
Au travers de cet article que nous avons voulu le plus complet possible, nous avons souhaité vous présenter tous les lieux incontournables de Tenerife aux Canaries, ceux que vous devez absolument voir, ceux qui représentent son essence même. Certains d’entre eux sont évidents et connus de tous, mais d’autres sont des trésors cachés qui méritent d’être parcourus. C’est pour cette raison que nous espérons que cet article qui vous présente les incontournables de Tenerife aux Canaries vous aidera à découvrir ce territoire magnifique.
L’archipel espagnol des Canaries, niché dans l’Atlantique au large des côtes nord-ouest de l’Afrique, forme un ensemble d’îles volcaniques où s’équilibrent nature sauvage, traditions insulaires et climat subtropical. Réparties en sept grandes îles et plusieurs îlots, ces terres contrastées allient plages dorées, forêts humides, volcans majestueux et villages pittoresques. Région autonome, les Canaries offrent une richesse géographique et culturelle qui attire des visiteurs tout au long de l’année, séduits par la diversité des paysages et la douceur de vivre.
Chaque île dévoile une identité singulière : Fuerteventura, avec ses plages immenses et ses vents puissants, La Palma, aux reliefs escarpés et cieux étoilés, ou El Hierro, pionnière en énergies renouvelables. Gran Canaria alterne dunes, montagnes et vie urbaine, tandis que Lanzarote, sculptée par César Manrique, propose une symbiose rare entre art et géologie. Dans ce chapelet insulaire, Tenerife, plus vaste et plus peuplée, s’impose comme un condensé de l’âme canarienne, entre sommets vertigineux, forêts luxuriantes, plages animées et patrimoine historique.
Avec ses 2 034 km², Tenerife est la plus grande des îles de l’archipel, et aussi la plus haute : en son centre s’élève le Teide, volcan emblématique qui culmine à 3 718 mètres, faisant de lui le point le plus élevé d’Espagne. Entouré par le parc national du Teide, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, ce colosse domine un paysage minéral de cratères, coulées de lave et formations rocheuses aux couleurs surnaturelles. Le site, accessible en téléphérique, constitue l’un des lieux les plus visités de l’île, emblème d’un volcanisme encore vivant.
Tenerife est une île de contrastes. Au nord, les massifs d’Anaga et de Teno abritent des forêts humides de laurisilva, des vallées profondes et des villages accrochés aux falaises, comme Taganana ou Masca, accessibles par des routes sinueuses. Le nord est aussi marqué par une tradition agricole vivace et un tissu urbain plus ancien, avec des villes historiques comme La Orotava ou San Cristóbal de La Laguna, classée au patrimoine mondial pour son architecture coloniale et son plan urbain du XVIe siècle.
Le sud de l’île, plus sec et ensoleillé, concentre les principales stations balnéaires comme Los Cristianos, Playa de las Américas ou Costa Adeje, qui attirent par leurs infrastructures modernes, leurs plages aménagées et leur vie nocturne animée. Cette façade méridionale est aussi un haut lieu de l’hôtellerie et du tourisme balnéaire, sans pour autant rompre avec l’environnement naturel : de nombreuses zones protégées y subsistent, comme la réserve naturelle spéciale de Montaña Roja ou les falaises de Los Gigantes, impressionnants remparts volcaniques plongeant dans l’océan.
| Tenerife est un point de départ central pour explorer les autres îles Canaries en ferry, avec des traversées régulières vers La Gomera, Gran Canaria, Lanzarote, Fuerteventura, La Palma et El Hierro. Parmi les liaisons les plus rapides, se trouve la liaison vers La Gomera, accessible en moins d’une heure depuis Los Cristianos, idéale pour une excursion d’une journée. Gran Canaria est également bien desservie avec environ 15 traversées quotidiennes depuis Santa Cruz de Tenerife, d’une durée d’1 h 40. Certaines destinations nécessitent plus de temps, comme Lanzarote (environ 11 heures de traversée), ou Fuerteventura, qui propose jusqu’à 28 liaisons quotidiennes, principalement opérées par Naviera Armas et Trasmediterranea. La Palma, malgré sa proximité, requiert aussi environ 11 heures de mer, selon les itinéraires et les compagnies. Enfin, El Hierro est desservie plusieurs fois par semaine depuis Los Cristianos, pour une traversée de 2 h 30 minimum. Les deux principaux ports de Tenerife sont Santa Cruz de Tenerife (au nord) et Los Cristianos (au sud), chacun étant le point de départ privilégié selon la destination visée. Ces ports accueillent les terminaux des compagnies Naviera Armas, Fred Olsen Express et Trasmediterranea, qui assurent la majorité des liaisons inter-îles. |
Santa Cruz de Tenerife, capitale de l’île et cocapitale de la communauté autonome des Canaries avec Las Palmas de Gran Canaria, allie dynamisme urbain, vie culturelle intense et patrimoine architectural. Son centre-ville abrite musées, galeries, jardins, mais aussi des monuments contemporains comme l’auditorium de Tenerife, symbole de modernité. La ville accueille également l’un des carnavals les plus célèbres au monde, rivalisant avec le carnaval de Rio de Janeiro en éclat, costumes et exubérance.
Les infrastructures de transport sont bien développées. L’île dispose de deux aéroports : Tenerife Nord (Los Rodeos) et Tenerife Sud (Reina Sofía) qui assurent des liaisons régulières avec le reste de l’archipel, l’Espagne continentale et de nombreuses villes européennes. Les routes, souvent sinueuses à l’intérieur, sont modernes et gratuites, sans péage. Le réseau de bus interurbains TITSA permet de relier les principales localités, tandis que les ferries connectent l’île aux autres Canaries via les ports de Santa Cruz et Los Cristianos.
Fiche pays CANARIES
1. Santa Cruz de Tenerife
Située au nord-est de l’île de Tenerife, Santa Cruz de Tenerife est l’une des deux capitales de la communauté autonome des Canaries. Forte de 211 436 habitants, elle combine une histoire coloniale riche à un dynamisme résolument contemporain. Sa topographie littorale, son urbanisme aéré et son patrimoine architectural en font une ville unique. En arpentant ses rues, le visiteur découvre à la fois les témoins d’un passé stratégique et les créations audacieuses de l’architecture moderne, dans un décor toujours animé par la vie locale.
Les fondations religieuses de la ville s’expriment d’abord par l’église de l’Immaculée Conception, cœur spirituel de Santa Cruz, reconnaissable à sa tour en pierre volcanique et à son plan en croix latine. Elle incarne le point de départ de l’histoire urbaine de la ville. À proximité, l’église Saint-François d’Assise attire par la richesse de ses œuvres baroques et sa façade soignée. Édifiée au XVIIe siècle, elle est la seconde plus importante église de la cité.
L’expression contemporaine s’impose au sud de la ville, avec l’impressionnant auditorium de Tenerife, dessiné par Santiago Calatrava. Édifice iconique bordant l’Atlantique, il incarne à lui seul la modernité architecturale des Canaries au tournant du XXIe siècle. À ses côtés se dressent les tours de Santa Cruz, deux gratte-ciel jumeaux de 120 mètres de haut, symboles de la verticalité urbaine et de la volonté de la capitale de se projeter dans l’avenir. Ces édifices sont devenus emblèmes visuels, apparaissant sur timbres, pièces et publications touristiques.
Non loin se dressent les sièges de CajaCanarias et Cajasiete, remarquables par leurs lignes sobres. Ancien record de hauteur dans la ville, le bâtiment connu sous le nom de El Rascacielos conserve sa place dans l’imaginaire urbain. Ces édifices jalonnent une skyline en mutation, reflet du dynamisme économique de la capitale insulaire.
Les origines défensives de la ville ressurgissent au travers de plusieurs fortifications. Le château de Saint-Jean-Baptiste, connu localement sous le nom de Château Noir, défendait jadis la rade. À ses côtés, la place d’Espagne occupe l’ancien emplacement du château de San Cristóbal, dont les vestiges souterrains sont aujourd’hui accessibles grâce à un tunnel d’exposition. Cette place, réaménagée en 2006 par les architectes Herzog & de Meuron, intègre une fontaine circulaire évoquant le passé maritime du lieu et constitue le centre névralgique de la capitale.
Le tissu muséal de Santa Cruz témoigne d’une volonté de préservation et de diffusion culturelle. Le plus renommé est le musée de la nature et de l’archéologie, qui conserve la plus riche collection d’objets guanches de l’archipel. Non loin, le musée d’histoire militaire des Canaries, installé dans le fort Almeyda, retrace les affrontements historiques de la ville, notamment la tentative d’invasion par Horatio Nelson en 1797. Plus spécialisé, le centre photo de l’île de Tenerife rassemble archives et fonds photographiques précieux pour les amateurs d’image.
Le musée des Beaux-Arts occupe un élégant bâtiment classique érigé en 1929. Il abrite une riche collection de peintures flamandes, espagnoles et canariennes du XVIe au XXe siècle, dont le célèbre « Tríptico de Nava y Grimón » de Pieter Coecke. À quelques rues de là, l’espace des Arts de Tenerife, inauguré en 2008, accueille l’œuvre du surréaliste Óscar Domínguez dans un cadre architectural contemporain. Il constitue une vitrine de l’art moderne à l’échelle insulaire. À travers ces espaces, la capitale offre un panorama complet de la création plastique locale et internationale.
La ville est aussi largement tournée vers la nature et les loisirs. Le poumon vert du centre reste le parc García Sanabria, vaste jardin public créé en 1926, agrémenté de sculptures, de fontaines et de l’horloge florale offerte par le Danemark. Sur le front de mer, le Palmetum se distingue comme jardin botanique écologique, fruit d’une reconversion exemplaire d’une ancienne décharge. Il abrite plus de 600 espèces de palmiers et se découvre à travers sentiers, ruisseaux et cascades. Ces deux parcs représentent les principaux lieux de détente en pleine ville.
Les infrastructures de loisirs sont complétées par le parc maritime César Manrique, vaste complexe aquatique conçu par le célèbre artiste lanzarotien. Entre roches volcaniques, bassins d’eau de mer et palmiers, il évoque une oasis artificielle en bord d’océan. Malgré l’ouverture partielle de ses piscines, il reste très fréquenté.
Par ailleurs, la ville compte aussi un grand marché dominical près de la gare routière, lieu de vie populaire où se mêlent produits locaux, vêtements et artisanat. Le marché Nuestra Señora de África, quant à lui, mérite le détour pour son architecture néo-coloniale et son ambiance animée.
Le développement urbain de Santa Cruz de Tenerife s’est accéléré ces dernières années dans les secteurs d’El Cabo et de Los Llanos, devenus le centre névralgique de l’expansion administrative et architecturale. Ces quartiers accueillent désormais les principaux bâtiments institutionnels contemporains, tels que le palais de justice, le bâtiment polyvalent II, la présidence du gouvernement et le pôle de transports.
Le tissu vert de la ville s’est enrichi au fil du temps. Le parc de La Granja, aménagé en 1969, abrite un centre culturel et demeure un espace de détente et d’activités sportives apprécié des habitants. Plus à l’est, le parc culturel Viera y Clavijo, installé dans une ancienne école de jeunes filles, attend sa réouverture après travaux. Il comprend un espace dédié aux arts du spectacle.
Les places publiques sont au cœur de la sociabilité santacrucera. La place de la Candelaria, bordée par le palais de la Carta, le casino, la chambre de commerce et l’immeuble Olympo, perpétue la tradition des grands espaces civiques, tout comme la place Weyler, ornée d’une fontaine génoise de style Renaissance.
La ville conserve plusieurs ensembles de style néoclassique ou rationaliste, à l’image de la place d’Isabel II, où trône une fontaine de pierre bleue dessinée par Pedro Maffiotte. L’édifice Núñez, à l’angle de la rue La Marina, fut le premier à utiliser une ossature en acier et des voûtes courbes préfabriquées. Plus au nord, la place du Prince des Asturies, ancien jardin du couvent de San Francisco, est appréciée pour sa végétation. D’autres lieux comme la place de l’Europe, la place de 25 de Julio surnommée place des Canards, la place de la Paix ou la place du Chicharro, animée par la sculpture emblématique d’El Chicharro, ponctuent la ville de points de rencontre identitaires.
L’espace urbain de Santa Cruz se distingue par la profusion de sculptures visibles dans ses parcs, ses promenades et ses places. L’une des œuvres les plus notables est la statue de la Fécondité, aussi appelée Arbórea, située dans le parc García Sanabria. Le long des Ramblas, du parc Viera y Clavijo et jusqu’à Las Asuncionistas, la ville conserve l’héritage des expositions internationales de sculpture en plein air de 1973 et 1994, où se découvrent des œuvres de Henry Moore, Joan Miró, Andreu Alfaro, Martín Chirino ou encore Óscar Domínguez.
Parmi les monuments les plus imposants, le triomphe de la Candelaria, aussi appelé obélisque de la Candelaria, se dresse sur la place de la Candelaria. Sculpté à Gênes en 1768 par Pasquale Bocciardo, il représente la Vierge de la Candelaria, patronne des Canaries, entourée de quatre statues de Guanches veillant sur elle. Au bout de la Rambla de Santa Cruz, un autre ensemble sculptural marquant est le monument de l’Ange, dédié en 1966 à Francisco Franco, figurant un ange aux ailes déployées et une allégorie du dictateur brandissant une épée en croix.
La production artistique contemporaine se poursuit avec des œuvres récentes. En 2021, la place d’Espagne a accueilli Lo llevo bien, sculpture en acier de Julio Nieto, haute de cinq mètres. L’œuvre figure un homme-arbre et symbolise l’optimisme face à l’adversité.
Enfin, l’identité festive de la ville trouve son expression dans la Casa del Carnaval, musée dédié au Carnaval de Santa Cruz de Tenerife, reconnu festival d’intérêt touristique international. Il retrace, par des costumes, vidéos et documents, l’évolution de l’un des carnavals les plus célèbres au monde.

2. La Esperanza
Située dans la partie haute de la municipalité d’El Rosario, à une altitude de 879 mètres, dans le nord-est de l’île, La Esperanza s’étend sur une plaine verdoyante au cœur de l’île de Tenerife. Son nom évoque le sentiment d’espoir éprouvé par les conquérants castillans lorsqu’ils aperçurent leur camp depuis cet endroit, après avoir perdu la bataille d’Acentejo. Comptant environ 3 400 habitants, cette localité constitue le centre administratif et civique de la commune.
La Esperanza accueille plusieurs institutions publiques majeures, comme la mairie, le tribunal de paix, le bureau du cadastre et le siège de la police locale. Des services essentiels y sont regroupés : bureau de poste, cabinet médical, centre éducatif CEO Leoncio Rodríguez et l’école maternelle La Esperanza, ainsi que des installations sportives. L’église paroissiale Nuestra Señora de la Esperanza domine le centre, entourée de commerces, restaurants, bars et autres structures qui contribuent à la vie locale.
Le parc forestier d’Adelantado constitue un espace naturel emblématique tout proche, véritable poumon vert de la commune. Cette zone boisée, propice aux promenades et activités en plein air, est un lieu de rencontre entre biodiversité locale et traditions rurales.

3. Parc national du Teide
Le parc national du Teide, situé au centre de Tenerife, couvre une superficie de 190 km², représentant environ 10 % de l’île. Classé patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2007, il est également reconnu parmi les 12 trésors d’Espagne. Le parc doit sa renommée à ses deux volcans emblématiques : le Teide (3 715 mètres), sommet le plus élevé d’Espagne, et le Pico Viejo (3 135 mètres). Ensemble, ils forment un massif volcanique spectaculaire s’élevant au-dessus de l’immense caldeira connue sous le nom de Las Cañadas.
La valeur historique du parc remonte à l’époque des Guanches, peuple autochtone de Tenerife, qui considérait le Teide comme un lieu sacré, équivalent au Mont Olympe pour les Grecs anciens. Ce site symbolisait pour eux l’entrée de l’au-delà. Depuis sa déclaration comme parc national en 1954, il a reçu le diplôme européen des espaces protégés en 1989, renouvelé régulièrement en reconnaissance des efforts de conservation.
Le paysage est façonné par une intense activité volcanique et une forte amplitude altitudinale. Les pentes inférieures du parc sont couvertes de pins canariens, alors que la zone centrale, au relief aride et rocailleux, est balayée par des vents violents. À l’intérieur de la caldeira, seuls des arbustes endémiques et des herbes résistantes parviennent à s’adapter aux conditions extrêmes. Ce contraste donne au parc un aspect lunaire fascinant.
L’ascension du Teide constitue l’un des points forts de la visite. L’accès au sommet depuis La Rambleta (3 555 mètres), où arrive le téléphérique, est soumis à un permis gratuit mais limité à 200 personnes par jour. Ce permis s’obtient exclusivement en ligne, souvent plusieurs mois à l’avance. En dehors des horaires du téléphérique, l’accès reste théoriquement interdit sans permis, mais les contrôles sont plus souples, notamment au lever ou au coucher du soleil.
Le téléphérique du Teide, partant de la station inférieure (2 350 mètres), atteint la station supérieure en une dizaine de minutes. Il fonctionne entre 9h00 et 17h00, sous réserve de conditions météorologiques favorables. L’achat des billets en ligne est fortement recommandé, les places se vendant rapidement. Le tarif aller-retour standard s’élève à 40 €, avec des réductions pour les résidents et les enfants.
La randonnée constitue un autre moyen privilégié pour explorer le parc. Des sentiers balisés, comme le PNT 07 (Montaña Blanca-La Rambleta) ou le PNT 09 (Pico Viejo-Narices del Teide), permettent d’accéder à des points de vue exceptionnels sans recourir au téléphérique. Depuis novembre 2024, ces itinéraires nécessitent également un permis gratuit, afin de réguler la fréquentation et protéger les sols volcaniques fragiles.
Les éléments emblématiques du parc ne se limitent pas à ses volcans. Les formations géologiques telles que les Roques de García, les coulées de lave anciennes, ou les champs de pumice offrent un aperçu saisissant de l’histoire géologique de l’île. Le lézard des Canaries, les plantes endémiques et les fleurs de bugloss du Teide viennent compléter le tableau d’un espace naturel unique en Europe, où l’isolement et l’altitude créent un microcosme fascinant.
Autour de la base du volcan, le Roque Cinchado, emblème naturel de l’île, s’élève à 27 mètres. Cette formation appartenant au groupe des Roques García résulte d’un empilement de roches sédimentaires traversées par des filons de lave, témoignant de la dynamique volcanique ancienne. Non loin de là, le mirador de Chío constitue un excellent point d’observation pour les couchers de soleil, avec une vue dégagée sur les versants sud-ouest de l’île.
Les amateurs de randonnée trouvent un terrain de jeu varié et exigeant. L’ascension depuis Montaña Blanca jusqu’au sommet, en passant par le refuge Altavista, suit le sentier n°7 et propose une montée de 1 460 mètres de dénivelé sur 8,8 kilomètres. Les conditions météorologiques stables mais l’altitude imposent prudence et préparation. La descente peut s’effectuer par l’itinéraire Pico Viejo–Roque Cinchado–Parador, long de 9,3 kilomètres, nécessitant logistique et anticipation.
Parmi les sommets secondaires, Montaña Blanca, à 2 748 mètres, constitue le troisième plus haut sommet de Tenerife. Ce cône parasite du Teide offre un terrain volcanique clairsemé de pierres ponces, souvent utilisé comme point de départ pour les longues randonnées. Plus à l’ouest, le Chinyero, dernier volcan actif de l’île, culminant à 1 556 mètres, a façonné une réserve naturelle de lave noire suite à son éruption de 1909, la dernière enregistrée sur Tenerife.
Le Pico Viejo, second sommet de l’île à 3 135 mètres, se découvre via une boucle depuis Boca Tauce. L’itinéraire, passant par les Narices del Teide, propose une randonnée de 5 à 6 heures, au cœur de champs de lave rouge et noire, typiques des paysages éruptifs. Ce cratère de 800 mètres de diamètre illustre parfaitement les anciennes phases explosives du volcanisme local.
Vers l’est, le Mont Guajara, haut de 2 718 mètres, offre une vue imprenable sur le Teide depuis son sommet. L’ascension par le sud, en passant par l’impressionnant paysage lunaire, est plus exigeante (4 à 6 h), mais traverse des zones de végétation endémique. Un autre accès plus facile est possible depuis l’hôtel Parador. Ce site est apprécié pour l’observation astronomique en raison de sa situation en altitude.
Enfin, à 2 390 mètres d’altitude, l’observatoire du Teide accueille les télescopes de plusieurs pays depuis 1964. Des visites guidées permettent de découvrir cet ensemble scientifique unique, situé dans une zone à l’atmosphère exceptionnellement stable.

4. Parc rural d’Anaga
Le parc rural d’Anaga, classé réserve de biosphère, se déploie sur les reliefs escarpés du nord-est de Tenerife. Ce massif ancien, façonné par l’érosion, abrite une biodiversité exceptionnelle, allant des forêts de laurisilva brumeuses aux falaises abruptes surplombant l’océan Atlantique. La géomorphologie variée révèle des sites remarquables comme les Roques de Anaga, les pitons de Chinobre, Anambro, ou encore l’arche de Taganana.
Parmi les nombreux belvédères du parc, le mirador de Jardina, accessible depuis la route de Las Mercedes, offre une vue panoramique sur La Laguna et le Teide à l’horizon. Plus au sud, la plaine des Loros dévoile les vallées ouvertes vers la côte. Le point de vue de la Croix du Carmen, très fréquenté, nécessite une arrivée matinale pour éviter la foule. À proximité, la chapelle de la Cruz del Carmen, dédiée à la Vierge Carmen, marque un lieu de passage historique.
Les sentiers de randonnée sont nombreux et adaptés à différents niveaux. Les sentiers de randonnée d’Anaga, balisés au départ de Cruz del Carmen, incluent un circuit accessible aux fauteuils roulants et un autre menant à une station météo. Les conditions climatiques peuvent rendre la marche difficile en cas de pluie, avec une boue persistante.
Depuis le village de Chamorga, un itinéraire spectaculaire relie la montagne à la mer jusqu’à Roque Bormejo, en passant par le phare de Faro de Anaga. Ce sentier côtier, très apprécié, mêle vues maritimes et traversées forestières. Une boucle complète permet de remonter par le Camino de Roque Bormejo, offrant une immersion totale dans le relief anagais.
Le célèbre Sendero de El Pijaral, au cœur de la forêt humide, relie le parking de La Ensillada au point de vue de Cabezo del Tejo. Cette randonnée, limitée à 45 visiteurs par jour et soumise à permis, traverse une laurisilva dense souvent noyée dans les nuages, révélant un microclimat unique. Les autorisations doivent être obtenues plusieurs jours à l’avance.
Autour du Roque de Taborno, surnommé le Cervin de Tenerife, un sentier en boucle serpente au bord des falaises, offrant des vues vertigineuses. Ce site emblématique de 706 mètres d’altitude est idéal pour une randonnée courte mais mémorable. Prudence toutefois sur certains passages étroits.
Enfin, les plages ne sont pas en reste. La Playa de Las Teresitas, avec son sable blanc importé, attire les visiteurs à l’est de Santa Cruz. Plus au nord, Almáciga et ses voisines révèlent des plages de sable noir d’origine volcanique.

5. San Cristóbal de La Laguna
Située dans le nord-est de l’île de Tenerife, dans la province de Santa Cruz de Tenerife, San Cristóbal de La Laguna, peuplée de 160 450 habitants, est l’une des villes les plus riches en patrimoine historique des îles Canaries. Inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO, son centre ancien reflète fidèlement le modèle urbain des villes coloniales hispano-américaines. Le parcours commence naturellement dans la rue San Agustín, l’artère la plus élégante, bordée de demeures seigneuriales comme la maison Salazar, remarquable exemple d’architecture baroque canarienne, ou encore la maison des Capitaines Généraux, devenue hôtel de ville. Le charme des lieux réside aussi dans ses multiples couvents, églises et places jalonnant un espace urbain d’une grande homogénéité.
Les édifices religieux constituent un pan essentiel de cette ville historique. L’imposante cathédrale de San Cristóbal de La Laguna, à l’élégante façade néoclassique, conserve un somptueux retable baroque dédié à la Vierge des Remèdes. Non loin, l’église de l’Immaculée Conception dévoile de splendides plafonds mudéjars et un clocher offrant un point de vue dominant sur la ville. Le parcours se prolonge avec le couvent de Santa Clara d’Assise, le premier des Canaries, qui expose une collection monastique précieuse. À quelques pas, le sanctuaire royal du Christ de La Laguna conserve le crucifix le plus vénéré de l’île, le Cristo de La Laguna, et une réplique authentifiée du Suaire de Turin.
Le voyage se poursuit vers d’autres joyaux religieux. L’église Saint-Dominique de Guzmán, célèbre pour la tombe du corsaire Amaro Pargo, est également ornée d’une fresque monumentale. Le couvent de Santa Catalina de Sienne, où repose le corps incorrompu de La Siervita, fascine par ses retables et ferronneries baroques. Le couvent de Saint-Augustin, quant à lui, abrite aujourd’hui le lycée Canarias Cabrera Pinto, berceau de l’enseignement supérieur aux Canaries. Non loin, l’église de l’hôpital Dolores, premier centre hospitalier de la ville, renferme de remarquables œuvres d’art canarien des XVIIe et XVIIIe siècles.
Les lieux de mémoire et d’histoire ne manquent pas. L’église de Saint-Jean-Baptiste et le cimetière de Saint-Jean-Baptiste rappellent l’épisode tragique de la peste de 1581. La place del Adelantado, ancien cœur civique et festif de la cité, ornée d’une fontaine en marbre venue de Marseille, reste l’un des lieux les plus emblématiques. La bibliothèque Adrián Alemán de Armas, installée dans un édifice historique, conjugue culture, quiétude et modernité.
Côté musées, le prestigieux musée de l’histoire de Tenerife, logé dans la Casa Lercaro, plonge dans le quotidien canarien des siècles passés. Le musée des sciences et du cosmos, situé à la lisière de la ville, s’adresse aux curieux de tous âges par ses expositions interactives et son planétarium. Le musée de l’institut Cabrera Pinto, installé dans l’ancien couvent de Saint-Augustin, rassemble objets scientifiques et collections pédagogiques. Juste à côté, la fondation Cristino de Vera, consacrée à l’artiste contemporain du même nom, propose un dialogue entre peinture, silence et spiritualité.
Les amateurs de nature trouveront également de quoi s’émerveiller. Les piscines naturelles de Bajamar, alimentées par les vagues de l’Atlantique, offrent une baignade spectaculaire. Le mirador de Jardina, sur la route TF-12, révèle une vue imprenable sur la ville et les crêtes environnantes. Plus haut encore, le mirador Cruz del Carmen surplombe la vallée, au sein du parc rural d’Anaga. Le mirador de Aguaide, situé près de Chinamada, s’ouvre sur un panorama côtier saisissant, jalonné de flore et faune locales.
Pour approfondir la découverte de la nature environnante, le centre d’accueil des visiteurs du parc national d’Anaga, situé à Cruz del Carmen, fournit cartes, expositions et conseils pour explorer cette zone classée réserve de biosphère. Ce centre constitue le point de départ idéal pour des randonnées dans la laurisylve, forêt subtropicale ancestrale unique aux Canaries. Plusieurs itinéraires conduisent à des hameaux troglodytiques, comme le hameau de Chinamada, niché au cœur des montagnes.
La ville se distingue aussi par sa vie culturelle. Le théâtre Leal, édifice éclectique récemment restauré, programme concerts, pièces et projections dans une salle de plus de 600 places. Les marchés participent aussi au dynamisme local : le marché municipal de La Laguna, situé place du Christ, est le lieu idéal pour découvrir les produits du terroir, de l’artisanat aux spécialités agricoles. Flâner dans la zone piétonne de la place del Adelantado permet aussi d’apprécier l’ambiance conviviale et commerçante de la ville.
Enfin, San Cristóbal de La Laguna ne saurait être complète sans évoquer le monument de Mesa Mota, émouvant mémorial dédié aux 583 victimes de l’accident aérien de 1977. Sa structure symbolique, dessinée en spirale vers le ciel, est un lieu de recueillement face au panorama de l’aéroport de Tenerife Nord.

6. Tegueste
Située au nord de Tenerife, Tegueste s’insère entièrement dans le territoire de San Cristóbal de La Laguna, une singularité territoriale unique dans l’archipel des Canaries. Sans accès au littoral, cette municipalité se trouve à 550 mètres d’altitude et appartient à l’aire métropolitaine de Tenerife. Ce territoire préservé conjugue nature, patrimoine et traditions vivantes, dans un environnement où la ruralité garde une place centrale.
Le centre historique de Tegueste, ville centrale de la municipalité, peuplé d’un peu plus de 4000 habitants, classé Bien d’Intérêt Culturel dans la catégorie de site historique, se développe autour de l’église de San Marcos l’Évangéliste. Ce cœur ancien abrite également la maison de l’Audience, ancien hôtel de ville, la place de La Arañita, ainsi que des demeures historiques telles que la maison du Prébendier Pacheco, datée de 1847, ou le manoir du Tacoronte, vaste palais à deux étages. L’ensemble reflète l’élégance de l’architecture traditionnelle canarienne.
Plusieurs éléments ethnographiques ponctuent la commune, dont les calvaires et fontaines de La Placeta, Las Toscas et El Socorro, construits entre la fin du XIXe et le début du XXe siècle. La fontaine de La Placeta, en particulier, constitue un lieu emblématique du vieux Tegueste. Non loin de là, l’église de Nuestra Señora del Socorro, du XVIe siècle, témoigne de l’ancienneté du peuplement et de la ferveur religieuse.
Le territoire de la municipalité conserve des traces significatives de la culture guanche. Le ravin d’Agua de Dios, classé Bien d’Intérêt Culturel dans la catégorie zone archéologique, abrite un ensemble de grottes ayant servi d’habitat ou de lieu rituel. Ces vestiges soulignent l’importance du peuplement indigène dans la région avant la conquête castillane.
La nature est omniprésente, avec une partie du parc rural d’Anaga sur le territoire de Tegueste. Cet espace, classé réserve de biosphère par l’UNESCO, constitue une zone protégée au relief accidenté, offrant une végétation luxuriante de laurisilva. Le Camino de Los Laureles, ancienne voie de liaison avec La Laguna, traverse ces paysages humides et mystérieux.
Plusieurs espaces culturels de la municipalité permettent de découvrir les traditions et savoir-faire locaux. Le musée du Pèlerinage, le musée ethnographique de la maison Zamorano, ainsi que la salle d’exposition Prebendado Pacheco, mettent en valeur le passé rural, les fêtes religieuses et l’artisanat. Le théâtre Tegueste et le terrain de lutte Mencey Tegueste accueillent spectacles et compétitions sportives traditionnelles.
L’ambiance rurale se prolonge au marché des agriculteurs et artisans de Tegueste, véritable vitrine des produits locaux. Le parc de loisirs de La Quebrada et la cité sportive de Los Laureles complètent les équipements publics d’une commune qui conjugue qualité de vie, patrimoine et nature dans un cadre d’exception.

7. Garachico
Sur la côte nord de Tenerife, la commune de Garachico avec ses 4920 habitants se distingue par son patrimoine exceptionnel et ses paysages volcaniques spectaculaires. Située à seulement 13 mètres d’altitude, la ville principale s’ouvre sur l’Atlantique et se déploie autour du Roque de Garachico, formation rocheuse emblématique qui se détache de la côte comme un sentinelle.
Le centre historique de Garachico, classé Bien d’Intérêt Culturel dans la catégorie site historique, réunit l’un des ensembles architecturaux les mieux conservés de l’archipel, remontant aux XVIe et XVIIe siècles. Les rues pavées, la place de la Libertad, le lampadaire de la place de la mairie, et la maison seigneuriale des comtes de La Gomera, témoignent d’un passé prospère, lié au commerce transatlantique avant l’éruption de 1706.
Les édifices religieux abondent, parmi lesquels l’église de Santa Ana, qui abrite le Très Saint Christ de la Miséricorde, confectionné au Mexique à partir de tiges de maïs. L’église de San Pedro de Daute, le monastère de l’Immaculée Conception, et l’ermitage de San Roque, apportent à la ville une forte densité spirituelle. L’ancien couvent et l’église de San Francisco, transformés en bibliothèque et musées, enrichissent l’offre culturelle.
Le château de San Miguel, forteresse côtière du XVIe siècle, fait également partie des sites à découvrir. Classé Bien d’Intérêt Culturel, il rappelle les efforts de défense contre les pirates. À proximité, les sables noirs des plages de la côte contrastent avec le bleu intense de l’océan, offrant un spectacle naturel frappant.
Les piscines naturelles d’El Caletón, formées par l’éruption volcanique qui détruisit une partie de la ville, constituent l’une des attractions les plus connues de Garachico. Fréquentées tant par les locaux que les visiteurs, elles permettent une baignade sécurisée dans un environnement basaltique spectaculaire. Le point de vue de La Culata offre, depuis les hauteurs, une vue panoramique sur l’ensemble du littoral garachiquense.
La ville a été intégrée en 2021 à l’association des plus beaux villages d’Espagne, une reconnaissance qui souligne la richesse de son patrimoine et le soin apporté à sa conservation. Cette distinction renforce l’attrait touristique du site tout en valorisant son authenticité.

8. El Sauzal
Située dans le nord-est de l’île de Tenerife, El Sauzal avec ses 5297 habitants est une localité qui incarne à la fois l’histoire, la culture et la beauté naturelle des îles Canaries. Capitale administrative de la municipalité du même nom, entourée de vignobles, elle regroupe la majorité des infrastructures locales : la mairie, le tribunal d’instance, le commissariat de police, le cimetière municipal, plusieurs centres éducatifs (comme le centre pour enfants Mi Cometa, l’école maternelle et primaire El Sauzal, l’école britannique, le lycée San Nicolás), ainsi qu’un cabinet médical, un centre commercial, une bibliothèque publique, un auditorium, une salle d’exposition, un marché municipal, et bien d’autres équipements.
Sur le plan religieux et patrimonial, El Sauzal abrite plusieurs édifices remarquables comme l’église San Pedro Apóstol (classée Bien d’Intérêt Culturel en 2005), l’ermitage de Notre-Dame des Anges et de la Mer, ainsi que les chapelles San Nicolás, San José, Calvario et Los Ángeles. On y trouve aussi plusieurs musées reflétant les traditions locales : le musée de la Maison du Miel, le musée de la Maison du Vin, le musée canarien de la lutte, et le musée du Serviteur de Dieu.
La nature y est omniprésente, avec des espaces verts comme le parc Los Lavaderos ou le parc de La Garañona, et des points de vue spectaculaires tels les points de vue de Las Breñas, El Casco et La Garañona. Le sentier de Las Breñas, la promenade côtière sur la Costa de Acentejo et la plage de La Garañona offrent de belles occasions de découvrir le littoral et l’arrière-pays. La maison d’hôtes Balcon del Mar constitue un point de chute apprécié des visiteurs.
Enfin, El Sauzal est également connue pour ses arbres monumentaux : deux dragonniers (Dracaena draco), un olivier sauvage (Olea cerasiformis) et un palmier dattier des Canaries (Phoenix canariensis), chacun situé à des emplacements emblématiques comme la mairie ou les terrains environnants.

9. Icod de los Vinos
Installée sur le flanc nord-ouest de Tenerife, à environ 233 mètres d’altitude, Icod de los Vinos est une ville historique de près de 23 500 habitants, réputée pour son riche patrimoine naturel et culturel. Elle doit son surnom de ville du Drago à la présence du célèbre Dragonnier millénaire, emblème vivant de l’île, classé Monument National depuis 1917.
Le centre historique d’Icod abrite un ensemble remarquable de bâtiments, dont l’église principale San Marcos, la place Andrés de Lorenzo Cáceres, la place de La Pila, le couvent de San Francisco, la maison-musée Emeterio Gutiérrez Albelo, et la maison des Cáceres. L’église San Marcos, avec son architecture coloniale et son patrimoine artistique exceptionnel, conserve notamment le Seigneur Mort d’Icod de los Vinos, œuvre précolombienne réalisée en pâte de maïs par les Indiens Tarasques.
La place de La Pila, entourée de demeures anciennes, constitue l’un des cœurs historiques de la ville. À proximité, le couvent de San Francisco, aujourd’hui reconverti en bibliothèque municipale, retrace plusieurs siècles d’histoire locale. L’hôtel de ville se dresse sur l’ancien emplacement du couvent augustinien de Saint-Sébastien, tandis que l’église San Agustín conserve des éléments d’architecture mudéjare.
Le patrimoine naturel de la municipalité d’Icod comprend également la plage de San Marcos, nichée dans une baie abritée, et la célèbre grotte du Vent, l’un des plus longs et complexes tunnels volcaniques du monde. Cette cavité, formée il y a 27 000 ans par les coulées de lave du Pico Viejo, abrite des formations géologiques uniques, une faune endémique et des vestiges paléontologiques et archéologiques remarquables, notamment des restes de Gallotia goliath et de Canariomys bravoi.
Sans oublier les grottes des Guanches et de Don Gaspar, qui sont des sites archéologiques incontournables.

10. Basilique Notre-Dame de Candelaria
À environ 20 kilomètres au sud de Santa Cruz de Tenerife, dans la ville mariale de Candelaria, à l’est de l’île, se dresse la majestueuse basilique Notre-Dame de Candelaria, premier temple marial des Canaries. Dédiée à la patronne de l’archipel, cette basilique est construite sur le site où les Guanches vénéraient l’image découverte en 1390 dans la grotte d’Achbinico, devenue le sanctuaire primitif. Le bâtiment actuel, œuvre de José Enrique Marrero Regalado, se distingue par son architecture néoclassique et son clocher de 45 mètres, visible de loin.
Classée Bien d’Intérêt Culturel, elle accueille chaque année des milliers de pèlerins, notamment les 2 février et 15 août. Sa structure intérieure est ornée de peintures murales spectaculaires, de sculptures, et d’un dôme décoré des armoiries des sept îles. L’autel principal et son retable abritent la niche de la Vierge, richement décorée.
L’ensemble comprend plusieurs espaces remarquables : le vestiaire de la Vierge de Candelaria, la chapelle du Tabernacle (avec la fresque L’Apothéose de l’Eucharistie), la chapelle du Christ de la Réconciliation, la salle des cierges (ou salle des offrandes), ainsi que de nombreux vitraux retraçant des épisodes de la vie de la Vierge ou de ses apparitions aux Guanches.
Les extérieurs sont tout aussi imposants : la place de la Patrona de Canarias est bordée de sculptures en bronze des neuf menceyes, réalisées par José Abad, et offre une vue spectaculaire sur l’océan Atlantique. Le couvent royal de Notre-Dame de Candelaria, situé à côté, abrite un musée d’art sacré, une bibliothèque, une salle de conférences et un cloître néo-canarien.
La basilique possède également dix cloches, dont les plus anciennes datent de 1894 (comme Santa María de Candelaria et San José), chacune nommée individuellement et certaines jouant même des mélodies en hommage au père Jesús Mendoza González.
Les armoiries de la basilique affichent les insignes papaux et l’image de la Vierge, symbolisant son lien avec le Vatican. À l’intérieur, les œuvres des peintres José Aguiar, Carlos Chevilly, Dimas Coello, Manuel Martín González et Emilio Bordanova participent à l’atmosphère mystique et artistique du lieu.

11. La Orotava
Au nord de l’île, La Orotava, peuplée de 42 585 habitants, s’étend du niveau de la mer jusqu’au sommet du pic du Teide (3 715 mètres), ce qui en fait la commune la plus élevée d’Espagne et au relief le plus spectaculaire. Son centre-ville, perché à environ 360 mètres, est classé site historique et artistique national depuis 1976, et figure dans l’Inventaire européen du patrimoine culturel.
Le centre historique abrite des édifices emblématiques : l’église de la Concepción, joyau baroque du XVIIIe siècle ; l’église de Santo Domingo de Guzmán et l’ancien couvent de San Benito, aujourd’hui consacré au musée d’artisanat hispano‑américain de Tenerife (MAIT). L’église San Agustín et le convent de Notre-Dame de Grâce, aujourd’hui maison de la culture, traduisent l’influence religieuse et architecturale du passé.
Les grandes demeures seigneuriales constituent un autre volet du patrimoine : la maison des Balcons (Casa de Fonseca), ainsi que les palais Lercaro, Zárate‑Machado, Mesa, Monteverde, Ponte et Franchy, témoignent de l’art de vivre et de l’histoire économique du centre historique. L’hôtel de ville (palais municipal) y figure également avec élégance.
Les espaces publics tels que la place du Liceo de Taoro ou les jardins du Marquisat de Quinta Roja prolongent cet héritage.
La route des moulins, restée emblématique, conserve treize structures d’irrigation et de broyage de gofio, dont trois toujours opérationnels. L’école San Isidro, fondée par Nicandro González y Borges et dirigée par les Pères Salésiens, dans la lignée du lycée Taoro (ancien Phalanstery), perpétue l’esprit éducatif de la localité.
La nature investit aussi le territoire : une partie du parc national du Teide appartient à la commune, permettant d’accéder à la haute montagne et à l’environnement volcanique. Les champs agricoles et les terrasses dominent certaines vallées les vallées de La Orotava et La Perdoma, conférant à la commune un lien profond entre ville et nature.

12. Puerto de la Cruz
Située au nord de Tenerife, Puerto de la Cruz occupe une place singulière dans l’histoire des îles Canaries. Cette ville côtière de 31 377 habitants constitue le berceau du tourisme insulaire, s’étant imposée dès le XIXe siècle comme une destination privilégiée pour les visiteurs européens, notamment grâce à la fondation en 1886 du premier sanatorium de l’archipel. Elle forme, avec La Orotava et Los Realejos, l’aire métropolitaine de la vallée d’Orotava, totalisant plus de 111 000 habitants.
Le cœur historique de la ville est structuré autour de la place Charco, espace animé et cosmopolite bordé de palmiers et de bâtiments colorés. Sa fontaine centrale, construite en 1880, reste un symbole local, tout comme la promenade maritime de San Telmo, sentier côtier bordé de roches volcaniques et ponctué par l’élégant ermitage de San Telmo, édifié en 1870 et très apprécié pour ses vues sur l’Atlantique.
Le patrimoine religieux de la ville comprend l’église de Nuestra Señora de la Peña de Francia, un édifice baroque du XVIIe siècle qui conserve des œuvres artistiques majeures, ainsi que l’église San Francisco, dont la chapelle San Juan Bautista, datant du XVIe siècle, se distingue par son style Renaissance et ses retables baroques. L’ermitage de San Nicolás de Tolentino, flanqué de son manoir attenant, offre un aperçu d’une architecture plus intimiste et rurale.
Parmi les bâtiments civils d’intérêt, la maison royale des douanes, fondée en 1620, mêle élégance coloniale et usage contemporain. Restaurée par le Conseil insulaire, elle abrite aujourd’hui une boutique d’artisanat local ainsi que le musée d’art contemporain Eduardo Westerdahl (MACEW), dédié aux artistes canariens du XXe siècle. Y sont exposées des œuvres de César Manrique, Óscar Domínguez et d’autres figures emblématiques de l’art espagnol moderne.
L’héritage défensif de la ville est porté par le château de San Felipe, forteresse du XVIIe siècle construite pour repousser les pirates. Aujourd’hui reconverti en centre culturel, il accueille concerts, expositions et récitals, offrant une continuité vivante à ce patrimoine militaire. Un autre vestige stratégique est la batterie de Santa Bárbara, qui rappelle l’importance de Puerto de la Cruz comme point de défense maritime.
La vocation scientifique et internationale de la ville est attestée par la maison Jaune, où fut installée entre 1913 et 1918 la station anthropoïde de Tenerife. Ce centre de recherche pionnier sur les primates, dirigé par le psychologue Wolfgang Köhler, a marqué l’histoire mondiale de la primatologie. Le bâtiment est aujourd’hui un lieu de mémoire unique dans l’histoire scientifique européenne.
Côté nature, le jardin d’acclimatation de La Orotava, fondé en 1788, constitue un trésor botanique remarquable. Conçu pour acclimater des espèces tropicales, il conserve une vaste collection de plantes venues du monde entier. Plus au nord, le Loro Parque s’étend sur 135 000 m² et accueille plus de 400 espèces animales, dont une importante population de perroquets. Inauguré il y a plus de trente ans, il figure parmi les attractions les plus visitées d’Espagne.
La façade maritime de la ville a été magistralement repensée par César Manrique, avec le complexe du Lago Martiánez, inauguré en 1977. Ce vaste ensemble de piscines d’eau de mer, de lacs artificiels, de palmiers et de sculptures volcaniques s’étend à deux pas de la plage de La Barranquera. Il associe loisirs balnéaires et esthétique architecturale, tout en intégrant des éléments naturels dans l’espace urbain.
Enfin, la Playa Jardín, également conçue par Manrique, allie sable noir, jardins tropicaux et équipements touristiques modernes. Divisée en trois zones : Playa del Charcón, Playa del Castillo et Playa de Punta Brava, elle permet de conjuguer baignade, promenade et détente dans un environnement subtilement façonné. À proximité se dresse l’historique hôtel Taoro, transformé en casino puis en établissement culturel, et qui entame actuellement sa reconversion vers son usage hôtelier initial.
Puerto de la Cruz séduit aussi par son offre culturelle pérenne. L’Institut d’Études Hispaniques des Canaries (IEHC), fondé en 1953, est un pôle intellectuel majeur des îles. Il organise des expositions, des projections de films, des conférences et des festivals, renforçant le rayonnement culturel de la ville. Non loin, le jardin Sitio Litre, ancienne demeure du XVIIIe siècle ayant accueilli Agatha Christie et Alexander von Humboldt, ouvre ses portes au public, dévoilant orchidées, dragons millénaires et souvenirs d’écrivains.
Le marché municipal d’El Tejar, de style fonctionnaliste, constitue une halte populaire pour les habitants comme pour les visiteurs. Entre spécialités locales, produits frais et ambiance chaleureuse, il complète l’expérience d’un Puerto de la Cruz vivant, cultivé et profondément attaché à son héritage.

13. San Andrés
San Andrés, localité de la municipalité de Santa Cruz de Tenerife, dans le nord-est de l’île, est la plus peuplée du district d’Anaga avec 2 651 habitants. Fondée à la fin du XVe siècle, elle a été l’un des premiers centres de peuplement de l’île. L’église de San Andrés Apóstol, datant du XVIIe siècle, constitue un précieux témoignage de l’architecture religieuse ancienne, avec un retable classé datant de 1850 et l’image du Saint-Christ du Cegato, sculptée en bois d’oranger.
Le château de San Andrés, ou tour défensive construite en 1769, figure parmi les symboles architecturaux de la ville. Initialement entouré de douves, il protégeait la côte contre les pirates. Le site a joué un rôle central lors de la bataille de Santa Cruz en 1797.
Parmi les bâtiments remarquables figurent l’Hacienda de Cubas, domaine du XVIIIe siècle érigé sur un ancien tagoror guanche ; la vieille école Estévez, datant de 1933, et les pressoirs à vin en tuf volcanique, vestiges d’une tradition viticole renommée. L’école Estévez, dans un style éclectique, et le cimetière de 1894‑1910, complètent un ensemble architectural varié.
Le territoire naturel de San Andrés couvre plusieurs paysages protégés comme le ravin du Cercado, le palmeral du Cercado, et le complexe côtier des orgues, falaises basaltiques aux formes spectaculaires. Les points de vue de Los Órganos, Montaña Chamuscada et El Cresal offrent des panoramas grandioses sur l’Atlantique.
Sur la côte, les plages de Las Teresitas et Las Gaviotas figurent parmi les plus fréquentées de Tenerife, alliant sable doré ou noir à l’ombre des montagnes d’Anaga. Le quai de pêche, la jetée de 1944, le pont multicolore de 2016 et les bunkers militaires témoignent de l’évolution historique du littoral.
Enfin, les loisirs et équipements sont bien présents : l’avenue maritime de San Andrés, le centre sportif Francisco Bello, les zones de loisirs de Las Quebradas et Rosa Sosa, et les hébergements comme l’auberge Montes de Anaga méritent un détour.

14. Taganana
Dans le nord-est de l’île, niché dans le massif d’Anaga, Taganana s’impose comme l’un des villages les plus anciens de Tenerife, fondé en 1501. Son passé en tant que municipalité indépendante au XIXe siècle et sa localisation isolée lui confèrent un cachet singulier. Le village se distingue par une architecture traditionnelle remarquable, avec de nombreuses maisons rurales en pierre et des pressoirs typiques témoignant de la culture viticole ancestrale.
Peuplé de 511 habitants, le village possède une riche tradition dans la culture de la canne à sucre et du vin.
Le patrimoine religieux de Taganana reste un élément central de son identité. L’église Notre-Dame des Neiges, classée Bien d’Intérêt Culturel, conserve un important fonds artistique incluant sculptures, orfèvrerie et peintures d’époques variées. Non loin de là, l’ermitage de Santa Catalina, également protégé, complète ce panorama historique.
Le village est entouré de vallées spectaculaires, visibles notamment depuis le chemin des virages de Taganana. Plusieurs itinéraires de randonnée permettent d’explorer les alentours, connectant Afur, Almáciga ou encore El Bailadero. Ces sentiers plongent dans des paysages naturels intacts, mêlant mer et montagne.
Le littoral de Taganana se distingue par ses plages sauvages et préservées. La plage de Roque de las Bodegas, dominée par le Roque Amogoje surnommé le lion de Taganana, constitue un point d’ancrage naturel impressionnant. La plage de Tachero, plus discrète, complète l’offre balnéaire de cette enclave protégée.

15. El Médano
Dans le sud de l’île, El Médano, situé dans la municipalité de Granadilla de Abona, est aujourd’hui l’un des centres touristiques les plus réputés de Tenerife et la capitale mondiale de la planche à voile. Composé de quartiers comme Arenas del Mar, El Cabezo, ou Ensenada Pelada, le bourg s’est développé autour de la plage Leocadio Machado, également connue comme Plage d’El Médano, la plus longue plage naturelle de sable de l’île.
Le paysage est dominé par la Montaña Roja, cône volcanique spectaculaire classé monument naturel, dont les sentiers mènent jusqu’à un panorama exceptionnel sur la côte sud. Ce relief emblématique marque la frontière entre les plages et les plaines arides de la région, et attire de nombreux amateurs de randonnée.
Les vents constants font de El Médano un haut lieu international du kitesurf, windsurf et autres sports nautiques. Chaque année, des compétitions de niveau mondial s’y déroulent. Des criques comme El Cabezo, La Jaquita ou Pelada offrent des espaces plus tranquilles pour la baignade ou la détente.
En dehors de son attrait balnéaire, El Médano accueille plusieurs infrastructures importantes telles que le centre commercial El Médano, le marché agricole de Granadilla, ou la grotte de Saint Frère Pierre, haut lieu de pèlerinage. L’Institut des technologies des énergies renouvelables (ITER) se trouve également à proximité.
La ville propose aussi une promenade côtière continue, reliant les différentes plages et quartiers de El Médano, avec de nombreux espaces publics comme la Plaza Roja, la place Galicia ou la place de l’Ermitage. Ces espaces ouverts en font une ville animée, à la fois moderne, sportive et tournée vers la mer.

16. Granadilla de Abona
Située au sud de Tenerife, Granadilla de Abona incarne un centre administratif et patrimonial majeur. Avec près de 6 000 habitants, cette ville rassemble les institutions publiques de la municipalité et de nombreux services essentiels, tout en conservant un caractère traditionnel.
L’église paroissiale San Antonio de Padua, classée Bien d’Intérêt Culturel, domine la vieille ville et constitue un exemple remarquable d’architecture religieuse insulaire. L’ancien couvent franciscain voisin, également classé, témoigne de la ferveur religieuse et de l’importance spirituelle de la commune à travers les siècles.
Parmi les éléments ethnographiques en cours de valorisation figure le caserío sobre La Fuente, ensemble rural typique en voie de classement. S’y ajoutent d’autres monuments, comme l’ermitage de Santa Lucía, nichée dans un décor naturel. L’hôtel rural Senderos de Abona permet de découvrir l’hospitalité du village au cœur même de son patrimoine.
Le tissu urbain s’organise autour de plusieurs places, ruelles pavées et commerces traditionnels, tandis que les infrastructures contemporaines : écoles, bibliothèque, centres culturels, soutiennent le développement local. Les festivités locales rythment la vie du centre, en particulier lors des célébrations religieuses et foires artisanales.
Granadilla est aussi porte d’entrée vers les espaces protégés du sud de Tenerife, et sa position stratégique permet d’accéder aisément à la zone industrielle de Granadilla, à l’aéroport international Tenerife Sud-Reina Sofía, ou à la réserve naturelle spéciale de Montaña Roja voisine. Un équilibre harmonieux entre tradition rurale et ouverture au monde moderne.

17. Guía de Isora
Guía de Isora, située dans l’ouest de Tenerife, est une municipalité comptant 21 711 habitants. La zone urbaine de Guía, perchée à 560 mètres d’altitude, constitue le centre administratif et historique de la commune. Le cœur du bourg conserve une église paroissiale qui, bien que restaurée au fil des siècles, conserve son plan à trois nefs et un plafond à caissons d’inspiration mudéjar, témoignage du syncrétisme architectural local. Le tissu urbain marie patrimoine ancien et constructions modernes.
Deux bâtiments contemporains illustrent ce dynamisme architectural : l’auditorium municipal et le centre culturel de Guía de Isora, symboles d’un territoire attaché à sa tradition tout en se tournant vers l’innovation. Cette double identité est enrichie par la présence de vestiges guanches dans plusieurs zones comme Laderas del Cedro, Hoya Azul, El Bailadero ou encore dans les grottes funéraires du Risco de las Cabras, confirmant l’ancienneté de l’occupation humaine sur ces hauteurs volcaniques.
L’architecture traditionnelle canarienne subsiste dans les hameaux de Las Fuentes et El Jaral, où se trouvent des habitations troglodytes creusées directement dans les parois sableuses. Ces constructions témoignent d’une adaptation ingénieuse aux conditions climatiques et au relief. Elles représentent une part précieuse de l’identité locale et sont aujourd’hui considérées comme un élément clé du patrimoine ethnographique de la commune.
Parmi les éléments patrimoniaux les plus singuliers figurent les fours à chaux situés sur la plage de San Juan, essentiels autrefois pour la fabrication de matériaux de construction. Plus au nord, dans les hauteurs de Chirche, plus de dix fours à tuiles sont encore visibles, rappelant l’intense activité artisanale et la vitalité économique de la région dans le passé. Ces structures sont le reflet d’un savoir-faire populaire lié à l’usage des ressources locales.
Les fours à goudron présents sur le mont Tágara exploitent la résine des pins anciens, encore visibles sur les pentes forestières. Ce goudron servait autrefois à calfater les bateaux, ce qui souligne l’étroite relation entre les populations montagnardes et le monde maritime. Cette tradition, bien que disparue, demeure inscrite dans le paysage par les vestiges de ces structures.
Autres témoins de l’activité agricole passée, les époques, au nombre de 130 sur l’ensemble du territoire, servaient à battre les céréales. Cette densité remarquable reflète l’importance de la culture céréalière dans l’histoire de Guía de Isora. La campagne environnante garde encore les traces de ces aires de battage circulaires, aujourd’hui figées dans le silence des champs abandonnés.
Enfin, sur la côte, le moulin de gofio, vestige d’une époque plus récente, se dresse près du centre de Varadero. Il n’en reste que la structure principale et quelques poutres en bois, mais il constitue un exemple rare de ce type d’installation dans la région. Complétant cette trame de conservation patrimoniale, les citernes rurales, principalement localisées près de Tejina et Vera de Erques, illustrent les stratégies locales de gestion de l’eau dans une région longtemps confrontée à l’aridité.

18. Güímar
Située sur la côte est de Tenerife, Güímar est une municipalité riche d’une nature plurielle et d’un patrimoine culturel d’exception. Avec ses 21 224 habitants, cette localité appartenant à la province de Santa Cruz de Tenerife fait partie des communes les plus fascinantes de l’archipel. Le territoire de Güímar s’étend des hauteurs volcaniques jusqu’à la côte, en traversant de multiples écosystèmes protégés. Des zones emblématiques comme le parc national du Teide, le parc naturel de la Corona Forestal, le paysage protégé de Siete Lomas et le monument naturel Barranco de Fasnia y Güímar témoignent de cette diversité. Parmi ces richesses, la réserve naturelle spéciale de Malpaís de Güímar attire les curieux pour ses paysages volcaniques saisissants.
Les milieux naturels de Güímar sont intégrés au réseau Natura 2000, reconnu à l’échelle européenne pour sa biodiversité exceptionnelle. En plus d’être des zones spéciales de conservation, les parcs du Teide et de la Corona Forestal sont aussi classés zones de protection spéciale pour les oiseaux. L’environnement de Güímar se distingue également par la présence des montagnes d’utilité publique d’Agache et Escobonal ainsi que les Cumbres de Güímar, qui accueillent une flore endémique et de nombreux sentiers forestiers empruntés depuis des générations.
Le parc naturel de la Corona Forestal est la plus vaste aire protégée des Canaries. Il entoure le Teide et occupe une place centrale dans la géographie de l’île. Plusieurs localités naturelles de Güímar y sont intégrées, comme Corral del Niño, Izaña, ou encore Montaña del Cobre. Le ravin de Badajoz, creusé profondément dans le relief, est l’un des plus emblématiques de la région. Plus bas, la zone viticole de Las Dehesas et Los Pelados continue de produire des vins appréciés. S’y ajoutent un réseau de galeries d’eau et de sources naturelles comme Mal Abrigo ou Los Dornajos, témoins d’un usage ancien et durable des ressources hydriques.
La vallée de Güímar est également connue pour ses sentiers forestiers traditionnels qui traversent toute la région. Le plus célèbre débute au mirador de Don Martín et rejoint, selon le tracé choisi, le Lomo de Izaña ou le Lomo de Benito. Ces chemins montagnards sont aussi les lieux d’une activité apicole ancestrale, notamment durant l’été, quand les genêts sont en fleurs. Le refuge de Mal Abrigo, près de la source éponyme, abrite des grottes et sert de point de halte aux promeneurs. Ces espaces ont accueilli bergers, apiculteurs, et aujourd’hui encore, ils incarnent un lien fort entre l’homme et la nature.
Mais Güímar, ce n’est pas seulement la nature. Le territoire a également su préserver une partie importante de son patrimoine religieux et historique. Parmi les sites les plus emblématiques figure la grotte de Chinguaro, premier sanctuaire marial de l’île et lieu mythique où, selon la légende, les Guanches vénéraient la Vierge de la Candelaria. D’autres édifices notables jalonnent la commune, comme l’ermitage de San Juan, l’église de San Pedro Apóstol, ou encore la chapelle de San Pedro Abajo, toutes classées Biens d’Intérêt Culturel.
L’ermitage d’El Socorro, situé à proximité de la plage de Chimisay, est également un site à haute valeur symbolique, réputé pour avoir accueilli l’apparition de la Vierge aux bergers guanches. Ce lieu sacré est au cœur de la route de Socorro, un chemin de pèlerinage historique classé site historique après de nombreuses mobilisations citoyennes. Non loin de là, le monastère de Notre-Dame du Secours, fondé en 2001, est le premier monastère masculin du diocèse de Tenerife. Il se distingue par sa chapelle, ses jardins et une réplique de la Vierge.
Parmi les églises remarquables, l’église de Santo Domingo de Guzmán, ancien couvent aujourd’hui paroisse, abrite plusieurs chefs-d’œuvre : la Vierge du Rosaire, le Christ des Morts, ou encore une image baroque du Nazaréen datant probablement du XVIIe siècle. Les retables de l’église présentent une grande richesse ornementale, avec des colonnes stylisées et des polychromies élégantes. À côté, la paroisse de Fatima, fondée dans les années 1960, témoigne de l’évolution urbaine de Güímar et de son besoin d’extension spirituelle.
Le patrimoine civil de Güímar reflète l’évolution urbaine et sociale de la commune, à travers un ensemble d’habitations, de places, de monuments et de bâtiments historiques d’une grande richesse. Au cœur de la ville, les Ventanas de Güímar, ancien couvent dominicain fondé en 1649 et aujourd’hui transformé en hôtel de ville, forment l’un des ensembles architecturaux les plus emblématiques. Relié à l’église San Pedro par la rue Santo Domingo, cet ensemble est enrichi par des habitations traditionnelles qui jalonnent les rues San Pedro Arriba et San Pedro Abajo. Tandis que la première serpente vers le quartier de Chacaica à travers des ruelles étroites, la seconde se caractérise par son tracé droit et l’élégance de ses façades bourgeoises. L’ensemble a été classé Bien d’Intérêt Culturel dans la catégorie d’Ensemble Historico-Artistique.
La rue San Pedro est jalonnée de maisons à deux étages illustrant le classicisme romantique, avec des ouvertures allongées et des toitures plates. Le manoir Santo Domingo, aujourd’hui hôtel rural, incarne l’architecture populaire canarienne. D’autres demeures remarquables jalonnent le tissu urbain, comme la maison familiale Marrero Díaz, conçue en 1926 par l’architecte Domingo Pisaca Burgada dans un style éclectique, ou encore la maison familiale de San Pedro Abajo, caractérisée par ses volumes imposants. Non loin, la Fonda Medina, auberge et relais du XIXe siècle, présente une architecture néoclassique autour d’une grande cour centrale, typique de l’habitat canarien. Située sur l’avenue Pérez Cáceres, elle fut cédée par le Conseil insulaire de Tenerife à la municipalité.
Au cœur de la ville, la place Saint-Pierre-l’Apôtre constitue un point de convergence important, embellie au XXe siècle par des travaux de pavage et d’éclairage. À proximité, la Casa del Paseo, classée site historique, se distingue par sa proximité avec l’ermitage de San Juan. Ce bâtiment, héritier de la maison Baulén, remonte au XVIe siècle et a été restauré au XVIIIe siècle, puis dans les années 1970. La place de l’Hôtel de Ville, ouverte sur un ancien complexe religieux, est bordée par des édifices remarquables comme l’ancien couvent Santo Domingo de Soriano, la maison du Paysan Régional et plusieurs résidences bourgeoises. L’actuel hôtel de ville, ancien couvent fondé pour protéger la vallée des incursions de pirates, a conservé sa cour intérieure, sa petite fontaine centrale et son architecture à portiques, malgré les transformations du XXe siècle.
À la sortie du centre-ville, plusieurs demeures témoignent encore de l’histoire de la commune. La Casa del Buen Retiro, au début de la montée vers Chacaica, appartenait à la famille Delgado-Trinidad et abrite une chapelle dédiée à Notre-Dame de Bethléem. La Casa de la Raya, dans le quartier de La Hoya, fut probablement édifiée au XVIe siècle par Francisco de Vargas, propriétaire d’un moulin à sucre. L’histoire agricole de Güímar se reflète aussi dans des infrastructures telles que l’aqueduc de Lomo de Mena, construit dans les années 1930 pour irriguer les terres depuis les galeries de la vallée. Dans ce même secteur, la cabane du travailleur de la route de Lomo de Mena, près de la voie qui reliait jadis le sud de l’île à Santa Cruz, constitue un exemple d’architecture fonctionnelle en basalte.
L’habitat rural est aussi illustré par des édifices originaux comme la maison de Modesto, dans le hameau de Pájara, reconnaissable à ses deux tours distinctes, l’une cylindrique, l’autre crénelée. La maison Mena, située dans le quartier de Lomo de Mena, date du XVIIe siècle, tout comme la maison du Curé qui domine la route entre El Escobonal et El Tablado, remarquable par ses carreaux décoratifs et son origine liée à la famille Castro. D’autres demeures patrimoniales comme la Casa de Cano, probablement fondée au XVIIe siècle par Don Juan Delgado de Adeje, ou encore l’auberge El Escobonal, construite au début des années 1920 par Don Alberto Delgado dans un style moderniste, renforcent le caractère singulier de cette commune.
L’histoire sociale et culturelle de Güímar trouve aussi une expression dans des lieux de mémoire collective comme le cinéma Escobonal, unique lieu de divertissement pendant des décennies, construit par Don Arsenio Pérez. Un autre site remarquable est le champ de cérémonie ou plaine de la Vierge, situé près de la plage de Chimisay, là où, selon la tradition, la Vierge du Socorro serait apparue aux bergers guanches. Chaque année, une reconstitution de cette apparition y est célébrée au cours de la Cérémonie. S’y trouvent plusieurs éléments symboliques : la croix du Thé, un autel surmonté d’une croix ; le puits saumâtre, vaste structure elliptique autour d’un puits ancestral ; la Cuesta del Socorro, pente naturelle traversée par les porteurs de l’image sacrée ; et les grottes primitives, vestiges de l’habitat aborigène.
Plusieurs monuments ponctuent enfin l’espace urbain en hommage à des figures locales. Une statue rend hommage à l’évêque Domingo Pérez Cáceres sur un côté de la place Saint-Pierre. Un autre monument dédié à Domingo Chico González se situe dans le quartier de Tasagaya. À Puertito de Güímar, sur la Plaza de las Indias, une stèle honore les radioamateurs, groupe pionnier reconnu à l’échelle internationale. Un autre mémorial rappelle l’apparition de la Vierge du Socorro dans le Llano de El Socorro. Enfin, Thor Heyerdahl, célèbre explorateur norvégien, est lui aussi honoré à travers une rue portant son nom dans le quartier de La Chacona.

19. Los Gigantes
Los Gigantes, localisé dans la municipalité de Santiago del Teide, au nord-ouest de l’île de Tenerife, abrite une population de 1 487 habitants. Ce site, situé à environ 70 mètres d’altitude, est niché entre les falaises les plus imposantes de l’archipel, qui tombent à pic dans l’océan Atlantique. La configuration géologique du lieu est le fruit d’une interaction entre la lave récente et la mer, formant une barrière naturelle autour de débris anciens. Cette situation particulière offre une perspective spectaculaire sur la côte ouest de l’île et a favorisé l’émergence d’un site touristique très prisé.
À la pointe du développement balnéaire, Los Gigantes propose un complexe touristique moderne, une marina protégée par des digues, une plage de sable noir, et un lido offrant des espaces de détente et de baignade. Un boulevard longe le port, jalonné de restaurants, tandis que les stations de Playa de la Arena et de Puerto de Santiago sont accessibles à pied, formant un ensemble cohérent d’infrastructures dédiées au tourisme. L’ensemble de la zone est récompensé par le label Pavillon Bleu, garant de qualité environnementale et d’excellence des services.
Les activités nautiques occupent une place centrale dans l’offre de loisirs. De nombreuses excursions en bateau partent du port pour observer les baleines, dauphins, ou pour pratiquer la pêche au thon et au barracuda. Les amateurs de plongée optent pour le snorkeling, très populaire dans les eaux claires et poissonneuses. Kayak, baignade ou simple farniente sur la plage viennent compléter cette immersion au pied de l’une des côtes les plus vertigineuses des Canaries.
La véritable attraction réside dans les falaises de Los Gigantes, appelées aussi muralla del infierno par les Guanches. Ces parois vertigineuses, sculptées par les magmas basaltiques et l’érosion marine, culminent à plusieurs centaines de mètres. Elles font partie intégrante du parc rural de Teno, espace protégé rassemblant biodiversité, histoire et paysages impressionnants. Les jeux d’ombre et de lumière sur la roche donnent parfois naissance à des formes humaines, nourrissant l’imaginaire local depuis des siècles.
Les amateurs de randonnée disposent d’un large éventail de circuits. La Montaña de Santiago se rejoint depuis Puerto de Santiago et offre une belle introduction aux paysages volcaniques. Le parcours vers El Agujero de los Gigantes, long de 6,5 kilomètres, permet de grimper jusqu’à un trou naturel creusé dans la roche volcanique, avec à la clé une vue panoramique sur l’Atlantique. Ce sentier, réservé aux marcheurs aguerris, serpente au cœur de falaises escarpées.
Autre itinéraire d’intérêt : le Barranco Mancha de los Díaz, long de 20 kilomètres, propose un cheminement à travers trois tunnels naturels, entre ravins et parois abruptes. En contrebas, depuis la plage de sable noir, plusieurs sentiers plus accessibles permettent d’explorer la côte ouest de Tenerife à son rythme. Ces randonnées dévoilent des panoramas changeants en fonction de l’heure, du temps et de la position sur le littoral.
L’une des attractions locales les plus appréciées est la piscine naturelle de Puerto de Santiago, située Calle Magnolia. Cet espace naturel offre une baignade rafraîchissante et atypique, accessible gratuitement, en harmonie avec le paysage volcanique environnant. À quelques pas, le complexe aquatique Oasis (Avda. José González Forte, 7) propose une ambiance plus chic, avec toboggans aquatiques et espaces détente ; l’entrée y est payante (10 € pour les adultes, 5 € pour les enfants), et il est interdit d’y apporter de la nourriture ou des boissons personnelles.
Autour de Los Gigantes, plusieurs plages valent le détour. Alcalá, à 4-5 kilomètres au sud, séduit par son ambiance paisible, ses tortues de mer visibles en snorkeling, et une jolie baie face au centre-ville. Accessible à pied par un sentier côtier, la plage de San Juan se trouve à environ 8 kilomètres, avec ses eaux calmes et ses infrastructures soignées. Juste un peu plus au sud, la plage d’Abama s’inscrit dans un cadre luxueux : plage artificielle et brise-vagues, appartenant à un hôtel 5 étoiles, mais accessible à tous.
Côté randonnée, Tamaimo est le point de départ idéal pour explorer l’arrière-pays. Des sentiers comme El Bujero permettent de rejoindre l’« œil » de Los Gigantes, visible depuis la ville. Depuis la Cruz de los Misioneros, les visiteurs profitent de points de vue exceptionnels. Le retour se fait par des tunnels ou des sentiers abrupts, selon le niveau d’expérience. Attention : la randonnée exige un bon GPS ou une carte hors ligne, car les chemins sont parfois mal balisés.
Pour les randonneurs les plus expérimentés, la zone offre un réseau unique de tunnels d’eau, de canyons et de falaises vertigineuses. Ces tunnels dont certains traversent Risco Blanco ne sont pas officiellement aménagés, et une lampe de poche (même celle d’un téléphone) est indispensable. Le port d’un casque est fortement conseillé.
D’autres aventures sont possibles : le canyon des Sauces, plus impressionnant encore, est relié par des sentiers difficiles au cinquième tunnel de Risco Verde, menant au Barranco Mancha de Los Díaz ou à Tamaimo. Ces chemins sont spectaculaires, mais réservés aux marcheurs aguerris. Playa Seco, au pied de certaines falaises, complète cette expérience, bien que la baignade y soit déconseillée.

20. Masca
Perché à 680 mètres d’altitude, Masca constitue l’un des hameaux les plus spectaculaires du nord-ouest de l’île de Tenerife. Niché au cœur du massif de Teno, dans le parc rural du même nom, ce village de seulement 86 habitants conserve un charme authentique, malgré une fréquentation touristique soutenue. L’accès à Masca s’effectue par une route sinueuse aux virages serrés, révélant peu à peu un paysage dramatique de ravins profonds, de crêtes abruptes et de falaises plongeant vers l’Atlantique.
Le centre du village se compose d’un ensemble d’habitations aux toits de tuiles rouges, entourées de terrasses agricoles et de sentiers escarpés. La place de Masca, ombragée par un immense laurier, constitue le cœur vivant du hameau, tandis que l’église Notre-Dame de la Conception et le centre nature témoignent de l’intérêt pour la préservation patrimoniale et environnementale du site. Le musée ethnographique complète cette démarche en retraçant les modes de vie ruraux de la région.
Au-delà de son esthétique traditionnelle, Masca est réputé pour son sentier emblématique : le Barranco de Masca, gorge volcanique aux parois imposantes. Le sentier de randonnée, long de 8 kilomètres aller-retour, relie Lomo del Medio à la côte Atlantique, traversant des coulées de lave fossilisées et des paysages basaltiques. L’accès est strictement réglementé pour des raisons de sécurité et de conservation : un permis, un casque et des chaussures adaptées sont obligatoires. Bien que populaire, cette randonnée est aujourd’hui soumise à des quotas stricts afin de préserver le site, certains préférant explorer El Bujero ou les hauteurs du Risco Verde pour une expérience plus paisible.
Pour profiter des vues panoramiques sans emprunter le sentier, plusieurs belvédères jalonnent les hauteurs du hameau. Le point de vue des gorges de Masca et le point de vue de Masca, tous deux accessibles en bord de route, offrent des perspectives saisissantes sur la vallée en contrebas, les gorges, et les arêtes dentelées du massif de Teno. Ces haltes permettent d’apprécier pleinement l’environnement spectaculaire du village, inscrit dans un équilibre fragile entre tradition, nature et tourisme.

21. Parc naturel de la Corona Forestal
Avec ses 46 612 hectares, le parc naturel de la Corona Forestal représente la plus vaste zone protégée des îles Canaries. Encerclant le parc national du Teide, dans le centre de l’île, cette forêt majestueuse couvre une large ceinture montagneuse, allant de 300 à 2 718 mètres d’altitude, et traverse les municipalités de Los Realejos, La Orotava, Guía de Isora, Vilaflor, ou encore Santiago del Teide. Cet espace naturel abrite une impressionnante biodiversité végétale et animale, tout en remplissant un rôle hydrologique fondamental pour l’île.
L’élément dominant du paysage est la forêt de pins des Canaries, espèce endémique au tronc résistant au feu et à l’écorce épaisse. En altitude, cette couverture forestière cède la place à des fourrés de haute montagne, semblables aux fourrés des Cañadas del Teide. Des reliques de laurisylve, notamment dans le ravin de Teguige, subsistent encore dans les zones les plus humides. Le sol volcanique et les nombreuses ravines témoignent des différentes phases géologiques de Tenerife, avec des traces visibles des éruptions historiques de Siete Fuentes, Fasnia ou encore Montaña de Las Arenas.
Parmi les sites remarquables, le paysage lunaire, situé dans les hauteurs de Vilaflor, se distingue par ses formations érodées blanches et sculptées, rappelant un décor extra-terrestre. D’autres lieux fascinants incluent la région de Cuevas Negras, au nord du Pico Viejo, ainsi que les versants de Los Órganos, le ravin del Río, ou encore les hameaux traditionnels de Las Dehesas et Los Pedalos, où l’activité agricole s’allie à des modes de vie séculaires. Des cabanes à outils, des caves à vin creusées dans la roche et des sentiers ancestraux parsèment ce territoire.
La richesse de la faune est également remarquable. Trente-sept espèces d’oiseaux nichent dans le parc, dont le pinson bleu du Teide, le pigeon de Bolle, le pigeon des lauriers et le pouillot des Canaries. La diversité des invertébrés endémiques est exceptionnelle, tout comme la présence discrète de mammifères indigènes, notamment plusieurs espèces de chauves-souris vivant dans les galeries de lave. Les reptiles autochtones comme la Gallotia galloti ou le Chalcides complètent cette mosaïque faunistique.
En matière d’activités, le parc offre un éventail de possibilités : sentiers de randonnée, escalade, VTT, spéléologie, vols en parapente et parcours dans les arbres à Forestal Park, situé à Las Lagunetas. Les zones de loisirs comme Madre del Agua, Arenas Negras, El Contador ou Emilio Fernández Muñoz permettent quant à elles de pique-niquer, de camper ou simplement de profiter du calme forestier.

22. Parc rural de Teno
Le parc rural de Teno s’étend sur environ 80 km² au nord-ouest de Tenerife, dans l’une des zones géologiquement les plus anciennes de l’île. Ce territoire englobe le massif de Teno et comprend cinq villages : Los Carrizales, Masca, El Palmar, Las Portelas et Teno Alto, tous intégrés à la municipalité de Buenavista del Norte. L’altitude, la rudesse du relief et l’isolement relatif ont permis la conservation d’un mode de vie rural traditionnel, visible dans l’architecture vernaculaire et l’organisation agricole du territoire.
L’histoire du parc est marquée par sa reconnaissance officielle dès 1987 comme espace naturel des Îles Canaries, avant de recevoir en 1994 le statut de parc rural, soulignant ainsi la complémentarité entre la préservation de l’environnement et les activités humaines durables. Ce cadre réglementaire a permis de valoriser les pratiques agricoles ancestrales, tout en protégeant les formations rocheuses, les forêts et les zones côtières du massif.
Le paysage volcanique est dominé par des falaises côtières abruptes, comme les falaises de Los Gigantes, atteignant parfois plus de 500 mètres de hauteur. Les gorges de Masca et les versants du Baracán abritent des formations de laurisylve, notamment dans le Monte del Agua, où la forêt humide et dense joue un rôle clé dans la conservation de la biodiversité. Cette richesse naturelle est accentuée par la présence de cultures en terrasses et de sentiers historiques reliant les hameaux.
La faune du parc présente une diversité remarquable. La zone a été désignée zone de protection spéciale pour les oiseaux par l’Union européenne. Des espèces endémiques comme le pigeon rabiche, le pigeon turquoise et le faucon prospèrent dans le Monteverde, tandis que les plaines de Teno Alto accueillent encore des moineaux chanteurs et d’autres oiseaux de pâturage. Cette richesse biologique est complétée par la découverte d’une nouvelle espèce de lézard tacheté unique au massif.
Certains rapaces en voie de disparition trouvent encore refuge dans le parc, tels que le balbuzard pêcheur et l’épervier barbu, tandis que les aigles de Tenerife (Buteo buteo insularum) et les crécerelles canariennes (Falco tinnunculus canariensis) maintiennent des populations stables. Sur les falaises marines et à l’intérieur des terres, des colonies de puffins cendrés et de puffins pigeons nichent chaque année, formant un écosystème fragile mais résilient.
Le parc se découvre à travers des itinéraires de randonnée variés. L’ascension vers le Risco Verde, culminant à 1 312 mètres, offre une vue panoramique sur les gorges de Masca. Le sentier part depuis Las Barreras, accessible par la ligne de bus 325, ou depuis la route TF-82. La traversée Masca-Cruz de Hilda-Bolico-Risco Verde permet de relier plusieurs points d’observation majeurs en une seule journée. Ces itinéraires, bien balisés, permettent d’explorer la diversité des microclimats et des habitats du parc.
Certains lieux se démarquent par leur beauté et leur caractère emblématique. La Finca de Guergues, sur les hauteurs du parc, témoigne du patrimoine agricole traditionnel. Le village de Masca, bien que très fréquenté, conserve un charme unique. Enfin, la Punta de Teno, accessible à pied depuis Teno Alto ou El Palmar, marque l’extrémité occidentale de l’île avec son phare solaire et ses vues imprenables sur l’océan. L’accès par la route TF-445 est restreint pour des raisons de sécurité, mais un service de bus assure la liaison depuis Buenavista del Norte.

23. Santiago del Teide
Niché à 926 mètres d’altitude dans la vallée centrale de Santiago, dans le nord-ouest de l’île de Tenerife, le village de Santiago del Teide constitue le cœur administratif de la municipalité du même nom. Avec ses 463 habitants, il abrite les principales infrastructures locales, telles que la mairie, une agence de développement, un cabinet médical, une bibliothèque municipale, une salle de sport, une maison funéraire, un bureau de poste, une station-service, des établissements scolaires, des banques, commerces, bars et restaurants. L’église paroissiale San Fernando Rey domine le centre du village et témoigne de la ferveur catholique qui y règne.
L’environnement naturel de Santiago del Teide est d’une richesse exceptionnelle. Le territoire communal inclut plusieurs zones protégées : le parc rural de Teno, la réserve naturelle spéciale de Chinyero, le parc naturel de la Corona Forestal et le parc national du Teide, tous intégrés au réseau Natura 2000. À cela s’ajoutent les Riscos de Lara et la bande marine Teno-Rasca, abritant une flore et une faune remarquables.
Les amateurs de paysages spectaculaires peuvent admirer les falaises de Los Gigantes, qui plongent de 800 mètres dans la mer, ainsi que le volcan Chinyero, théâtre de la dernière éruption de Tenerife en 1909. Le site naturel de Playa de la Arena, labellisé Pavillon bleu d’Europe, offre un littoral aménagé aux eaux claires, très apprécié des vacanciers.
La culture locale est également mise à l’honneur avec la route de l’Art, un parcours jalonné de fresques murales sur les façades des maisons du centre-ville, évoquant les îles de l’archipel. Le musée du Pêcheur de Puerto de Santiago, décoré par l’artiste Bernard Romain, complète cette offre artistique tournée vers l’identité canarienne.
Le marché de producteurs joue un rôle important dans la préservation du tissu économique local. Plusieurs centres sociaux contribuent à l’animation de la commune et à la cohésion entre les différentes localités de la vallée.
Santiago del Teide est aussi un lieu de rendez-vous pour les passionnés de sport automobile, avec l’épreuve d’escalade Tamaimo, qui attire chaque année coureurs et spectateurs. L’ensemble de ces activités témoigne d’un dynamisme certain, conjuguant nature, culture, foi et traditions rurales.

24. Vilaflor de Chasna
Situé dans le centre-sud de l’île, à plus de 1 400 mètres d’altitude sur l’île de Tenerife, Vilaflor est le plus haut village habité des îles Canaries. Capitale administrative de la municipalité de Vilaflor de Chasna, ce paisible bourg de 1 004 habitants constitue un important centre de services pour les localités environnantes.
Le patrimoine religieux de Vilaflor est riche et bien préservé. L’église San Pedro Apóstol en constitue l’édifice majeur, tandis que le sanctuaire de Santo Hermano Pedro, natif du village et premier saint canarien, attire de nombreux pèlerins. Deux petits ermitages : El Calvario et San Roque, ponctuent également le paysage villageois. Outre les édifices religieux, le moulin de Vilaflor témoigne de l’histoire agraire de la région.
L’environnement naturel immédiat du village est remarquable. Plusieurs points de vue panoramiques permettent d’admirer les montagnes et forêts alentours, dont les points de vue de San Roque, Pino Gordo, près d’un pin canarien monumental et La Montañeta. La zone de loisirs de San Roque offre quant à elle un cadre agréable pour les activités de plein air. Le terrain de football El Salguero complète les installations sportives du village.
En tant que porte d’entrée vers les hauteurs de l’île, Vilaflor accueille également une salle d’interprétation du parc national du Teide, destinée à sensibiliser les visiteurs à la richesse écologique de ce site classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. Des itinéraires de randonnée mènent directement depuis le village vers les versants forestiers du volcan, dans un cadre de pinèdes, de garrigues et de coulées de lave.
Le marché de producteurs locaux contribue à préserver les traditions agricoles de cette région de montagne. Il permet de découvrir les produits typiques du terroir canarien : pommes de terre anciennes, fromages, miels ou encore herbes médicinales.

25. Adeje
Adeje, située au sud-ouest de l’île de Tenerife, est une municipalité dynamique de 50 549 habitants, ce qui en fait la cinquième plus peuplée de l’île. Nichée dans la province de Santa Cruz de Tenerife, elle s’étend entre les hauteurs volcaniques et l’Atlantique, offrant un contraste remarquable entre mer et montagne. La Villa de Adeje, capitale municipale, se trouve à 295 mètres d’altitude, marquant le cœur historique et administratif de la commune. Son territoire appartient à la communauté autonome des îles Canaries, et elle joue un rôle clé dans la structure urbaine de Tenerife Sud, en lien avec Arona et San Miguel de Abona, avec lesquels elle forme une aire métropolitaine de 215 532 habitants.
Le riche patrimoine d’Adeje s’illustre dès l’entrée de la ville par la statue de Tenerife le Grand, une figure emblématique de l’histoire guanche. Cette symbolique se prolonge sur la Plaza de la Patrona de Canarias, où trône la statue du Mencey Pelinor, rappelant la mémoire des anciens souverains autochtones.
Parmi les joyaux du centre historique figure l’église Santa Úrsula, classée bien d’intérêt culturel. Fondée sur un ermitage primitif du début du XVIe siècle par Pedro de Ponte y Vergara, elle conserve un important mobilier religieux, dont des statues majeures telles que la Vierge de l’Incarnation, la Vierge de Candelaria de Adeje et la Vierge de Guadalupe, cette dernière étant la seule représentation baroque de cette dévotion mexicaine dans l’archipel. Face à l’église se dresse la Casa Fuerte, vaste complexe fortifié fondé également au XVIe siècle pour défendre la côte contre les incursions. Elle témoigne de la vocation militaire et administrative d’Adeje à travers les siècles.
Autre édifice de grande valeur patrimoniale, l’ancien couvent franciscain de Notre-Dame de Guadalupe et Saint-Paul fut fondé en 1679. Bien que le bâtiment conventuel ait disparu après la confiscation de 1835, l’église du couvent subsiste encore aujourd’hui dans un style éclectique, et servit un temps d’hôtel de ville. Ce lieu incarne à la fois la ferveur religieuse et les mutations urbaines de la commune.
Au-delà du centre, Adeje préserve des témoignages ruraux précieux comme le site historique du hameau de Taucho, classé bien d’intérêt culturel. Ce village ancien situé sur le versant ouest central de l’île conserve une trame d’habitat traditionnelle et pourrait avoir été un lieu d’implantation aborigène, comme en témoignent son nom guanche et les vestiges archéologiques. Dans la même lignée, le site archéologique de Morro Grueso, connu pour ses gravures rupestres guanches, est un exemple remarquable de la richesse préhispanique de la région.
Sur le plan touristique, Adeje est un leader incontesté. Elle héberge la plus forte concentration d’hôtels cinq étoiles d’Europe. L’un des plus grands attraits est le spectaculaire Siam Park, vaste parc aquatique régulièrement désigné comme le meilleur au monde, dont les vues aériennes témoignent de son ampleur et de son intégration au paysage côtier.
Les plages de Costa Adeje, à l’ambiance familiale et raffinée, forment un chapelet de lieux de détente réputés. Parmi elles, la plage de Fañabé séduit par ses eaux calmes et ses équipements modernes, tandis que la promenade de Playa del Duque attire par ses boutiques, ses restaurants et sa vue sur l’océan. Non loin, le Barranco del Infierno, canyon profond et verdoyant, propose une randonnée spectaculaire dans un cadre naturel protégé. Enfin, Caleta de Adeje, ancien village de pêcheurs, conserve un charme authentique en bord de mer, contrastant avec les zones plus urbanisées.

26. Plage de Las Américas
Playa de las Américas est l’un des centres touristiques les plus emblématiques et dynamiques de Tenerife. Située dans la municipalité d’Arona, dans le sud-ouest de l’île, cette ville côtière s’étend jusqu’à la limite d’Adeje et partage une continuité urbaine avec Costa Adeje. Elle s’est développée principalement dans la seconde moitié du XXe siècle comme une destination balnéaire prisée, attirant des visiteurs du monde entier.
La ville dispose d’une offre très complète en infrastructures : écoles, centres médicaux, centres commerciaux, installations sportives (dont le stade Antonio Domínguez), église, places publiques, hôtels de toutes catégories, notamment de luxe. Son centre culturel le plus important est la Pyramide d’Arona, un palais des congrès qui accueille spectacles, expositions et conférences.
Les plages de Las Américas, bien que pour la plupart artificielles, sont parmi les plus populaires de l’île. Leur sable importé d’Afrique offre un contraste avec les plages volcaniques plus sombres des autres régions de Tenerife. Deux d’entre elles, Playa de las Américas I et Playa de las Américas II, ont reçu le label Pavillon Bleu, garantissant la qualité de l’eau, la sécurité et les services aux visiteurs.
Au-delà des loisirs balnéaires, Las Américas est aussi un haut lieu de la vie nocturne avec ses bars, discothèques, restaurants et casinos. Enfin, sur le plan scientifique, la ville abrite un site paléontologique unique, classé Bien d’Intérêt Culturel : la zone de Playa del Búnker-El Guincho, un dépôt fossilisé contenant des mollusques tropicaux datant d’une époque plus chaude.

27. Grotte Santo Hermano Pedro
La Grotte de Santo Hermano Pedro est un lieu de pèlerinage majeur du sud-est des îles Canaries, dédié au premier saint natif de l’archipel : Pedro de San José Betancur. Elle se trouve dans la municipalité de Granadilla de Abona, à proximité immédiate du terminal 26 de l’aéroport de Tenerife Sud. Bien qu’implantée sur un terrain relevant de l’autorité aéroportuaire, son usage religieux est rendu possible grâce à un accord entre l’évêché de Tenerife et l’administration aéroportuaire.
Ce site revêt une importance culturelle et spirituelle telle qu’il a été classé Bien d’Intérêt Culturel en 1999 dans la catégorie Site historique. Chaque année, plus de 300 000 fidèles viennent s’y recueillir. Frère Pedro utilisait cette grotte comme abri pendant ses transhumances hivernales, y trouvant à la fois repos et protection contre les fréquentes incursions pirates qui menaçaient autrefois les côtes de Tenerife.
L’intérieur de la grotte est empreint de dévotion populaire : une statue en bois du saint, considérée comme un portrait fidèle, y trône, entourée de centaines d’ex-voto déposés par les fidèles. L’un des éléments les plus précieux du site est une relique du saint : un fragment de côte soigneusement conservé.
À l’extérieur, un autel en pierre a été aménagé pour les célébrations religieuses. L’ensemble comprend une table eucharistique, un ambon et une grande croix gravée de l’inscription « L’Homme qui était la Charité ». Ces éléments permettent d’y organiser régulièrement des messes en plein air, particulièrement durant les périodes de pèlerinage.
Enfin, autour de la grotte s’étend un petit bosquet, parmi lequel pousse un Esquisúchil, un arbre originaire du Guatemala connu pour ses propriétés médicinales. Cet arbre était vénéré par les fidèles et souvent utilisé par les saints canariens dans leurs pratiques curatives.

28. Paisaje Lunar
Le Paisaje Lunar ou paysage Lunaire est l’un des joyaux naturels les plus singuliers de Tenerife. Situé dans la réserve naturelle de la Corona Forestal, au sud de l’île, ce site tire son nom de ses formations rocheuses blanches et coniques qui évoquent des paysages extra-terrestres. Sculptées durant des milliers d’années par l’érosion, ces structures de cendres volcaniques forment un spectacle d’une grande beauté, rappelant des cathédrales naturelles.
Pour découvrir ce lieu caché, il faut emprunter un sentier de randonnée exigeant mais spectaculaire, d’environ 13 kilomètres aller-retour, au départ du village montagnard de Vilaflor. Le chemin serpente à travers des forêts de pins canariens et d’anciens sentiers pavés, offrant à chaque détour des vues exceptionnelles sur le sud de Tenerife et parfois même sur les montagnes de Gran Canaria flottant à l’horizon.
L’ascension traverse un environnement paisible et préservé, propice à la contemplation. Les randonneurs peuvent choisir de démarrer leur parcours depuis le parking du Campamento Madre del Agua, avec un itinéraire légèrement plus court, ou depuis Vilaflor pour une boucle plus longue.
Sur place, les formations géologiques se dressent telles des sculptures fragiles, révélant la puissance du vent, de l’eau et du temps sur la pierre volcanique. Le silence du lieu et son isolement renforcent le caractère mystique de ce site, souvent considéré comme l’un des plus beaux panoramas volcaniques de l’île.

29. Le parc Ethnographique des Pyramides de Güímar
Dans le centre-est de Tenerife, le parc Ethnographique des Pyramides de Güímar s’étend autour de six structures pyramidales en gradins dont l’origine suscite toujours la curiosité. Hautes d’environ quatre mètres, ces pyramides seraient apparues entre 1854 et 1881, probablement en lien avec l’essor de la culture de la cochenille teinturière.
Longtemps considérées comme de simples amas de pierres agricoles, elles gagnèrent une notoriété nouvelle grâce à l’explorateur norvégien Thor Heyerdahl, initiateur du parc. L’espace muséal présente un panorama mondial des pyramides et des civilisations qui les ont édifiées, ainsi qu’une exposition sur les embarcations anciennes utilisées dans les traversées intercontinentales.
Le parc invite également à la découverte de ses jardins thématiques, conçus pour explorer la botanique des cinq continents. Parmi eux, le jardin Venenoso se distingue, rassemblant plus de soixante-dix espèces végétales toxiques, rares et mortelles, dans un parcours éducatif et sécurisé. Ces espaces verts offrent une immersion naturelle en plein cœur de l’archéologie canarienne, où la flore locale se mêle à celle importée, tout en conservant un lien fort avec l’environnement volcanique de l’île.
Pour parcourir l’ensemble du parc, plusieurs sentiers permettent d’accéder aux pyramides, au musée, aux expositions et aux jardins, avec des haltes aménagées. La cafétéria panoramique, située face aux pyramides, permet d’apprécier pleinement le site tout en bénéficiant d’une pause agréable. Ce parcours culturel et naturel se révèle idéal pour une journée complète, mêlant balade, apprentissage et contemplation.
Les fouilles et recherches archéologiques menées sur place ont mis en évidence des détails de construction élaborés, comme les alignements solsticiaux, qui suggèrent une certaine intentionnalité architecturale. Ces éléments ont alimenté de nombreuses théories sur un possible lien avec d’autres cultures anciennes, bien que les preuves restent discutées.
30. La Réserve naturelle spéciale du Malpaís de Güímar
À proximité de la côte est de Tenerife s’étend la réserve naturelle spéciale du Malpaís de Güímar, un paysage volcanique aride où se mêlent sable rouge et lave solidifiée, à l’est de la ville éponyme. Ce décor, qui semble tout droit sorti d’un univers de science-fiction, témoigne de l’activité éruptive du volcan Montaña Grande, à l’origine de ce terrain accidenté et spectaculaire. Le site est protégé en tant qu’espace naturel pour sa valeur géologique, écologique et paysagère, et demeure l’un des meilleurs exemples de coulées basaltiques encore visibles dans l’île.
Malgré son apparence inhospitalière, le Malpaís de Güímar abrite une biodiversité résiliente, adaptée aux conditions extrêmes. La flore locale, composée notamment de tabailas et de chardons, parvient à survivre en s’enracinant dans les fissures de la roche volcanique. Ces espèces endémiques soulignent l’équilibre fragile entre la rudesse du relief et la persistance du vivant. Cette opposition entre roche et verdure confère au site une atmosphère unique, à la fois austère et vivante.
Un sentier balisé, accessible aux promeneurs débutants comme aux familles, traverse le cœur de la réserve. Il longe le littoral, permet l’observation des coulées de lave et offre des points de vue sur la mer. Le sentier dévoile également une partie du littoral sud-est de Tenerife, où la rencontre entre les éléments naturels forge un paysage primitif et silencieux, propice à la contemplation et à l’exploration géologique.
Le parcours met aussi en lumière les formes sculptées par les anciennes éruptions : tunnels, crevasses, champs de scories.

31. La grotte de Chinguaro
À 180 mètres d’altitude, sur la rive droite du ravin de Chinguaro et à l’est de l’île, s’ouvre un site à la croisée de l’histoire et de la spiritualité : la grotte de Chinguaro. Ancien palais du mencey Acaimo, roi guanche de Güímar, cette grotte fut le premier sanctuaire de la Vierge de Candelaria, vénérée à l’origine par les Guanches sous le nom de Chaxiraxi, divinité féminine liée aux croyances berbères. Avant la conquête castillane, cette cavité naturelle constituait un lieu central du pouvoir et de la religion autochtone.
Après la colonisation espagnole, le clergé identifia la représentation guanche à la Vierge Marie et la fit transférer dans la grotte d’Achbinico, à Candelaria. Chinguaro devint ainsi le tout premier sanctuaire chrétien des Canaries, même si une partie de la population locale conserva ses traditions religieuses. Cette transition symbolise un basculement culturel majeur dans l’archipel, entre culte indigène et christianisation.
La grotte-sanctuaire actuelle comprend une série de cavités naturelles, un petit ermitage catholique, ainsi que des aménagements réalisés entre 2004 et 2007. Ces travaux ont permis l’amélioration des accès depuis la route principale, l’édification d’un nouvel ermitage sur l’emplacement d’origine et la revalorisation du paysage environnant. Le site est désormais protégé en tant que bien d’intérêt culturel, dans la catégorie de site historique, depuis 1999.
Les fouilles archéologiques menées dans la grotte de Chinguaro ont révélé des couches de cendres datées de plus de 3 000 ans, témoignant de son occupation prolongée depuis la préhistoire.
32. La Cueva del Viento
Située dans la municipalité d’Icod de los Vinos, au nord de Tenerife, la Cueva del Viento est le plus vaste tube volcanique d’Europe et l’un des plus importants au monde. D’une longueur explorée de plus de 18 kilomètres, cette cavité souterraine se distingue par sa structure à trois niveaux et ses multiples ramifications, témoignant de son origine liée aux coulées du Pico Viejo, volcan voisin du Teide.
La Cueva del Viento présente une grande diversité géomorphologique, avec des formations comme des gouffres, des terrasses de lave et des galeries superposées. Des panneaux explicatifs, présents dans le centre d’accueil des visiteurs, permettent de mieux comprendre la genèse de ce labyrinthe souterrain et les phénomènes géologiques qu’il recèle.
La grotte renferme également un patrimoine paléontologique et archéologique de premier plan. Des ossements de reptiles et mammifères disparus, tels que Gallotia goliath et Canariomys bravoi, ont été mis au jour. Plusieurs entrées ont révélé des vestiges des Guanche, anciens habitants de Tenerife, confirmant l’importance historique du site.
Des cavités interconnectées comme la grotte de Sobrado, la grotte de Belén, ou encore la grotte de Piquetes prolongent l’ensemble, dont l’exploration est toujours en cours. L’environnement stable et préservé de la Cueva del Viento en fait un lieu privilégié pour l’étude scientifique, tout en constituant une attraction touristique majeure de l’île.

33. La Cueva de Los Guanches
Située dans la zone du Cardonal, sur la commune d’Icod de los Vinos dans le nord de l’île, la Cueva de los Guanches constitue l’un des plus anciens témoignages de l’occupation humaine dans l’archipel canarien. Ce site archéologique, perché à environ 125 mètres d’altitude au-dessus de la falaise de la Playa Moreno, a été déclaré Site d’Intérêt Culturel en 2005, avec la catégorie de Zone Archéologique, en raison de son importance historique et scientifique.
La grotte principale, ouverte à l’ouest, est un tunnel volcanique qui aurait été utilisé de manière saisonnière par les populations guanches. Autour de cette cavité, les archéologues ont mis au jour plusieurs vestiges d’habitations, notamment des structures circulaires ou ovales à base de murs en pierre sèche, témoignant de l’organisation domestique de ces premiers habitants. Ces cabanes indiquent un usage communautaire et une adaptation ingénieuse au relief volcanique environnant.
L’occupation du site remonte à une période estimée autour du VIe siècle avant notre ère, ce qui en fait l’un des plus anciens repères datés des îles Canaries. Selon la tradition orale, cet endroit aurait été la demeure des menceyes, des rois guanches de la faction d’Icod, ce qui renforce la dimension historique et symbolique du site. La profondeur temporelle du lieu ouvre une fenêtre sur les débuts du peuplement insulaire.
Parmi les découvertes les plus notables figure une sépulture individuelle secondaire, une pratique rare dans la région. Cette tombe, creusée dans le sol et abritant un fragment de squelette humain sans connexion anatomique, offre un aperçu original des rituels funéraires des Guanches. Le caractère isolé de cette sépulture et son emplacement à l’intérieur du complexe archéologique en font une découverte exceptionnelle.
D’autres artefacts témoignent de la richesse du site : fragments de céramique, outils en pierre de basalte ou en obsidienne, poinçons en os, ainsi que des restes alimentaires comprenant des os d’animaux domestiques, des coquillages, des poissons, et même une mâchoire humaine.

34. Les grottes de Don Gaspar
Dans la commune d’Icod de los Vinos dans le nord de l’île, les grottes de Don Gaspar forment un réseau archéologique souterrain majeur de la culture guanche. Ce complexe naturel comprend plusieurs cavités interconnectées, dont la grotte Don Gaspar, la grotte de Las Palomas, ainsi que trois autres grottes voisines. En 2006, cet ensemble a été classé Site d’Intérêt Culturel dans la catégorie de Zone Archéologique par le gouvernement des îles Canaries.
Les fouilles ont révélé trois niveaux d’occupation dans la grotte Don Gaspar, avec une datation remontant au IIIe siècle de notre ère pour le plus ancien niveau. La grotte de Las Palomas offre quant à elle une occupation encore plus ancienne, datée du IIIe siècle avant notre ère. Ces données archéologiques montrent une occupation continue et une utilisation durable du site sur plusieurs siècles.
Ce réseau souterrain est particulièrement remarquable pour les traces d’activité agricole mises au jour. Des vestiges de blé, d’orge et de graines de haricots calcinés ont été retrouvés, prouvant la domestication des cultures céréalières à Tenerife à l’époque des Guanches. Ces découvertes agricoles sont rares dans les contextes archéologiques des îles, où la conservation de matières organiques est peu fréquente.
35. Acantilados de Los Gigantes
Les Acantilados de Los Gigantes, littéralement « falaises des Géants », se dressent fièrement le long de la côte ouest de Tenerife. Formées par des coulées de magma basaltique, ces parois verticales atteignent jusqu’à 500 mètres de hauteur. Ces formations impressionnantes situées dans la ville éponyme font partie du parc rural de Teno, l’un des espaces naturels les plus visités de l’île, avec le parc national du Teide.
Parmi les sentiers emblématiques, le sentier Acantilado de Los Gigantes commence à la sortie du village et longe les falaises à environ 100 mètres au-dessus de la mer. À certains endroits, la direction du chemin est peu claire, d’où l’importance d’un GPS ou d’une carte fiable. Ce sentier offre une vue imprenable sur l’océan Atlantique et les parois rocheuses sculptées par les siècles.
Le réseau de tunnels constitue une autre attraction unique de la région. Le premier tunnel permet de rejoindre le Barranco Mancha de Los Díaz, tandis que d’autres dont les fenêtres du Barranco Seco traversent les parois rocheuses, offrant des vues spectaculaires. Ces sentiers sont exigeants, à réserver aux randonneurs expérimentés et sans vertige. Les tunnels sont nombreux, souvent glissants et étroits, mais chaque passage offre un panorama inoubliable.
Plus loin, des randonnées prolongées permettent de découvrir d’autres canyons comme le Barranco Seco, le canyon de Sauces ou le Risco Verde, tous reliés entre eux. Les sentiers peuvent se terminer à Puerto de Santiago, Tamaimo ou revenir vers El Bujero, créant une boucle naturelle dans la montagne.

36. Parc Siam
Situé dans la commune d’Adeje, le parc Siam, dans le sud-ouest de l’île, est reconnu comme le meilleur parc aquatique du monde selon les avis d’utilisateurs internationaux. Son univers inspiré de l’architecture thaïlandaise déploie un environnement dépaysant, parfaitement intégré au climat subtropical du sud de Tenerife. Avec une superficie impressionnante, il propose des attractions adaptées à tous les profils de visiteurs, des enfants aux amateurs de sensations fortes, dans un cadre soigneusement entretenu.
Parmi les structures les plus emblématiques du parc, la Tower of Power domine avec ses 28 mètres de hauteur. Ce toboggan presque vertical, traversant un aquarium peuplé de requins, offre une expérience unique. Pour les passionnés de glisse, la Siam Beach présente la plus haute vague artificielle du monde, culminant à trois mètres, idéale pour les initiations au surf. D’autres installations comme le Dragon, le Volcano ou encore le Kinnaree multiplient les possibilités de descentes à grande vitesse, en solo ou en groupe.
Les enfants ne sont pas en reste grâce à des espaces dédiés comme The Lost City, une forteresse aquatique avec ponts, toboggans et jets d’eau conçus pour les plus jeunes. Les amateurs de détente peuvent quant à eux profiter d’une descente tranquille sur le Mai Thai River, l’une des rivières artificielles les plus longues et sinueuses du monde, traversant grottes et cascades dans un environnement luxuriant.
Outre les attractions, le parc met à disposition des services haut de gamme comme des cabanes privées de style asiatique, une zone VIP, plusieurs restaurants et des points de restauration rapide. L’ensemble des infrastructures respecte des standards stricts de propreté, de sécurité et d’accessibilité, garantissant une journée agréable en toutes saisons.

37. Caldera del Rey
La Caldera del Rey, dans le sud-ouest de l’île, située à proximité du littoral sud de Tenerife, est un monument naturel d’origine volcanique considéré comme l’un des trois meilleurs exemples d’éruptions phréatomagmatiques-explosives de l’île. Ce cratère, aux dimensions larges mais peu profondes, s’est formé par la rencontre explosive entre le magma et l’eau. Il illustre l’intense activité géologique ayant modelé les paysages de Tenerife.
Cette formation unique, accessible depuis la commune d’Adeje, se distingue par l’exploitation agricole qui s’y est installée. L’intérieur de la caldeira accueille aujourd’hui de vastes plantations de bananiers, rendues possibles par la qualité du sol et l’exposition favorable. D’anciennes grottes sont encore visibles, témoignant de la présence humaine ancienne dans ce microcosme agricole protégé.
Sur le plan écologique, la Caldera del Rey abrite une grande diversité d’espèces. Les euphorbes, typiques du climat canarien, s’y développent abondamment. Le site est également un refuge pour de nombreuses espèces d’oiseaux, dont le faucon crécerelle et le roselin githagine, qui profitent du calme et de la richesse végétale du lieu.
Peu de résidents vivent encore au cœur de la caldeira : seules deux familles y demeurent en permanence. Cette faible présence humaine permet de préserver l’authenticité du paysage et de maintenir les équilibres naturels.

38. Ravin de l’Enfer
Le ravin de l’Enfer (Barranco del Infierno), classé réserve naturelle spéciale du sud-ouest de l’île, est l’un des plus célèbres sentiers de randonnée de Tenerife. Situé à 350 mètres au-dessus du niveau de la mer dans la commune d’Adeje, il offre un itinéraire de 6,5 kilomètres (aller-retour) à travers des gorges spectaculaires, avec un dénivelé maximal de 200 mètres. La randonnée dure environ 3 h 30, et l’accès est strictement limité à 300 personnes par jour pour préserver l’écosystème fragile.
Dès le départ, un balcon naturel offre une vue panoramique saisissante sur le paysage environnant. Le parcours traverse une végétation luxuriante typique des ravins de l’île, composée d’espèces endémiques comme le dragonnier, le pin canarien ou diverses euphorbes. Certaines zones exigent prudence et bon équilibre, notamment au début du sentier, déconseillé à ceux souffrant de vertige.
Le site constitue également un refuge pour la faune locale. Plusieurs espèces rares ou protégées trouvent ici leurs derniers habitats naturels.
Le Barranco del Infierno est accessible depuis le village d’Adeje, via les lignes de bus 416, 417 ou 473, ou en voiture depuis l’autoroute TF-1. Les sandales de plage sont interdites ; des chaussures de randonnée sont obligatoires. L’entrée est payante, avec des tarifs différenciés pour les résidents et les non-résidents, et l’accès est interdit aux enfants de moins de 5 ans et aux animaux.

39. Roques de Anaga
Situés au large de la côte nord-est de l’île de Tenerife, dans la commune de Santa Cruz de Tenerife, les Roques de Anaga se distinguent par leur isolement et leur silhouette majestueuse. Ces deux monolithes rocheux : le Roque de Tierra (ou de Dentro) et le Roque de Fuera, émergent de l’Atlantique dans un décor spectaculaire, constamment battus par les vagues. Ils forment l’un des écosystèmes naturels les plus emblématiques des Canaries, reconnus pour leur valeur scientifique et paysagère exceptionnelle.
Protégés au sein d’une réserve naturelle intégrale de 10 hectares, ces rochers ne sont accessibles qu’avec une autorisation spéciale à des fins scientifiques. Le grand public peut toutefois admirer leur silhouette depuis la côte, notamment depuis les sentiers du parc rural d’Anaga. Leur état de conservation remarquable contribue à préserver un patrimoine géologique unique, façonné par les forces volcaniques et marines au fil des millénaires.
La faune qui peuple les Roques de Anaga est d’un intérêt biologique majeur. Ces îlots abritent plusieurs espèces endémiques, dont la population unique connue de Gallotia galloti insulanagae, un lézard propre à ce micro-écosystème. De nombreuses espèces d’oiseaux marins y nichent également, telles que le pétrel de Bulwer, l’océanite de Castro et le puffin de Scopoli, attirés par l’isolement et les conditions naturelles préservées.
La flore n’est pas en reste : au sommet du Roque de Tierra se développe une étonnante formation végétale, un bois de dragonniers des Canaries, comptant environ une centaine de spécimens. Ces arbres emblématiques, rares à l’état sauvage, confèrent au site un caractère quasi mystique et renforcent son importance écologique.
40. Montañas de Ifara et Los Riscos
Le monument naturel des Montañas de Ifara et Los Riscos, situé dans la commune de Granadilla de Abona, dans le sud de Tenerife, se compose de deux cônes volcaniques remarquables par leur état de conservation. Le mont Ifara et le mont Los Riscos présentent une morphologie typique des formations explosives, avec des cratères en fer à cheval ouverts respectivement vers le nord-est et le sud-est.
Les flancs de ces cônes sont jonchés de bombes volcaniques de tailles variées, témoins d’une activité éruptive intense par le passé. Le ravin de Callao entaille la façade ouest de Los Riscos, provoquant des chutes de pierres spectaculaires qui ont donné leur nom à ce mont. Le paysage alentour, constitué de plaines volcaniques et de ravins, forme un ensemble géomorphologique d’un grand intérêt.
Ce site protégé, d’une superficie de 288,1 hectares, abrite un écosystème typique des zones arides du sud de Tenerife. La végétation est dominée par le tabaiba doux, accompagnée de balos, salados et cardoncillos, caractéristiques du cardonal-tabaibal. Dans les zones où le sol devient basaltique, les cardones apparaissent, renforçant la diversité floristique.
Sur les hauteurs, on observe des espèces plus exigeantes en humidité comme le tasaigo, le verode, le cornical ou encore l’encens, formant des habitats bien distincts selon l’exposition et la composition du sol. Cette variation écologique est remarquable dans un environnement aussi sec.
La faune locale est également riche. Parmi les oiseaux les plus communs, se rencontrent le pipit farlouse, la huppe fasciée, le martinet plat et le faucon crécerelle. Le pipit de Berthelot, la fauvette à lunettes et le roselin githagine (ou pájaro moro) figurent également parmi les espèces emblématiques du site.




