la mosquée Sidi Driss, la mosquée Sidi Gnaoui, ou les zaouïas de Sidi Ahmed Ettijani, Sidi Ali Bahloul et Sidi Krich, composent un ensemble religieux d’une grande densité et diversité.
Les monuments historiques et les lieux emblématiques parsèment également le territoire urbain. La gare ferroviaire de Gabès, remarquable par son style néo-mauresque, est aujourd’hui classée monument historique. Le phare de Gabès, construit en 1893, constitue un repère maritime précieux. L’hôtel Atlantic, fondé en 1923, retrace quant à lui une partie de l’histoire touristique de la ville. Parmi les témoins du patrimoine traditionnel figure également le houche Khraïef, une maison du début du XIXᵉ siècle située dans le vieux Menzel. S’y ajoutent la recette des finances, autre édifice néo-mauresque, et les souks emblématiques tels que le souk Djara, réputé pour son henné et son artisanat, et le souk El Menzel, cœur commerçant du quartier éponyme.

6. Sfax
Sfax, deuxième ville de Tunisie et capitale économique du centre-est, s’étend sur la côte méditerranéenne à environ 270 kilomètres de Tunis. Forte d’environ 600 000 habitants, elle se distingue par son port actif, par son industrie dynamique et par l’importance de son commerce tourné vers la Méditerranée et l’arrière-pays. L’exportation de l’huile d’olive, du poisson frais ou congelé et de divers produits manufacturés participe à son rayonnement économique.
La ville demeure également un lieu de culture et d’histoire grâce à sa médina, à Thyna située au sud et à ses vastes salines, malgré une activité industrielle centrée de longue date sur le traitement du phosphate.
Le patrimoine culturel de la ville est notamment mis en valeur au musée archéologique de Sfax, installé au rez-de-chaussée de l’hôtel de ville. Ce musée conserve une remarquable collection de mosaïques provenant des cités antiques de Taparura et de Thaenae, ainsi que des pièces romaines, préislamiques et islamiques. Bien que fermé pour rénovation depuis 2023, il demeure l’un des principaux repères culturels de la région. À proximité, la kasbah, située à l’angle sud-ouest de la médina, témoigne du passé militaire de Sfax. Elle servit de garnison durant le protectorat français avant d’être reconvertie en espace muséal consacré à l’architecture religieuse, à l’histoire artisanale des bourj et djenès, et aux savoir-faire métallurgiques qui firent la réputation de la ville.
La ville abrite aussi d’importants édifices civils, au premier rang desquels Dar Djellouli, également appelée la maison du Gouverneur. Cette demeure du XVIIIᵉ siècle, organisée autour d’une cour intérieure, expose des collections de costumes, d’arts domestiques, de broderie, de calligraphie et de mobilier ancien dans un petit musée apprécié. Non loin se trouvent Dar Siala et la laison de la photographie (Dar Kammoun), transformées en centres culturels et galeries d’art. Dans la médina, le souk des forgerons, autrefois lieu de tournage du film : Le Patient anglais, a été réaménagé pour accueillir des échoppes contemporaines.
Le cœur urbain de Sfax reste structuré autour de son réseau de portes et de remparts. Longs de 2 750 mètres, les remparts de la médina, édifiés en 1306, entourent encore aujourd’hui le centre ancien avec leurs 34 cachots et leurs tours imposantes. À l’origine, seuls Bab Jebli et Bab Diwan permettaient d’accéder à la ville, mais la croissance démographique du XXᵉ siècle a rendu nécessaire l’ouverture de nouvelles portes telles que Bab El Ksar et Bab Jebli Jedid. Depuis le sommet de la kasbah, le panorama révèle l’étendue de la ville, du front de mer au quadrillage moderne qui s’étend vers l’intérieur.
Le patrimoine religieux de Sfax se distingue par son ancienneté et par la diversité de ses styles. La grande mosquée de Sfax, construite au IXᵉ siècle, domine l’espace central de la médina, tandis que les quartiers alentours abritent une série de mausolées et lieux de culte emblématiques : le mausolée Sidi Amar Kammoun, le mausolée Sidi Ali Ennouri et le mausolée Sidi Belhassen Karray. S’y trouvent également la mosquée El Ajouzine, la mosquée Bouchouaicha, la mosquée Driba, la mosquée Sidi Elyes, ainsi que des édifices plus récents tels que la mosquée Chihia, la mosquée Taktak, la mosquée Sidi Abd El Moula, la mosquée Sidi Bousaâda, la mosquée El Manar et la mosquée Bou Assida. Sfax abrite aussi une église chrétienne, une église orthodoxe grecque, une église évangélique, ainsi qu’une synagogue juive, témoignant de la diversité historique de la ville.
La ville moderne s’articule autour de grands axes dont l’avenue Habib Bourguiba, près de laquelle se dresse l’hôtel de ville, édifice monumental conçu par l’architecte français Rafael Guy. Mélange d’influences arabo-moriques et européennes, le Palais municipal fut progressivement agrandi entre 1906 et 1943, avant d’être achevé en 1955. À proximité se déploient la place de la République, les bureaux administratifs et les quartiers commerçants, qui prolongent le centre historique vers le port et la ville nouvelle. Le ksar Ben Romdhane et le café Sidi Boussaid s’inscrivent dans cette logique d’ouverture et de modernité.
Sfax est aussi une ville de culture grâce à ses institutions. L’institut français de Sfax, ou maison de France, inauguré en 2006, accueille chaque année des dizaines d’événements et propose une bibliothèque riche de plus de 20 000 ouvrages. La ville compte également un grand théâtre, lieu de spectacles apprécié par la population locale. Dans la médina, le souk Erbaa anime encore aujourd’hui la vie quotidienne.
Le port de Sfax, actif depuis 1897, demeure l’un des principaux ports commerciaux du pays. Il se distingue par une amplitude de marée dépassant 1,50 mètre lors des équinoxes, un phénomène rare en Méditerranée. Protégé naturellement par les îles Kerkennah et les hauts-fonds du golfe de Gabès, il fonctionne sans jetée ni digue, ce qui en fait une particularité maritime notable. À proximité, la vue sur Thyna et ses salines illustre le lien étroit entre activités économiques, paysages naturels et histoire ancienne, puisqu’il s’agit de l’emplacement de l’ancienne cité de Thaenae.
Les espaces culturels et muséaux occupent également une place importante dans la mise en valeur de la mémoire locale. Le musée de la kasbah, niché dans les remparts, expose l’architecture traditionnelle sfaxienne et témoigne des formes anciennes de construction, de défense et de vie quotidienne. Plus loin, le cimetière militaire du Commonwealth rappelle les épisodes de l’histoire récente, notamment les combats de la Seconde Guerre mondiale dans la région. L’ensemble de ces lieux contribue à faire de Sfax une cité où les strates historiques dialoguent constamment.

7. Médenine
Médenine, au cœur de la plaine de la Djeffara, s’impose comme une ville charnière du centre-est tunisien, située entre Gabès, Ben Gardane et Tataouine. Traversée par plusieurs oueds, dont l’oued Smâr, elle s’étend dans un paysage aride où dominent les étendues de terre rouge et les reliefs de pierre sèche. Centre administratif de la région, elle rassemble aujourd’hui 71 406 habitants et conserve un rôle essentiel dans la vie économique et culturelle du Sud. À l’entrée de la ville, la grande mosquée de Médenine se dresse comme un repère spirituel et historique, occupant une place majeure dans l’organisation urbaine.
Riche d’une vie culturelle bien ancrée, Médenine abrite plusieurs institutions importantes telles que la bibliothèque publique Médenine-Nord, la bibliothèque régionale de Médenine et le complexe culturel de Médenine, qui accueillent des expositions, des activités pédagogiques et des événements artistiques. Ces infrastructures, éparpillées autour des grandes artères, témoignent du développement constant de la ville, qui associe ses traditions séculaires à des équipements modernes.
Les traces les plus emblématiques du passé se trouvent dans les ghorfas, anciens greniers fortifiés répartis dans les ksour environnants. Parmi eux, le Ksar Lobbeira, qui abrite aujourd’hui le musée des coutumes et des traditions de Médenine, offre une immersion rare dans l’architecture communautaire des Warghama. Non loin de là, le Ksar Ouled Brahim, également appelé Ksar Médenine, ainsi que le Ksar Ommarsia, présentent des alignements de cellules superposées autrefois destinées au stockage.
La dimension religieuse de Médenine apparaît également dans la multiplicité de ses lieux de culte, tels que la mosquée Ommarsia, la mosquée El Takwa, la Ibno Arafa Mosque ou d’autres édifices disséminés dans les quartiers résidentiels. Ces espaces, sobres et ancrés dans le tissu urbain, constituent des points de rassemblement essentiels, reflétant l’attachement de la population à ses traditions spirituelles. À proximité, l’hôtel de ville de Médenine symbolise quant à lui la nouvelle structuration politique et administrative de la région, marquant la transition entre l’héritage tribal et l’urbanisation moderne.
Autour de Médenine, les paysages dévoilent une géographie à la beauté rude. Les montagnes désertiques situées entre Toujane et Médenine sont sillonnées de pistes menant à des oasis isolées où quelques palmiers apportent des touches de vert au milieu du désert ocre. S’y découvrent de petites exploitations agricoles aux murs blanchis à la chaux, où subsistent encore des cultures d’oliviers et quelques parcelles vivrières.
Plus au sud s’étend le seuil du Sahara, vers Ghomrassen, où le paysage change brutalement pour devenir une mer minérale faite de mesas rocheuses et de vastes étendues caillouteuses. Les rares points d’eau y sont signalés par quelques buissons et touffes de palmiers, créant des îlots de vie au milieu du désert.

8. Zarzis
Zarzis, située à l’extrémité sud-est de la Tunisie, offre un visage singulier où se mêlent les influences maritimes et désertiques. Longtemps tournée vers la mer, la ville s’est développée autour de son littoral lumineux bordé d’eaux calmes, attirant voyageurs et habitants pour la douceur de son climat. L’environnement naturel se trouve marqué par une alternance de plages sablonneuses, d’étendues d’oliviers et d’espaces semi-désertiques, dessinant une mosaïque de paysages dont la transition est presque imperceptible.
La dimension historique de Zarzis se reflète dans plusieurs sites emblématiques, dont l’église Notre-Dame-de-la-Garde, édifice de la période coloniale dont la silhouette se distingue encore au cœur de la ville. À proximité, le phare de Zarzis domine la côte et rappelle l’importance stratégique de ce point d’ancrage pour la navigation régionale. Les visiteurs s’intéressent également au musée de Zarzis, qui retrace l’évolution de la région depuis l’Antiquité, en explorant les influences puniques, romaines et arabes qui ont marqué la presqu’île.
L’arrière-pays de Zarzis révèle une autre facette de la région, avec ses grands vergers d’oliviers appartenant à l’un des plus vastes ensembles oléicoles du pays. Certaines exploitations, encore familiales, perpétuent des méthodes traditionnelles de production d’huile d’olive, offrant un aperçu des pratiques rurales locales. En se dirigeant vers les zones plus arides, le paysage devient progressivement désertique, ponctué de petites habitations blanchies et de parcelles cultivées malgré la rareté de l’eau.
Zarzis s’illustre enfin comme une porte d’entrée vers d’autres espaces d’intérêt, notamment l’île de Djerba, accessible via la chaussée d’El Kantara. La proximité de ces deux territoires a créé un bassin de vie étroitement lié, où les échanges culturels et économiques se renforcent depuis des générations.

9. Gigthis
Ancienne cité romaine prospère, Gigthis se situe entre Médenine et Zarzis, dans une zone aujourd’hui désertique où subsistent les traces d’un passé autrefois florissant. Fondée avant la domination romaine, la ville devint une municipalité importante à l’époque impériale, profitant d’une intense activité commerciale liée aux échanges transsahariens. Son emplacement, au carrefour d’axes marchands stratégiques, a permis à Gigthis de se développer en un centre doté de monuments civiques imposants.
Le site archéologique se distingue par plusieurs structures emblématiques, dont le forum, vaste esplanade qui constituait le cœur politique et économique de la cité. À ses côtés, le temple de Saturne montre encore des colonnes massives et des fondations solides, témoignant de l’importance des cultes locaux et romains. Les thermes offrent un aperçu de l’ingéniosité romaine, avec des salles encore partiellement conservées et une organisation typique des complexes de bains. Enfin, l’ancien port aujourd’hui ensablé évoque l’activité maritime qui reliait la cité à d’autres villes de la Méditerranée.
Gigthis se trouve entourée d’un paysage aride et largement ouvert, où les reliefs doux se confondent avec une végétation rare. Cette atmosphère singulière renforce l’impression d’un lieu suspendu, où le silence met en valeur les ruines dispersées sur une vaste surface. Les alignements de blocs, les restes de mosaïques et les bases de colonnes montrent la richesse d’une ville qui connut son apogée durant les premiers siècles de notre ère. La topographie du site permet encore de comprendre l’organisation urbaine antique avec ses rues régulières et ses quartiers spécialisés.
La visite de Gigthis constitue une immersion complète dans l’histoire romaine du sud tunisien, loin des espaces plus fréquentés. Sa situation isolée contribue à la préservation de son authenticité, offrant un cadre idéal pour observer le paysage antique tel qu’il pouvait se présenter aux voyageurs d’autrefois.

10. Sebkhet en Noual
Sebkhet en Noual s’étend au sud-est de la Tunisie sous la forme d’un large chott salé, caractéristique des zones désertiques où l’eau s’évapore en laissant d’épais dépôts minéraux. Située dans une région chaude et sèche, la sebkha change d’apparence selon les saisons : totalement blanche et craquelée en période estivale, légèrement scintillante et marbrée lorsque l’humidité affleure à la surface. Cet environnement à la fois austère et fascinant témoigne des forces naturelles qui modèlent le paysage, entre vents, évaporation intense et variations climatiques.
La zone autour de Sebkhet Noual attire l’intérêt pour la variété de ses phénomènes géomorphologiques. Lors des rares pluies, l’eau forme des nappes éphémères qui transforment temporairement la sebkha en un miroir étendu reflétant le ciel. À la périphérie, les sols deviennent plus épais et plus sombres, abritant une végétation aride composée d’halophytes adaptées aux conditions salines. Les visiteurs peuvent observer plusieurs points d’intérêt, dont les zones de dépôts cristallins et les micro-reliefs formés par le retrait successif des eaux.
La région environnante présente un contraste intéressant entre la sebkha et les petites exploitations agricoles situées plus loin dans les zones légèrement plus fertiles. Certaines habitations isolées profitent de légères dépressions où la terre, moins salée, permet la culture de quelques variétés résistantes. Ces espaces cultivés apportent une touche de verdure rare dans un cadre dominé par des nuances de blanc et d’ocre. De modestes pistes traversent la zone et permettent de rejoindre des localités proches, rappelant que Sebkhet Noual reste intégrée à la vie de la région malgré son apparente solitude.
Sebkhet Noual séduit enfin par la sensation d’immensité qu’elle dégage, avec un horizon dégagé où le vent circule librement. L’absence de reliefs importants accentue la perception d’un espace sans limite, favorable à l’observation de phénomènes naturels comme les mirages et la réverbération lumineuse.
11. Parc national de Jebel Orbata
Le parc national de Jebel Orbata occupe une zone montagneuse située au nord de Gafsa, caractérisée par un relief accidenté et des crêtes abruptes dominant la grande dorsale tunisienne. Fondé pour protéger un environnement naturel remarquable, le parc couvre un ensemble de paysages formés de montagnes, de vallons et de plateaux où alternent formations rocheuses et végétation typique des zones semi-arides. La silhouette imposante de Jebel Orbata, point culminant du massif, se distingue nettement au-dessus des plaines environnantes, offrant un panorama puissant et contrasté.
La richesse écologique du parc repose en grande partie sur la diversité de sa flore et de sa faune. Parmi les espèces végétales, on trouve des formations de genévriers, de pins d’Alep et d’arbustes adaptés à la sécheresse, répartis selon l’altitude et l’exposition des versants. La faune comprend notamment le mouflon à manchettes, la gazelle dorcas et plusieurs oiseaux rupestres, faisant du massif un refuge pour des espèces emblématiques du sud tunisien. Les promenades permettent de découvrir les gorges d’Orbata, dont les parois irrégulières témoignent de l’érosion millénaire.
Les villages proches du parc révèlent une activité humaine ancienne, liée à l’élevage et à l’exploitation modérée de certaines terres cultivables. Ces localités ont longtemps coexisté avec l’environnement montagneux, utilisant les ressources disponibles tout en respectant les contraintes naturelles. Le parc conserve par ailleurs des traces géologiques notables, avec des strates visibles rappelant la formation du massif et les mouvements tectoniques qui ont façonné la région.
Enfin, le parc national de Jebel Orbata constitue une destination appréciée pour ses possibilités de randonnée et d’observation. Les sentiers mènent à des points de vue ouverts sur des étendues désertiques ainsi que sur des zones plus verdoyantes au printemps.

12. Parc national de Bouhedma
Le parc national de Bouhedma s’impose comme l’un des grands espaces protégés du centre de la Tunisie, couvrant plus de seize mille hectares entre les délégations de Mezzouna et de Belkhir. Cet ensemble constitue une transition remarquable entre l’Atlas saharien et les zones plus arides du Sud. Le visiteur découvre un vaste territoire alternant montagnes, piémonts et plaines inondables, où l’atmosphère méditerranéenne aride se fait immédiatement sentir. Les reliefs, dont les altitudes varient sensiblement, offrent une vision contrastée du paysage, marqué par des sols pierreux, des vallons secs et des lignes de crête battues par les vents.
La richesse écologique du parc repose sur des conditions climatiques exigeantes mais favorables à certaines communautés végétales rares. Le climat, aride et contrasté, impose un rythme strict aux cycles de la faune et de la flore. La plaine reçoit des précipitations très limitées tandis que les sommets captent légèrement plus d’humidité, générant une mosaïque d’habitats. Ces variations façonnent des zones de végétation dissociées, depuis les herbacées clairsemées jusqu’aux peuplements d’acacias. L’ensemble compose un paysage où chaque unité géomorphologique révèle une facette différente du milieu.
Bouhedma est surtout célèbre pour être l’une des dernières steppes arborées d’Afrique du Nord, un écosystème aujourd’hui extrêmement rare. L’arbre emblématique du parc demeure l’acacia, particulièrement résistant et élément structurant de cette savane nord-africaine. Les hautes herbes pérennes et les espaces dégagés composent un tableau évoquant les paysages du Sahel africain. Dans cet environnement s’épanouissent des espèces devenues exceptionnelles ailleurs en Tunisie, certaines représentant les derniers noyaux naturels de leur genre dans le pays. Le parc reflète ainsi un patrimoine biologique unique, patiemment protégé depuis des décennies.
La dimension historique du parc s’exprime à travers les réintroductions qui ont marqué la seconde moitié du XXe siècle. Plusieurs espèces, disparues du territoire tunisien, ont retrouvé refuge à Bouhedma, où les conditions naturelles leur sont favorables. Les programmes successifs ont permis à des animaux emblématiques de réapparaître dans leur milieu ancestral, désormais surveillé et aménagé pour leur protection.
Pour le visiteur, le parc offre de vastes espaces d’observation et une immersion profonde dans la nature saharienne. Les randonnées permettent d’explorer des zones de montagnes, des plaines ouvertes et des secteurs où se sont déroulés les programmes de réintroduction. Bien que le parc ne comporte pas de monuments bâtis majeurs, il n’en reste pas moins un lieu d’intérêt incontournable pour la découverte de paysages préservés et pour la compréhension des grands ensembles naturels du centre tunisien.

13. El Mahress
Située sur la côte centrale tunisienne, El Mahress ou Mahrès est une ville littorale de 15 878 habitants, implantée à une trentaine de kilomètres au sud de Sfax. Son rivage s’étend sur près de 28 kilomètres, suivant une côte méditerranéenne ouverte et lumineuse. La ville occupe une position stratégique, au croisement d’anciennes voies romaines dont celle reliant Carthage à Alexandrie, ce qui explique la richesse de son passé.
L’un des marqueurs les plus visibles du patrimoine de Mahrès demeure la forteresse byzantine de Younga, unique de ce type dans la région et datant du VIe siècle. Elle rappelle le rôle majeur joué par la ville à l’époque phénicienne, romaine et byzantine, notamment dans la conversion des populations berbères au christianisme. Sous les Aghlabides, Mahrès acquiert une importance accrue : le cadi Ali ibn Salem Al-Bekri y fait édifier une nouvelle forteresse, alors que la cité devient un rempart contre les invasions menaçant Kairouan. Cet édifice, connu ensuite sous le nom de Mahrès Ali, puis Al Mahrès Al Jadid, a structuré la mémoire urbaine durant des siècles.
Ce même ensemble fortifié évolue en 1937 lorsque les autorités du protectorat français transforment la structure en édifiant la grande mosquée de Mahrès, utilisant les murs de la forteresse comme enceinte extérieure. Non loin, une autre construction religieuse illustre la diversité du patrimoine local : la mosquée Bensahloun, plus modeste mais importante pour la vie quotidienne des habitants. Le littoral abrite quant à lui plusieurs œuvres contemporaines installées en plein air, témoignant de la vocation artistique de la ville ; parmi elles, la sculpture Solidarité mondiale de Brahim Konstantini, visible le long de la corniche, constitue une création emblématique.
L’un des lieux les plus fréquentés de la ville est aussi sa vaste plage située sur l’avenue Habib Bourguiba, dont l’accès est libre et qui offre un cadre agréable, ponctué de sculptures et d’aménagements publics.

14. Les îles Kerkennah
L’archipel des Kerkennah forme un ensemble insulaire d’une grande singularité, situé au large de Sfax et composé de deux grandes îles, Gharbi et Chergui, ainsi que d’une multitude d’îlots. Le relief y est extrêmement plat, avec des altitudes qui dépassent rarement quelques mètres, créant un paysage d’une douceur horizontale remarquable. Cet environnement quasi aride, bordé de lagunes et de sebkhas, offre un cadre naturel unique en Méditerranée. La mer, peu profonde et claire, entoure l’archipel d’une luminosité changeante, souvent spectaculaire.
La végétation typique est dominée par le palmier, même si la palmeraie apparaît clairsemée en raison du manque d’eau et des sols salins. Malgré ces conditions, les habitants ont développé, au fil des siècles, des savoir-faire adaptés à l’environnement insulaire. La culture traditionnelle de la pêche demeure omniprésente, notamment grâce aux pièges fixes typiques de l’archipel : les charfias. Ce système ancien témoigne de l’ingéniosité maritime locale et confère aux rivages un charme singulier.
| Kerkennah, située à une quinzaine de kilomètres au large de Sfax, séduit par son atmosphère insulaire où la pêche demeure l’activité essentielle, complétée par un tourisme discret mais authentique. L’été offre les conditions idéales pour profiter de son air marin plus doux qu’en ville, de ses eaux chaudes et de son ambiance typiquement locale, tandis que l’automne, l’hiver et le printemps révèlent une île calme, sans affluence, où l’observation des habitudes kerkenniennes devient encore plus passionnante. L’accès se fait exclusivement par le bac Sfax–Kerkennah, dont la difficulté réside moins dans la traversée que dans la localisation de l’embarcadère, perdu dans la circulation mouvementée de Sfax : il faut suivre les panneaux « Bac Kerkennah », se rapprocher de la gare ferroviaire, du chemin de fer et de la Foire Internationale, avant d’atteindre le grand bâtiment blanc de la Sonotrak, situé en bordure des rails et animé par le passage constant de camions en direction ou en provenance de l’île. Le tarif coûte environ 2 euros (Tarifs en vigueur en novembre 2025). |
L’archipel se distingue également par la présence de sites culturels et historiques qui enrichissent l’expérience du visiteur. Parmi les lieux majeurs figurent le site archéologique de Borj Hassar, dont les vestiges rappellent l’occupation ancienne de ces terres, et le musée du patrimoine insulaire méditerranéen, situé à El Abassia, qui propose une immersion dans l’histoire, la vie quotidienne et les traditions des Kerkennah. Ce musée présente des objets, des scènes reconstituées et un ensemble de témoignages matériels retraçant le lien profond entre les habitants et leur environnement maritime.
Les Kerkennah abritent également un patrimoine religieux dispersé à travers l’archipel. Les marabouts, nombreux, ponctuent le paysage de leurs silhouettes blanches. Plusieurs d’entre eux sont particulièrement réputés, notamment le marabout de Sidi Saïd et le marabout de Sidi Youssef, lieux de recueillement et de tradition locale.
Outre leur richesse culturelle, les Kerkennah bénéficient d’un environnement marin d’une grande valeur écologique. Les fonds marins environnants abritent l’un des plus vastes herbiers de posidonies de Méditerranée, véritable refuge pour de nombreuses espèces marines.

14 A. Île de Gharbi
Île occidentale de l’archipel des Kerkennah, Gharbi ou Garbi se distingue par sa silhouette trapézoïdale, ses quatorze kilomètres d’extension et sa large palmeraie clairsemée. L’île s’ouvre au visiteur par le débarcadère du bac à Sidi Youssef, point d’arrivée indispensable qui relie quotidiennement Sfax. Les bateaux de pêche dans le port de Sidi Youssef forment l’un des tableaux emblématiques de l’île, rappelant l’importance de la mer dans la vie locale. Autour s’étendent les premiers signes du paysage agricole traditionnel, dont le visiteur peut admirer les nuances en parcourant simplement la route principale.
En gagnant l’intérieur, le décor se resserre autour d’un patchwork de vergers où dominent oliviers, figuiers et vignes. Ce paysage agricole caractéristique accompagne le voyage vers Mellita, le village central, dont les maisons blanches et les ruelles paisibles reflètent l’atmosphère sereine de Gharbi. Plus à l’est, Ouled Ezzedine constitue une seconde agglomération, à taille humaine, entourée de champs et de palmiers isolés qui structurent la plaine.
Le nord de l’île abrite l’un de ses monuments les plus marquants : Borj Mellita, une tour défensive ancienne, dressée sur la côte et dominant les lagunes. Le site, encore lisible dans sa structure, offre une vue remarquable et constitue un repère incontournable pour comprendre l’histoire insulaire. À proximité, deux points de vue naturels complètent l’exploration : Mellita Cove et Din Cove, tous deux situés dans la partie nord et particulièrement appréciés pour leurs couleurs changeantes selon l’heure du jour.
Au sud, l’île révèle un autre lieu notable, le Green Dome, structure singulière posée au cœur d’un environnement plus sauvage. Ce site marque le contraste entre la partie agricole de l’île et ses zones plus reculées, encore peu transformées.

14 B. Île de Chergui
Plus vaste et plus peuplée, Chergui ou Gherguia forme l’« île orientale » des Kerkennah, avec une superficie proche de 110 km² et un ensemble de villages alignés le long de son axe occidental. Le premier grand site naturel à découvrir est El Abassia Cove, situé dans le sud, offrant un panorama lumineux sur les lagunes. Au nord-est, la ville d’El Attaya, avec son marché animé et ses mosquées, constitue l’un des pôles culturels majeurs de l’île, où traditions maritimes et vie quotidienne se rejoignent.
Au centre de Chergui se trouve Remla, chef-lieu administratif, entouré d’une mosaïque de hameaux formant onze des treize villages de l’archipel. Dans le sud-ouest, l’histoire se matérialise à travers Borj Elhsar, un fort ancien qui dominait autrefois les accès maritimes et dont la silhouette traduit l’importance stratégique du site. Plus à l’est, les marais salants El Abassia s’étendent dans un paysage presque irréel, baignés de teintes rosées ou blanches selon la saison, à proximité de La maison du Sel, un lieu muséal et pédagogique.
La partie nord-ouest permet de rejoindre la plage Sidi Fenkhal, connue pour son sable clair et ses eaux calmes. Plus au nord, Ennajet Bridge constitue un lien essentiel vers l’île Kerkenah, où se trouve la ville de Kraten, riche de plusieurs sites : le phare Ras Jelija, la plage de Kraten et le port de Kraten, tous témoins de la relation intime entre l’archipel et la mer.

15. Teboulbou
Située au sud de la Tunisie, Teboulbou ou Taboulbou borde la Méditerranée et offre un littoral de cinq kilomètres marqué par son principal atout balnéaire : la plage de Taboulbou. Accessible depuis l’avenue Aboulkacem Echebbi puis la route nationale, elle constitue un espace libre d’accès très fréquenté, apprécié pour son sable doux et ses nuances de bleu qui varient selon les saisons.
Dans l’ancien centre du village se trouve les vestiges d’une zawiya dédiée à Sidi Bouali. À côté s’élève la mosquée du vieux village, construite sur un site où des fouilles des années 1970 ont mis au jour un ancien cimetière.
Les environs de Teboulbou sont aussi connus pour leurs vestiges archéologiques, notamment les traces abondantes de poterie romaine ou punique, souvent découvertes sur les terres agricoles. Les abords de Chatt Hamrouni sont particulièrement riches, confirmant l’existence d’activités anciennes sans doute liées au commerce ou à la navigation.
Enfin, près de la côte, subsistent les restes épars d’un ancien phare, autrefois repère pour les voyageurs maghrébins et andalous se rendant vers le Levant. Il est évoqué par le voyageur hafside Abd-Allah at-Tijani, qui décrivait Gabès et ce phare comme des points vitaux dans son périple. Bien que réduit à quelques pierres, le site conserve un fort pouvoir évocateur, reliant le visiteur aux récits anciens et aux routes maritimes de l’ère médiévale.




