
Au travers de cet article que nous avons voulu le plus complet possible, nous avons souhaité vous présenter tous les lieux d’intérêts de l’île de Santo Antão au Cap-Vert, ceux que vous devez absolument voir, ceux qui représentent son essence même. Certains d’entre eux sont évidents et connus de tous, mais d’autres sont des trésors cachés qui méritent d’être parcourus. C’est pour cette raison que nous espérons que cet article qui vous présente les incontournables de Santo Antão au Cap-Vert vous aidera à découvrir ce territoire magnifique.
Santo Antão, la deuxième plus grande île du Cap-Vert, est un joyau de verdure et de montagnes sculptées par l’érosion. Située à l’extrême nord-ouest de l’archipel, elle s’étend sur environ 779 kilomètres carrés et compte une population d’environ 36 000 habitants. Son relief spectaculaire est dominé par des sommets escarpés, des vallées profondes et des plateaux cultivés en terrasses, offrant des paysages d’une beauté saisissante. L’île est partagée entre un versant aride au sud et un versant nord luxuriant, où la végétation s’épanouit grâce à un climat plus humide. Le Tope de Coroa, point culminant de l’île à 1 979 mètres d’altitude, offre des panoramas impressionnants sur cet environnement montagneux.
D’un point de vue écologique, Santo Antão se distingue par sa biodiversité exceptionnelle et ses écosystèmes contrastés. Tandis que le sud présente un décor semi-désertique, le nord est couvert de forêts de pins, de champs en terrasses et de plantations de canne à sucre. Ces paysages verdoyants abritent une flore variée et des cultures essentielles à l’économie locale, notamment la production de grogue, un rhum artisanal emblématique du Cap-Vert. Les sentiers de randonnée, tels que ceux menant à la Vallée de Paul ou aux crêtes du Ribeira da Torre, attirent les amoureux de nature et d’aventure.
| Pour rejoindre Santo Antão, il n’existe pas de liaison aérienne directe. L’ancien aéroport de Ponta do Sol est désormais abandonné. Il faut donc d’abord rejoindre São Vicente (aéroport Cesária Évora), ou rejoindre le port de São Vicente : Mindelo en ferry. De là, un autre ferry de la compagnie Interilhas assure la liaison entre Mindelo et Porto Novo (Santo Antão) en environ une heure pour 1500 CVE (au 16 mars 2025) par trajet. Deux traversées sont opérées chaque jour par Interilhas : Départ de Mindelo : 7h00 et 15h00 Départ de Porto Novo : 8h00 et 16h00 Les billets peuvent être achetés en ligne ou sur place, mais il est conseillé d’arriver une heure à l’avance si vous ne réservez pas. Le terminal de Porto Novo est récent et dispose de quelques boutiques, tandis que le terminal de Mindelo est plus basique. Le ferry est fiable, mais il est recommandé de vérifier les horaires avant le départ pour éviter tout changement imprévu. |
Marquée par une histoire façonnée par l’agriculture et l’émigration, Santo Antão conserve un patrimoine rural et culturel riche. Les villages perchés, comme Ponta do Sol et Fontainhas, semblent figés dans le temps, offrant un aperçu authentique de la vie capverdienne. L’architecture coloniale se mêle aux traditions locales, et les marchés animés témoignent de l’importance de l’échange agricole dans la vie quotidienne des habitants. La musique et la danse occupent une place centrale, notamment avec la morna et la coladeira, qui rythment les festivités locales.
Terre de contrastes et d’authenticité, Santo Antão séduit par ses paysages époustouflants et son ambiance paisible. Entre ses montagnes verdoyantes, ses vallées fertiles et ses traditions préservées, elle représente une destination incontournable pour les randonneurs et les voyageurs en quête de nature et d’authenticité.
Fiche pays cap-vert
1. Parque Natural de Maroços
Niché au centre de l’île de Santo Antão, le Parque Natural de Maroços est un véritable écrin de biodiversité qui tranche avec les paysages arides de l’île. S’étendant sur 818 hectares, ce parc se situe entre 500 et 1767 mètres d’altitude, offrant une diversité de reliefs et de climats qui favorisent une végétation unique. Son emplacement stratégique, entre plateau sec et zones plus humides, en fait un refuge pour de nombreuses espèces animales et végétales, certaines étant endémiques ou menacées.
L’un des attraits majeurs du Parque Natural de Maroços réside dans sa végétation luxuriante. Contrairement aux zones plus arides de Santo Antão, ce parc abrite une flore dense et variée, composée d’arbustes, d’arbres fruitiers et de plantes médicinales. Certaines de ces espèces sont utilisées par les populations locales pour l’alimentation ou la médecine traditionnelle. La présence de nombreuses sources d’eau permet également le développement d’une agriculture vivrière, notamment l’élevage de chèvres et de bovins, qui constitue une ressource économique essentielle pour les habitants.
Au-delà de son intérêt écologique, le Parque Natural de Maroços est un lieu privilégié pour la randonnée et l’exploration. Les sentiers serpentent entre vallées encaissées, forêts et crêtes offrant des panoramas spectaculaires sur l’île. Les visiteurs peuvent observer la diversité des paysages, entre pentes verdoyantes et zones rocheuses escarpées.
Grâce à sa biodiversité et à son rôle dans la préservation des espèces locales, le Parque Natural de Maroços est un site incontournable pour les amoureux de la nature et les défenseurs de l’environnement. Sa richesse écologique, couplée à son importance pour les communautés locales, en fait un lieu où tourisme et conservation coexistent harmonieusement.

2. Parc naturel de Cova, Ribeira da Torre et Paul
Situé à l’est de Santo Antão, le parc Naturel de Cova, Ribeira da Torre et Paul est l’un des joyaux écologiques de l’archipel du Cap-Vert. Couvrant une superficie de 2 092 hectares, ce parc abrite des paysages spectaculaires allant de 400 mètres d’altitude, dans la vallée de Xôxô, jusqu’au sommet du Pico da Cruz à 1 585 mètres. Réputé pour sa biodiversité exceptionnelle, il figure depuis 2016 sur la liste indicative des sites du patrimoine mondial de l’UNESCO.
Ce parc est composé de plusieurs zones distinctes, dont le cratère de Cova, une ancienne caldeira volcanique aujourd’hui transformée en terres agricoles fertiles. Ses pentes abruptes sont couvertes de cultures en terrasses, créant un contraste saisissant avec les falaises escarpées qui l’entourent. Plus en aval, les vallées de Ribeira da Torre et de Paul offrent des paysages luxuriants où rivières et cascades alimentent une végétation dense.
Le parc Naturel de Cova-Paul-Ribeira da Torre est également un refuge pour de nombreuses espèces endémiques. Parmi elles, plusieurs plantes rares comme le Carex antoniensis ou le Tornabenea insularis sont protégées en raison de leur vulnérabilité. De nombreuses espèces d’oiseaux et de reptiles peuplent également la région, faisant du parc un lieu d’observation privilégié pour les amateurs de faune et de flore. La diversité biologique du site en fait l’un des écosystèmes les plus riches de l’archipel capverdien.
En plus de son importance écologique, le parc est un haut lieu du tourisme vert et de l’agriculture locale. Les habitants y cultivent du café, de la canne à sucre et d’autres produits emblématiques du Cap-Vert, contribuant à un mode de vie en harmonie avec la nature. Les visiteurs peuvent ainsi déguster des spécialités locales directement issues des cultures du parc.

3. Parc naturel Topo da Coroa
Situé dans la partie nord-ouest de l’île de Santo Antão, le parc naturel Topo da Coroa est un site emblématique pour les amateurs de nature et de randonnées. Créé en 2003, ce parc s’étend sur 8 491 hectares et abrite le plus haut sommet de l’île, le Topo da Coroa, qui culmine à 1 979 mètres. Ce cône volcanique imposant domine le paysage et offre une vue panoramique sur Santo Antão et les îles environnantes. Son isolement et son relief escarpé en font une destination idéale pour les randonneurs en quête de paysages sauvages et préservés.
Cette zone protégée est unique, car elle représente le seul échantillon d’écosystèmes de cônes volcaniques sur l’île. Elle abrite une flore riche avec un taux exceptionnel d’endémisme : 61 % des espèces végétales présentes dans le parc ne se trouvent nulle part ailleurs dans le monde, et 25 % d’entre elles sont sur la liste rouge du Cap-Vert et de Santo Antão. Malheureusement, certaines de ces espèces sont menacées par le pâturage incontrôlé, et des efforts de conservation sont en cours pour préserver ces trésors botaniques uniques.
Le Topo da Coroa est aussi un défi pour les randonneurs les plus aventureux. L’ascension de ce sommet offre une succession de paysages lunaires, entre cratères volcaniques et vallées arides, jusqu’à atteindre un point de vue spectaculaire sur la baie de Monte Trigo et l’île voisine de São Vicente. Peu fréquentée, cette randonnée permet une immersion totale dans un environnement naturel brut et préservé.
Outre son attrait pour les passionnés de nature, le parc naturel a un fort potentiel pour le développement du tourisme durable. Avec ses paysages impressionnants et son riche patrimoine naturel, il attire déjà des chercheurs et des amateurs de biodiversité. Des projets visant à restaurer la végétation endémique et à promouvoir un tourisme responsable sont en cours, afin de préserver ce joyau naturel tout en permettant aux visiteurs de découvrir l’un des endroits les plus spectaculaires de Santo Antão.

4. Parc naturel Cruzinha
Classé réserve naturelle en 2003 avant d’être promu parc naturel marin en 2014, le parc naturel de Cruzinha est un trésor écologique unique au Cap-Vert. Situé sur la côte nord-ouest de Santo Antão, dans la municipalité de Ribeira Grande, il s’étend sur une superficie totale de 10 055 hectares, dont 2 976 hectares de terres et une vaste zone maritime protégée. Ce parc est particulièrement important pour la conservation des écosystèmes côtiers et marins, abritant une faune et une flore exceptionnelles.
L’un des aspects les plus remarquables de Cruzinha est sa végétation endémique. Le parc contient 16 % des plantes endémiques du Cap-Vert, certaines étant rares ou menacées. Ses dunes fossiles (paleodunes) et ses dunes mobiles en font également un site d’intérêt scientifique. Ces formations géologiques rares attirent des chercheurs et des passionnés de nature du monde entier, fascinés par l’évolution de ces paysages au fil du temps.
Les côtes du parc sont également d’une grande richesse biologique, offrant un habitat à de nombreuses espèces marines et d’oiseaux migrateurs. Les eaux de Cruzinha sont réputées pour leur biodiversité sous-marine, et la région est idéale pour la plongée et l’observation de la vie marine. La protection de cette zone est essentielle pour préserver les écosystèmes marins, notamment les récifs coralliens et les zones de reproduction des poissons.
En plus de son intérêt scientifique et écologique, le parc est un paradis pour les amateurs de randonnée dont la célèbre Cruzinha Hiking Trail. Les sentiers côtiers offrent des panoramas spectaculaires sur l’océan Atlantique, avec des falaises abruptes et des plages sauvages. Loin des sentiers battus, ce parc est parfait pour les voyageurs en quête d’aventure et de paysages intacts.

5. Porto Novo
Capitale administrative de l’île de Santo Antão, Porto Novo est bien plus qu’un simple point d’entrée pour les voyageurs. Située sur la côte sud-est de l’île, cette ville dynamique est le plus grand centre urbain de Santo Antão, avec environ un peu plus de 8000 habitants. Son rôle de carrefour économique et logistique est crucial, notamment grâce à son port maritime, principal point de connexion avec São Vicente et les autres îles du Cap-Vert.
L’un des attraits majeurs de Porto Novo est son port animé, qui voit passer chaque jour des ferries transportant habitants et touristes. Il est le point de départ idéal pour explorer l’île, avec des liaisons vers les vallées verdoyantes du nord et les montagnes escarpées de l’intérieur. Depuis la ville, deux routes principales permettent de rejoindre les autres régions : la route côtière qui longe l’est de l’île et l’Estrada da Corda, une route spectaculaire qui traverse les montagnes, offrant des panoramas inoubliables.
Mais Porto Novo ne se résume pas à son rôle logistique. Son centre commercial et administratif en fait une ville vivante et cosmopolite, avec de nombreux marchés, boutiques et services. Les producteurs locaux viennent y vendre leurs produits frais, notamment des fruits, des légumes et du fromage de chèvre. L’atmosphère y est typiquement capverdienne, avec des rues animées où l’on entend souvent de la musique locale. La ville est également le siège des principales institutions de l’île, ce qui en fait un centre névralgique pour les habitants.
En plus de son dynamisme économique, Porto Novo possède une histoire et une culture riches. Autrefois appelée Carvoeiros, la ville a conservé des traces de son passé colonial portugais, visibles à travers certaines constructions historiques. Les visiteurs peuvent y découvrir des églises, des bâtiments coloniaux et des sites historiques témoignant de son évolution au fil des siècles. L’église The Church of Jesus Christ of Latter-day Saints est particulièrement appréciée. Tout comme l’église catholique. Son ambiance chaleureuse et animée, rythmée par la musique capverdienne et les événements culturels, en fait une étape incontournable pour quiconque souhaite découvrir l’âme de Santo Antão.
La plage d’Escorralete est quant à elle célèbre pour accueillir le festival annuel de musique d’Escorraleta, tout en offrant une atmosphère plus réservée, surtout en semaine, lorsqu’elle est moins fréquentée.

6. Route pavée de Corda
Surnommée la route du Funambule, la route pavée de Corda dans le nord-est de l’île est une véritable prouesse d’ingénierie et l’un des parcours les plus impressionnants du Cap-Vert. Longue de 36 kilomètres, elle relie Porto Novo à Ribeira Grande, traversant les montagnes escarpées de Santo Antão. Construite à la main sur une période de 20 ans, cette route pavée est constituée de 15 millions de pierres, chacune taillée et posée avec précision par des ouvriers capverdiens. Son ascension progressive jusqu’à 1 200 mètres d’altitude offre un spectacle grandiose, avec des paysages passant de la côte aride aux vallées verdoyantes de l’intérieur de l’île.
Cette route historique est une fierté nationale, un symbole du courage et du travail acharné des habitants. Chaque virage révèle un panorama à couper le souffle, alternant crêtes vertigineuses et vallées profondes. Parmi les points forts du trajet, le cratère de Cova est un arrêt incontournable, offrant une vue impressionnante sur un ancien volcan transformé en terres agricoles.
Le choix du transport est crucial pour profiter pleinement de l’expérience. Les taxis et voitures privatisées sont recommandés, car les alugueres (transports collectifs) sont rares sur cet itinéraire. Mieux vaut confier le volant à un chauffeur local, habitué aux virages serrés et aux pentes impressionnantes. La descente vers Ribeira Grande marque la fin de cette route époustouflante, où le relief dramatique de Santo Antão se dévoile sous un nouvel angle.

7. Cova Crater
Perché à plus de 1 100 mètres d’altitude, le cratère de Cova dans le nord-est de l’île est l’un des sites naturels les plus fascinants de Santo Antão. Ce volcan éteint, aujourd’hui recouvert d’une végétation luxuriante, forme un immense cirque naturel aux allures de jardin secret. Niché au cœur des montagnes, ce paysage verdoyant contraste radicalement avec les terres arides environnantes, offrant un spectacle surprenant et unique.
Grâce à son sol volcanique fertile, le cratère abrite des cultures en terrasses, où poussent haricots, maïs, patates douces et manioc. Ces cultures approvisionnent une grande partie de l’archipel et font de cette vallée un véritable grenier agricole. Lorsque le vent souffle, des senteurs de canne à sucre et d’arbres fruitiers remontent du fond du cratère, ajoutant une dimension sensorielle à cette expérience déjà grandiose.
Mais Cova n’est pas seulement un lieu agricole, il est aussi le point de départ d’un trek emblématique : la descente vers la vallée de Paul. Ce sentier de 10 à 11 kilomètres, avec 1 000 mètres de dénivelé, est considéré comme l’un des plus beaux du Cap-Vert. Entre vues vertigineuses, villages traditionnels et rencontres avec les habitants, cette randonnée d’environ 4 à 5 heures est une immersion totale dans la nature et la culture capverdienne. Selon la météo, un épais brouillard peut envahir le cratère, créant une ambiance mystique et envoûtante.

8. Ponta do Sol
À l’extrême nord de Santo Antão, Ponta do Sol est un village traditionnel où l’histoire, la culture et l’océan se rencontrent. Anciennement appelée Vila de Maria Pia, nom donné en l’honneur d’une reine portugaise, cette localité conserve une architecture coloniale colorée, qui lui confère un charme intemporel. Avec ses 4 000 habitants, elle est aujourd’hui le siège de la municipalité de Ribeira Grande et un important centre de vie pour les habitants de l’île.
En flânant dans ses ruelles pavées, impossible de manquer la mairie, reconnaissable à sa façade jaune éclatante, ou encore l’église paroissiale de Nossa Senhora do Livramento. Mais le véritable cœur de Ponta do Sol bat du côté de la plage et du port de pêche de Boca da Pistola. Chaque jour, les barques colorées rentrent de la mer, chargées de poissons frais. Les habitants s’affairent alors à écailler, fumer et vendre le poisson, dans une effervescence typique des villages de pêcheurs capverdiens. L’odeur de l’iode et le bruit des vagues rythment ce quotidien authentique.
L’aérodrome Agostinho Neto est quant à lui situé à la périphérie de la ville de Ponta do Sol, et mesure 598 mètres sur 30. L’aérodrome est actuellement désaffecté.
Le week-end, Ponta do Sol se transforme en un véritable centre d’animation. Le football y est une véritable institution, et le stade de la ville accueille des matchs endiablés qui attirent les foules. Les tribunes vibrent au son des encouragements, tandis que les jeunes et les anciens s’affrontent avec passion. Pour quelques 500 CVE, les visiteurs peuvent s’immerger dans cette ambiance unique et ressentir toute l’énergie capverdienne.

9. Fonthainas
Accroché aux flancs escarpés de Santo Antão, Fontainhas dans le nord de l’île est souvent décrit comme l’un des plus beaux villages du monde. Ce joyau perché, accessible uniquement par un sentier sinueux, offre une vue imprenable sur l’océan Atlantique et les montagnes environnantes. Ses maisons colorées, entassées les unes sur les autres à flanc de falaise, contrastent avec le vert profond du cirque naturel qui l’entoure. La route menant à Fontainhas est déjà une aventure en soi : chaque virage dévoile un panorama époustouflant, qui fait le bonheur des photographes et des amateurs de paysages spectaculaires.
Dès l’entrée du village, le charme opère immédiatement. Les ruelles étroites serpentent entre les maisons multicolores, où les habitants ont ajouté leur touche personnelle : pots de fleurs, vasques débordantes de végétation et balcons décorés. Le silence n’est rompu que par le vent qui caresse les façades et les conversations animées des villageois.
L’un des points forts de Fontainhas est le point de vue en contrebas, accessible après quelques pas au bout du hameau. Une vue considérée par beaucoup comme étant une des plus belles au monde. Une faille rocheuse s’ouvre devant les visiteurs, laissant entrevoir l’immensité de l’océan, plusieurs centaines de mètres plus bas.
Les amateurs de randonnée pourront prolonger l’expérience en empruntant le sentier menant à Formiguinhas et à d’autres petits villages voisins. Chaque pas réserve ainsi une nouvelle surprise, une vue inédite, un éclat de couleur supplémentaire.

10. Vallée de Paul
Dans le nord-est de Santo Antão, la vallée de Paul est un véritable éden tropical, où nature luxuriante, montagnes escarpées et cultures en terrasses se rencontrent pour former un paysage d’une rare beauté. Dès l’arrivée dans le village de Paul, le charme opère : maisons pastel, ruelles animées et marchés colorés donnent à cette localité une atmosphère vibrante et chaleureuse.
Les randonnées sont l’âme de la vallée, avec des chemins serpentant à travers les cultures de canne à sucre, les champs de maïs et les plantations de bananiers. Pour une immersion totale, il faut absolument visiter le moulin de Senhor Ildo, le plus ancien moulin à canne à sucre de l’île. Il est même possible d’y découvrir les secrets de la fabrication du grogue, le rhum local.
Mais le trésor caché de la vallée de Paul, est son sentier mythique reliant la Caldeira do Cova à la vallée. Cette randonnée de 10 à 11 kilomètres, avec un dénivelé impressionnant de 1 000 mètres, est un must pour les amateurs de trekking. Entre points de vue vertigineux et haltes dans des villages traditionnels, chaque étape réserve son lot de surprises. Les plus chanceux verront peut-être la brume envahir la vallée, créant une ambiance mystique qui rend le lieu encore plus fascinant.

11. Janela
Niché sur la côte est de Santo Antão, Janela est un village paisible où le temps semble suspendu. Avec ses maisons colorées, son petit port de pêche et l’église Imaculada de Conceição Bordeira, il incarne l’authenticité capverdienne. Mais au-delà de son charme, Janela cache l’un des plus grands mystères de l’île : la roche Gravée.
À quelques centaines de mètres du village, une énigmatique pierre gravée se dresse dans le lit d’une rivière. Sur cette roche, une croix chrétienne profondément incrustée intrigue historiens et aventuriers. Ce symbole serait la preuve du passage d’un voyageur sur l’île avant sa découverte officielle au XVe siècle. Les théories sur son origine abondent, mais le mystère reste entier.
Cette inscription ancestrale fait l’objet de nombreuses études, et certains chercheurs, dont Gavin Menzies, l’ont même mentionnée dans leurs ouvrages. Pour les amateurs de récits fascinants, cette roche est une véritable machine à remonter le temps, un vestige silencieux d’une époque oubliée.

12. Corvo
Perdu entre mer et montagne, Corvo est un petit village isolé du nord de l’île de Santo Antão. Accessible uniquement à pied, en bateau ou à dos d’âne, ce hameau coloré incarne la tranquillité et l’authenticité capverdienne. Niché dans une vallée verdoyante où l’eau ruisselle doucement vers la mer, Corvo est une oasis de fraîcheur au cœur d’un paysage escarpé. L’agriculture, à la fois sèche et irriguée, est la principale activité des habitants, qui cultivent la terre avec ingéniosité depuis des générations.
Le sentier côtier reliant Ponta do Sol à Corvo est l’une des plus belles randonnées de l’île. Après avoir traversé Fontainhas, des falaises impressionnantes sont longées, avec des panoramas spectaculaires sur l’Atlantique. Au détour d’un virage, Corvo apparaît, éclatant de couleurs, blotti entre les montagnes. Ses maisons aux teintes vives se détachent sur le vert intense des cultures en terrasses. Le contraste entre la mer et les paysages agricoles est saisissant, offrant une vue inoubliable aux visiteurs qui osent s’aventurer jusque-là.
L’isolement du village renforce son atmosphère paisible et hors du temps. Dans le village, les journées s’écoulent au rythme des saisons et des récoltes. S’y croisent des paysans portant leurs paniers remplis de fruits et de légumes, des enfants jouant dans les ruelles en terre battue, et parfois même des ânes transportant des marchandises. La vie s’organise autour de l’eau précieuse qui alimente les champs et les habitations.

13. Formiguinhas
Petit village perché au nord de Santo Antão, Formiguinhas est un joyau caché, niché sur les hauteurs d’une vallée où l’océan et la montagne se rencontrent. Son isolement et son accès uniquement par sentier en font une escale rare et précieuse pour les randonneurs et les amateurs de paysages grandioses. À l’arrivée, le regard est immédiatement happé par la vue imprenable sur l’Atlantique, où les falaises abruptes plongent dans les eaux profondes.
Le cœur du village est marqué par une petite place, autour de laquelle s’organise la vie locale. En son centre, un monument religieux surmonté d’une statue de la Vierge rappelle l’importance des croyances et des traditions dans cette communauté reculée. Les maisons, bien que peu nombreuses, sont peintes de couleurs vives, créant un contraste saisissant avec le décor rocheux et verdoyant qui les entoure.
Le village est une étape incontournable pour les visiteurs qui parcourent les sentiers reliant Fontainhas, Corvo et Cruzinha. Ces chemins, serpentant à travers les montagnes, offrent des panoramas à couper le souffle et une immersion totale dans la nature sauvage de Santo Antão.

14. Cruzinha da Garça
Cruzinha est un petit village de pêcheurs niché sur la côte nord-ouest de Santo Antão. Avec son port et ses maisons colorées, ce hameau est un véritable point de repère pour les voyageurs et les randonneurs explorant l’île. Situé à l’embouchure de la Ribeira da Garça, il marque la fin de la route traversant les vallées de Ribeira Grande et Ribeira da Garça, avant que les paysages ne se fondent dans l’immensité de l’océan.
Mais Cruzinha est surtout connu pour être le point de départ d’un sentier de randonnée spectaculaire reliant le village à Ponta do Sol. Ce chemin côtier, l’un des plus impressionnants du Cap-Vert, traverse des falaises vertigineuses et des villages reculés, notamment Formiguinhas, Corvo et Fontainhas. Chaque virage dévoile des vues imprenables sur la mer, où les vagues viennent frapper les falaises noires sculptées par le vent et le temps.
Le port de Cruzinha, autrefois vital pour l’approvisionnement des villages environnants, a vu son activité diminuer avec l’amélioration des routes vers Ribeira Grande. Aujourd’hui, il conserve un charme authentique, où quelques bateaux de pêche colorés flottent doucement sur l’eau. Les pêcheurs y mènent une vie simple, entre sorties en mer et moments de repos à l’ombre des maisons.

15. Águas das Caldeiras
Située dans le parc naturel de Cova, Ribeira da Torre et Paul, la communauté d’Água das Caldeiras est l’une des plus visitées de Santo Antão. Son emplacement privilégié, au cœur d’un paysage verdoyant et montagneux, en fait une destination incontournable pour les amoureux de nature. A l’intérieur de ce petit hameau, l’eau qui descend des hauteurs fertilise les terres, permettant aux habitants de vivre essentiellement de l’agriculture et de l’élevage.
Les cultures locales sont variées et adaptées aux conditions de l’île. Les champs sont principalement dédiés aux haricots, au maïs et aux patates douces, cultivés selon des techniques traditionnelles respectueuses de l’environnement. En complément, des projets de préservation de la forêt et de reboisement permettent de protéger les ressources naturelles de la région.
Un des attraits majeurs du village est le centre d’interprétation, qui permet aux visiteurs de mieux comprendre l’écosystème unique de la région et l’importance des plantes endémiques. Un sentier d’interprétation serpente à travers la nature luxuriante, menant jusqu’à la Casa das Caldeiras, où une terrasse offre une vue imprenable sur les paysages environnants.
L’artisanat local est également mis en valeur, notamment à travers la production de confitures artisanales. Goyaves, papayes et mangues sont transformées avec soin par les femmes du village, perpétuant un savoir-faire culinaire ancestral. Entre nature, traditions et hospitalité, Água das Caldeiras est une halte authentique et gourmande pour les voyageurs en quête d’expériences locales.

16. Ribeira Grande
Capitale historique et centre névralgique du nord-est de Santo Antão, Ribeira Grande avec ses 2950 habitants est une ville au riche patrimoine. Surnommée Povoação par ses habitants, elle est située à la confluence des rivières Ribeira Grande et Ribeira da Torre, dans un écrin de montagnes verdoyantes. Fondée à la fin du XVIe siècle, elle a conservé son charme colonial et est aujourd’hui un point de passage incontournable pour les voyageurs.
Avec ses rues pavées, ses maisons colorées et ses fresques murales géantes, la ville respire une atmosphère à la fois traditionnelle et moderne. Son quartier principal : Terreiro, regroupe les institutions essentielles, des supérettes et des petits commerces. La ville est également un carrefour stratégique : depuis Ribeira Grande, il est possible de partir vers Ponta do Sol, Xôxô, Corda et Paul, offrant une multitude d’itinéraires pour découvrir l’île.
La praia d’Aranhas est une plage magnifique, accessible aux visiteurs qui empruntent le sentier entre Cruzinha et Fontainhas, ce chemin constituant l’une des promenades les plus emblématiques de l’île, avec des vues impressionnantes sur l’océan.
La ville possède également deux églises à ne pas manquer : Seventh Day Adventist Church et Igreja Nazareno.
La ville comporte également la maison natale de Roberto Duarte Silva, un chimiste renommé. Sa maison natale, à Ribeira Grande (aujourd’hui en ruines), porte une plaque commémorative, tout comme l’école primaire de Ribeira Grande.
La ville comprend également un pont construit en 1956. L’aqueduc, conçu en maçonnerie de pierre et de mortier, s’élève en arc creux à dos parfait. Il abrite une levada qui achemine l’eau d’un côté à l’autre pour l’irrigation agricole des environs de Boca de Ambas Ribeiras et Boca de Coruja.

17. Piscinas naturais da Sinagoga
À seulement 5 kilomètres de Ribeira Grande, sur la route menant à Paul, le village de Sinagoga cache un trésor naturel : ses piscines naturelles sculptées dans la roche volcanique. Ce site unique est un lieu prisé des habitants et des visiteurs en quête de baignades sécurisées sur une île où la mer est souvent agitée.
Les bassins d’eau de mer, nichés entre les rochers noirs, permettent de se rafraîchir tout en profitant d’une vue spectaculaire sur l’Atlantique. À quelques pas de là, une plage de sable noir, accessible par un petit escalier, offre un cadre sauvage et préservé. Mais prudence : les vagues peuvent parfois être soudaines et puissantes, surtout en dehors des mois d’avril et mai.
L’histoire du village est marquée par son passé juif. Son nom provient d’une ancienne synagogue, aujourd’hui en ruines, vestige de l’installation de Juifs portugais, espagnols et marocains fuyant les persécutions. Plus tard, ces bâtiments ont été transformés en camp d’isolement pour les lépreux, une page sombre de l’histoire de l’île.
Pour une pause conviviale, un petit bar nommé Oasis accueille les visiteurs près des ruines. L’endroit est idéal pour déguster une bière locale, notamment la Strela Kriola, ou goûter à quelques spécialités capverdiennes.

18. Praia d’Aranhas
Située sur la côte nord-ouest de Santo Antão, Praia d’Aranhas est une plage sauvage appartenant à la municipalité de Ribeira Grande, à proximité du village de Fontainhas. Son emplacement stratégique entre Cruzinha et Ponta do Sol en fait une halte prisée par les randonneurs qui parcourent ce littoral spectaculaire.
Cette plage offre un paysage naturel préservé, avec une étendue de sable bordée par l’Atlantique d’un côté et par des montagnes escarpées de l’autre. Un petit ruisseau traverse le site, apportant une touche de fraîcheur et créant un contraste saisissant avec les falaises environnantes. Non loin, la petite subdivision d’Aranhas de Cima complète ce cadre unique.
Bien que l’endroit soit moins fréquenté que d’autres plages de l’île, Praia d’Aranhas séduit ceux en quête d’isolement et de nature brute. L’absence d’infrastructures touristiques renforce son caractère authentique, offrant une parenthèse hors du temps aux visiteurs.

19. Praia da Ribeira Seca
Nichée près du village de Ribeira Seca, sur la côte nord-ouest de Santo Antão, à proximité directe de Praia d’Aranhas, cette petite plage de sable offre une atmosphère locale et authentique. Entourée par des paysages montagneux impressionnants, elle se distingue par son cadre naturel préservé et son charme discret.
Contrairement aux plages plus fréquentées de l’île, la plage de Ribeira Seca est un lieu de détente privilégié pour les habitants et les voyageurs en quête de tranquillité. Ses eaux calmes invitent à la baignade, tandis que ses rives sablonneuses offrent un cadre parfait pour se prélasser sous le soleil capverdien.
Loin de l’agitation touristique, cette plage est également un excellent endroit pour rencontrer la population locale et découvrir leur mode de vie. Les pêcheurs y accostent parfois avec leurs barques, apportant une touche de vie et d’authenticité au paysage.

20. Topo da Coroa
Dominant Santo Antão du haut de ses 1 979 mètres, Crown Top ou Topo de Coroa est le point culminant de l’île et l’un des sommets les plus emblématiques du Cap-Vert. Ce volcan éteint se situe sur un vaste plateau au nord-ouest de l’île, à 20 kilomètres à l’ouest de Porto Novo et à moins de 4 kilomètres à l’est de Monte Trigo.
D’origine volcanique, le Topo de Coroa s’est formé à l’intérieur d’un ancien cratère, dont il constitue aujourd’hui un cône volcanique imposant. Son versant ouest présente une pente abrupte, tandis que ses flancs est et sud s’étendent sur un plateau plus doux, offrant des vues spectaculaires sur les vallées et l’océan Atlantique.
Les amateurs de randonnée et de trekking considèrent l’ascension de Topo de Coroa comme l’un des défis majeurs de Santo Antão. Malgré son relief accidenté, le sommet est accessible aux randonneurs expérimentés, qui sont récompensés par un panorama à couper le souffle sur toute l’île et les étendues océaniques environnantes.

21. Gudo de Cavaleiro
Situé au centre de l’île de Santo Antão, Gudo de Cavaleiro est une montagne qui culmine à 1 810 mètres d’altitude. Faisant partie du plateau oriental de l’île, elle se dresse comme un repère géographique majeur, offrant des vues panoramiques sur les vallées environnantes.
À proximité immédiate du parc naturel de Moroços, Gudo de Cavaleiro se trouve à la frontière entre les municipalités de Ribeira Grande et de Porto Novo. Ses versants sont parsemés de villages, notamment Alto Mira à l’ouest et Lagoa à l’est, où les habitants vivent principalement de l’agriculture et de l’élevage.
L’ascension de cette montagne est moins connue que l’ascension du Topo de Coroa, mais elle constitue une belle alternative pour les randonneurs recherchant des sentiers sauvages et peu fréquentés. Son emplacement central permet d’admirer des paysages variés, des vallées verdoyantes aux plateaux arides qui caractérisent Santo Antão.
Avec son altitude imposante et son relief spectaculaire, Gudo de Cavaleiro est une destination parfaite pour les amoureux de la nature et de la randonnée. Il symbolise la beauté brute et contrastée de l’île, où les montagnes côtoient les océans et les plaines agricoles.

22. Tarrafal de Monte Trigo
Perché sur la côte sud-ouest de Santo Antão, Tarrafal de Monte Trigo est un village isolé d’environ 841 habitants, considéré comme une véritable oasis au cœur de paysages volcaniques. Grâce à ses sources naturelles, il bénéficie d’un approvisionnement en eau abondant, permettant l’irrigation de champs fertiles où poussent canne à sucre, manioc, ignames, patates douces et tomates. Ses nombreux palmiers et arbres fruitiers : cocotiers, manguiers, papayers, dattiers, contribuent à son charme luxuriant.
Pendant des années, Tarrafal de Monte Trigo était difficilement accessible. D’abord uniquement joignable par bateau, puis via une route cahoteuse, il a fallu attendre 2021 pour voir la fin des travaux de pavage facilitant son accès. Aujourd’hui, le trajet depuis Porto Novo ne prend plus qu’une heure, bien que le dernier tronçon traversant la plage demeure non goudronné. Le village voisin de Monte Trigo, encore plus reculé, n’est accessible qu’à pied ou en bateau.
Le village est aussi réputé pour sa plage de sable noir, un joyau naturel bordé de montagnes escarpées et baigné par un océan aux vagues puissantes. Il est un endroit idéal pour la baignade toute l’année, mais aussi pour partir en excursion avec les pêcheurs locaux, que ce soit pour une sortie en mer ou une partie de pêche traditionnelle.

23. Farol de Fontes Pereira de Melo
Construit en 1886 sous l’ordre du roi Louis Ier du Portugal, le phare de Fontes Pereira de Melo, aussi appelé phare du Bœuf, est le plus grand et l’un des plus anciens phares du Cap-Vert. Il se dresse sur la Ponta de Tumbo, à 146 mètres au-dessus du niveau de la mer, avec une hauteur focale de 162 mètres. Cette imposante tour octogonale blanche, haute de 16 mètres, est surmontée d’une lanterne et entourée d’une galerie qui offre une vue panoramique spectaculaire sur l’Atlantique et l’île de São Vicente au sud.
Ce phare avait une importance stratégique majeure jusqu’en 1930, guidant les navires en direction de la baie de Porto Grande et des ports de São Vicente et Ponta do Sol. Il émettait quatre éclats blancs toutes les 20 secondes, visibles jusqu’à 17 milles nautiques (31 kilomètres). Cependant, après l’ouverture du port de Porto Novo, son rôle s’est progressivement réduit, et il a été désactivé en 2006. Aujourd’hui, il se dresse comme un témoin du passé maritime de l’île, bien que son bâtiment technique soit désormais abandonné et en mauvais état.
Situé dans le village de Janela, à 10 kilomètres de Vila das Pombas et 15 kilomètres de Porto Novo, dans le nord-est de l’île, ce phare se trouve au cœur du parc naturel de Cova-Ribeira da Torre-Paul, une région connue pour ses paysages montagneux et ses vallées verdoyantes. Il est également proche de l’îlot du Bœuf, qui a inspiré son second nom. Son emplacement en fait une destination privilégiée pour les amateurs de photographie et d’histoire maritime.
Malgré son abandon, le phare de Fontes Pereira de Melo reste un lieu fascinant à visiter. Son isolement et son état délabré lui confèrent une atmosphère mystique, renforcée par la force des vents et des vagues qui viennent s’écraser contre les falaises.

24. Chã de Mar
Perdue sur la côte nord de Santo Antão, Chã de Mar est une ville fantôme fascinante, témoin d’un passé aujourd’hui oublié. Ce hameau abandonné, autrefois habité, a été déserté au fil du temps, laissant derrière lui quelques ruines construites avec la pierre typique de l’île. Aujourd’hui, seules quelques structures délabrées subsistent, éparpillées face à l’immensité de l’océan.
L’accès à Chã de Mar n’est pas des plus simples. Il faut emprunter l’un des sentiers de randonnée les plus emblématiques de Santo Antão, reliant Cruzinha à Ponta do Sol. Ce chemin spectaculaire, qui serpente le long des falaises, offre des vues à couper le souffle sur l’Atlantique. Chaque tournant dévoile un nouveau paysage, entre vagues déchaînées et montagnes abruptes, rendant la randonnée aussi éprouvante qu’envoûtante.
Ce lieu chargé d’histoire dégage une atmosphère mystérieuse et envoutante. La silence pesant, entrecoupé uniquement par le bruit du vent et des vagues, plonge les visiteurs dans une expérience hors du temps.

25. Les randonnées
Santo Antão est une véritable terre de randonnées, offrant des paysages spectaculaires entre vallées luxuriantes, montagnes escarpées et côtes sauvages. Grâce à son relief unique, l’île propose des itinéraires variés, adaptés aux marcheurs en quête d’aventure et de panoramas inoubliables. Voici quelques-unes des plus belles balades à découvrir sur cette île préservée.
La randonnée de Ribeira do Paúl : Chã de Padre – Cabeça de Figueiral – Boca di Figueiral est une immersion au cœur des basses latitudes de Ribeira do Paúl. Cet itinéraire de niveau modéré serpente entre cultures en terrasses et vallées verdoyantes, offrant des points de vue saisissants sur la région. Quelques passages raides nécessitent une bonne condition physique, mais l’effort est largement récompensé par la beauté du paysage environnant. D’une durée de 4 à 5 heures, avec un dénivelé de 200 mètres, cette randonnée est idéale pour une première découverte du secteur. Les randonneurs y trouveront une atmosphère paisible et authentique, entre nature préservée et traditions agricoles capverdiennes.
Pour les marcheurs expérimentés, Ribeira do Paúl : Chã de Padre – Cinta de Vaca – Cova – Chã de Fazenda constitue un défi de taille. Cette randonnée difficile débute par une montée exigeante de 5 kilomètres, avec une pente à 20 %, avant d’atteindre les hauteurs de la vallée. L’ascension est longue et éprouvante, mais elle ouvre sur des panoramas d’exception, où les nuages semblent flotter sur les montagnes verdoyantes. En fonction des conditions météorologiques, le décor oscille entre lumières éclatantes et brumes envoûtantes, rendant chaque parcours unique. Avec ses 1 000 mètres de dénivelé et une durée de 7 à 8 heures, cette randonnée offre une expérience immersive dans la grandeur sauvage de Santo Antão.
À Ribeira de Torre : Marrador – Rabo Curto – Lombo de Pico – Marrador, les randonneurs explorent une vallée encaissée où la nature semble dominer de toute sa puissance. Le sentier traverse les basses latitudes de Ribeira de Torre, offrant une alternance entre passages escarpés et chemins plus doux. L’itinéraire inclut un chemin secondaire menant à Lombo de Pico, ajoutant une touche de variété au parcours. Avec ses 400 mètres de dénivelé et une durée de 3 à 4 heures, cette randonnée est accessible à un large public en quête d’un itinéraire modéré. Tout au long du chemin, la beauté des paysages et la tranquillité des lieux en font une balade particulièrement agréable.
Plus accessible, Ribeira de Figueiral : Coculi – Figueiral de Cima – Boca de João Afonso – Coculi est une randonnée idéale pour les amateurs de balades douces au cœur des paysages agricoles de Santo Antão. Les marcheurs évoluent dans un cadre paisible, traversant des champs de canne à sucre et des cultures en terrasses qui témoignent du savoir-faire local. Depuis le point le plus à l’est du sentier, un raccourci permet de rejoindre Ribeira Chã das Pedras sans passer par Boca de João Afonso, ajoutant une alternative aux randonneurs souhaitant écourter leur parcours. Avec ses 200 mètres de dénivelé et une durée de 2 à 3 heures, cette randonnée est parfaite pour une immersion authentique dans la vie rurale de l’île.
Enfin, l’un des itinéraires les plus spectaculaires reste la randonnée côtière de Cruzinha – Chã de Mar – Formiguinhas – Corvo – Fontainhas – Ponta do Sol. Ce parcours longe les falaises abruptes du nord de Santo Antão, dévoilant des panoramas vertigineux sur l’Atlantique. Les sentiers escarpés serpentent entre des hameaux isolés, où les maisons perchées semblent suspendues entre ciel et mer. Cette randonnée de 5 à 6 heures, avec un dénivelé de 200 mètres, est une expérience inoubliable pour les amoureux des paysages marins et des villages ruraux. À l’arrivée à Ponta do Sol, la satisfaction d’avoir parcouru l’un des plus beaux chemins du Cap-Vert se mêle à l’émerveillement devant cette perle côtière.




