Les 100 incontournables de la Tunisie

Sommaire

Au travers de cet article que nous avons voulu le plus complet possible, nous avons souhaité vous présenter tous les lieux d’intérêts incontournables de la Tunisie, ceux que vous devez absolument voir, ceux qui représentent son essence même. Certains d’entre eux sont évidents et connus de tous, mais d’autres sont des trésors cachés qui méritent d’être parcourus. C’est pour cette raison que nous espérons que cet article, l’un des plus complets disponible sur Internet, qui vous présente les incontournables de la Tunisie vous aidera à découvrir ce territoire magnifique.

La République tunisienne est un pays d’Afrique du Nord bordé par la mer Méditerranée et reconnu pour la richesse de son histoire, la diversité de ses paysages et l’hospitalité de sa population. Grâce à une infrastructure touristique bien développée, la Tunisie accueille chaque année des millions de voyageurs venus profiter de ses plages lumineuses, de ses médinas vibrantes et de ses traditions séculaires. Entre les rivages ensoleillés, les ruines antiques, les villages sahariens et une gastronomie raffinée, elle offre un éventail d’expériences variées, adaptées aussi bien aux amoureux de culture qu’aux passionnés de nature.

Le nord de la Tunisie s’étend de la capitale jusqu’aux montagnes verdoyantes et aux plaines côtières. Il comprend les gouvernorats de Tunis, Ariana, Ben Arous, Manouba, Bizerte, Béja, Jendouba, Siliana, Kef, Zaghouan, Nabeul, Sousse, Monastir, Mahdia et Kairouan. Cette région abrite les principales stations balnéaires méditerranéennes, où se mêlent sable doré et eaux limpides, mais aussi des cités historiques telles que Kairouan, haut lieu de l’islam, ou Bizerte, l’un des plus anciens ports du bassin méditerranéen. Tunis, avec sa médina classée à l’UNESCO et ses musées d’exception, constitue quant à elle un carrefour culturel majeur.

Plus au sud, la côte centrale tunisienne englobe les régions de Gabès, Madanine, Sfax et Sidi Bouzid. Cette partie du pays, baignée par les eaux chaudes du golfe de Gabès, est connue pour ses plages tranquilles, ses oasis maritimes et ses villages côtiers préservés. Les voyageurs y trouvent également des points de départ stratégiques vers la Libye grâce à un réseau de bus efficace. Sfax, deuxième ville du pays, représente un pôle économique important au caractère authentique, réputé pour sa médina vivante et son industrie de l’huile d’olive.

En s’enfonçant dans l’arrière-pays, la Tunisie saharienne dévoile un univers totalement différent, marqué par l’immensité du désert et la force de ses paysages. Les gouvernorats de Gafsa, Kasserine, Kebili, Tozeur et Tataouine abritent des plaines rocheuses, des dunes majestueuses, des oasis légendaires et plusieurs sites archéologiques fascinants. De Tozeur à Douz, en passant par les ksour perchés de Tataouine, le sud offre des expériences uniques : randonnées dans les dunes, routes cinématographiques de Star Wars, villages troglodytiques et soirées sous les étoiles sahariennes.

À travers cette diversité remarquable, la Tunisie se révèle comme une destination aux multiples visages, où la mer, la montagne, le désert et l’histoire s’entremêlent harmonieusement. Qu’il s’agisse de découvrir les stations balnéaires du nord, les oasis du centre ou les étendues sahariennes du sud, le pays invite à un voyage profond, chaleureux et inoubliable.

A. Sud saharien

A 1. Douz (Sud saharien)

Douz, souvent appelée la « porte du Sahara », se situe dans le centre-sud de la Tunisie et compte environ 30 245 habitants. Rattachée au gouvernorat de Kébili, elle se trouve à près de 488 kilomètres de Tunis et s’est développée autour d’une vaste oasis qui marque la transition entre les terres cultivées et les grandes étendues désertiques.

Au cœur de la ville, la place des martyrs demeure un lieu emblématique où se croisent habitants et visiteurs. Le marché local quotidien témoigne de l’activité commerciale intense qui caractérise Douz depuis des siècles : s’y découvrent épices, dattes, tissus, objets utilitaires et scènes de vie typiques du Sud tunisien. Le souk des animaux, réputé dans toute la région, offre une plongée dans la culture des éleveurs et permet d’observer de près les dromadaires, compagnons indispensables des nomades. Tout près, le marché hebdomadaire du jeudi, plus animé encore, attire artisans berbères, vendeurs de tapis et créatrices de burnous, ces capes traditionnelles confectionnées exclusivement par les femmes.

Le dromadaire s’y trouve au centre de la vie quotidienne. À Douz, de nombreuses négociations animées autour de la vente de ces animaux sont visibles dans le souk, reflétant un savoir-faire ancien. Le lien entre l’homme et le dromadaire s’observe aussi dans les activités touristiques, qui incluent balades chamelières, randonnées guidées et circuits dans le Sahara.

Chaque mois de décembre, Douz accueille le festival international du Sahara, événement majeur célébrant la culture saharienne. Pendant quatre jours, les tribus nomades de Tunisie, d’Algérie, de Libye, d’Égypte et d’autres pays se rassemblent pour offrir des démonstrations de danse, de musique et de traditions ancestrales. La grande course de dromadaires, longue de 42 kilomètres, constitue le moment fort du festival, comparable aux Jeux olympiques du désert.

Autour de Douz, la zone touristique propose de nombreux hôtels et plusieurs activités dans le désert : excursions en quad, promenades en chameau et exploration des dunes. La ville abrite également un musée consacré à la vie des peuples du désert, inauguré en 1997, permettant de mieux comprendre l’histoire et les coutumes des communautés sahariennes. De nombreuses mosquées ponctuent également la ville et ses quartiers, dont la mosquée Abdel Mawla, la mosquée al-sabil, la mosquée awled selma, la mosquée Aldashr, la mosquée al-awati, la mosquée awled mansour, la mosquée elhanin, la mosquée Omar el mahjoub ou encore la mosquée A’badleh, lieux de prière essentiels au rythme spirituel de Douz.

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A 2. Zaafrane (Sud saharien)

Située à une dizaine de kilomètres à l’ouest de Douz, Zaafrane est un petit village-oasis encore relativement préservé du tourisme de masse. Le village marque lui aussi une entrée naturelle vers le désert du Sahara et offre un environnement calme, propice à l’observation des grandes étendues de dunes. Réputée pour sa population issue du peuple Adhara, Zaafrane conserve une atmosphère authentique qui séduit les visiteurs cherchant un contact direct avec les paysages sahariens. La lumière y est particulièrement spectaculaire, surtout au lever et au coucher du soleil lorsque les dunes se teintent de rose et d’or.

Le village de Zaafrane est entouré d’un paysage remarquable où s’étendent des dunes majestueuses, dont la célèbre dune de Zaafrane, coiffée d’un petit marabout qui offre l’un des plus beaux points de vue de la région. Les visiteurs qui s’y aventurent apprécient la tranquillité du lieu, encore épargné par les foules touristiques. Tout autour, il n’est pas rare de croiser des dromadaires en quasi-liberté, cherchant leur nourriture au gré des ressources disponibles, scène typique du Sahara et particulièrement photogénique.

À proximité du village se trouve l’ancien village enseveli de Zaafrane, aujourd’hui recouvert par les sables. S’y aperçoivent encore les vestiges de maisons et les têtes des palmiers dépassant du sol, témoignant d’un passé englouti par les vents du désert. Cette visite, à la fois mystérieuse et émouvante, offre une parenthèse hors du temps et permet de comprendre la fragilité des établissements humains face aux forces naturelles. Ce lieu est souvent considéré comme l’une des curiosités les plus singulières du sud tunisien.

Autour du village, plusieurs petites infrastructures accueillent les visiteurs, dont une mosquée discrète et des entrepôts de dattes témoignant de l’importance de cette culture dans la région.

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A 3. Le Chott El Jerid (Sud saharien)

Le Chott El Jerid, plus vaste plaine saline de Tunisie et l’une des plus grandes sebkhas du Maghreb, s’étend sur environ 5 000 km² entre Nefta et El Hamma. Cette immense dépression, située au sud-ouest du pays, constitue un paysage unique composé de croûtes de sel, de sables agglomérés et de zones argileuses. Long de près de cent kilomètres, le Chott El Jerid occupe une position naturelle entre les montagnes tunisiennes et le désert saharien. Il est reconnu pour son caractère exceptionnel et a été inscrit en tant que site Ramsar en 2007.

En hiver, lorsque les rares pluies recouvrent la plaine d’une fine nappe d’eau, les reflets du soleil offrent un spectacle coloré rappelant parfois un mirage. Durant la saison sèche, la surface se transforme en une vaste étendue blanchâtre craquelée où le sel forme une pellicule luisante. La route qui relie Kébili à Tozeur traverse le chott sur près de quatre-vingts kilomètres, offrant un panorama impressionnant. De petites zones aménagées permettent aux visiteurs d’observer ces paysages surprenants et d’acheter des objets réalisés à partir du sel.

À l’intérieur du chott, le sol reste fragile et instable, rendant toute excursion hors des pistes dangereuse, surtout après la pluie. À la périphérie, la steppe halophile appelée hamdha sert de terrain de parcours aux chameaux et marque la transition entre la plaine saline et les zones plus fertiles. Cette interface entre différents milieux dessine des paysages variés, parfois presque lunaires, qui captivent photographes, voyageurs et amateurs de grands espaces.

Le Chott El Jerid possède également une dimension culturelle forte. Il est associé à plusieurs récits antiques, dont le récit du lac Triton que la mythologie grecque identifie comme lieu de naissance d’Athéna. Plus récemment, il a servi de décor à certaines scènes emblématiques de la saga Star Wars, notamment celles se déroulant sur la planète Tatooine. Son atmosphère spectaculaire, entre réalité et illusion, se prête naturellement aux récits fantastiques.

Au cœur du chott se trouve une saline (non ouverte au public) où le sel est collecté, conditionné puis exporté à l’international. Ce site rappelle l’importance économique de cette ressource dans la région.

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A 4. Matmata (Sud saharien)

Matmata, village emblématique du sud tunisien, constitue une étape incontournable pour les visiteurs se rendant de Djerba à Douz. Réputée pour ses habitations troglodytiques creusées dans la roche, la localité offre un aperçu unique d’un mode de vie ancestral, parfaitement adapté aux conditions climatiques extrêmes de la région. À l’extérieur immédiat du village, ces maisons troglodytes se dévoilent sous la forme de cours circulaires creusées dans la montagne, autour desquelles s’organisent chambres, cuisines, étables et espaces de stockage. Ce type d’architecture permet de maintenir une fraîcheur constante, faisant de ces habitations l’un des systèmes traditionnels les plus ingénieux du Maghreb.

La région de Matmata abrite également plusieurs villages perchés au cœur des montagnes, offrant des panoramas saisissants sur les plaines arides environnantes. Les paysages sont marqués par la sécheresse, les reliefs escarpés et les vallées profondes, sculptées depuis des millénaires par l’érosion. De Matmatat-al-Qadimal aux hameaux dispersés dans les Dahar, l’ensemble forme un territoire où la culture berbère demeure vivante malgré l’exode rural ayant conduit à l’essor de la nouvelle Matmata. Les habitants y conservent leur patrimoine tout en s’adaptant à la modernité.

Les habitations troglodytiques traditionnelles se composent d’un puits central creusé dans la roche, autour duquel s’organisent les pièces souterraines. Les étages supérieurs servent de makhzen pour stocker céréales, dattes, olives et figues séchées, tandis que l’étage inférieur abrite chambres, camour, matbakh, étables et bergeries. Certaines demeures comportent plusieurs cours reliées par des couloirs souterrains, témoignant d’un savoir-faire complexe. L’accès se fait soit par un escalier taillé dans la paroi, soit par un tunnel horizontal débouchant dans la cour principale.

L’un des lieux les plus célèbres du village est sans conteste l’hôtel Sidi Driss, décor emblématique de Star Wars. Le site servit en 1976 de résidence des Lars, la famille adoptive de Luke Skywalker, dans l’épisode IV, et fut réutilisé dans l’épisode II. Ses cinq cours troglodytes, ses chambres voûtées et son architecture traditionnelle en font un lieu mythique pour les passionnés de la saga. D’autres productions audiovisuelles ont également eu Matmata pour décor, comme La Soif noire ou plusieurs missions des jeux vidéo Call of Duty.

La localité abrite aussi plusieurs mosquées, dont la mosquée Madrassa Sidi Moussa el Jemni, qui témoignent de la vie religieuse de la communauté.

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A5. Tataouine (Sud saharien)

Tataouine, grande ville du sud tunisien située non loin de la frontière libyenne, compte environ 70 000 habitants et constitue l’un des centres les plus importants de la région. Profondément marquée par l’histoire, la ville conserve une architecture traditionnelle mêlant maisons basses, mosquées et églises, témoignant de la diversité culturelle de la région. Elle s’est notamment développée à partir de la fin du XIXᵉ siècle avec la création d’une mosquée (1898), d’un abattoir municipal, d’un bureau de poste, d’une infirmerie-dispensaire, d’une école primaire puis d’un tribunal, ainsi que d’une église construite durant la Première Guerre mondiale.

Tataouine est surtout connue pour son souk, qui se tient chaque lundi et jeudi. Cet espace vibrant et coloré rassemble artisans, producteurs et habitants des environs. Les visiteurs y trouvent des bijoux traditionnels, de la vannerie, des tissus, des épices, du henné et d’innombrables spécialités culinaires, dont la fameuse corne de gazelle.

La ville dispose également de plusieurs lieux culturels, dont le musée de la mémoire de la Terre de Tataouine, qui met en valeur le patrimoine géologique exceptionnel de la région. Le complexe culturel de Tataouine et le théâtre municipal accueillent régulièrement spectacles, expositions et événements artistiques.

Parmi les édifices religieux et lieux de culte notables, il convient de citer la grande mosquée, la mosquée el ansar, la mosquée el atik, la mosquée omar abdelaziz (zamour), la mosquée ennour et la mosquée abou bakr as-seddik.

Enfin, Tataouine se trouve au cœur d’une région réputée pour ses ksour emblématiques. À proximité immédiate, les visiteurs peuvent découvrir ksar Ouled Soltane ou ksar Ouled Debbab, parmi les plus beaux greniers fortifiés de Tunisie. Non loin de là, les villages de Douiret et de Chenini offrent également de remarquables habitations troglodytiques où la température ne dépasse jamais 25°C, même en plein été.

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A 6. Les ksours de Chenini, de Guermessa et de Ksar Ouled Soltane (Sud saharien)

Véritables forteresses bâties à flanc de montagne pour soustraire les provisions d’éventuels pillages ou permettant de se protéger de l’ennemi, les ksours sont des villages taillés dans des flancs de montagnes. Situées aux environs de Tataouine, ils permettent aux visiteurs de découvrir un univers somptueux.

Ces ksour, ou villages fortifiés, présentent une architecture caractéristique avec des maisons en pierre et des ruelles étroites qui serpentent à travers les collines. Les visiteurs peuvent explorer les ruelles pavées, visiter les maisons troglodytes et découvrir l’histoire fascinante de ces anciennes communautés berbères.

A 6A. Ksour de Chenini (Sud saharien)

Chenini, village troglodytique berbérophone situé à 18 kilomètres de Tataouine, se distingue par son implantation spectaculaire sur les pentes d’une butte rocheuse du Sud tunisien. L’ensemble est dominé par un ksar citadelle juché à près de 500 mètres d’altitude, utilisé autrefois pour stocker les denrées et servir de refuge en cas d’attaque. Ce système défensif, semblable aux ksars de Douiret ou Guermessa, témoigne de l’ingéniosité des communautés berbères face aux invasions, notamment hilaliennes. Au fil du temps, la population s’est déplacée vers les flancs de la colline puis vers la plaine, donnant naissance au « nouveau Chenini » dans les années 1960.

Le village est également célèbre pour ses liens avec la culture populaire contemporaine, notamment la saga Star Wars qui y a tourné plusieurs scènes emblématiques ; l’une des lunes de la planète de Luke Skywalker porte d’ailleurs son nom.

Aujourd’hui, Chenini est une étape majeure de la route des ksour du Sud tunisien, aux côtés de ksar Ouled Soltane et ksar Hadada. Le village abrite aussi la mosquée de Sept Dormants, l’un des lieux associés à la légende pieuse des dormants de la caverne. À proximité se trouve le « New Chenini », mieux équipé en eau et électricité, qui regroupait environ 120 familles en 2023.

A 6B. Ksour de Guermessa (Sud saharien)

Guermessa, village berbère perché dans les monts Dahar, abrite environ 1 230 habitants et offre un panorama saisissant sur une région désertique sculptée par des millénaires d’érosion. Comme à Chenini et Douiret, le site possède des habitations troglodytiques et un ksar, témoins d’un mode de vie ancien adapté à un environnement rude. Sa mosquée, construite dans les années 1940 et dotée d’un minaret, domine les ruelles accrochées aux pentes. Le berbère, autrefois parlé ici, a disparu au profit de l’arabe tunisien, signe d’une évolution culturelle marquée par les transformations sociales du XXᵉ siècle.

Le village est aussi réputé pour son artisanat traditionnel : le margoum, une broderie aux motifs anciens réalisée autrefois par les femmes. Cependant, l’évolution des modes de vie et la concurrence industrielle ont entraîné un déclin de cette pratique locale. Situé à environ 350 mètres d’altitude, Guermessa se trouve à une vingtaine de kilomètres de Tataouine, non loin de Ghomrassen et du ksar Hadada. Ses paysages austères, baignés de lumière, en font l’un des lieux les plus fascinants des monts Dahar.

Guermessa est entourée d’autres villages berbères emblématiques : Chenini au sud, à environ 5 kilomètres à vol d’oiseau, et Douiret plus au sud encore. Cet ensemble forme l’un des secteurs les plus emblématiques de la culture berbère en Tunisie, avec une architecture parfaitement intégrée au relief et un riche héritage pastoral.

A 6C. Ksour de Ksar Ouled Soltane (Sud saharien)

Situé sur un piton rocheux du gouvernorat de Tataouine, ksar Ouled Soltane est l’un des ksour les mieux conservés et les plus impressionnants du Sud tunisien. Construit en 1699 et agrandi avant 1881, il présente une structure rectangulaire de soixante mètres sur quarante, accessible par une seule entrée. Restauré à partir de 1993, le site, classé monument en 2021, témoigne de l’architecture collective destinée à protéger les denrées alimentaires dans les ghorfas, ces cellules voûtées superposées en étages.

Le ksar compte aujourd’hui 287 ghorfas, dont 96 autour de la cour extérieure, réparties sur trois ou quatre niveaux. Son architecture se distingue par l’abondance d’escaliers extérieurs qui s’agrippent aux façades, ainsi que par les crochets en bois utilisés autrefois pour hisser les marchandises. Ces éléments font de Ouled Soltane un exemple remarquable des techniques de stockage communautaire des populations berbères et arabes du Sud tunisien.

Ksar Ouled Soltane qui a servi de décor à l’épisode I de Star Wars se trouve à proximité de Tatouine.

La présence de palmiers dans la cour intérieure adoucit la rudesse minérale du site, tandis que les restaurations successives ont permis de préserver l’authenticité du lieu malgré les intempéries, notamment les fortes pluies de 2019. Proposé en 2020 pour un futur classement au patrimoine mondial de l’Unesco, ksar Ouled Soltane attire aujourd’hui voyageurs, photographes et amateurs d’architecture traditionnelle.

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A 7. Métlaoui (Sud saharien)

Située dans l’ouest tunisien, entre Gafsa et Tozeur, Métlaoui est une ville au riche passé minier, abritant 38 129 habitants. Elle fait partie du gouvernorat de Gafsa et occupe une place centrale dans l’histoire de l’exploitation des phosphates en Tunisie. La ville a connu plusieurs appellations, initialement Metlaoui, puis Philippe Thomas en hommage à l’ingénieur géologue décédé en 1910, avant de retrouver son nom actuel en 1957. Métlaoui se distingue par sa position stratégique, servant de point de transit entre les villes du sud-ouest et les zones désertiques environnantes, ainsi que par son importance culturelle et touristique.

Le site le plus emblématique de Métlaoui est sans conteste le Lézard Rouge, un train touristique dont le départ se situe à la station Métlaoui. Construit initialement pour le Bey de Tunis en 1904, le train a été entièrement restauré, avec des wagons peints en rouge profond et décorés de dorures. À l’intérieur, le luxe d’époque est conservé : fauteuils brodés, luminaires anciens à globes, ferrures en laiton et boiseries en acajou. Les grandes fenêtres offrent des vues spectaculaires sur les canyons et les paysages désertiques, et de jeunes serveurs en costume d’époque assurent le service des boissons, recréant l’ambiance d’un voyage d’antan.

Le parcours du Lézard Rouge traverse les gorges de Selja, une vallée encaissée où l’oued Selja serpente entre des falaises abruptes d’une dizaine de mètres. La voie ferrée fut construite en 1896 par la Compagnie des phosphates et des chemins de fer de Sfax-Gafsa pour le transport du phosphate. Aujourd’hui, elle constitue un itinéraire touristique unique, offrant plusieurs arrêts photos, dont un cirque naturel situé dans le secteur le plus large des gorges. Les gorges, classées site Ramsar sous le nom de « Gorges de Thelja » en 2012, présentent une biodiversité remarquable et un cadre naturel exceptionnel.

Métlaoui conserve également un patrimoine historique et scientifique. La ville abrite un musée d’histoire naturelle où sont exposés des fossiles découverts lors de l’exploitation minière, et plusieurs vestiges puniques et romains sont visibles dans les environs. Les forts et remparts construits à des fins défensives témoignent de l’importance stratégique de la région depuis l’Antiquité.

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A 8. Douiret (Sud saharien)

Perché dans les montagnes du sud tunisien, Douiret offre un décor saisissant où les traces du passé se fondent dans un paysage minéral spectaculaire. Ce village berbère, partiellement abandonné, séduit par son architecture traditionnelle et ses panoramas vastes sur les reliefs désertiques. L’impression d’isolement renforce la valeur patrimoniale du site, tandis que l’accès par des pistes escarpées ajoute au charme de cette halte historique.

Au cœur du village se dressent le ksar historique et ses greniers fortifiés, ensemble remarquable de ghorfas empilées dominant les alentours. Ce grenier collectif, utilisé durant des siècles pour stocker céréales et denrées, illustre l’organisation communautaire berbère et la maîtrise d’une architecture parfaitement adaptée au milieu aride. Sa silhouette massive est visible à des kilomètres et constitue l’un des symboles les plus évocateurs de Douiret.

Plus bas, les habitations troglodytiques creusées dans la roche complètent cette découverte patrimoniale. Conçues pour résister aux variations extrêmes de température, ces grottes aménagées témoignent d’une adaptation ingénieuse au climat désertique. La vieille mosquée perchée dans le village, probablement édifiée au XVIIIᵉ siècle, domine les maisons et rappelle l’importance spirituelle de ce site, dont l’architecture simple souligne la pureté des formes rurales du sud tunisien.

Les ruelles étroites serpentent entre cavités, ghorfas et maisons effondrées, offrant des perspectives saisissantes sur la vallée. Ces chemins mènent également vers les sentiers rejoignant les vieux forts voisins, notamment vers le ksar de Guermessa ou le ksar d’Ouled Soltane, à travers plateaux désertiques et acacias. La rencontre avec l’artisanat local et les traditions berbères, qu’il s’agisse de tissage, poterie ou broderie, complète l’expérience immersive de ce village unique.

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A 9. Ksar Hadada (Sud saharien)

Situé à proximité de Ghomrassen et à une vingtaine de kilomètres de Tataouine, ksar Hadada est un impressionnant grenier fortifié qui compte 1 142 habitants. Construit au XIIIᵉ siècle, il se caractérise par ses structures en forme de tours superposées, autrefois destinées à protéger les biens des habitants contre les envahisseurs et les intempéries. L’ensemble, partiellement restauré, offre un dédale de ruelles étroites, de chambres voûtées et de cours intérieures qui permettent d’imaginer la vie quotidienne dans un ksar traditionnel du Sud tunisien.

Le village est entouré d’une chaîne montagneuse et possède une vallée impressionnante, la dépression de Gattar, profonde de 25 à 50 mètres. Plusieurs fossiles ont été découverts dans la région, témoignant d’un passé géologique ancien. Outre sa mosquée construite dans les années 1950, Ksar Hadada possède deux cafés, une bibliothèque, un bureau de poste, un stade de football et plusieurs commerces. L’économie locale repose principalement sur la culture des oliviers et l’élevage de chèvres ou d’agneaux, mais le village souffre d’un important exode rural, beaucoup d’habitants ne revenant que pendant les vacances.

Le ksar, situé au centre du village, est aujourd’hui un site touristique majeur, et une partie de ses ghorfas a été transformée en hôtel. Il est surtout connu pour avoir servi de décor à Star Wars : épisode I : La Menace fantôme, où il représente une partie du village de Mos Espa, lieu de naissance d’Anakin Skywalker. Les visiteurs peuvent ainsi arpenter les espaces utilisés pour les scènes du film et admirer les tours superposées qui ont contribué à son esthétique unique.

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A 10. Sidi Driss (Sud saharien)

Situé au cœur du plateau de Matmata, l’hôtel troglodytique Sidi Driss constitue l’un des décors les plus emblématiques de la saga Star Wars. Creusé dans la roche selon la tradition berbère, ce site offre fraîcheur en été et confort en hiver, dans un environnement souterrain typique de la région. L’atmosphère singulière de ces maisons troglodytiques se combine ici à l’aura mondiale d’un lieu devenu mythique.

L’entrée conduit vers la cour principale, connue des fans comme la cour des Lars, décor central de l’épisode IV : Un nouvel espoir et de l’épisode II : L’Attaque des clones. Les éléments de décor laissés sur place : portes électroniques, faux conduits, boîtiers, permettent de retrouver les ambiances originales du tournage. La magie opère instantanément, tant le site est resté intact depuis le passage de l’équipe Lucasfilm.

Les visiteurs découvrent ensuite la cour telle qu’elle apparaît dans les films, ainsi que la fameuse salle à manger, visible dans les scènes de repas des épisodes II et IV. Ces espaces troglodytiques permettent d’imaginer le quotidien fictif de la famille Lars, dans un lieu où architecture traditionnelle et univers cinématographique se rejoignent de manière spectaculaire.

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A 11. Sidi Bouhlel (Sud saharien)

À quelques kilomètres de Tozeur, Sidi Bouhlel dévoile un canyon spectaculaire où se superposent nature saharienne, histoire locale et mémoire cinématographique. Ce lieu isolé, dominé par le marabout de Sidi Bouhlel, attire les visiteurs en quête de grands espaces silencieux et de paysages sculptés par l’érosion.

Le canyon est jalonné de formations rocheuses emblématiques, telles que le grand rocher, la source, ou encore la petite arche naturelle visible dans plusieurs scènes de Star Wars. Le visiteur peut identifier les lieux de tournage de l’épisode I et de l’épisode IV, notamment les passages où apparaissent les jawas, les hommes des sables ou encore Obi-Wan Kenobi. À ces références s’ajoutent plusieurs décors du film Les Aventuriers de l’Arche perdue, tournés dans les mêmes gorges.

En poursuivant le parcours, une montée vers le marabout mène jusqu’au promontoire rocheux utilisé comme point de vue sur Mos Eisley. Le contraste entre ce décor désertique, quasi intact depuis les années 1970, et son rôle majeur dans l’imaginaire cinématographique, crée un sentiment saisissant.

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A 12. Chott el-Gharsa (Sud saharien)

Situé dans une vaste dépression au nord de Tozeur, Chott el-Gharsa constitue l’un des paysages les plus impressionnants du désert tunisien. Utilisé comme décor dans les épisodes I et II de Star Wars, ce chott offre un panorama changeant selon les saisons. En période humide, la surface se transforme en miroir naturel reflétant le ciel, tandis qu’en saison sèche, elle se craquelle en plaques blanches d’un effet presque lunaire.

L’étendue salée s’étire sur une cinquantaine de kilomètres d’est en ouest, encerclée par des cuestas rocheuses datant du Crétacé et de l’Éocène. Ces reliefs forment une cuvette géologique dont la partie nord atteint 17 mètres, point le plus bas de toute la Tunisie. Les zones distinctes du chott : Chtihatt Sghatt, chott Mejez Sfa et chott Er Rahim, illustrent la diversité des sédiments et des formations sahariennes.

Les abords du chott dévoilent des sables éoliens, des alluvions et des paysages désertiques typiques du Jérid. La route reliant Tamerza au sud permet de rejoindre les oasis de Tozeur et d’El Hamma après avoir longé la bordure orientale du chott. L’immensité des lieux invite à contempler la géologie complexe qui a façonné cette dépression au fil des mouvements tectoniques tertiaires.

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A 13. Igloos de Nefta (Sud saharien)

Au cœur du Chott El Jerid, près de Nefta, les igloos de Nefta offrent un exemple remarquable de l’adaptation des populations locales au désert. Ces structures en briques et terre cuite, en forme de dôme, constituent un abri contre les températures extrêmes et servaient autrefois d’habitations temporaires ou de lieux de stockage pour les provisions. La silhouette des igloos se fond dans le paysage désertique, créant un décor naturel et cinématographique unique.

Ces igloos ont acquis une renommée mondiale grâce aux tournages des épisodes II, III et IV de Star Wars. La maison de Luke, reconnaissable par sa sortie en forme d’igloo, constitue un repère emblématique pour les fans de la saga. Bien que le site se situe à plus de vingt kilomètres de la ville de Nefta, il reste accessible et offre une expérience immersive dans un environnement désertique quasi intact.

Après la destruction de l’igloo lors du tournage de l’épisode IV, le lieu a été reconstruit pour l’épisode II.

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A 14. Parc national de Jebil (Sud saharien)

Le parc national de Jebil, situé au sud de Douz, est le plus vaste parc naturel de Tunisie, couvrant 150 000 hectares. Ce site saharien est un refuge pour une faune et une flore adaptées aux conditions extrêmes. La végétation y est rare mais essentielle, comprenant arbustes tels que Retama raetam, graminées et diverses espèces désertiques, tandis que les rochers et dunes offrent un cadre idéal pour observer les animaux.

Le parc abrite des espèces emblématiques du Sahara, comme la gazelle dorcas, la gazelle rhim, le fennec, ou encore l’outarde houbara, ainsi que des reptiles tels que le cobra et la vipère à cornes. Certaines zones sont protégées, et des projets de réintroduction d’espèces comme l’addax y sont menés, soulignant l’importance de Jebil pour la conservation de la biodiversité saharienne.

Les visiteurs peuvent accéder au parc en véhicule tout-terrain, sous la surveillance des gardes présents sur le site. Les paysages variés incluent dunes, dépressions sablonneuses et blocs rocheux géants, résultat de l’altération de roches plutoniques. Ces formations offrent un spectacle géologique saisissant et une expérience immersive dans l’immensité désertique tunisienne.

Le parc conserve également des vestiges préhistoriques et historiques, étudiés pour comprendre l’évolution de l’occupation humaine, de l’Holocène à la Seconde Guerre mondiale. L’ensemble du site, inscrit comme zone importante pour la conservation des oiseaux (TN043), combine ainsi protection écologique, recherche scientifique et découverte pour le visiteur curieux.

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A 15. Oasis de Ksar Ghilane (Sud saharien)

À la limite est du Grand Erg Oriental, l’oasis de Ksar Ghilane se distingue par ses sources thermales et sa végétation luxuriante au milieu du désert. Facilement accessible par route asphaltée depuis Douz ou Matmata, l’oasis attire visiteurs et nomades, avec une cinquantaine de familles vivant principalement du tourisme et de l’exploitation des palmiers dattiers.

Le site propose de nombreuses activités de désert, notamment séjours dans le Sahara, promenades en quad, en moto ou à dos de dromadaire, ainsi que la baignade dans sa source d’eau chaude aux vertus thermales reconnues. L’oasis offre un contraste saisissant entre le sable doré des dunes et la fraîcheur des palmeraies, idéal pour des moments de détente et d’exploration.

Ksar Ghilane possède également un patrimoine historique notable. Le fort romain de Tisavar rappelle le passage de l’armée du général Leclerc en 1943, tandis que la colonne du général Leclerc, érigée à proximité, commémore les combats victorieux de cette période.

Pour l’hébergement, plusieurs campements berbères et un hôtel de luxe permettent de passer la nuit dans des tentes climatisées ou chambres privées, offrant confort et immersion.

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A 16. Le Sahara tunisien (Sud saharien)

Le Sahara tunisien, partie intégrante du plus vaste désert du monde, s’étend sur une large portion du sud du pays et constitue l’une des expériences les plus emblématiques offertes aux voyageurs. L’accès aux premières dunes se fait aisément depuis les villes de Douz et de Zaafrane, où la route se transforme progressivement en piste sablonneuse. En quelques minutes, le paysage change totalement : les terrains pierreux laissent place à d’immenses étendues de sable ocre qui se perdent dans l’horizon.

Les premières dunes, douces et accessibles, permettent une immersion immédiate dans un univers où la lumière joue un rôle déterminant. Aux heures matinales ou au coucher du soleil, le relief semble se métamorphoser, sculpté par les vents qui redessinent continuellement la surface du désert. La sensation d’espace infini donne au Sahara une dimension presque spirituelle, renforcée par le silence profond qui enveloppe les dunes. Ce calme, rare ailleurs, constitue l’un des atouts majeurs de cette région.

Pour les visiteurs à la recherche d’expériences plus complètes, plusieurs agences spécialisées proposent des expéditions de deux à quatre jours au cœur du désert. Ces sorties permettent de rejoindre des zones plus reculées, où les dunes deviennent plus hautes, où les pistes disparaissent totalement, et où les bivouacs offrent des nuits sous un ciel exceptionnellement clair. Les déplacements se font en 4×4, à pied ou parfois à dos de chameau, en fonction du circuit choisi et du niveau de confort souhaité.

Ces expéditions donnent également l’occasion de rencontrer les habitants du désert, notamment les familles nomades ou semi-nomades qui vivent encore de l’élevage et de la mobilité saisonnière. L’accueil se caractérise par une grande hospitalité, souvent illustrée par un thé partagé ou la découverte de leurs tentes traditionnelles.

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A 17. Oasis de Midès (Sud saharien)

Située au nord de Tozeur, près de la frontière algérienne, l’oasis de Midès est célèbre pour son spectaculaire canyon de plusieurs dizaines de mètres de profondeur. Cette gorge, longue de trois kilomètres, révèle des formes rocheuses rondes et des contrastes de couleurs saisissants, avec ocre et rose dominants. Le site est reconnu pour ses fossiles et minéraux anciens, visibles le long des parois.

Le vieux village de Midès, presque entièrement en ruine depuis 1969, domine le canyon. Les ruines suspendues offrent un panorama unique et permettent d’imaginer l’implantation ancienne dans un environnement défensif naturel. Les vestiges de boutiques et de constructions traditionnelles font revivre l’histoire locale et l’organisation d’une oasis de montagne.

La randonnée dans le canyon de Midès combine observation géologique et aventure. Le parcours serpente le long de l’oued, parfois très étroit, offrant des panoramas époustouflants sur les falaises, les fossiles et la végétation locale, composée de palmiers, acacias et autres espèces désertiques. La prudence est nécessaire lors des passages étroits et humides, notamment après les crues.

L’oasis contemporaine complète la découverte avec ses palmeraies, cultures de dattes, oranges et figues, et activités touristiques.

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A 18. Oasis de Chebika (Sud saharien)

Située au nord de Tozeur, l’oasis de Chebika apparaît après une trentaine de minutes de route, juste au-delà du Chott el-Gharsa, dans un décor où le désert ouvre progressivement la voie vers les reliefs montagneux. L’approche du site se fait en deux temps, avec d’abord la traversée d’une palmeraie dense comptant près de deux cents arbres, offrant une ombre fraîche après la monotonie des paysages arides rencontrés auparavant. La transition entre la steppe et cet espace végétal constitue l’un des contrastes les plus saisissants du Sud-Ouest tunisien.

Après quelques minutes de progression, l’oasis se dévoile depuis un promontoire très fréquenté, surveillé par une présence militaire discrète mais constante. Chebika, dont le nom signifie « petit filet » en référence aux filets d’eau qui s’écoulent à travers les cascades, est l’une des trois oasis de montagne du gouvernorat de Tozeur, avec Tamerza et Midès.

L’oasis couvre environ 25 hectares répartis entre 116 exploitants. Cette vallée est régulièrement envahie par les eaux provenant d’un vaste bassin versant dépourvu de végétation, où l’érosion a sculpté des reliefs abrupts. Cette configuration favorise la formation de crues rapides et soudaines, concentrées en amont de la source. Les inondations meurtrières de 1969, qui ont touché tout le Sud tunisien, ont conduit à la construction du village actuel, à proximité des ruines de l’ancien bourg abandonné. La trame urbaine moderne adopte un plan en échiquier organisé autour de la place du marché.

Les environs de Chebika conservent de nombreux vestiges préhistoriques, mais l’histoire du site s’affirme réellement durant l’Antiquité. La localité devient alors un maillon essentiel du limes saharien, cette frontière fortifiée reliant Tébessa à Gafsa, qui contrôlait les mouvements tribaux et constituait un axe de perception fiscale. Autour de l’oasis subsistent des bornes militaires, un fossatum romain, des citernes et des éléments de voirie menant vers divers fortins périphériques, notamment vers Ain el Khanga et Seguia el Roumi.

Au cœur de l’oasis, l’agriculture repose traditionnellement sur un système à trois étages : les palmiers deglet nour, serrés à haute densité, précèdent un niveau d’arbres fruitiers et d’arbustes, puis un étage inférieur dédié aux cultures vivrières. L’élevage d’ovins, de caprins et de chameaux complète ce système en apportant le fumier nécessaire à la fertilité du sol.

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A 19. Oasis de Tamerza (Sud saharien)

Entre Chebika et Midès, l’oasis de Tamerza se situe dans un environnement montagneux spectaculaire, mêlant falaises abruptes, plateaux arides et vallées profondes. Dès l’arrivée sur le parking extérieur, le visiteur découvre une petite palmeraie, souvent animée selon la saison par des cueilleurs de dattes perchés dans les palmiers. La douceur de cette première zone végétale constitue une introduction harmonieuse à un site où l’eau joue un rôle essentiel dans la mise en scène du paysage.

En quelques minutes de marche, le promeneur atteint une gorge naturelle où s’impose une chute d’eau réputée pour sa beauté. L’oasis, appelée Tameghza, se situe à environ 450 kilomètres de Tunis et 70 kilomètres de Tozeur, non loin de la frontière algérienne. Sa position géographique et la morphologie du relief en font l’une des plus spectaculaires oasis de montagne du pays. Les sources claires irriguent la végétation et alimentent l’oued qui traverse l’ensemble du site avant de s’écouler vers les zones désertiques.

L’un des lieux les plus marquants de Tamerza est son village abandonné, dont les maisons en pierre ocre se dressent encore sur une colline dominant la palmeraie. Les ruines, sculptées par le vent et le soleil, présentent un ensemble harmonieux marqué par la présence d’un marabout reconnaissable à son dôme blanc. Le site, vidé de ses habitants après les inondations de 1969, témoigne d’une mémoire collective et d’une adaptation millénaire à un environnement difficile.

La région de Tamerza doit une partie de sa notoriété au cinéma : plusieurs scènes du film : Le Patient anglais, y ont été tournées, profitant de l’aspect sauvage et dramatique des reliefs environnants. Les couleurs des parois rocheuses, allant du beige au rouge profond, changent selon l’heure du jour, donnant aux paysages une dimension presque irréelle.

La présence de l’eau a façonné l’oasis et son fonctionnement agricole. Les palmiers dattiers, les cultures en terrasses et les petits jardins entourant la source constituent un écosystème fragile mais harmonieux. L’oasis alimente également un petit parc verdoyant, offrant un contraste marqué avec les environs désertiques.

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A 20. Tozeur (Sud saharien)

Tozeur, forte de 41 370 habitants, s’impose comme l’une des cités les plus emblématiques du Sud tunisien. Son identité repose d’abord sur une architecture singulière, façonnée par les briques de sable et d’argile qui dessinent des motifs géométriques d’une grande finesse, visibles tant dans la vieille ville que dans la zone touristique. Les tenues traditionnelles féminines, noires et ornées d’une bande bleu vif, ajoutent une note locale distinctive, contrastant avec les tenues de Nefta, marquées par une bande blanche. Le dynamisme du centre-ville se révèle autour du marché municipal, où les marchands de dattes présentent leurs produits à des prix très attractifs, perpétuant une tradition commerciale profondément ancrée.

La renommée internationale de Tozeur s’explique aussi par son rôle dans l’histoire du cinéma. Les paysages désertiques ont servi de décor à Star Wars, notamment pour les villes fictives de Mos Espa et Mos Eisley, ainsi qu’aux Aventuriers de l’Arche perdue et au Patient anglais, tourné en partie dans la maison du bey du quartier historique. Des visites guidées permettent d’explorer ces décors, dont le décor, intact, de Mos Espa, construit par Lucasfilm au nord-ouest de la ville.

Le cœur historique s’organise autour du souk et de la place Ibn-Chabbat, dominée par le grand minaret de la mosquée Farkous, édifice récent mais incontournable. Le souk rassemble boutiques, cafés, un marché vivant et la mosquée Sidi Mouldi, connue pour son minaret restauré en 1944. Le lieu attire autant pour les achats que pour les promenades, comme le suggère l’expression locale « descendre au souk ». Des placettes aménagées, des cafés traditionnels tels que le café berbère et des perspectives sur l’avenue Habib-Bourguiba complètent ce paysage urbain animé.

La médina d’Ouled el-Hadef, considérée comme l’une des plus belles et des mieux conservées de Tunisie, constitue un passage essentiel. Datée pour ses structures les plus anciennes du XIVᵉ siècle, elle s’étend de la rue de Kairouan à la rue el-Walid, avec des éléments remarquables tels que le moucharabieh en bois de palmier, l’une des plus anciennes portes du pays ou encore la médersa de Sidi Abdullah Bou Jemra. Les façades de pierre et de briques dessinent un ensemble harmonieux, renforcé par la présence de motifs complexes et par des portes richement décorées. Certaines d’entre elles arborent des jarres, des étoiles de David, des bougies ou des vélos, témoignant de l’histoire mixte du quartier, autrefois partagé entre communautés musulmane et juive.

Les caractéristiques architecturales de la médina apparaissent jusque dans les détails du quotidien : portes en bois de palmier pour les familles modestes, portes en bois d’abricotier pour les foyers plus aisés, jalousies permettant aux femmes d’observer la rue sans être vues, toits en bois de palmier ou d’abricotier selon le niveau social. Les ruelles voûtées forment un labyrinthe paisible où se succèdent panneaux indicateurs, maisons traditionnelles, et lieux religieux à portes vertes. Les statues dorées, dont les statues d’Ibn Chabbat et d’Abou el-Kacem Chebbi, accompagnent ce parcours patrimonial.

Au sud de la ville, le quartier Zebda, fondé au XVIIᵉ siècle, s’étend entre la zone touristique et Ras adh-Dhrâ°. Il se distingue par sa tranquillité et par ses maisons anciennes aux murs de briques ocre ou enduits de bleu et de jaune. L’entrée du quartier est signalée par la statue du cheval ailé, l’un des symboles les plus reconnaissables de Tozeur.

Ras adh-Dhrâ°, perché sur une colline au nord de la ville, a commencé à se construire dans les années 1940 avant de se développer rapidement dans les années 1970 et 1980. Ce quartier modeste connaît une activité soutenue, particulièrement agricole en fin de journée. Plus à l’est, Helba s’étend comme un quartier rural issu de la sédentarisation des populations nomades à partir des années 1960, marqué par une forte homogénéité ethnique et par un développement continu depuis plusieurs décennies.

La zone touristique, appelée al-kurnish ou al-zûn, longe l’avenue Abou-el-Kacem-Chebbi et rassemble complexes hôteliers, musées, dont le Dar Cheraït, restaurants et agences de voyages. L’architecture y imite celle du centre historique pour préserver une harmonie urbaine, tandis que cafés et établissements modernes s’intègrent au paysage. Une jarre géante de dix mètres, la grande arche du souk et diverses statues contribuent à l’atmosphère éclectique du secteur, autrefois lieu des sources où les habitants venaient se baigner.

La palmeraie de Tozeur, accessible depuis plusieurs points de la médina, forme une oasis spectaculaire et l’une des plus vastes de Tunisie. Ses allées invitent aux promenades matinales ou tardives, particulièrement appréciées pour leur fraîcheur. Les activités agricoles y sont nombreuses, l’accueil y est cordial et la tranquillité générale permet de découvrir un écosystème harmonieux. Au mois de décembre, le festival des oasis réunit habitants et visiteurs autour de concerts et de spectacles en plein air, affirmant la vitalité culturelle de la région.

Les environs offrent enfin des paysages exceptionnels, dont le Chott el-Jerid, immense lac salé asséché la majeure partie de l’année, où le sel blanc scintille sous la lumière du désert. Les trois villages abandonnés de Chebika, Tamerza et Mides constituent des étapes majeures des excursions en 4×4. Chebika séduit par sa grotte et ses vues panoramiques ; Mides impressionne par sa gorge profonde et ses sentiers de randonnée ; Tamerza charme par ses cascades naturelles et ses bassins où il est possible de se rafraîchir. Ces villages, abandonnés après les inondations de 1969, offrent un témoignage poignant de la vie des oasis d’autrefois.

La région comprend également Bled el-Hadhar, berceau historique de Tozeur, doté d’une mosquée arabo-andalouse édifiée en 1193 et d’éléments datant de l’époque romaine, ainsi que le hameau d’Abbès, connu pour le marabout de Sidi Bou Liffa et pour ses traditions anciennes.

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A 21. Nefta (Sud saharien)

Nefta, ville oasis de 21 654 habitants, occupe une position marquante dans le Jérid, au sud-ouest de la Tunisie. Nichée entre Tozeur et Hazoua, localité située à la frontière algérienne distante de trente-trois kilomètres, elle se distingue par un paysage façonné par l’eau, la palmeraie et la lumière du désert. Le tissu urbain s’inscrit dans une longue tradition oasienne où l’agriculture, les savoir-faire artisanaux et l’activité culturelle demeurent des repères essentiels.

La géographie locale s’organise autour de la corbeille de Nefta, vaste dépression rocheuse où s’écoulaient autrefois 152 sources aujourd’hui en grande partie taries. L’eau, canalisée puis conduite dans un oued ramifié, alimentait la palmeraie et structurait l’économie. Malgré l’évolution du système hydraulique, ce site reste un élément majeur du paysage, bordé de points de vue, de sentiers et d’espaces associés à l’histoire du soufisme.

La ville conserve un ensemble d’institutions culturelles reflétant le dynamisme régional. La bibliothèque publique de Nefta, la bibliothèque publique pour enfants, le centre culturel Mohieddine-Khraïef, la maison de jeunes, l’auberge de jeunesse et le théâtre en plein air composent un réseau vivant, régulièrement fréquenté par la population locale comme par les visiteurs.

L’architecture témoigne d’un héritage partagé avec Tozeur : les façades sont bâties en briques cuites de couleur ocre, tandis que les toits et les portes utilisent le bois de palmier. Les quartiers historiques : Ouled Cherif, El Bayadha, Ez Zaouia et Béni Ali, offrent un parcours où ruelles, portails et demeures révèlent l’esthétique propre au Jérid.

Le patrimoine religieux occupe une place remarquable dans l’identité de Nefta. Les visiteurs peuvent y découvrir les mosquées El Hachani, Sidi Et Tabaï, Sidi Ahmed Miaad, Sidi Ameur, Sidi Ben Abbes, Sidi M’Khareg, Sidi Mohamed Bel Hadj ou encore Sidi Salem, appelée grande mosquée et datée du XVe siècle. Le paysage spirituel est également marqué par les zaouïas Sidi Bou Ali et Sidi Brahim, rattachées à des saints soufis qui ont façonné la mémoire religieuse de la région.

Plusieurs lieux et monuments enrichissent le parcours culturel. Le musée des civilisations arabo-berbères Ibn-Khaldoun présente des objets traditionnels et des documents relatifs à l’histoire locale. L’oasis de Nefta, également appelée Ras El Aïn, illustre la relation millénaire entre l’eau et l’agriculture du désert, tandis que la bordure de la corbeille évoque les pratiques spirituelles liées au soufisme.

Enfin, la région accueille des lieux devenus emblématiques grâce à la culture populaire. À Ong Jmel, le décor de Mos Espa, construit pour Star Wars : épisode I, la Menace fantôme, attire les passionnés de cinéma comme les voyageurs curieux des paysages désertiques.

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B. Île de Djerba

Djerba, île du sud tunisien classée au patrimoine mondial de l’Unesco pour son héritage culturel, séduit par la beauté de ses plages de sable fin, la douceur de sa campagne intérieure et l’authenticité de ses traditions préservées. Réputée parmi les meilleures destinations écologiques au monde, elle conserve une architecture unique faite de coupoles blanchies à la chaux, de villages harmonieux et de paysages sereins où le temps semble ralentir. Entre mer limpide, palmeraies et hameaux paisibles, l’île offre un cadre idéal pour un séjour mêlant détente et découverte.

B 1. Houmt Souk (Île de Djerba)

Peuplée d’environ 75 000 habitants, Houmt Souk constitue la capitale de l’île de Djerba et charme immédiatement par son ambiance chaleureuse, son urbanisme à taille humaine et la richesse de son patrimoine. Le cœur de la ville se concentre autour du souk, véritable centre névralgique où se croisent parfums d’épices, couleurs éclatantes et agitation commerciale. Ce souk mène naturellement à la médina, un ensemble de ruelles étroites et de maisons blanchies à la chaux qui préserve une atmosphère intemporelle. En s’y promenant, le visiteur découvre placettes, fontaines et nombreuses échoppes mettant en valeur l’artisanat local.

Dominant le port, le fort Ghazi Mustapha, également appelé Borj el Kebir, figure parmi les monuments majeurs de Houmt Souk. Érigé à l’époque ottomane puis agrandi au XVIᵉ siècle, il présente salles, remparts et expositions retraçant l’histoire mouvementée de Djerba. Transformé en musée, il conserve des costumes traditionnels, armes anciennes et objets illustrant les échanges entre marchands européens, orientaux et nord-africains. Depuis les remparts, on aperçoit l’emplacement de l’ancienne tour des crânes, signalée aujourd’hui par un obélisque.

Le port de Houmt Souk demeure un lieu vivant où l’activité des pêcheurs rythme le quotidien. Il est possible d’y observer les barques colorées, goûter du poisson grillé dans les restaurants bordant les quais et profiter de la sérénité des lieux. À proximité, le musée de la mer expose antiquités marines, maquettes de navires et objets retraçant l’histoire maritime de la ville, soulignant le lien intime qui unit Houmt Souk à la Méditerranée.

Le patrimoine religieux de la ville se distingue par une diversité remarquable. Parmi ses édifices, la mosquée Barrazim : Jemaâ El Ghorba, datant du XVe siècle, se caractérise par son grand minaret carré. La mosquée Ghazi Mustapha, construite au XVIᵉ siècle au sein du Borj el Kebir, témoigne de la présence ottomane. La ville abrite également la mosquée des Turcs : Jemaâ Ettrouk, au minaret ottoman typique, ainsi que la mosquée Sidi Brahim El Jemni, fondée en 1674 comme médersa et dotée d’une coupole à tuiles vertes soutenue par des colonnes antiques provenant du site de Meninx.

D’autres lieux de culte complètent ce riche ensemble : la mosquée Sidi Zitouni, la mosquée Sidi H’loulou, la mosquée Sidi Bouakkazine, la mosquée Sidi Bouzid, ainsi que la mosquée Jemaâ Ejdid et Jemaâ El Kebir. La célèbre coupole des combattants, ou Goubbet El Moujahdine, abrite quant à elle trois tombes dédiées aux défenseurs de Djerba.

La médersa El Bchiria, ancienne école coranique, demeure l’un des témoins les mieux préservés de l’architecture savante djerbienne. Ouverte aux visiteurs, elle illustre parfaitement l’organisation traditionnelle de ces établissements consacrés à l’enseignement religieux et culturel. Ses salles, sa cour intérieure et ses arcs élégants révèlent la maîtrise architecturale propre à l’île.

Le commerce constitue encore aujourd’hui un pilier essentiel de l’identité de Houmt Souk. Le marché central, construit dans les années 1960, ainsi que le souk Erbaa, plus ancien, accueillent toujours artisans et visiteurs malgré la disparition progressive de certains métiers comme les tisserands ou cordonniers. À côté se trouve le souk des orfèvres, connu pour la finesse du travail de ses bijoutiers. Les anciens fondouks, datant du XVIᵉ au XIXᵉ siècle, ont été restaurés pour devenir petits hôtels, centres artisanaux ou espaces marchands.

Le patrimoine architectural djerbien se lit également à travers les anciens ateliers de tissage, reconnaissables à leurs demi-voûtes et frontons triangulaires d’inspiration grecque. S’y trouvent aussi de vieux puits aux grandes ailes, autrefois essentiels pour irriguer les champs. Le hammam Sidi Brahim, ou hammam el Barouni, datant du XVIIᵉ siècle, reste l’un des bains traditionnels les plus emblématiques, rappelant l’importance des lieux communautaires dans la société locale.

La diversité religieuse, caractéristique de l’histoire de Djerba, se manifeste aussi à travers des édifices non musulmans. La synagogue de la Hara Kbira perpétue l’héritage de la communauté juive de l’île. L’église catholique Saint-Joseph, construite au XIXᵉ siècle dans un style maltais, constitue un repère imposant du centre-ville. À proximité du port se dresse également une église grecque orthodoxe dédiée à Saint-Nicolas, protecteur des pêcheurs.

L’évolution urbaine de Houmt Souk s’observe à travers l’expansion progressive de la ville vers les anciens espaces littoraux. Les quartiers de Taourit, Boumellel, Essouani et Ejjouamaâ se sont densifiés, tandis que les localités périphériques comme Mellita, Fatou ou Erriadh ont gagné en importance.

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B 2. L’île aux flamants (Île de Djerba)

L’île aux Flamants, ou Ras Rmel, se dévoile au nord-est de Djerba comme l’un des paysages naturels les plus emblématiques de l’île. Cette étendue préservée, accessible en bateau depuis Houmt Souk ou en 4×4 par les pistes lagunaires, s’impose comme un refuge pour les oiseaux migrateurs. Les visiteurs y découvrent un environnement d’une grande pureté, où les plages immaculées rencontrent des eaux turquoise, créant un décor d’île vierge particulièrement apprécié des amateurs de nature et de photographie.

La présence régulière de colonies de flamants roses, qui séjournent à Djerba entre décembre et mars, offre un spectacle rare et saisissant. Leur élégante silhouette ajoute une note de couleur et de grâce à cet espace marin peu profond, riche en nutriments et favorable à leur alimentation. Les périodes les plus propices pour les observer s’étendent de janvier à février, tôt le matin ou en fin d’après-midi, lorsque les oiseaux se rassemblent dans les zones humides de l’île. Les lagunes de Sidi Mahres, Aghir ou encore les étendues d’eau autour d’Ajim figurent parmi les meilleurs sites d’observation.

Pour les passionnés d’ornithologie comme pour les curieux, l’île aux Flamants constitue une expérience immersive où la nature domine encore pleinement. Jumelles et appareil photo permettent de capturer ces scènes qui mêlent ciel, mer et faune en parfaite harmonie.

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B 3. Mellita (Île de Djerba)

Mellita, peuplée d’environ 9 069 habitants, est une petite ville réputée pour son atmosphère paisible et son ancrage profond dans la tradition djerbienne. Son marché local constitue l’un de ses principaux attraits : il offre une immersion authentique dans la vie quotidienne, permettant d’acquérir produits frais, artisanat et spécialités venues notamment de Houmt Souk. Elle comprend la grande mosquée Jamaa al Kabir, longtemps utilisée pour l’enseignement religieux.

La ville séduit également par la beauté de sa plage de sable fin bordant une eau cristalline, un décor typique de la côte djerbienne. Non loin, le phare de Taguermess constitue un point d’observation privilégié : accessible en une dizaine de minutes de marche, il offre une vue panoramique sur la mer et les paysages environnants.

Sur le plan culturel, la ville abrite plusieurs témoignages historiques, notamment les ruines de Borj El Kebir, vestige de l’époque ottomane, dont les murs effrités racontent encore le passé défensif de la région. Le patrimoine religieux est aussi particulièrement riche avec de nombreuses mosquées dont la mosquée Sidi Jmour, la mosquée Sidi Taher et la mosquée El Ghofran qui complètent cette mosaïque spirituelle et architecturale.

Enfin, Mellita bénéficie d’une situation stratégique à seulement 2,5 kilomètres de l’aéroport international Djerba-Mellita, le deuxième plus important de Tunisie. Inauguré en 1970 et modernisé au fil des décennies, il peut accueillir jusqu’à quatre millions de passagers par an, facilitant considérablement l’accès à la région. À proximité, les visiteurs peuvent explorer le Borj El Kastil, impressionnante forteresse du XVe siècle dominant la côte sud-est, aujourd’hui classée monument historique.

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B 4. Synagogue La Ghriba (Île de Djerba)

Située à un kilomètre du village d’Erriadh, la synagogue La Ghriba est l’un des monuments les plus anciens et les plus emblématiques du judaïsme en Afrique du Nord. Simple en apparence mais d’une richesse symbolique immense, elle constitue un lieu de pèlerinage majeur, notamment lors de la fête de Lag Ba’omer, qui rassemble chaque année des milliers de fidèles venus du monde entier. Sa renommée s’appuie sur des traditions séculaires affirmant qu’elle conserverait des traces du Temple de Salomon, renforçant ainsi son aura sacrée.

L’édifice, reconnaissable à ses murs blanchis et à ses reflets bleutés, se compose de deux salles couvertes reliées par des voûtes. La salle de prière principale, ornée de motifs en faïence bleus et bruns, possède une claire-voie élevée et un agencement marqué par une symbolique forte, dont les fenêtres initialement au nombre de douze en référence aux tribus d’Israël. La téva, placée sous la claire-voie, domine un espace où les bancs entourent l’arche sainte, elle-même surmontée d’une niche rappelant la légende de « la caverne de la fille ». L’atmosphère y est empreinte de recueillement, soutenue par les lampes à huile, les ex-voto et les chants psalmodiés.

Autour de la cour intérieure, les loggias et bâtiments adjacents accueillent traditionnellement les pèlerins. Le site, situé près d’un ancien cimetière juif, demeure l’un des principaux marqueurs identitaires des Juifs de Djerba, autrefois répartis entre les deux bourgs d’Erriadh et d’Hara Kbira.

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B 5. La mosquée Ben Yaâla (Île de Djerba)

Au cœur de la médina de Houmt Souk, la mosquée Ben Yaâla se distingue comme l’un des édifices religieux les plus représentatifs de l’architecture traditionnelle djerbienne. Datant de plusieurs siècles et liée à la figure du cheikh Ben Yaâla, elle témoigne du rôle spirituel et communautaire de la ville. Ses murs blanchis à la chaux, son minaret élancé et ses lignes épurées inscrivent l’édifice dans la continuité esthétique de l’île, faite de simplicité, de sobriété et d’équilibre.

L’intérieur de la mosquée révèle des éléments typiques de l’art islamique régional, dont des arcs en ogive et des décors géométriques discrets mais élégants. Ce cadre intime et harmonieux reflète la manière dont les mosquées de Djerba ont intégré, au fil des siècles, les influences locales tout en conservant les formes spirituelles propres au rite malikite. La mosquée Ben Yaâla illustre parfaitement cette synthèse, témoignage d’une architecture à la fois fonctionnelle, esthétique et profondément ancrée dans le quotidien des habitants.

Son inscription dans la médina renforce son importance patrimoniale : intégrée au tissu urbain ancien, elle participe à l’identité du centre historique où se mêlent ruelles, maisons traditionnelles et anciens souks.

B 6. Djerba explore (Île de Djerba)

Djerba Explore est un parc à thème qui offre aux visiteurs une immersion dans la culture et le patrimoine de la région. Trois complexes sont présents au sein du parc.

Plus d’informations sont disponibles sur le site Internet officiel du parc.

B 6A. La crocodile farm (Île de Djerba)

La crocodile farm constitue un espace entièrement dédié à la préservation des crocodiles du Nil, offrant aux visiteurs une immersion rare dans l’univers de ces reptiles puissants. Dans un environnement soigneusement aménagé pour reproduire leur habitat naturel, l’observation de ces animaux permet de mieux comprendre leur comportement, leur alimentation et les mécanismes qui régissent leur vie quotidienne. Les allées du parc mènent à des bassins permettant d’admirer différentes générations de crocodiles, depuis les plus jeunes jusqu’aux spécimens adultes les plus imposants.

L’expérience est enrichie par des présentations pédagogiques et des démonstrations animées qui dévoilent, avec prudence et professionnalisme, la relation entre les dresseurs et ces créatures impressionnantes. Les visiteurs assistent ainsi à des moments uniques où les soigneurs s’approchent des crocodiles pour illustrer leurs réflexes, leur force et leur étonnante capacité d’adaptation.

B 6B. Le village traditionnel berbère (Île de Djerba)

Le village traditionnel berbère propose une reconstitution fidèle d’un ancien village djerbien, conçue dans un souci d’authenticité pour préserver et transmettre un patrimoine précieux. Les visiteurs y découvrent des habitations typiques, des ateliers d’artisanat encore animés, des jardins, des cours intérieures et différents espaces de vie restituant le quotidien des familles berbères. Chaque structure, chaque outil et chaque décoration contribue à évoquer la vie rurale d’autrefois et l’harmonie entre architecture vernaculaire et environnement insulaire.

Ce parcours immersif permet de mieux comprendre les coutumes, les traditions et les savoir-faire anciens qui ont façonné l’identité de Djerba. L’artisanat y occupe une place centrale, avec la fabrication de poteries, de tissages et d’objets utilitaires qui témoignent d’un héritage transmis de génération en génération.

B 6C. Le musée Lalla Hadria (Île de Djerba)

Le musée Lalla Hadria constitue l’un des pôles culturels majeurs du parc, rassemblant une vaste collection d’objets, d’œuvres d’art et d’artefacts illustrant la diversité et la profondeur du patrimoine tunisien. Organisé en plusieurs salles thématiques, il met en lumière l’artisanat traditionnel, les costumes régionaux, la calligraphie, les arts décoratifs et divers éléments historiques qui racontent l’évolution des cultures du pays. L’ampleur et la qualité de sa collection en font un lieu incontournable pour comprendre la richesse artistique et culturelle de la Tunisie.

En parcourant ses galeries, le visiteur découvre une présentation élégante où chaque pièce trouve sa place dans une mise en scène équilibrée et pédagogique. Le musée Lalla Hadria offre ainsi une expérience à la fois esthétique et instructive, révélant les influences qui ont façonné l’île et le pays au fil des siècles.

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B 7. Borj El Kebir (Île de Djerba)

À l’extrémité nord de Djerba se dresse le Borj El Kebir, également connu sous le nom de fort Ghazi Mustapha, l’un des monuments défensifs les plus prestigieux de l’île. Construit à partir de 1392 et consolidé au XVIe siècle, il domine le front de mer depuis sa vaste structure rectangulaire aux tours rondes et carrées. Son imposante muraille, haute d’une dizaine de mètres, rappelle le rôle stratégique majeur qu’il a joué dans la protection de Djerba durant des siècles, des invasions aragonaises aux conflits ottomans.

L’accès par un pont-levis, autrefois jeté au-dessus d’un large fossé, ouvre sur la grande cour intérieure où subsistent les vestiges des garnisons successives. Une salle aménagée présente les objets retrouvés lors des fouilles de 1975, qui ont révélé l’existence du fort primitif. Les chemins de ronde, quant à eux, offrent une vue spectaculaire sur le port, la mer et l’obélisque rappelant l’ancienne tour des Crânes, édifiée à partir des ossements des adversaires de Dragut après la bataille de Djerba.

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B 8. La plage de Sidi Mahrez (Île de Djerba)

La plage Sidi Mahres s’impose comme l’un des plus beaux sites du nord-est de Djerba, avec son ruban de sable doré long de plus de cinq kilomètres et son horizon où le bleu du ciel se fond dans celui de la Méditerranée. Ce littoral harmonieux offre un paysage mouvant fait d’étendues immenses, de nuances lumineuses et d’un calme apaisant. Dès l’arrivée, se découvre un environnement qui n’est pas seulement un lieu de baignade, mais une véritable expérience sensorielle, un tableau naturel changeant au gré du vent et des marées.

L’un des charmes de la plage Sidi Mahres réside dans la variété de ses paysages, alternant sable blanc, zones rocheuses discrètes et touches d’algues qui témoignent de la vie marine. Ses eaux cristallines, d’une clarté remarquable, en font un lieu idéal pour la baignade, la plongée légère ou les activités nautiques.

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B 9. Guellala (Île de Djerba)

Guellala, petite ville berbérophone de 10 961 habitants, du sud de l’île de Djerba, doit sa renommée à une tradition plurimillénaire : la poterie. Grâce aux gisements d’argile de grande qualité qui entourent la localité, cet artisanat y prospère depuis l’Antiquité. Aujourd’hui encore, Guellala demeure un haut lieu de création, où l’on retrouve non seulement des ateliers actifs mais aussi une culture profondément ancrée autour de cet art transmis de génération en génération. Le visiteur découvre dès l’entrée une atmosphère façonnée par cet héritage, perceptible dans les fours, les façades décorées et les pièces exposées.

Les ateliers artisanaux constituent l’un des principaux attraits de Guellala. Dans ces espaces où les portes restent souvent ouvertes, les voyageurs observent le façonnage de jarres, bols, vases ou carreaux colorés réalisés selon des techniques ancestrales. Chaque artisan perpétue un savoir-faire précis : modelage, séchage au soleil, cuisson dans des fours traditionnels. Ce contact direct avec les créateurs permet d’apprécier la finesse du geste et la diversité des productions, tout en offrant la possibilité d’acquérir des pièces uniques façonnées sur place.

Au cœur de la ville se trouve le musée de la poterie, un lieu essentiel pour appréhender l’histoire et l’évolution de cet artisanat emblématique. S’y découvre une riche collection d’objets anciens, d’ustensiles utilisés au fil des siècles et des reconstitutions décrivant chaque étape de fabrication.

La vie sociale de la ville s’exprime avec force au marché hebdomadaire, véritable carrefour d’échanges où habitants et visiteurs se mêlent. L’ambiance y est animée, empreinte de senteurs d’épices, de couleurs vives et de discussions chaleureuses.

L’héritage religieux et architectural se manifeste à travers plusieurs édifices de premier ordre. Guellala abrite une mosquée traditionnelle, reflétant l’esthétique sobre et harmonieuse des constructions djerbiennes. À proximité, deux monuments ibadites majeurs se distinguent : la mosquée de Sidi Yati, perchée au-dessus de la côte et datant du Xe siècle, ainsi que Jamaâ Guellala, une autre mosquée emblématique construite en bord de mer.

Enfin, le patrimoine ethnographique est mis en valeur au musée de Guellala, situé au sommet de la colline formant le point culminant de l’île. Ce musée propose une immersion dans les traditions populaires de Djerba et du reste de la Tunisie, avec des costumes, objets du quotidien, outils anciens et scènes de vie reconstituées. Les alentours de la ville, notamment les dunes spectaculaires, complètent cette découverte en offrant un décor naturel exceptionnel qui renforce le charme authentique de Guellala.

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B 10. La palmeraie (Île de Djerba)

La palmeraie de Djerba s’étend largement sur la côte est et nord-est de l’île, formant une immense bande verdoyante qui se mêle harmonieusement aux villages, aux plaines agricoles et aux zones littorales. Ce paysage emblématique, composé de milliers de palmiers dattiers, façonne depuis des siècles l’identité de l’île et constitue une ressource vitale pour les habitants, tant pour l’agriculture que pour l’artisanat.

Au cœur de la palmeraie, les visiteurs peuvent découvrir la richesse d’un environnement où l’activité humaine s’accorde avec la nature. De nombreuses oasis et jardins y sont disséminés, permettant d’observer les cultures traditionnelles, les méthodes ancestrales d’irrigation et l’ingéniosité agricole des Djerbiens. Ces îlots de verdure offrent un cadre privilégié pour s’immerger dans un mode de vie authentique, façonné par le climat méditerranéen et la maîtrise séculaire des ressources en eau.

Outre les découvertes agricoles, la palmeraie propose une variété d’activités touristiques, dont les célèbres balades à dos de dromadaire, très appréciées pour leur atmosphère paisible et dépaysante. Les visiteurs peuvent également parcourir les sentiers à pied ou à vélo, profitant de l’ombre bienfaisante des palmiers et du calme de ce paysage unique.

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B 11. Le site Meninx (Île de Djerba)

Le site Meninx, situé sur la côte sud-est de Djerba près de Henchir El Kantara, est l’un des ensembles archéologiques les plus importants de l’île. Cette ancienne cité, dont une partie aurait été engloutie par la mer, s’étend sur près de deux kilomètres de long et huit cents mètres de large. Dès les premières prospections, Meninx révèle les traces d’une ville antique florissante, autrefois connue pour son rôle économique majeur dans la région.

Les fouilles ont mis au jour des vestiges remarquables : des thermes, un amphithéâtre, un théâtre, une basilique, un probable forum, ainsi que de vastes entrepôts. Le sol est encore jonché de bases de colonnes en marbre blanc, de chapiteaux et de fragments sculptés en granit, témoignant de la richesse architecturale de la cité. Les recherches, initiées dès 1942 et poursuivies depuis entre autres par des équipes tuniso-américaines puis tuniso-allemandes, ont permis de mieux comprendre l’activité économique de Meninx, fondée notamment sur la production de pourpre.

À proximité directe de la plage de Meninx, le site offre une immersion fascinante dans l’histoire ancienne de Djerba, tout en permettant aux visiteurs de profiter du cadre paisible du littoral.

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B 12. Plage d’Aghir (Île de Djerba)

La plage d’Aghir, située sur la côte est de Djerba, est l’une des plus belles étendues de sable de l’île, reconnue pour ses eaux turquoise et son atmosphère sereine. Idéale pour la baignade grâce à ses fonds peu profonds, elle attire aussi bien les familles que les voyageurs en quête de tranquillité. Classée parmi les plus belles plages de Djerba, elle est appréciée pour son environnement naturel préservé et son ambiance détendue.

Cette plage séduit particulièrement par son cadre harmonieux, orienté face à la Méditerranée, où les vagues rythment une atmosphère chaleureuse et envoûtante. Le vent marin dépose une fraîcheur légère, tandis que les teintes bleutées de la mer se mêlent au doré du sable pour créer un paysage d’une grande douceur. Les palmiers qui bordent la plage d’Aghir ajoutent une touche exotique et offrent des zones d’ombre bienvenues lors des journées ensoleillées.

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B 13. Borj El Kastil (Île de Djerba)

Borj El Kastil est une forteresse médiévale située à la pointe du Ras Kastil, sur la côte sud-est de Djerba, à une dizaine de kilomètres d’El Kantara. Érigé au XVe siècle et dominant une zone naturelle aujourd’hui classée, ce vestige impressionnant reflète l’architecture militaire ottomane dans toute sa puissance. Ses murs épais, ses tours de guet et son plan carré de 40 mètres de côté témoignent de sa vocation défensive, pensée pour protéger l’île des menaces extérieures et surveiller les voies maritimes.

Son histoire est toutefois bien plus ancienne : construit vers 1289 par le conquistador aragonais Roger de Lauria près de la cité antique de Meninx, l’édifice portait alors le nom de Castello. Il fut repris par les habitants de l’île en 1335, puis restauré successivement par le sultan hafside au XVe siècle, par les ottomans au XVIe siècle et par Hammouda Pacha Bey au XVIIe siècle.

Aujourd’hui, le Borj, visible uniquement de l’extérieur, continue de fasciner par son ampleur et son emplacement exceptionnel face à la Méditerranée. À proximité immédiate se trouve le sanctuaire de Sidi Marcil, lieu de dévotion où certaines femmes viennent encore prier pour la fertilité. Classé monument historique depuis 2000 par l’Institut national du patrimoine, Borj El Kastil s’impose comme un témoin majeur de l’histoire insulaire.

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B 14. Les ateliers de Dar Jilani (Île de Djerba)

Les ateliers de Dar Jilani sont un incontournable à ne pas louper. Au travers d’une maison traditionnelle, Dar Kilani a créé un repaire d’artistes dans lequel le mot art revêt tout son sens.

Il s’agit d’un des endroits phares à visiter sur l’île de Djerba. Son téléphone est le 00 216 97 28 96 12 ; son adresse se trouve sur la route de la zone touristique de Houmt souk au kilomètre 3, à côté de la résidence Hekma. Les réservations peuvent se faire sur le : jilani.zerria@gmail.com

Ecologiste dans l’âme, l’entièreté de la propriété a été conçue par le propriétaire en récupérant des matériaux dont les habitants n’avaient plus l’utilité. Et les économies réalisées ont été intégralement redistribuées aux ouvriers qui ont pu toucher de bien meilleurs salaires pour nourrir leur famille.

Dar Jilani apprécie d’emmener les visiteurs dans ses ateliers dans lesquels il les convie à une représentation de son art. Sur les murs sont ainsi exposées de nombreuses oeuvres, qui donnent à l’ensemble un côté artistique unifié.

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B 15. Plage de la Seguia (Île de Djerba)

La plage de la Seguia, nichée entre Aghir et Ras Lalla Hadria, est un havre de tranquillité apprécié de ceux qui souhaitent échapper à l’agitation des zones plus fréquentées. Malgré sa facilité d’accès et sa popularité croissante, elle surprend par son calme et sa douceur, même en haute saison. Ce littoral préservé séduit par son sable fin, sa brise légère et une atmosphère profondément apaisante, parfaite pour une journée en harmonie avec la nature.

Les eaux calmes et les vents constants de la plage de la seguia en font un lieu prisé des amateurs de sports nautiques, notamment de kitesurf. Le ciel s’anime alors de cerfs-volants colorés tandis que les sportifs glissent sur les vagues, offrant un spectacle dynamique aux curieux. Son grand parking gratuit, situé à proximité directe, facilite l’accès et renforce l’attrait de cette plage pour les visiteurs.

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B 16. La cantine de Chalmun (Île de Djerba)

La cantine de Chalmun, installée à Ajim sur l’île de Djerba, est un lieu mythique pour les passionnés de Star Wars. Ce bâtiment authentique a servi de décor à l’iconique scène de la cantina de Mos Eisley dans Un nouvel espoir, où Luke Skywalker et Obi-Wan rencontrent pour la première fois Han Solo et Chewbacca. Ce moment décisif pour la saga a transformé cet endroit discret en destination incontournable pour les visiteurs.

Dans l’univers de la saga, la cantine de Chalmun n’était pas qu’un simple bar, mais un refuge ancien construit pour se protéger des Tuskens, devenu au fil du temps un repaire d’activités douteuses, typiques des planètes reculées de la bordure extérieure.

Régulièrement fréquentée par Han Solo et Chewbacca, et occasionnellement par le mystérieux Ben Kenobi, la cantine de Chalmun incarne parfaitement l’esprit de Mos Eisley : brut, vivant et imprévisible. Sa façade toujours visible aujourd’hui offre un voyage direct vers les coulisses du tournage de 1976 et témoigne du lien singulier entre Djerba et la galaxie imaginée par George Lucas.

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B 17. La maison de Ben (Île de Djerba)

La maison de Ben, située à environ trois kilomètres au nord d’Ajim sur la route menant à Sidi Jemour, est l’un des sites les plus emblématiques du tournage de Star Wars à Djerba. Ancienne maison de pêcheur, elle fut immortalisée dans le film : Un nouvel espoir comme la demeure où Ben Kenobi révèle à Luke Skywalker sa véritable identité de Jedi.

Dans la saga, la maison de Ben représente bien plus qu’un simple décor. Elle symbolise l’initiation de Luke, le passage du savoir entre générations de Jedi et le premier pas vers une aventure qui transformera la destinée de la galaxie. Pour de nombreux fans, pénétrer ce lieu revient à ressentir l’un des moments fondateurs de l’univers créé par George Lucas.

Devenue un véritable lieu de pèlerinage cinématographique, la maison de Ben attire aujourd’hui des visiteurs du monde entier. Soucieuses de préserver son aspect d’origine, les autorités locales veillent à son entretien régulier.

B 18. La mosquée Sidi Jmour (Île de Djerba)

La mosquée Sidi Jmour, située plus au nord sur la côte d’Ajim, est un autre site majeur du tournage de Star Wars. Nichée face à une plage dominée par une petite falaise, elle offre un cadre paisible où les habitants viennent pêcher, naviguer en barque ou se promener à cheval.

À quelques mètres se trouve le marabout de Sidi Jemour, lieu de pèlerinage religieux qui servit lui aussi de décor lors du tournage de 1976. Deux scènes du film : Un nouvel espoir y furent réalisées : une scène coupée située à Anchorhead, et l’arrivée de Luke et Ben en speeder à Mos Eisley. Ces prises de vue confèrent au site une double dimension, à la fois culturelle et cinématographique.

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B 19. Ajim (Île de Djerba)

Ajim, située au sud-ouest de l’île de Djerba, est une ville de plus de 24 000 habitants qui s’étend sur 119 km². Ancien port prospère, elle a longtemps vécu du commerce maritime et de la pêche, dont on retrouve encore les traces dans son port de pêche, ses ruelles étroites et ses maisons traditionnelles blanchies à la chaux. Juché au-dessus de la baie, un vieux fort rappelle le rôle stratégique qu’occupait la ville dans les échanges entre Djerba et le continent. Ajim est aussi réputée pour sa cuisine de fruits de mer, ses plages paisibles et son ambiance authentique, loin des zones touristiques plus fréquentées de l’île.

Sa position géographique est exceptionnelle : elle est la ville la plus proche du continent, séparée par le canal d’Ajim, large d’environ 2,5 kilomètres. Ce bras de mer, traversé par des oueds parfois impétueux et abritant la fosse marine de 54 mètres appelée fosse d’Ajim, est relié à la ville par le célèbre Bac Ulysse. Aux alentours, deux îlots inhabités : Guettaia El Baharia (ou El K’bira) et Guettaia Gueblia (ou Es’ghira), contribuent au caractère singulier du paysage littoral. Ajim est également entourée de petites localités comme Mazrane, Kh’nenssa ou Houmt Guebline.

Ajim est mondialement connue pour avoir servi de décor à l’épisode IV de Star Wars. De nombreux lieux de tournage sont encore visibles, notamment la maison d’Obi-Wan Kenobi (Old Ben’s Hermitage), la cantina de Mos Eisley, la mosquée Limes, la mosquée Etouil (ou Bezine), la mosquée Boubarnos, le petit souk, ou encore Haddad City.

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B 20. Le phare de Bordj Djillidj (Île de Djerba)

Situé au nord-ouest de l’île de Djerba, le phare de Bordj Djillidj s’élève depuis la côte non loin de Houmt Souk et du village de Mellita. Ce phare, placé sous l’autorité du Service des Phares et Balises de la République Tunisienne, prend place au sein d’un ancien fort construit au XVIᵉ siècle, témoignant du passé militaire de cette portion du littoral. Sa présence marque un point de repère essentiel pour la navigation autour de l’île.

Le phare actuel, mis en service en 1895, se distingue par sa tour octogonale blanche, surmontée d’une galerie et d’une lanterne noires. D’une hauteur de douze mètres, il repose sur une bâtisse de gardiens à deux étages intégrée à la forteresse d’origine. Sa portée lumineuse, signalée par un éclat rouge toutes les quatre secondes, atteint seize kilomètres grâce à une hauteur focale de seize mètres au-dessus du niveau de la mer, assurant la sécurité maritime dans cette zone très fréquentée.

L’environnement du phare de Bordj Djillidj conserve l’atmosphère brute et authentique de la côte djerbienne. À l’ouest de l’aéroport International de Djerba-Zarzis, l’édifice domine une façade maritime rythmée par les vents et les mouvements du large. Les pierres anciennes du fort se conjuguent harmonieusement avec la structure plus récente du phare, créant un ensemble architectural unique qui illustre les transformations successives du site.

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B 21. Djerbahood (Île de Djerba)

Dans le village millénaire d’Erriadh, aussi appelé Harra Sghira, le projet Djerbahood transforme l’architecture traditionnelle de Djerba en un musée à ciel ouvert. Lancée en 2014 par la Galerie Itinerrance de Paris, cette manifestation artistique rassemble plus de 150 artistes issus d’une trentaine de nationalités. Le village, choisi pour son charme intemporel, accueille désormais plus de 250 œuvres créées in situ, intégrées avec finesse à ses ruelles et à ses façades.

Djerbahood constitue une expérience immersive où art contemporain et héritage local se rencontrent harmonieusement. Les artistes, parmi lesquels Invader, David De La Mano, Shepard Fairey, B-Toy, Manolo Mesa, Nilko, Dabro ou Add Fuel, adaptent leurs œuvres aux matériaux, à la lumière et aux volumes des maisons traditionnelles appelées houchs. Certaines réalisations sont même le fruit de collaborations avec des artisans djerbiens, renforçant la dimension humaine du projet.

L’impact de Djerbahood dépasse largement le simple champ artistique. Les habitants, initialement réservés, participent désormais activement à l’aventure, offrant leurs murs aux artistes et intégrant les œuvres dans leur quotidien. L’initiative apparaît ainsi comme un vecteur de préservation et de valorisation de l’architecture et de la culture insulaires.

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B 22. Midoun (Île de Djerba)

Située au nord-est de Djerba, Midoun est la seconde ville de l’île et l’un de ses centres touristiques majeurs. Forte d’une population dépassant les 63 000 habitants, elle jouit d’un emplacement privilégié à proximité de la plus vaste zone hôtelière de Tunisie. Ses paysages mêlent menzels traditionnels, jardins verdoyants et oliveraies, offrant un cadre naturel particulièrement harmonieux et représentatif de l’identité djerbienne.

L’histoire de Midoun se reflète à travers plusieurs sites emblématiques, parmi lesquels le fort Ghasi Mustapha, ouvrage du XVIᵉ siècle bâti à l’origine par les Espagnols. Surplombant la côte, il dévoile une architecture militaire impressionnante et conserve les traces des épisodes historiques ayant marqué l’île. Lieu de légendes, le fort est souvent associé aux récits de pirates méditerranéens, ce qui ajoute un charme particulier à sa visite.

La ville se distingue également par son atmosphère vivante et ses activités variées. Le marché de Midoun, véritable institution locale, attire habitants et voyageurs autour de produits frais, d’artisanat, de poteries, de bijoux et de souvenirs divers. À proximité, plusieurs points d’intérêt complètent la découverte : la mosquée Fadhloun, le site antique de Henchir Bourgou, la plage Seguia, les animations de Fantazia, ainsi que des ateliers de poterie contribuant à perpétuer les savoir-faire traditionnels.

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C. Région centrale

C 1. Sbeïtla (Région centrale)

Située dans le centre-ouest de la Tunisie, Sbeïtla, anciennement Sufetula, est une ville de 24 597 habitants rattachée au gouvernorat de Kasserine. La ville représente un carrefour historique majeur, ayant été un centre stratégique lors de la conquête arabe de l’Afrique du Nord et un important site de la province romaine. Elle se distingue par son patrimoine archéologique exceptionnel, où les vestiges romains et byzantins sont remarquablement conservés. La cité permet d’appréhender la vie quotidienne de ses habitants à travers les siècles, depuis l’Antiquité jusqu’à l’époque chrétienne.

Le site archéologique de Sbeïtla intégré à la ville comprend des ruines romaines et byzantines d’une grande richesse. Le Forum en est le cœur, avec son arche d’entrée encore intacte et les trois temples situés à son extrémité. Les ruines des maisons byzantines montrent l’épaisseur des murs, atteignant parfois 1,20 mètre, pour se protéger des invasions. Plusieurs églises et basiliques témoignent de la christianisation de la ville, notamment l’église Bellator, l’église Vitalis, l’église de Giacodos et les églises de Saint Gervas, Protaze et Tryphon. L’ensemble reflète la transition entre l’architecture romaine et byzantine et les pratiques religieuses locales.

Le monument le plus emblématique demeure l’arc de Dioclétien, érigé à la fin du IIIe siècle en l’honneur des tétrarques romains. Cette arche de triomphe symbolise le pouvoir impérial et servait à protéger la ville des incursions berbères. Les thermes, les maisons, les rues pavées et les marchés environnants complètent la reconstitution de la cité antique, offrant un aperçu fidèle de l’organisation urbaine romaine. Le site bénéficie d’un éclairage dynamique et de signalétiques permettant de comprendre les fonctions de chaque édifice.

Sbeïtla conserve également un riche patrimoine funéraire et nécropolaire. Les mausolées et les tombes, dont certains sont en incinération et d’autres en inhumation, permettent d’étudier les origines et carrières des légionnaires. Des stèles et des épitaphes témoignent des différentes communautés, romaines, italiennes, gauloises ou africaines, qui coexistaient dans la ville.

Le musée archéologique adjacent au site présente une collection d’objets allant de la Préhistoire à l’époque chrétienne et musulmane. Il constitue un centre de conservation et de valorisation de l’histoire de Sbeïtla.

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C 2. Haïdra (Région centrale)

Haidra ou Haïdra, site de l’ancienne cité romaine Ammaedara, est située dans l’ouest de la Tunisie et constitue un témoin précieux de l’urbanisme et de la défense romaine. Fondée vers 30 avant notre ère par la IIIe légion Auguste, Ammaedara servait à coloniser les provinces d’Afrique du Nord et à sécuriser la frontière sud de la province de Byzance. La ville devient rapidement un diocèse et se développe par la construction de routes, thermes, forteresses et autres infrastructures essentielles à l’administration romaine. Le site offre aujourd’hui une vision complète de la vie militaire, religieuse et civile de l’Antiquité.

Le musée Ammaedara permet de découvrir la richesse archéologique de la ville, avec des expositions sur la fortification, les thermes souterrains et l’art funéraire. Les objets présentés incluent des stèles, des cippes et des sculptures, comme la statue d’Innula Crepereia, illustrant le quotidien et les pratiques religieuses des habitants. Les vestiges sont répartis en plusieurs zones autour de la ville, incluant des mausolées, des thermes et des édifices religieux, offrant une expérience immersive dans la culture romaine et byzantine.

Parmi les monuments les plus notables figure l’arc de Septime Sévère, parfaitement conservé grâce à une muraille défensive. Il est constitué d’une arche de six mètres de large, encadrée de colonnes corinthiennes lisses et surmontée d’un entablement finement décoré. Les inscriptions gravées sur l’architrave témoignent des dédicaces impériales et du rôle stratégique de la cité. D’autres structures, telles que la citadelle byzantine et les fortifications, reflètent l’importance militaire du site face aux invasions et aux conflits de l’époque.

Le réseau funéraire d’Ammaedara comprend plusieurs mausolées, variés par la forme et la taille, dont certains sont tétrastyles ou hexagonaux. Les pierres funéraires et inscriptions fournissent des informations précieuses sur les habitants et les légionnaires romains. L’analyse de ces structures révèle également l’évolution des rites funéraires, passant de l’incinération à l’inhumation, et la réutilisation des matériaux pour les édifices chrétiens.

Enfin, la ville comporte un ensemble de basiliques et d’églises tardives, telles que la basilique de Candidus, la basilique de Melleus et la basilique de la citadelle. Ces édifices, pavés de mosaïques et dotés de cellas et d’abside surélevées, témoignent de l’essor du christianisme et de la continuité de l’occupation jusqu’à l’époque byzantine. Un théâtre et un monument à auges complètent l’architecture publique, offrant un panorama complet de la cité.

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C 3. Gafsa (Région centrale)

Gafsa, l’antique Capsa, occupe une place majeure dans le sud-ouest de la Tunisie. Située sur la rive droite de l’oued Beyach, elle fait face à El Ksar, installé sur la rive opposée. La ville constitue le centre administratif du gouvernorat homonyme et regroupe 95 242 habitants selon le recensement. Son implantation dans une trouée entourée des monts de Gafsa, entre le djebel Bou Ramli et le djebel Orbata, confère au site un caractère géographique distinct où relief et oasis structurent l’espace.

La position stratégique de Gafsa, à 360 kilomètres au sud de Tunis et à 70 kilomètres de la frontière algérienne, lui donne un rôle de carrefour sur les axes reliant le nord au sud du pays et l’Algérie à la Libye. Les routes qui traversent la région ont longtemps assuré les échanges commerciaux, les déplacements caravaniers puis les circulations contemporaines.

L’époque romaine a laissé des traces limitées mais significatives. Si aucun monument monumental n’a subsisté, une inscription évoquant un spectacle de jeux atteste l’existence d’un théâtre ou d’un amphithéâtre. En revanche, les piscines romaines, composées de deux bassins à ciel ouvert, demeurent l’un des témoins les plus emblématiques de l’Antiquité. Le premier bassin, à l’est, porte les noms d’Aïn Es Saqqâin, Aïn Ennsârâ ou Termid Ennsâ, et présente une dédicace à Neptune et aux Nymphes. Le second, à l’ouest, appelé Aïn Sidna ou Termid Errejal, est bordé d’une galerie à arcades et communique avec des bassins couverts situés au nord-ouest.

Le patrimoine architectural et religieux de Gafsa illustre la diversité des influences historiques. La grande mosquée, érigée sous les Aghlabides, conserve un plan ancien tandis que son minaret date du XXe siècle. Le minaret de la grande Mosquée constitue d’ailleurs l’un des repères visuels majeurs de la ville. Le mausolée de Sidi Lejri, la synagogue du quartier juif, ainsi que plusieurs demeures traditionnelles : Dar Cherifa, Dar Ismaïl, Dar Kabaachi, ou le musée Dar Longo, apportent un aperçu des formes architecturales qui ont marqué les siècles.

La Kasbah de Gafsa, bâtie au XVe siècle sur les fondations d’une enceinte byzantine, domine une partie de la ville par son imposante silhouette. Ses murs témoignent de périodes de surveillance, de défense et d’administration, offrant aujourd’hui un site de visite où les perspectives sur l’oasis et les quartiers anciens permettent de saisir la structure urbaine. À proximité, l’église Saint-Joseph, aujourd’hui désaffectée, rappelle la diversité confessionnelle qui a marqué l’histoire contemporaine de la région.

Gafsa abrite également des témoins préhistoriques majeurs. L’escargotière de Gafsa, butte artificielle d’une dizaine de mètres, appartient à la culture capsienne et remonte à 7000 avant Jésus-Christ. Ce site, constitué d’accumulations de coquilles et de vestiges anthropologiques, éclaire les modes de vie des populations néolithiques qui occupaient la région bien avant l’essor de Capsa. L’oasis historique de Gafsa, encore exploitée, souligne quant à elle la continuité des pratiques agricoles liées à l’eau depuis l’Antiquité.

L’artisanat tient une place essentielle dans l’identité locale. Gafsa s’est spécialisée dans le tapis de laine, en particulier le kilim et le margoum, dont certains modèles sont destinés à l’exportation.

Le parcours patrimonial se complète avec le musée archéologique de Gafsa, qui conserve des pièces romaines, byzantines et préislamiques. Les visiteurs y découvrent des mosaïques, des inscriptions, des poteries et divers objets liés aux cultures successives ayant marqué la région.

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C 4. Kasserine (Région centrale)

Kasserine, ville du centre-ouest tunisien et chef-lieu du gouvernorat éponyme, compte plus de 83 000 habitants. Située à l’écart des grands axes côtiers, elle occupe pourtant une position importante à la jonction des routes menant à Tunis, Sfax et Sousse. Cette implantation stratégique, combinée à son histoire millénaire, confère à la ville un caractère singulier. Kasserine conserve ainsi une identité forte mêlant héritage antique, paysages montagneux et vie locale animée, symbolisée notamment par son souk particulièrement apprécié.

Connue dans l’Antiquité sous les noms de Cilium ou Scilli, la cité fut édifiée vers l’an 80 sous le règne de Vespasien. Elle prospéra durant les époques romaine et byzantine, comme en témoignent les vestiges encore visibles aujourd’hui. S’y découvrent notamment un forum, un arc de triomphe dédié à Septime Sévère, un capitole, plusieurs demeures antiques, ainsi qu’une église paléochrétienne et un fort byzantin. Ces éléments, disséminés autour de la ville moderne, rappellent la richesse urbaine et culturelle de Cilium.

Parmi les monuments les plus remarquables figure le tombeau des Flavii, construit à la fin du IIᵉ siècle pour Titus Flavius Secundus. Ce mausolée exceptionnel abrite une épitaphe de 110 vers, considérée comme la plus longue inscription funéraire latine connue de l’Antiquité. Plus loin, le théâtre romain, édifié à la fin du Ier siècle, fut restauré récemment et accueille à nouveau des représentations depuis 2018.

La région de Kasserine offre également d’importantes richesses naturelles, dont la réserve nationale du mont Echaanbi, qui abrite une faune et une flore variée. S’y observent notamment le pin d’Alep, le cerf, le sanglier, l’aigle et plusieurs espèces d’oiseaux profitant d’un environnement préservé. Le site, dominé par le point culminant de la Tunisie, attire les amateurs de nature grâce à ses paysages étendus et à son atmosphère fraîche et sauvage.

Autour de la ville, les ruines romaines se prolongent jusqu’aux abords des sources d’eau, des collines environnantes et des pentes des monts Echaanbi et Essaloum. Les visiteurs peuvent y parcourir les vestiges des thermes, du théâtre romain, des catacombes et d’autres structures antiques intégrées dans un décor montagneux. Le parcours de santé forestier, situé près du théâtre romain et de l’oued Eddarb, constitue un espace de promenade apprécié, mêlant nature et patrimoine.

Dans le domaine religieux, la ville compte de nombreuses mosquées, témoins de la diversité de ses quartiers. Parmi elles figurent la mosquée Anis, la mosquée Abou Bakr Al Sedik, le Jamaâ At-Tawhid, la mosquée Bouzguem, la mosquée Cité Karma, la mosquée Abd Razzak, ainsi que le Jamaâ Ammar ben At-Taher et la mosquée Hay El Khadhra.

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C 5. Gabès (Région centrale)

Située au fond du golfe qui porte son nom, Gabès, 107 223 habitants, occupe une position singulière dans le paysage tunisien en tant que ville à la fois maritime, industrielle et oasienne. Localisée sur la côte sud-est du pays, au sein de la région historique de l’Arad, elle constitue également le terminus de la ligne ferroviaire en provenance du nord, faisant d’elle un point de passage incontournable pour les voyageurs poursuivant leur route vers les confins sahariens. La plage de Taboulbou, libre d’accès et facile d’accès via l’avenue Aboulkacem Echebbi puis la RN1, offre déjà un premier aperçu de cette diversité.

Plus grande agglomération du Sud tunisien après Sfax, Gabès se distingue avant tout par son statut unique : elle est la seule oasis littorale au monde, étendant sa palmeraie jusqu’aux rivages méditerranéens. Cette rare spécificité résulte d’un équilibre fragile entre mer, oued et terres fertiles, façonné par des siècles de savoir-faire agricole.

La palmeraie de Gabès, inscrite sur la liste indicative du patrimoine mondial, témoigne d’un système agricole hérité de l’Antiquité, fondé sur des cultures étagées et une irrigation ingénieuse. Son écosystème particulier accueille une flore et une faune caractéristiques des milieux oasiens. Non loin de là, le bassin versant de l’oued Gabès, classé réserve naturelle, se situe à quinze kilomètres de la ville et représente un espace préservé d’une grande valeur écologique.

L’organisation spatiale de Gabès frappe par son étendue : plus de vingt kilomètres de zones habitées, entrecoupées d’oasis, de canaux ou du cours de l’oued Gabès, dessinent un tissu urbain éclaté mais profondément vivant. Les noyaux historiques se concentrent autour des bourgs de Menzel et de Djara, cette dernière comprenant une Grande Djara et une Petite Djara, tandis que le quartier colonial, héritage du XIXᵉ et du début du XXᵉ siècle, se situe à Bab El Bhar. À ces ensembles s’ajoutent aujourd’hui de nombreux centres rattachés, tels que Sidi Boulbaba, Chenini Nahal ou Ghannouch, qui participent au dynamisme et à l’expansion de la ville contemporaine.

La richesse culturelle de Gabès se manifeste également à travers ses principaux équipements, parmi lesquels la bibliothèque régionale et le complexe culturel de Gabès, lieux essentiels pour la vie artistique et intellectuelle. Le tourisme y connaît un développement constant, tirant profit d’une palette exceptionnelle de paysages : les plages sableuses et le littoral soumis aux plus fortes marées de Tunisie, les montagnes parsemées d’habitations troglodytes du côté de Matmata, le désert tout proche, et bien sûr les oasis dont El Hamma, réputée pour ses sources thermales. La ville combine ainsi mer, steppe, montagne et Sahara dans un rayon d’une rare densité.

Le patrimoine religieux de Gabès est particulièrement riche et reflète les différentes influences qui ont marqué son histoire. La mosquée de Gabès, bâtiment emblématique, voisine avec l’ancienne église de Gabès, édifiée à partir de 1886 puis convertie à d’autres usages. Le mausolée de Sidi Boulbaba Al-Ansari, saint protecteur de la ville, occupe une place centrale dans la spiritualité locale. La médersa de Sidi Boulbaba, datant de la fin du XVIIᵉ siècle et issue de la période mouradite, abrite aujourd’hui le musée ethnographique. D’autres lieux de culte importants, tels que la mosquée El Hadj Amor, la mosquée Sidi Ben Issa, la mosquée Sidi Driss, la mosquée Sidi Gnaoui, ou les zaouïas de Sidi Ahmed Ettijani, Sidi Ali Bahloul et Sidi Krich, composent un ensemble religieux d’une grande densité et diversité.

Les monuments historiques et les lieux emblématiques parsèment également le territoire urbain. La gare ferroviaire de Gabès, remarquable par son style néo-mauresque, est aujourd’hui classée monument historique. Le phare de Gabès, construit en 1893, constitue un repère maritime précieux. L’hôtel Atlantic, fondé en 1923, retrace quant à lui une partie de l’histoire touristique de la ville. Parmi les témoins du patrimoine traditionnel figure également le houche Khraïef, une maison du début du XIXᵉ siècle située dans le vieux Menzel. S’y ajoutent la recette des finances, autre édifice néo-mauresque, et les souks emblématiques tels que le souk Djara, réputé pour son henné et son artisanat, et le souk El Menzel, cœur commerçant du quartier éponyme.

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C 6. Sfax (Région centrale)

Sfax, deuxième ville de Tunisie et capitale économique du centre-est, s’étend sur la côte méditerranéenne à environ 270 kilomètres de Tunis. Forte d’environ 600 000 habitants, elle se distingue par son port actif, par son industrie dynamique et par l’importance de son commerce tourné vers la Méditerranée et l’arrière-pays. L’exportation de l’huile d’olive, du poisson frais ou congelé et de divers produits manufacturés participe à son rayonnement économique.

La ville demeure également un lieu de culture et d’histoire grâce à sa médina, à Thyna située au sud et à ses vastes salines, malgré une activité industrielle centrée de longue date sur le traitement du phosphate.

Le patrimoine culturel de la ville est notamment mis en valeur au musée archéologique de Sfax, installé au rez-de-chaussée de l’hôtel de ville. Ce musée conserve une remarquable collection de mosaïques provenant des cités antiques de Taparura et de Thaenae, ainsi que des pièces romaines, préislamiques et islamiques. Bien que fermé pour rénovation depuis 2023, il demeure l’un des principaux repères culturels de la région. À proximité, la kasbah, située à l’angle sud-ouest de la médina, témoigne du passé militaire de Sfax. Elle servit de garnison durant le protectorat français avant d’être reconvertie en espace muséal consacré à l’architecture religieuse, à l’histoire artisanale des bourj et djenès, et aux savoir-faire métallurgiques qui firent la réputation de la ville.

La ville abrite aussi d’importants édifices civils, au premier rang desquels Dar Djellouli, également appelée la maison du Gouverneur. Cette demeure du XVIIIᵉ siècle, organisée autour d’une cour intérieure, expose des collections de costumes, d’arts domestiques, de broderie, de calligraphie et de mobilier ancien dans un petit musée apprécié. Non loin se trouvent Dar Siala et la laison de la photographie (Dar Kammoun), transformées en centres culturels et galeries d’art. Dans la médina, le souk des forgerons, autrefois lieu de tournage du film : Le Patient anglais, a été réaménagé pour accueillir des échoppes contemporaines.

Le cœur urbain de Sfax reste structuré autour de son réseau de portes et de remparts. Longs de 2 750 mètres, les remparts de la médina, édifiés en 1306, entourent encore aujourd’hui le centre ancien avec leurs 34 cachots et leurs tours imposantes. À l’origine, seuls Bab Jebli et Bab Diwan permettaient d’accéder à la ville, mais la croissance démographique du XXᵉ siècle a rendu nécessaire l’ouverture de nouvelles portes telles que Bab El Ksar et Bab Jebli Jedid. Depuis le sommet de la kasbah, le panorama révèle l’étendue de la ville, du front de mer au quadrillage moderne qui s’étend vers l’intérieur.

Le patrimoine religieux de Sfax se distingue par son ancienneté et par la diversité de ses styles. La grande mosquée de Sfax, construite au IXᵉ siècle, domine l’espace central de la médina, tandis que les quartiers alentours abritent une série de mausolées et lieux de culte emblématiques : le mausolée Sidi Amar Kammoun, le mausolée Sidi Ali Ennouri et le mausolée Sidi Belhassen Karray. S’y trouvent également la mosquée El Ajouzine, la mosquée Bouchouaicha, la mosquée Driba, la mosquée Sidi Elyes, ainsi que des édifices plus récents tels que la mosquée Chihia, la mosquée Taktak, la mosquée Sidi Abd El Moula, la mosquée Sidi Bousaâda, la mosquée El Manar et la mosquée Bou Assida. Sfax abrite aussi une église chrétienne, une église orthodoxe grecque, une église évangélique, ainsi qu’une synagogue juive, témoignant de la diversité historique de la ville.

La ville moderne s’articule autour de grands axes dont l’avenue Habib Bourguiba, près de laquelle se dresse l’hôtel de ville, édifice monumental conçu par l’architecte français Rafael Guy. Mélange d’influences arabo-moriques et européennes, le Palais municipal fut progressivement agrandi entre 1906 et 1943, avant d’être achevé en 1955. À proximité se déploient la place de la République, les bureaux administratifs et les quartiers commerçants, qui prolongent le centre historique vers le port et la ville nouvelle. Le ksar Ben Romdhane et le café Sidi Boussaid s’inscrivent dans cette logique d’ouverture et de modernité.

Sfax est aussi une ville de culture grâce à ses institutions. L’institut français de Sfax, ou maison de France, inauguré en 2006, accueille chaque année des dizaines d’événements et propose une bibliothèque riche de plus de 20 000 ouvrages. La ville compte également un grand théâtre, lieu de spectacles apprécié par la population locale. Dans la médina, le souk Erbaa anime encore aujourd’hui la vie quotidienne.

Le port de Sfax, actif depuis 1897, demeure l’un des principaux ports commerciaux du pays. Il se distingue par une amplitude de marée dépassant 1,50 mètre lors des équinoxes, un phénomène rare en Méditerranée. Protégé naturellement par les îles Kerkennah et les hauts-fonds du golfe de Gabès, il fonctionne sans jetée ni digue, ce qui en fait une particularité maritime notable. À proximité, la vue sur Thyna et ses salines illustre le lien étroit entre activités économiques, paysages naturels et histoire ancienne, puisqu’il s’agit de l’emplacement de l’ancienne cité de Thaenae.

Les espaces culturels et muséaux occupent également une place importante dans la mise en valeur de la mémoire locale. Le musée de la kasbah, niché dans les remparts, expose l’architecture traditionnelle sfaxienne et témoigne des formes anciennes de construction, de défense et de vie quotidienne. Plus loin, le cimetière militaire du Commonwealth rappelle les épisodes de l’histoire récente, notamment les combats de la Seconde Guerre mondiale dans la région. L’ensemble de ces lieux contribue à faire de Sfax une cité où les strates historiques dialoguent constamment.

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C 7. Médenine (Région centrale)

Médenine, au cœur de la plaine de la Djeffara, s’impose comme une ville charnière du centre-est tunisien, située entre Gabès, Ben Gardane et Tataouine. Traversée par plusieurs oueds, dont l’oued Smâr, elle s’étend dans un paysage aride où dominent les étendues de terre rouge et les reliefs de pierre sèche. Centre administratif de la région, elle rassemble aujourd’hui 71 406 habitants et conserve un rôle essentiel dans la vie économique et culturelle du Sud. À l’entrée de la ville, la grande mosquée de Médenine se dresse comme un repère spirituel et historique, occupant une place majeure dans l’organisation urbaine.

Riche d’une vie culturelle bien ancrée, Médenine abrite plusieurs institutions importantes telles que la bibliothèque publique Médenine-Nord, la bibliothèque régionale de Médenine et le complexe culturel de Médenine, qui accueillent des expositions, des activités pédagogiques et des événements artistiques. Ces infrastructures, éparpillées autour des grandes artères, témoignent du développement constant de la ville, qui associe ses traditions séculaires à des équipements modernes.

Les traces les plus emblématiques du passé se trouvent dans les ghorfas, anciens greniers fortifiés répartis dans les ksour environnants. Parmi eux, le Ksar Lobbeira, qui abrite aujourd’hui le musée des coutumes et des traditions de Médenine, offre une immersion rare dans l’architecture communautaire des Warghama. Non loin de là, le Ksar Ouled Brahim, également appelé Ksar Médenine, ainsi que le Ksar Ommarsia, présentent des alignements de cellules superposées autrefois destinées au stockage.

La dimension religieuse de Médenine apparaît également dans la multiplicité de ses lieux de culte, tels que la mosquée Ommarsia, la mosquée El Takwa, la Ibno Arafa Mosque ou d’autres édifices disséminés dans les quartiers résidentiels. Ces espaces, sobres et ancrés dans le tissu urbain, constituent des points de rassemblement essentiels, reflétant l’attachement de la population à ses traditions spirituelles. À proximité, l’hôtel de ville de Médenine symbolise quant à lui la nouvelle structuration politique et administrative de la région, marquant la transition entre l’héritage tribal et l’urbanisation moderne.

Autour de Médenine, les paysages dévoilent une géographie à la beauté rude. Les montagnes désertiques situées entre Toujane et Médenine sont sillonnées de pistes menant à des oasis isolées où quelques palmiers apportent des touches de vert au milieu du désert ocre. S’y découvrent de petites exploitations agricoles aux murs blanchis à la chaux, où subsistent encore des cultures d’oliviers et quelques parcelles vivrières.

Plus au sud s’étend le seuil du Sahara, vers Ghomrassen, où le paysage change brutalement pour devenir une mer minérale faite de mesas rocheuses et de vastes étendues caillouteuses. Les rares points d’eau y sont signalés par quelques buissons et touffes de palmiers, créant des îlots de vie au milieu du désert.

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C 8. Zarzis (Région centrale)

Zarzis, située à l’extrémité sud-est de la Tunisie, offre un visage singulier où se mêlent les influences maritimes et désertiques. Longtemps tournée vers la mer, la ville s’est développée autour de son littoral lumineux bordé d’eaux calmes, attirant voyageurs et habitants pour la douceur de son climat. L’environnement naturel se trouve marqué par une alternance de plages sablonneuses, d’étendues d’oliviers et d’espaces semi-désertiques, dessinant une mosaïque de paysages dont la transition est presque imperceptible.

La dimension historique de Zarzis se reflète dans plusieurs sites emblématiques, dont l’église Notre-Dame-de-la-Garde, édifice de la période coloniale dont la silhouette se distingue encore au cœur de la ville. À proximité, le phare de Zarzis domine la côte et rappelle l’importance stratégique de ce point d’ancrage pour la navigation régionale. Les visiteurs s’intéressent également au musée de Zarzis, qui retrace l’évolution de la région depuis l’Antiquité, en explorant les influences puniques, romaines et arabes qui ont marqué la presqu’île.

L’arrière-pays de Zarzis révèle une autre facette de la région, avec ses grands vergers d’oliviers appartenant à l’un des plus vastes ensembles oléicoles du pays. Certaines exploitations, encore familiales, perpétuent des méthodes traditionnelles de production d’huile d’olive, offrant un aperçu des pratiques rurales locales. En se dirigeant vers les zones plus arides, le paysage devient progressivement désertique, ponctué de petites habitations blanchies et de parcelles cultivées malgré la rareté de l’eau.

Zarzis s’illustre enfin comme une porte d’entrée vers d’autres espaces d’intérêt, notamment l’île de Djerba, accessible via la chaussée d’El Kantara. La proximité de ces deux territoires a créé un bassin de vie étroitement lié, où les échanges culturels et économiques se renforcent depuis des générations.

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C 9. Gigthis (Région centrale)

Ancienne cité romaine prospère, Gigthis se situe entre Médenine et Zarzis, dans une zone aujourd’hui désertique où subsistent les traces d’un passé autrefois florissant. Fondée avant la domination romaine, la ville devint une municipalité importante à l’époque impériale, profitant d’une intense activité commerciale liée aux échanges transsahariens. Son emplacement, au carrefour d’axes marchands stratégiques, a permis à Gigthis de se développer en un centre doté de monuments civiques imposants.

Le site archéologique se distingue par plusieurs structures emblématiques, dont le forum, vaste esplanade qui constituait le cœur politique et économique de la cité. À ses côtés, le temple de Saturne montre encore des colonnes massives et des fondations solides, témoignant de l’importance des cultes locaux et romains. Les thermes offrent un aperçu de l’ingéniosité romaine, avec des salles encore partiellement conservées et une organisation typique des complexes de bains. Enfin, l’ancien port aujourd’hui ensablé évoque l’activité maritime qui reliait la cité à d’autres villes de la Méditerranée.

Gigthis se trouve entourée d’un paysage aride et largement ouvert, où les reliefs doux se confondent avec une végétation rare. Cette atmosphère singulière renforce l’impression d’un lieu suspendu, où le silence met en valeur les ruines dispersées sur une vaste surface. Les alignements de blocs, les restes de mosaïques et les bases de colonnes montrent la richesse d’une ville qui connut son apogée durant les premiers siècles de notre ère. La topographie du site permet encore de comprendre l’organisation urbaine antique avec ses rues régulières et ses quartiers spécialisés.

La visite de Gigthis constitue une immersion complète dans l’histoire romaine du sud tunisien, loin des espaces plus fréquentés. Sa situation isolée contribue à la préservation de son authenticité, offrant un cadre idéal pour observer le paysage antique tel qu’il pouvait se présenter aux voyageurs d’autrefois.

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C 10. Sebkhet en Noual (Région centrale)

Sebkhet en Noual s’étend au sud-est de la Tunisie sous la forme d’un large chott salé, caractéristique des zones désertiques où l’eau s’évapore en laissant d’épais dépôts minéraux. Située dans une région chaude et sèche, la sebkha change d’apparence selon les saisons : totalement blanche et craquelée en période estivale, légèrement scintillante et marbrée lorsque l’humidité affleure à la surface. Cet environnement à la fois austère et fascinant témoigne des forces naturelles qui modèlent le paysage, entre vents, évaporation intense et variations climatiques.

La zone autour de Sebkhet Noual attire l’intérêt pour la variété de ses phénomènes géomorphologiques. Lors des rares pluies, l’eau forme des nappes éphémères qui transforment temporairement la sebkha en un miroir étendu reflétant le ciel. À la périphérie, les sols deviennent plus épais et plus sombres, abritant une végétation aride composée d’halophytes adaptées aux conditions salines. Les visiteurs peuvent observer plusieurs points d’intérêt, dont les zones de dépôts cristallins et les micro-reliefs formés par le retrait successif des eaux.

La région environnante présente un contraste intéressant entre la sebkha et les petites exploitations agricoles situées plus loin dans les zones légèrement plus fertiles. Certaines habitations isolées profitent de légères dépressions où la terre, moins salée, permet la culture de quelques variétés résistantes. Ces espaces cultivés apportent une touche de verdure rare dans un cadre dominé par des nuances de blanc et d’ocre. De modestes pistes traversent la zone et permettent de rejoindre des localités proches, rappelant que Sebkhet Noual reste intégrée à la vie de la région malgré son apparente solitude.

Sebkhet Noual séduit enfin par la sensation d’immensité qu’elle dégage, avec un horizon dégagé où le vent circule librement. L’absence de reliefs importants accentue la perception d’un espace sans limite, favorable à l’observation de phénomènes naturels comme les mirages et la réverbération lumineuse.

C 11. Parc national de Jebel Orbata (Région centrale)

Le parc national de Jebel Orbata occupe une zone montagneuse située au nord de Gafsa, caractérisée par un relief accidenté et des crêtes abruptes dominant la grande dorsale tunisienne. Fondé pour protéger un environnement naturel remarquable, le parc couvre un ensemble de paysages formés de montagnes, de vallons et de plateaux où alternent formations rocheuses et végétation typique des zones semi-arides. La silhouette imposante de Jebel Orbata, point culminant du massif, se distingue nettement au-dessus des plaines environnantes, offrant un panorama puissant et contrasté.

La richesse écologique du parc repose en grande partie sur la diversité de sa flore et de sa faune. Parmi les espèces végétales, on trouve des formations de genévriers, de pins d’Alep et d’arbustes adaptés à la sécheresse, répartis selon l’altitude et l’exposition des versants. La faune comprend notamment le mouflon à manchettes, la gazelle dorcas et plusieurs oiseaux rupestres, faisant du massif un refuge pour des espèces emblématiques du sud tunisien. Les promenades permettent de découvrir les gorges d’Orbata, dont les parois irrégulières témoignent de l’érosion millénaire.

Les villages proches du parc révèlent une activité humaine ancienne, liée à l’élevage et à l’exploitation modérée de certaines terres cultivables. Ces localités ont longtemps coexisté avec l’environnement montagneux, utilisant les ressources disponibles tout en respectant les contraintes naturelles. Le parc conserve par ailleurs des traces géologiques notables, avec des strates visibles rappelant la formation du massif et les mouvements tectoniques qui ont façonné la région.

Enfin, le parc national de Jebel Orbata constitue une destination appréciée pour ses possibilités de randonnée et d’observation. Les sentiers mènent à des points de vue ouverts sur des étendues désertiques ainsi que sur des zones plus verdoyantes au printemps.

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C 12. Parc national de Bouhedma (Région centrale)

Le parc national de Bouhedma s’impose comme l’un des grands espaces protégés du centre de la Tunisie, couvrant plus de seize mille hectares entre les délégations de Mezzouna et de Belkhir. Cet ensemble constitue une transition remarquable entre l’Atlas saharien et les zones plus arides du Sud. Le visiteur découvre un vaste territoire alternant montagnes, piémonts et plaines inondables, où l’atmosphère méditerranéenne aride se fait immédiatement sentir. Les reliefs, dont les altitudes varient sensiblement, offrent une vision contrastée du paysage, marqué par des sols pierreux, des vallons secs et des lignes de crête battues par les vents.

La richesse écologique du parc repose sur des conditions climatiques exigeantes mais favorables à certaines communautés végétales rares. Le climat, aride et contrasté, impose un rythme strict aux cycles de la faune et de la flore. La plaine reçoit des précipitations très limitées tandis que les sommets captent légèrement plus d’humidité, générant une mosaïque d’habitats. Ces variations façonnent des zones de végétation dissociées, depuis les herbacées clairsemées jusqu’aux peuplements d’acacias. L’ensemble compose un paysage où chaque unité géomorphologique révèle une facette différente du milieu.

Bouhedma est surtout célèbre pour être l’une des dernières steppes arborées d’Afrique du Nord, un écosystème aujourd’hui extrêmement rare. L’arbre emblématique du parc demeure l’acacia, particulièrement résistant et élément structurant de cette savane nord-africaine. Les hautes herbes pérennes et les espaces dégagés composent un tableau évoquant les paysages du Sahel africain. Dans cet environnement s’épanouissent des espèces devenues exceptionnelles ailleurs en Tunisie, certaines représentant les derniers noyaux naturels de leur genre dans le pays. Le parc reflète ainsi un patrimoine biologique unique, patiemment protégé depuis des décennies.

La dimension historique du parc s’exprime à travers les réintroductions qui ont marqué la seconde moitié du XXe siècle. Plusieurs espèces, disparues du territoire tunisien, ont retrouvé refuge à Bouhedma, où les conditions naturelles leur sont favorables. Les programmes successifs ont permis à des animaux emblématiques de réapparaître dans leur milieu ancestral, désormais surveillé et aménagé pour leur protection.

Pour le visiteur, le parc offre de vastes espaces d’observation et une immersion profonde dans la nature saharienne. Les randonnées permettent d’explorer des zones de montagnes, des plaines ouvertes et des secteurs où se sont déroulés les programmes de réintroduction. Bien que le parc ne comporte pas de monuments bâtis majeurs, il n’en reste pas moins un lieu d’intérêt incontournable pour la découverte de paysages préservés et pour la compréhension des grands ensembles naturels du centre tunisien.

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C 13. El Mahress (Région centrale)

Située sur la côte centrale tunisienne, El Mahress ou Mahrès est une ville littorale de 15 878 habitants, implantée à une trentaine de kilomètres au sud de Sfax. Son rivage s’étend sur près de 28 kilomètres, suivant une côte méditerranéenne ouverte et lumineuse. La ville occupe une position stratégique, au croisement d’anciennes voies romaines dont celle reliant Carthage à Alexandrie, ce qui explique la richesse de son passé.

L’un des marqueurs les plus visibles du patrimoine de Mahrès demeure la forteresse byzantine de Younga, unique de ce type dans la région et datant du VIe siècle. Elle rappelle le rôle majeur joué par la ville à l’époque phénicienne, romaine et byzantine, notamment dans la conversion des populations berbères au christianisme. Sous les Aghlabides, Mahrès acquiert une importance accrue : le cadi Ali ibn Salem Al-Bekri y fait édifier une nouvelle forteresse, alors que la cité devient un rempart contre les invasions menaçant Kairouan. Cet édifice, connu ensuite sous le nom de Mahrès Ali, puis Al Mahrès Al Jadid, a structuré la mémoire urbaine durant des siècles.

Ce même ensemble fortifié évolue en 1937 lorsque les autorités du protectorat français transforment la structure en édifiant la grande mosquée de Mahrès, utilisant les murs de la forteresse comme enceinte extérieure. Non loin, une autre construction religieuse illustre la diversité du patrimoine local : la mosquée Bensahloun, plus modeste mais importante pour la vie quotidienne des habitants. Le littoral abrite quant à lui plusieurs œuvres contemporaines installées en plein air, témoignant de la vocation artistique de la ville ; parmi elles, la sculpture Solidarité mondiale de Brahim Konstantini, visible le long de la corniche, constitue une création emblématique.

L’un des lieux les plus fréquentés de la ville est aussi sa vaste plage située sur l’avenue Habib Bourguiba, dont l’accès est libre et qui offre un cadre agréable, ponctué de sculptures et d’aménagements publics.

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C 14. Les îles Kerkennah (Région centrale)

L’archipel des Kerkennah forme un ensemble insulaire d’une grande singularité, situé au large de Sfax et composé de deux grandes îles, Gharbi et Chergui, ainsi que d’une multitude d’îlots. Le relief y est extrêmement plat, avec des altitudes qui dépassent rarement quelques mètres, créant un paysage d’une douceur horizontale remarquable. Cet environnement quasi aride, bordé de lagunes et de sebkhas, offre un cadre naturel unique en Méditerranée. La mer, peu profonde et claire, entoure l’archipel d’une luminosité changeante, souvent spectaculaire.

La végétation typique est dominée par le palmier, même si la palmeraie apparaît clairsemée en raison du manque d’eau et des sols salins. Malgré ces conditions, les habitants ont développé, au fil des siècles, des savoir-faire adaptés à l’environnement insulaire. La culture traditionnelle de la pêche demeure omniprésente, notamment grâce aux pièges fixes typiques de l’archipel : les charfias. Ce système ancien témoigne de l’ingéniosité maritime locale et confère aux rivages un charme singulier.

L’archipel se distingue également par la présence de sites culturels et historiques qui enrichissent l’expérience du visiteur. Parmi les lieux majeurs figurent le site archéologique de Borj Hassar, dont les vestiges rappellent l’occupation ancienne de ces terres, et le musée du patrimoine insulaire méditerranéen, situé à El Abassia, qui propose une immersion dans l’histoire, la vie quotidienne et les traditions des Kerkennah. Ce musée présente des objets, des scènes reconstituées et un ensemble de témoignages matériels retraçant le lien profond entre les habitants et leur environnement maritime.

Les Kerkennah abritent également un patrimoine religieux dispersé à travers l’archipel. Les marabouts, nombreux, ponctuent le paysage de leurs silhouettes blanches. Plusieurs d’entre eux sont particulièrement réputés, notamment le marabout de Sidi Saïd et le marabout de Sidi Youssef, lieux de recueillement et de tradition locale.

Outre leur richesse culturelle, les Kerkennah bénéficient d’un environnement marin d’une grande valeur écologique. Les fonds marins environnants abritent l’un des plus vastes herbiers de posidonies de Méditerranée, véritable refuge pour de nombreuses espèces marines.

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C 14A. Île de Gharbi (Région centrale)

Île occidentale de l’archipel des Kerkennah, Gharbi ou Garbi se distingue par sa silhouette trapézoïdale, ses quatorze kilomètres d’extension et sa large palmeraie clairsemée. L’île s’ouvre au visiteur par le débarcadère du bac à Sidi Youssef, point d’arrivée indispensable qui relie quotidiennement Sfax. Les bateaux de pêche dans le port de Sidi Youssef forment l’un des tableaux emblématiques de l’île, rappelant l’importance de la mer dans la vie locale. Autour s’étendent les premiers signes du paysage agricole traditionnel, dont le visiteur peut admirer les nuances en parcourant simplement la route principale.

En gagnant l’intérieur, le décor se resserre autour d’un patchwork de vergers où dominent oliviers, figuiers et vignes. Ce paysage agricole caractéristique accompagne le voyage vers Mellita, le village central, dont les maisons blanches et les ruelles paisibles reflètent l’atmosphère sereine de Gharbi. Plus à l’est, Ouled Ezzedine constitue une seconde agglomération, à taille humaine, entourée de champs et de palmiers isolés qui structurent la plaine.

Le nord de l’île abrite l’un de ses monuments les plus marquants : Borj Mellita, une tour défensive ancienne, dressée sur la côte et dominant les lagunes. Le site, encore lisible dans sa structure, offre une vue remarquable et constitue un repère incontournable pour comprendre l’histoire insulaire. À proximité, deux points de vue naturels complètent l’exploration : Mellita Cove et Din Cove, tous deux situés dans la partie nord et particulièrement appréciés pour leurs couleurs changeantes selon l’heure du jour.

Au sud, l’île révèle un autre lieu notable, le Green Dome, structure singulière posée au cœur d’un environnement plus sauvage. Ce site marque le contraste entre la partie agricole de l’île et ses zones plus reculées, encore peu transformées.

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C 14B. Île de Chergui (Région centrale)

Plus vaste et plus peuplée, Chergui ou Gherguia forme l’« île orientale » des Kerkennah, avec une superficie proche de 110 km² et un ensemble de villages alignés le long de son axe occidental. Le premier grand site naturel à découvrir est El Abassia Cove, situé dans le sud, offrant un panorama lumineux sur les lagunes. Au nord-est, la ville d’El Attaya, avec son marché animé et ses mosquées, constitue l’un des pôles culturels majeurs de l’île, où traditions maritimes et vie quotidienne se rejoignent.

Au centre de Chergui se trouve Remla, chef-lieu administratif, entouré d’une mosaïque de hameaux formant onze des treize villages de l’archipel. Dans le sud-ouest, l’histoire se matérialise à travers Borj Elhsar, un fort ancien qui dominait autrefois les accès maritimes et dont la silhouette traduit l’importance stratégique du site. Plus à l’est, les marais salants El Abassia s’étendent dans un paysage presque irréel, baignés de teintes rosées ou blanches selon la saison, à proximité de La maison du Sel, un lieu muséal et pédagogique.

La partie nord-ouest permet de rejoindre la plage Sidi Fenkhal, connue pour son sable clair et ses eaux calmes. Plus au nord, Ennajet Bridge constitue un lien essentiel vers l’île Kerkenah, où se trouve la ville de Kraten, riche de plusieurs sites : le phare Ras Jelija, la plage de Kraten et le port de Kraten, tous témoins de la relation intime entre l’archipel et la mer.

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C 15. Teboulbou (Région centrale)

Située au sud de la Tunisie, Teboulbou ou Taboulbou borde la Méditerranée et offre un littoral de cinq kilomètres marqué par son principal atout balnéaire : la plage de Taboulbou. Accessible depuis l’avenue Aboulkacem Echebbi puis la route nationale, elle constitue un espace libre d’accès très fréquenté, apprécié pour son sable doux et ses nuances de bleu qui varient selon les saisons.

Dans l’ancien centre du village se trouve les vestiges d’une zawiya dédiée à Sidi Bouali. À côté s’élève la mosquée du vieux village, construite sur un site où des fouilles des années 1970 ont mis au jour un ancien cimetière.

Les environs de Teboulbou sont aussi connus pour leurs vestiges archéologiques, notamment les traces abondantes de poterie romaine ou punique, souvent découvertes sur les terres agricoles. Les abords de Chatt Hamrouni sont particulièrement riches, confirmant l’existence d’activités anciennes sans doute liées au commerce ou à la navigation.

Enfin, près de la côte, subsistent les restes épars d’un ancien phare, autrefois repère pour les voyageurs maghrébins et andalous se rendant vers le Levant. Il est évoqué par le voyageur hafside Abd-Allah at-Tijani, qui décrivait Gabès et ce phare comme des points vitaux dans son périple. Bien que réduit à quelques pierres, le site conserve un fort pouvoir évocateur, reliant le visiteur aux récits anciens et aux routes maritimes de l’ère médiévale.

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D. Nord du pays

D 1. Le site de Dougga (Nord du pays)

Le site de Dougga, inscrit au patrimoine mondial depuis 1997, se distingue par l’exceptionnelle conservation de ses monuments et par la stratification culturelle qui marque toute son histoire. Sur 75 hectares de ruines harmonieusement intégrées dans le paysage du Nord-Ouest tunisien, la cité révèle un tissu urbain complexe où se succèdent les influences libyques, puniques, numides et romaines. Dès l’arrivée, les visiteurs sont frappés par la monumentalité du mausolée libyco-punique, témoin rare de l’architecture royale numide et symbole éclatant de l’ancien prestige de la ville. Non loin, l’espace résidentiel antique conserve également la villa du trifolium, remarquable maison patricienne dont le plan épouse la pente naturelle du terrain, offrant un aperçu précieux de l’habitat privé des élites aux IIᵉ et IIIᵉ siècles.

L’organisation urbaine de Dougga se déploie autour de son centre politique antique, dominé par le forum, vaste esplanade entourée autrefois de portiques et intégrée plus tard dans une fortification byzantine. S’y dresse l’imposant Capitole, temple de la triade romaine à l’état de conservation remarquable, dont les colonnes corinthiennes et le fronton parfaitement préservé témoignent de l’importance accordée au culte impérial. En arrière du Capitole subsistent les vestiges du temple de Massinissa divinisé, structure rare illustrant l’association d’un souverain numide à un espace religieux monumental. Dans le même secteur, les visiteurs retrouvent également les traces organisées du temple de Mercure et du temple de la Piété Auguste, deux sanctuaires intimement liés à la vie civique et à l’évergétisme local.

L’ensemble religieux de la cité est complété par le vaste temple de Junon Caelestis, installé sur une terrasse spectaculaire dominant les alentours. Cet édifice, parmi les plus raffinés de la cité, met en valeur l’esthétique propre aux temples africano-romains avec un péristyle élégant et une cour ample entourée de portiques. Non loin, le temple de Saturne, lui aussi érigé sur les vestiges d’un lieu de culte plus ancien, rappelle la continuité spirituelle entre période numide et domination romaine. La présence du temple de la Piété Auguste, du temple de la Fortune, du temple de Minerve et d’autres structures cultuelles, aujourd’hui fragmentaires, atteste la diversité religieuse qui caractérisait Dougga à son apogée.

Au cœur des pratiques sociales se trouve également le grand théâtre, construit en 168-169 et admirablement conservé. Adossée à la colline, cette structure pouvant accueillir 3 500 spectateurs est l’un des plus beaux témoignages de l’architecture théâtrale d’Afrique romaine. Son orchestre réduit, ses gradins réguliers et les traces de son mur de scène en font un lieu profondément évocateur, encore utilisé aujourd’hui pour le Festival international de Dougga. À proximité, l’auditorium, petite structure en forme de théâtre, devait servir de lieu d’initiation religieuse au sein du complexe du temple de Liber Pater. Plus loin sur le flanc de la colline, la longue dépression du cirque rappelle l’existence d’un espace de spectacle dédié aux courses de chars, autrefois parmi les plus vastes de la province africaine.

Sur la partie orientale du site se trouvent trois ensembles thermaux majeurs, à commencer par les thermes liciniens, ou thermes antoniniens, dont les dimensions équilibrées et la symétrie remarquable témoignent d’un grand savoir-faire architectural. Plus au nord se dévoilent les thermes des Cyclopes, célèbres pour la mosaïque représentant les forgerons de Jupiter, aujourd’hui conservée au musée du Bardo à Tunis. L’ensemble offre encore d’imposantes latrines parfaitement conservées. Un peu plus loin, les thermes d’Aïn Doura, en cours de dégagement, laissent entrevoir un espace thermal potentiellement plus vaste encore, orné de mosaïques datées des IIᵉ et IIIᵉ siècles. Enfin, les modestes thermes de la maison à l’ouest du temple de Tellus donnent un aperçu de l’architecture thermale privée.

Les espaces civils et commerciaux jouent également un rôle structurant dans la compréhension de Dougga. Le marché, ou macellum, offre l’un des plus anciens témoignages de l’urbanisme romain sur le site. Son plan rectangulaire entouré de portiques, ses boutiques alignées et son exèdre destinée à accueillir une statue de Mercure montrent la vitalité d’un centre marchand intégré aux activités de la cité. Bien que partiellement démoli lors de constructions ultérieures, il demeure l’un des lieux qui expriment le mieux l’ingéniosité des bâtisseurs dans un relief particulièrement contraignant. La place de la Rose des vents, qui relie marché et zone du forum, marque un centre symbolique où les directions cardinales sont gravées au sol.

Plusieurs arcs monumentaux jalonnent encore l’itinéraire du visiteur. L’arc de Septime Sévère, bien que sévèrement endommagé, matérialise l’axe routier reliant Carthage à Théveste. Restauré en partie, il offre aujourd’hui une animation sculpturale encore lisible malgré son état fragmentaire. L’arc de Sévère Alexandre, mieux préservé, présente une arcade de quatre mètres et constitue un repère clair entre le Capitole et le temple de Junon Caelestis.

La « cité des morts » occupe elle aussi une place essentielle dans l’histoire de Dougga. La présence de dolmens sur la nécropole nord constitue un ensemble unique en Afrique du Nord, soulignant une occupation bien antérieure à l’époque romaine. Ces tombes mégalithiques, accompagnées de céramiques modelées, illustrent un héritage préhistorique encore débattu sur le plan historiographique. S’y ajoutent les tombes à bazina, structures circulaires caractéristiques du monde numide, parfaitement intégrées à l’environnement funéraire.

L’ensemble funéraire le plus emblématique demeure toutefois le mausolée libyco-punique, monument exceptionnel de 21 mètres de haut construit au IIᵉ siècle avant Jésus-Christ. Sa structure, organisée sur trois niveaux et surmontée d’un pyramidion, offre une synthèse magistrale entre influences numides, puniques et orientales. Restauré au XIXᵉ siècle après les dégâts causés par l’extraction d’inscriptions, il est devenu l’un des symboles majeurs de Dougga. Autour de lui se déploient également les nécropoles romaines, avec leurs stèles et leurs espaces d’inhumation, ainsi que le hypogée, édifice semi-enterré du IIIᵉ siècle destiné au dépôt d’urnes funéraires, dont la multiplicité des niches atteste une longue utilisation.

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D 2. Les sources chaudes d’Hammam Mellègue (Nord du pays)

Les sources chaudes d’Hammam Mellègue se situent à une quinzaine de kilomètres à l’ouest du Kef, au cœur d’un paysage verdoyant où les vestiges romains se mêlent à une nature paisible. Ce site antique, établi à proximité d’un ancien établissement thermal, est aujourd’hui l’une des stations les plus réputées du nord tunisien. Son isolement relatif, accessible par une piste d’une dizaine de kilomètres débouchant sur la route Le Kef–Souk Ahras, contribue à la sensation de découverte et de préservation.

Ce lieu exceptionnel attire depuis plus de trente ans l’attention des géologues et scientifiques du monde entier. En effet, la présence d’une couche d’iridium unique au monde a conduit à son adoption comme stratotype officiel en 1991, renforçant la valeur scientifique du site. Ce patrimoine naturel rare complète un ensemble thermal remarquable, exploité depuis l’époque romaine et toujours utilisé par les curistes d’aujourd’hui.

Les eaux thermales des sources chaudes d’Hammam Mellègue étaient déjà prisées dans l’Antiquité, comme en témoignent les bassins romains particulièrement bien conservés. Ces bassins alimentent encore un hammam traditionnel très fréquenté, fidèle aux pratiques anciennes.

Les vertus thérapeutiques des eaux chlorurées sodiques sont reconnues, notamment pour les affections ostéo-articulaires. En raison de leur hypertonicité, elles pourraient également s’avérer utiles dans le traitement de l’obésité.

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D 3. La Table de Jugurtha (Nord du pays)

La table de Jugurtha est une impressionnante mesa du Nord-Ouest de la Tunisie, dominant les plaines de Kalaat Senan et se dressant à 1 271 mètres d’altitude. Sur plus de 80 hectares, son plateau ovale, soutenu par de hautes falaises calcaires, compose l’un des reliefs les plus emblématiques de la région. Proposée à l’inscription au patrimoine mondial de l’Unesco, elle forme un extraordinaire repère naturel visible depuis les hautes terres environnantes.

Son accès se fait uniquement par le nord, où un talus réduit la hauteur de la paroi. De là, un escalier de 136 marches, protégé par une tour de défense, permet d’atteindre la mesa. Cette montée spectaculaire mène directement à la menaa, ou refuge, vaste plateau rocheux dépourvu de végétation. L’érosion lente, accentuée par les périodes d’enneigement, fissure peu à peu la roche et provoque le détachement de blocs calcaires.

Au sommet, le visiteur découvre une mosquée dédiée à Sidi Abdel Jaoued, dont la cour abrite le tombeau de Brahim Ben Bou Aziz, ancien caïd des Hanencha. À proximité, des édifices en ruine témoignent d’anciens aménagements humains. Un réseau ingénieux de citernes creusées dans le sol permettait autrefois de recueillir l’eau de pluie, grâce à des rigoles de remplissage parfaitement taillées dans le rocher.

Au pied de la mesa, les traces d’occupation ancienne sont également visibles, notamment des dolmens, vestiges préhistoriques alignés autour du massif. Ces monuments mégalithiques ajoutent une dimension archéologique marquante à cet ensemble naturel déjà exceptionnel.

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D 4. Kerkouane (Nord du pays)

Kerkouane, située sur la côte orientale du cap Bon, est l’un des sites puniques les mieux conservés du monde méditerranéen. Abandonnée au IIIᵉ siècle avant Jésus-Christ et jamais reconstruite par les Romains, elle constitue un exemple rarissime de cité punique intacte. Inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1986, elle s’étend sur environ huit hectares et témoigne d’exceptionnelles techniques urbaines et architecturales.

La cité se distingue par une muraille à double enceinte, séparée par un large couloir et renforcée de tours, portes et poternes. Son urbanisme en damier, composé de rues orthogonales, offre un plan aéré unique pour l’époque. Les maisons, typiques du style punique, s’organisent autour d’un patio, souvent équipé d’un puits, de colonnes et d’un escalier menant à une chambre haute. Les sols, pavés en opus signinum ou en tessellatum, révèlent une sophistication remarquable.

L’un des éléments les plus importants du site est son sanctuaire, rare édifice public de la cité. Centré sur une vaste cour et entouré de salles à banquettes, d’un autel et de divers aménagements hydrauliques, il regroupe des objets liés aux cultes locaux : figurines d’Astarté ou de Tanit, vases, lampes ou pièces métalliques.

Le système hydraulique urbain est particulièrement abouti : citernes, canalisations, gargouilles sculptées et dispositifs de drainage montrent une maîtrise avancée de l’eau. Les salles de bains de chaque maison, avec leurs baignoires-sabots enduites de mortier rouge hydrofuge, illustrent également un niveau de confort élevé. Les découvertes sont aujourd’hui exposées au musée archéologique de Kerkouane, situé à l’entrée du site.

Autour de la cité, plusieurs nécropoles punique ont été mises au jour : certaines réservées aux enfants dans des jarres, d’autres pour les adultes dans des fosses ou des caveaux creusés dans le grès. L’ensemble forme un témoignage complet de la vie et des rites funéraires puniques.

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D 5. El Jem (Nord du pays)

La ville d’El Jem, forte de ses 21 234 habitants et située entre Sfax et Sousse, s’impose comme l’un des joyaux archéologiques de la Tunisie orientale. Fondée sur les ruines de l’antique Thysdrus, elle fut l’une des cités les plus prospères de l’Orient romain. Son histoire, marquée par le commerce, l’huile d’olive, les étoffes, le cuir et les mosaïques, se reflète encore dans son organisation urbaine et son dynamisme économique actuel. Aux portes du Sahel, rattachée administrativement au gouvernorat de Mahdia, la ville concentre un patrimoine d’une rare densité qui témoigne de la puissance passée de cette cité africaine.

Au cœur de la ville se dresse l’immense amphithéâtre d’El Jem, troisième plus grand édifice du monde romain après les amphithéâtres de Rome et de Capoue. Classé au patrimoine mondial depuis la fin des années 1970, il domine une vaste place entourée de commerces et de restaurants. Long de près de 150 mètres, large de 124 et haut de 36, il pouvait accueillir entre 27 000 et 30 000 spectateurs, rivalisant ainsi avec les plus grands monuments impériaux, une prouesse qui dépasse même les arènes d’Arles et de Nîmes. Son architecture, parfaitement conservée, plonge immédiatement les visiteurs dans la monumentalité romaine et l’organisation sociale des spectacles antiques.

À quelques pas du site, le musée archéologique d’El Jem retrace l’histoire de la cité grâce à ses mosaïques, statues et reconstitutions. Installé à la périphérie, il conserve des œuvres issues des villas romaines de Thysdrus, dont les oeuvres de la maison de la procession dionysiaque. Certaines pièces majeures sont également réparties entre le musée national du Bardo et le musée archéologique de Sousse, soulignant l’importance régionale des découvertes effectuées à El Jem. Adossée au musée, la villa d’Africa propose une reconstitution grandeur nature d’une demeure romaine, abritant deux mosaïques remarquables : l’une représentant la déesse Africa, l’autre une vision symbolique de Rome et de ses provinces.

La ville comporte également un petit centre intéressant ainsi que plusieurs mosquées : la mosquée Abi Bakkar a Seddik et la mosquée Ghofrane.

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D 6. Mahdia (Nord du pays)

La ville de Mahdia, située à 200 kilomètres au sud de Tunis, s’étend sur une presqu’île rocheuse de 1 400 mètres de long sur 500 mètres de large, au cœur du littoral du Sahel tunisien. Née d’un comptoir phénicien puis romain appelé Aphrodisium, elle fut choisie en 920 par le calife Abdoullah-El-Mehdi comme capitale du califat fatimide. Sa position stratégique sur la Méditerranée lui valut une histoire mouvementée : Hilaliens, Normands, Génois, Chevaliers de Malte, Espagnols et Turcs s’y succédèrent jusqu’à affaiblir peu à peu son rôle militaire et commercial.

Le cœur historique de Mahdia conserve plusieurs monuments majeurs datant de l’époque fatimide. Parmi eux, la grande mosquée de Mahdia, fondée en 916 et reconstruite au XXᵉ siècle selon son plan d’origine, présente la particularité rare d’être dépourvue de minaret. Son austérité architecturale, son large portail et sa cour intérieure reflètent l’esprit épuré de l’art chiite. Non loin, la Skifa El Kahla, également appelée Bab Zouila, constitue l’un des derniers vestiges des imposants remparts du Xe siècle. Cette porte fortifiée, restaurée au XVIᵉ siècle, marque encore aujourd’hui l’entrée principale de la médina.

Dominant la pointe du cap Afrique, la forteresse de Bordj El Kebir, construite en 1595, garde depuis quatre siècles le promontoire rocheux. Son passage voûté, sa grande cour intérieure et ses remparts puissants rappellent les ouvrages militaires ottomans bâtis pour protéger les côtes contre les incursions européennes. À proximité s’étend le cimetière marin, un site emblématique où les tombes blanchies se mêlent aux rochers face à la mer, près du cothon phénicien dont subsistent encore les traces.

Mahdia abrite également un important établissement culturel : le musée de Mahdia, inauguré en 1997 dans les anciens locaux de la municipalité. Ses collections couvrent plusieurs périodes : punique, romaine, byzantine et islamique et présentent notamment un bel ensemble de mosaïques, des céramiques et le célèbre trésor de Rougga, composé de 268 monnaies d’or byzantines. Ces pièces illustrent le rôle commercial majeur que jouait la région à l’époque tardo-antique. Le musée complète ainsi la visite de la médina en permettant de comprendre l’évolution de la cité à travers les siècles.

Autour du port et de la médina, Mahdia conserve un artisanat réputé : tissage de soie et de laine, bijoux, travail du cuir ou du bois. Un village de l’artisanat, inauguré en 2019, renforce cet héritage en formant de nouveaux artisans. Les amateurs de plongée profitent quant à eux des fonds marins réputés, liés à l’épave explorée par le commandant Cousteau.

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D 7. Zaghouan (Nord du pays)

La ville de Zaghouan, située à environ 60 kilomètres au sud de Tunis et adossée au djebel Zaghouan, domine une large plaine agricole. Héritière de la cité antique de Ziqua, elle compte aujourd’hui près de 20 800 habitants. Sa position aux confins des gouvernorats de La Manouba, Ben Arous, Siliana, Béja, Kairouan et Sousse en fait un carrefour naturel entre le nord et le centre du pays.

Zaghouan conserve de précieux vestiges romains, dont une porte triomphale, seul élément subsistant de l’antique Ziqua, ainsi que des vestiges du temple des Eaux, l’un des monuments les plus importants de la région. Dressé sur les hauteurs du djebel, ce sanctuaire dédié à Jupiter et aux divinités de l’eau constituait le point de départ du gigantesque aqueduc romain de Zaghouan-Carthage, considéré comme l’un des plus vastes complexes hydrauliques du monde antique. Proposé en 2012 pour un futur classement au patrimoine mondial, cet ensemble témoigne du rôle crucial joué par la région dans l’alimentation en eau de Carthage.

La ville est également marquée par les influences andalouses. Aux XVIIᵉ siècle, les Morisques chassés d’Espagne s’y installèrent, apportant leurs traditions et leur savoir-faire. Ils introduisirent la culture des roses, notamment l’églantier, ancêtre botanique de la rose moderne. Cette plante est devenue emblématique de Zaghouan ; sa distillation produit le nesri, eau florale utilisée pour aromatiser les pâtisseries telles que les kâak warka. La ville célèbre encore aujourd’hui cette tradition lors d’un festival consacré aux roses et aux douceurs parfumées.

Le passé religieux de Zaghouan apparaît dans plusieurs témoignages de l’époque chrétienne, notamment des tombes, des fosses communes et de petites chambres taillées dans la roche. Ces vestiges, situés près des villages de Sidi Medyen, Sidi Zid et Aïn Asker, rappellent la présence d’une communauté chrétienne active dès le IIᵉ siècle, représentée notamment par l’évêque Séjermès.

Zaghouan est également renommée pour ses sources naturelles : les aïns et ses hammams traditionnels. L’un des plus réputés est le hammam de Zriba, situé à huit kilomètres de la ville, connu pour ses eaux chaudes et ses parfums de rose provenant des cultures environnantes.

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D 8. Bizerte (Nord du pays)

La ville de Bizerte, forte de ses 136 917 habitants, s’étend entre la mer Méditerranée et le lac de Bizerte, à une soixantaine de kilomètres au nord de Tunis. Située à la jonction d’un vaste ensemble de plaines maritimes, de forêts littorales et de zones humides, elle constitue le cœur d’un gouvernorat dépassant le demi-million d’habitants.

Terre d’accueil, la ville reçut au XVIIᵉ siècle les Andalous expulsés d’Espagne, dont l’influence est perceptible dans les ruelles de la vieille ville (mdina), dans la cuisine locale et dans certaines traditions. Au début du XXᵉ siècle, les Russes blancs trouvèrent également refuge dans la ville ; quelques familles descendent encore de cette dernière migration européenne.

À l’époque du Protectorat français, Bizerte devint un pivot stratégique majeur : arsenal, base navale et installations militaires modelèrent le paysage urbain. Après l’évacuation française en 1963, ces infrastructures furent réinvesties dans la vie civile, tandis que l’ancienne vocation militaire laissait place à une ville ouverte, connectée et tournée vers la mer. La présence du pont mobile, reliant Bizerte à Zarzouna, témoigne encore aujourd’hui de l’importance des voies maritimes dans l’organisation quotidienne et des liens intenses entre les deux rives du canal.

Le patrimoine défensif de la ville demeure l’un de ses attraits majeurs. Dominant la baie, le fort espagnol (fort d’Espagne) surplombe Bizerte depuis son promontoire nord. Construit par les Espagnols puis modifié par les occupants successifs, il offre une vue remarquable sur la médina et le littoral. À proximité, la Kasba impose ses remparts massifs autour d’un labyrinthe de maisons verticales et d’une mosquée.

La ville ancienne se déploie autour du vieux port, encore marqué par l’activité des pêcheurs. Arcs, barques colorées et façades claires composent un décor typique où se croisent chaque matin les pêcheurs qui préparent leurs filets. La promenade se poursuit vers la Ksiba, autre fortification importante, avant de longer la digue de la Bounta, lieu privilégié des habitants pour observer les mouvements des bateaux ou pour profiter du coucher du soleil. Plus loin, la marina Bizerte témoigne de l’évolution maritime de la ville vers la plaisance et les activités nautiques modernes.

Sur le plan culturel, le musée océanographique occupe une place singulière. Situé près du pont et du boulevard Habib Bougatfa, il conserve des cartes anciennes, des photographies historiques et une collection de spécimens marins. Malgré la simplicité de ses aquariums, l’établissement offre une intéressante lecture de l’histoire maritime locale et complète la visite du musée aquatique Sidi Lhenni, dont les collections illustrent la relation millénaire des populations au littoral et aux techniques de pêche.

Les plages constituent l’un des emblèmes de Bizerte. Au nord, des étendues comme Sidi Salem, El Saada, Résidence, Belle Plage, La Corniche et Ras Blat offrent une succession de sable doré, d’eaux claires et de dunes parsemées de végétation. Plus à l’ouest, des sites plus sauvages comme Aïn Damous, Ras Enjla, Ghiren, Caf Hmem, Sidi Bachir, La Grotte 1, 2 et 3 ou encore Zarzouna Plage révèlent un littoral plus secret, marqué par les roches et les petites criques. Les amateurs de nature privilégient souvent Jwabi, Rafraf ou Ghar El Melh, où le paysage côtier se mêle à des zones humides protégées.

Les espaces naturels à l’intérieur des terres méritent une attention particulière. Le lac d’Ichkeul, site classé au patrimoine mondial, constitue l’un des plus importants sanctuaires d’oiseaux migrateurs de Méditerranée. Sa proximité avec le lac de Bizerte forme un remarquable ensemble écologique où se succèdent roselières, marais, collines et forêts. Ces forêts incluent les massifs d’El Rimel, du Bois Sacré, d’El Nadhour et de Sidi Abdel Wahed, véritables poumons verts appréciés pour la randonnée, le pique-nique et l’observation des paysages.

Le cœur commercial de Bizerte se concentre autour du quartier du marché, un vaste dédale où se mêlent échoppes alimentaires, vêtements, textiles, outils et produits importés. Le foisonnement humain, les cris des marchands et les parfums d’étals rappellent la fonction historique de la ville comme carrefour maritime et terrestre.

Enfin, la diversité culturelle de Bizerte se manifeste dans la vie quotidienne, depuis les ruelles de la médina jusqu’aux cafés du front de mer où se savoure le sandwich lablebi, spécialité locale associant pois chiches, harissa et pain croustillant.

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D 9. Le Kef (Nord du pays)

La ville du Kef, située à 175 kilomètres à l’ouest de Tunis et à quarante kilomètres de la frontière algérienne, domine le Nord-Ouest tunisien depuis ses 582 mètres d’altitude. Chef-lieu du gouvernorat du même nom, elle compte 54 690 habitants répartis entre les deux arrondissements municipaux : Kef Est et Kef Ouest. La ville est perchée sur le Djebel Dyr, offrant une vue imprenable sur la vallée environnante et sur les sources naturelles de la région, et s’est imposée au fil des siècles comme un centre politique, religieux et militaire stratégique, contrôlant le Haut-Tell et les plaines frontalières.

Le patrimoine religieux de la ville est particulièrement riche. La ville abrite le mausolée de Sidi Bou Makhlouf, dédié au fondateur de la confrérie soufie des Aïssawa en Tunisie. Sa coupole blanche domine la ville et constitue un lieu de pèlerinage et de dévotion. La mosquée El Qadriya et la mosquée Jama el Kébir, consacrée à Sidna Aïssa et construite au VIIIe siècle sur l’emplacement d’une ancienne basilique du IVe siècle, sont des exemples remarquables de l’architecture islamique et servent de cadre à des festivals religieux et culturels qui ponctuent l’année.

Le Kef conserve également un patrimoine chrétien et juif notable. Les vestiges de la basilique Saint-Pierre (Dar El Kous), datant du Ve siècle, témoignent de l’époque romaine et de la présence de communautés chrétiennes. La synagogue de la Ghriba, vestige de l’ancienne communauté juive locale, attire chaque année des fidèles pour la fête de Souccot et illustre la diversité religieuse historique de la ville.

L’histoire militaire de la ville se lit dans ses fortifications. La Kasbah de Le Kef, construite au XVIe siècle et fortifiée sous la domination ottomane au XVIIe siècle, domine la médina. D’architecture byzantine et ottomane, elle offre des vues panoramiques sur la ville et servit de lieu de détention pour le président Habib Bourguiba au début des années 1950. La forteresse symbolise le rôle stratégique de la ville depuis l’Antiquité et sa capacité à résister aux invasions et aux conflits frontaliers.

Le territoire autour du Kef a été habité dès la préhistoire, comme en témoignent les sites du Sidi Zin et de Sidi Mansour, où se découvrent des peintures rupestres et des vestiges d’industries lithiques néolithiques. La présence d’une source abondante au centre-ville : la Ras el Ain, témoigne de la permanence des cultes de l’eau et des génies protecteurs des sources, notamment à travers la figure de Lella Mna, perpétuant des traditions religieuses locales depuis des millénaires.

La ville possède également un patrimoine culturel matérialisé par le musée des Arts et Traditions populaires du Kef, installé dans un mausolée du XVIIIe siècle. Il présente les coutumes, artisanats et modes de vie traditionnels de la région avant l’indépendance, permettant de saisir la continuité culturelle et sociale des habitants à travers les siècles.

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D 10. Kairouan (Nord du pays)

Ville emblématique du centre tunisien, Kairouan occupe une position stratégique entre la mer et la montagne, à distance égale de Tunis et de Sousse, et demeure l’un des hauts lieux spirituels du Maghreb. Fondée en 670, première base arabo-musulmane d’Afrique du Nord, elle est rapidement devenue un important foyer religieux et culturel de l’Ifriqiya. Classée au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1988, elle séduit aujourd’hui par la richesse de sa médina, la diversité de son patrimoine et son atmosphère hors du temps.

La médina de Kairouan, protégée par ses remparts, constitue un ensemble historique exceptionnel, intact dans sa trame ancienne. Ses ruelles étroites et sinueuses mènent vers des quartiers artisanaux, des demeures traditionnelles, des petites mosquées de voisinage et plusieurs lieux de dévotion. Ses portes, dont Bab Djedid, marquent les accès historiques de la ville et rappellent son rôle défensif. De nombreux visiteurs se plaisent à flâner dans ce dédale lumineux, où les maisons blanches et bleutées révèlent parfois des heurtoirs sculptés ou des détails architecturaux anciens.

Au cœur de la ville se dévoile l’incontournable grande mosquée de Kairouan, également appelée mosquée Sidi Oqba, considérée comme l’un des plus prestigieux monuments islamiques du Maghreb. Son immense cour, son minaret massif et ses arcades soutenues par des colonnes antiques en font un modèle pour de nombreuses mosquées d’Afrique du Nord.

Tout proche, la mosquée des Trois Portes se distingue par sa façade sculptée, l’une des plus raffinées de l’art islamique ancien. Cet édifice du IXe siècle occupe une place centrale dans la médina et illustre l’esthétique unique des premiers siècles de l’Ifriqiya. À quelques pas, la mosquée du Barbier, ou Zawiya de Sidi Sahbi, abrite les reliques d’un compagnon du Prophète et demeure un haut lieu de pèlerinage. Ses cours, ses coupoles et ses décors raffinés en font l’un des sanctuaires les plus visités de la région.

Parmi les fondations les plus emblématiques figure aussi Bi’r Barouta, le puits légendaire lié symboliquement au puits de Zamzam. L’endroit, animé par la présence d’un chameau actionnant la roue d’eau, constitue un arrêt incontournable pour comprendre les récits relatifs à la création de la ville. Non loin de là, la maison du Gouverneur, vaste demeure traditionnelle de dix-huit pièces, illustre l’architecture domestique remarquable de Kairouan. Aujourd’hui transformée en boutique de tapis, elle dévoile des intérieurs richement décorés.

À la sortie de la ville, les bassins des Aghlabides figurent parmi les œuvres hydrauliques les plus impressionnantes du pays. Ces vastes citernes circulaires, construites au IXe siècle, servaient autrefois à alimenter la ville en eau. Leur allure monumentale et la sérénité du lieu attirent de nombreux visiteurs, d’autant que ce site est l’un des emblèmes les plus puissants de l’histoire aghlabide.

Kairouan abrite de nombreux édifices religieux secondaires, témoins de la vie spirituelle ancienne. On y découvre notamment la mosquée d’Ansar, la mosquée Al Bey, la mosquée Al Malek ou encore la Zaouia de Sidi Abid el-Ghariani, célèbre pour ses décors de céramique et ses plafonds en bois sculpté. Plus au sud, la Zaouia de Sidi Amor Abbada, reconnaissable à ses coupoles côtelées, constitue un monument singulier et très apprécié des visiteurs pour son originalité architecturale.

Les amateurs de culture apprécieront également le musée Sidi Amor Abada, installé dans une ancienne zaouïa, et surtout le musée national d’art islamique de Raqqada, situé à quelques kilomètres au sud-ouest. Ce dernier conserve des pièces majeures provenant de Raqqada et Al-Mansuriya, anciennes capitales princières, et propose un parcours consacré à l’art islamique médiéval parmi les plus importants du Maghreb.

Outre les monuments, Kairouan séduit par ses traditions artisanales. La ville est réputée pour ses tapis de laine, dont la finesse de tissage varie selon le nombre de nœuds, ainsi que pour ses makroud, pâtisseries au miel et à la semoule devenues un symbole local. Ses souks, organisés autrefois par corporations, prolongent cette tradition séculaire : orfèvres, tisserands, potiers et tanneurs y perpétuent des savoir-faire ancestraux.

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D 11. Tabarka (Nord du pays)

Située à l’extrême nord-ouest de la Tunisie, Tabarka se déploie entre mer, forêt et montagne, offrant un paysage unique où la verdure embrasse le bleu de la Méditerranée. La ville, fondée par les Carthaginois il y a près de 2 800 ans, aurait tiré son nom de Thabra, signifiant le « lieu des ombres » ou « des mûres ». Forte de ses 19 770 habitants, elle demeure la ville-centre de la Kroumirie, région montagneuse réputée pour ses forêts denses et son climat humide. Les voyageurs y découvrent une petite cité animée, aux maisons blanches et bleues coiffées de tuiles rouges, posée entre une côte découpée et des collines boisées.

La ville est dominée par l’impressionnant fort génois, posé sur un rocher qui surplombe le port et constitue l’un des symboles majeurs de Tabarka. Hérité de la présence génoise jusqu’au XVIIIᵉ siècle, il rappelle une époque où la région était convoitée pour son corail précieux, aujourd’hui encore emblématique de l’artisanat local. Non loin, les célèbres Aiguilles de Tabarka, formations géologiques spectaculaires aux teintes rougeâtres, s’élèvent en colonnes acérées au-dessus de la mer, formant l’un des sites naturels les plus photographiés du pays.

Tabarka est également une destination réputée pour la plongée sous-marine, grâce à des fonds marins riches en mérous, langoustes et coraux, attirant plongeurs confirmés et débutants. Son port de pêche et sa marina forment le cœur vivant de la ville, où l’on observe le rythme des bateaux, l’activité des artisans du corail et l’animation des cafés du front de mer. Chaque été, le Tabarka Jazz Festival, l’un des événements musicaux les plus anciens du pays, attire des visiteurs venus de toute la région, faisant de la ville un carrefour festif et artistique apprécié.

La dimension religieuse et culturelle se lit dans les édifices de la ville, notamment la mosquée de Tabarka, ainsi que dans la présence de vestiges et de lieux liés aux différentes communautés qui ont façonné la cité au fil des siècles. Les visiteurs utilisent souvent Tabarka comme point de départ pour explorer les grands sites archéologiques environnants, parmi lesquels Chemtou, Bulla Regia et Dougga, témoins majeurs des civilisations numide, punique et romaine.

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D 12. La Marsa (Nord du pays)

Située à 18 kilomètres au nord-est de Tunis, La Marsa est l’une des stations balnéaires les plus prisées de la capitale. Ancienne résidence d’été des beys du XIXᵉ siècle, elle conserve son charme de banlieue élégante, mêlant villas anciennes, cafés animés, plages ouvertes et atmosphère aisée. Avec près de 93 000 habitants, elle s’étend entre la falaise du cap Gammarth au nord et le djebel El Manar au sud, offrant un cadre naturel varié entre mer et relief accidenté.

Son patrimoine architectural est dominé par le palais Abdelliya, l’un des plus anciens exemples d’architecture palatine hafside du Maghreb. Construit au début du XVIᵉ siècle par Abou Abdallah Mohammed, cet édifice constitue un témoignage rare et précieux de l’art royal tunisien. La ville abrite également la Koubet El Houa, la mosquée El Ahmadi, la mosquée Minaret El Ahmadi, ainsi que la synagogue Keren Yéchoua, ouverte durant l’été, rappelant la diversité confessionnelle historique de la région.

Le quartier le plus emblématique reste Saf-Saf, au cœur de Marsa Plage, célèbre pour son café traditionnel, sa fontaine centrale et ses ruelles animées. Les visiteurs y croisent à la fois habitants, artistes, familles et promeneurs, dans une ambiance typiquement estivale. À proximité, la corniche de La Marsa et la plage de la Corniche attirent de nombreux Tunisois en fin de semaine, tandis que la plage de la Marina constitue un lieu prisé pour la promenade et les activités balnéaires.

La ville se distingue également par sa vie culturelle intense. Elle concentre de nombreuses galeries d’art, deux salles de cinéma, une bibliothèque publique, ainsi que des rues commerçantes animées où se mêlent boutiques, cafés modernes et restaurants. La rue Abdelhafidh El Mekki et les abords du lycée Gustave Flaubert comptent parmi les zones les plus fréquentées.

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D 13. Le Cap Bon (Nord du pays)

La région du Cap Bon, située au nord-est de la Tunisie, s’étire depuis Nabeul sur 140 kilomètres en direction de la Sicile, baignée par les eaux de la Méditerranée. Véritable promontoire fertile, elle offre un paysage d’alternance entre plaines et plateaux, villages, plages, criques et collines verdoyantes. Les orangers, citronniers et vignes recouvrent cette péninsule et donnent au célèbre Muscat de Kélibia son goût unique. La région se distingue par une Tunisie plus authentique, moins tournée vers le tourisme de masse, où la nature et l’agriculture rythment le quotidien, et où chaque route offre une découverte sensorielle entre senteurs d’agrumes et paysages méditerranéens.

A la fin des terres, le cap est matérialisé par la présence du phare éponyme apprécié, ainsi que de magnifiques points de vue : El Haouaria Cove et Bahret Elmita Cove. Au nord-ouest se trouve l’épave Asklipios

Le relief du Cap Bon varie du littoral plat et ensoleillé aux hauteurs montagneuses à l’ouest, culminant au Djebel Ben Ouli (637 mètres), point d’observation offrant des panoramas sur les îles de Zembra et Zembretta, situées à une quinzaine de kilomètres au nord-ouest, et, par temps clair, sur l’île italienne de Pantelleria. Cette diversité géographique confère à la péninsule une richesse paysagère exceptionnelle : dunes, plages de sable fin, criques rocheuses et collines agricoles se succèdent harmonieusement, faisant du Cap Bon une destination idéale pour les promenades, le tourisme vert et la découverte des villages traditionnels.

Les villes emblématiques de la région attirent les visiteurs autant pour leur patrimoine que pour leurs activités. Nabeul, capitale de la poterie tunisienne, est célèbre pour ses ateliers artisanaux, ses carreaux de faïence colorés, ses jarres décoratives et son souk animé, entouré d’arcades et de boutiques. Hammamet, connue pour ses plages et ses hôtels balnéaires, conserve toutefois un centre historique pittoresque avec ses ruelles, ses médinas et son ambiance estivale. Plus au nord, Kélibia séduit par son fort médiéval, plus grand de Tunisie, surplombant un port de pêche actif et des plages aux eaux limpides.

La région du Cap Bon regorge de sites naturels et d’activités de plein air. À El Haouaria, à l’extrême pointe nord, les falaises et les grottes romaines offrent un spectacle saisissant, tandis que la côte regorge de criques et de plages tranquilles pour les amateurs de baignade et de détente. Les collines, vergers et forêts alentours attirent randonneurs et chasseurs, et la zone humide du littoral constitue un haut lieu d’observation ornithologique. Les amateurs de golf trouveront également des parcours de qualité à proximité d’Hammamet, intégrés dans un cadre méditerranéen luxuriant.

Les richesses archéologiques et historiques sont omniprésentes. Le site punique de Kerkouane, inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco, offre un témoignage exceptionnel de l’urbanisme carthaginois, tandis que les mosaïques du musée de Nabeul et les carrières romaines d’El Haouaria illustrent l’histoire antique de la région. La succession de dominations carthaginoise, romaine et musulmane, suivie par les attaques normandes et espagnoles, a laissé un patrimoine architectural et culturel riche, complété par les forts et forteresses disséminés le long du littoral, dont le fort de Kélibia reste le plus impressionnant.

Les plages et stations balnéaires, de Nabeul à Korbous, font partie intégrante de l’attrait touristique. Les eaux cristallines, les hôtels de qualité et les activités nautiques en font une destination estivale prisée. Korbous, réputée pour ses sources chaudes et ses criques rocheuses, combine bien-être et nature, tandis que la corniche d’El Haouaria et les promenades côtières invitent à la détente et à l’observation de paysages marins préservés. Les marchés agricoles, notamment le marché de Nabeul, permettent de goûter aux produits locaux : fruits, légumes, poissons et épices témoignent de la richesse fertile de la région.

Enfin, le Cap Bon, parfois appelé Rass Adar ou « beau promontoire », possède un héritage historique récent avec la capitulation de l’Afrikakorps en 1943, un événement majeur de la Seconde Guerre mondiale. La péninsule, qui ferme le golfe de Tunis et ouvre le canal du Cap Bon, demeure un concentré de paysages, de patrimoine et d’histoire. De ses montagnes aux plages, des villes comme Grombalia, Korba, Dar Allouch, Hammam Ghezèze, Menzel Bouzelfa, Béni Khalled, Bou Argoub, Menzel Temime, Soliman jusqu’aux sites archéologiques et naturels, le Cap Bon incarne la diversité et l’authenticité de la Tunisie méditerranéenne.

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D 14. Carthage (Nord du pays)

Carthage, située au nord-est de Tunis, est l’une des villes les plus emblématiques de Tunisie, riche d’une histoire millénaire. Ancienne cité punique connue sous le nom de Qart Hadasht, elle fut le berceau de la civilisation carthaginoise avant d’être détruite puis reconstruite par les Romains, qui en firent la capitale de la province d’Afrique proconsulaire. Aujourd’hui, Carthage est une municipalité huppée du Grand Tunis, accueillant, de nombreuses résidences diplomatiques ainsi que des fortunes tunisiennes et expatriées. La ville conserve également un patrimoine archéologique remarquable, comprenant des vestiges puniques et romains, inscrits au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1979, qui témoignent de son rôle stratégique et culturel dans l’histoire méditerranéenne.

La ville compte environ 17 010 habitants et abrite des institutions prestigieuses telles que l’université de Carthage et l’académie tunisienne des sciences, des lettres et des arts. L’aéroport international de Tunis-Carthage est situé à quelques kilomètres à l’ouest, facilitant l’accès à cette ville historique. La cité moderne se distingue par l’implantation d’édifices religieux contemporains, comme la mosquée Mâlik ibn Anas, érigée sur la colline de l’Odéon. Inaugurée en 2003, elle peut accueillir plus de 1 000 fidèles et son minaret s’élève à 55 mètres, surplombant un vaste espace de prière et un site de trois hectares.

La cathédrale Saint-Louis de Carthage, ancienne cathédrale catholique construite entre 1884 et 1890, est située au sommet de la colline de Byrsa et constitue un édifice byzantino-mauresque de style croix latine. Son architecture impressionne par ses deux tours carrées et ses vitraux décorés d’arabesques. Ancien séminaire des pères blancs et primatiale d’Afrique, elle symbolise le rôle religieux et historique de Carthage. Aujourd’hui désaffectée pour le culte, elle est utilisée comme espace culturel sous le nom d’Acropolium, accueillant concerts et expositions, et constitue un lieu de mémoire et de patrimoine majeur au cœur de la ville.

Sur la colline, le musée national de Carthage, installé dans les anciens locaux des pères blancs, abrite des collections majeures provenant des fouilles depuis le XIXe siècle. Les visiteurs peuvent y découvrir des mosaïques, des objets punico-romains, des sculptures, des sarcophages, et apprécier l’ampleur et la richesse architecturale de la ville antique.

Hors du site archéologique, le musée océanographique de Salammbô présente une collection de faune marine et fossile, construite en 1924, qui rappelle le rôle maritime de Carthage. Le cimetière et mémorial américain, situé au nord de la ville, commémore 2 841 soldats tombés en Afrique du Nord pendant la Seconde Guerre mondiale, avec des cartes et monuments illustrant les campagnes militaires.

Enfin, le palais présidentiel, visible depuis les hauteurs des thermes d’Antonin et de certains points du site archéologique, symbolise la Carthage contemporaine.

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D 15. Site archéologique de Carthage (Nord du pays)

Le site archéologique de Carthage, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1979, s’étend sur plusieurs zones de la ville actuelle et offre un témoignage exceptionnel de l’histoire antique méditerranéenne. Fondée, selon la tradition, par Didon ou Élyssa en 814 avant Jésus-Christ, la cité phénicienne et punique s’est imposée rapidement comme un carrefour commercial et culturel, avant d’être détruite lors du siège romain de 149-146 avant Jésus-Christ.

La colline de Byrsa domine encore le site et concentre de nombreux vestiges, marquant le centre politique et religieux de l’ancienne cité. La silhouette massive de la cathédrale Saint-Louis rappelle la mémoire de la huitième croisade, tandis que les fondations du quartier punique de Byrsa révèlent l’organisation urbaine et la richesse des habitants.

Le quartier de Byrsa permet de comprendre l’habitat typique punique, avec ses magasins sur rue, ses cours et puits, et ses sols pavés de mosaïques dites pavimenta punica. Les rues orthogonales et les escaliers témoignent de la planification complexe et de la volonté politique qui animaient la ville. Non loin de là, le quartier Magon, fouillé par des archéologues allemands, offre un aperçu complémentaire de l’urbanisme punique, avec ses remparts, ses villas à péristyle et sa grande rue menant à la « porte marine ». Les vestiges des colonnes et des murs supérieurs de la muraille y rappellent la grandeur passée de la cité, difficile à restituer pour les non-spécialistes.

Pour visiter les ruines de Carthage, il est possible d’acheter un billet multi-sites au prix de 10 TND (Tarifs en vigueur en novembre 2025), donnant accès à huit sites historiques majeurs : l’amphithéâtre, les villas romaines, le théâtre romain, le musée paléochrétien, le musée de Carthage, le Tophet de Salambo, les thermes d’Antonin et le district de Magon. Ce billet offre une formule pratique pour explorer l’ensemble du site, bien que le visiter entièrement en une seule journée représente un véritable défi. L’entrée est gratuite le premier dimanche de chaque mois ainsi que lors des jours fériés religieux et nationaux, permettant de profiter du patrimoine à moindre coût.

Les horaires de visite varient selon la saison : du 16 septembre au 30 avril, les sites sont ouverts de 8h30 à 15h00, tandis que du 1er mai au 15 septembre, l’accès se fait de 8h00 à 18h00. Il convient de noter que la signalétique est souvent limitée, seuls quelques sites disposant de panneaux explicatifs en anglais, tandis que d’autres, comme les musées, en manquent presque totalement. Certains lieux peuvent être fermés et la plupart des panneaux sont au mieux imprécis, rendant la visite plus enrichissante lorsqu’elle est accompagnée d’un guide ou d’un support explicatif.

Les vestiges des villas romaines, situés près du théâtre, regroupés dans le parc Odeon Hill constituent un témoignage précieux de l’époque impériale. Le site conserve également la basilique de Damous El Karita et un monument circulaire, dont la fonction reste discutée, ainsi que la construction voûtée de Kobba Bent el Rey, datée du IVe siècle, remarquable par sa conservation et son rôle résidentiel supposé.

Le site se compose de plusieurs villas et d’un théâtre antique, chacun présentant un intérêt spécifique. La maison de la volière est sans doute la villa la mieux conservée : elle dévoile un portique à colonnes entourant une cour centrale pavée de mosaïques et offre une vue panoramique sur la baie de Tunis. Non loin se trouve la mosaïque de chevaux, datant du IVe ou Ve siècle, représentant chevaux, figures humaines et scènes de la vie quotidienne.

À proximité immédiate des villas, le théâtre romain de Carthage et l’Odéon de Carthage complètent le site. Le théâtre, construit au début du IIe siècle avant Jésus-Christ, était orné de statues, dont la statue d’Apollon aujourd’hui conservée au musée du Bardo, et joua un rôle central dans la vie culturelle de la cité. Restauré en 1967, il accueille désormais des spectacles, notamment dans le cadre du Festival international de Carthage.

L’Odéon, plus modeste, ne conserve que ses fondations et des galeries semi-circulaires, récemment mises au jour, révélant des traces de tombes préexistantes selon Tertullien.

Les nécropoles puniques révèlent l’ampleur de l’espace funéraire de Carthage, avec plus de 3 500 tombes identifiées sur les collines de Byrsa, Junon, Dermech, Douimès, ainsi que dans le parc des thermes d’Antonin et la colline de Sainte-Monique. Ces sépultures, souvent disposées en arc de cercle autour des quartiers d’habitation, offrent un aperçu unique de la civilisation punique, de ses pratiques funéraires et de la densité de la population.

La basilique byzantine de Dermech (Basilique byzantine de Dermech ), située rue de la Goulette  est quant à elle, une église à cinq nefs avec une abside datant du Ve ou VIe siècle. Se distinguent les vestiges de la base, un indice de l’abside et les bases des colonnes. À côté se trouve une autre basilique à trois nefs.

La maison du Cryptoportique, quant à elle, conserve encore son portique couvert et sert aujourd’hui d’espace de stockage pour de nombreuses mosaïques, bien que certaines soient poussiéreuses ou mal conservées.

Les thermes d’Antonin, édifiés entre 145 et 162, constituent l’ensemble thermal le plus vaste de Carthage. Leur édification et leur utilisation prolongée jusqu’au VIIe siècle témoignent de l’importance des infrastructures publiques dans la cité romaine. Les citernes reliées à ces thermes et à l’aqueduc de Zaghouan permettent de mesurer l’ingéniosité hydraulique romaine et la capacité d’approvisionnement en eau, essentielle pour la population et les bains publics.

L’amphithéâtre et le cirque de Carthage complètent l’image des loisirs et spectacles de la cité romaine. L’amphithéâtre, d’une capacité estimée à 30 000 spectateurs, est associé à la mémoire des martyrs chrétiens, tandis que le cirque, dont il ne subsiste que des dépressions, illustre l’organisation des courses et des jeux. Les fouilles ont permis de retrouver des traces d’occupation tardive et d’analyses sur les conditions de vie des habitants.

L’édifice à colonnes, situé sur la colline de Junon, conserve des colonnes corinthiennes et un sol pavé de mosaïques. Son usage précis reste débattu, oscillant entre fonction civile ou religieuse, et témoigne des transformations de l’espace à l’époque byzantine.

Les vestiges religieux de Carthage sont également représentés par le tophet de Salammbô, lieu funéraire et votif où furent déposées des urnes, et les basiliques de l’Antiquité tardive, comme la basilique de Douimès, de Saint-Cyprien, et la basilique Majorum, qui traduisent l’implantation du christianisme et des pratiques cultuelles dans la cité.

Enfin, les infrastructures et ports de Carthage, dont le port militaire, le port marchand, et l’îlot de l’amirauté, complètent la compréhension de la ville. Ces aménagements, associés aux citernes de La Malga et à l’aqueduc de Zaghouan, révèlent le génie technique des Carthaginois, tant pour le commerce maritime que pour l’approvisionnement en eau.

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D 16. Sidi Bou Saïd (Nord du pays)

Perché à 130 mètres au-dessus du golfe de Tunis, Sidi Bou Saïd domine Carthage depuis son éperon rocheux et séduit immédiatement par l’harmonie de ses maisons blanches et de leurs volets bleus. Ce village de 5 911 habitants, proposé en 2024 pour un futur classement Unesco doit son nom au Saint Sidi Bou Saïd, dont la présence spirituelle imprègne encore l’atmosphère du lieu. Ses ruelles escarpées, ses panoramas sur la Méditerranée et son architecture mêlant héritages arabes et andalous en font l’un des sites les plus emblématiques du pays.

Le cœur culturel du village se découvre à travers l’Ennejma Ezzahra, ancien palais du baron Rodolphe d’Erlanger, aujourd’hui l’un des plus beaux musées de Tunisie. Ce lieu exceptionnel, au décor raffiné et aux jardins luxuriants, accueille également le centre des musiques arabes et méditerranéennes. Plus loin, la maison familiale Dar El Annabi, véritable demeure traditionnelle aux cinquante pièces, dévoile patios, meubles anciens, objets arabo-musulmans et reconstitutions d’intérieurs, rappelant la vie bourgeoise des XVIIIe et XIXe siècles.

Les ruelles du village regroupent également de nombreuses autres demeures d’intérêt historique, comme Dar Ismaïlia, offerte autrefois par Hammouda Pacha, ou encore le palais Naceur Bey, résidence estivale agrandie pour répondre aux exigences de la cour beylicale. À leurs côtés se succèdent de vastes maisons traditionnelles devenues résidences principales : Dar Essid, Dar Dellagi, Dar Thameur, Dar Mohsen, Dar Toumi, Dar Sfar, Dar Senoussi, Dar Chérif, Dar Bahri, Dar Lasram, Dar Khalsi, Dar Laroussi, Dar Arif, Dar Pace, Dar Messadek, autant de demeures illustrant l’élégance discrète du village.

La découverte du Sidi Bou Saïd du XXe siècle se renforce au travers de multiples autres demeures : Dar de Bochere, Dar Ben Miled, Dar Martin, Dar Ben Abdallah et Dar Gherab dite aussi Dar Zembra, ou Dar Trabelsi, édifiées souvent en réutilisant des matériaux anciens ou en s’inspirant des palais de la médina de Tunis.

Cette vitalité culturelle se manifeste aussi à travers les galeries et ateliers qui ponctuent les ruelles. L’ancienne galerie municipale de Dar Lasram, autrefois écuries puis musée du baron d’Erlanger, est aujourd’hui un espace d’exposition animé. D’autres lieux artistiques comme la galerie Ammar-Farhat, la galerie Azzedine Alaïa ou la galerie Cherif Fine Art participent au dynamisme créatif du village.

La dimension authentique du village se retrouve également dans ses cafés, véritables institutions tunisoises. Le café des Nattes, autrefois entrée de la mosquée, reste l’un des lieux les plus fréquentés. Le café du Nadhour accueille ceux venus écouter les conteurs traditionnels, tandis que le café de Sidi Chaabane, popularisé par la chanteur Patrick Bruel sous le nom de café des Délices, offre une vue spectaculaire sur le golfe de Tunis. Le café de la place du village et l’Art-Café complètent cette atmosphère conviviale, où habitants et visiteurs se retrouvent à l’ombre des jasmins et des bougainvilliers.

En contrebas, un sentier mène au port de plaisance, petite plage appréciée des locaux, dont le port accueille aujourd’hui plusieurs centaines d’anneaux. Autrefois occupé par des maisons à pilotis, ce site a été réaménagé en 1963 et constitue désormais une halte paisible pour contempler les yachts et profiter d’une baignade discrète. La promenade qui remonte vers le village offre une vue splendide sur la mer, surtout lorsque la lumière du soir enveloppe les façades blanches du village.

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D 17. La Goulette (Nord du pays)

Située sur la côte méditerranéenne à une dizaine de kilomètres du centre de Tunis, La Goulette constitue le principal port maritime de la capitale et l’une des villes les plus cosmopolites du pays. Son nom, Halq al-Wad, signifie « gorge du canal », en référence au passage maritime entre le lac de Tunis et la mer. Avec ses 45 711 habitants, la ville est un carrefour commercial, touristique et culturel, symbole d’un brassage historique mêlant influences ottomanes, italiennes, andalouses et françaises.

Au cœur de la ville se dresse le fort de La Goulette, également appelé El Karraka, monument imposant datant du XVe siècle et restauré à plusieurs reprises. Construit en 1535 par Charles Ier d’Espagne avant d’être repris par les Ottomans en 1574, il témoigne des rivalités navales et militaires qui ont marqué cette zone stratégique. Les vestiges des fortifications hispano-turques rappellent l’importance du passage maritime reliant la capitale au large, autrefois essentiel dans la défense du pays.

La ville est aussi célèbre pour sa longue plage de La Goulette, animée l’été par des restaurants, cafés et activités nautiques. Le front de mer accueille chaque année le festival Méditerranéen de La Goulette, événement culturel populaire qui redonne vie au fort historique. Ce mélange entre patrimoine militaire, animation estivale et ambiance portuaire fait de la ville une étape appréciée des habitants de Tunis comme des voyageurs arrivant en ferry.

Au-delà de son rôle touristique, La Goulette demeure l’un des ports les plus importants de Tunisie. Il y reçoit des navires de croisière et des ferries internationaux, mais également des cargaisons de voitures, de céréales ou de marchandises diverses. Bien que les autorités envisagent une spécialisation progressive du port vers le trafic de passagers et de touristes, il reste aujourd’hui un pilier central des importations et exportations du pays.

Les visiteurs peuvent également découvrir des lieux culturels remarquables, tels que le palais Kheireddine, exemple d’architecture raffinée et de patrimoine ottoman, ou la mosquée Bilel, l’un des édifices religieux les plus visités de la ville. L’atmosphère y est marquée par la coexistence ancienne de différentes communautés méditerranéennes qui ont façonné l’identité unique de La Goulette.

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D 18. Les Aiguilles de Tabarka (Nord du pays)

Les Aiguilles de Tabarka constituent l’une des merveilles naturelles les plus spectaculaires du nord-ouest tunisien. Situées à l’extrême pointe de Tabarka, non loin de la frontière algérienne, elles forment un ensemble de pitons rocheux élancés qui dominent le littoral. Leur silhouette rougeâtre s’impose dans le paysage comme un décor minéral d’une grande élégance, façonné au fil des millénaires par les forces naturelles qui sculptent sans relâche cette portion de côte.

Ces aiguilles correspondent à une succession de barres gréseuses dressées à la verticale, séparées par des combes argileuses plus tendres. Certaines atteignent 25 mètres de hauteur, formant des falaises abruptes aux formes étranges. L’érosion, combinant l’action de la pluie, des vents marins et des tempêtes, a creusé des arches et des passages naturels que les visiteurs empruntent grâce à un sentier sinueux longeant la mer. Ces reliefs, composés de grès oligocène riches en fer, prennent sous le soleil des couleurs flamboyantes qui varient du rouge profond à l’ocre doré.

Le site se distingue par sa tranquillité et sa facilité d’accès : deux minutes en voiture suffisent pour rejoindre le petit parking aménagé, d’où s’admire immédiatement ce panorama grandiose.

Sur le plan géologique, les aiguilles représentent l’un des meilleurs exemples d’érosion différentielle de Tunisie. Elles s’étendent sur plus de 6 kilomètres, depuis l’ancien port de Tabarka jusqu’au poste frontalier de Malloula, dessinant l’ossature même du littoral local.

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D 19. Les Bassins des Aghlabides (Nord du pays)

Les bassins des Aghlabides constituent l’un des plus grands témoins de l’ingéniosité hydraulique médiévale. Situés juste à l’extérieur des remparts de Kairouan, ils furent construits au IXe siècle sous la dynastie aghlabide afin d’assurer un approvisionnement en eau constant pour une ville en pleine expansion. Conçus dès 860 sous l’émir Abu Ibrahim Ahmed, ils sont aujourd’hui l’un des monuments les plus emblématiques du patrimoine islamique tunisien.

L’ampleur du système impressionne encore : plus de 11 000 m² de surface, un réseau complexe de canaux, de citernes et deux grands bassins permettant d’emmagasiner jusqu’à 68 800 m³ d’eau. L’eau provenait à l’origine des pluies et des affluents, avant que la construction d’un aqueduc long de 40 kilomètres, depuis les sources de Cherichira, ne vienne renforcer l’alimentation du complexe. Le grand bassin polygonal, aux puissants contreforts, témoigne d’un sens aigu de l’ingénierie, combiné à un raffinement esthétique rare pour une structure utilitaire.

Autrefois, ces bassins n’étaient pas seulement destinés à la gestion de l’eau ; ils servaient également d’espace de détente pour les souverains. Au centre du grand bassin se dressait autrefois un kiosque reposant sur la colonne toujours visible aujourd’hui, ajoutant une touche de délicatesse au milieu de la masse imposante des réservoirs.

D 20. Les Grottes d’El Haouaria (Nord du pays)

À l’extrémité nord-est du Cap Bon, les grottes d’El Haouaria forment l’un des sites les plus surprenants de la région. Situées à seulement deux kilomètres du village d’El Haouaria, elles se nichent au bord de la mer, à proximité du véritable Cap Bon, ce promontoire pointé vers l’Europe.

Le site se présente sous forme d’une série de salles creusées dans la montagne, accessibles par des ouvertures étroites qui s’enfoncent en profondeur. Chaque excavation adopte une structure pyramidale, conférant aux lieux un aspect monumental et mystérieux. En surface, le sommet du promontoire porte encore les traces d’une exploitation aérienne, témoignant de l’importance stratégique du grès local dans les chantiers antiques.

Au-delà de leur dimension historique, les grottes d’El Haouaria séduisent par leur atmosphère mystérieuse et leur ancrage maritime. La lumière filtrant par les ouvertures, les jeux d’ombre sur les parois et le bruit de la mer toute proche composent une expérience immersive.

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D 21. Parc national Jebel Chitana (Nord du pays)

Le parc national Jebel Chitana situé au Cap Négro se déploie sur plus de 10 122 hectares le long du littoral nord tunisien, entre le Cap Serrat et le barrage de Sidi El Barrak. Il englobe deux massifs forestiers majeurs : Jebel Chitana, relevant de la région de Bizerte, et Bellif, associé à la région de Béja. Ce vaste ensemble naturel protège une mosaïque d’écosystèmes rares, parmi lesquels la tourbière de Mejen Ech Chitan et la forêt de Mhibès, véritables refuges pour la biodiversité locale.

Le parc se situe dans un étage bioclimatique humide à hiver doux, ce qui favorise une flore luxuriante où se distinguent notamment le nénuphar blanc, espèce fragile et emblématique des zones humides. La faune n’est pas en reste, avec la présence du cerf de Barbarie, l’un des animaux les plus rares du pays. Le massif forestier, la proximité du barrage et la richesse des milieux naturels confèrent au parc une grande diversité de paysages et d’habitats.

Aujourd’hui, le parc national Jebel Chitana est l’un des espaces naturels les plus préservés du Nord tunisien. Ses forêts profondes, ses zones humides protégées et ses traditions rurales en font une destination incontournable pour les amateurs de nature, de calme et d’authenticité. Entre conservation écologique et valorisation du terroir, le parc incarne l’harmonie réussie entre nature, culture et savoir-faire traditionnel.

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D 22. Monastir (Nord du pays)

Monastir est l’une des cités les plus emblématiques du Sahel tunisien, une ville lumineuse située sur une presqu’île au bord du golfe d’Hammamet, où le bleu profond de la Méditerranée épouse de longues plages de sable doré. À environ 160 kilomètres de Tunis et à proximité immédiate de Sousse et Mahdia, elle se distingue par une douceur climatique, une mer turquoise et une atmosphère sereine qui séduisent voyageurs, familles et amateurs de culture. Cité ancienne aux racines phéniciennes et carrefour stratégique depuis des siècles, Monastir a su conserver un charme méditerranéen authentique, mêlant héritage historique, traditions vivantes et modernité. Son tissu urbain harmonieux, ses palmeraies, son littoral soigné et l’accueil chaleureux de ses habitants en font une destination incontournable du centre-est de la Tunisie.

Le symbole absolu de la ville reste son monumental Ribat de Monastir, l’une des plus impressionnantes forteresses islamiques du Maghreb, érigée dès 796 sous l’ordre du calife Hâroun ar-Rachîd. Par ses murailles crénelées, ses tours massives et son front de mer spectaculaire, il incarne toute la puissance militaire et spirituelle de la cité. L’intérieur, largement accessible, invite à l’exploration : galeries, cours, haute tour offrant des panoramas exceptionnels, salles anciennes. Le lieu a servi de décor à plusieurs films, dont La Vie de Brian, ce qui contribue encore à sa notoriété.

Le ribat abrite également le musée des arts islamiques de Monastir, où se découvrent des manuscrits enluminés, des textiles coptes et fatimides, des poteries abbassides, des pièces d’or et d’argent, ainsi qu’un astrolabe d’exception fabriqué à Cordoue en 927. À proximité se dévoile la grande mosquée de Monastir, construite au IXᵉ siècle puis agrandie au fil des siècles, un édifice harmonieux de pierre blonde qui s’inscrit dans la pure tradition architecturale du Sahel.

La dimension patrimoniale de Monastir se reflète également dans la présence de la Zaouïa de Sidi Mansour Ba Yazid, vénérée pour sa sérénité, et dans la structure urbaine de la médina, accessible notamment par les portes de Bab Brikcha et Bab Jedid, toutes deux chargées d’histoire. Un autre monument emblématique domine l’entrée sud de la ville : le mausolée d’Habib Bourguiba, édifice majestueux inauguré en 1963 et reconnaissable à son dôme doré et à ses deux minarets élancés. Il abrite la sépulture du père de l’indépendance tunisienne et s’inscrit dans un vaste ensemble funéraire. Non loin de là, le musée Habib Bourguiba, installé dans son ancienne résidence de Skanès, retrace la vie politique du premier président du pays, offrant une plongée dans l’histoire contemporaine de la Tunisie.

Le cœur vivant de Monastir s’anime autour de son littoral et de ses espaces portuaires. Le vieux port El Kahlia charme par sa situation exceptionnelle, ses vues panoramiques et son atmosphère tranquille, tandis que la marina attire visiteurs et plaisanciers grâce à ses grands yachts, ses cafés en terrasse, ses restaurants flottants et ses promenades au bord de l’eau. Les plages voisines, dont la plage d’Al Qurayyah, dévoilent un cadre radieux pour se détendre ou pratiquer les sports nautiques. La ville, réputée pour son ambiance douce, propose une offre hôtelière variée, de la zone touristique de Skanès aux hôtels du centre-ville, parfaitement adaptés aux voyageurs souhaitant profiter à la fois de la mer, de la culture et de la commodité des déplacements.

Dans le domaine artistique et culturel, Monastir se distingue par une tradition ancienne et vivante. Le musée des arts et traditions populaires présente de riches collections de costumes nuptiaux, textiles traditionnels, parures et objets domestiques en cuivre ou en tissage. Le centre culturel de Monastir, fondé en 2000, accueille expositions, concerts et ateliers, et constitue l’un des pôles majeurs de la vie culturelle locale. Le festival d’été de Monastir, organisé au sein même du ribat, transforme la forteresse en scène géante, où se succèdent spectacles musicaux, théâtraux et cinématographiques dans un décor unique. La ville compte également l’Union des écrivains monastiriens, structure active qui anime rencontres littéraires et événements artistiques.

Les environs immédiats offrent un riche complément de découvertes. À une dizaine de kilomètres au sud, la ville de Lamta, bâtie sur l’ancienne Leptiminus fondée par les Phéniciens, abrite le musée archéologique de Lamta, où subsistent les rares vestiges de cette cité antique. S’y découvrent mosaïques, céramiques et objets témoignant du passé maritime de la région. Plus loin, le Ribat Lamta rappelle l’importance du littoral dans le système défensif médiéval. Dans la ville de Moknine, le musée archéologique de Moknine expose une sélection de pièces romaines, byzantines et islamiques, confirmant le rôle historique du Sahel tunisien. À l’est, l’île de Ghdamsi conserve quant à elle les ruines antiques d’un ancien site maritime, vestiges silencieux d’un passé millénaire.

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D 23. Sousse (Nord du pays)

Sousse, l’une des villes les plus emblématiques du littoral tunisien, s’étend sur le golfe d’Hammamet où se mêlent une mer turquoise, des plages lumineuses et un patrimoine historique d’une rare profondeur. Connue autrefois sous le nom d’Hadrumète, fondée par les Phéniciens puis romanisée avant d’être transformée par la civilisation arabo-musulmane, la ville a conservé un caractère méditerranéen fort qui séduit autant les visiteurs que les habitants.

Sa médina parfaitement intacte, inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco, rappelle l’importance stratégique que Sousse occupait durant l’époque aghlabide, tandis que ses avenues modernes, son université et ses infrastructures touristiques témoignent d’une cité résolument tournée vers l’avenir. Aujourd’hui encore, Sousse attire une clientèle internationale variée, notamment grâce à son climat agréable, sa douceur de vivre et sa large palette d’expériences allant de la culture au balnéaire.

Le cœur historique de Sousse réside dans sa médina, un ensemble fortifié parfaitement préservé, entouré de remparts de pierre dorée qui dominent la mer. Ce quartier fascinant, animé de ruelles sinueuses et de souks parfumés, constitue l’espace le plus authentique de la ville. S’y trouvent quelques-uns des monuments les plus représentatifs de l’architecture musulmane ancienne, comme la grande mosquée, dont la sobriété austère et l’élégance épurée reflètent l’art aghlabide, ou le ribat, impressionnante forteresse religieuse dont la tour de guet offre l’un des plus beaux panoramas sur Sousse et la côte. La Casbah, perchée à l’extrémité sud-ouest de la médina, abrite le musée archéologique, qui présente l’une des plus belles collections de mosaïques romaines du pays, complément indispensable à la découverte de la ville antique qui se trouvait autrefois sur ce territoire.

En parcourant la médina, le visiteur découvre également des lieux de culte plus discrets mais tout aussi intéressants, comme la mosquée Bou Ftetah, la médersa El Zaqqaq, le minaret Al Zaqqaq, ainsi que les édifices chrétiens tels que l’église Saint-Félix, témoins des différentes communautés qui ont cohabité dans la ville. À ces monuments s’ajoute un site souterrain exceptionnel : les catacombes de Sousse, une immense nécropole chrétienne creusée entre le Ier et le IVe siècle, dont plusieurs kilomètres de galeries ont été identifiés. Elles demeurent l’un des témoignages les plus marquants de la présence chrétienne dans l’antiquité tardive. Dans un registre plus domestique, le musée Dar Essid, installé dans une somptueuse demeure traditionnelle, offre un regard rare sur l’art de vivre d’une famille tunisienne aisée, avec ses salons anciens, son patio parfaitement restauré et sa tour d’observation d’où l’on admire la médina.

Au-delà des monuments, la médina est également le royaume du commerce traditionnel. Ses souks, organisés par catégories comme autrefois, regorgent de tapis, de cuir, de céramiques, d’objets décoratifs et de vêtements. Les vendeurs y parlent souvent plusieurs langues, facilitant les échanges avec les visiteurs. Le marchandage fait partie intégrante de l’expérience, même si ceux qui préfèrent les prix fixes peuvent se rendre au centre Soula, situé à l’extérieur des remparts, où l’on compare tranquillement les tarifs avant de retourner négocier dans les ruelles. La médina étant riche en contrefaçons, l’essentiel reste de profiter de l’ambiance conviviale et de l’énergie du lieu. Se perdre volontairement dans le labyrinthe de ruelles demeure l’une des plus belles manières d’en ressentir l’âme, notamment dans la partie ouest, plus calme et résidentielle.

A l’extérieur du centre historique, Sousse révèle le visage d’une ville balnéaire moderne et chaleureuse. Le front de mer longe une longue plage animée où se succèdent hôtels, cafés, clubs et restaurants, donnant à la ville une atmosphère de vacances permanente. Les familles se promènent autour des bateaux de pêche du port, tandis que les amateurs d’activités nautiques embarquent pour des croisières dans des bateaux thématiques ou pour des séances de plongée. La promenade côtière s’étire vers le nord jusqu’à Port El Kantaoui, l’une des plus importantes stations touristiques du pays, construite dans les années 1970. Ce port de plaisance, conçu comme un village andalou aux façades blanches, rassemble hôtels de standing, ruelles élégantes, centres commerciaux, restaurants et un terrain de golf réputé, constituant un pôle touristique à part entière.

La ville moderne de Sousse, qui entoure la médina, s’organise en avenues rectilignes bordées de palmiers, mêlant commerces, cafés tunisiens, restaurants et immeubles récents. Son ambiance diffère sensiblement de celle du cœur historique : la vie quotidienne se ressent davantage à travers les marchés, les quartiers résidentiels, les artères commerçantes et les espaces de détente. La ville est divisée en plusieurs arrondissements : Médina, Riadh, Sousse Nord et Sousse Sud, chacun présentant une atmosphère propre. La présence d’une université dynamique renforce encore le caractère vivant de cette cité qui ne se réduit pas à son attrait touristique. Les soirées sont animées, surtout en été, lorsque les visiteurs rejoignent les habitants dans les cafés du front de mer pour profiter de la brise marine.

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D 24. Tunis (Nord du pays)

Forte de 693 910 habitants, Tunis s’impose comme une capitale à la fois historique, méditerranéenne et profondément vivante, étirée entre son golfe, son lac, le port de La Goulette et les collines qui encadrent son expansion.

La découverte commence généralement dans la médina de Tunis, labyrinthe historique structuré en quartiers anciens, ruelles couvertes et souks spécialisés. Cette partie de la ville, qui s’explore uniquement à pied, abrite des trésors d’architecture domestique, des maisons aux patios ornés, et un ensemble islamique prestigieux dominé par la grande mosquée Zitouna, monument central dont les visiteurs non-musulmans ne peuvent admirer que la cour depuis une plateforme. Autour d’elle prennent place plusieurs édifices majeurs comme la mosquée Sidi Youssef Dey, reconnaissable à son minaret octogonal et à son mausolée de marbre, la médersa El Bachia, ancienne école coranique devenue centre d’artisanat, ainsi que les portes historiques Bab El Bahr et Bab Saadoun, témoins des anciennes limites urbaines.

À mesure que le visiteur s’enfonce dans les ruelles, la médina dévoile des sites plus intimistes mais essentiels à la spiritualité locale : le mausolée Sidi Abdallah Cherif, le mausolée Sidi Abdelkader, le mausolée Sidi Ali Azouz, le mausolée Sidi Ben Arous ou encore la vaste Zaouïa Sidi Mahrez, qui donne son nom à tout un quartier au nord de l’enceinte ancienne. Ces lieux, souvent sobres en façade, occupent un rôle important dans l’histoire soufie de Tunis. L’exploration s’étend également à des espaces civils prestigieux comme le Tourbet el-Bey, vaste mausolée où furent enterrés princes et dignitaires, ainsi qu’à plusieurs résidences ottomanes transformées en musées, dont la remarquable demeure du XVIIIe siècle Dar Ben Abdallah, consacrée au patrimoine traditionnel.

Au centre historique, la médina constitue un ensemble cohérent formé de palais, demeures traditionnelles, fondouks, administrations et lieux religieux. Parmi les édifices les plus remarquables figurent Dar Othman, Dar Hussein, Dar Cherif ou encore les palais de La Marsa, du Bardo et de Ksar Saïd. La densité du bâti, l’entrelacement des ruelles et le système des cours intérieures créent une atmosphère où la frontière entre privé et public demeure ténue.

Les madrasas et les zaouïas jouent un rôle spirituel et éducatif essentiel dans la médina. Parmi ces fondations se trouvent la madrasa El Bachia, la madrasa Slimania, la madrasa El Achouria, la madrasa Bir El Ahjar et la madrasa Ennakhla, témoignant du rayonnement intellectuel de la ville à l’époque moderne. Les zaouïas, telles que les zaouïas Sidi Ali Azouz ou Sidi Abdel Kader, renforcent l’identité religieuse de la médina. S’y trouvent également les tourbets El Fellari et Aziza Othman, témoins des lignages aristocratiques et des familles mécènes ayant marqué l’histoire de Tunis.

En sortant par la porte de France, la Ville Nouvelle se déploie avec son axe majeur, l’avenue Habib Bourguiba, bordée de cafés historiques, d’enseignes modernes et de bâtiments coloniaux. Au centre se dresse la cathédrale Saint-Vincent-de-Paul, plus grande église de l’époque française, suivie plus au nord par la grande mosquée Al-Fateh, symbole de la présence contemporaine de l’islam dans la capitale moderne. La promenade mène naturellement vers la place du 14 janvier, où s’élève la tour de l’Horloge, aujourd’hui l’un des repères visuels les plus connus de la ville, avant de rejoindre l’imposant hôtel de ville, édifice conçu comme une synthèse d’architecture moderne et d’inspirations arabo-andalouses.

Au-delà de l’avenue principale, la dimension culturelle de Tunis se révèle dans ses grands établissements. Le plus célèbre demeure le musée national du Bardo, installé dans un ancien palais beylical et réputé pour ses mosaïques romaines parmi les plus vastes du monde. Ce musée expose également des collections couvrant l’histoire punique, romaine, byzantine et islamique du pays. Plus modeste mais tout aussi instructif, le musée du Patrimoine Traditionnel de Dar Ben Abdallah plonge le visiteur dans l’art de vivre d’une famille noble tunisienne, au fil de salles richement décorées de stucs, céramiques, broderies et meubles anciens.

Le centre moderne de Tunis poursuit son activité autour de lieux de sociabilité urbains tels que la place de la Victoire, située à l’entrée de la médina, ou l’animée avenue de France, bordée de boutiques, de restaurants et de bâtiments coloniaux. Le théâtre Municipal, joyau Art déco de la rue de Grèce, accueille concerts, opéras, ballets et spectacles, et demeure l’un des temples culturels les plus importants du pays. Non loin se trouve l’ancien bâtiment de la chambre des Conseillers, vestige institutionnel contemporain qui rappelle les évolutions politiques de la Tunisie moderne.

Les espaces verts de la capitale offrent une respiration bienvenue, en particulier le vaste parc du Belvédère, planté de palmiers, de pins et d’essences méditerranéennes. Ce parc abrite également le zoo municipal et le musée d’Art moderne, et permet depuis ses hauteurs d’admirer un panorama spectaculaire sur la ville et sur le lac de Tunis.

Aux portes de la capitale, la visite peut se prolonger vers les quartiers du littoral, notamment Carthage, ses vestiges puniques et romains, ses basiliques et ses thermes antiques, ou encore vers La Marsa et Sidi Bou Saïd, villages balnéaires connus pour leurs ruelles blanches et bleues, leurs cafés traditionnels et leurs points de vue sur la baie de Tunis. Ces espaces forment, avec la capitale, un ensemble urbain continu qui témoigne de l’histoire millénaire du pays et de la diversité de ses paysages.

Plus loin encore, l’excursion vers Uthina, ancienne cité romano-berbère située au sud-est de Tunis, permet de découvrir un site archéologique d’importance comprenant un amphithéâtre, un théâtre, des citernes, une forteresse, un pont antique et des mosaïques remarquablement conservées. Ce site constitue l’une des visites les plus intéressantes autour de la capitale pour comprendre le passé romain de la région.

Tunis se découvre aussi dans le rythme de ses marchés, dans ses souks spécialisés où l’on marchande cuir, épices, bijoux ou tissus, mais aussi dans ses espaces de détente comme les hammams traditionnels, souvent situés près des mosquées. La promenade dans la capitale, entre médina médiévale, vestiges antiques, grands musées et avenues modernes, offre ainsi un panorama complet d’une ville où se superposent toutes les époques, toutes les influences et une vie quotidienne animée, chaleureuse et profondément méditerranéenne.

Le souk En Nhas, réputé pour ses objets en cuivre, demeure l’un des plus anciens et des plus emblématiques de la capitale. Au nord de la mosquée Al-Zaytuna, le souk El Attarine, célèbre pour ses parfums et essences, constitue l’un des plus raffinés de la médina. Il mène au souk Ech-Chaouachine, spécialisé dans la fabrication des chéchias et géré historiquement par des familles andalouses.

À proximité se trouvent le souk El Kmach, dédié aux tissus, et le souk El Berka, abritant brodeurs et bijoutiers et autrefois centre du marché aux esclaves. De ce dernier se prolonge le souk El Leffa, où s’empilent tapis et couvertures, suivi du souk Es Sarragine, spécialisé dans le cuir. Les souks périphériques : Et Trouk, El Blat, El Blaghgia, El Kébabgia, En Nhas, Es Sabbaghine et El Grana complètent cet ensemble hautement structuré et historiquement lié à des familles juives commerçantes.

Au fil de son expansion vers l’est, Tunis a vu émerger une ville moderne articulée autour de l’avenue Habib-Bourguiba, conçue dans une logique monumentale rappelant les grands boulevards européens. Cette artère, bordée de cafés, d’hôtels et de lieux culturels, structure encore aujourd’hui l’organisation du centre. Au sud de cette grande artère se trouve l’ancien quartier de la Petite Sicile, témoin de l’immigration italienne et aujourd’hui intégré dans un vaste programme d’aménagement prévoyant l’édification de deux tours jumelles. Au nord, les extensions plus résidentielles et administratives ont permis la formation de nouveaux quartiers qui se sont progressivement articulés autour de cette colonne vertébrale urbaine.

Plus au nord de l’avenue Habib-Bourguiba, le quartier de La Fayette se distingue par la présence de la grande synagogue de Tunis, édifice majeur du judaïsme tunisien, ainsi que des jardins Habib-Thameur, aménagés sur l’emplacement d’un ancien cimetière juif. L’avenue Mohammed-V, qui s’étire vers le boulevard du 7-Novembre, traverse le quartier des grandes banques, jalonné d’hôtels, de sièges d’entreprise et du lac Abou Nawas, avant de déboucher sur le quartier du Belvédère, organisé autour de la place Pasteur. Plus au nord, les quartiers de Mutuelleville abritent plusieurs ambassades, le lycée français Pierre-Mendès-France et l’hôtel Sheraton, témoignant du caractère résidentiel et diplomatique de ces hauteurs urbaines.

Au-delà du parc du Belvédère se succèdent les quartiers modernes d’El Menzah et d’El Manar, qui grimpent jusqu’aux collines dominant le nord de Tunis. Ils concentrent de nombreux immeubles résidentiels, centres commerciaux et infrastructures médicales et administratives. À l’ouest du parc s’étend le quartier d’El Omrane, qui renferme le principal cimetière musulman de la ville ainsi que des installations liées aux transports publics. En se dirigeant vers l’est, l’aéroport international de Tunis-Carthage et les quartiers du Borgel, connus pour les cimetières juif et chrétien, ouvrent la voie vers Montplaisir, aujourd’hui pôle d’affaires et de services. Plus loin, sur la route de La Marsa, le quartier des Berges du Lac accueille entreprises, ambassades et espaces commerciaux.

La croissance de Tunis s’est accompagnée de la construction de puissantes murailles percées de portes stratégiques. Les anciennes portes incluent Bab El-Jazeera, Bab Cartagena, Bab Souika et Bab Menara, tandis que l’expansion hafside a ajouté Bab El Khadra, Bab El Allouj, Bab Sidi Abdallah Cherif, Bab El Fellah et Bab Alioua. Sous l’Empire ottoman, de nouvelles portes, telles que Bab Laassal, Bab Sidi Abdesselam, Bab El Gorjani et Sidi Kacem, sont venues renforcer l’ensemble. Certaines subsistent encore, marquant profondément le paysage historique.

Les espaces verts, nombreux et variés, complètent l’organisation urbaine de Tunis. Le jardin Habib-Thameur, avec son bassin central, et le jardin Gorjani, conçu dans un style anglais, offrent d’autres respirations au cœur de la ville. Enfin, Dar Maâkal Az-Zaïm abrite le musée du Mouvement national, consacré à la lutte pour l’indépendance, tandis que le musée militaire national, ouvert en 1989, expose une collection exceptionnelle de 23 000 armes retraçant l’histoire militaire moderne de la Tunisie.

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D 25. Hammamet (Nord du pays)

Hammamet, ville balnéaire majeure du nord tunisien, se distingue par ses plages remarquables et par une atmosphère marine qui attire chaque année une population qui peut quadrupler en été. La réputation de ses jardins, sa tradition artisanale liée au jasmin, la notoriété de la station Yasmine Hammamet, l’étendue de son littoral et la douceur de son climat en font l’une des premières destinations du pays.

La ville ancienne, fondée il y a près de cinq siècles, a conservé son urbanisme traditionnel : habitations de plain-pied, cyprès servant de repère architectural, panoramas dégagés sur la mer et un mélange d’histoire, de villégiature et de vie quotidienne. Dans son noyau historique, la médina de Hammamet, la kasbah, la place des Martyrs, l’avenue Habib-Bourguiba, l’avenue de la République, les souks et les quartiers traditionnels maintiennent un charme ancien toujours vivant, complété par les infrastructures plus modernes situées à l’extérieur des remparts.

Le littoral constitue l’un des pôles majeurs, notamment la vaste plage d’Hammamet Sud, réputée pour la clarté étonnante de son eau et l’offre importante de sports nautiques : jet-ski, parachute ascensionnel, balades à dos de chameau, bouées tractées, farniente et baignades dans une eau turquoise.

À proximité, la station touristique de Yasmine Hammamet concentre un ensemble impressionnant d’infrastructures : hôtels 5 étoiles et 4 étoiles en grand nombre, centres commerciaux, promenade de 1,5 kilomètres, casinos, centres de thalassothérapie, esplanades, espaces verts et une reconstitution de médina baptisée Medina Mediterranea, comportant ses souks, ses remparts, un centre de conférences et le parc d’attractions Carthage Land. Cette partie moderne constitue l’un des pôles les plus fréquentés du pays et un modèle d’aménagement touristique pour l’ensemble du Cap Bon.

L’aspect historique et culturel de la région demeure visible dans les vestiges qui jalonnent les abords de la ville. Au sud, le site antique de Pupput rappelle la présence romaine grâce à ses restes de villas, mosaïques et structures anciennes, même si une grande partie du site est aujourd’hui recouverte par les complexes touristiques contemporains.

À l’ouest, un site militaire insolite : le champ de bataille de la Seconde Guerre mondiale et ses chars abandonnés offre un décor inattendu accessible par un chemin difficile, emprunté par certaines excursions en quad. Dans la ville-même, les repères culturels incluent le centre culturel international (Dar Sébastien), ancienne villa où se déroule chaque été le festival international de Hammamet, ainsi que des lieux architecturaux et institutionnels tels que la mosquée al Jabli, la mairie de Hammamet, le mémorial islamique et les ruelles de la médina.

La dimension maritime et économique est indissociable de l’identité d’Hammamet. La ville vit en grande partie du tourisme, moteur économique essentiel, et l’aménagement de ses zones littorales : Hammamet Nord, Hammamet Sud et Yasmine Hammamet en témoigne. Le front de mer, long de 1,5 km, s’intègre à un ensemble de promenades, jardins, hôtels modernes et complexes de loisirs. Malgré son développement rapide, Hammamet conserve une image de ville blanche et verte, où les cyprès, les bougainvilliers, le jasmin et les palmiers créent un décor largement prisé par les visiteurs.

Le centre ancien reste le cœur symbolique : la médina de Hammamet, minuscule carré de 200 mètres sur 200 mètres, est entourée de remparts et dominée par la kasbah datant du XVe siècle. La place des Martyrs, ornée d’un monument métallique évoquant la tour Eiffel, constitue le centre du Hammamet moderne et le point de départ des deux axes majeurs de circulation. Autour de la médina, les ruelles anciennes, les petites mosquées, les échoppes de souvenirs faits de jasmin, les terrasses de cafés, les bazars traditionnels et les portes typiques renforcent l’atmosphère méditerranéenne. La ville a également conservé des lieux culturels tels que le centre culturel international, installé dans la villa de George Sebastian, l’un des symboles de l’esthétique d’Hammamet. Ainsi qu’un beau château dans le port.

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D 26. Nabeul (Nord du pays)

Nabeul, située sur le Cap Bon, est l’une des villes les plus dynamiques de Tunisie, connue pour son artisanat, son agriculture, son industrie et son héritage historique. La ville s’organise autour d’un centre animé où se trouvent les souks, la médina, les ateliers traditionnels, les marchés et les principaux axes de circulation. Son histoire débute à l’époque punique puis romaine, comme en témoignent le site archéologique de Néapolis et la maison des Nymphes, importants témoignages de l’Antiquité, situés à deux kilomètres du centre. Le musée de Nabeul, voisin du site, abrite mosaïques romaines, statues puniques, objets antiques et collections diverses retraçant l’histoire du Cap Bon.

Le marché hebdomadaire du vendredi constitue l’un des événements majeurs de la vie locale. Il attire des visiteurs de tout le Cap Bon, venus profiter des étals de fruits, légumes, objets artisanaux, épices et produits traditionnels. Nabeul est également réputée pour son agriculture fondée sur les oranges, les olives, mais surtout les piments, utilisés pour fabriquer la célèbre harissa. La ville a développé une importante zone industrielle, principalement tournée vers la transformation agricole et vers l’artisanat exporté. Les rues sont animées par les boutiques, les ateliers et les échoppes proposant assiettes décorées, poteries, jarres, faïences, tapis, textiles et objets traditionnels.

Nabeul dont le centre est constitué d’une belle sculpture représentant une coupole contenant des fruits, est particulièrement connue pour la grande qualité de ses céramiques, résultat d’une tradition séculaire transmise dans les ateliers familiaux. La ville a su moderniser son savoir-faire grâce aux influences d’artisans et d’artistes tels que Jacob Chemla, Tessier ou Verclos, dont les recherches ont permis de renouveler les formes, les couleurs et les techniques. Les souks, cœur battant de la ville, comprennent les souks El Haddada, El Balgha, El Ihoud, Ezzit, chacun spécialisé dans des produits particuliers : forgerons, artisanat de chaussures, objets juifs traditionnels, huile d’olive, cuivre, cuir, broderies et vêtements. La médina est accessible par des portes anciennes, dont Bab Bled, Bab El Khoukha et Bab El Zaouia, marquant l’entrée dans son centre historique.

La production artisanale s’étend également aux nattes en jonc, aux objets en fibres naturelles, aux couffins, et à une spécialité unique en Tunisie : les poupées de sucre. Ces figurines colorées, réalisées grâce à des moules puis décorées avec des pigments naturels, sont confectionnées pour le Nouvel An musulman et pour les mariages. Cette tradition confère à la ville un patrimoine gastronomique et festif singulier. Les autres productions locales incluent les confiseries, les textiles, les boissons florales comme l’eau de rose, l’eau de fleur d’oranger et l’eau de menthe, encore largement utilisées dans la pâtisserie et les cérémonies.

L’histoire de Nabeul s’est renforcée à partir du IXe siècle avec la construction du Ksar Nabeul et de la grande mosquée. Plusieurs siècles plus tard, les Normands, puis d’autres groupes arabes et andalous ont contribué à façonner la structure urbaine de la ville, développant la médina et ses souks. La richesse agricole du Cap Bon a attiré de nombreux migrants venus de Djerba, de Kairouan ou d’Andalousie, apportant leurs techniques de culture, notamment dans les orangers et les oliviers.

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D 27. Kelibia (Nord du pays)

Ville côtière emblématique du Cap Bon, Kélibia séduit d’abord par son identité maritime profondément ancrée et par la douceur de ses paysages méditerranéens. Lovée à l’extrême nord-est de la Tunisie, elle est réputée pour ses plages lumineuses, parmi les plus belles du littoral tunisien, et pour son atmosphère paisible qui contraste avec l’animation de ses quartiers centraux. Cette cité de plus de soixante mille habitants mêle vestiges, traditions, héritage multiculturel et dynamisme contemporain. Le cœur de la ville se structure autour d’un littoral vif où se croisent pêcheurs, embarcations colorées et odeurs salines.

L’un des lieux les plus emblématiques demeure le port de pêche, considéré comme le quatrième port de pêche de Tunisie. Véritable théâtre quotidien de la vie kélibienne, il offre un spectacle vivant au lever comme au coucher du soleil, où les barques s’alignent, où se voient les grands projecteurs nocturnes attirer les bancs de sardines et de maquereaux, et où le quartier maritime se mêle à la colline dominée par le fort de Kélibia.

Au-dessus du port s’impose la silhouette massive du fort, monument phare de la région. Perché à 150 mètres d’altitude, il domine la mer et la ville, offrant une vue panoramique exceptionnelle. Cette citadelle, dont certaines parties remontent à l’époque romaine mais dont l’essentiel fut consolidé au XVIᵉ siècle, reflète la superposition des cultures. Son enceinte robuste, ses tours carrées et son accès protégé par une barbacane en font l’un des ouvrages militaires les plus remarquables du Cap Bon. À l’intérieur, les visiteurs découvrent une ancienne chapelle byzantine transformée en espace d’exposition ainsi que divers vestiges ottomans.

Juste en contrebas, l’ancienne église de la ville, aujourd’hui intégrée au complexe culturel, témoigne d’un autre pan du patrimoine historique. Ce lieu abrite un centre culturel ainsi qu’un cinéma, tandis que les fouilles opérées aux abords ont mis au jour une ancienne synagogue, révélant la présence d’une communauté juive jadis installée à Kélibia. Le sol mosaïqué découvert sur place constitue une pièce majeure confirmant la richesse et la diversité culturelle de la région.

Parmi les fiertés locales, le Muscat de Kélibia occupe une place de choix. Ce vin blanc, d’une fraîcheur fruitée, est considéré comme l’un des meilleurs du pays. Il accompagne l’identité gastronomique de la région, dominée par les produits de la mer et les cultures du cap, et participe au rayonnement touristique de la ville auprès des visiteurs cherchant à découvrir une Tunisie authentique et savoureuse.

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D 28. Port El Kantaoui (Nord du pays)

Situé au nord de Sousse, Port El Kantaoui est l’une des stations balnéaires les plus célèbres et les plus raffinées de Tunisie. Construit en 1979 comme complexe touristique planifié, ce quartier résidentiel chic s’est imposé comme une destination phare pour les visiteurs en quête de confort, de loisirs et d’une ambiance méditerranéenne élégante. Son architecture blanche et bleue, inspirée de Sidi Bou Saïd, compose un décor harmonieux, parfaitement entretenu et entièrement tourné vers la mer.

Au cœur de la station se trouve la marina, vaste port de plaisance pouvant accueillir jusqu’à 340 embarcations. Articulée en arc autour d’un bassin central, elle offre un espace convivial de promenades, de restaurants, de cafés et de boutiques destinés à une clientèle tunisienne et internationale. Les yachts, les quais impeccables et les jeux de lumière nocturnes en font l’un des lieux les plus emblématiques de la région. Cet ensemble piétonnier constitue un véritable village maritime moderne.

Les lieux les plus fréquentés incluent la jetée et le quai en forme de U, où les visiteurs viennent observer les bateaux, flâner ou s’attabler en terrasse. Au centre, la place du port s’anime autour de la célèbre fontaine musicale, particulièrement appréciée en soirée. Les façades blanches, arcades, voûtes et passages étroits recréent l’esthétique d’une médina contemporaine, soigneusement mise en scène pour offrir une atmosphère accueillante.

Au nord de la marina s’étendent plusieurs installations touristiques majeures, dont le golf de Port El Kantaoui, les résidences de vacances et une succession d’hôtels luxueux. Ces espaces sont reliés par des jardins, des allées piétonnes et des zones de loisirs, composant une station balnéaire structurée et fluide.

À l’extrémité sud de la station se situe le parc Hannibal, parc d’attractions apprécié des familles et des visiteurs à la recherche d’activités ludiques. À proximité, se trouvent également plusieurs hôtels majeurs de la baie, ainsi qu’un parc aquatique fréquenté durant toute la saison estivale. L’ensemble contribue à faire de Port El Kantaoui une destination prisée des familles, des voyageurs en séjour tout compris et des vacanciers cherchant une offre variée.

Autour du port, le quartier résidentiel de Kantaoui abrite des villas élégantes appartenant notamment à de riches familles de Sousse. Ses ruelles impeccables, ses jardins privés et son atmosphère feutrée témoignent de l’identité prestigieuse du secteur.

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D 29. Hammam Bent Djedidi (Nord du pays)

Situé à 78 kilomètres de Tunis et à une vingtaine de kilomètres d’Hammamet, le village thermal de Hammam Bent J’didi se niche dans une petite enclave montagneuse accessible via l’autoroute A1 ou la route de l’eau, un itinéraire archéologique suivant les vestiges de l’aqueduc romain reliant Zaghouan à Carthage, édifié en 128, sous l’empereur Hadrien. Ce cadre naturel préservé confère à la station un charme unique, combinant montagnes, oliveraies et vues sur la mer Méditerranée. L’endroit, encore modeste il y a quelques décennies, a conservé son authenticité malgré la modernisation de ses infrastructures.

La station a su évoluer d’un petit village aux maisons vétustes et dépourvues d’électricité jusqu’aux années 1980 vers une destination moderne, équipée de toutes les commodités nécessaires. Les curistes bénéficient d’une hospitalité traditionnelle qui fait la réputation de Hammam Bent J’didi, où la convivialité et l’esprit familial perdurent dans les hôtels et pensions locales. La station se distingue par la qualité de ses services thermaux et par la richesse de ses paysages environnants, propices aux promenades et aux activités en plein air.

Les eaux thermales de Hammam Bent J’didi sont particulièrement réputées pour leurs vertus thérapeutiques. Riches en calcium, magnésium, sodium, potassium, bicarbonates, sulfates, chlorures, fluorures et nitrates, elles sont conseillées pour soigner des affections de rhumatologie, de dermatologie et certaines séquelles gynécologiques.

Parmi les lieux emblématiques de la station figure la petite mosquée du village, centre spirituel et culturel pour les habitants et les curistes.

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D 30. Korbous (Nord du pays)

Au bord du golfe de Tunis, à une soixantaine de kilomètres de la capitale, Korbous est une station thermale emblématique du Cap Bon, connue pour ses eaux sulfureuses et chlorurées. La ville, installée dans un profond ravin ouvert sur la mer et bordée par la forêt de Qorbus, s’étend sur 5 000 hectares et abrite une population de 3 532 habitants. Cette enclave naturelle, à l’histoire millénaire, attire les visiteurs depuis l’époque romaine, lorsqu’elle était nommée Aquae Calideae Carpitanae.

La station thermale se distingue par ses nombreuses sources chaudes et froides aux vertus reconnues pour traiter les rhumatismes, arthrites et certaines affections du système nerveux. Parmi les sources principales figurent Aïn Arraka, Aïn El Fakroun, Aïn El Atrous, Aïn Kanassira, Aïn Chfa, Aïn Oktor et Aïn Sbya, des sources qui se trouvent directement sur le bord de mer. La boue d’Aïn Kanassira est particulièrement prisée pour les maladies dermatologiques, contribuant à la réputation de la station comme lieu de soins et de remise en forme.

Le village, construit à flanc de montagne le long d’une seule rue, conserve un charme unique, avec ses maisons anciennes, ses ruelles étroites et ses panoramas sur la mer. Korbous allie ainsi patrimoine historique et richesse naturelle, ses vestiges romains témoignant de l’importance de la région pour l’empire de Carthage. Les visiteurs peuvent y découvrir des structures antiques, des bains traditionnels encore utilisés et des paysages méditerranéens préservés.

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D 31. Le parc national d’Ichkeul (Nord du pays)

Situé dans le nord de la Tunisie, dans la commune de Tinja, le parc national d’Ichkeul est inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco et constitue l’une des plus importantes réserves ornithologiques d’Afrique du Nord. Le parc couvre 12 600 hectares, incluant le lac Ichkeul (8 500 hectares), des marais (2 737 hectares) et le djebel Ichkeul, massif montagneux culminant à 510 mètres. Cette mosaïque de milieux naturels crée un écosystème unique, mêlant eau douce et eau salée, qui attire chaque hiver des centaines de milliers d’oiseaux migrateurs.

Le lac Ichkeul est un lieu de halte pour de nombreuses espèces, parmi lesquelles on compte des canards, oies, cigognes et flamants roses. Il constitue également une zone alimentaire essentielle grâce à la plante aquatique potamogéton, nourrissant les oiseaux et les poissons saumâtres du lac. Le parc représente une réserve de biodiversité exceptionnelle, accueillant entre 200 000 et 400 000 oiseaux chaque hiver, dont certaines espèces rares comme la talève sultane ou la marmaronette marbrée.

Le parc abrite également un musée écologique du parc national d’Ichkeul, qui présente la faune et la flore locales ainsi que l’importance de cette réserve pour l’environnement. Les expositions, disponibles en français et en arabe, expliquent le fonctionnement du lac, la diversité des habitats et l’impact de l’activité humaine sur l’écosystème.

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D 32. Les plages du Nord tunisien (Nord du pays)

Le Nord tunisien se distingue par la diversité et la beauté de ses plages, offrant aux amateurs de baignade et de sports nautiques une multitude de destinations. Au nord-ouest, Tabarka est réputée pour ses eaux cristallines, ses falaises et ses forêts de pins, attirant les plongeurs et les amateurs de snorkeling. Non loin de là, la petite station de Sidi Mechrig séduit par son ambiance intimiste et ses criques préservées, tandis que Cap Serrat offre des panoramas spectaculaires sur la Méditerranée. Marnissa, située à proximité, complète cette côte sauvage avec ses plages tranquilles et ses sentiers côtiers idéaux pour les promenades.

Plus à l’est, la côte se fait plus accueillante avec des plages étendues et des stations balnéaires confortables. Borj Erroumi et Rafraf offrent des étendues de sable fin parfaites pour les familles, tandis que Gammarth, à proximité de Tunis, allie luxe et loisirs, avec des hôtels de qualité et un front de mer bien aménagé. Sidi Daoud et Hammam Elghezaz conservent quant à elles un charme plus authentique, où les visiteurs peuvent profiter de la mer dans un cadre naturel et préservé, loin de l’agitation des grandes stations.

Le Cap Bon et la région de Nabeul comptent plusieurs plages très fréquentées par les touristes et les Tunisiens. Menzel Temime, Lebna, et Korba offrent des plages conviviales et des infrastructures adaptées aux familles, tandis que Maamoura se distingue par ses eaux peu profondes et sa végétation bordant le littoral. Ces destinations sont particulièrement prisées en été, lorsque la chaleur du soleil méditerranéen rend les baignades et les activités nautiques incontournables.

Vers le sud, les plages d’Hammamet, Enfidha, et Monastir attirent un flux constant de touristes internationaux. Hammamet est célèbre pour sa station balnéaire moderne, ses hôtels de luxe et ses nombreux centres de thalassothérapie. Enfidha et Monastir offrent un mélange d’histoire et de loisirs balnéaires, avec des médinas à proximité, des marinas et des plages adaptées aux sports nautiques, au farniente et à la découverte de la culture locale.

La côte du Sahel tunisien se poursuit avec des stations aux ambiances variées. Sayada-Lamta et Mahdia possèdent de vastes plages de sable doré, où se côtoient farniente et activités nautiques. Mahdia, ancienne cité historique, combine patrimoine architectural et plages animées, attirant des visiteurs en quête de soleil et de culture. Sidi Alouane, plus discrète, offre quant à elle une atmosphère intimiste, idéale pour ceux qui recherchent tranquillité et nature préservée.

La côte tunisienne constitue également un terrain de jeu idéal pour les amateurs de plongée sous-marine, grâce à ses eaux claires et à la richesse de ses fonds marins. Dans le nord-ouest, Tabarka est renommée pour la plongée en scaphandre autonome le long de sa côte corallienne, offrant des paysages sous-marins variés et des espèces marines abondantes. Non loin, Sidi Mechrig et Teskraya proposent des sites plus intimistes, où les plongeurs peuvent explorer des criques rocheuses et des fonds sableux peu fréquentés, parfaits pour les débutants comme pour les plongeurs expérimentés. Ces destinations permettent de découvrir une biodiversité remarquable et de profiter de panoramas sous-marins uniques.

Plus à l’est, la plongée reste un loisir très prisé le long du littoral central et du Cap Bon. Les sites de Ghar el Melh, Menzel Horr et Bou Ficha offrent des expériences variées, allant des explorations de récifs naturels à la découverte d’épaves et de grottes sous-marines. Enfin, El Kantaoui, près de Sousse, combine plongée et infrastructures touristiques de qualité, avec des centres spécialisés proposant des encadrements adaptés à tous les niveaux.

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